23/09/2010
Conseil de sécurité
CS/10036

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6389e séance – après-midi


S OMMET DU CONSEIL DE SÉCURITÉ: LA PAIX ET LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES APPELLENT DÉSORMAIS UNE APPROCHE VÉRITABLEMENT GLOBALE ET CONCERTÉE


Il faut dépasser l’idée d’une séquence clairement définie entre rétablissement de la paix, maintien de la paix et consolidation de la paix, déclare M. Ban Ki-moon


Le Conseil de sécurité, que présidait le Président de la Turquie, M. Abdullah Gül, en présence de huit autres chefs d’État et de gouvernement et du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, s’est réuni, cet après-midi, pour débattre des « moyens d’assurer l’efficacité du rôle du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales».  Il a réaffirmé, dans une déclaration présidentielle, que la paix et la sécurité internationales appellent désormais une approche véritablement globale et concertée.


S’exprimant à l’ouverture de cette réunion de haut niveau, le Secrétaire général a déclaré que les conflits suivaient rarement une trajectoire linéaire et a donc invité chacun à dépasser l’idée d’une séquence clairement définie entre rétablissement de la paix, maintien de la paix et consolidation de la paix.


Aux termes de la déclaration présidentielle, le Conseil, qui réaffirme sa responsabilité principale en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales, que lui a assignée la Charte des Nations Unies,reconnaît les difficultés et menaces, en constante évolution, qui pèsent sur la paix et la sécurité internationales, notamment les conflits armés, le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive et des armes légères, la criminalité transnationale organisée, la piraterie, la drogue et la traite d’êtres humains.  Il souligne qu’il faut remédier aux causes profondes des conflits, en sachant que le développement, la paix et la sécurité et les droits de l’homme sont intimement liés et se renforcent mutuellement.


Le Conseil se félicite des progrès considérables accomplis pour affiner et renforcer les moyens de l’Organisation en matière de diplomatie préventive, de rétablissement de la paix, de maintien de la paix et de consolidation de la paix et il s’engage à continuer de concourir à les adapter.  Il souligne, en outre, que le lien entre ces outils ne suit pas toujours un ordre linéaire et qu’il faut les utiliser de manière globale et intégrée et en toute souplesse.  Il salue, en particulier, le rôle que joue la Commission de consolidation de la paix, créée en 2005.  Il redit sa volonté de renforcer les partenariats stratégiques avec les organisations régionales et sous-régionales, conformément au Chapitre VIII de la Charte, dans les domaines de la prévention des conflits ainsi que de l’établissement du maintien et de la consolidation de la paix.  Le Conseil, qui constate que les opérations de paix sont des entreprises de plus en plus complexes, réaffirme son ferme appui à la protection des civils et sa conviction que la protection des civils, en particulier des femmes et des enfants, en temps de conflit armé devrait être un important aspect de toute stratégie globale de règlement des conflits.  Il se dit une fois de plus opposé à l’impunité des violations flagrantes du droit international humanitaire et du droit relatif aux droits de l’homme.


Rappelant lui aussi que les conflits suivaient rarement une trajectoire linéaire, M. Ban Ki-moon a invité le Conseil à déployer les différents outils à sa disposition de manière intégrée et non plus séparée.  Il a ajouté que le Secrétariat continuerait de travailler avec le Conseil de sécurité et d’autres sur l’initiative « Nouvel horizon » mais a averti qu’il n’y avait « pas de solution rapide pour des sociétés brisées ».  Cela exige patience, ressources et engagement à long terme, a-t-il ajouté, avant de plaider pour un développement de l’architecture de consolidation de la paix.  Les Nations Unies doivent « aider les populations à résoudre les problèmes, et non pas servir de simple sparadrap pour maintenir les troubles sous contrôle », a-t-il souligné.


Dans leurs déclarations, le Président de l’Ouganda, M. Yoweri Kaguta Museveni, et le Président du Nigéria, M. Goodluck Ebele Jonathan, ont opposé les échecs en Afrique de l’ONU quand elle agissait seule aux succès obtenus lorsqu’elle collabore avec l’Union africaine ou des organisations sous-régionales. Tout en mettant en avant le partenariat stratégique entre le Conseil de sécurité et l’Union africaine, le Président Museveni a demandé davantage de moyens de la part du Conseil et de la communauté internationale pour les opérations de maintien de la paix déployées par l’Union africaine, notamment l’AMISOM en Somalie.


Le Premier Ministre de la Chine, M. Wen Jiabao, a invité le Conseil de sécurité à intensifier ses missions de bons offices et de médiation et à « agir dans le respect des principes d’impartialité et de non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense ».  Pour sa part, le Ministre russe des affaires étrangères, M. Sergey Lavrov, a apporté son plein soutien au dialogue du Conseil avec les pays contributeurs de troupes aux opérations de maintien de la paix et a rappelé que son pays avait, lors de sa présidence du Conseil en août dernier, invité les commandants des contingents militaires des opérations de maintien de la paix à ses réunions.  Il a aussi rappelé que la Fédération de Russie était favorable au renforcement des activités du Comité d’état-major.


Rendant un hommage appuyé au personnel des opérations de maintien de la paix des Nations Unies, la Secrétaire d’État des États-Unis, Mme Hillary Rodham Clinton, a cependant regretté le peu de progrès réalisés depuis l’adoption de la résolution 1888 (2009) sur les violences sexuelles contre les femmes dans les conflits.  Elle a annoncé que son pays allait apporter un nouveau financement pour assurer la mise en œuvre effective de cette résolution.  Si les Nations Unies ne pouvaient pas relever le défi du maintien de la paix, « personne ne pourra le faire à sa place », a déclaré le Ministre des affaires étrangères de la France, M. Bernard Kouchner, qui a aussi souhaité que l’enjeu de la consolidation de la paix soit « pris en compte dès les premières étapes de la gestion d’une crise ».


Ce sommet, le sixième de l’histoire du Conseil, devait faire un bilan, dans une perspective politique, de l’efficacité, collective et individuelle, des instruments opérationnels du Conseil, à savoir: la diplomatie préventive, le rétablissement, le maintien et la consolidation de la paix –une notion ajoutée par le rapport intitulé « Un agenda pour la paix », lui-même issu du premier Sommet que le Conseil avait tenu le 31 janvier 1992- pour tenter de résoudre les problèmes complexes et toujours plus nombreux de la paix et de la sécurité internationales.  Il devait aussi « regarder vers l’avenir », sachant qu’une réunion au niveau des chefs d’État et de gouvernement offrait l’occasion « d’insuffler une énergie nouvelle à l’ensemble de ce processus ».


MAINTIEN DE LA PAIX ET DE LA SÉCURITÉ INTERNATIONALES


Document d’orientation sur « les moyens d’assurer l’efficacité du rôle du Conseil de sécurité dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales » (S/2010/461)


Ce document, adressé le 1er septembre 2010 au Secrétaire général par le Représentant permanent de la Turquie auprès de l’ONU, présente une justification du souhait de la Turquie de convoquer une réunion au Sommet du Conseil de sécurité  le 23 septembre 2010, et du thème choisi pour celle-ci, et explique les visées de la réunion et les résultats attendus.


Le document constate que, 65 ans après avoir été créées pour « préserver les générations futures du fléau de la guerre », les Nations Unies fonctionnent dans un monde traversé de menaces nouvelles contre la paix et la sécurité internationales « que personne n’aurait jamais pu prévoir en 1945 ».  Pourtant, la menace de conflits violents et le coût de la guerre demeurent au cœur des problèmes que traite l’ONU et on attend du Conseil de sécurité, en sa qualité d’organe ayant la responsabilité première du maintien de la paix et de la sécurité internationales, qu’il agisse de façon décisive pour prévenir les conflits, protéger les populations et mettre fin aux guerres et empêcher qu’elles ne reprennent.  Il est donc impératif que le Conseil réexamine régulièrement l’évolution de la situation sur le plan de la sécurité internationale et ses conséquences pour les Nations Unies et pour le Conseil lui-même.


Un premier réexamen stratégique a eu lieu à l’occasion de la première réunion au sommet jamais tenue par le Conseil, le 31 janvier 1992, après la fin de la guerre froide.  Le Conseil avait alors adopté une déclaration présidentielle dans laquelle il soulignait combien il importait de renforcer et d’accroître l’efficacité des Nations Unies et invitait le Secrétaire général à présenter son analyse et ses recommandations à cette fin, en particulier pour augmenter la capacité de l’Organisation en matière de diplomatie préventive, de rétablissement de la paix et de maintien de la paix.  Le rapport du Secrétaire général (A/47/277-S/24/11) en date de juin 1992, intitulé « Un agenda pour la paix », présentait une vaste analyse de l’évolution de la situation sur le plan de la sécurité et formulait plusieurs recommandations concernant les domaines d’action recensés par le Conseil de sécurité.  En particulier, il ajoutait au lexique de la diplomatie une nouvelle notion, celle de consolidation de la paix après un conflit, pour tenter de parachever le cercle de la paix.


En 2010, comme en 1992, le Conseil demeure dépendant de ces principaux instruments opérationnels –la diplomatie préventive, le rétablissement, le maintien et la consolidation de la paix (qui constitue elle-même un moyen de prévention des conflits) pour tenter de résoudre les problèmes complexes et toujours plus nombreux de la paix et de la sécurité internationales.  Au cours de ces 20 dernières années, ajoute le document, l’ONU a considérablement progressé dans le polissage et le renforcement de chacun de ces instruments et en est venu à apprécier leur nature éminemment politique.


C’est pourquoi « le moment est venu, dans une perspective politique », de faire un bilan de leur efficacité, collective et individuelle, face à des circonstances changeantes, et pour repérer les mesures qui permettraient de combler les lacunes ou d’aiguiser ces instruments, et éventuellement d’autres.


La tenue d’un nouveau débat stratégique ambitieux de ce type au niveau des chefs d’État et de gouvernement devrait permettre à la fois de repérer les problèmes les plus graves et les dangers de l’heure, et de dégager les voies que les Nations Unies pourraient suivre pour guider le changement dans un sens pacifique.


Le document estime que « 5 ans après le Sommet mondial de 2005, une décennie après l’important rapport du Groupe d’étude sur les opérations de paix des Nations Unies -le rapport Brahimi- et près de 20 ans après la première réunion au sommet du Conseil, une autre réunion de ce niveau est nécessaire pour faire le bilan et pour regarder vers l’avenir ».  Ainsi, les membres du Conseil pourront réaffirmer leur attachement aux buts et aux principes de la Charte et amorcer la définition et l’analyse d’une perspective plus ambitieuse, plus complexe, plus prospective du rôle du Conseil dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales aujourd’hui et demain.


Pour le document d’orientation, le sommet offre l’occasion « d’insuffler une énergie nouvelle à l’ensemble de ce processus ».  La déclaration du Président du Conseil qui sera adoptée à la fin de la réunion « pourrait souligner la volonté du Conseil sur ces questions, en offrant des directives plus précises et un cadre mieux intégré  pour les efforts que font les Nations Unies » en matière de diplomatie préventive, de rétablissement de la paix, de maintien de la paix et de consolidation de la paix après un conflit.  Cette déclaration « pourrait alors être utilisée pour lancer un processus visant à faire le bilan de l’action menée par les Nations Unies pour rétablir la paix et la sécurité au XXIe siècle, et de l’efficacité de ses instruments et des dispositions institutionnelles que prévoit la Charte de l’ONU à cette fin ».


Déclarations


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a déclaré que, depuis la fin de la guerre froide, le nombre de conflits violents avait diminué.  Il a estimé que les succès du maintien et du rétablissement de la paix avaient contribué à cette évolution.  Toutefois, a-t-il ajouté, souvent la violence éclate et le monde se tourne alors vers les Nations Unies.


Le Conseil de sécurité et le Secrétariat ont beaucoup agi, a déclaré M. Ban.  Ils ont revitalisé la diplomatie préventive et augmenté les capacités de médiation des Nations Unies, réagi rapidement à des troubles, rendu les opérations de maintien et de rétablissement de la paix plus efficaces, y compris grâce à l’initiative « Nouvel horizon », qui doit permettre de mieux s’adapter à des situations complexes dans des terrains difficiles et des situations politiques instables.  « Nous avons aujourd’hui davantage de situations où, comme à Chypre, les efforts de maintien et du rétablissement de la paix sont menés de pair et nous continuons de renforcer notre vivier d’envoyés, d’approfondir notre coopération avec les partenaires régionaux, d’aider les États Membres à renforcer leurs capacités et d’appuyer les misions de terrain et nos bureaux régionaux », a poursuivi le Secrétaire général.


M. Ban a rappelé que les Nations Unies déploient actuellement 122 000 personnes en civil ou en uniforme dans 15 opérations de maintien de la paix, plus 4 000 autres dans le cadre de 14 missions politiques qui, tous, s’acquittent de mandats variés.  « En outre, nous avons renforcé la consolidation de la paix et les versements du Fonds pour la consolidation de la paix sont de plus en plus ciblés et attribués au bon moment », a-t-il assuré.


« Nous travaillons à la protection des civils dans les conflits armés », a affirmé M. Ban, qui a ajouté que les viols en masse, commis en République démocratique du Congo (RDC) le mois dernier, témoignent de la difficulté d’assurer efficacement cette protection, et rappelé qu’il avait demandé à sa Représentante spéciale, Mme Margot Wallström, de contribuer à la mise en place de systèmes plus robustes pour faire face à ces atrocités.


Si notre engagement est de plus en plus efficace, nous devons faire plus encore, a reconnu le Secrétaire général, qui a appelé à dépasser l’idée d’une séquence clairement définie entre rétablissement de la paix, maintien de la paix et consolidation de la paix, et à déployer ces différents outils de manière intégrée et non plus séparée.  Les conflits suivent rarement une trajectoire linéaire, a-t-il expliqué, avant d’affirmer que le Secrétariat continuera de travailler avec le Conseil de sécurité et d’autres sur l’initiative « Nouvel horizon ».


Il n’y a pas de solution rapide pour des sociétés brisées, a déclaré M. Ban.  Cela exige patience, ressources et engagement à long terme.  Les Nations Unies doivent aider les populations à résoudre les problèmes, et non pas servir de simple sparadrap pour maintenir les troubles sous contrôle, a-t-il affirmé.  M. Ban a souhaité un développement de l’architecture de consolidation de la paix en renforçant la Commission de consolidation de la paix et le Fonds pour la consolidation de la paix et s’est prononcé pour une plus grande cohérence entre les différents organes des Nations Unies travaillant dans ce domaine.  Le monde a besoin d’un Conseil de sécurité qui assume pleinement, équitablement et sans retard sa responsabilité en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales, a affirmé M. Ban, qui a souligné que l’on doit faire plus et être mieux équipé pour réaliser cet objectif.  Le Secrétaire général a demandé que chacun reconnaisse le lien étroit entre le Sommet du Conseil de sécurité et le Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement qui s’est achevé hier, au Siège de l’ONU à New York.  La construction de la paix et les progrès du développement se renforcent mutuellement, a-t-il rappelé, avant de conclure que « sur tous ces fronts, notre leadership sera crucial et notre unité, essentielle ».


M. WEN JIABAO, Premier Ministre du Conseil d’État de la République populaire de Chine, a souligné que la situation internationale actuelle en matière de sécurité était marquée par l’incertitude, « une situation attisée, a-t-il précisé, par la crise financière et économique mondiale ».  Il a estimé que face aux multiples menaces et défis complexes, il était essentiel de renforcer la coopération multilatérale, « comme le reconnaissent déjà la majorité des États Membres ».  « Dans ce contexte, le Conseil de sécurité doit renforcer son autorité et jouer un rôle accru dans la sauvegarde de la paix et de la sécurité », a-t-il ajouté.  M. Jiabao a invité le Conseil de sécurité à « porter très haut le drapeau de la paix, qui est une aspiration commune tandis que la guerre est rejetée par tous ».  « Le Conseil de sécurité doit, conformément aux buts et objectifs de la Charte des Nations Unies, intensifier ses missions de bons offices et de médiation pour, à chaque fois qu’il le peut, encourager les parties à un conflit à régler pacifiquement ce conflit et à éviter toute escalade des tensions régionales », a-t-il encore préconisé.


Évoquant ensuite le rôle des opérations maintien de la paix, M. Wen Jiabao a exhorté le Conseil de sécurité à « agir dans le respect des principes d’impartialité et de non-recours à la force, sauf en cas de légitime défense ».  « Il incombe au Conseil d’améliorer sa coordination avec les organisations régionales, au premier rang desquelles l’Union africaine, et de s’attacher à mieux planifier les phases d’entrées et sorties de ses missions », a-t-il dit.  Pour le Premier Ministre chinois, « il convient de faire un usage prudent des sanctions, lesquelles ne doivent jamais être un objectif en soi.  Les conséquences de ces sanctions, a-t-il dit, finissent souvent par aller à l’encontre des buts pacifiques recherchés ».  M. Jiabao a par ailleurs appelé le Conseil de sécurité à prendre une part plus active dans la lutte contre les causes sous-jacentes des conflits, de la pauvreté et du sous-développement.  « En se rapprochant des acteurs onusiens chargés du développement sur le terrain, il pourra aider plus efficacement à inscrire la paix sur la durée », a-t-il jugé.


« Gardons-nous de faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas subir », a-t-il aussi dit, se référant à la philosophie de Confucius.  Appelant de ses vœux l’instauration d’une nouvelle doctrine de sécurité internationale basée sur la recherche de la confiance réciproque et des bénéfices mutuels, il a rappelé le rôle constructif de la Chine dans les dossiers iranien, nord-coréen et soudanais.  « Avec 14 000 personnes engagées dans 25 missions des Nations Unies, la Chine réaffirme son attachement à la paix, et c’est dans cet esprit et en s’acquittant de ses obligations internationales en matière de maintien de la paix et de la sécurité internationales, qu’elle poursuivra son développement », a-t-il enfin affirmé.


M. YOWERI KAGUTA MUSEVENI, Président de l’Ouganda, a déclaré que, lorsque le Conseil de sécurité a agi seul, il a commis des erreurs, comme au Congo dans les années 1960 et au Rwanda dans les années 1990.  En outre, la majorité des problèmes qui ont pu être résolus en Afrique l’ont été grâce à des mesures dirigées régionalement, les Nations Unies et d’autres organes non africains jouant alors un rôle de soutien.  Le Conseil de sécurité doit veiller à traiter des nouvelles formes de menaces au maintien de la paix et de la sécurité internationales par une approche plus concertée, aux niveaux mondial, régional et national, a déclaré M. Museveni, qui a souligné qu’il faudrait éviter les situations dans lesquelles les Nations Unies sont soit incapables d’agir soit se montrent indifférentes à un conflit, car cela nuit à leur crédibilité.  De même, il est essentiel que le Conseil de sécurité évalue en permanence ses propres diagnostics et les mesures qu’il a prises, a déclaré M. Museveni, qui a rappelé que, dans certains pays, des opérations de maintien de la paix avaient été présentes plusieurs années, puis retirées, pour devoir être ensuite renvoyées afin de répondre aux mêmes problèmes.  Il faut aussi faire davantage pour soutenir les pays fragiles sortant d’un conflit en renforçant leurs capacités nationales pour qu’ils puissent faire face aux problèmes de sécurité.


M. Museveni a demandé que le Conseil de sécurité s’intéresse aussi aux questions ayant trait à la sécurité humaine et, notamment, aux questions de développement social et économique qui comptent pour beaucoup de pays en développement.  Il a aussi plaidé pour un renforcement du soutien à l’appropriation nationale.  Seuls les acteurs nationaux peuvent traiter des besoins de leur société d’une manière qui garantisse une paix, une sécurité et une prospérité durables, a-t-il affirmé le Président de l’Ouganda.  M. Museveni s’est félicité du renforcement du partenariat stratégique entre le Conseil de sécurité et l’Union africaine et d’autres organisations sous-régionales du continent.  L’Union africaine, a-t-il ajouté, a montré son engagement en faveur de la prévention des conflits et de la médiation.  Toutefois, le manque de ressources représente le principal défi à l’efficacité des opérations de maintien de la paix de l’Union africaine, comme l’AMISOM en Somalie, a-t-il affirmé, en demandant un soutien plus important et urgent de la part des Nations Unies et d’autres partenaires internationaux.  M. Museveni a estimé que la réforme du Conseil de sécurité était urgente et qu’il était injuste que l’Afrique, avec ses 53 États et une population de plus d’un milliard d’habitants, n’y occupe toujours pas de siège permanent.  Il a demandé que le Conseil de sécurité assure plus de transparence dans ses travaux.  Avant de conclure, il a demandé que le Conseil discute davantage avec les pays dont la situation est inscrite à son ordre du jour.


M. HEINZ FISCHER, Président de l’Autriche, a fait remarquer que le maintien de la paix s’était développé au cours des dernières décennies au point de devenir un outil de gestion de crise efficace.  La nature même du maintien de la paix a changé, les Casques bleus d’aujourd’hui se retrouvant au cœur des conflits et face à des défis et tâches de plus en plus complexes, a-t-il ajouté.  Soulignant que l’Autriche avait offert de déployer des troupes immédiatement après être entrée à l’ONU, M. Fischer a précisé que depuis 1960, 90 000 Autrichiens avaient été déployés sur le terrain pour assurer le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Le Président autrichien a ensuite indiqué que son pays, pour faire face aux nouvelles menaces, avait identifié la protection des civils dans les conflits armés comme une priorité absolue.  Il a ainsi qualifié de condition sine qua non à la paix durable la protection effective des populations civiles, et ce, aussi longtemps qu’une opération de maintien de la paix de l’ONU est impliquée dans telle ou telle situation.  Il s’agit là d’une question de crédibilité du Conseil de sécurité, a-t-il estimé.


Le Président autrichien, après avoir souligné l’importance d’appliquer pleinement les résolutions 1894 (2009) sur la protection des civils en période de conflit armé ainsi que la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité dont l’ONU célébrera le dixième anniversaire en octobre prochain, a plaidé pour une approche intégrée en vue de permettre au Conseil de résoudre durablement les conflits.  Dans ce cadre, le maintien et la consolidation de la paix doivent aller de pair, a-t-il assuré, afin de fournir développement et sécurité avec l’objectif clair de renforcer les institutions nationales et empêcher toute reprise des hostilités.  Avant de conclure, le Président Fischer a déclaré que la prévention était le moyen le plus sûr de gérer les conflits.  C’est ainsi qu’il a salué les efforts du Secrétaire général pour affermir la capacité de l’ONU en matière d’alerte précoce, de prévention des conflits et de médiation.  À cet égard, en tant que membre de l’Union européenne, l’Autriche croit fermement au partenariat entre les Nations Unies et les organisations régionales, a-t-il dit.


M. GOODLUCK EBELE JONATHAN, Président du Nigéria, a déclaré que le paysage sécuritaire évolue et qu’il est marqué par de nouvelles menaces et par une inégalité extrême, aggravées par des problèmes systémiques tels que le sous-développement, la pression sur les ressources naturelles ou les difficultés liées à la cohésion sociale et la gouvernance.  Ces défis complexes exigent une perspective, une créativité et un engagement des Nations Unies.  Le Conseil de sécurité doit envisager de se repositionner pour faire face à la nouvelle donne internationale, a déclaré M. Jonathan, qui a rappelé que les discussions sur le « Nouvel horizon » ont défendu l’idée d’un renforcement de la coopération entre le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale, l’ECOSOC, et d’autres organes comme la Banque mondiale.  L’architecture actuelle de sécurité n’est pas le meilleur modèle et le coût croissant du maintien de la paix et de la sécurité internationales est insoutenable, a affirmé le Président.  Il a cité le Libéria et la Sierra Leone comme des exemples de la manière dont les institutions des Nations Unies peuvent travailler avec les acteurs politiques pour renforcer la stabilité.


« En Afrique, et en Afrique de l’Ouest en particulier, nous avons progressivement pris conscience de la valeur de la diplomatie préventive », a poursuivi M. Jonathan, qui a vu de nouveaux signes de changement dans la gestion des confits.  Il a estimé que le Département des affaires politiques de l’ONU et son Groupe de médiation jouent un rôle important de médiation avec les communautés locales et a souhaité que le futur Bureau régional des Nations Unies en Afrique centrale puisse reproduire les succès du Bureau régional pour l’Afrique de l’Ouest.  Toutefois, il faut reconnaître que le Conseil de sécurité a rarement réussi à libérer des peuples du fléau de la guerre sans la contribution des acteurs régionaux, conformément au Chapitre VIII de la Charte de l’ONU, a déclaré le Président nigérian, qui a opposé à ces échecs les succès obtenus en collaboration avec la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et l’Union africaine.  Il a jugé que son pays était bien placé pour diriger de tels efforts de coopération.  Les personnes vulnérables, marginalisées et opprimées demandent aux Nations Unies d’être en première ligne pour le règlement des conflits.  Il a invité ses homologues à faire preuve de créativité, de pragmatisme et de constance pour y réussir.


M. HARIS SILAJDŽIĆ, Président de la présidence collégiale de Bosnie-Herzégovine, a rappelé que, par le passé, le Conseil de sécurité, en maintenant l’embargo sur les armes dans son pays, avait commis l’erreur de renforcer dramatiquement la puissance militaire du régime de Milošević.  Cela eût pour conséquence, selon les données du Comité international de la Croix-Rouge, la mort de 200 000 personnes, dont 12 000 enfants, a-t-il précisé.  M. Silajdžić a ensuite affirmé que certains des membres les plus puissants du Conseil de sécurité avait justifié un tel choix pour « éviter de jeter de l’huile sur le feu ».  « En réalité, ce feu fut alimenté par le sang de civils innocents », a-t-il renchéri.  Le Président Silajdžić est ensuite revenu sur le « génocide de Srebrenica », citant un extrait du rapport du Secrétaire général sur ce drame imputable, selon lui, à la passivité et aux erreurs de jugement de la communauté internationale.


« Ce que nous rappelons aujourd’hui à propos de ces tragédies qui hanteront l’histoire doit servir pour l’avenir », a-t-il poursuivi.  Pour le Président Silajdžić, le Conseil de sécurité doit envoyer un message clair aux auteurs des crimes perpétrés au nom d’idéologies déviantes, selon lequel « le crime ne paie pas ».  « Les erreurs commises en Bosnie-Herzégovine continuent, à ce jour, de rester impunies », a poursuivi M. Silajdžić, déplorant « les nombreux appels lancés ouvertement en faveur de la sécession du pays qui, a-t-il dit, constituent des violations des Accords de Dayton ».  Il a également alerté contre le recours à une rhétorique visant à diviser et contre les appels à la transformation de frontières internationalement reconnues.  Ces agissements constituent, surtout lorsqu’ils surviennent en période électorale, une menace à la paix et la sécurité dans la région, a affirmé le Président Silajdžić, qui a par ailleurs insisté sur le fait que tout processus de consolidation de la paix était de la responsabilité des autorités nationales des pays sortant d’un conflit.  Plaidant à ce sujet en faveur du dialogue entre toutes les parties à un conflit et pour un renforcement actif des capacités des institutions nationales et de la confiance, il n’a pas manqué de noter, qu’à ce jour, « Ratko Mladic, l’exécutant en chef du génocide de Srebrenica, est toujours en fuite ».  En conclusion, M. Silajdžić a souhaité que soit renforcé le rôle des femmes dans les efforts de consolidation de la paix, en particulier au sein des sociétés postconflit.


M. ALI BONGO ONDIMBA, Président du Gabon, a invité le Conseil de sécurité à mettre un accent particulier sur la prévention, « car il vaut mieux prévenir les crises et conflits que d’en rechercher le règlement ».  « J’exhorte le Secrétaire général de l’ONU à poursuivre ses actions de médiation et à tout mettre en œuvre pour améliorer le système d’alerte rapide de l’Organisation », a ajouté le Président gabonais.  M. Bongo a ensuite souligné l’attachement de son pays au rôle de la diplomatie préventive, qui a conduit le Gabon à mettre en place des mécanismes tels que le Mécanisme d’alerte rapide de l’Afrique centrale ou encore le Conseil de paix et de sécurité de l’Afrique centrale.  Après avoir salué l’ouverture prochaine, à Libreville, du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique centrale, M. Bongo a demandé au Conseil de sécurité de revoir son approche en matière de maintien de la paix, en s’inspirant de la réflexion « Nouvel horizon » initiée par le Secrétaire général de l’ONU et dont la finalité est de rendre plus robustes les opérations pertinentes.  Pour le Président Bongo, les missions de paix de l’ONU doivent également avoir un caractère global et pluridisciplinaire.  « C’est dans cette perspective que nous saluons l’inclusion dans ces opérations de nouvelles composantes telles que la prise en charge des enfants soldats, des victimes d’abus sexuels et la protection des civils », a-t-il expliqué.  Évoquant la coopération entre le Conseil et les organisations régionales, il s’est félicité de la création d’un mécanisme de consultation officielle entre le Conseil de sécurité et le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine.  « Je me réjouis par ailleurs de ce que les deux organisations collaborent dans la recherche de solutions de paix au Darfour et en Somalie », a conclu M. Bongo.


M. MICHEL SLEIMAN, Président du Liban, a estimé que le Conseil de sécurité devrait être réformé pour qu’il soit plus démocratique et représente mieux les nouveaux équilibres mondiaux.  Si la dissuasion nucléaire et la lutte contre la terreur ont permis d’éviter un nouveau conflit mondial, ils n’ont pas pu empêcher de nombreuses autres guerres injustes et meurtrières, comme celui de la Palestine, qui constitue l’essence du conflit au Moyen-Orient, a-t-il affirmé.  Le Président libanais a reproché à Israël de persister dans son occupation des terres arabes, privant le peuple palestinien de ses droits inaliénables, et de s’accrocher à son arsenal nucléaire alors que les États arabes prônent la création d’une zone exempte d’armes nucléaire au Moyen-Orient.  M. Sleiman a demandé qu’Israël évacue inconditionnellement toutes les parties encore occupées du territoire libanais, conformément à la résolution 1701 (2006), que le Liban, a-t-il dit, respecte.  Le Président Sleiman a par ailleurs rendu hommage à la FINUL.  Appelant à l’établissement d’une paix juste et globale au Moyen-Orient, il a néanmoins averti que le Liban n’accepterait aucun règlement au Moyen-Orient dont il serait tenu à l’écart ou qui serait contraire à ses intérêts supérieurs.  Il a jugé que l’implantation des réfugiés palestiniens dans son pays était contraire à leur droit au retour, à la Constitution libanaise et à l’Accord de Taëf.


Alors que le Conseil de sécurité a le pouvoir de prendre toute une série de mesures, y compris des mesures coercitives dans le cadre du Chapitre VII de la Charte, les peuples qui se tournent vers le Conseil de sécurité pour trouver un refuge et un défenseur de leur cause se plaignent souvent de l’incapacité du Conseil de sécurité à faire appliquer ses propres résolutions, ou encore son recours à un régime de sélectivité, a déclaré le Président libanais. C’est ainsi, a-t-il fait remarquer, qu’Israël est dispensé de rendre des comptes et autorisé à agir en violation du droit international, alors que l’ONU apparaît comme une institution impuissante et bloquée, a ajouté le Président.  Il a donc réclamé du Conseil de sécurité un examen effectif des causes qui sont à l’origine de l’image négative qu’il répercute et des moyens d’y remédier, afin de jouer un rôle efficace dans le maintien de la paix et de la sécurité internationales et de gagner la confiance des peuples, évitant par là-même qu’ils soient contraints à recourir à la résistance et autres moyens de légitime défense.


M. NAOTO KAN, Premier Ministre du Japon, a déclaré qu’en tant que Président du Groupe de travail du Conseil de sécurité sur les opérations de maintien de la paix, le Japon tiendrait bientôt des discussions sur l’amélioration de la coopération entre pays contributeurs de troupes.  « Le Japon contribue lui-même activement au maintien de la paix, comme en témoigne l’envoi cette année d’équipes d’autodéfense en Haïti et au Pakistan, pays affectés par des catastrophes naturelles », a-t-il rappelé.  Concernant la consolidation de la paix, le Premier Ministre japonais a souligné l’importance de lier cet effort aux activités de maintien de la paix, « des premières phases jusqu’au retrait des missions ».  M. Kan a estimé que l’Afghanistan était le pays présentant les plus grands défis à la communauté internationale en termes de consolidation de la paix; « et c’est à ce pays que le Japon fournit son assistance la plus importante ».  Après avoir détaillé les éléments de cette assistance en matière de formation policière, d’appui intégré au Gouvernement afghan, de création d’emplois et d’assistance agricole, il a précisé qu’une telle action avait pour but ultime d’améliorer le quotidien des populations.  M. Kan a insisté sur le fait que la création d’un environnement sûr, permettant aux civils de vivre normalement, ainsi que l’adoption de mesures de confiance, étaient des nécessités vitales dans le contexte des sociétés sortant d’un conflit.  Il a en outre exhorté le Conseil de sécurité à continuer de lutter énergiquement contre la prolifération des armes de destruction massive pour éviter que des groupes terroristes ou d’autres organisations ne s’emparent de ces arsenaux.


M. SERGEY V. LAVROV, Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, a déclaré que les Nations Unies et plusieurs organisations régionales et sous-régionales ont, durant les dernières années, accompli un travail considérable en faveur de la prévention et du règlement des crises, ainsi que de la reconstruction postconflit.  « Confrontés à des défis mondiaux ou transfrontaliers à la stabilité internationales tels que la prolifération des armes de destruction massive, le terrorisme, le trafic de drogues et la criminalité organisée, nous travaillons à créer de nouveaux mécanismes efficaces capables d’assurer la stabilité régionale et mondiale ».  En vertu de la Charte de l’ONU, le Conseil de sécurité a la responsabilité principale de ces efforts, a rappelé M. Lavrov, qui a souligné qu’il était important que le Conseil améliore les instruments et mécanismes à sa disposition pour réagir plus rapidement et plus efficacement aux situations de crise ou de conflit.  La plus importante des conclusions tirées de l’expérience est que les conflits modernes ne peuvent être résolus par la force, a déclaré M. Lavrov.  Ils doivent être, avant tout, résolus aux plans politique et diplomatique et, par la participation, au dialogue et aux négociations de toutes les parties, sans qu’on cherche à exclure l’une d’elles.  « Nous avons tous vu en août 2008 quel peut être le résultat d’une rupture unilatérale des mesures convenus de maintien de la paix et du recours à la force », a ajouté le Ministre russe des affaires étrangères.


« En outre, nous ne devrions épargner aucun effort en matière de prévention des conflits et de renforcement du potentiel des Nations Unies en matière de diplomatie préventive et de médiation, car il est bien connu que la prévention d’un conflit est beaucoup moins coûteuse que les accords d’après-conflit », a poursuivi M. Lavrov, qui a appuyé la création des centre régionaux des Nations Unies pour la diplomatie préventive.  Par ailleurs, le succès des efforts de maintien et de rétablissement de la paix dépend de notre capacité à prendre en compte les intérêts et les priorités des parties concernées.  Aucune assistance au nom de la communauté internationale ne peut être imposée, a rappelé le Ministre.  Les conflits modernes exigent des stratégies complexes et des solutions globales fondées sur l’intégrité des objectifs, la prévisibilité du soutien à ceux-ci, une combinaison efficace des efforts de stabilisation civils et militaires, une coopération étroite, la prise en compte des contextes régionaux et une utilisation maximale du potentiel des organisations régionales, en application du Chapitre VIII de la Charte de l’ONU.  La duplication des efforts et toute rivalité doivent être évitées, a poursuivi le Ministre.


M. Lavrov a apporté son plein soutien au dialogue du Conseil de sécurité avec les pays contributeurs de troupes aux opérations de maintien de la paix et a rappelé « l’utile initiative » de la présidence russe du Conseil de sécurité, le mois dernier, consistant à inviter les commandants des contingents militaires des opérations aux réunions du Conseil.  Il a rappelé que la proposition de son pays de renforcer les activités du Comité d’état-major reste pertinente, affirmant qu’elle recevait un soutien croissant.  Elle offrirait, a-t-il affirmé, une évaluation militaire systématique aux opérations de maintien de la paix.  Au vu de la clôture ou de la réduction des effectifs dans plusieurs missions, il devient particulièrement important de mettre en place des stratégies de sortie efficaces, a-t-il ajouté.  Le Ministre a conclu en rappelant les contributions en personnel de son pays à plusieurs opérations de maintien de la paix des Nations Unies et en affirmant que la Fédération de Russie continuera d’augmenter cette contribution concrète.


M. CELSO AMORIM, Ministre des affaires étrangères du Brésil, a affirmé que la paix ne pouvait naître là où sévissent la faim et la pauvreté.  « De même qu’une stratégie de sortie, les opérations de maintien de la paix doivent être dotées d’une stratégie de durabilité », a-t-il ajouté, précisant que celle-ci devrait avoir pour finalité de générer de réels dividendes en matière de paix, de développement et de renforcement des institutions nationales.  « Le maintien et la consolidation de la paix doivent, dans la mesure du possible, aller de pair », a, à son tour, estimé M. Amorim.  Précisant à ce propos que le Conseil de sécurité ne doit pas avoir pour mandat de promouvoir le développement, il a cependant assuré que, dans la plupart des cas, le Conseil de sécurité devrait tenir davantage compte des avis de la Commission de consolidation de la paix (CCP).


Le Ministre brésilien des affaires étrangères s’est ensuite appesanti sur la situation en Haïti où, selon lui, « la stabilité ne sera possible que si la Mission des Nations Unies pour la  stabilisation en Haïti contribue réellement à renforcer les institutions et à améliorer les conditions de vie des Haïtiens ».  « Cela requerra un engagement profond de la part des différents organes économiques et sociaux ainsi que des institutions financières internationales, tous ces acteurs devant œuvrer dans un cadre coordonné par l’ONU », a encore indiqué M. Amorim.  Celui-ci a également estimé que des actions de maintien et de consolidation de la paix coordonnées faciliteraient la gestion des situations de crise en Guinée-Bissau et en République démocratique du Congo.  Le Ministre a en outre déclaré que l’amélioration de l’efficacité du Conseil de sécurité dépendait du rôle de ses membres non permanents, ces derniers devant « participer pleinement aux processus de décision ».  « Il n’est pas correct de demander aux membres non permanents d’entériner les décisions prises, au préalable, par les membres permanents du Conseil de sécurité », a-t-il tranché.  M. Amorim a aussi demandé que soient mises sur la table des « formules imaginatives » pour restreindre l’usage du droit de veto.  Concernant les sanctions, il a jugé qu’elles devraient être utilisées « avec la plus grande prudence et quand toutes les solutions privilégiant le dialogue sont épuisées ».


Mme HILLARY RODHAM CLINTON, Secrétaire d’État des États-Unis, s’est dite heureuse que la Déclaration présidentielle accorde une grande importance à la prévention des conflits, ainsi qu’à la protection des civils, et qu’elle reconnaisse aussi les limites des Nations Unies.  « J’ai vu le travail effectué par les Nations Unies de par le monde, a affirmé Mme Clinton », qui a ensuite rendu un hommage appuyé aux activités de paix des Nations Unies, notamment au Libéria, au Pakistan à la suite des inondations, ou encore à Haïti après le terrible séisme de janvier dernier, où, a-t-elle rappelé, les Casques bleus sont venus aider la population, alors que de nombreux collègues y avaient payé un lourd tribu.  Mme Clinton a également rendu hommage aux pays qui apportent des contributions, financières ou autres, aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies.  Mais ces dernières deviennent de plus en plus complexes, a observé la Secrétaire d’État, qui s’est dite préoccupée de l’écart entre les besoins croissants des opérations de maintien de la paix et les ressources mises à leur disposition.  Trop souvent, les missions des Nations Unies sur le terrain n’ont pas suffisamment de moyens pour appliquer leur large mandat, a-t-elle déclaré. Face à ces limitations, il nous faut coopérer davantage avec les forces régionales et avec les pays bénéficiaires eux-mêmes, a déclaré Mme Clinton.


L’amélioration de l’efficacité du Conseil de sécurité passe par des mandats clairs pour les opérations de maintien de la paix, a affirmé Mme Clinton.  Les États-Unis, a-t-elle ajouté, sont favorables à des réformes qui permettraient aux opérations de maintien de la paix de se déployer rapidement et efficacement sur le terrain. Les États-Unis redoublent d’efforts pour aider d’autres pays à former des unités de police constituées, a déclaré Mme Clinton, qui a aussi mis l’accent sur le rôle des femmes dans les opérations de la paix et plaidé pour une meilleure intégration de la protection des civils dans toutes les activités de ces opérations.  Elle a notamment rappelé qu’elle avait présidé la réunion du Conseil de sécurité qui avait adopté la résolution 1888 en 2009 sur la protection des femmes contre les violences sexuelles dans les conflits armés.  Estimant qu’en République démocratique du Congo (RDC), la violence sexiste et sexuelle contre les civils avait atteint « des proportions inimaginables », Mme Clinton a regretté le peu de progrès réalisés depuis l’adoption de la résolution 1888, et a annoncé que les États-Unis allaient apporter un nouveau financement pour permettre sa mise en œuvre effective.  Les opérations des Nations Unies peuvent permettre à des États fragiles de ne pas devenir des États qui ont échoué, a déclaré Mme Clinton, rappelant que des pays qui étaient sortis d’un conflit contribuent aujourd’hui à aider d’autres États.  Les États-Unis joueront leur rôle pour que les opérations de maintien, de rétablissement et de consolidation de la paix des Nations Unies soient plus efficaces, a-t-elle conclu.


M. WILLIAM HAGUE, Ministre des affaires étrangères du Royaume-Uni, s’est inquiété du danger représenté pour la paix et la sécurité internationales par les nouvelles menaces et défis qui ne connaissent pas de frontières.  La sécurité doit être un effort mondial exigeant des stratégies intégrées, a-t-il dit, soulignant qu’à l’ONU, le Conseil de sécurité devrait s’efforcer de lier davantage maintien et consolidation de la paix.  Après avoir rendu hommage à l’action des Casques bleus sur des théâtres d’opérations aussi difficiles que le Soudan, la République démocratique du Congo ou Haïti, M. Hague a estimé que la stabilité à long terme ne pouvait se gagner qu’au prix d’un renforcement des activités de consolidation de la paix.  Celles-ci doivent s’attaquer aux cas des conflits et des crises et rechercher la restauration de l’état de droit, l’amélioration des cadres de gouvernance et l’affermissement de la confiance entre populations et dirigeants politiques, afin de rendre possible l’application des accords de paix, a considéré le Ministre britannique.  La Commission de consolidation de la paix (CCP) doit être en mesure de relever les défis véritables et donner le cap à prendre pour résoudre les problèmes en vue d’assurer un transfert souple d’autorité vers les gouvernements nationaux des pays hôtes de missions, a également déclaré M. Hague.  Concluant son intervention, M. Hague a rappelé l’exigence de résultat de l’ONU, dont le Conseil de sécurité « doit prouver qu’il peut réduire l’impact de la violence contre les civils et renforcer et poser les fondations de la paix durable ».


Mme PATRICIA ESPINOSA CANTELLANO, Ministre des affaires étrangères du Mexique, a déclaré que le Conseil de sécurité, conformément à ses prérogatives, devrait continuer de renforcer ses outils et les mesures qu’il prend pour faire face aux menaces, y compris les nouvelles menaces qui planent sur le monde et qui nous concernent tous.  Le Conseil de sécurité en a les moyens, a affirmé la Ministre, qui a noté que, rarement dans son histoire, le Conseil de sécurité avait pu rechercher autant qu’aujourd’hui le consensus en se fondant sur les négociations menées dans son cadre et avec de nombreux autres États.  Mme Espinosa a aussi appelé à lutter contre l’impunité, notamment dans les cas  de violations des droits de l’homme et du droit international humanitaire.


La Ministre a également souhaité qu’on mette l’accent sur la prévention des conflits, y compris en encourageant le développement économique et social et l’utilisation plus rationnelle des ressources, mais aussi en mettant l’accent sur la diplomatie préventive, la promotion de l’état de droit et la transparence au sein des travaux du Conseil de sécurité.  Le Mexique est convaincu de la nécessité d’un plus grand recours au Chapitre VI de la Charte sur le règlement pacifique des conflits.  Grâce à une pratique massive de la médiation, l’Amérique latine est l’une des régions dans le monde qui connaît désormais le moins de conflits, a affirmé la Ministre mexicaine des affaires étrangères, qui a rappelé que son pays avait organisé en 2008 un débat sur ce thème au sein du Conseil de sécurité.


M. BERNARD KOUCHNER, Ministre des affaires étrangères de la France, a déclaré que si les Nations Unies ne pouvaient pas relever le défi du maintien de la paix, « personne ne pourrait le faire à sa place ».  « Nous avons donc le devoir d’être à la fois exigeants, engagés et pragmatiques, afin de respecter nos engagements à l’égard de la Charte », a-t-il souligné.  Appelant le Conseil de sécurité à adapter ses décisions pour permettre à l’ONU de remplir sa mission dans les meilleures conditions possibles, M. Kouchner a salué le fait que la réunion du jour embrassait « l’ensemble des aspects relatifs au maintien de la paix ».  « La France contribue à hauteur de 585 millions de dollars au budget des opérations de maintien de la paix, a-t-il rappelé avant d’évoquer « les succès, les échecs mais aussi les tragédies, au Rwanda, en ex-Yougoslavie et en République démocratique du Congo (RDC) ».  Le Ministre français a estimé que « le succès des Nations Unies sera jugé à l’aune de leur contribution à la protection des civils ».


« La MONUSCO et la MINUAD illustrent les défis auxquels nous devons faire face », a-t-il précisé, en ajoutant qu’à la nécessité première de protéger les civils, s’ajoutait celle d’élaborer des stratégies de sortie de crise garantissant un retour durable à la paix.  M. Kouchner a, en outre, souligné l’importance de renforcer la chaîne de commandement des opérations, « pour améliorer, a-t-il dit, la coopération avec les contributeurs de troupes et assurer un suivi politique, militaire et financier plus rigoureux de ces opérations ».  Évoquant enfin le rôle de la Commission de consolidation de la paix (CCP), il a expliqué que cet organe pouvait servir de point focal, de lieu commun à tous les acteurs concernés pour mieux gérer les phases de sortie de conflit.  « L’enjeu de la consolidation de la paix doit être pris en compte dès les premières étapes de la gestion d’une crise », a également estimé M. Kouchner, qui a préconisé une évaluation accrue des risques associés aux nouvelles menaces que sont le trafic de drogues et d’êtres humains, la criminalité transnationale organisée et la corruption, « qui ont un fort potentiel de déstabilisation dans les pays fragiles ».


M. ABDULLAH GÜL, Président de la Turquie, a déclaré que l’objectif de la réunion avait été bien servi et qu’elle avait été très utile pour son pays dont la situation géographique le place au confluent de nombreuses questions de sécurité.  Comme d’autres membres de la communauté internationale, la Turquie s’appuie sur une large gamme d’outils allant de la prévention et la médiation à la consolidation de la paix après les conflits, a-t-il déclaré.  Les efforts de prévention sont pour nous les plus efficaces, a ajouté M. Gül, qui a estimé que son pays avait sur ce point des avantages comparatifs.


Le Président Gül a rappelé que la Turquie fournit d’importants contingents de Casques bleus et de policiers internationaux aux opérations de maintien de la paix et participe à de nombreuses autres activités.  Il a estimé que tous les grands acteurs de la communauté internationale devraient coopérer.  Il a notamment demandé que le Conseil de sécurité coopère davantage avec les autres États.  Il s’est prononcé pour une utilisation plus cohérente et intégrée, et moins séquentielle, des différents outils à la disposition du Conseil de sécurité.  Par exemple, a-t-il expliqué, le maintien de la paix doit inclure au plus tôt des éléments de la consolidation de la paix à venir.  Les causes profondes de conflits doivent en outre être traitées au plus tôt.  Il nous faut aussi reconnaître le caractère très évolutif de la situation en matière de sécurité.  Malgré ses efforts, le Conseil de sécurité reste encore lent à s’adapter à cette nouvelle donne, a déclaré M. Gül, qui a encore une fois demandé une plus grande coopération du Conseil avec les États non membres.  Il a souhaité qu’il se dote de mécanismes souples, avant de conclure en estimant que le débat d’aujourd’hui avait démontré que nous pouvions prendre de telles mesures.


Déclaration présidentielle


Le Conseil de sécurité réaffirme la responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité internationales à lui assignée par la Charte des Nations Unies.  Il rappelle à cet égard ses résolutions et les déclarations de son président concernant la diplomatie préventive, le rétablissement de la paix, le maintien de la paix et la consolidation de la paix.


Le Conseil constate que des progrès ont été accomplis dans de nombreuses régions du monde s’agissant de consolider la paix et la stabilité.  Il reconnaît toutefois les difficultés et menaces, en constante évolution, qui pèsent sur la paix et la sécurité internationales, notamment les conflits armés, le terrorisme, la prolifération des armes de destruction massive et des armes légères, la criminalité transnationale organisée, la piraterie, la drogue et la traite d’êtres humains.


Le Conseil réaffirme par conséquent que la paix et la sécurité internationales appellent désormais une approche véritablement globale et concertée.  Il souligne qu’il faut remédier aux causes profondes des conflits, en sachant que le développement, la paix et la sécurité et les droits de l’homme sont intimement liés et se renforcent mutuellement.  À cette fin, il exprime sa ferme volonté de contribuer au renforcement de l’efficacité de l’Organisation des Nations Unies tout au long du cycle des conflits.


Le Conseil se félicite des progrès considérables accomplis ces dernières années pour ce qui est d’affiner et de renforcer les moyens de l’Organisation en matière de diplomatie préventive, de rétablissement de la paix, de maintien de la paix et de consolidation de la paix et s’engage à continuer de concourir à adapter ces outils à l’évolution des circonstances.  Il souligne en outre que le lien entre ces outils ne suit pas toujours un ordre linéaire et qu’il faut les utiliser de manière globale et intégrée et en toute souplesse.


Le Conseil souligne qu’il est important d’utiliser les outils de diplomatie préventive, de rétablissement de la paix, de maintien de la paix et de consolidation de la paix de manière globale et cohérente pour créer les conditions d’une paix durable.  Il s’engage à apporter l’appui politique nécessaire à la réalisation de cet objectif fondamental.


Le Conseil réaffirme son ferme appui à la protection des civils et sa conviction que la protection des civils, en particulier des femmes et des enfants, en temps de conflit armé devrait être un important aspect de toute stratégie globale de règlement des conflits.  Il se dit une fois de plus opposé à l’impunité des violations flagrantes du droit international humanitaire et du droit des droits de l’homme.


Le Conseil demande aux États Membres de régler les différends par des voies pacifiques et appelle en particulier l’attention sur l’importance que revêt la diplomatie préventive comme mode efficace et peu coûteux de gestion des crises et de règlement des conflits.  Il encourage les initiatives visant à renforcer les moyens de prévention des États Membres, de l’Organisation des Nations Unies et des organisations régionales et sous-régionales, et réaffirme son appui à ces initiatives.  Il souligne en particulier combien il importe de développer les capacités de ces acteurs en matière d’alerte rapide, d’évaluation, de médiation et d’intervention et d’assurer une coordination judicieuse entre ceux-ci.


Le Conseil rend hommage au Secrétaire général pour ce qu’il a fait en usant de ses bons offices, représentants, envoyés spéciaux et médiateurs ainsi qu’aux organisations régionales et sous-régionales pour concourir au règlement durable et global des conflits, et s’engage à continuer de les appuyer dans leur action.

Le Conseil s’engage en outre à suivre de près les situations de conflit existantes et potentielles qui sont de nature à nuire à la paix et la sécurité internationales, à collaborer avec les parties engagées dans l’action préventive, à encourager l’adoption de mesures pour apaiser les tensions et accroître la confiance et à soutenir les efforts visant à mobiliser les spécialistes et les moyens de l’Organisation des Nations Unies.  Il est conscient qu’il importe d’intensifier les efforts, notamment en matière de coordination entre donateurs bilatéraux et multilatéraux, en vue de fournir en temps voulu un concours financier prévisible et cohérent qui permette d’utiliser au mieux les outils de diplomatie préventive.


Le Conseil souligne sa volonté de continuer de renforcer l’efficacité d’ensemble des opérations de maintien de la paix des Nations Unies.  À cet égard, il réaffirme son appui à tout ce qui est fait, notamment par l’Assemblée générale et le Secrétariat de l’Organisation, pour accroître l’efficacité et l’efficience des opérations de maintien de la paix des Nations Unies et donner à l’Organisation les moyens de planifier, mettre en place, déployer, conduire, suivre et d’évaluer les opérations de maintien de la paix, ainsi que pour assurer la transition et mener les opérations à terme, y compris les mesures prises pour accélérer le déploiement de spécialistes de la police et de l’état de droit.  Il se félicite à cet égard de ce que le Secrétariat de l’Organisation fait pour susciter des partenariats entre toutes les parties prenantes.


Le Conseil constate que les opérations de paix sont des entreprises de plus en plus complexes, qui exigent une stratégie politique globale pour chaque mission, un dispositif de dissuasion à la mesure des mandats, une direction civile et militaire forte, une dotation financière adéquate et un personnel militaire, civil et de police expérimenté, formé et équipé, capable de dialoguer véritablement avec les populations locales.  Il constate aussi qu’il faudrait renforcer le savoir-faire militaire et entend, à cet égard, continuer à examiner le rôle du Comité d’état-major.


Le Conseil salue le rôle inestimable que jouent les pays qui fournissent des contingents ou des effectifs de police en matière de maintien et de consolidation d’une paix durable dans de nombreuses régions instables du monde et redit sa volonté de renforcer les consultations avec ces pays, tout en engageant les États Membres qui en ont les moyens à fournir davantage de personnel militaire, civil et de police, y compris un personnel féminin, aux missions de maintien de la paix et aux missions politiques des Nations Unies.


Le Conseil souligne que, pour être effective, la consolidation de la paix doit obéir à une approche globale fondée sur la cohérence des objectifs définis en matière de politique, de sécurité, de développement, de droits de l’homme, d’action humanitaire et de primauté du droit et qu’il convient de prendre en compte l’aspect de la consolidation de la paix dès les premiers stades de la planification et de la mise en œuvre des opérations de paix.


Le Conseil affirme que toute entreprise de consolidation de la paix qui se veut durable doit également être prise en main par le pays concerné et reposer sur des capacités nationales renforcées et responsabiliser les personnes touchées par les conflits.  Il souligne que le Secrétaire général doit continuer à mettre en œuvre son programme d’action visant à améliorer les initiatives de consolidation de la paix de l’ONU, de manière à mieux répondre aux besoins prioritaires recensés par les pays concernés. Le Conseil attend ainsi, avec intérêt, les résultats de l’évaluation des capacités civiles.


Le Conseil souligne également qu’il faudrait mieux préciser les rôles et responsabilités des protagonistes de la consolidation de la paix et salue, en particulier, le rôle que joue la Commission de consolidation de la paix dans la promotion d’une approche cohérente et intégrée de la consolidation de la paix et dans l’appui à cette approche.  Il renouvelle son appui à l’action de la Commission et exprime sa volonté de recourir davantage à son rôle consultatif. Le Conseil attend avec intérêt le rapport des facilitateurs relatif à l’examen de 2010 des activités de la Commission.


Le Conseil constate que toute stratégie globale et intégrée en matière d’établissement, de maintien et de consolidation de la paix doit associer toutes les parties prenantes et prendre en compte les circonstances propres à chaque conflit.  Il considère que le meilleur moyen d’instaurer durablement la paix et la sécurité consiste dans la collaboration effective entre toutes les parties concernées agissant dans le cadre de leurs compétences respectives.


Le Conseil redit sa volonté de renforcer les partenariats stratégiques avec les organisations régionales et sous-régionales, conformément aux dispositions du Chapitre VIII de la Charte, dans les domaines de la prévention des conflits ainsi que de l’établissement, du maintien et de la consolidation de la paix.  Il souligne sa volonté de continuer, d’un point de vue stratégique et sur le terrain, à renforcer ses partenariats avec toutes les autres parties prenantes, notamment l’Assemblée générale, le Conseil économique et social, la Commission de consolidation de la paix, les institutions financières internationales, comme la Banque mondiale, et la société civile.


Le Conseil réaffirme aussi l’importance du rôle que jouent les femmes dans tous les volets de la prévention et du règlement des conflits ainsi qu’en matière de maintien et de consolidation de la paix et considère que toute approche concertée et résolue qui s’attaque aux causes profondes des conflits doit également faire systématiquement une place aux questions concernant les femmes, la paix et la sécurité.  À cet égard, le Conseil attend avec intérêt de commémorer le dixième anniversaire de l’adoption de la résolution 1325 (2000) en se prononçant sur un ensemble complet d’indicateurs, au vu des recommandations que lui présentera le Secrétaire général.


Le Conseil est pleinement conscient des responsabilités à lui assignées par la Charte des Nations Unies ainsi que des aspirations collectives des peuples du monde, qui le poussent à prendre des mesures efficaces pour maintenir la paix et la sécurité internationales et éliminer le fléau de la guerre.  Il exprime sa volonté de continuer à s’acquitter de ses obligations de la manière la plus efficace possible et en pleine coopération avec ses partenaires. Le Conseil constate que, pour s’acquitter de cette mission, force lui est de réexaminer et d’adapter constamment ses pratiques en matière de diplomatie préventive ainsi que d’établissement, de maintien et de consolidation de la paix.


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