19/10/2010
Assemblée générale
CPSD/459

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Quatrième Commission                                      

11e séance – après-midi                                    


DEVANT LA QUATRIÈME COMMISSION, LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT À L’INFORMATION

MET L’ACCENT SUR LE RÔLE QUE JOUENT LES NOUVEAUX MÉDIAS


La Commission adopte deux projets de résolution portant sur la décolonisation

et sur la coopération internationale et les utilisations pacifiques de l’espace


Cet après-midi, la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a tenu un débat sur la politique de l’ONU en matière d’information, échange qui a permis au Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information, M. Kiyo Akasaka, de brosser un tableau des développements nouveaux survenus dans ce domaine en ce qui concerne les activités de son Département. 


En début de séance, la Commission a adopté, sans vote, deux projets de résolution.  Le premier était relatif à la coopération internationale touchant les utilisations pacifiques de l’espace extra-atmosphérique, alors que le second portait sur l’ensemble des propositions de résolutions contenues dans le projet de résolution omnibus VI, relatif aux « questions des territoires non autonomes d’Anguilla, des Bermudes, de Guam, des îles Caïmanes, des îles Turques et Caïques, des îles Vierges américaines, des îles Vierges britanniques, de Montserrat, de Pitcairn, de Sainte-Hélène et des Samoa américaines » 


L’exposé présenté par M. Kiyo Akasaka, Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information et de la communication, a été pour lui l’occasion de revenir sur le succès de la politique de communication mise en place lors du Sommet sur les Objectifs du Millénaire de développement (OMD) et du Segment de haut niveau du débat général de l’Assemblée générale.  Illustrant son propos par le fait que 1 775 journalistes ont été accrédités à la couverture, au Siège, de ces évènements, et que plus de 24 000 articles de presse ont été publiés sur les OMD pendant une période de deux semaines, M. Akasaka s’est félicité de la couverture médiatique internationale dont les deux rencontres au sommet ont fait l’objet.  À cet égard, il a constaté la place de plus en plus confirmée des nouveaux médias, y compris les blogs, parmi les canaux de communication disponibles pour diffuser l’information des Nations Unies.  En effet, dans le cas du Sommet sur les OMD, ces nouveaux médias ont représenté plus de 27% de toute la couverture médiatique.  M. Akasaka est également revenu sur le nouveau site Internet multimédia des Nations Unies, qui, à l’occasion du débat général de haut niveau, regroupait sur une seule page, toutes les informations importantes -discours, photos, transmissions vidéographiques sur le Web et communiqués de presse.


Si les nouveaux médias, y compris les réseaux sociaux comme Facebook, YouTube et Twitter, jouent un rôle de plus en plus important dans la stratégie de communication du Département de l’information, M. Akasaka a cependant expliqué que ces médias sont des outils « complémentaires » aux médias traditionnels que sont la presse, la radio et la télévision, qui permettent de toucher une cible beaucoup plus large.  Ainsi, l’approche stratégique du DPI repose, entre autres, sur une mise à niveau de son infrastructure opérationnelle et sur une plus grande utilisation des nouvelles technologies, une planification en amont des activités d’information et de communication, ainsi que sur la mise en place et le fonctionnement de partenariats tant avec la société civile qu’avec des célébrités du monde des arts et les États Membres.


Après un bref débat interactif pendant lequel les délégations ont pu poser des questions au Secrétaire général adjoint, la Commission a commencé son débat général sur les questions relatives à l’information.  La délégation du Maroc a rappelé qu’il était fondamental pour le DPI de se positionner comme étant l’interface par excellence entre l’ONU et un public mondial désireux de s’informer sur les activités de l’Organisation.  Le double défi à relever est celui de la qualité de l’information véhiculée et de la célérité avec laquelle le Département parvient à la diffuser auprès d’une audience la plus large possible, ont estimé plusieurs intervenants.  Si les nouveaux médias et réseaux sociaux ont reçu l’appui des délégations en tant qu’outils de communication rapides et économiques, les intervenants ont cependant également insisté sur le rôle capital des Centres d’information des Nations Unies afin de permettre à l’Organisation de faire passer une information plus accessible et plus proche.  Pour la délégation de l’Australie, les activités de l’ONU ne peuvent s’inscrire dans la durée que si elles sont visibles.


La Quatrième Commission poursuivra son débat général sur les questions relatives à l’information demain, mercredi 20 octobre, à 15 heures.


CoopÉration internationale touchant les utilisations pacifiquesde l’espace


Décision sur un projet de résolution


Le projet de résolution publié sous la cote A/C.4/65/L.2/Rev.1, présenté par la Présidente du Groupe de travail, de la Roumanie, a été adopté sans vote par les délégations.


Aux termes de ce texte, l’Assemblée générale demanderait instamment aux États qui ne sont pas encore parties aux instruments internationaux régissant les utilisations de l’espace d’envisager de les ratifier ou d’y adhérer, conformément à leur droit interne, ainsi que d’en incorporer les dispositions dans leur législation. 


Elle jugerait indispensable que les États Membres prêtent davantage attention au problème des collisions d’objets spatiaux, y compris ceux qui utilisent des sources d’énergie nucléaire, avec des débris spatiaux, et aux autres aspects de la question des débris spatiaux.  Par ce texte l’Assemblée demanderait que les recherches sur cette question se poursuivent au niveau national, que les techniques de surveillance des débris spatiaux soient améliorées, et que des données sur ces débris soient rassemblées et diffusées.


Aux termes du projet de texte adopté par la Commission, l’Assemblée générale engagerait tous les États, surtout ceux qui sont particulièrement avancés dans le domaine spatial, à s’employer activement à empêcher une course aux armements dans l’espace, condition essentielle pour promouvoir la coopération internationale en matière d’exploration et d’utilisation de l’espace à des fins pacifiques.  L’Assemblée soulignerait aux termes de ce projet de résolution qu’il faut accroître les avantages tirés des technologies spatiales et de leurs applications et contribuer à un essor ordonné des activités spatiales qui sont favorables à une croissance économique soutenue et à un développement durable dans tous les pays, notamment pour atténuer les conséquences des catastrophes, dans les pays en développement en particulier.


Aux termes du projet de texte, l’Assemblée générale demanderait instamment au Groupe des États d’Afrique de désigner son candidat au poste de président du Sous-Comité juridique et au Groupe des États d’Europe orientale de désigner son candidat au poste de deuxième vice-président et rapporteur du Comité, pour la période 2012-2013, avant la prochaine réunion de ces organes. 


Application de la DÉclaration sur l’octroi de l’indÉpendance aux pays et aux peuples coloniaux


Décision sur le projet de résolution VI, intitulé « Questions des territoires non autonomes d’Anguilla, des Bermudes, de Guam, des îles Caïmanes, des îles Turques et Caïques, des îles Vierges américaines, des îles Vierges britanniques, de Monserrat, de Pitcairn, de Sainte-Hélène et des Samoa américaines »


Ce projet de résolution omnibus, présenté par le Rapporteur du Comité spécial de la décolonisation, de la Syrie, regroupe 12 projets de résolutions.  L’un, désigné A, a trait à la situation générale dans laquelle se trouvent les territoires non autonomes.  Le second, désigné B, a trait à la situation de chaque territoire non autonome et contient 11 textes traitant individuellement de chaque territoire non autonome. 


La Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation (Quatrième Commission) a adopté sans vote, et tel qu’oralement amendé, le projet de résolution A relatif à la situation générale.


Aux termes de ce texte, constatant avec préoccupation que, plus de 50 ans après l’adoption de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux, certains territoires ne sont toujours pas autonomes, et consciente qu’il importe de continuer à appliquer effectivement la Déclaration, compte tenu de l’objectif que s’est fixée l’Organisation des Nations Unies d’éliminer le colonialisme d’ici à 2010, l’Assemblée générale réaffirmerait qu’en matière de décolonisation, le principe de l’autodétermination est incontournable. 


Elle réaffirmerait également que c’est aux peuples des territoires eux-mêmes qu’il appartient de déterminer librement leur futur statut politique, conformément aux dispositions applicables de la Charte, de la Déclaration et des résolutions pertinentes de l’Assemblée générale.


Par ce projet de résolution, l’Assemblée générale exhorterait les États Membres à participer aux efforts déployés par l’Organisation des Nations Unies pour que le monde soit libéré du colonialisme dans le cadre des décennies internationales de l’élimination du colonialisme.


L’ensemble des propositions de résolution, contenues dans le texte de résolution omnibus VI, a été adopté sans vote et oralement amendé par la Quatrième Commission.


Par le projet de résolution I, relatif aux Samoa américaines, l’Assemblée générale noterait les déclarations faites par les représentants des Samoa américaines indiquant qu’ils étaient satisfaits de la relation actuelle de leur territoire avec les États-Unis d’Amérique.  Elle engagerait la Puissance administrante à aider le gouvernement du territoire à diversifier et à viabiliser son économie et à résoudre les problèmes liés à l’emploi et au coût de la vie.


Par le projet de résolution II relatif à Anguilla, l’Assemblée prierait la Puissance administrante d’aider le territoire, s’il en fait la demande, à mener à bien ses activités visant à poursuivre le processus interne de révision de la Constitution.


Par le projet de résolution III relatif aux Bermudes, l’Assemblée générale soulignerait l’importance du rapport de la Commission pour l’indépendance des Bermudes de 2005, qui examine de près les faits entourant l’indépendance, et regretterait que les plans d’organisation des réunions publiques et de la présentation d’un livre vert à la Chambre de l’Assemblée puis d’un livre blanc exposant les propositions politiques en faveur de l’indépendance des Bermudes ne se soient pas encore concrétisés.


Par le projet de résolution IV relatif aux îles Vierges britanniques, l’Assemblée générale accueillerait avec satisfaction les efforts déployés par le territoire pour stimuler, notamment par le biais de la création de petites entreprises, les deux principaux secteurs qui constituent la base de son économie, à savoir les services financiers et le tourisme.


Par le projet de résolution V relatif aux îles Caïmanes, l’Assemblée générale se féliciterait qu’une nouvelle Constitution ait été promulguée en novembre 2009 et que des commissaires aient été nommés à la nouvelle Commission constitutionnelle par le Gouverneur, en consultation avec le Premier Ministre et le Chef de l’opposition.  Elle se féliciterait également des efforts entrepris par le gouvernement du territoire pour résoudre les problèmes liés aux politiques de gestion sectorielles et au coût de la vie dans divers secteurs économiques.


Par le projet de résolution VI relatif à Guam, l’Assemblée générale prierait la Puissance administrante, agissant en coopération avec le Gouvernement du territoire, de continuer à transférer des terres aux propriétaires initiaux du territoire, de continuer à reconnaître et respecter les droits politiques et l’identité culturelle et ethnique du peuple Chamorro de Guam et de prendre toutes les mesures nécessaires pour répondre aux préoccupations du Gouvernement du territoire concernant la question de l’immigration.  Elle prierait également la Puissante administrante de collaborer à la mise en place de programmes pour le développement viable des activités économiques et des entreprises du territoire, en notant le rôle spécial du peuple Chamorro dans le développement de Guam. 


Aux termes du projet de résolution VII relatif à Montserrat, l’Assemblée générale se féliciterait des progrès accomplis par le Gouvernement du territoire et la Puissance administrante en ce qui concerne les négociations visant à réformer la Constitution du territoire et accueille favorablement la tenue de la consultation publique.  Elle inviterait la Puissance administrante, les institutions spécialisées et autres organismes des Nations Unies, ainsi que les organisations régionales et autres à continuer de fournir une aide au territoire afin d’atténuer les effets de l’éruption volcanique.


Par le projet de résolution VIII relatif à Pitcairn, l’Assemblée générale, sachant que la Puissance administrante et le gouvernement du territoire ont mis en place une nouvelle structure de gouvernance pour renforcer les capacités administratives du territoire sur la base de consultations avec la population du territoire, elle saluerait l’entrée en vigueur dans le territoire, en mars 2010, de l’ordonnance constitutionnelle de Pitcairn, assortie d’un nouveau cadre constitutionnel de dispositions relatives aux droits de l’homme, et tous les efforts de la Puissance administrante et du gouvernement territorial allant dans le sens d’un plus grand transfert de responsabilités opérationnelles au territoire en vue d’accroître progressivement son autonomie, notamment par le biais de la formation du personnel local. 


Par le projet de résolution IX relatif à Sainte-Hélène, l’Assemblée générale soulignerait l’importance de l’entrée en vigueur de la nouvelle Constitution du territoire en 2009.  Elle prierait la Puissance administrante et les organisations internationales compétentes de continuer à soutenir l’action menée par le Gouvernement du territoire pour régler les problèmes du développement socioéconomique de Sainte-Hélène, notamment le chômage et l’insuffisance des infrastructures de transport et de communications.  Elle prendrait note de la décision de la Puissance administrante d’analyser, de manière plus approfondie, l’idée de la construction d’un aéroport dans ce territoire et demanderait à la Puissance administrante, ce faisant, de tenir compte du caractère géographique particulier de Sainte-Hélène.


Par le projet de résolution X relatif aux îles Turques et Caïques, l’Assemblée générale prendrait note de la décision prise par la Puissance administrante de suspendre l’application de certaines parties de la Constitution de 2006 régissant les îles Turques et Caïques, concernant le droit d’être jugé par un jury, le système de gouvernement ministériel et l’Assemblée, à la suite des recommandations formulées par une commission d’enquête indépendante et de l’arrêt rendu par la Cour d’appel de la Puissance administrante.  Elle demanderait le rétablissement des arrangements constitutionnels garantissant un système de démocratie représentative moyennant l’élection d’un gouvernement territorial dans les plus brefs délais et elle prendrait note avec préoccupation de la situation qui règne actuellement dans les îles Turques et Caïques et prendrait également note des efforts faits par la Puissance administrante pour rétablir une bonne gouvernance et une gestion financière saine dans le territoire.  Elle soulignerait qu’il importe de mettre en place dans le territoire une Constitution qui reflète les aspirations et les vœux de sa population, en se fondant sur les travaux de la Commission constitutionnelle du Forum des îles Turques et Caïques et d’autres mécanismes de consultation populaire.


Par le projet de résolution XI, relatif aux îles Vierges américaines, l’Assemblée générale se féliciterait qu’un avant-projet de constitution émanant du territoire ait été déposé en 2009 à l’issue des travaux de la cinquième Assemblée constituante des îles Vierges américaines et soumis à la Puissance administrante pour examen, et prierait celle-ci d’aider le Gouvernement du territoire à atteindre les buts qu’il s’est fixé dans les domaines politique, économique et social, en particulier quant à l’issue de l’Assemblée constituante interne qui se réunit actuellement.  Elle prierait également la Puissance administrante de faciliter le processus d’approbation du projet de constitution du territoire par le Congrès des États-Unis et son application, une fois qu’il aura été approuvé dans le territoire.


Explications de position


Le représentant du Royaume-Uni s’est félicité des amendements présentés par le Rapporteur du Comité et qui selon lui reflètent la situation dans les territoires concernés.  S’agissant de la question des îles Turques et Caïques, le représentant a indiqué que des conseillers britanniques sont actuellement sur place pour appuyer le Gouverneur de ces îles.  Étant donné la dette de 500 millions de dollars, pour une population de seulement 36 000 habitants, le Royaume-Uni a du suspendre l’application de certaines parties de la Constitution de 2006.  Toute nouvelle consultation devrait permettre à chacun d’exprimer ses vues et ensuite à une nouvelle Constitution d’être adoptée, a-t-il ajouté.  Au mois de septembre dernier, le Royaume-Uni a indiqué que des élections se tiendront dans les îles Turques et Caïques en juillet 2011, toutefois certaines étapes doivent être franchies avant la tenue de ces élections, a de nouveau souligné le représentant. 


Le représentant de l’Argentine a indiqué que son pays appuyait pleinement le principe de l’autodétermination des peuples sous occupation coloniale et appuyait aussi le droit à l’autodétermination des 11 territoires contenues dans le projet de résolution.  Le principe de l’autodétermination est l’un des deux principes directeurs qui permettent à un territoire de parvenir à sa décolonisation, a-t-il dit.  S’agissant de la question des îles Malvinas (Falkland), qui ont fait l’objet d’une résolution qui vient d’être adoptée par la Quatrième Commission, le représentant a réaffirmé la volonté de son pays de poursuivre les négociations avec le Royaume-Uni, pour que ce dernier mette en œuvre cette résolution et que les deux pays parviennent à un règlement de ce différend.


La représentante de l’Espagne a expliqué que son pays appuyait le principe d’autodétermination des territoires non autonomes.  S’agissant du processus d’autodétermination du territoire de Gibraltar, l’Espagne est disposée à poursuivre ces discussions avec le Royaume-Uni, a précisé la représentante. 


Le représentant de Sainte-Lucie a déploré que le Royaume-Uni ait révoqué le Gouvernement des îles Turques et Caïques, suite au déficit budgétaire qui affecte ces îles.  Si le critère du Gouvernement britannique est celui ayant trait au PNB alors beaucoup d’îles ne bénéficieraient d’aucune aide et leur constitution serait systématiquement suspendue, a-t-il ajouté.  Lorsqu’un groupe exerce son droit à élire un représentant, ce droit doit être reconnu et accepté, a-t-il expliqué.  Le représentant a espéré que le consensus des États Membres, lors du vote des projets de résolution, soit le signal que le Royaume-Uni continuera à collaborer avec le Comité spécial des 24 pour permettre l’exercice du droit à l’autodétermination des territoires qu’il administre encore.


Le représentant du Royaume-Uni a indiqué que son pays n’acceptait pas le postulat selon lequel le peuple de Gibraltar et celui des îles Falkland (Malvinas) n’ont pas pu faire usage de leur droit à l’autodétermination. 


Le représentant de l’Argentine a réaffirmé que les îles Malvinas (Falkland), Sandwich du Sud et Géorgie du Sud font partie intégrante du territoire argentin et font l’objet d’un conflit territorial. 


Questions relatives À l’information


Rapports du Comité de l’information


Le Rapport du Comité de l’information, publié sous la cote(A/65/21) dresse le bilan de la trente-deuxièmesession des travaux de cette instance qui s’est tenue au Siège des Nations Unies, à New York, du 26 avril au 7 mai 2010.  Ce rapport contient le résumé du débat général de la session et contient deux résolutions, A et B, ainsi qu’un projet de décision.  Le projet de résolution A porte sur la question de « l’information au service de l’humanité », tandis que le projet de résolution B a trait à la question « politique et activités de l’ONU en matière d’information ». 


Rapport du Secrétaire général sur les questions relatives à l’information (A/65/277)


      Ce rapport du Secrétaire général met en relief les récents travaux de communication du Département de l’information (DPI) sur des questions importantes telles que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires, la nouvelle entité ONU-Femmes, la Journée internationale Nelson Mandela, les questions relatives au maintien de la paix, la Journée des Casques bleus, la question de Palestine, les droits de l’homme, les changements climatiques et le développement durable, et le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique. 


Ce rapport indique que le réseau des 63 Centres d’information des Nations Unies (CINU) continue d’offrir à ses utilisateurs des points d’accès direct à l’information sur les Nations Unies.  Les CINU produisent de l’information dans plus de 40 langues et sont de plus en plus nombreux à utiliser les nouvelles plates-formes numériques, Facebook, Twitter et YouTube.  Un nouveau centre, pour les pays africains lusophones, devrait prochainement ouvrir à Luanda, en Angola.


Ce rapport fait également état du site Web de l’ONU, qui reste le principal portail d’information en ligne sur les Nations Unies.  Concernant la question du multilinguisme, le rapport stipule que le concours bénévole de plusieurs établissements universitaires a permis de créer et d’actualiser des pages Web en chinois (mandarin), russe et espagnol.  Le DPI poursuit ses efforts pour s’assurer le concours d’un établissement d’enseignement supérieur qui se chargerait bénévolement de la traduction des documents d’information en arabe.  De plus, aider les autres services à créer des pages Web accessibles aux personnes handicapées demeure une importante priorité pour le Département.


Le Département, précise le Secrétaire général dans ce rapport, s’est employé à améliorer encore la capacité du Centre d’actualités de l’ONU, d’offrir un accès rapide aux principaux documents-sources et contenus multimédias et s’est attaché à améliorer la visibilité du Centre d’actualités de l’ONU sur les sites de réseaux sociaux tels que Facebook et Twitter où le nombre d’abonnés ne cesse de croître. 


La « Chronique de l’ONU », revue trimestrielle publiée en anglais et en français, poursuit sa recherche de nouvelles approches pour élargir son lectorat.


Enfin, le rapport précise qu’un public informé est un élément essentiel pour renforcer le rôle de l’Organisation et pour appuyer ses travaux.  Le Département a la tâche de fournir rapidement au public des informations précises, impartiales, exhaustives et cohérentes sur les travaux de l’Organisation.  L’avènement des nouvelles technologies de l’information et de la communication a ouvert de nouvelles possibilités de communication rapide et économique, souligne le Secrétaire général. 


Déclaration du Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information


Intervenant devant la Commission des questions politiques spéciales et de la décolonisation dans le cadre de l’examen des questions relatives à l’information, M. KIYO AKASAKA, Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information, a expliqué que l’approche stratégique adoptée par le Département de l’information (DPI) repose sur une planification en amont des  activités d’information et de communication, l’établissement de partenariats, une organisation et une coordination claires de la mise en œuvre des politiques de communication, une mise à niveau de l’infrastructure opérationnelle du Département et des évaluations systématiques de l’impact des campagnes d’information qu’il mène.


Dans le domaine du développement, le Département de l’information a assumé le rôle de chef de file de l’Équipe spéciale inter-organisations sur la communication du Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a indiqué M. Akasaka.  À cet effet, le DPI a coordonné la diffusion des messages clefs des Nations Unies au niveau de tout le système, tant par le biais de dossiers de presse, de tableaux graphiques, de matériel vidéo, que par la mobilisation de célébrités et de gens du spectacle pour promouvoir la réalisation des OMD.  Le DPI a également procédé à l’organisation, par les moyens qu’offre Internet, d’un concours  international et régional sur ces objectifs.  Les Centres d’information des Nations Unies (CINU) ont également été étroitement associés à ce processus, a souligné M. Akasaka qui a cité à titre d’exemple le cas du Centre d’information du Caire, qui a organisé une campagne de mobilisation en faveur de la lutte contre la pauvreté à l’échelle nationale en faisant notamment appel aux responsables religieux du pays pour mieux faire passer les messages auprès des fidèles.  Cette campagne a permis de toucher plus de 30 millions de personnes, soit 40% de la population égyptienne, a-t-il précisé.  Après avoir mis en exergue le succès qu’a connu le Sommet de haut niveau sur les OMD du mois de septembre, le Secrétaire général adjoint à l’information a affirmé qu’en termes de communication, ce Sommet avait également été un succès indéniable.  En effet, selon les statistiques recueillies à travers le moteur de recherche et de conduite de sondages Factiva Monitor entre le 27 septembre et le 1er octobre, plus de 12 000 articles ont été publiés à l’échelle mondiale sur ce Sommet, tant dans la presse écrite que sur Internet.  Le Sommet a été évoqué de manière centrale dans les trois quarts des 20 400 articles de presse parlant des OMD à travers le monde au cours de la période qui l’a précédé puis suivi.  Dans ce contexte, M. Akasaka a souligné la place que les nouveaux médias, y compris les blogs, avaient occupée et le rôle qu’ils ont joué en tant que canal de communication et de dissémination de nouvelles, puisqu’ils représentaient 27% de toute la couverture médiatique de cet évènement.


S’agissant des questions relatives à la paix et à la sécurité, le DPI a poursuivi son étroite collaboration avec les départements concernés au Secrétariat, notamment avec le Département des opérations de maintien de la paix et celui de l’appui aux missions, ainsi qu’avec le Département des affaires politiques, le Département des affaires de désarmement et avec les missions chargées des opérations de maintien de la paix sur le terrain.  À titre d’exemple, M. Akasaka a expliqué que le Département qu’il dirige était en train de développer une campagne de communication stratégique pour les référendums qui auront lieu en janvier 2011 au Soudan.  Le DPI a également travaillé avec la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (UNAMA) pour promouvoir et clarifier le rôle des Nations Unies dans les élections parlementaires de septembre 2010 auprès des médias.  Dans le domaine des droits de l’homme, les travaux récents du DPI ont souvent été consacrés à la promotion des droits des femmes, a par ailleurs précisé M. Akasaka.


S’agissant des nouveaux médias, le Secrétaire général adjoint à l’information et à la communication a expliqué qu’au cours de l’année passée, son Département avait de plus en plus recours à ces supports d’information et aux médias sociaux en tant qu’outils de communication qui sont complémentaires des médias traditionnels comme la presse écrite, la radiodiffusion et la télévision.  Ainsi, le DPI a conçu une page Internet multimédia complètement nouvelle à l’occasion du débat général de haut niveau de l’Assemblée générale, a indiqué le Secrétaire général adjoint.  Tous les produits des différents départements du Secrétariat y ont été consolidés et présentés sur une seule page Web (discours écrits, vidéo webcasting, photos et communiqués de presse).  Cette approche a permis de toucher une audience et une cible beaucoup plus larges, a dit M. Akasaka dont le propos se basait sur le fait que le site Internet des Nations Unies a été visité près d’un million de fois pendant la première semaine du débat général de l’Assemblée, qui représente son segment de haut niveau.  Cette période a également été marquée par un nombre record d’articles publiés par le Centre des nouvelles de l’ONU, la publication de plus de 200 communiqués de presse en anglais et en français, et l’accréditation de 1775 journalistes pour couvrir le segment de haut niveau, a poursuivi le Secrétaire général adjoint.  Il est également revenu sur le Séminaire international des médias sur la paix au Moyen-Orient, qui a eu lieu en juin dernier à Lisbonne, au Portugal.  Ce séminaire a été la première opportunité permettant de faire un examen du rôle des médias dans la recherche de la paix dans cette région, a indiqué M. Akasaka.


Pour ce qui est des partenariats, autre pilier de l’approche stratégique du DPI, M. Akasaka a évoqué les relations étroites du Département de l’information avec la société civile, ce dont a témoigné la Conférence DPI/ONG tenue sur le thème de la santé publique mondiale, qui a eu lieu à Melbourne, en Australie, au mois d’août dernier.  La prochaine conférence de ce type se déroulera en Allemagne cette année, a annoncé le Secrétaire général adjoint.  Il a également mis l’accent sur les actions menées par le DPI à l’intention des jeunes, et a  notamment évoqué à ce sujet le lancement de l’Année internationale de la jeunesse en août dernier, une Année qui sera consacrée à la mobilisation de la jeunesse du monde entier autour de questions qui sont prioritaires pour les Nations Unies.


En qualité de Coordonnateur des Nations Unies pour le multilinguisme au Secrétariat, M. Akasaka a expliqué que le Département de l’information cherchait continuellement des formules créatives pour promouvoir le multilinguisme dans tous ses domaines d’activité, y compris par les moyens formels et informels.  Illustrant son propos, il a souligné que les Centres d’information des Nations Unies produisent désormais des informations sur les Nations Unies en plus de 40 langues et gèrent des sites Internet sur lesquels sont postés des informations en plus de 20 langues locales.  Il a cependant regretté que la présentation des informations dans toutes les langues officielles sur le site Internet des Nations Unies représente toujours un défi, compte tenu du manque de ressources disponibles et de l’augmentation constante des informations à publier.  Le DPI reste toutefois déterminé à trouver d’autres moyens pour relever ce challenge, y compris le recours aux nouvelles technologies, pour garantir la parité linguistique sur le site Internet, a souligné le Secrétaire général adjoint.


Pour M. Akasaka, le réseau des Centres d’information des Nations Unies (CINU) est essentiel pour la bonne mise en œuvre de la stratégie de communication du DPI sur le terrain.  Il a fait état des progrès récemment accomplis en termes d’interconnectivité du réseau des Nations Unies, concernant le lien entre les CINU et le Siège.  Cependant, les contributions volontaires des gouvernements au fonctionnement et à la gestion des CINU ont enregistré un déclin important, passant de 2 millions de dollars il y a 20 ans à seulement 800 000 dollars en 2010, a relevé M. Akasaka avant de souligner l’impact certain que cette baisse des ressources avait sur la capacité du DPI à mener à bien son travail sur le terrain.  En vue de remédier partiellement à ce problème, il a indiqué qu’il avait l’intention de demander aux pays accueillant un centre d’information onusien de voir dans quelle mesure ils pouvaient offrir à cette structure des locaux à titre gracieux, ou alors en subventionner les loyers.  La mission du DPI reste d’informer et d’impliquer le public dans les efforts que les Nations Unies déploient pour réaliser leurs objectifs et remplir leur mandat de manière à faire de l’opinion internationale un véritable partenaire de l’Organisation.


Dialogue interactif


La première question de cet après-midi était relative au contenu et au fonctionnement du lien électronique portant sur « les Nations Unies et la question de Palestine », du site Internet des Nations Unies.  Le représentant de la Jamahiriya arabe libyenne a dit avoir eu des difficultés pour accéder aux informations listées dans les sous-rubriques de cette page Web.  Il a également demandé si les personnes concernées avaient été associées à la rédaction du contenu proposé dans le cadre de ce lien du site Internet.  Par ailleurs, après avoir fait état d’informations selon lesquelles, concernant une mission onusienne, « le drapeau des Nations Unies aurait été brulé par certaines personnes », il a regretté n’avoir vu aucune information à ce sujet sur le site de l’ONU. 


Dans sa réponse, M. AKASAKA a expliqué que le livret intitulé « La Palestine et les Nations Unies », avait été mis à jour il y a un an en collaboration avec d’autres services et que ce document avait été soumis aux parties concernées.  Il a assuré le représentant libyen que son département ne cesse de veiller à ce que l’impartialité soit respectée dans son travail et reste disposé à apporter des changements, si nécessaire, à toute erreur.  Quant à la première question, il a rappelé que le Secrétaire général avait fait une déclaration à ce sujet.


Le représentant de la Fédération de Russie a, quant à lui, demandé comment se déroule le processus d’élargissement des activités du DPI, y compris par les moyens de communication traditionnels.  M. AKASAKA a expliqué que les succès enregistrés par son département pour élargir le spectre des médias à sa disposition, était parfois limités par des difficultés pratiques.  S’agissant des médias traditionnels, il a expliqué que le Département rencontrait quelques difficultés techniques, notamment pour ce qui est des programmes radiophoniques qui ne sont pas diffusés à partir du Siège.  Ces programmes peuvent être téléchargés à partir du site Internet de l’ONU par les stations de radio partout dans le monde, et le Département passe des mémorandums d’accord avec les stations radio pour s’assurer que ces programmes seront diffusés.  Le DPI souhaiterait cependant avoir plus de moyens pour contacter un plus grand nombre de stations radio dans le monde, ce qui s’avère parfois difficile, notamment en cas de situation de conflit ou lorsque ces stations sont sous contrôle gouvernemental.  Pour ce qui est de la télévision, M. Akasaka a affirmé que les produits télévisuels des Nations Unies étaient de plus en plus souvent repris par CNN, BBC, TV5 et d’autres chaînes internationales.  Il s’agit là des deux médias traditionnels qui jouent un rôle important aux côtés des nouveaux médias a souligné M. Akasaka, avant d’expliquer que le nouveau Plan-cadre d’équipement prévoit l’installation de nouveaux studios à la pointe de la technologie pour pouvoir améliorer le fond et la forme des programmes onusiens.


L’intervention de la représentante de la Jamaïque a porté sur le magazine « UN Chronicle » (La Chronique de l’ONU).  Prenant note du fait que ce magazine sera publié dans d’autres langues que l’anglais et le français et que son édition en ligne attire de plus en plus de lecteurs, elle a demandé si le nombre d’abonnés à ce magazine avait augmenté et comment les États Membres pouvaient venir en aide au DPI pour en élargir le lectorat. 


M. AKASAKA a répondu en expliquant que le nombre d’abonnés à « UN Chronicle » a été maintenu à un bon niveau, alors même que le magazine est désormais disponible en ligne.  Cependant, pour des raisons et des difficultés techniques, le contenu dans certaines langues n’a pas encore pu être téléchargé en ligne.  Par ailleurs, les Nations Unies cherchent des éditeurs pour publier ce magazine dans d’autres langues locales.  Il existe d’ores et déjà un numéro en langue coréenne.  Le DPI compte sur l’aide des États Membres pour rendre ce magazine disponible dans le plus grand nombre de pays possible.


Reprenant la parole, le représentant de la Libye a souhaité corriger la traduction de sa question, à savoir qu’il n’a pas parlé de brûler le « Coran », mais plutôt du fait qu’en Haïti le drapeau de l’ONU avait été brûlé.  Il a saisi cette occasion pour aborder la question du dialogue des civilisations et du rôle du DPI.  À cet égard, il a souhaité savoir si le Département réfléchissait à élaborer un projet de code éthique à l’intention des journalistes pour orienter les responsables de la profession, notamment suite aux transgressions qui ont eu lieu contre la foi et les pratiques religieuses de certains peuples ou personnes.  L’élaboration d’un code éthique ne préjugerait pas de la liberté d’expression des journalistes, a-t-il estimé.


Après avoir présenté ses excuses pour avoir mal compris la première question de la délégation libyenne, le Secrétaire général adjoint à l’information a déclaré ne pas être au courant de l’incident relatif au drapeau des Nations Unies qui aurait été brûlé en Haïti.  Il a dit qu’il se renseignerait sur la question.  S’agissant d’un code de conduite pour les journalistes, il a soutenu qu’une telle initiative devait venir des journalistes eux-mêmes.  Pour ce qui est des journalistes accrédités auprès des Nations Unies, il avait été envisagé de développer un tel code, mais à ce jour, cette proposition n’a pas encore été concrétisée, a encore précisé le Secrétaire général adjoint.


Débat général


M. THOMAS LAMBERT (Belgique), qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a souligné le rôle crucial joué par le DPI pour sensibiliser l’opinion publique mondiale aux questions prioritaires traitées par les Nations Unies, comme les OMD, les changements climatiques ou encore la non-prolifération nucléaire.  Dans ce contexte, il a salué l’importance de la couverture médiatique internationale qu’a reçue le Sommet sur les OMD, grâce à la politique de communication menée par le DPI.  Il a également fait part de la satisfaction des États membres de l’Union européenne à la suite des efforts déployés par le DPI pour faire connaitre la nouvelle entité « ONU-Femmes » et l’initiative « UNITE » pour mettre un terme à la violence contre les femmes.  L’Union européenne encourage le Département à en faire de même pour promouvoir d’autres questions relatives aux femmes, notamment pour marquer le dixième anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité sur « les femmes, la paix et la sécurité ».


M. Thomas a ensuite réitéré les priorités de l’Union européenne par rapport aux questions relatives à l’information, telles que présentées auparavant devant le Comité de l’information.  La première concerne l’amélioration de la coordination, de l’efficacité et de l’intégration des activités d’information publique dans tout le système des Nations Unies, de manière à ce que le DPI puisse faire l’usage le plus stratégique possible des ressources existantes.  Tout en reconnaissant le rôle des médias traditionnels, M. Thomas a également encouragé le DPI à utiliser davantage les nouvelles technologies de l’information pour pouvoir toucher de nouvelles cibles d’audience et faire passer les messages des Nations Unies de manière plus rapide et à moindre coût, tout en respectant l’environnement.  La deuxième priorité est relative à la résolution sur les « questions relatives à l’information » qui doit, aux yeux du représentant, être révisée pour devenir plus structurée et axée sur l’action.  Enfin, l’Union européenne attache un intérêt majeur au multilinguisme et encourage par conséquent le DPI à trouver des moyens rentables pour diffuser l’information des Nations Unies dans toutes les langues officielles, notamment par une plus grande coopération avec les Centres d’information des Nations Unies et plus de partenariats avec le milieu universitaire.


S’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, M. WALEED ALI AL-SAIYANI (Yémen) a rappelé que la coopération étroite entre le DPI et le Comité de l’information représentait la pierre angulaire des stratégies de communication du Département, et il a encouragé la prise de toute mesure permettant de renforcer ce partenariat.  Il a également évoqué la situation des pays en développement qui sont nombreux à ne pas avoir un accès suffisant aux informations relatives aux activités et objectifs des Nations Unies, faute de ressources ou de moyens techniques.  S’agissant du réseau des Centres d’information des Nations Unies (CINU), le Groupe des 77 et la Chine insiste sur la nécessité de prendre les mesures nécessaires en vue de renforcer le rôle vital de ces centres dans la diffusion de l’information des Nations Unies.  M. Al-Saiyani a estimé qu’il s’agit là d’un moyen efficace pour réduire l’écart qui existe toujours entre pays développés et États en développement en termes d’accès aux technologies de l’information et de la communication.


Fort du constat de la montée en puissance d’Internet en tant que source d’informations, avec plus de 1,9 milliard d’internautes actifs à travers le monde, le Groupe des 77 et la Chine insiste sur le fait que la page Internet des Nations Unies doit permettre d’accéder à toutes les informations de l’Organisation dans ses six langues officielles.  Il demande par conséquent que plus de ressources soient allouées à la question du respect de la parité linguistique sur Internet.  Cela doit se faire parallèlement à l’utilisation des médias traditionnels qui restent la principale source d’information dans de nombreux pays en développement, a poursuivi le représentant du Groupe des 77 et la Chine.


Mme MILAGROS MIRANDA (Pérou) a indiqué que le Pérou attachait une grande importance aux questions relatives à la liberté d’expression, la liberté de la presse et le libre accès à l’information.  L’information et la communication sont au cœur de la gestion stratégique de l’Organisation, a-t-elle dit.  Mettant l’accent sur le rôle joué par les Centres d’information, la représentante a souhaité que le Département de l’information développe l’usage des langues locales afin de permettre une plus grande connaissance et une meilleure compréhension des Nations Unies.  Elle a également mis en avant les alliances entre les centres régionaux et l’utilisation par le Département des nouveaux moyens de communication.  Les nouvelles technologies de l’information et de la communication et leur utilisation représentent un vecteur important de la dissémination de l’information et doivent permettre de réduire la fracture numérique entre les pays pauvres et les pays riches, a-t-elle ajouté.


Mme Miranda a rappelé que le Centre de Lima venait de fêter ses 50 années d’existence.  Le Centre de Lima organise des conférences sur les opérations de maintien de la paix et vient de participer à la formation d’un contingent, qui pour la première fois, accueille dans ses rangs une femme, a-t-elle poursuivi.  Le Pérou attache une grande importance au multilinguisme et à la parité entre les six langues officielles, a-t-elle dit.  Dans ce cadre, il est nécessaire que les communiqués de presse du Département soient publiés dans les six langues officielles de l’ONU et pas uniquement dans les deux seules langues de travail, a estimé la représentante.


M. MOHAMED HERY SARIPUDIN (Indonésie) a reconnu avec satisfaction que le réseau mondial des Centres d’information du DPI est devenu de plus en plus structuré et efficace.  Cela s’explique par la plus grande coopération en termes d’information au sein du système des Nations Unies, une stratégie de communication ciblée et l’utilisation des technologies de communication appropriées, y compris les nouveaux réseaux sociaux, a-t-il estimé.  Le délégué a souligné le rôle des Centres d’information des Nations Unies (CINU) dans la diffusion des informations et l’amélioration de l’image des Nations Unies à travers le monde en vue de rallier un plus grand soutien à leurs activités.  Il a salué les efforts qui ont été déployés récemment pour développer des programmes radio dans des langues locales, autres que les langues officielles.  En tant que pays contributeur de troupes, l’Indonésie insiste sur le rôle que doit jouer le DPI pour faire connaître les succès des Nations Unies dans le domaine du maintien de la paix, a souligné le représentant.  Il a également appuyé la proposition du Département de profiter de sa présence à l’échelle mondiale pour faire avancer la cause de la tolérance et du dialogue entre les civilisations, en luttant notamment contre la pratique de l’usage de stéréotypes et de préjugés dans les médias.


M. MANSOR CISS (Sénégal) a exprimé l’attachement de son pays à la diffusion rapide, précise, impartiale, exhaustive et cohérente de l’information sur les objectifs et les activités des Nations Unies.  Il a salué les mesures visant à renforcer les Centres d’information des Nations Unies afin de les rendre plus opérationnels.  Le Département de l’information des Nations Unies, a t-il affirmé, doit continuer de déployer des efforts pour améliorer la situation du multilinguisme au sein de l’ONU et assurer le respect du principe de parité des langues officielles et de travail.  À l’heure de la révolution des technologies de l’information et de la communication, a-t-il noté, les supports d’information tels que la radio, la télévision et la presse écrite ne doivent pas être négligés dans les pays en développement.  Il a souhaité qu’un équilibre soit trouvé entre ces médias traditionnels et les moyens d’information plus récents, afin de ne pas accentuer les disparités en matière de dissémination des nouvelles et de technologies d’information entre le Nord et le Sud.  M. Ciss a de ce fait appelé à une plus grande vulgarisation du Fonds de solidarité numérique qui permet de résoudre les problèmes inhérents à la fracture numérique entre le Nord et le Sud.  Le Sénégal se félicite, a relevé le représentant, de la poursuite des programmes spéciaux d’information sur la question de Palestine mis en place par le Département de l’information.


M. OUAZZANI TOUHAMI (Maroc) a noté les progrès accomplis par le Département de l’information, aussi bien en ce qui concerne l’élargissement de son audience que la diffusion du message de l’Organisation dans les domaines prioritaires des OMD, du maintien de la paix ou de la question de la Palestine.  Il a indiqué que l’information était devenue, plus que jamais une denrée à la fois précieuse et éphémère.  A cet égard, a-t-il ajouté, il est fondamental que le DPI se positionne comme une interface entre l’Organisation et le public.  Le représentant a également mis l’accent sur les 63 Centres d’information qui jouent un rôle essentiel.  Les Centres d’information des Nations Unies, a-t-il dit, sont investis d’une mission cruciale qui est d’ « informer localement sur ce qui se déroule globalement ».  Concernant le Maroc, le Centre d’information qui y est situé, l’un des plus anciens d’Afrique, poursuit son partenariat avec de nombreuses institutions universitaires marocaines sur des thèmes tels que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et les changements climatiques, a poursuivi le représentant.  Le représentant marocain s’est, par ailleurs, félicité du Programme spécial sur la question de la Palestine.  Il a également attiré l’attention du Comité de l’information sur le multilinguisme, jugeant que la parité n’y était malheureusement pas une réalité.  Il a invité le Département à redoubler d’efforts pour promouvoir le multilinguisme et asseoir les jalons durables d’une communication efficace dans les six langues officielles de l’Organisation.


M. PEDRO NÚÑEZ MOSQUERA (Cuba) a reconnu les progrès importants que connaissent les technologies de l’information, mais il a également mis en exergue le fait que l’usage de ces technologies n’arrive pas, dans les faits, à se traduire en bénéfices égaux pour tous.  En effet, le monde en développement n’arrive pas à accéder à ces technologies avec la même vitesse que le monde développé, ce qui signifie que la majorité des habitants du monde n’ont pas accès à Internet.  « La décolonisation de l’information doit être un impératif pour les Nations Unies », a estimé le représentant cubain, dénonçant à cet égard les flux d’informations « qui se basent sur des données souvent manipulées ».  S’agissant des 63 CINU, il a affirmé que ces Centres devaient continuer à jouer un rôle central de diffusion d’informations impartiales sur les activités des Nations Unies.  Il s’est félicité de l’ouverture d’un nouveau CINU en Ouganda dans un proche avenir.  Pour le représentant, la radio, qui représente un moyen efficace pour informer les vastes populations « du Sud », doit être utilisée davantage dans les stratégies de communication de l’ONU.  Il a salué, à cet égard, les améliorations qualitatives du contenu des programmes radio de l’ONU.  Le délégué a également dénoncé « l’attaque radio et télévisée » exercée par les États-Unis contre Cuba, soulignant que cette pratique « subversive » est contraire aux normes de l’UIT (Union internationale des télécommunications).   Il a réitéré le rejet par Cuba de cette agression et a exigé qu’il y soit immédiatement mis un terme en vertu des normes internationales en vigueur.


M. GARY QUINLAN, (Australie) a exprimé l’honneur que son pays a eu d’accueillir en août dernier la soixante-troisième Conférence du Département de l’information des Nations Unies et des organisations non gouvernementales (DPI/ONG).  L’Australie reconnaît les efforts déployés par le Département de l’information des Nations Unies pour offrir des services de communication stratégiques et invite ce Département à aller de l’avant, a-t-il déclaré.  Globalement, le représentant a félicité le Département de l’information pour ses actions de communication dans la période préparatoire au Sommet de haut niveau sur les Objectifs du Millénaire pour le développement, ainsi que les actions mises en place pour informer le public sur les questions relatives aux changements climatiques, au désarmement, au maintien de la paix, aux droits de l’homme et aux activités humanitaires.  Soulignant que le Centre d’information des Nations Unies pour l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Pacifique du Sud est situé à Canberra en Australie, le représentant a salué ses activités de communication qui permettent de soutenir le travail de l’ONU dans la région.  Nous notons avec joie, a-t-il affirmé, les changements apportés au site internet de l’ONU.  Ces modifications facilitent l’utilisation du site internet de l’ONU tout en augmentant sa capacité d’accueil des contenus multimédias, a-t-il souligné.  Tout en saluant la volonté du Département de l’information de promouvoir les médias nouveaux et d’utiliser les réseaux sociaux, M. Quinlan a suggéré que les médias traditionnels ne soient pas négligés, surtout dans les pays ayant un accès limité aux nouvelles technologies de la communication.  Pour terminer, le représentant a félicité le Département de l’information pour des initiatives telles que la couverture du tremblement de terre d’Haïti en janvier dernier, le rôle du porte-parole du Secrétaire général qui sert de courroie de transmission entre le Secrétariat et les correspondants de presse, et enfin, l’initiative « Every day pocket card » qui permet de synthétiser en dix points l’action quotidienne des Nations Unies.


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