13/10/2010
Conseil de sécurité
CS/10050

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Conseil de sécurité

6396e séance – matin


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ RÉAFFIRME L’IMPORTANCE CRUCIALE DE LA CONSOLIDATION

DE LA PAIX COMME FONDEMENT D’UNE PAIX ET D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLES


La reconstruction après conflit exige une approche réellement intégrée

et des ressources significatives et à long terme, déclare M. Ban Ki-moon


À l’issue d’une séance consacrée à la consolidation de la paix après les conflits, le Conseil de sécurité a réaffirmé, aujourd’hui, dans une déclaration présidentielle, l’importance cruciale de la consolidation de la paix comme fondement d’une paix et d’un développement durables au lendemain d’un conflit, et s’est félicité du rôle joué dans la promotion d’une approche cohérente et intégrée par la Commission de consolidation de la paix (CCP), à laquelle il renouvelle son appui.


Le Conseil réaffirme également l’importance de la prise en charge par les autorités nationales des efforts et des priorités en matière de consolidation de la paix et souligne qu’il est nécessaire d’ériger l’intégration de l’appui au développement des capacités nationales dans toutes les activités pertinentes des Nations Unies.  Il souligne également qu’il est nécessaire d’assurer un appui rapide et prévisible aux domaines prioritaires de la consolidation de la paix, ainsi que le « rôle vital » que jouent les Nations Unies à travers l’appui qu’elles apportent aux autorités nationales pour élaborer une stratégie dès le départ en concertation étroite avec des partenaires internationaux afin de répondre en tant que de besoin à ces priorités.


Le Conseil réaffirme aussi l’importance cruciale du financement « opportun, souple et prévisible » de la consolidation de la paix et prie instamment les États Membres et les autres partenaires de redoubler d’efforts pour atteindre cet objectif.  Il note avec satisfaction et encourage la coordination, la cohérence et l’intégration plus grandes des efforts en matière de consolidation de la paix.  Enfin, il souligne l’importance de la participation entière des femmes sur un pied d’égalité à tous les efforts de maintien et de promotion de la paix et de la sécurité, y compris la consolidation de la paix.


La reconstruction des sociétés brisées par les conflits représente un engagement à long terme qui exige une approche réellement intégrée et des ressources significatives, a déclaré devant les membres du Conseil de sécurité le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon.  Faisant observer que les Nations Unies étaient confrontées à de « réelles difficultés » dans leurs efforts visant à aider, au quotidien, les pays sortant d’une crise à se relever, M. Ban a rappelé qu’il avait présenté l’an dernier, un plan d’action devant permettre aux Nations Unies d’apporter plus rapidement un soutien plus efficace aux efforts nationaux de consolidation de la paix et pour veiller à ce que ces activités produisent des effets durables.  Ce plan d’action est axé sur quatre domaines prioritaires, à savoir la nécessité de disposer de personnes qualifiées et formées susceptibles d’être déployées au bon endroit et au bon moment, et de se mettre aussitôt au travail, le besoin de financements prévisibles, la nécessité d’établir un partenariat plus efficace, et celle de placer les femmes au centre de la consolidation de la paix. 


Aux fins du débat, le Conseil était saisi de deux rapports du Secrétaire général.  Le premier est un rapport intérimaire sur la consolidation de la paix après conflit, qui fait suite à un rapport principal présenté en 2009.  Dans le second, spécifiquement consacré à la participation des femmes à la consolidation de la paix, M. Ban présente un plan d’action pour une mise en œuvre plus rigoureuse de la résolution 1325 (2000) qui identifie sept domaines prioritaires où l’ensemble de la communauté internationale, et en particulier le système des Nations Unies, doivent adopter des mesures plus énergiques et cohérentes pour que les femmes participent aux efforts de consolidation de la paix.


Le Président de la Commission de consolidation de la paix et Représentant permanent de l’Allemagne auprès de l’ONU, M. Peter Wittig, a mis l’accent sur la coordination des actions en matière de consolidation de la paix.  Il s’est félicité des efforts en cours pour améliorer le partenariat entre l’ONU et la Banque mondiale et a estimé que la Commission serait appelée à travailler en étroite coopération avec la nouvelle entité « ONU-Femmes » afin de promouvoir la participation active des femmes aux efforts de consolidation de la paix.


Lors du débat, auquel ont participé une trentaine de délégations, les intervenants ont beaucoup insisté sur le concept d’appropriation nationale des programmes de consolidation de la paix, sur le renforcement des capacités nationales, la nécessité de financements prévisibles et suffisants ou encore le rôle des femmes.  Le renforcement des capacités civiles a également été débattu, et plusieurs intervenants ont dit attendre avec intérêt le rapport du Groupe d’experts présidé par M. Jean-Marie Guéhenno, prévu pour l’an prochain.


Le débat a aussi permis aux trois cofacilitateurs –Mexique, Irlande et Afrique du Sud- du rapport d’examen du dispositif de consolidation de la paix de l’ONU, remis le 19 juillet dernier, de s’exprimer sur ce texte.  La représentante de l’Irlande, qui a fait observer que ce serait sans doute la seule occasion d’en parler devant le Conseil de sécurité, a notamment insisté sur la nécessité pour la CCP de se voir ménager plus d’espace au sein des structures des Nations Unies, mais aussi de mériter cet espace, en faisant observer qu’il y aurait un meilleur échange « entre un Conseil de sécurité plus disponible et une CCP plus performante ».


Aux termes de la déclaration présidentielle du Conseil, le Secrétaire général est invité à poursuivre les efforts visant à clarifier davantage les responsabilités en matière de consolidation de la paix.  Le Secrétaire général  devra en outre présenter au Conseil et à l’Assemblée générale un exposé avant le 13 octobre 2011, ainsi qu’un rapport, au plus tard le 13 octobre 2012, sur les progrès accomplis dans le renforcement de la participation des femmes à la consolidation de la paix.



CONSOLIDATION DE LA PAIX APRÈS LES CONFLITS


Rapport intérimaire du Secrétaire général sur la consolidation de la paix au lendemain d’un conflit (S/2010/386)


Dans ce rapport, le Secrétaire général estime que les difficultés auxquelles la communauté internationale fait face dans la consolidation de la paix n’ont pas diminué depuis son précédent rapport (A/63/881-S/2009/304)sur la consolidation de la paix au lendemain d’un conflit, soumis en 2009 au Conseil de sécurité et à l’Assemblée générale, et il rappelle que le présent rapport intérimaire fait suite à une demande formulée par le Conseil de sécurité dans la déclaration de son Président en date du 22 juillet 2009.


M. Ban Ki-moon constate que l’ordre du jour actuel du Conseil de sécurité reflète ces difficultés, que ce soit au Timor-Leste, en Sierra Leone ou au Népal, où « l’accent est mis sur la consolidation des progrès vers une paix durable et sur les moyens de prévenir une reprise du conflit », ou encore en République démocratique du Congo ou au Tchad, « où les opérations de maintien de la paix qui permettent directement la poursuite des efforts de consolidation rencontrent des difficultés uniques en leur genre ». Même dans des situations aussi diverses que celle d’Haïti au lendemain du séisme, ou celle du Soudan après le référendum attendu, où la satisfaction des besoins humanitaires ou le rétablissement de la stabilité sont les exigences les plus immédiates, « notre problème, à long terme, demeure celui de la consolidation d’une paix durable », ajoute M. Ban.


Le Secrétaire général rappelle que la consolidation de la paix « incombe avant tout à chaque État », tout en ajoutant que la communauté internationale, et notamment l’Organisation des Nations Unies, a un rôle critique à jouer pour soutenir l’action menée par chaque État. « Notre réponse doit être un « effort collectif, s’appuyant sur tous les volets de l’action des Nations Unies – paix et sécurité, défense des droits de l’homme, développement et affaires humanitaires », ajoute-t-il.


Le Secrétaire général affirme que des progrès ont été réalisés dans plusieurs domaines, « notamment sur la question de la direction, la capacité civile, le financement et la cohérence avec « des normes applicables à l’échelle du système pour la stratégie et la planification dans le contexte des missions qui, moyennant un effort vigilant, devraient permettre de dégager des méthodes plus cohérentes de consolidation de la paix au niveau local ».


Toutefois, M. Ban reconnaît des insuffisances dans des domaines essentiels pour une consolidation durable de la paix, telles qu’une « étroite collaboration avec la Banque mondiale, la réalisation prévisible, fondée sur des normes, de l’action dans des domaines essentiels tels que l’état de droit et la réforme du secteur de la sécurité, et l’appui au renforcement des capacités nationales par des démarches opérationnelles nettement améliorées ».  « Nous devons poursuivre les efforts faits dans l’ensemble du système des Nations Unies pour faire les changements nécessaires et pour garantir que ces changements, au Siège, conduiront à une meilleure exécution sur le terrain », ajoute-t-il.


Le Secrétaire général avertit que l’ONU « ne peut atteindre ces objectifs isolément » et juge nécessaire un « effort collectif plus large », reposant sur des partenariats robustes avec les États Membres, les organisations régionales, la société civile, le secteur privé, les institutions financières internationales et

les autres partenaires multilatéraux.  Il insiste notamment sur le renforcement du partenariat avec la Banque mondiale, ainsi que sur des « partenariats solides avec les acteurs nationaux », nécessaires pour améliorer encore l’appropriation nationale de l’effort de consolidation de la paix, « sans laquelle la durabilité ne sera jamais réalisée ».


Le Secrétaire général, qui constate que la récession économique mondiale a, « inévitablement, amoindri les ressources des donateurs » et aggravé les difficultés économiques des pays qui sortent d’un conflit, juge d’autant plus nécessaire un financement « rapide, cohérent et viable de la consolidation de la paix », qui soit en outre accessible « aussi longtemps qu’il est nécessaire pour consolider la paix, même quand il s’agit d’un processus long et difficile ».  Il engage les États Membres à prendre les engagements nécessaires,  notamment en reconstituant, à partir de 2011, les ressources du Fonds pour la consolidation de la paix.


En conclusion, le Secrétaire général rappelle que les éléments de son programme d’action sont interdépendants et se renforcent -ou s’affaiblissent- l’un l’autre.  Il juge indispensable d’assurer la cohérence de l’aide fournie par les États Membres, qu’il engage instamment à adopter des positions cohérentes sur les questions de la consolidation de la paix dans les diverses instances qui s’en occupent.  Il insiste en particulier sur ses propositions concernant la réforme des ressources humaines qui « doivent être intégralement soutenues, faute de quoi l’ONU ne pourra déployer un personnel suffisant dans les situations de crise ou au lendemain d’un conflit avec la célérité et la flexibilité nécessaires ».


Rapport du Secrétaire général sur la participation des femmes à la consolidation de la paix (S/2010/466)


Dans son rapport, présenté en application de la résolution 1889 (2009) du Conseil de sécurité, le Secrétaire général analyse les besoins des femmes et des filles après les conflits et expose les difficultés que rencontrent les femmes pour participer à la prévention et au règlement des conflits ainsi qu’au relèvement, avant de présenter un plan d’action pour la prise en compte de la problématique hommes-femmes dans la consolidation de la paix qui comprend sept engagements destinés à modifier les pratiques des acteurs nationaux et internationaux et à améliorer les résultats sur le terrain.


Le Secrétaire général rappelle que la nécessité d’une mise en œuvre plus rigoureuse de la résolution 1325 (2000) est « un thème récurrent dans les décisions du Conseil de sécurité depuis ces 10 dernières années ».  Le dixième anniversaire de l’adoption de la résolution 1325 (2000) est donc l’occasion à la fois de prendre acte du chemin parcouru et de déterminer pourquoi il n’a pas été fait davantage, déclare M. Ban Ki-moon.


Le Secrétaire général explique que les sept engagements de son plan d’action correspondent chacun à un ensemble de mesures et d’activités complémentaires spécifiques. Il ajoute que le plan d’action engage l’ensemble de la communauté internationale à adopter des mesures plus énergiques et cohérentes pour que les femmes participent à la consolidation de la paix, mais qu’il « porte surtout sur les mesures que devront prendre les organismes des Nations Unies ».


Le premier engagement concerne le règlement des conflits. Le Secrétaire général propose quatre grandes actions pour que les femmes participent pleinement à tous les pourparlers de paix, pour lesquels des « connaissances spécialisées en matière de problématique hommes-femmes devront être mobilisées en temps voulu ».


Le second engagement consiste à intégrer plus systématiquement la prise en compte de la problématique hommes-femmes aux processus de planification du relèvement, notamment aux conférences de donateurs, lesquels devront « employer des méthodes qui tiennent systématiquement compte de l’égalité des sexes ».


Le financement de la promotion de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes constitue le troisième engagement.  Le Secrétaire général demande que des fonds adéquats –ciblés et intégrés– soient débloqués pour répondre aux besoins spécifiques des femmes, promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.  Il rappelle qu’en 2009, il avait déjà appelé tous les fonds gérés par l’ONU à employer un « marqueur de l’égalité hommes-femmes » pour contrôler plus facilement la part des fonds alloués à la promotion de l’égalité des sexes.


Le quatrième engagement du plan d’action concerne les capacités civiles pouvant être déployées, qui devraient posséder les compétences spécialisées nécessaires, à la fois pour « répondre aux besoins urgents des femmes à l’issue d’un conflit » -le Secrétaire général rappelle qu’elles ne forment pas un groupe homogène  et ont donc des besoins variés- et pour « restructurer les institutions publiques de façon à en faciliter l’accès aux femmes ».


Le cinquième engagement du plan d’action porte sur les méthodes visant à accroître la part des femmes occupant des postes de décision dans les institutions gouvernementales à l’issue d’un conflit.  Pour tenir pleinement les promesses de la résolution 1325 (2000), « il ne suffit pas d’éliminer les éléments qui s’opposent ouvertement à ce que les femmes exercent des fonctions décisionnelles; il faut aussi prendre des mesures spéciales, ne serait-ce que pour venir à bout des stéréotypes qui présentent les femmes comme étant inaptes à diriger des mouvements politiques ou à travailler dans la fonction publique », écrit le Secrétaire général, qui constate que, « dans les pays sortant d’un conflit qui n’ont pas appliqué de systèmes de quotas, seulement 12% des parlementaires en moyenne sont des femmes », alors que, « dans ceux qui ont utilisé des quotas, les femmes représentent 34% du corps législatif ».


Le sixième engagement concerne l’appui à l’état de droit et les initiatives en faveur de la primauté du droit afin d’encourager les femmes à participer aux actions engagées pour demander réparation des injustices dont elles sont victimes et améliorer la capacité des responsables de la sécurité à prévenir et réprimer les violations des droits des femmes.  Le Secrétaire général annonce notamment que, là où est déployé du personnel de maintien de la paix, l’ONU donnera la priorité à la sécurité des femmes et des filles en créant des conditions qui protègent les femmes, notamment les réfugiées et les femmes déplacées dans des camps et en « portant à 20% la proportion de femmes dans les unités de police des opérations de maintien de la paix d’ici à 2014 ».  Il explique que cette mesure « donnera aux femmes les moyens d’agir et les encouragera à signaler les délits, notamment les actes de violence sexiste et sexuelle ».


Enfin, en matière de relance économique postconflit, le Secrétaire général propose des mesures et orientations pour que le relèvement économique donne la priorité à la participation des femmes aux programmes de création d’emplois, aux programmes de développement communautaire et à la fourniture de services de première ligne.


Le Secrétaire général  estime que son analyse et son plan d’action « permettent de disposer d’une base solide pour tenir la promesse faite dans les résolutions du Conseil de sécurité » sur les femmes, la paix et la sécurité, mais il met aussi en garde contre les difficultés pratiques, et sur la nécessité de nouvelles ressources.  Il avertit en outre que les États Membres comme le système des Nations Unies doivent veiller à la cohérence de leur action.  En ce sens, il estime que la Commission de consolidation de la paix a un rôle important à jouer, en particulier par l’intermédiaire de ses formations nationales.  Soulignant qu’il est essentiel d’assurer le suivi des progrès accomplis dans la mise en œuvre  des dispositions des sept engagements, il fait remarquer que le contrôle de cette mise en œuvre en sera « facilité par les indicateurs mondiaux de l’application de la résolution 1325 (2000) établis à la demande du Conseil de sécurité ».


Déclarations


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a déclaré que l’une des plus grandes difficultés auxquelles sont confrontées les Nations Unies consiste à faire en sorte que  les pays qui émergent d’un conflit destructeur ne puissent pas retomber dans la violence.  Des expériences douloureuses nous ont démontré que la consolidation de la paix n’est pas simple, a-t-il ajouté, en précisant que le succès exige de la patience et des engagements à long terme d’un grand nombre d’acteurs, qui doivent travailler ensemble pour réaliser cet objectif.  Rappelant que les Nations Unies rencontrent de « réelles difficultés » dans leurs tentatives pour aider au quotidien les pays sortant d’une crise à se relever, le Secrétaire général a rappelé que, dans le rapport(A/63/881-S/2009/304) qu’il avait soumis l’année dernière sur le sujet, il avait présenté un plan d’action pour permettre aux Nations Unies d’apporter, très rapidement, un soutien plus efficace aux efforts nationaux de consolidation de la paix, et pour veiller à ce que ces activités produisent des effets durables.  « Nous faisons des progrès mais ces progrès ne sont jamais assez rapides pour ceux qui ont souffert d’un conflit », a rappelé le Secrétaire général, qui a estimé que quatre domaines exigeaient une attention particulière.


Le premier consiste à mettre les bonnes personnes au bon endroit et au bon moment, a déclaré M. Ban, qui a estimé que les Nations Unies étaient désormais en mesure de déployer des Représentants spéciaux et autres responsables plus rapidement.  Pour répondre aux nombreux appels lancés au Conseil de sécurité pour résoudre des crises, l’ONU doit fournir un personnel qualifié, formé et capable pour assumer son travail dès son arrivée sur place.  Le Secrétaire général a dit attendre des recommandations du Groupe consultatif dirigé par M. Jean-Marie Guéhenno, qui seront présentées l’année prochaine.


Deuxièmement, les Nations Unies ont besoin de financements prévisibles, quel que soit le type de présence.  Le Fonds pour la consolidation de la paix peut financer rapidement des mesures d’urgence qui peuvent ensuite déclencher d’autres financements, a déclaré le Secrétaire général, qui a invité les États à refinancer ce Fonds et à en appuyer d’autres fonds


Les Nations Unies ont en outre besoin d’un partenariat plus efficace, a déclaré le Secrétaire général, qui a insisté sur le développement de partenariat avec la Banque mondiale.  Ces partenariats, établis sur des bases claires,  fonctionnent très bien, a ajouté M. Ban, qui a encouragé un « examen franc » des avantages comparatifs des différents acteurs et partenaires de l’ONU.  L’un des partenariats les plus importants est celui qui existe entre le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix, a déclaré le Secrétaire général.


Le Secrétaire général a souligné la nécessité de placer les femmes au centre de la consolidation de la paix, à la fois pour répondre à leurs besoins et pour utiliser leurs capacités.  Il a regretté que la résolution 1325 du Conseil de sécurité n’ait pas encore été pleinement appliquée et que les femmes ne soient toujours pas pleinement impliquées à tous les stades de la consolidation de la paix.  M. Ban a expliqué que son rapportspécifique sur les femmes (S/2010/466) et la consolidation de la paix présentait un plan d’action en ce sens, indiquant que  15% de tous les fonds des Nations Unies concernés par la consolidation de la paix devraient aller à des projets qui traitent des besoins spécifiques des femmes et font progresser l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes.


La reconstruction des sociétés brisées par un conflit représente un engagement à long terme qui exige une approche réellement intégrée et des ressources significatives, a affirmé le Secrétaire général.  Il a souligné qu’il faudrait faire preuve de souplesse et utiliser les bons outils au bon moment. Il est nécessaire de développer l’architecture de consolidation de la paix et de promouvoir une plus grande cohérence au sein du système des Nations Unies, a conclu M. Ban.


M. PETER WITTIG (Allemagne), Président de la Commission de consolidation de la paix (CCP), a déclaré que de l’avis de tous, la Commission de consolidation de la paix est désormais considérée comme la plate-forme la plus appropriée pour permettre aux États Membres d’établir un ordre du jour cohérent.  M. Wittig a souligné que le renforcement des capacités nationales restait essentiel pour poser des fondations solides en faveur d’une consolidation de la paix durable.  « Nous devons progresser dans nos consultations et dans la recherche de solutions pour que soient mieux définis les rôles et responsabilités de chacun à l’ONU, en particulier dans les domaines clefs que sont le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR) et l’état de droit », a-t-il ajouté.  Une réponse plus efficace et mieux coordonnée aux besoins en matière de consolidation de la paix permettra, demain, d’établir un cadre de responsabilité clair pour faciliter la prise de décisions, a-t-il estimé.  Saluant les discussions en cours pour améliorer le partenariat entre l’ONU et la Banque mondiale, M. Wittig a appelé à un financement des activités de consolidation de la paix plus prévisible, conformément au vœu exprimé par le Secrétaire général dans son rapport.  Pour faire participer activement les femmes aux efforts de consolidation de la paix, la Commission de consolidation de la paix et la nouvelle entité ONU-Femmes doivent travailler en étroite coopération, a-t-il souhaité.


M. PHILIP PARHAM (Royaume-Uni), notant que  les progrès réalisés ces deux dernières années avaient été réels mais insuffisants, il a proposé un plan d’action en cinq points.  Il faut, a-t-il dit, finaliser les programmes de réforme en suspens, en particulier celle qui concerne le partenariat entre les Nations Unies et la Banque mondiale. Il faut aussi tenir compte de ce qui fonctionne bien dans les missions existantes, par exemple en Sierra Leone, et veiller à ce que les leçons acquises soient systématiquement intégrées dans la planification des nouvelles missions.  Il est nécessaire, a-t-il poursuivi, d’appuyer le Bureau d’appui à la consolidation de la paix.  L’absence de progrès dans divers domaines clefs, comme la réforme du secteur de la sécurité ou la mise en place de l’état de droit, freine le processus de consolidation de la paix sur le terrain, a-t-il fait remarquer, en soulignant qu’il faudrait traiter ces questions de manière prioritaire.  Le représentant a aussi souhaité une transition dans la présence des  Nations Unies après les élections au Libéria, afin que l’ONU puisse passer le relais du contrôle de la police et de la sécurité aux autorités nationales.  Il a estimé que la transformation de la MONUC en MONUSCO adressait, elle aussi, un signal fort des modifications intervenues dans la présence des Nations Unies en République démocratique du Congo.  Avant de conclure, le représentant a affirmé qu’il faudrait impliquer davantage les femmes dans le règlement des conflits et dans la consolidation de la paix postconflit.  Le rapport du Secrétaire général établit, en ce sens, une voie claire, a-t-il estimé, convaincu que l’« ONU-Femmes » aura aussi un rôle très important à jouer.


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a salué les efforts en cours destinés à intensifier la coopération entre les organisations régionales ainsi qu’entre l’ONU et les institutions financières internationales.  Les efforts, a-t-il dit, doivent être axés sur l’appropriation nationale afin que les progrès réalisés en matière de consolidation de la paix soient durables.  Pour le représentant, les efforts communs doivent être fondés sur l’évaluation des capacités institutionnelles existantes des pays.  C’est pourquoi, a-t-il souligné, l’expertise civile doit être déployée de manière efficace et en temps utile.  Le représentant a ensuite estimé que le rôle des femmes dans les processus de négociation de paix, de reconstruction et de réconciliation nationale doit être accru, « comme le réaffirme le Conseil de sécurité depuis maintenant plusieurs années ».  Les femmes doivent occuper des postes clefs au sein des gouvernements afin que les politiques nationales, grâce à leur contribution, répondent mieux aux besoins prioritaires de toutes les autres femmes du pays.  C’est dans cette perspective qu’il a appuyé le plan d’action proposé par le Secrétaire général dans son rapport, et dont, a-t-il dit, « les sept engagements prévus devraient favoriser la pleine participation des femmes à la consolidation de la paix dans les pays sortant d’un conflit ».


Mme SUSAN RICE (États-Unis), tout en se félicitant des travaux de la Commission de consolidation de la paix, a rappelé que l’ancien  Secrétaire général de l’ONU, M. Kofi Annan, avait parlé d’un « maillon manquant » entre le maintien de la paix et le développement durable.  C’est pour établir ce lien que la Commission de consolidation de la paix (CCP) avait été créée il y a cinq ans, a-t-elle précisé.  Les États-Unis ont décidé de jouer un rôle important dans la mission de la CCP au Libéria, a-t-elle ajouté, soulignant qu’il s’agit là d’une preuve de leur engagement tant en faveur du Libéria que de la Commission. L’efficacité de la Commission de la consolidation de la paix sera évaluée au fil du temps, a poursuivi la représentante, qui a estimé qu’elle était en train de s’affirmer comme institution.  Le nombre de pays qui souhaitent être inscrits à son ordre du jour en témoigne, a-t-elle estimé.


La Commission de consolidation de la paix, a cependant estimé Mme Rice, doit    faire plus sur le terrain et assurer une meilleure coordination avec les institutions nationales.  La CCP devrait aussi encourager les acteurs, y compris les bailleurs de fonds, traditionnels ou non, les institutions de Bretton Woods ou encore la société civile pour assurer une meilleure coordination sur le terrain.  Le succès des Nations Unies est hautement tributaire des capacités de son personnel sur le terrain, y compris de son personnel civil, a fait remarquer la représentante,  qui a salué l’initiative du Secrétaire général de charger un groupe d’experts de haut niveau à mener une réflexion sur la question.  Rappelant le rôle clef que peuvent jouer les femmes dans la consolidation de la paix, Mme Rice a estimé que le plan d’action présenté par le Secrétaire général dans son rapport indique la bonne voie.  Il faut cependant que l’ONU s’assurer que ce plan d’action est véritablement mis en œuvre, a-t-elle fait observer.  Il faut intégrer la notion transversale de la consolidation de la paix, laquelle peut commencer dès l’envoi des diplomates mais dépend aussi, et en dernier lieu, de la volonté du pays concerné et de ses dirigeants, a-t-elle souligné.


M. GÉRARD ARAUD (France) a reconnu qu’il existait un consensus sur le fait que la consolidation de la paix est « une entreprise difficile et de longue haleine ».  Il s’agit en effet de faire travailler ensemble des institutions aux pratiques très différentes et qui sont attachées à leur autonomie, a-t-il dit.  Il s’agit aussi de mener de front des tâches très distinctes, du désarmement au renforcement des capacités de l’État, a ajouté le représentant, qui a souligné l’importance « de mieux évaluer les risques associés aux nouvelles menaces qui ont un fort potentiel de déstabilisation dans les pays fragiles ».  M. Araud s’est ensuite attardé sur l’exemple de la République démocratique du Congo (RDC), notant que la communauté internationale n’allait pas rester indéfiniment dans le pays, « mais ne le quitterait pas non plus sans s’être assurée que les fondations de la stabilité durable ont été posées ».  Aujourd’hui, nous devons nous demander si le pays est passé dans la phase postconflit, a-t-il dit, en rappelant que l’ONU avait mis en place un plan de reconstruction de l’État dans le Kivu.  Pour que ce plan réussisse, il faut que toutes les organisations internationales puissent travailler dans la même direction, a-t-il souligné.  L’Ambassadeur Araud a fait remarquer que la solution à la crise en RDC était le « défi majeur » de l’ONU.  Il a estimé que les stratégies de retrait, qui doivent être conçues pour éviter la résurgence de tensions, n’offrent pas de solution uniforme « car chaque pays mérite un examen spécifique ».  La féminisation de la consolidation de la paix était essentielle, a souligné le représentant de la France, convaincu que les femmes doivent avoir accès sur un pied d’égalité aux postes de décision.  La France appuie pleinement le plan d’action proposé par le Secrétaire général à cette fin et elle estime que l’ONU-Femmes devrait contribuer activement à sa mise en œuvre, a assuré l’Ambassadeur Araud avant de conclure. 


M. IVAN BARBALIĆ (Bosnie-Herzégovine) a estimé que le processus de consolidation de la paix devrait être appuyé par de multiples acteurs à différents niveaux.  Il faut définir rapidement et clairement le rôle des Nations Unies et mettre l’accent sur le renforcement des capacités nationales et l’appropriation nationale.  Les priorités de la consolidation de la paix peuvent varier et inclure de nombreuses mesures pour garantir une paix durable, a fait observer le représentant, qui a estimé que les efforts devraient porter en priorité pour renforcer la viabilité de l’État et de ses institutions.  Il a également estimé que les divers partenariats sont une condition préalable à une plus grande efficacité des efforts de consolidation de la paix.  La Bosnie-Herzégovine estime que la participation des femmes dans la consolidation de la paix, la réponse à leurs besoins dans les situations après un conflit et leur promotion pour l’avenir  constituent des questions clefs dans les pays émergeant d’un conflit.  C’est pourquoi, il faut accorder davantage de place aux femmes, y compris dans la vie politique et les institutions.  M. Barbalić a mis l’accent sur l’importance des ressources à accorder aux initiatives et projets qui renforcent le rôle des femmes et qui investissent en faveur de leur sécurité.


M. FAZLI CORMAN (Turquie) a salué la qualité du rapport du Secrétaire général qui présente un cadre stratégique pour la consolidation de la paix intégrant les processus d’établissement de la paix, de maintien de la paix, et de consolidation de la paix.  Il a fait siennes les recommandations qui soulignent la nécessité d’axer les efforts sur les mesures à court terme en vue de créer les conditions propices à l’instauration d’une paix durable.  Il a fait remarquer qu’il incombait en premier lieu aux autorités nationales du pays sortant d’un conflit de prendre en main l’avenir de leur pays, la communauté internationale devant, pour sa part, d’appuyer les efforts nationaux de consolidation de la paix.  Tout en reconnaissant la nécessité de généraliser les mesures à prendre en matière de consolidation de la paix, il a rappelé que la situation de chaque pays sortant d’un conflit est unique.  La planification des activités de consolidation de la paix doit être souple et prendre en compte les spécificités locales et toute idiosyncrasie.  Il faut faire plus pour s’occuper des besoins des femmes dans les situations postconflit et leur permettre de participer plus largement aux décisions et au relèvement économique, a-t-il encore dit. 


M. TSUNEO NISHIDA (Japon) a estimé que pour combler les lacunes entre maintien et consolidation de la paix, « des actions plus solides sont nécessaires pour intégrer le renforcement des capacités dans les priorités nationales et à l’échelle du système de l’ONU ».  Les stratégies de sortie reposent elles-mêmes sur le renforcement de la sécurité nationale, a-t-il rappelé, avant de mettre l’accent, à son tour, sur l’importance de clarifier la répartition des rôles au lendemain d’un conflit.  Cela est déterminant si nous voulons avancer collectivement dans les secteurs clefs que sont, par exemple, les programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), la réforme de la sécurité et l’affermissement de l’état de droit, a affirmé le représentant.  La CCP doit en outre élargir ses fonctions en allant plus loin dans la relation de coopération avec les pays concernés et en proposant davantage de séances de consultations aux membres du Conseil de sécurité, a-t-il estimé.  S’agissant de la participation des femmes dans la consolidation de la paix, le représentant s’est déclaré convaincu que l’ONU-Femmes pourrait faciliter ce rôle.  Le Japon contribuera aux activités de la nouvelle entité, en particulier dans les domaines de l’autonomisation financière des femmes et l’intensification de leurs contributions en matière de sécurité humaine, a assuré le représentant du Japon.


M. MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a déclaré que la capacité nationale de développement devrait être au centre des efforts de consolidation de la paix.  Il a salué les efforts visant à mettre en place des équipes de spécialistes des affaires civiles, du renforcement des capacités des autorités locales et de l’aide en faveur de l’appropriation nationale.  Il a prévenu que ces efforts ne devraient pas se substituer aux capacités locales existantes en souhaitant que l’on s’appuie autant que possible sur des experts de pays en développement.  Il a jugé essentiel le lien entre le maintien de la paix et la consolidation de la paix en rappelant que les personnels des opérations de maintien de la paix pourraient être les premiers acteurs de la consolidation de la paix.  Nous sommes fermement convaincus que la participation des femmes à toutes les étapes des processus de paix et de consolidation est essentielle, alors que nous approchons du dixième anniversaire de la résolution 1325 (2000), a-t-il dit.  Le représentant a souligné l’importance du rapport des cofacilitateurs sur l’examen 2010 de l’architecture de la consolidation de la paix, en saluant les recommandations sur le renforcement des capacités nationales, le développement des aspects de la consolidation de la paix, l’emploi des jeunes, la coordination et la cohérence, ainsi que le renforcement des relations entre l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité et l’ECOSOC.  Il a estimé que les efforts de consolidation de la paix constituaient un élément clef de la stratégie, développée à la fois par l’ONU et par les gouvernements, pour passer d’une approche simpliste et fragmentée de la paix à une démarche plus complexe et intégrée de la consolidation de la paix.    


M. WILLIAM HABIB (Liban) a appuyé le plan d’action du Secrétaire général destiné à renforcer la réponse des Nations Unies à la sortie d’un conflit et s’est félicité des mesures déjà adoptées.  Il a estimé qu’à l’avenir, il faudrait se concentrer sur une réponse plus rapide et plus conforme aux besoins de consolidation de la paix.  Il s’est félicité des mesures adoptées pour appuyer le rôle des dirigeants sur le terrain et pour renforcer la coopération entre les équipes des Nations Unies sur le terrain et le Siège.  Il a estimé qu’il faudrait mettre en place une stratégie pour une consolidation de la paix rapide, qui tienne compte de nombreux facteurs politiques, de sécurité et de développement, après une analyse objective des besoins et des capacités existant localement. 


L’appropriation nationale est nécessaire aux efforts de paix, a également déclaré le représentant.  Les Nations Unies devraient raffermir leurs relations avec tous les bailleurs de fonds, afin que ceux-ci fournissent leurs ressources en temps utile et conformément aux priorités définies au plan national.  Le représentant a ainsi estimé que, parfois, des projets populaires ou d’infrastructure restent insuffisamment financés alors que leur réalisation contribuerait à la consolidation de la paix.  Rappelant que les femmes et les enfants sont les principales victimes des conflits, M. Habib a déclaré qu’il faudrait donner aux femmes la chance de participer aux accords de paix et d’accéder à des postes au sein du gouvernement car, a-t-il fait remarquer, leur influence peut contribuer à réduire les risques d’un retour au conflit.  La Commission de consolidation de la paix et le Conseil de sécurité doivent travailler en étroite coopération, a-t-il préconisé.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a plaidé pour une approche exhaustive basée sur un appui logistique et financier prévisible.  En matière de consolidation de la paix, la coordination entre les différents acteurs doit être la plus étroite possible et il est nécessaire qu’ils tiennent dûment compte de l’environnement régional et fassent participer les organisations régionales, a ajouté le représentant.  Se référant au rapport du Secrétaire général, il a estimé que la question de la consolidation de la paix doit s’inspirer du principe de responsabilité nationale, l’aide de la communauté internationale devant s’effectuer avec le consentement des pays récipiendaires et en respectant les spécificités de chaque pays.  Pour M. Churkin, l’ONU a un rôle à jouer dans la coordination des efforts entrepris ainsi que dans la clarification des tâches des acteurs du Siège comme sur du terrain.  Après avoir indiqué que son pays contribuait chaque année à hauteur de 2 millions de dollars au Fonds pour la consolidation de la paix, le représentant a appuyé le plan d’action du Secrétaire général relatif à la participation des femmes aux efforts de consolidation de la paix.


M. WANG MIN (Chine) a rappelé que la consolidation de la paix après un conflit fait partie intégrante du travail des Nations Unies et jouait un grand rôle pour les pays sortant d’un conflit qui tentent d’établir une paix durable.  La détermination politique de la communauté internationale est une garantie forte pour aider les pays sortant d’un conflit à réussir leur consolidation de la paix. La communauté internationale doit prouver cette détermination en agissant rapidement, a ajouté le représentant, qui a estimé que le maintien de la paix et la consolidation de la paix se complètent et se renforcent mutuellement.


Il est important de mettre l’accent sur l’appropriation nationale du processus de consolidation de la paix, a déclaré le représentant, soulignant la nécessité de mettre l’accent sur le renforcement des capacités nationales et de la bonne gouvernance.  Par ailleurs, les bailleurs de fonds devraient traiter les pays concernés davantage comme des partenaires égaux que comme des récipiendaires de l’aide internationale.  Il faut aussi identifier les priorités et besoins des pays, a déclaré le représentant, qui s’est dit d’accord avec l’analyse du Secrétaire général.  La réconciliation nationale est en outre une condition essentielle à la consolidation de la paix et il faut garantir un relèvement économique rapide pour assurer le soutien de la population aux institutions nationales.  De même, il faut veiller à l’emploi des jeunes et à la réintégration des anciens combattants.  Le représentant a estimé que le rôle des organisations régionales était important, ajoutant qu’il faudrait donner à l’Union africaine, en particulier, les moyens de déployer tout son potentiel.  Le rôle des institutions financières, notamment la Banque mondiale, est aussi très important, et la communauté internationale doit continuer d’accorder des ressources au Fonds pour la consolidation de la paix, a conclu le représentant.


M. RAFF BUKUN-OLU WOLE ONEMOLA (Nigéria) a souligné l’importance de renforcer la « paix fragile en améliorant sur la durée les conditions de vie des populations sortant d’un conflit ».  Dans cette perspective, la participation des femmes aux efforts de consolidation de la paix et de reconstruction est essentielle car, comme le souligne le Secrétaire général dans son rapport, la paix, la sécurité et le respect des droits de l’homme sont des dimensions étroitement liées qui exigent l’engagement de tous les citoyens, a ajouté le représentant.  Après avoir assuré que son pays participerait activement aux activités de l’ONU-Femmes « en vue d’accroître la contribution des femmes à tous les niveaux décisionnels dans les sociétés postconflit », le représentant a insisté sur la nécessité d’allouer des ressources prévisibles, sur la base des priorités établies par les pays récipiendaires de l’aide internationale.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a déclaré que la consolidation de la paix devrait être placée au centre des activités des Nations Unies, en mettant l’accent sur la promotion de la femme et le renforcement des capacités de l’Organisation.  Il faut, à cette fin, un effort collectif et soutenu qui s’appuie sur les piliers de l’action des Nations Unies, tout en favorisant le renforcement des capacités nationales.  Il a souligné qu’il était important d’établir de nouvelles lignes directrices pour le travail des institutions participant aux missions intégrées. Il est également essentiel de déployer plus rapidement une plus grande capacité civile nationale, en tenant compte notamment de la contribution des femmes.  Il a dit attendre l’examen par le Bureau d’appui à la consolidation de la paix sur l’augmentation du personnel civil.  L’ONU et la Banque mondiale doivent renforcer leurs relations dans le respect des mandats respectifs.


Le représentant a salué le plan d’action en sept engagements présenté par le Secrétaire général pour promouvoir le rôle des femmes dans la consolidation de la paix.  Il a estimé que le temps était venu pour le Conseil de sécurité de prendre des mesures concrètes en ce sens et a estimé qu’il était important que l’« ONU-Femmes » encourage une participation active.  Rappelant que son pays fut l’un des trois cofacilitateurs de l’examen du dispositif de consolidation de la paix de l’ONU mandaté tant par le Conseil de sécurité et que par l’Assemblée générale, M. Heller a ajouté que, le 21 juillet dernier, un rapport d’examen du dispositif de consolidation de la paix de l’Organisation des Nations Uniesavait été remis.  Il s’est dit favorable au projet de déclaration présidentielle que le Conseil de sécurité adoptera à l’issue de ce débat.  


M. EMMANUEL ISSOZE-NGONDET (Gabon) a dit adhérer pleinement au nouveau programme pour la consolidation de la paix présenté par le Secrétaire général, estimant qu’il répondait à la double exigence d’adapter les missions de paix aux besoins sur le terrain et de prendre en compte les aspects de la consolidation de la paix après un conflit.  Il s’est félicité des efforts entrepris en République démocratique du Congo, au Tchad, au Timor-Leste et en Afghanistan, mais aussi en Haïti au lendemain du séisme, ou encore au Soudan avec le processus référendaire. 


De l’avis de sa délégation, l’approche globale et intégrée en vue d’instaurer une paix durable ne peut se limiter à garantir la stabilité politique et la sécurité, elle doit aussi s’appuyer sur des mesures visant à jeter les bases d’un développement et d’une démocratie durables.  Il a cité en exemple les élections en RDC, au Libéria et au Burundi, le renforcement des institutions judiciaires en Sierra Leone et la création de pôle de développement en République centrafricaine.  La consolidation de la paix, entreprise complexe, nécessite la mobilisation de ressources humaines et financières importantes, a affirmé M. Issoze-Ngondet, qui a estimé que la CCP devrait pouvoir renforcer ses partenariats avec les institutions financières internationales et les organisations régionales, avant d’insister sur l’importance des contributions des bailleurs de fonds, multilatéraux ou bilatéraux.


Le représentant a déclaré qu’il ne saurait y avoir de paix durable dans les situations après un conflit sans l’implication effective des femmes dans les processus de stabilisation et de développement de ces pays.  Il a estimé que l’application de la résolution 1325 (2000) avait permis de réaliser des progrès dans ce sens et a dit se réjouir du plan d’action présenté par le Secrétaire général, qui s’inscrit dans la démarche du Conseil de sécurité visant à renforcer l’implication des femmes aux efforts de paix et de reconstruction.  Il a aussi salué le rôle de la société civile pour promouvoir la participation des femmes dans la prévention et la résolution des conflits.


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) est intervenu brièvement pour déclarer que, comme le souligne le Secrétaire général dans son rapport, « beaucoup reste à faire en matière de consolidation de la paix ».  Il a souligné la nécessité d’adopter une approche plus cohérente et efficace qui permette de fournir davantage de services de base pour améliorer rapidement les conditions de vie de la population dans les situations postconflit.  La consolidation de la paix est un effort collectif, a-t-il rappelé, avant d’appeler les États Membres à participer activement aux activités futures d’ONU-Femmes.


M. GOMES CRAVINHO, Secrétaire d’État aux affaires étrangères du Portugal, a affirmé l’engagement de son pays en faveur d’une réponse plus cohérente de la communauté internationale dans la consolidation de la paix, avant d’estimer que les relations entre le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix devraient être davantage améliorées.  Il a déclaré que la consolidation de la paix n’avait pas à suivre le maintien de la paix mais pouvait être assurée parallèlement et a insisté sur le rôle de la société civile dans le processus de consolidation.  Il a estimé qu’on pouvait toujours améliorer les formations nationales de la Commission de consolidation de la paix, par exemple, en créant des postes de vice-président ou encore en établissant des bureaux de liaison sur le terrain.  Il a noté que le Libéria était le premier pays inscrit à l’ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix alors qu’une mission de maintien de la paix s’y trouve encore.  Il a mis l’accent sur le rôle des femmes dans la consolidation de la paix, dès la toute première phase.  Rappelant le lien inhérent entre la consolidation de la paix et le développement, il a prôné des partenariats plus forts entre les Nations Unies et la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales.


M. GONZALO GUTIERREZ (Pérou) a appelé à utiliser, de manière plus efficace, les ressources des États Membres en assurant une planification coordonnée des efforts communs de consolidation de la paix sur la base de priorités clairement identifiées.  Cela s’applique en particulier dans les domaines prioritaires que souligne le Secrétaire général dans son rapport, à savoir la sécurité, l’accès à la justice, le rétablissement des fonctions régaliennes, le fonctionnement de l’administration et la redynamisation de l’économie, a-t-il expliqué.  Pour le représentant, la réponse de la communauté internationale doit s’exprimer en fonction des priorités nationales et, c’est pourquoi il est essentiel de renforcer les capacités des pays concernés en axant l’action sur l’évaluation des besoins en matière de capacités civiles des pays.  L’Ambassadeur Gutierrez a considéré qu’une participation active des femmes aux efforts de consolidation de la paix contribue à mieux analyser les causes du conflit et à déterminer ainsi les priorités nationales pour le relèvement.  Dans les sociétés postconflit, la participation des femmes est déterminante pour assurer à la fois une transition souple vers la paix et pour prévenir la résurgence d’un conflit, a-t-il dit, avant d’insister sur la nécessité de mieux appréhender les liens entre la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et la consolidation de la paix.


M. JOHN MCNEE (Canada) a appuyé le plan d’action en sept points du Secrétaire général sur la participation des femmes à la consolidation de la paix.  À l’heure où les Nations Unies examinent les progrès réalisés dans la mise en œuvre de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, il est important d’adopter l’approche pragmatique, coordonnée et soutenue proposée dans le plan d’action, qui vise à répondre aux besoins des femmes et des filles après un conflit, a-t-il souligné.  Le Canada estime que l’application des indicateurs internationaux qui figurent dans la résolution 1325 –que nous invitons le Conseil de sécurité à adopter le 26 octobre– aidera au suivi des progrès de ce plan d’action, a-t-il ajouté.  Il a rappelé que le Canada avait lancé, le 5 octobre 2010, son nouveau plan d’action pour la mise en œuvre des résolutions du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.  Le représentant a fait remarquer qu’il restait encore à définir clairement les rôles et les responsabilités dans des secteurs cruciaux comme l’état de droit, la réforme du secteur de la sécurité, ainsi que le désarmement, la démobilisation et la réintégration (DDR).  Il a souligné l’importance du rapport des cofacilitateurs sur l’Examen 2010 de l’architecture de la consolidation de la paix.  Il a estimé que l’évaluation de la Commission de consolidation de la paix devrait continuer à se fonder sur des critères souples, qui concordent étroitement avec les priorités nationales.  Il a souhaité des relations plus étroites entre le Conseil de sécurité et la Commission de consolidation de la paix.


M. ABDULK MOMEN (Bangladesh), au nom du Mouvement des pays non alignés, a déclaré que le Mouvement des pays non alignés avait suivi de près les mesures prises par les Nations Unies dans le domaine de la consolidation de la paix et donné, à plusieurs reprises, son avis sur la question.  Il a rappelé la position de principe du Mouvement en faveur de l’appropriation nationale des processus de consolidation de la paix, du financement prévisible et de la priorité d’assurer la parité et l’autonomisation des femmes.  La reconstruction économique, qui devrait être la priorité des efforts de relèvement, exige des efforts concertés de tous les acteurs, tant au niveau du Siège que sur le terrain, a-t-il dit.  Il a estimé qu’à cet égard, la Commission de consolidation de la paix devrait jouer un rôle central.


La consolidation de la paix ne doit pas se substituer au maintien de la paix mais plutôt compléter ce processus, a déclaré M. Momen, qui a appelé à une meilleure concertation.  Il ne peut y avoir de paix sans développement durable, ni de développement durable sans stabilité, a ajouté le représentant.  C’est pourquoi il a insisté sur l’importance de fournir des ressources adéquates afin d’assurer des résultats qui soient visibles rapidement.  Le représentant a aussi salué l’évolution dans le domaine de l’appropriation nationale mais estimé qu’il faudrait déployer davantage d’efforts.  M. Momen a mis en avant le rôle des femmes dans la consolidation de la paix.  Les femmes et filles, a-t-il précisé, sont les principales victimes des conflits, et qu’elles restaient trop souvent écartées de  la consolidation de la paix alors qu’elles représentent des partenaires essentiels pour le relèvement économique, la cohésion sociale et la légitimité politique, qui forment les trois piliers d’une paix durable.


Mme ANNE ANDERSON (Irlande), l’un des trois cofacilitateurs à l’origine du rapport d’examen de la consolidation de la paix présenté le 19 juillet dernier, a fait observer que ce serait sans doute la seule occasion de parler de ce document devant le Conseil de sécurité.  Elle a affirmé que les trois facilitateurs n’étaient pas en position de demandeurs et avaient cherché à analyser honnêtement les problèmes et à proposer des recommandations qui soient applicables.  L’objectif commun devrait viser à renforcer le rôle de l’ONU en matière de consolidation de la paix de l’ONU « afin que l’Organisation puisse s’acquitter efficacement du mandat que lui ont confié les chefs d’État et de gouvernement lors du Sommet mondial de 2005 », a-t-elle rappelé.


Le mécanisme de consolidation de la paix est d’autant plus efficace qu’il peut compter sur une forte volonté politique et l’appui constant et actif du plus grand nombre d’États et de partenaires, a poursuivi Mme Anderson, qui a concentré son attention sur le chapitre IV du rapport d’examen, consacré aux relations stratégiques entre la Commission de consolidation de la paix (CCP), l’Assemblée générale, le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social (ECOSOC), et en particulier entre la Commission et le Conseil de sécurité.  Elle a notamment insisté sur la nécessité pour la CCP de se voir ménager plus d’espace au sein des structures des Nations Unies, mais aussi de mériter cet espace, en faisant observer qu’il y aurait un meilleur échange « entre un Conseil de sécurité plus disponible et une Commission de consolidation de la paix plus performante ».  Elle a fait état de progrès récents, tout en regrettant que l’interaction entre les deux organes reste limitée et que des occasions de renforcer ces liens aient été manquées. 


M. MOHAMMED LOULICHKI (Maroc) a plaidé pour un resserrement des liens entre le Comité d’organisation de la Commission de consolidation de la paix (CCP) et des formations pays.  Ajoutant qu’à ce jour, le Fonds de consolidation de la paix, qui nécessite 400 millions de dollars, n’a reçu que 10% de ce montant, le représentant a noté la difficulté à mobiliser les donateurs dans un contexte de crise mondiale.  Pour le représentant, le succès passe par l’implication active des pays hôtes dès le déploiement des opérations de maintien de la paix.  Il convient de créer un espace permettant à l’État hôte de s’approprier le projet visant à jeter les jalons d’une paix durable à l’intérieur de ses frontières, a-t-il poursuivi.  Le représentant a ensuite mis l’accent sur le lien entre le maintien de la paix et les dimensions socioéconomiques de la consolidation de la paix. 


La consolidation et le maintien de la paix doivent aller de pair et non pas intervenir l’un après l’autre de manière séquencée, a-t-il également fait remarquer, estimant que cette approche permettrait la mise en œuvre efficace de stratégies de sortie des contingents et réduirait les risques de résurgence des tensions.  M. Loulichki a par ailleurs proposé la mise en place d’un mécanisme de consultations périodiques entre la Banque mondiale, la CCP, le PNUD, le Bureau d’appui à la consolidation de la paix et le Département des opérations de maintien de la paix, « pour procéder à un échange d’informations et ajuster les stratégies des pays en phase postconflit ».  Le représentant du Maroc, estimant qu’il était fondamental d’assurer la formation des capacités civiles en matière de médiation, de réforme de la justice et du secteur de la sécurité, a salué les travaux du Groupe de haut niveau sur l’examen des capacités, présidé par M. Jean-Marie Guéhenno.


M. PEDRO SERRANO, Chef de la délégation de l’Union européenne, a souligné l’importance d’un financement prévisible et à temps, aligné avec les priorités nationales de consolidation de la paix, un déploiement souple, une grande qualité des experts civils d’appui au renforcement des capacités nationales et un fort partenariat avec les institutions financières internationales et les acteurs régionaux.  Il a estimé que l’ONU ne pouvait atteindre ses objectifs de manière isolée.  Il a rappelé que l’Union européenne était plus que jamais prête à appuyer l’ONU.  Le déploiement d’une expertise civile internationale était un domaine dans lequel l’Union européenne était déjà très impliquée, a-t-il dit.  M. Serrano a rappelé que depuis 2007, la Commission européenne, l’ONU et la Banque mondiale coopéraient dans le domaine de l’évaluation des besoins dans les situations après une catastrophe naturelle et l’évaluation des besoins en situations postconflit.  Il a salué l’importance du rapport du Secrétaire général et de son plan d’action en sept points sur la participation des femmes à la consolidation de la paix.  Alors que nous allons fêter le dixième anniversaire de l’adoption de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, a estimé le représentant, il est temps de redoubler d’efforts pour promouvoir la participation des femmes à tous les niveaux des processus de paix et des efforts de consolidation de la paix.  Il a assuré que le plan d’action contenu dans le rapport du Secrétaire général offrait des suggestions utiles et pratiques dans ce sens. 


M. DAVID CERVENKA (République tchèque) a salué la qualité de la coopération  qui a été établie entre la Commission de consolidation de la paix, le Conseil de sécurité et le Conseil économique et social (ECOSOC).  Il a salué la décision de la Commission d’inscrire le Libéria à son ordre du jour.  C’est la première que la Commission inscrit à son ordre du jour un pays où était encore déployée une opération de maintien de la paix.  Il a estimé que l’examen récent du mandat du Fonds pour la consolidation de la paix devrait lui permettre de répondre à son objectif premier, qui est de fournir une assistance aux pays qui se trouvent dans la phase préliminaire postconflit.  Rappelant que la République tchèque était un des premiers contributeurs au Fonds pour la consolidation de la paix, le représentant a salué l’initiative de convoquer, le 4 novembre prochain, la première réunion annuelle des parties prenantes.  L’appui de la société civile est indispensable pour aider un pays émergeant d’un conflit à répondre à ses nombreuses priorités, a estimé par ailleurs M. Cervenka.


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a déclaré qu’en dépit des efforts multiples en matière de consolidation de la paix par les Nations Unies et d’autres acteurs, il reste beaucoup à faire.  Les défis auxquels se heurtent les pays sortant d’un conflit sont multiples, a-t-il dit, en soulignant qu’il appartient à ces pays de les définir.  Il s’est félicité des mesures prises pour combler les lacunes en matière de direction des missions sur le terrain.  Rappelant que paix et développement sont étroitement liés, le représentant a appuyé l’appel en faveur d’une meilleure coordination entre l’ensemble des acteurs de la consolidation de la paix.  Le développement des capacités civiles devrait, à cet égard, jouer un rôle majeur, a déclaré le représentant, qui a aussi demandé à la communauté des bailleurs de fonds d’aligner leurs financements sur les priorités définies au plan national.  Il a insisté sur le renforcement des capacités locales, ainsi que sur la nécessité de trouver des ressources novatrices allant au-delà de celles fournies par le Fonds pour la consolidation de la paix.  Il a estimé que des éléments de consolidation de la paix devraient être intégrés dans les mandats des opérations de maintien de la paix.  M. Sangqu a par ailleurs salué le renforcement des partenariats entre la Commission de consolidation de la paix et d’autres partenaires, notamment les organisations régionales.


M. TAHIR HUSSAIN ANDRABI (Pakistan) a estimé que le renforcement des capacités nationales de développement était crucial pour mener à bien les efforts de consolidation de la paix.  Le représentant a ainsi expliqué que le renforcement des institutions était le moyen le plus sûr pour permettre aux États d’empêcher la résurgence des tensions dans les contextes postconflit.  Concernant la participation des femmes à la consolidation de la paix, M. Andrabi a jugé qu’aucune paix durable n’était possible sans l’amélioration des conditions de vie des femmes et des filles, « comme des autres groupes les plus vulnérables de la société ».  L’accès des femmes à la santé, à l’éducation et aux sphères économiques sont indispensables pour pérenniser la reprise économique et affermir la cohésion sociale des sociétés en phase de reconstruction, a-t-il également souligné.  Le représentant a toutefois ajouté que la participation des femmes aux initiatives de médiation et de formulation des politiques de consolidation de la paix, si elles peuvent avoir un effet multiplicateur, ne doivent pas se faire au détriment du mérite et du professionnalisme. 


Mme SOHA GENDI(Égypte) a estimé que le processus de consolidation de la paix devrait insister sur la réforme du secteur de la sécurité.  L’idée de lancer simultanément le processus de maintien de la paix et celui de consolidation de la paix mérite d’être examinée de manière approfondie.  De même, il faut tenir compte du fossé qui existe entre le processus de consolidation de la paix et les efforts pour le développement durable dans les pays en situation postconflit, a ajouté la représentante.  La paix, la démocratie et la justice ne seront pas pleinement établies tant que les populations continueront de souffrir de la pauvreté, de la faim, de maladies ou de l’absence continue des moyens permettant de satisfaire leurs besoins vitaux. 

Il est important que le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale examinent le rapport du Secrétaire général sur la participation des femmes dans la consolidation de la paix et les sept priorités de son plan d’action, a déclaré la représentante.  Elle a souhaité la création de mécanismes de suivi chargé de veiller au respect des engagements nationaux et internationaux, notamment financiers, et de garantir la cohérence des priorités des différents organes internationaux, y compris la Commission de consolidation de la paix, avec les priorité nationales de consolidation de la paix.  Elle a enfin rappelé que l’Égypte avait suggéré de réunir, annuellement, une conférence de bailleurs de fonds pour le Fonds de consolidation de la paix, comme celle créée pour le Fonds central d’intervention pour les urgences humanitaires (CERF).


M. ANDREW ROSE (Australie) a rappelé qu’on avait beaucoup parlé cette année de la consolidation de la paix dans différentes instances et a remercié l’Irlande, le Mexique et l’Afrique du Sud pour leur rôle de cofacilitateurs dans ce processus. Il a constaté que la Commission de consolidation de la paix avait été activement sollicitée, non seulement du fait des difficultés des pays inscrits à son ordre du jour mais aussi dans le cadre de questions plus transversales, y compris sa relation avec les institutions financières internationales et les organisations régionales.


Le représentant a salué les progrès effectués dans la mise en œuvre de l’ambitieux plan d’action présenté par le Secrétaire général dans son rapport de 2009 sur la consolidation de la paix.  Il a dit apprécier l’honnêteté de son évaluation présentée cette année, qui mentionne divers domaines dans lesquels des progrès restent à accomplir.  Le représentant a souhaité que l’ONU poursuive de manière prioritaire le travail fait en ce sens, notamment pour clarifier le rôle des différents acteurs dans les domaines de la réforme du secteur de la sécurité ou de l’état de droit, et pour renforcer ses relations avec la Banque mondiale.  M. Rose a estimé que les droits des femmes doivent être protégés pendant les conflits armés, ajoutant qu’elles doivent ensuite être associées au processus de consolidation de la paix.  La mise en œuvre du plan d’action en sept points du Secrétaire général devrait contribuer à garantir ces droits, a-t-il estimé.  Le rapport des cofacilitateurs pourrait, si ces recommandations sont mises en œuvre, améliorer le rôle de la Commission de consolidation de la paix, a-t-il dit, convaincu qu’une relation plus organique entre le Conseil de sécurité et la Commission serait utile.


Intervenant au nom des pays nordiques (Danemark, Finlande, Islande, Norvège et Suède), M. JARMO VIINANEN (Finlande) a mis l’accent sur l’importance de la participation inclusive pour garantir une paix durable, d’un financement adéquat et à temps des besoins postconflit des hommes et des femmes, et de l’amélioration de la réponse du système dans son ensemble au lendemain d’un conflit.  Il a souligné qu’un financement flexible, à temps et prévisible, était nécessaire pour garantir le succès du processus de consolidation d’un État après un conflit.  Il a salué les mesures prises, au cours de l’année écoulée, pour donner une forme au Fonds pour la consolidation de la paix.  Il s’est félicité de la volonté du Secrétaire général d’engager le système des Nations Unies à consacrer 15% des fonds destinés à la consolidation de la paix, à des projets visant la promotion et à l’autonomisation des femmes.  


Le représentant a estimé que l’examen des capacités civiles actuellement en cours constituait un élément clef des efforts de réforme de l’appui des Nations Unies aux pays sortant d’un conflit.  Il a estimé que le plan d’action du Secrétaire général pour assurer la participation des femmes à la consolidation de la paix offrait un bon exemple de stratégie à l’échelle du système.  Il s’est félicité de la contribution des trois facilitateurs pour l’examen de l’architecture de consolidation de la paix.  Il a cité des consultations qui semblent démontrer que l’on n’est pas arrivé aussi loin qu’on l’aurait souhaité.  Néanmoins, il a estimé que la Commission de consolidation de la paix, le Fonds pour la consolidation de la paix et le Bureau d'appui à la consolidation de la paix ont permis de combler un fossé qui demeurait dans la « machinerie de l’ONU ».  


M. SHANKER BAIRAGI (Népal) a fait observer qu’une approche uniforme ne s’appliquait pas aux efforts de consolidation de la paix.  La communauté internationale doit se pencher sur les aspects socioculturels, économiques et politiques lorsqu’elle planifie ses opérations de maintien et de consolidation de la paix, a-t-il ajouté.  Pour le représentant, il est impératif d’établir des priorités claires pour permettre à la communauté internationale d’aider à répondre aux besoins les plus urgents des sociétés en reconstruction.  Cet effort doit être conduit avec la pleine participation des parties prenantes nationales afin d’en faire des acteurs responsables et redevables auprès de leur peuple, a indiqué M. Bairagi.  Le représentant a par ailleurs suggéré que la Commission de consolidation de la paix et son Fonds soient davantage utilisés pour les efforts de développement, la Commission, a-t-il rappelé, ayant été créée « pour assister les pays passant d’une situation de conflit à une phase de paix, de développement et de relèvement économique durables ». 


M. OCTAVIO ERRAZURIZ (Chili) a appuyé son soutien au plan d’action en sept points, présenté dans le rapport du Secrétaire général sur la participation des femmes à la consolidation de la paix.  Il a fait siennes les remarques du Secrétaire général soulignant que la consolidation de la paix était une occasion de « reconstruire mieux » un pays dans tous les domaines, y compris la promotion du rôle des femmes dans la société et leur accès à l’emploi et à la justice.  Il a salué la recommandation du Secrétaire général qui insiste sur la nécessité de prendre des mesures en faveur d’une participation plus active des femmes aux programmes de désarmement, de démobilisation et de réintégration (DDR), aux programmes de développement et dans les institutions du pays.  Il a déclaré que le renforcement des capacités nationales était essentiel aux objectifs de consolidation de la paix et de reconstruction postconflit.  Le représentant a indiqué que sa délégation attendait beaucoup du rapport sur l’évaluation de la capacité civile et le déploiement possible d’équipes d’experts internationaux, qui paraîtra prochainement.  Tout en soulignant l’importance de la coopération régionale et de la coopération Sud-Sud en matière de consolidation de la paix, il a mis l’accent sur les avantages que représente la coopération triangulaire qui s’appuie sur le soutien et la contribution de pays développés.  Le Chili, qui partage la préoccupation du Secrétaire général concernant les contributions au Fonds pour la consolidation de la paix, s’est à nouveau engagé à verser un montant de 100 000 dollars à ce Fonds, a-t-il dit.


Mme SIRIPORN CHAIMONGKOL(Thaïlande) a déclaré que, lorsque des pays ont besoin au sortir de conflit de l’appui de la communauté internationale, les institutions et mécanismes de gouvernance devraient être mises en place non seulement avec l’objectif de respecter des normes internationales, mais aussi de manière à refléter les besoins et conditions locales.  En outre, il faut veiller à renforcer les capacités nationales à un stade précoce afin de garantir la durabilité de la paix et de la sécurité grâce à la prospérité.


En outre, pour que la paix et la sécurité soient durables, il faut examiner au préalable les causes profondes des conflits, a rappelé la représentante.  Elle a, par ailleurs, insisté sur la nécessité pour la communauté internationale d’appuyer les efforts du pays sortant d’un conflit au bon moment pour assurer le succès du processus de consolidation de la paix.  Elle s’est félicitée, à cet égard, de la réflexion en cours sur le renforcement des capacités civiles et de l’intention affichée par le Secrétaire général de renforcer ces capacités en faisant appel aux femmes et aux compétences des pays du Sud.  La délégation de la Thaïlande estime que la participation des femmes à toutes les étapes d’un processus de paix  pourrait contribuer de manière importante à une paix durable.


M. RANKO VILOVIĆ (Croatie) s’est dit convaincu que la consolidation de la paix devrait mettre l’accent sur l’amélioration des capacités des institutions des pays sortant d’un conflit.  Dans ce contexte, a-t-il dit, nous saluons les efforts en cours menés au sein de l’ONU pour renforcer les moyens de gestion des conflits et des situations postconflit.  Le représentant a souligné que la complexité de la question de la consolidation de la paix exige un effort à long terme basé sur l’unification des actions conduites en matière de développement, de paix, de sécurité et de protection des droits de l’homme.  Il ne saurait y avoir de développement sans sécurité et vice-versa, a-t-il poursuivi, ajoutant que la Croatie soutenait les lignes directrices établies par le Groupe chargé de la préparation des missions intégrées.  La Croatie, a indiqué M. Volivić, appuie fermement la création, par le Secrétaire général, du Groupe consultatif de haut niveau, présidé par M. Jean-Marie Guéhenno et chargé d’examiner les capacités civiles internationales en matière de consolidation de la paix des États Membres.


Déclaration présidentielle


      Le Conseil de sécurité rappelle les déclarations de son président sur la consolidation de la paix après les conflits, notamment celles qui ont été publiées sous les cotes PRST/2009/23 et PRST/2010/7, et réaffirme l’importance cruciale de la consolidation de la paix comme fondement d’une paix et d’un développement durables au lendemain d’un conflit.


Le Conseil accueille avec satisfaction le rapport du Secrétaire général (S/2010/386) sur les progrès accomplis dans l’action que celui-ci mène pour améliorer les efforts de consolidation de la paix de l’ONU exposés dans son rapport (S/2009/304), qui représente une contribution importante dans la perspective d’une intervention internationale plus efficace et plus cohérente en la matière et prie instamment le Secrétaire général et tous les acteurs concernés de redoubler d’efforts pour que cela se traduise par une meilleure efficacité des opérations sur le terrain.


Le Conseil réaffirme l’importance de la prise en charge par les autorités nationales des efforts et des priorités en matière de consolidation de la paix. Il souligne qu’il est nécessaire d’ériger l’intégration de l’appui au développement des capacités nationales dans toutes les activités de consolidation de la paix que mènent les Nations Unies en priorité à l’échelle du système et attend avec intérêt les recommandations concernant l’examen des capacités civiles qui seront formulées au début de 2011.


Le Conseil souligne qu’il est nécessaire d’assurer un appui rapide et prévisible aux domaines prioritaires de la consolidation de la paix, notamment la réforme du secteur de la sécurité, le rétablissement de l’état de droit, le respect des droits de l’homme, la fin de l’impunité, la lutte contre le commerce illicite des armes, la lutte contre le trafic de stupéfiants et la criminalité transnationale organisée, le retour volontaire des réfugiés et des personnes déplacées, l’appui aux processus de paix, la fourniture des services de base, le rétablissement des fonctions essentielles du Gouvernement, la gestion des ressources naturelles, la lutte contre le chômage des jeunes et la relance de l’économie. Le Conseil souligne également le rôle vital que jouent les Nations Unies à travers l’appui qu’elles apportent aux autorités nationales pour élaborer une stratégie dès le départ en concertation étroite avec des partenaires internationaux afin de répondre en tant que de besoin à ces priorités.


Le Conseil prie à nouveau le Secrétaire général de poursuivre les efforts visant à clarifier davantage, au sein du système des Nations Unies, les rôles et responsabilités dans les domaines essentiels de la consolidation de la paix, à renforcer les capacités et à mieux appliquer le principe de responsabilité dans la fourniture de l’assistance.


Le Conseil note avec satisfaction et encourage la coordination, la cohérence et l’intégration plus grandes des efforts en matière de consolidation de la paix, notamment grâce à l’établissement de partenariats plus forts entre les États Membres, les organisations régionales et sous-régionales, la Banque mondiale et d’autres institutions financières internationales, d’autres partenaires multilatéraux, la société civile et le secteur privé, en mettant l’accent sur l’amélioration de l’impact et des résultats sur le terrain.


Le Conseil réaffirme l’importance cruciale du financement opportun, souple et prévisible de la consolidation de la paix et prie instamment les États Membres et les autres partenaires de redoubler d’efforts pour atteindre cet objectif, y compris par la reconstitution des ressources du Fonds pour la consolidation de la paix et les fonds d’affectation spéciale multidonateurs.


Le Conseil souligne l’importance de la participation entière des femmes sur un pied d’égalité à tous les efforts de maintien et de promotion de la paix et de la sécurité, y compris la consolidation de la paix. Il réaffirme combien il importe de répondre aux besoins des femmes en matière de consolidation de la paix et de les associer à l’élaboration et l’exécution des stratégies après les conflits. À cet égard, Il souligne l’importance du renforcement de la mobilisation des ressources pour financer des initiatives qui répondent aux besoins des femmes en matière de consolidation de la paix, favorisent l’égalité des sexes et autonomisent les femmes dans des contextes liés à la consolidation de la paix, et encourage les États Membres et les autres partenaires à apporter leur appui.


Le Conseil prend note avec satisfaction du rapport du Secrétaire général sur la participation des femmes à la consolidation de la paix (S/2010/466) et attend avec intérêt de l’examiner, y compris avec la participation des éléments concernés du système des Nations Unies, notamment l’Entité des Nations Unies pour l’égalité des sexes et l’autonomisation de la femme (ONU-Femmes).


Le Conseil se félicite du rôle important que joue la Commission de consolidation de la paix dans la promotion d’une approche cohérente et intégrée de la consolidation de la paix et dans l’appui à cette approche en assurant la participation des femmes. Il renouvelle son appui à l’action de la Commission et exprime sa volonté de recourir davantage à son rôle consultatif.


Le Conseil prie le Secrétaire général de lui présenter, ainsi qu’à l’Assemblée générale, un exposé avant le 13 octobre 2011 et de présenter, au plus tard le 13 octobre 2012, un rapport sur les progrès accomplis dans l’action qu’il mène, en mettant notamment l’accent sur l’impact créé sur le terrain, y compris les progrès enregistrés en ce qui concerne le renforcement de la participation des femmes à la consolidation de la paix, en tenant compte des vues de la Commission de consolidation de la paix.


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