15/01/2010
Conseil de sécurité
CS/9845

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Conseil de sécurité

6260e séance – matin


LA REPRÉSENTANTE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL AU NÉPAL S’INQUIÈTE DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DE LA FRAGILITÉ DU PROCESSUS DE PAIX


La Gouvernement népalais demande une ultime prorogation de la Mission de l’ONU jusqu’en mai 2010


Le Conseil de sécurité a examiné, ce matin, la situation au Népal, qualifiée de fragile par la Représentante du Secrétaire général et Chef de la Mission des Nations Unies au Népal (MINUNEP), Mme Karin Landgren.


En présentant le rapport du Secrétaire général « sur la demande que le Népal a faite à l’ONU d’appuyer son processus de paix »*, Mme Landgren a estimé que le processus de paix pouvait dérailler, alors que la date butoir de la promulgation de la nouvelle constitution, le 28 mai 2010, est l’objet de sérieuses controverses.


De son côté, le Représentant permanent du Népal auprès des Nations Unies, M. Gyan Chandra Acharya, a demandé que le mandat actuel de la MINUNEP soit prorogé jusqu’au 15 mai 2010 pour que la Mission puisse poursuivre ses travaux.  Il a expliqué que le Gouvernement népalais demandait cette prorogation compte tenu de la période de transition que traverse actuellement le pays.  Le Gouvernement, a-t-il ajouté, est conscient du rôle important d’appui et de facilitation de la MINUNEP, depuis sa création en tant que mission politique spéciale en 2007.


Illustrant la fragilité de la situation, Mme Landgren a cité de nombreux affrontements et provocations en 2009 qui ont été autant de menaces à la stabilité du Népal et à l’application de l’Accord de paix global.  Elle a mentionné en outre l’affrontement mortel, survenu le 6 décembre dans le district de Kailali, dans l’extrême ouest du pays, ainsi que les affrontements violents du 20 décembre entre les manifestants maoïstes et les forces de sécurité à Katmandou alors que des membres du Tarai Mukti Morcha auraient tué trois membres du PCUN-M, le 6 janvier 2010.  Elle s’est inquiétée de nouveaux recrutements par l’armée népalaise en contradiction avec l’Accord de paix global et a relevé que les maoïstes avaient saisi des terres dans le sud de la ceinture de Tarai et des récoltes dans les provinces du centre et de l’ouest.


Parmi les progrès accomplis, la Représentante du Secrétaire général a fait état du début, la semaine dernière, de la démobilisation de 4 008 personnels de l’armée maoïste disqualifiés durant le processus de vérification de la MINUNEP en 2007.  Le 16 décembre, a-t-elle ajouté, a eu lieu la signature par le Gouvernement, le Parti communiste unifié du Népal (PCUN-M) et l’ONU d’un plan d’action pour la démobilisation et la réadaptation des membres de l’armée maoïste disqualifiés parce qu’ils étaient mineurs. 


Mme Landgren a indiqué que le Comité spécial chargé de la supervision, de l’intégration et de la réadaptation du personnel de l’armée maoïste examinait la constitution d’un calendrier au cours duquel la question des 19 000 anciens combattants devrait être résolue.  Elle a précisé que le Gouvernement souhaitait conclure cette intégration avant la promulgation de la nouvelle constitution.


De son côté, le représentant népalais a estimé que l’évolution de la situation dans le pays depuis novembre 2006 offrait des raisons d’être optimistes quant à l’orientation générale du processus de paix au Népal.  Malgré les efforts déterminés, des retards et des obstacles sont inévitables dans le processus de transition devant permettre de passer de la période de 10 ans de conflit à une situation d’après-conflit, a-t-il dit, en assurant de la volonté du Gouvernement et des principaux partis politiques népalais de mener rapidement le processus de paix à sa conclusion heureuse.


Parmi les dernières avancées, M. Acharya a cité des projets de création d’une commission sur les disparitions et d’une commission de vérité et de réconciliation.  Il a insisté sur l’engagement du Népal en faveur de la promotion des droits de l’homme.  Il a précisé que le Népal avait adhéré à 16 textes internationaux majeurs en termes de droits de l’homme et s’est dit persuadé que la protection des droits de l’homme et des libertés fondamentales renforcerait la durabilité de la paix et du progrès au Népal.


Dans son rapport, le Secrétaire général, rappelant que le Népal entre désormais dans une phase cruciale, juge que la sagesse n’est pas de retirer la Mission à ce stade, alors que les tensions sont particulièrement vives.  Mettant l’accent sur l’importance du cadre du processus de paix, notamment l’intégration et la réinsertion du personnel de l’armée maoïste, il souligne que le maintien de la présence de la MINUNEP doit s’inscrire dans le prolongement de l’engagement pris par les partis de respecter le calendrier inscrit dans la Constitution intérimaire et ne doit pas être simplement considéré comme une nouvelle prorogation de mandat.


Il est capital, au regard de la gravité des enjeux, poursuit le Secrétaire général, que cette prorogation débouche très rapidement sur l’adoption par les partis d’un calendrier et d’objectifs clairs, ce qui permettrait de fixer un plan de retrait sans ambigüité pour la Mission, dans les limites du calendrier de cette nouvelle prorogation.


*     S/2010/17


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