14/01/2010
Conseil de sécurité
CS/9844

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Conseil de sécurité                                        

6259e séance – après-midi


CONSEIL DE SÉCURITÉ: « LA SOMALIE EST EN TRAIN DE PASSER D’UN ÉTAT EN FAILLITE À UN ÉTAT FRAGILE »,

SELON LE REPRÉSENTANT SPÉCIAL DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL


M. Ahmedou Ould-Abdallah, la Ligue des États arabes

et l’Union africaine appellent à une action plus efficace de la communauté internationale


Le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, M. Ahmedou Ould-Abdallah, a, cet après-midi devant le Conseil de sécurité, exhorté la communauté internationale à tout mettre en œuvre pour éviter que la situation dans le pays ne s’aggrave, avec les risques de débordement au-delà des frontières.


« La Somalie est en train de passer d’un État en faillite à un État fragile », a-t-il déclaré, saluant des progrès significatifs réalisés par le Gouvernement fédéral de transition au cours des trois derniers mois. 


M. Ould-Abdallah, qui présentait le rapport du Secrétaire général, a notamment cité l’installation du Gouvernement fédéral de transition dans la capitale et l’adoption, pour la première fois depuis longtemps, d’un budget.  Selon le Représentant spécial, la présentation par le Gouvernement fédéral de transition de ses priorités et plans ainsi que le recrutement et la formation de forces de sécurité « a permis de préserver sa légitimité politique à l’égard de groupes extrémistes ». 


Dans son rapport, le Secrétaire général réaffirme l’importance d’une approche en trois phases, détaillée dans son précédent rapport daté du 16 avril 2009.  Cette stratégie met l’accent sur une approche prudente permettant aux Nations Unies de jauger l’acceptabilité, la viabilité et l’efficacité de la mise en place progressive d’une présence élargie et de mettre l’accent sur le développement des capacités des institutions sécuritaires de la Somalie et sur l’appui à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM). 


L’Observateur permanent de la Ligue des États arabes, M. Yahya Mahmassani, et le Commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine (UA), M. Ramtane Lamamra, ont regretté, de leur côté, une trop grande prudence et des hésitations de la part de la communauté internationale face au déploiement d’une opération de maintien de la paix des Nations Unies, appelée à prendre le relai de l’AMISOM, et à l’appui aux institutions nationales.  Une inaction de la communauté internationale aurait des répercussions extrêmement graves sur les pays et la stabilité de la région, ont-ils dit en substance.


« La Somalie doit être vigoureusement accompagnée dans la mise en place d’un redressement qui sera salutaire pour elle-même et pour la communauté internationale dans son ensemble », a insisté M. Lamamra, en appelant à investir dans la renaissance de l’État somalien observée en 2009. 


Si le rapport du Secrétaire général prône une approche prudente en trois étapes, le représentant de la Somalie a estimé que la seule manière d’améliorer la sécurité était de donner aussi vite que possible aux Forces nationales de sécurité les moyens de battre les insurgés et au Gouvernement fédéral de transition d’étendre son autorité aussi loin que possible, si les négociations de paix échouent. 


Celui-ci a fustigé une approche à trois phases qui, a-t-il jugé, « n’est pas à la hauteur de la gravité de la situation ».  « Il faut faire preuve d’audace plutôt que de prudence pour rétablir la stabilité en Somalie », a-t-il déclaré. 


Le délégué somalien a affirmé que la piraterie au large des côtes de son pays n’était que le résultat de l’instabilité sur terre.  Il a rappelé que la Somalie avait présenté le 17 décembre dernier à l’Organisation de la Conférence islamique (OCI) sa stratégie nationale 2010, laquelle s’articule autour de la réconciliation nationale, de la sécurité, de l’organisation d’une conférence internationale sur le relèvement et la reconstruction et la création d’un mécanisme de coordination et de coopération entre le Gouvernement fédéral de transition, ses voisins et la communauté internationale.


Les quatre intervenants ont souhaité que la communauté internationale adopte une action coordonnée, basée sur l’appropriation nationale, dans le cadre de l’Accord de Djibouti du 25 octobre 2008.  Ils ont également mis l’accent sur le renforcement du Gouvernement fédéral de transition, la refondation suffisante des Forces nationales de sécurité, l’édification des institutions nationales en insistant sur la nécessité de mesures à la hauteur de la gravité et de la complexité sur le terrain, y compris à travers la transformation de l’AMISOM en opération de maintien de la paix de l’ONU.  


LA SITUATION EN SOMALIE


Rapport du Secrétaire général sur la situation en Somalie ( S/2009/684 )


Le Secrétaire général, dans ce rapport qui constitue une mise à jour des principaux faits nouveaux intervenus en Somalie depuis début octobre 2009, évalue la situation politique, la situation sur les plans de la sécurité et des droits de l’homme et la situation humanitaire, ainsi que les progrès accomplis dans la mise en œuvre de l’approche graduelle en trois phases énoncée dans le rapport du Secrétaire général d’avril 2009.


Ces trois phases constituent une approche prudente, soigneusement calibrée et flexible, permettant aux Nations Unies (ONU) de jauger l’acceptabilité, la viabilité et l’efficacité de la mise en place progressive d’une présence élargie et de mettre l’accent sur le développement des capacités des institutions sécuritaires de la Somalie et sur l’appui à la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), écrit le Secrétaire général.


Le rapport couvre également les activités opérationnelles de l’ONU et les mesures de lutte contre la piraterie engagées par la communauté internationale après l’établissement du rapport du 13 novembre 2009 (S/2009/590). 


Le Secrétaire général précise que le Bureau politique entend surtout renforcer sa présence dans le « Somaliland » et le « Puntland ».  Il espère que cette présence stabilisera la situation au niveau national, calmera le jeu entre le Gouvernement fédéral de transition, le « Somaliland » et le « Puntland », et consolidera le processus d’élaboration d’une constitution.


Le Secrétaire général estime qu’une aide doit continuer d’être fournie à l’AMISOM et au Gouvernement fédéral de transition pour réduire le danger que posent les restes de guerre et autres engins explosifs.  Il recommande que la stratégie actuelle soit maintenue en 2010 et que les activités prescrites par le Conseil de sécurité se poursuivent.


Il engage le Gouvernement fédéral de transition à rester déterminé à dialoguer et à rechercher activement toutes les occasions de parvenir à la réconciliation et à une paix durable.  Il l’engage aussi à consolider et cimenter les accords et les alliances qui le lient à ses partenaires somaliens dans le pays.  Il demande à tous les Somaliens qui ne participent pas au processus de paix de renoncer à la violence et de s’associer à la recherche de la paix et de la réconciliation, et exhorte les acteurs nationaux et internationaux à soutenir ce processus.


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