27/01/2010
Assemblée générale
CCP/62

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Commission de consolidation de la paix

Troisième session

Comité d’organisation

1ere séance - matin


EN PRÉVISION DE L’« EXAMEN 2010 » DU FONCTIONNEMENT DE LA COMMISSION DE CONSOLIDATION DE LA PAIX, SON NOUVEAU PRÉSIDENT PRÉSENTE UN PLAN EN SIX POINTS


En prévision de l’« Examen 2010 » qui sera conduit sur le fonctionnement de la Commission de consolidation de la paix (CCP), son Président, le Représentant permanent de l’Allemagne, a présenté ce matin un plan en six points qui a été qualifié de « vision très claire et très convaincante, de bonne augure pour la qualité de l’important travail à venir », par la délégation de la Belgique; de « priorités adéquates et opportunes » par celle du Pérou, ou encore, de « plan très constructif » par l’Uruguay.


Cette année, a dit en résumé Peter Wittig, qui remplace depuis le 1er  janvier 2010, Heraldo Muñoz du Chili, comme Président de la CCP, « nous devons revigorer la vision qui sous-tend la création de la Commission; assurer le suivi du rapport pertinent du Secrétaire général et celui de la résolution 1889 du Conseil du sécurité sur les femmes et la consolidation de la paix; et établir une coopération plus étroite avec les institutions de Bretton Woods, l’Union africaine (UA) et le Dialogue international sur la consolidation de la paix ».


En créant, le 30 décembre 2005, la Commission de consolidation de la paix, l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité ont décidé d’un réexamen de son fonctionnement afin de s’assurer qu’elle s’acquitte efficacement de son mandat.


Aujourd’hui, le Président élu a voulu que l’« Examen 2010 » du fonctionnement de la CCP donne lieu à la même compréhension des objectifs, du rôle et du fonctionnement de la Commission.  Ce point de vue à été partagé par les 19 délégations qui ont pris la parole au cours de la réunion, et qui n’ont pas oublié de rendre un vibrant hommage au Président sortant.  Le représentant du Japon s’est particulièrement félicité qu’Heraldo Muñoz ait obtenu, pour un certain temps, de la chanteuse Yoko Ono, veuve de John Lennon, une exploitation commerciale de la chanson « Give Peace a Chance ». 


Identifiant les domaines « essentiels » au renforcement des efforts collectifs de consolidation de la paix, le nouveau Président de la Commission a, dans son plan en six points, d’abord cité la nécessité pour ce nouvel organe de remplir son rôle de « plateforme stratégique de la coordination des politiques ».  Ce faisant, s’est expliqué Peter Wittig, nous devons trouver les moyens de renforcer le rôle du Comité d’organisation de la Commission dans l’élaboration des politiques et la coordination du système des Nations Unies.


Le Président a ensuite jugé que la Commission doit jouer un rôle central dans la cohésion entre les acteurs des domaines politique, sécuritaire, humanitaire et de développement.  Notre partenariat avec les institutions financières internationales, les organisations régionales et sous-régionales et la société civile est « crucial », a-t-il relevé.  M. Wittig a d’ailleurs annoncé son intention d’établir des contacts avec la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) et d’effectuer à cet égard un déplacement à Washington dans les tous prochains mois.


Jetant un défi à la Commission, il a poursuivi son intervention en lui assignant la tâche d’établir une relation « plus structurée » avec le Conseil de sécurité.  « Nous devons », s’est-il expliqué, « identifier les synergies entre maintien et consolidation de la paix et faire en sorte que les pays inscrits à l’ordre du jour du Conseil bénéficient, dès le début, des efforts de la Commission ».  « Nous pourrions aussi », a-t-il ajouté, « voir comment les avis de la Commission peuvent aider le Conseil à suivre les progrès dans la mise en œuvre des mandats confiés aux opérations de maintien de la paix ou aux missions politiques spéciales. » 


En cinquième lieu, le Président élu de la CCP a voulu que l’analyse de la situation d’un pays conduise à l’identification d’une série de priorités « claires et limitées ».  « Comment », a-t-il demandé, « la Commission peut-elle devenir plus souplesse; perdre ses lourdeurs; suivre efficacement les progrès, et élaborer des stratégies de sortie »? 


Enfin, les meilleures pratiques, le savoir, ainsi que les enseignements tirés dans chaque « Formation pays » et agence de l’ONU doivent se nourrir les uns les autres, a recommandé M. Wittig.  À cet égard, le rôle du Bureau d’appui à la consolidation de la paix doit être renforcé, a estimé le nouveau Président, dont les propos ont « rassuré » la Sous-Secrétaire générale à l’appui à la consolidation de la paix, Mme Judy Cheng-Hopkins, qui a vu dans l’« Examen 2010 », l’occasion de renforcer les synergies entre la Commission et le Fonds pour la consolidation de la paix dont les progrès viennent d’être reconnus par des auditeurs indépendants. 


Une contribution au Fonds, de 4 millions de dollars, a été annoncée aujourd’hui par le représentant de l’Australie, nouveau membre de la Commission. 


À toutes les questions soulevées, le Président de la Commission a dit attendre un début de réponse pendant la retraite annuelle qu’il organise les 5 et 6 mars prochains, en présence du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon.  


Réélu à la Présidence de la « Formation Sierra Leone », le représentant du Canada a souhaité une réflexion qui reconnaisse la « fonction politique et les pratiques optimales » de la Commission.  Son homologue du Mexique, Facilitateur de l’« Examen 2010 », nommé par le Conseil de sécurité, s’est félicité de l’esprit de collaboration « fondamental » qui le lie aux deux autres Facilitateurs, qui ont été nommés par l’Assemblée générale, à savoir l’Afrique du Sud et l’Irlande. 


Pour les préparatifs de l’« Examen 2010 », le représentant de la Belgique a préconisé une diversification des interlocuteurs.  Il faut impliquer davantage les capitales concernées, parce que l’impact de la Commission dépendra de la capacité conjointe à faire basculer son centre de gravité de New York aux capitales, a-t-il estimé.  Il faut mener un processus ouvert et transparent; aller à la recherche de points de vue extérieurs aux « débats traditionnels » qui ont lieu à New York et solliciter la perspective des acteurs sur le terrain, a insisté le représentant.


Si elle veut, en tant qu’institution, apporter une contribution valable à l’« Examen 2010 », la Commission doit, a conseillé à son tour le représentant des États-Unis, « garder son élan et prouver ainsi qu’elle peut continuer à fournir des résultats concrets sur le terrain ».  À l’avenir, elle devra faire preuve de souplesse et de créativité dans ses méthodes de travail; inclure d’autres pays à son ordre du jour, et réfléchir à des stratégies de sortie, a-t-il préconisé.


Après que les représentants de la République tchèque, -élu ce matin Vice-Président de la Commission-, du Royaume-Uni, de la Thaïlande, de l’Espagne, -qui s’exprimait au nom de l’Union européenne (UE)-, et de la République de Corée eurent également renchéri sur la déclaration du nouveau Président, leur homologue de la France a ajouté au défi de conduire l’« Examen 2010 » et de fournir un appui aux élections au Burundi et en République centrafricaine, les efforts visant à réformer le secteur de la sécurité en Guinée-Bissau et à assurer la promotion de la réconciliation nationale en Sierra Leone. 


Élu également Vice-Président de la Commission ce matin, le représentant du Bénin s’est dit prêt à partager le moment venu « sa connaissance des dossiers ».  La Guinée-Bissau a besoin de la Commission pour surmonter les défis auxquels elle fait face, a souligné la représentante du Brésil, réélue à la présidence de la « Formation Guinée-Bissau » aux côtés de la Suisse, Présidente de la « Formation Burundi ».  Elle a exprimé la « détermination » du Brésil à tout faire pour que la Guinée-Bissau soit un « succès » de la Commission.  L’Afrique, a plaidé le représentant du Maroc, a plus que jamais besoin de la Commission pour y consolider la paix et reconstruire les nations.


Son homologue du Népal a manifesté sa disposition à apporter la contribution « d’un pays qui est sorti d’un conflit et qui est un des plus grands contributeurs de troupes aux opérations de maintien de la paix ».  C’est vrai que la Commission ne répond jamais qu’à l’objectif ultime de l’ONU, qui est le maintien de la paix et de la sécurité dans le monde, a acquiescé son homologue de l’Égypte. 


« Il faut bien comprendre », a de même acquiescé le représentant de l’Inde, « que le travail de la Commission est d’aider les pays à passer la transition qui les mène du stade du conflit à celui de l’établissement d’institutions démocratiques en passant par la consolidation de la paix, et pendant ces trois phases, il est impératif de s’assurer que les ressources soient mobilisées dans les meilleurs délais ».


Créée par les résolutions 60/180 et 1645 (2005), de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité, la Commission est chargée, entre autres, de réunir tous les intéressés afin qu’ils mobilisent des ressources; de proposer des stratégies intégrées aux fins de la consolidation de la paix et du relèvement après les conflits, et de donner des avis en la matière.  Elle doit aider à obtenir un financement prévisible pour les efforts initiaux de rétablissement, et des investissements financiers durables sur le moyen et le long termes.  Elle doit aussi définir des meilleures pratiques en collaboration avec les acteurs dans les domaines de la politique, de la sécurité, des activités humanitaires et du développement.


Dans son mot d’adieu, Heraldo Muñoz, l’ancien Président de la Commission et Représentant permanent du Chili, a rappelé qu’il s’était fixé comme priorité, compte tenu de la crise économique et financière mondiale, de rehausser l’image et la visibilité de la Commission.  Il a fait état des progrès accomplis dans les procédures et formalités liées à la nomination d’ambassadeurs de bonne volonté. 


Heraldo Muñoz s’est dit heureux d’avoir constaté que l’ONU est passée du concept linéaire de consolidation de la paix, censée commencer après une opération de maintien de paix, à un concept plus holistique d’opérations de maintien de la paix menées parallèlement avec des « éléments » de consolidation de la paix.  « Il serait donc souhaitable de renforcer le lien entre la Commission et le Conseil de sécurité », a-t-il conclu.  


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