12/11/2010
Conseil de sécurité
CS/10083

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6421e séance – après-midi


LES MEMBRES DU CONSEIL DE SÉCURITÉ ENTENDENT LES POSITIONS DE LA SERBIE ET DU KOSOVO SUR L’ÉTAT DE LEURS RELATIONS


Ils appellent les parties à s’engager dans un dialogue en vue d’une paix et d’une stabilité durables dans les Balkans


Les membres du Conseil de sécurité ont entendu, cet après-midi, les positions de la Serbie et du Kosovo, deux mois après l’adoption de la résolution 64/298 de l’Assemblée générale qui avait pris note de l’avis de la Cour internationale de Justice (CIJ) sur la conformité de la déclaration d’indépendance du Kosovo avec le droit international.


Le Représentant spécial du Secrétaire général et Chef de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK), M. Lamberto Zannier, avait préalablement informé les membres du Conseil de l’évolution de la situation sur le terrain depuis le mois de juillet.


M. Zannier, présentant le rapport du Secrétaire général sur les activités de la Mission, s’est attardé sur les tensions communautaires dans le nord du Kosovo, où l’Administration de la MINUK à Mitrovica a fait l’objet d’une campagne de dénigrement de la part des médias kosovars et où les tensions entre les différentes communautés ethniques continuent d’entraver la reprise du dialogue que l’ONU et l’Union européenne appellent de leurs vœux.  « Aux côtés de l’Union européenne et des autres partenaires internationaux de l’ONU, la MINUK continuera d’explorer les moyens politiques pour faire face aux défis dans la région », a précisé M. Zannier.  Le Chef de la MINUK a exhorté les parties à répondre à l’appel de l’Assemblée générale « en s’engageant dans un dialogue constructif en vue de progresser rapidement sur la question des communautés et des retours ». 


Sur ce dernier point, Mme Vlora Çitaku, du Kosovo, qui a assuré que « les libertés religieuses au Kosovo avaient été renforcées », a annoncé que, d’ici à la fin de l’année, 1 300 personnes seront rentrées chez elles.  Les efforts conjoints du Gouvernement, des donateurs et des institutions spécialisées de l’ONU, au premier rang desquelles le HCR, ont permis cette avancée, a-t-elle précisé. 


« Le nombre des retours de Serbes déplacés à l’intérieur du Kosovo reste très faible », a estimé pour sa part le Ministre des affaires étrangères de la Serbie, M. Vuk Jeremić, jugeant que des incidents comme ceux qui ont accompagné la cérémonie d’intronisation à Pec du patriarche Irinej, le chef spirituel de l’Église serbe du Kosovo, « ne peuvent qu’enflammer les passions des extrémistes des deux côtés ».


Si M. Jeremić a vivement critiqué « les mesures unilatérales prises par les dirigeants de Pristina à l’encontre de la communauté serbe du Kosovo », par exemple en détruisant le réseau téléphonique qui dessert la communauté serbe du sud du Kosovo, Mme Çitaku a pointé du doigt le comportement de la Serbie, qui agit « sciemment pour entraver la reconnaissance de tout document officiel établi par la République du Kosovo, qu’il s’agisse des timbres de douane, des passeports, des diplômes scolaires ou encore des relevés d’identité bancaires ».


« Nous ne reconnaîtrons pas la déclaration unilatérale d’indépendance, ni explicitement ni implicitement », a répété le Ministre serbe des affaires étrangères, qui a cependant plaidé pour la recherche d’un « compromis légitime » dans le cadre prévu par la résolution 1244 du Conseil de sécurité. 


De son côté, soulignant que la résolution 64/298 de l’Assemblée générale offrait « une plateforme technique à la reprise du dialogue entre la Serbie et le Kosovo », Mme Çitaku a tenu à rappeler que « le Kosovo ne débattra plus jamais sur son droit d’exister en tant que nation libre ».


Les membres du Conseil de sécurité ont, pour leur part, appuyé de manière unanime le rôle de la MINUK pour faciliter le dialogue entre les dirigeants de Pristina et les dirigeants de Belgrade. 


Le représentant de la France a tenu à ajouter qu’il importait que les autorités kosovares, soutenues par la mission « État de droit » de l’Union européenne (EULEX), poursuivent les auteurs de crimes.  « La mission EULEX dispose de certains pouvoirs d’intervention en cas de nécessité », a rappelé M. Gérard Araud, qui s’est par ailleurs félicité des progrès réalisés par la Serbie sur la voie d’un rapprochement européen.  Soulignant également que de nouveaux États prennent acte régulièrement de l’indépendance du Kosovo, « reconnu désormais par 71 États », il a indiqué que « la France espérait que l’ensemble des États Membres permettront bientôt au Kosovo de prendre la place qui lui revient sur la scène internationale ». 


« La Fédération de Russie ne reconnaît pas la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo », a réaffirmé son représentant, M. Vitaly Churkin, qui a estimé que le discours de Mme Çitaku constituait « une attaque directe contre la pertinence de la résolution 1244.  Ce texte, a-t-il rappelé, fournit une base juridique contraignante pour le règlement de la question du Kosovo sous tous ses aspects ».  En dépit des problèmes auxquels elle est confrontée dans le nord du Kosovo, « la MINUK doit pouvoir s’acquitter de sa mission », a-t-il insisté, en faisant remarquer que le Conseil de sécurité « reste le premier garant de la paix et de la sécurité dans la région des Balkans ». 



RÉSOLUTIONS 1160 (1998), 1199 (1998), 1203 (1998), 1239 (1999) ET 1244 (1999) DU CONSEIL DE SÉCURITÉ


Rapport du Secrétaire général sur la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) (S/2010/562)


Dans ce rapport, le Secrétaire général note d’abord que le statut de la MINUK, chargée depuis 1999 de promouvoir la sécurité, la stabilité et le respect des droits de l’homme au Kosovo, n’a pas été affecté par l’avis consultatif rendu par la Cour internationale de Justice (CIJ) le 22 juillet 2010.  Il rappelle que suite à cet avis, l’Assemblée générale avait adopté, le 9 septembre, la résolution 64/298, qui se félicite notamment que l’Union européenne soit disposée à faciliter le dialogue entre Pristina et Belgrade.  La résolution note en outre que ce dialogue serait un facteur de paix, de sécurité et de stabilité dans la région des Balkans.


Au plan de la sécurité, le Secrétaire général, qui souligne que le problème des personnes disparues continue à hypothéquer lourdement les efforts de réconciliation, s’inquiète des conséquences de l’intensification, au cours des trois derniers mois, des tensions politiques au nord du Kosovo.  Indiquant que l’avis de la CIJ a été accueilli avec incrédulité par la communauté serbe, il évoque divers incidents, différends et accrochages ayant suscité des tensions interethniques.  « Pendant ce temps, aussi bien Pristina que Belgrade ont revendiqué l’administration de Mitrovica-Nord et dans le reste du nord du Kosovo », explique M. Ban Ki-moon. 


Il regrette également qu’à la suite de la publication d’un rapport inexact sur l’administration de la MINUK à Mitrovica par le Bureau à Pristina de la mise en œuvre de la Stratégie pour le nord du Kosovo, une campagne contre les activités de la Mission dans la zone ait éclaté dans les médias locaux.  Dans ce contexte, « le PNUD et l’Équipe des Nations Unies chargée du programme de développement au Kosovo ont aidé à organiser une conférence de la société civile sur le développement de Mitrovica », fait remarquer le Secrétaire général. 


M. Ban indique en outre que de part et d’autre du fleuve Ibër/Ibar, la Force de paix au Kosovo (KFOR) a introduit des opérations de sécurité renforcées et des points de contrôle des véhicules, en coopération étroite avec les forces de police du Kosovo et de la mission « État de droit » de l’Union européenne (EULEX), « pour assurer la sécurité dans la région ».  Il confirme que la KFOR maintiendra une importante force de réserve capable d’intervenir rapidement en cas de troubles civils à Mitrovica, où son action en matière de sécurité consiste essentiellement à appuyer la mission « EULEX ». 


Concernant l’état de droit, le rapport note entre autres que, selon les autorités du Kosovo, « en signe de bonne volonté et pour éviter toute tension avec la Serbie », il a été décidé de continuer à autoriser les citoyens serbes à pénétrer au Kosovo en présentant uniquement leur carte d’identité nationale.  Toutefois, le Secrétaire général estime que les défaillances en matière d’état de droit continuent de compliquer sérieusement la mission de protection de l’Ombudsman.


Pour ce qui est des communautés et des retours, le rapport cite des statistiques du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), selon lesquelles 706 personnes déplacées sont retournées volontairement au Kosovo au cours des trois derniers mois, dont 233 (33%) Serbes du Kosovo et 360 (51%) Roms, Ashkalis et Égyptiens.


De plus, « selon des études de l’UNICEF, les pratiques actuelles de retour et de rapatriement ne permettent pas le retour dans la sécurité et dans la dignité ». 


Le Secrétaire général signale, par ailleurs, que le 23 août, la KFOR a officiellement transféré la responsabilité de la protection du monastère orthodoxe serbe de Graçanicë/Gračanica à la police du Kosovo.  Il ajoute que pendant la période considérée, des incidents visant des sites religieux, tant orthodoxes que musulmans, ont été signalés. 


« La MINUK a continué d’aider le Kosovo à participer à des conférences régionales et internationales, malgré le peu d’empressement des autorités à user de son rôle de facilitation », note également le Secrétaire général, qui impute ce comportement au fait qu’au lendemain de l’avis consultatif rendu par la CIJ, les autorités ont activement refusé ce rôle, synonyme à leurs yeux de restriction de la « souveraineté » du Kosovo.


Dans ses observations, le Secrétaire général de l’ONU se félicite de la résolution adoptée par l’Assemblée générale le 9 septembre et de la volonté de l’Union européenne de promouvoir la concertation entre Pristina et Belgrade.  « Je réaffirme la volonté de l’ONU de contribuer à ces efforts en étroite coordination avec l’Union européenne », assure-t-il.  Sur la situation au nord du Kosovo, M. Ban continue d’engager toutes les parties à faire preuve de retenue et à adopter une attitude mesurée et constructive pour éviter un regain de tension.  Dans ce cadre, il estime qu’il est essentiel « que les membres du Conseil de sécurité appuient les efforts que déploie la MINUK dans la région et demandent sans équivoque aux parties à s’abstenir de prendre unilatéralement des mesures qui pourraient contribuer à aggraver les tensions ». 


En annexe du présent rapport, la Haut-Représentante de l’Union européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Mme Catherine Ashton, fait savoir au Secrétaire général que la mission « EULEX » a poursuivi ses activités d’observation, d’encadrement et de conseil pour les questions touchant l’état de droit et continué d’exercer les fonctions exécutives que lui confère son mandat.  « La mission EULEX a continué de travailler en étroite coopération avec la MINUK et les autres entités de l’Union européenne présentes au Kosovo, en particulier le Représentant spécial de l’Union européenne pour le Kosovo et le Bureau de liaison de la Commission européenne au Kosovo, et de coordonner étroitement ses activités avec celles de la KFOR », est-il aussi noté. 


À la date de publication de ce rapport, l’effectif de la mission EULEX s’élève à 2 846 personnes (1 677 fonctionnaires internationaux et 1 169 agents locaux). 


Déclarations


M. LAMBERTO ZANNIER, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Kosovo et Chef de la MINUK, a indiqué que depuis la publication de l’avis consultatif de la CIJ du 2 juillet, les autorités du Kosovo hésitent à continuer de coopérer avec la Mission pour faciliter la coopération régionale et l’administration de la partie nord de Mitrovica.  Il a ainsi déploré que les autorités du Kosovo aient cessé toute participation aux travaux du Conseil de coopération régional, « dont les accords de développement visent à contribuer à la stabilité politique et la prospérité économique des Balkans ».  Pour M. Zannier, la stabilité à long terme et la prospérité du Kosovo sont inextricablement liées à ses liens avec ses voisins.  M. Zannier a souligné que les divergences entre Pristina et Belgrade ne pourront être éliminées que s’il existe une volonté politique des parties.  À cette fin, la MINUK demeure « déterminée à apporter un appui concret pour renforcer le dialogue ».  Il s’est ensuite félicité de ce que les autorités du Kosovo aient recommencé à participer aux activités de l’Accord de libre-échange d’Europe centrale.  « J’appelle les membres de l’Accord qui ne l’ont pas encore fait à accepter les timbres de douane du Kosovo déjà approuvés par la MINUK », a-t-il dit.


Le Représentant spécial s’est attardé sur la situation au nord du Kosovo, évoquant notamment la publication d’un rapport « inexact » sur l’administration de la MINUK par le Bureau à Pristina de la mise en œuvre de la Stratégie pour le nord du Kosovo et les incidents survenus qui ont eu pour effet « de rappeler l’urgence d’apaiser les tensions entre communautés ».  « Notre principal défi dans la région reste la poursuite de la médiation entre ces communautés », a-t-il indiqué, en estimant que la Mission devrait continuer de servir « de pont entre les autorités du Kosovo et celles de Pristina ».  Aux côtés de l’Union européenne et des autres partenaires internationaux de l’ONU, la MINUK continuera d’explorer les moyens politiques aux défis dans la région, a précisé M. Zannier, estimant que pour la communauté internationale « les tensions persistantes au nord du Kosovo résultent d’un faible dialogue entre les parties ».  Il a ainsi exhorté ces dernières à répondre à l’appel de l’Assemblée générale en s’engageant dans un dialogue constructif en vue d’avancer à court terme sur la question des communautés et des retours. 


Sur ce denier point, M. Zannier s’est félicité de la fermeture, coordonnée par le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), du camp de Roms de Cesmin Lug, et cela avec l’appui de la municipalité de Mitrovica.  Il s’est dit préoccupé par le nombre important de retours forcés au Kosovo de Roms et autres membres de groupes vulnérables.  Si ces retours sont mal gérés, ils risquent d’épuiser rapidement les capacités d’intégration du Kosovo et entraîner, par conséquent, la marginalisation de milliers de personnes, a-t-il prévenu.  Au-delà, ce problème pourrait menacer la totalité du processus de retour et aggraver les tensions interethniques et la sécurité à long terme au Kosovo, a-t-il renchéri.  « J’appelle donc les pays de rapatriement et les autorités du Kosovo à assurer que ces retours sont conduits de manière prudente pour qu’ils ne provoquent pas une crise humanitaire », a insisté M. Zannier.  Avant de conclure, il a rappelé que la MINUK avait pour objectif de « contribuer à la consolidation de la paix à laquelle aspire le peuple du Kosovo et à laquelle la communauté internationale consacre tant d’efforts depuis si longtemps ».


M. VUK JEREMIĆ, Ministre des affaires étrangères de la Serbie, a déclaré que les Nations Unies restaient un acteur essentiel dans la province du Kosovo et a jugé essentiel que les acteurs sur le terrain, comme le Conseil de sécurité réaffirment leur soutien à la MINUK en tant que pilier solide de la paix et de la stabilité et coopèrent pleinement avec elle, y compris au niveau municipal via l’Administration de la MINUK à Mitrovica.  Il a répété que le statut de neutralité de la MINUK, comme de toutes les institutions internationales ou régionales –KFOR, OSCE, EULEX– qui travaillent sous son autorité générale reste le seul cadre acceptable pour travailler à l’amélioration de la vie de tous les habitants du Kosovo, quelle que soit leur ethnicité.  Le Ministre a dit apprécier la volonté de la MINUK de continuer à assurer la représentation extérieure du Kosovo, tout en se disant très préoccupé par le fait que les autorités albanophones du Kosovo s’opposent activement à ce rôle, ce qui, comme l’indique le Secrétaire général dans son rapport, risque d’aboutir à un isolement croissant du Kosovo.


Le nombre des retours de Serbes déplacés au Kosovo, a rappelé M. Jeremić, reste très faible.  Le Ministre a déclaré que des incidents comme ceux qui ont accompagné la cérémonie d’intronisation à Pec du patriarche Irinej, chef spirituel de l’Église serbe du Kosovo, ne peuvent qu’enflammer les passions des extrémistes des deux côtés.  Il a déploré qu’aucun fonctionnaire international ou local n’ait condamné ces incidents.  Il a rappelé que le rapport du Secrétaire général considère que la situation au Kosovo restait instable et que les tensions s’étaient accrues, faisant à cet égard référence aux incidents cités dan le rapport.  M. Jeremić a regretté que les autorités albanophones de Pristina aient pris des mesures unilatérales à l’encontre de la communauté serbe du Kosovo, par exemple en détruisant le réseau téléphonique qui dessert la communauté serbe du sud du Kosovo.  Il a estimé que les élections, prévues le mois prochain, n’étaient pas conformes à la résolution 1244 puisqu’elles n’avaient pas été convoquées par le Chef de la MINUK, et qu’elles ne pouvaient donc pas être observées par l’OSCE ni certifiées par le Représentant spécial.  Il est donc clairement impossible pour la Serbie d’appeler ses ressortissants à y participer, a déclaré le Ministre.


M. Jeremić a fait remarquer que le monde avait « appuyé par acclamation le fait que le dialogue était la seule voie possible vers la paix au Kosovo, la seule voie par laquelle la paix et la dignité pourront être apportées aux Serbes comme aux Albanais ».  Il a estimé que l’Union européenne pourrait jouer le rôle « d’honnête courtier » et jouer ainsi un rôle décisif.  Pour nous, le dialogue est synonyme de négociation et d’ouverture au compromis, a poursuivi M. Jeremić, qui a estimé qu’un processus équitable et équilibré pourrait catalyser les forces de la modération et contribuer à créer des liens en faveur de la réconciliation.  Il pourrait aussi fournir un élan crucial pour garantir l’intégration européenne à l’ensemble des pays des Balkans occidentaux, a également indiqué le Ministre, qui a suggéré que les discussions commencent par les sujets qui provoquent le moins de controverses, avant de passer aux questions plus délicates.  Il a estimé qu’il faudrait trouver des solutions créatives et « laisser derrière nous les analyses anachroniques et les pièges diplomatiques ».


M. Jeremić a rappelé que, pour la Serbie, la volonté de sécession unilatérale de Pristina violait les principes de base des Nations Unies et la résolution 1244.  Cette position de principe reste inchangée, a réaffirmé le Ministre, qui a rappelé qu’elle était inscrite dans la Constitution de la Serbie. « Nous ne reconnaîtrons pas la déclaration unilatérale d’indépendance, ni explicitement ni implicitement », a réaffirmé le Ministre, qui a souligné que la poursuite de la reconnaissance de la déclaration unilatérale d’indépendance est « futile et inutile ».  M. Jeremić a, par ailleurs, remercié tous les pays qui ne l’avaient pas reconnue.  Toute tentative de modifier de manière unilatérale ou par la force la situation sur le terrain serait inacceptable, a-t-il également déclaré, précisant que la présentation de rapports par la MINUK reste, de ce fait, indispensable.  Le Ministre a réaffirmé la volonté de son pays d’être un vrai partenaire pour la paix, tout en reconnaissant qu’il ne pouvait agir seul.  Les solutions dans lesquelles chacun est gagnant restent impossibles si tout le monde n’y met pas du sien, a-t-il ajouté, avant de répéter que son pays ne ménagerait aucun effort pour parvenir à un « compromis légitime ».  « Nous n’agissons pas ainsi par peur ou par faiblesse, mais par conviction, la conviction qu’en agissant ensemble et de bonne foi, nous pourrons finalement « transformer ce morceau de territoire, si riche en histoire et si cher aux deux peuples, d’une source de conflits en une source d’harmonie », a conclu le Ministre.


Mme VLORA ÇITAKU, du Kosovo, a d’abord indiqué qu’en septembre dernier, la Cour constitutionnelle du Kosovo a décidé que le « Président de la République » ne pouvait pas exercer les fonctions présidentielles, tout en restant à la tête de son parti politique.  Le Président Sejdiu a agi dignement en acceptant la décision de la Cour et en démissionnant, a-t-elle ajouté.  Mme Çitaku a expliqué qu’à la suite de la dissolution du Parlement, son gouvernement avait décidé de fixer la date des élections législatives au 12 décembre prochain.  Ces élections, comme les précédentes, seront libres et justes et reflèteront la volonté des citoyens kosovars, a-t-elle assuré, ajoutant que Pristina accueillerait volontiers des observateurs internationaux.


Le Kosovo est une société multiethnique et son gouvernement demeure engagé à accélérer l’intégration sociale, politique et économique des minorités, y compris les Serbes du Kosovo « que nous encourageons à participer au processus démocratique en se présentant aux élections locales et nationales », a rappelé Mme Çitaku.  Elle a demandé à la communauté internationale de réaffirmer son engagement à contribuer à la stabilité du Kosovo en appelant les Serbes du Kosovo à participer aux prochaines élections et le Gouvernement serbe à ne pas entraver cette participation.  Elle a fait remarquer qu’aux dernières élections municipales, la participation des Serbes du Kosovo avait dépassé les 50%.  Malheureusement, dans le nord du Kosovo, les choses ne se déroulent pas de la même manière, a-t-elle fait remarquer, soulignant que l’influence de Belgrade pour bloquer le processus d’intégration des Serbes à la vie publique avait des conséquences catastrophiques, a-t-elle dit. 


Mme Çitaku a souligné qu’à ce jour, 71 pays avaient reconnu le Kosovo et que la Cour internationale de Justice (CIJ) a conclu, en juillet dernier, que « l’indépendance du Kosovo ne viole pas le droit international ».  Elle a regretté que, dans ce contexte, le Gouvernement serbe « agissait sciemment pour entraver la reconnaissance de tout document officiel émis par la République du Kosovo, qu’il s’agisse des timbres de douane, des passeports, des diplômes scolaires ou encore des relevés d’identité bancaires ».  Tous ces documents sont reconnus par l’Union européenne et même par des pays n’ayant pas encore formellement reconnu l’indépendance du Kosovo, a-t-elle insisté.  « Il est évident, a-t-elle dit, que de telles pratiques, qui empêchent les échanges universitaires, les visites familiales et les échanges commerciaux, retardent gravement le moment de la réconciliation parmi les peuples de la région ». 


Mme Çitaku, après avoir assuré que les libertés religieuses au Kosovo avaient été renforcées, a salué les progrès réalisés au titre du processus de retour.  D’ici à la fin de l’année, 1 300 personnes seront rentrées chez elles, a-t-elle assuré, se félicitant des efforts conjoints de son gouvernement, des donateurs et des institutions spécialisées de l’ONU qui avaient permis cette avancée.  Avant de conclure, elle a appuyé la résolution 64/98 de l’Assemblée générale, « qui offre une plate-forme technique à la reprise du dialogue entre Pristina et Belgrade ».  « Mais que ce soit clair: nous ne débattrons plus jamais sur le droit du Kosovo d’exister en tant que nation libre.  L’indépendance du Kosovo ne sera plus jamais discutée », a-t-elle affirmé. 


Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis), a estimé qu’en rendant son avis consultatif, la Cour internationale de Justice avait « tourné la page sur la Déclaration d’indépendance du Kosovo », en déclarant que cette dernière n’avait violé aucune règle du droit international, ni la résolution 1244.  Il est temps d’aller de l’avant, a ajouté la représentante, qui s’est félicitée de l’adoption, le 9 septembre, par l’Assemblée générale de sa résolution 64/298 qui ouvre la voie à la reprise du dialogue entre la Serbie et le Kosovo.  Mme DiCarlo a toutefois rappelé que ces discussions ne sauraient porter sur le statut ou l’intégrité du Kosovo, affirmant: « Le Kosovo est un État indépendant et ses frontières sont inviolables ».  Elle a ensuite appelé les pays qui ne l’ont pas encore fait à reconnaître cette indépendance. 


Mme DiCarlo a estimé que le Kosovo avait pris des mesures pour forger un État de droit.  Il reste toutefois beaucoup à faire, a ajouté la représentante, qui a souhaité que les élections générales à venir soient gérées « de manière à ce que tout citoyen du Kosovo puisse exercer son droit de vote ».  Elle a regretté que le Gouvernement serbe n’ait « pas joué un rôle constructif » et n’ait pas encouragé les Serbes du Kosovo à voter.  La représentante a, par ailleurs, encouragé les autorités du Kosovo à lutter contre la corruption et la criminalité et à bâtir une économie fondée sur le secteur privé.  Elle a estimé que l’entrée du Kosovo au Fonds monétaire international, à la Banque mondiale et dans d’autres institutions financières internationales permettra de bâtir une économie viable.  Mme DiCarlo a, par ailleurs, salué les récentes mesures prises pour réduire les effectifs de la FKOR et professionnaliser les forces de défense du Kosovo.  Mme DiCarlo a condamné les actes et menaces de violences à l’encontre des Serbes du Kosovo, estimant qu’ils sapent les efforts en matière de sécurité et elle a salué le travail de la police du Kosovo pour maintenir l’ordre dans le nord du pays, avant de demander à Belgrade de faciliter cette mission.  Les États-Unis continueront d’appuyer les efforts du Kosovo et de tous les pays de la région en vue de leur intégration euro-atlantique, a conclu Mme Di Carlo.


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a salué la présence du chef de la diplomatie de la Serbie, M. Vuk Jeremić, et du Ministre des affaires étrangères par intérim du Kosovo, M. Vlora Çitaku, avant d’estimer que l’intégration progressive du nord dans le reste du Kosovo servira, de toute évidence, les intérêts de toutes les communautés de cette région, et que le dialogue était le seul moyen viable pour atteindre un tel objectif.  Il a appelé les deux parties à faire preuve de retenue, à adopter une approche mesurée et constructive, et à s’engager activement aux côtés de la présence internationale, y compris dans le nord du Kosovo, afin d’éviter de nouveaux actes de violence et tout regain de tension.  Citant le récent rapport de la Commission intérimaire selon laquelle de nombreux défis persistent, il a indiqué que l’amélioration de la gouvernance et de l’état de droit au Kosovo, par exemple, était essentielle, tout comme l’adoption de mesures de lutte contre la corruption et l’impunité.  Dans cette optique, il importe que la communauté internationale reste engagée au Kosovo et assiste les autorités locales en partageant son savoir-faire et ses ressources.  « Il convient que le Kosovo demeure engagé à mener les réformes nécessaires », a-t-il dit en ajoutant que la stabilité, la sécurité, l’état de droit et la gouvernance étaient les piliers fondamentaux pour toutes les communautés du Kosovo.  Le représentant a ensuite formé l’espoir que tous les groupes ethniques participent activement aux prochaines élections de décembre qui seront décisives pour l’avenir du Kosovo.  Il a lancé un appel au Kosovo et à la Serbie pour que ces élections soient couronnées de succès et pour éviter toutes tensions, en particulier dans le nord.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a réaffirmé que son pays ne reconnaissait pas « la déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo ».  Le discours de Mme Çitaku a été si catégorique qu’il constitue, pour sa délégation, une attaque directe contre la pertinence de la résolution 1244, qui doit rester la base juridique contraignante pour le règlement sous tous ses aspects de la question du Kosovo, a-t-il déclaré.  Le représentant a estimé que la première priorité est la reprise du dialogue par les parties pour régler les questions en suspens.  « Les actes unilatéraux de Pristina sont inadmissibles dans ce contexte puisqu’ils vont à l’encontre de l’objectif du dialogue futur », a fait remarquer M. Churkin.  Jugeant ensuite que la situation ne s’était toujours pas améliorée en ce qui concerne le retour des personnes déplacées, « notamment des Serbes », il a déploré que « selon des rapports du HCR et d’ONG, les rapatriés ne se sentent pas en sécurité ».  Les violations de leurs droits attisent les tensions entre les communautés ethniques dans le nord du Kosovo, a-t-il souligné, regrettant que « le discrédit jeté sur la MINUK par les médias kosovars ajoute aux menaces à la paix et à la sécurité, y compris du personnel de l’ONU ».  La Mission doit pouvoir s’acquitter de sa mission, son rôle actif étant incontournable pour régler la question du Kosovo, a-t-il rappelé, avant de conclure que « le Conseil de sécurité restait le premier garant de la paix et de la sécurité dans la région ». 


M. IBRAHIM ASSAF (Liban) s’est dit satisfait face à la situation relativement calme qui prévaut au Kosovo, malgré une certaine instabilité, et il a appelé toutes les parties à faire preuve de retenue et à éviter toute provocation, y compris en s’abstenant de publier des informations inexactes.  Il s’est dit satisfait des efforts de la MINUK en faveur du dialogue et de la réconciliation, comme de la coopération entre la MINUK et EULEX dans le cadre du statut de neutralité prévu par la résolution 1244.  Il s’est dit heureux des progrès réalisés dans le domaine de la protection du patrimoine religieux orthodoxe serbe. Le représentant s’est félicité de la coopération qui facilite les recherches pour déterminer le sort des disparus.  Il s’est également félicité de l’adoption de la résolution 64/298 de l’Assemblée générale qu’il considère comme la base d’un nouveau dialogue souple et constructif entre les parties.  Il a souhaité que les élections à venir au Kosovo ne ralentissent pas la reprise de ce dialogue, qu’elles soient démocratiques et contribuent à la stabilité dans la région.


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) est intervenu brièvement dire qu’il était convaincu que « les efforts de la MINUK, aux côtés de la mission EULEX et de la KFOR, restaient indispensables pour faciliter le dialogue entre les communautés au Kosovo».  La résolution 1244 du Conseil de sécurité demeure pertinente pour assurer la sécurité au Kosovo, où la confiance et la compréhension entre les communautés sont cruciales afin d’améliorer les conditions de vie de tous les habitants du Kosovo, sans distinction ethnique et religieuse, a-t-il ajouté.  En outre, le représentant ougandais a estimé que « l’esprit de réconciliation commandait que les communautés d’accueil des rapatriés s’abstiennent d’action susceptible de saper l’intégration de ces derniers ». 


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a indiqué que les tensions actuelles au nord du Kosovo étaient révélatrices d’une méfiance profonde et persistante entre les communautés.  Elle a regretté la publication par les autorités de Pristina d’un rapport inexact sur les activités de la Mission d’Administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) à Mitrovica, qui a déclenché une campagne contre la Mission dans la presse locale.  Se déclarant préoccupée par les conclusions du Secrétaire général sur les relations distantes entretenues par la MINUK et Pristina, la représentante a exhorté les dirigeants de Pristina et de Belgrade à coopérer plus étroitement avec le Représentant spécial du Secrétaire général, afin d’améliorer la vie de leurs populations.  La résolution 1244 de 1999, qui est toujours en vigueur et constitue la base de la présence des Nations Unies au Kosovo, continue d’offrir un cadre pour les négociations afin de parvenir, sous les auspices du Conseil de sécurité, à une solution raisonnable, a-t-elle rappelé.  En conclusion, elle a de nouveau appelé les deux parties à reprendre les négociations dans un esprit constructif et salué, à cet égard, le rôle de facilitateur que joue l’Union européenne.


M. OBINNA C. ONOWU (Nigéria) s’est dit encouragé par la coopération continue entre Belgrade et Pristina sur la question des personnes disparues. Il s’est félicité de la contribution de la MINUK et des autres acteurs internationaux et régionaux, notamment de son rôle pour instaurer l’état de droit et faciliter le dialogue entre les différentes communautés.  Le représentant s’est dit préoccupé par la situation dans le nord du Kosovo, par l’absence de progrès dans la réconciliation, par le faible nombre de retours parmi les populations  minoritaires et plus encore par l’absence d’appui aux activités de la MINUK dans le nord du Kosovo.  C’est pourquoi, il a lancé un appel à tous les acteurs pour qu’ils apportent un tel soutien.  Il s’est, par ailleurs, félicité des efforts de l’Union européenne en faveur du dialogue.


M. LI BAODONG (Chine) a appelé les dirigeants de Pristina et de Belgrade à travailler de concert pour maintenir la stabilité dans le nord du Kosovo.  Il a estimé qu’à cette fin, l’appui de la MINUK en faveur de la réconciliation entre les communautés demeurait précieux, la Mission devant être en mesure « de contribuer au respect des droits de toutes les minorités ethniques et religieuses ».  La Chine respecte l’intégrité territoriale et la souveraineté de la Serbie, a-t-il assuré, avant de souligner que le meilleur moyen de parvenir à un règlement de la question du Kosovo passait par « la négociation constructive et de bonne foi dans le cadre prévu par la résolution 1244 du Conseil de sécurité ».


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a déclaré qu’il était de la plus haute importance que la communauté internationale continue d’appuyer la présence de la MINUK pour lui permettre de remplir son mandat conformément à la résolution 1244 et c’est pourquoi, il a lancé un appel à toutes les parties pour qu’elles coopèrent avec la MINUK et s’abstiennent de tout geste qui pourrait affecter la présence de la Mission ou mettre en danger son personnel.  Il s’est félicité de la bonne coopération entre la MINUK, EULEX, l’OSCE et la KFOR, jugeant la coopération entre la MINUK et la mission EULEX particulièrement importante pour promouvoir le renforcement de l’état de droit au Kosovo et, surtout, les institutions liées à l’administration de la justice et aux droits de l’homme.


Le représentant a dit observer avec préoccupation l’augmentation du nombre d’incidents interethniques dans le nord du Kosovo, notamment entre jeunes, depuis que la Cour internationale de Justice a rendu, le 22 juillet dernier, son avis consultatif.  Il a souhaité que le Conseil de sécurité rappelle à toutes les parties leur obligation de respecter le droit international et d’éviter toute provocation susceptible d’augmenter la tension entre les communautés.  Le représentant du Mexique a jugé important de maintenir l’élan en faveur du dialogue qu’a représenté l’adoption le 9 septembre par l’Assemblée générale de sa résolution 64/298 et a lancé un appel en faveur d’un dialogue constructif permettant de consolider la paix, la stabilité et la réconciliation.  Il a jugé indispensable que le dialogue entre Pristina et Belgrade inclut les enquêtes sur les 1 837 personnes encore portées disparues, la reconstruction du patrimoine religieux et culturel et la fourniture de services publics et civils aux communautés minoritaires.


M. Heller a estimé que l’équipe des Nations Unies au Kosovo devrait renforcer sa coopération avec les organisations régionales et locales pour encourager la réconciliation, la tolérance et la solidarité entre les communautés et, en particulier, entre les enfants et les jeunes.  Il s’est dit très préoccupé par la vulnérabilité des enfants de communautés minoritaires rapatriées.  Dans la perspective du rapatriement de nombreuses familles issues de communautés minoritaires, il a insisté sur l’importance de programmes de développement et de construction et a souhaité que la MINUK travaille en ce sens avec les différentes institutions et organismes humanitaires sur le terrain.  M. Heller a également souligné la nécessité de la collaboration entre les autorités et le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) afin de lutter contre l’impunité des responsables de crimes graves commis dans le passé et contribuer ainsi à la justice et à la réconciliation.


M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) a invité les parties à unifier leurs actions en matière de lutte contre la corruption, « un fléau qui entrave toute possibilité de vivre ensemble dans la région ».  Il a ajouté que la Serbie devrait jouer un rôle accru de consolidation de la paix dans la région des Balkans.  C’est pourquoi, a-t-il dit, « la Turquie appelle Belgrade à intensifier les efforts qui lui permettront à terme d’intégrer l’Union européenne ».  Le représentant a ensuite assuré que son pays était prêt à aider les dirigeants de Pristina et de Belgrade dans leurs efforts en cours pour parvenir à une solution négociée, les parties devant, dans l’intervalle « et comme le demande le Secrétaire général dans son rapport, éviter les mesures unilatérales qui pourraient compromettre le dialogue ».


M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) a exprimé l’appréciation de sa délégation pour les activités de la MINUK et pour sa contribution au processus de réconciliation, ainsi que pour l’attention qu’elle porte à la médiation entre les différentes communautés au Kosovo.  Il s’est également félicité de ce que la situation en matière de sécurité au Kosovo soit restée relativement calme durant la période considérée, malgré les incidents décrits dans le rapport du Secrétaire général.  L’avis consultatif de la Cour internationale de Justice a provoqué des tensions particulières dans une atmosphère déjà sensible, a fait remarquer le délégué.  À cet égard, M. Barbalić a salué l’adoption de la résolution de l’Assemblée générale du 9 septembre, à laquelle la Bosnie-Herzégovine avait accordé son plein soutien.


Tout en soulignant l’importance d’améliorer le dialogue intercommunautaire et de faire croître la confiance pour encourager le retour des personnes déplacées, le délégué a constaté que le nombre de retours volontaires de minorités restait réduit et c’est pourquoi, il a appelé la MINUK et les autres institutions des Nations Unies présentes sur le terrain, comme l’UNICEF et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) à continuer leur travail.  Reconnaissant l’importance du renforcement de l’état de droit, le représentant de la Bosnie-Herzégovine a salué les activités de la MINUK ainsi que de la mission « État de droit » menée par l’Union européenne au Kosovo (EULEX).  La Bosnie-Herzégovine soutient également les pratiques existantes de coopération et de coordination entre la MINUK, EULEX, l’OSCE et l’OTAN, ce dernier étant présent par le biais des troupes de la Force internationale de sécurité au Kosovo, a assuré son représentant, en saluant la solide coopération entre la mission EULEX et le  Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY).  M. Barbalić a enfin réitéré que la stabilité et la sécurité au Kosovo étaient importantes pour instaurer une paix et une prospérité durables dans la région.  La communauté internationale doit continuer à jouer un rôle important en soutenant les aspirations des pays de la région à intégrer les structures européennes et euro-atlantiques.  De leur côté, les pays de la région doivent coopérer pleinement avec la communauté internationale.  


M. EMMANUEL ISSOZE-NGONDET (Gabon) s’est félicité des derniers développements intervenus au Kosovo, en particulier la mise en œuvre récente du Cadre stratégique pour le Kosovo et du lancement, en décembre prochain, du Plan commun de développement de l’équipe des Nations Unies au Kosovo.  En outre, a-t-il dit, les résultats de la Commission de la reconstruction des sites du patrimoine culturel et religieux semblent constituer un réel facteur de « coopération agissante » entre Belgrade et Pristina.  Ces quelques avancées contrastent, a-t-il regretté, avec certaines réalités sur le terrain.  Comme le relève, à juste titre, le rapport du Secrétaire général, la réconciliation des différentes communautés au Kosovo fait face à de sérieuses pesanteurs, que l’escalade des tensions au nord du Kosovo ne fait qu’aggraver, a souligné le représentant.  M. Issoze-Ngondet a qualifié de « très préoccupantes » les récentes déclarations faites par les autorités kosovares contre la présence de la MINUK.  Elles peuvent, a-t-il prévenu, avoir un impact sur la sécurité du personnel des Nations Unies, dont la mission de neutralité est « consubstantielle » à la promotion de la sécurité, la stabilité et le respect des droits de l’homme au Kosovo.


M. GÉRARD ARAUD (France) a déclaré que l’Assemblée générale, « en prenant acte de l’avis de la Cour internationale de Justice (CIJ) selon lequel la déclaration d’indépendance du 17 février 2008 n’a violé aucune règle applicable du droit international, a clos un débat qui pesait sur la vie politique de la Serbie et du Kosovo ».  Le dialogue, qu’appellent de leurs vœux l’ONU et l’Union européenne, doit débuter dans les meilleurs délais et porter sur divers sujets concernant directement la vie des populations, en favorisant la coopération entre la Serbie et le Kosovo, a ajouté le représentant.  Après avoir, à son tour, rappelé que de nouveaux États prennent acte régulièrement de l’indépendance du Kosovo, « reconnu désormais par 71 États », l’Ambassadeur Araud a indiqué que « la France espérait que l’ensemble des États Membres permettront bientôt au Kosovo de prendre la place qui lui revient sur la scène internationale ». 


M. Araud a ensuite noté que la Serbie continuait de progresser sur la voie d’un rapprochement européen, les 27 ministres des affaires étrangères de l’Union européenne ayant, le 25 octobre dernier, décidé de confier à la Commission européenne l’examen de la candidature de la Serbie pour son adhésion à l’Union européenne.  Condamnant enfin toute violence sur le terrain, le représentant a rappelé que la mission EULEX, déployée depuis 2008 avec un chef de mission français, « dispose de pouvoirs d’intervention en cas de nécessité ».  En conclusion, il a souhaité que la progression vers l’état de droit et la bonne gouvernance, au bénéfice de l’ensemble des communautés, soit l’objectif primordial du prochain Gouvernement du Kosovo.


M. TSUNEO NISHIDA (Japon) s'est félicité de l’adoption par consensus de la résolution de l’Assemblée générale concernant l’avis consultatif de la Cour internationale de Justice du 22 juillet dernier.  Il a dit espérer que les dirigeants de Pristina et les dirigeants de Belgrade établiront un dialogue direct sur les questions qui affectent tous les aspects de la vie quotidienne des différentes communautés du Kosovo.  Faisant référence au Secrétaire général, il a insisté sur le fait que ce dialogue permettrait d’ouvrir une « nouvelle phase ».  Il a souligné le rôle de l’Union européenne pour faciliter le dialogue, afin que la région entière soit stabilisée de manière irréversible, vers la voie de l’intégration européenne.  À cet égard, il a estimé qu’il était important d’écouter le point de vue du Chef de la Mission de l’ONU, au Kosovo-Métochie, M. Lamberto Zannier, concernant le rôle de l’ONU, de la Mission d’administration intérimaire des Nations Unies au Kosovo (MINUK) et des autres pays concernés, pour faire avancer le dialogue de manière effective. 


Le représentant a souhaité que les agitations politiques au Kosovo ne retardent pas ce dialogue et qu’une administration soit établie prochainement.  La tenue d’élections libres et équitables, avec la participation de tous les résidents, y compris les minorités, est une priorité, a-t-il estimé.  Le représentant a félicité les efforts du Kosovo, notamment pour assurer la protection de certains monastères orthodoxes serbes, avec la coopération de la KFOR.  S’agissant de la situation humanitaire, y compris le retour des personnes déplacées dans leur propre pays et des réfugiés, il s’est dit préoccupé par la stagnation du processus de réintégration des rapatriés des minorités.  Le Japon soutient le HCR pour la promotion d’une coexistence multiethnique et du développement durable, a-t-il conclu.


M. MARK LYALL GRANT (Royaume-Uni) a estimé que le rapport du Secrétaire général mettrait l’accent sur certains progrès, y compris la réintégration de Roms du Kosovo.  Il s’est félicité de la coopération obtenue entre Belgrade et Pristina à l’occasion de l’intronisation du patriarche de l’Église serbe orthodoxe à Pec, tout en s’inquiétant de certaines tensions.  Il a rappelé que la Cour  internationale de Justice avait rendu, le 22 juillet dernier, un avis consultatif dans lequel elle estimait que la Déclaration unilatérale d’indépendance du Kosovo ne constituait pas une violation du droit international.  Il s’est félicité que la résolution 64/298, adoptée le 9 septembre, ait été coparrainée par la Serbie et les États membres de l’Union européenne et a invité la Serbie et le Kosovo à laisser de côté leur différend sur le statut du Kosovo et à mettre l’accent sur une coopération concrète.  Il s’est dit encouragé par les déclarations prononcées lors du débat par M. Vuk Jeremić et Mme Vlora Çitaku, marquées par la volonté de se tourner vers l’avenir.


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