04/11/2010
Assemblée générale
AG/11019

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale

Soixante-cinquième session

44e et 45e séances plénières – matin et après-midi


L’ASSEMBLÉE APPELLE DE NOUVEAU L’AFGHANISTAN À TRAVAILLER À LA RÉCONCILIATION NATIONALE, À L’ÉTAT DE DROIT ET À LA LUTTE CONTRE LE TERRORISME ET LE TRAFIC DE DROGUES


L’Assemblée générale a adopté aujourd’hui, par consensus, sa longue résolution annuelle sur l’Afghanistan* dotée, cette année, d’un dispositif d’une centaine de paragraphes.  Présentée par l’Allemagne, la résolution appelle le Président Hamid Karzai et son gouvernement à centrer leurs efforts sur la sécurité, la réconciliation nationale, la lutte contre le terrorisme et le trafic de stupéfiants.


Dans la résolution, l’Assemblée générale se félicite d’abord du renouvellement lors des Conférences de Londres et de Kaboul, le 28 janvier et le 20 juillet 2010, des engagements du Gouvernement afghan envers le peuple afghan et ceux de la communauté internationale envers l’Afghanistan.  Le partenariat a évolué vers une nouvelle phase, a commenté le représentant de la Belgique, au nom de l’Union européenne.  Londres, a-t-il expliqué, a établi un cadre stratégique et une série d’engagements importants alors que Kaboul a défini la manière dont ces engagements doivent être honorés par l’Afghanistan et la communauté internationale.


L’Assemblée générale se félicite aussi, dans le texte, des élections législatives de septembre dernier, organisées entièrement sous la responsabilité des autorités afghanes, étape cruciale du processus de renforcement de la démocratie dans ce pays.  Nombre de délégations ont néanmoins souligné l’importance d’une réforme globale du système électoral afghan afin de garantir à l’avenir des élections transparentes et impartiales.  Plusieurs délégations ont en effet relevé que les résultats définitifs des élections n’ont toujours pas été annoncés, compte tenu des allégations d’irrégularités et de fraudes.


Dans la résolution, l’Assemblée générale se déclare profondément préoccupéepar l’état de la sécurité en Afghanistan, en raison de la recrudescence des actes de violence et de terrorisme des Taliban, Al-Qaida et autres groupes extrémistes.  L’année 2010, a rappelé le représentant du Brésil, a été la plus meurtrière depuis le début des opérations internationales en Afghanistan.


Son homologue afghan a défendu avec beaucoup d’alacrité la réconciliation avec les anciens combattants et leur réintégration au sein de la société afghane.  Il a plaidé pour que l’on ouvre la porte de la réconciliation à ceux qui veulent rejoindre le processus de paix, soulignant que la main tendue du Gouvernement avait attiré l'opposition armée dans les discussions de paix, sans remettre en cause la lutte nécessaire contre les ennemis de la paix.


Le représentant de la Fédération de Russie a rappelé les termes du Programme afghan pour la paix et la réintégration.  Le dialogue avec les Taliban ne peut être conduit que si ces derniers reconnaissent la Constitution afghane, renoncent à la violence et rompent tout lien avec Al-Qaida.  Tout contact avec les Taliban dans les coulisses est inacceptable, a-t-il prévenu.


Appelant également à la transparence, la représentante de l’Inde a rappelé les leçons tirées d’anciennes négociations avec des fondamentalistes et des organisations extrémistes.  La sécurité et la stabilisation de l’Afghanistan continueront de nous échapper, a-t-elle averti, si nous n’isolons ou n’éradiquons pas le syndicat du terrorisme, dont Al-Qaida, les Taliban et LeT. 


Le dialogue politique, a renchéri le représentant de la Nouvelle-Zélande, ne saurait en aucun cas conduire à des compromis sur des droits et des libertés fondamentales durement gagnés, en particulier ceux des femmes et des minorités.


Comme dans la résolution, l’Assemblée générale s’inquiète du resserrement des liens entre terrorisme et trafic de drogues, les délégations ont mis l’accent sur la coopération régionale. Dans ce droit fil, le représentant russe a fustigé l'industrie de la drogue, -source de financement essentielle des activités terroristes- et mis l’accent sur le savoir-faire de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OSCT).


Le représentant afghan a vu dans cette coopération un moyen d’éradiquer les sanctuaires où les terroristes continuent de recevoir une formation ainsi qu’un appui financier et logistique.  Le Pakistan, a tenu à préciser son représentant, a créé 1 000 postes frontière et y a déployé 120 000 hommes de troupe.  Il attend « légitimement » que l’Afghanistan et les forces internationales en fassent autant, a-t-il avoué. 


Enfin, dans sa résolution, l’Assemblée apporte son soutien à l’objectif du Gouvernement afghan d’assurer la sécurité publique dans toutes les provinces du pays d’ici à la fin de 2014.  Ce processus de transition « graduelle », a dit la représentante des États-Unis, devra être mené en fonction d’une évaluation rigoureuse des besoins sur le terrain.  « Transition ne veut pas dire retrait », ont souligné plusieurs délégations, selon lesquelles la communauté internationale aura encore un rôle très utile à jouer en Afghanistan.


L’importance de promouvoir la bonne gouvernance, l’état de droit et les droits de l’homme, comme fondement nécessaire à la stabilité et à la prospérité de l’Afghanistan, est soulignée avec force dans la résolution.


L’Assemblée générale débattra du rapport de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) lundi 8 novembre, à partir de 10 heures.


*A/65/L.9


LA SITUATION EN AFGHANISTAN (A/65/552)


Déclarations


M. JAN GRAULS (Belgique), au nom de l’Union européenne (UE), a souligné que le peuple afghan ne serait pas le seul à bénéficier d’un Afghanistan stable, libre et prospère: nous aurons tous à y gagner.  En effet, s’est-il expliqué, la lutte mondiale contre le terrorisme, l’extrémisme, le trafic illicite de drogues et la criminalité organisée passe par l’Afghanistan.  L’année, a poursuivi le représentant, a vu le partenariat entre la communauté internationale et l’Afghanistan évoluer dans une phase nouvelle, avec notamment la tenue de la Conférence de Kaboul.


Si les résolutions, communiqués et plans d’action sont importants, la construction d’un pays dépend avant tout des aspirations du peuple afghan lui-même, a déclaré le délégué, qui a exprimé l’espoir que le nouveau parlement sera capable de répondre aux besoins du peuple.  Les élections n’ont pas été parfaites, mais nous avons vu des progrès dans le fonctionnement des institutions clefs en Afghanistan.  Des améliorations seront nécessaires, mais, au bout du compte, c’est aux autorités et au peuple afghan qu’il reviendra de juger si ces élections législatives étaient transparentes, inclusives et crédibles. 


La Conférence de Kaboul a non seulement établi une nouvelle relation entre la communauté internationale et le Gouvernement, mais aussi entre ce dernier et le peuple afghan.  Comme tous les citoyens à travers le monde, le peuple afghan attend des résultats de son Gouvernement, a souligné le représentant, en citant la réhabilitation des infrastructures, la promotion des droits de l’homme et de la justice, la lutte contre la corruption, la création d’emplois ou encore l’accès à des soins de santé et à une éducation de qualité.  À ce titre, le Gouvernement afghan n’est pas seul, a déclaré M. Grauls.  La communauté internationale est là pour aider et l’Union européenne contribuera à cet effort.


Le représentant a réaffirmé le soutien de l’Union européenne au Président Hamid Karzai et à son gouvernement dans leur lutte contre la corruption et pour une meilleure gestion des finances publiques.  L’UE continuera également à jouer un rôle important dans le secteur de l’état de droit à travers la Mission de police de l’Union européenne en Afghanistan (EUPOL).  Dans le domaine du développement, où l’UE continue de dépenser plus d’un milliard d’euros par an, la question de la sécurité reste une condition préalable importante.


L’engagement de l’Union européenne en Afghanistan est à long terme, et transition ne veut pas dire retrait immédiat, a conclu le délégué, qui a souligné le rôle important de la Mission d’assistance des Nations Unies en Afghanistan (MANUA) et a exprimé l’espoir qu’elle pourra davantage étendre sa présence dans le pays au fur et à mesure que la sécurité sera établie.   


M. VITALY I. CHURKIN (Fédération de Russie), qui intervenait au nom de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC), s’est attardé sur les tâches qu’il reste à accomplir en Afghanistan, à savoir la lutte contre les terroristes et la menace extrémiste, la réconciliation nationale, la création de forces de sécurité afghanes compétentes et la lutte contre les activités criminelles liées à la drogue.  En la matière, il a souligné le rôle de la Force internationale d’assistance à la sécurité (FIAS) et appelé les présences militaires à faire plus d’efforts des victimes parmi la population civile. 


M. Churkin s’est ensuite dit préoccupé par l’instabilité des provinces du nord de l’Afghanistan.  Il faut mettre un terme à la tactique inefficace consistant à retirer les combattants des zones de combat et à les réinstaller dans d’autres parties du pays, ce qui leur permet de maintenir leur force de combat, a-t-il estimé.  La lutte contre le terrorisme doit s’axer sur la destruction des terroristes et de leurs réseaux. 


S’agissant du processus de réconciliation nationale, le représentant a jugé que le dialogue avec les Taliban ne peut être conduit que par le Gouvernement afghan et si et seulement si les Taliban regrettent leur geste, reconnaissent la Constitution afghane, renoncent à la violence et rompent tout lien avec Al-Qaida et les autres groupes terroristes.  Tout contact avec les Taliban en coulisse est inacceptable, a-t-il prévenu, en appelant à un processus transparent qui ne porterait pas atteinte au régime de sanctions imposées par la résolution 1267 du Conseil de sécurité. 


Il a engagé le Gouvernement afghan et les FIAS à donner plus d’élan à la lutte contre l’industrie de la drogue, d’autant plus que le trafic de stupéfiants est devenu une importante source de financement des activités terroristes en Afghanistan.  L’OTSC peut apporter une aide, à cet égard, a-t-il dit, en préconisant une interaction opérationnelle entre l’OTSC et l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN).  


M. Churkin a expliqué que l’OTSC avait lancé une opération préventive, connue sous le nom de code de « Channel », pour identifier et barrer les routes du transport illicite des drogues et des précurseurs.  L’opération Channel est un exemple de la coopération effective entre États pour contrer les menaces sécuritaires émanant de l’Afghanistan, a jugé le représentant.  Il est de plus en plus clair que la fragmentation actuelle des efforts internationaux contre le trafic de drogues ne donne aucun résultat, a souligné le représentant.  Les arguments contre la coordination seraient convaincants si l’on pouvait séparer la destruction des plantations de pavot des efforts intégrés de lutte contre le terrorisme et pour la stabilité et le retour à une agriculture traditionnelle. 


M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a rappelé les différents événements politiques survenus pendant l’année écoulée, dont la Conférence de Kaboul en juillet qui a marqué un tournant dans la transition de l’Afghanistan vers le plein exercice de sa souveraineté, et les élections législatives de septembre dernier, qui ont montré le sérieux des institutions électorales nationales.  M. Tanin a rappelé les efforts de son gouvernement pour renforcer la coopération avec les partenaires régionaux.  Il a aussi souligné les avancées socioéconomiques et des progrès dans la bonne gouvernance et dans la lutte contre la drogue et le terrorisme.


Le représentant a indiqué que son gouvernement était prêt à prendre la direction des opérations de combat en 2011 dans les provinces les plus instables et à assumer la pleine responsabilité dans le domaine de la sécurité d’ici à la fin 2014.  Les stratégies militaires seules ne suffiront pas aux efforts de stabilisation, a prévenu le représentant.  Il a souligné que la réconciliation nationale afghane était une condition essentielle à l’instauration d’une paix durable.  La réconciliation avec les anciens combattants et leur réintégration sont essentielles à la paix et à la sécurité, a-t-il insisté.  Il est « raisonnable et responsable », a-t-il plaidé, d’ouvrir la porte de la réconciliation à ceux qui veulent rejoindre le processus de paix.  La main tendue du Gouvernement a attiré l’opposition armée dans des discussions de paix, a-t-il affirmé, sans pour autant empêcher le même Gouvernement et la communauté internationale de continuer sa lutte contre les ennemis de la paix.  Tendre la main aux Afghans n’est pas seulement une stratégie de communication, a tenu à préciser le représentant.


Tous les segments de la société doivent être activement impliqués dans l’arène politique.  Nous devons créer un environnement où tous les Afghans se sentent maîtres de leur destin.  Enfin, le représentant a insisté sur la coopération régionale qui est un autre axe retenu pour combattre le terrorisme, l’extrémisme et le trafic de stupéfiants.  Supprimer les sanctuaires où les terroristes continuent de recevoir une formation et un appui financier et logistique est un élément nécessaire à l’élimination du terrorisme, a souligné le représentant qui a aussi vu dans la coopération régionale un moyen de réaffirmer le rôle de l’Afghanistan comme pont entre l’Asie centrale et l’Asie du Sud.


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan), au nom des pays de l’Organisation de Shanghai pour la coopération (OSC), a rappelé que la situation en Afghanistan figurait parmi les plus importantes questions du Conseil des chefs des pays de l’OSC tenu à Tashkent en juin dernier.  L’OSC soutient le Programme pour la paix et la réintégration qui vise à instaurer le dialogue avec les éléments de l’opposition prêts à renoncer à la violence, à couper tout lien avec Al-Qaida et les autres organisations terroristes, à dénoncer le terrorisme et à accepter la Constitution afghane.  La représentante a appelé au respect des engagements pris durant la Conférence de Kaboul de juillet 2010 et a salué les dernières élections législatives.


Mme Aitimova a exprimé les graves préoccupations de l’Organisation de Shanghai pour la coopération face à la situation en matière de sécurité.  Elle a exhorté la communauté internationale à prendre des mesures urgentes et à développer une stratégie mondiale pour combattre le trafic illicite des narcotiques, qui finance et soutient la puissante infrastructure du terrorisme international.  L’OSC est engagée à travailler avec les Nations Unies et les autres structures nationales et internationales pour aider l’Afghanistan à travailler dans cette direction.


M. CLAUS GRUBE (Danemark) s’est félicité du bon déroulement des élections législatives du mois de septembre, relevant que 68 des 249 sièges étaient réservés aux femmes.  Il a dit attendre avec intérêt l’annonce des résultats définitifs.  Attendant avec le même intérêt le Sommet de l’OTAN, prévu dans deux semaines, à Lisbonne, le représentant a déclaré que si la transition sera un élément important de la déclaration finale du Sommet, il n’en demeure pas moins important de maintenir le rôle de l’ONU et la communauté internationale.


M. Grube a affirmé que le Danemark n’avait pas l’intention de quitter l’Afghanistan et que son pays concentrerait ses efforts sur le renforcement des capacités des Forces nationales de sécurité afghanes, tout en se retirant progressivement des opérations de combat.  Le transfert des responsabilités aux autorités afghanes doit dépendre avant tout des conditions sur le terrain et des capacités des institutions afghanes, a-t-il prévenu.  Transition ne veut pas dire retrait, a-t-il souligné, en ajoutant que son pays accorderait davantage d’attention aux aspects civils du cadre de transition, dont l’état de droit et la bonne gouvernance.


Une transition durable dépend avant tout de la capacité du Gouvernement afghan à assurer la sécurité, à progresser en matière de gouvernance et à fournir des services sociaux de base, a insisté le représentant qui a également souligné l’importance du développement socioéconomique, de la réforme des institutions, de la transparence et de la lutte contre la corruption. 


Mme TINE MØRCH SMITH (Norvège) a relevé que la résolution dont l’Assemblée générale est saisie est bien conforme au message clef de la Conférence de Kaboul, à savoir un partenariat renouvelé entre l’Afghanistan et la communauté internationale, renforcé par un pacte sincère entre l’État afghan et ses citoyens.  La communauté internationale doit respecter la vision et les priorités de l’Afghanistan et faire preuve d’une plus grande unité de propos et d’une meilleure coordination. 


Il faut faire passer davantage de fonds par le budget afghan, a plaidé la représentante. Cela veut dire, a-t-elle précisé, se détourner des projets à impact rapide, des organisations parallèles et des multiples initiatives non coordonnées pour favoriser le renforcement des capacités des institutions afghanes de concevoir et mettre en œuvre des programmes nationaux concrets.  En l’occurrence, a-t-elle prévenu, la Norvège continuera de souligner la nécessité d’une claire division du travail entre les militaires et les civils, maintenant que l’espace humanitaire se réduit.


Pour être sincère, a-t-elle poursuivi, le Gouvernement afghan devra se démontrer capable d’améliorer la vie de la population et faciliter un processus politique réellement inclusif et national, a-t-elle ajouté.  L’injustice, la corruption et la mauvaise gouvernance sont toutes des « préoccupations stratégiques », a estimé la représentante.


Elle a appuyé un processus politique dirigé par l’Afghanistan, y compris les pourparlers menés avec des membres de l’opposition armés qui se tiennent prêts à renoncer à la violence et à réintégrer la vie civile.  Elle a aussi plaidé pour la participation de la société civile, en particulier des femmes.  La représentante de la Norvège a aussi jugé nécessaire de renforcer les capacités des institutions électorales afghanes, d’insister sur l’importance de l’éducation civique et de renforcer le Parlement en tant qu’institution.  Elle a ensuite affirmé qu’en cette période de transition le rôle de la Mission des Nations Unies était primordial pour assurer l’intégrité de la transition vers un plus grand leadership afghan.


M. CESARE MARIA RAGAGLINI (Italie) a appelé à une mise en œuvre accélérée des programmes nationaux de développement validés à la Conférence de Kaboul et à un effort renouvelé pour combattre les faiblesses de la gouvernance, de l’état de droit et de la gestion des affaires publiques.  Le représentant a souligné qu'une coopération régionale plus étroite entre les puissances de la région devrait jouer un rôle important dans la sécurité et le développement de l’Afghanistan.  En conclusion, il a rappelé l’urgence d’une réforme complète et inclusive du processus électoral, avec l’assistance des Nations Unies.


M. SIRODJIDIN M. ASLOV (Tadjikistan) a rappelé que son pays était étroitement lié à l’Afghanistan, comme le montre la visite récente du Président tadjik dans ce pays et la signature d’un accord bilatéral.  Le Tadjikistan appuie les efforts du Gouvernement afghan pour la réconciliation nationale et salue la tenue des élections législatives ainsi que le travail de la MANUA et de la FIAS.  Le Tadjikistan contribue activement à ce processus, en aidant à la formation des Afghans et en tirant profit du fait que les deux pays parlent la même langue.  La lutte contre le trafic de drogues et le crime organisé exige un recours à la force militaire, mais cette approche n’est pas suffisante, a déclaré le délégué, qui a insisté sur l’importance de rétablir l’économie et d’exploiter les possibilités et les énormes ressources naturelles de l’Afghanistan.


Le Tadjikistan appuie les nombreux projets de câbles électriques et de gazoducs passant par l’Afghanistan, qui pourront constituer des sources de revenus supplémentaires.  Il appuie également les projets en matière de communication et de transport, notamment les voies ferrées régionales et les projets de construction de ponts, qui feront partie d’un réseau régional.  L’Afghanistan a une situation géographique exceptionnelle qui pourra lui être précieuse à l’heure de la mondialisation, a insisté le représentant, en réitérant l’importance de la coopération régionale et internationale pour la paix.


M. MAHMOUD BARIMANI (République islamique d’Iran) a constaté que les progrès considérables faits en Afghanistan, à commencer par la tenue récente des élections législatives, ont été éclipsés par des défis tels que l’insécurité, le manque d’infrastructures, les drogues et les problèmes liés aux réfugiés.  On voit aujourd’hui, a-t-il estimé, que l’augmentation du nombre de troupes étrangères et des opérations militaires ne contribue pas nécessairement à la solution des problèmes et ajoute même au niveau de violence.  M. Barimani a attiré l’attention sur un audit du Gouvernement américain qui montre que presque 18 milliards de dollars reçus par des milliers de compagnies américaines pour reconstruire le pays ont disparu.  Cet argent n’a-t-il pas disparu pour remplir les poches des fabricants d’armes et des firmes de sécurité privées? 


Il est temps, a poursuivi le délégué, de faire un état des lieux des événements depuis la mainmise militaire de l’Afghanistan et de voir exactement dans quels domaines des progrès ont été faits.  Il faut éviter des recommandations stéréotypées ou importées et admettre que la sécurité et le développement vont de pair.  Au lieu d’envoyer davantage de troupes et d’agents de sécurité, il faudrait plutôt retirer les troupes étrangères et de manière urgente, et renforcer les capacités des forces afghanes, a estimé le représentant.


S’agissant du problème de la drogue, qui reste un des plus grands défis de l’Afghanistan et qui a encouragé les activités des terroristes, des extrémistes et des groupes illégaux, M. Barimani a estimé que ce fléau a été un obstacle aux efforts de développement de ce pays.  Pendant des décennies, l’Iran a payé un lourd tribut dans ces efforts pour combattre les narcotrafiquants, et appelle ceux qui ont la responsabilité de combattre ce trafic au nom de la communauté internationale à adopter des mesures fermes et quantifiables.  Le délégué a également rappelé que son pays avait servi d’hôte à plus de trois millions de réfugiés afghans au cours des trois dernières décennies et qu’un million de réfugiés sont actuellement enregistrés en Iran, sans compter un nombre encore plus grand de non-enregistrés.


L’Iran a jusqu’ici contribué à hauteur de 500 millions de dollars aux projets de reconstruction en Afghanistan.  La Conférence régionale sur le développement de l’Afghanistan, tenue cette semaine à Téhéran, a examiné le rôle des pays voisins et pris des mesures concrètes pour renforcer le cadre régional de développement.  L’Iran a l’intention de travailler dans ce cadre, qui s’est inspiré du modèle de coopération de l’Iraq, et appelle au soutien de la communauté internationale.


M. GARY FRANCIS QUINLAN (Australie) a engagé l’Afghanistan à continuer d’honorer les engagements pris à l’occasion des Conférences de Londres et de Kaboul, notamment en matière de lutte contre la corruption et d’accès à la justice.  Il a également appelé la communauté internationale à appuyer le Processus de Kaboul.  Le représentant a estimé, à son tour, qu’une réforme électorale à long terme était nécessaire pour renforcer la confiance du public envers les institutions démocratiques. 


Il a souligné que la transition dans le domaine de la sécurité ne devait pas être perçue comme la fin de l’engagement de la communauté internationale en Afghanistan.  L’Australie, a-t-il ajouté, est consciente du fait que le conflit en Afghanistan ne sera pas gagné par la seule voie militaire et qu’une stratégie politique notable est également nécessaire.  La réconciliation nationale doit se faire dans le respect des conditions agréées à savoir l’acceptation de la Constitution afghane, le renoncement à la violence et la fin des liens avec les groupes terroristes.


M. Quinlan a indiqué que son pays s’était engagé à financer à hauteur de 25 millions de dollars le Programme de paix et de réintégration du Gouvernement afghan.  Après avoir détaillé tous les aspects de l’implication de l’Australie en Afghanistan, le représentant a appelé la communauté internationale à rester ferme face aux organisations terroristes telles qu’Al-Qaida. 


Mme REGINA MARIA CORDEIRO DUNLOP (Brésil) a rappelé que 2010 avait été l’année la plus meurtrière depuis le début des opérations internationales en Afghanistan.  Soulignant qu’il n’y a pas de solution militaire au conflit afghan, elle a appuyé le processus interafghan de réconciliation nationale et de réintégration de ceux s’engageant à renoncer à la violence et à reconnaître la Constitution afghane.  S’agissant des élections parlementaires, la représentante a appelé, sitôt le résultat connu, à une réforme sur le long terme du processus électoral.  Après avoir salué l’engagement que la communauté internationale a pris lors de la Conférence de Kaboul, en particulier s’agissant de l’appui budgétaire, elle a souligné que le succès de la lutte contre le trafic de stupéfiants dépend de la qualité des partenariats régionaux et de la baisse de la consommation mondiale.  La représentante a annoncé que son gouvernement a décidé d’ouvrir une ambassade à Kaboul. 


M. HASAN KLEIB (Indonésie) a salué les priorités établies par le Gouvernement afghan, notamment son Programme de paix et de réintégration.  Il s’est félicité de l’accent mis par le Gouvernement sur le secteur agricole.  Le représentant s’est dit gravement préoccupé par la dégradation des conditions sécuritaires en Afghanistan.  Il a estimé que pour répondre au défi sécuritaire de manière effective et durable, un partenariat solide entre l’Afghanistan et ses voisins est essentiel.  M. Kleib s’est dit inquiet de l’impact de cette situation sur la capacité de la Mission de l’ONU à remplir son mandat.


M. KAZUO KODAMA (Japon) a souligné, comme le Japon l’avait fait lors de la Conférence de Kaboul, l’importance que le Gouvernement afghan accomplisse tous les efforts nécessaires pour renforcer sa capacité de gestion financière et lutter contre la corruption.  Le bon acheminement de l'aide via le Conseil commun de coordination et de suivi est également requis. Le représentant a indiqué que le Japon fournirait pour les cinq premières années une assistance à l'Afghanistan équivalant à 5 milliards de dollars, dans le respect des priorités du Gouvernement afghan. Le représentant a souligné l'importance d'aboutir à des résultats rapides, tout en gardant une perspective sur le moyen long terme.  M. Kodama, plaidant pour une étroite collaboration avec diverses institutions régionales afin d'assurer la stabilité en Afghanistan, s’est réjoui de la tenue à Istanbul le 3 novembre dernier de la quatrième réunion de la Conférence sur la coopération économique régionale concernant l'Afghanistan.


M. ABDULLAH HUSSAIN HAROON (Pakistan) a déclaré qu’aucun pays n’avait autant souffert que le Pakistan des effets de trois décennies de conflit afghan.  Le délégué a cependant noté que les efforts de la communauté internationale vers la paix et la prospérité en Afghanistan avaient été favorisés par les Conférences de Londres et de Kaboul.  M. Haroon a déclaré que l’important problème de la sécurité ne saurait être réglé par l’imposition d’une nouvelle guerre.  L’action militaire seule n’est pas et ne sera pas la solution du problème afghan.  Le Pakistan soutient un processus de réconciliation inclusif mené par les Afghans pour amener l’opposition armée dans l’arène politique.  Il a espéré que l’Assemblée générale et le Conseil de sécurité continueront à être des partenaires de bonne volonté dans ce processus de réconciliation.


En matière de sécurité, a affirmé le représentant, le Pakistan a mis en place 1 000 postes et 120 000 troupes pakistanaises aux frontières avec l’Afghanistan.  Le pays attend légitimement, a-t-il prévenu, que l’Afghanistan et la FIAS déploient les mêmes efforts.  Le sol afghan ne saurait être utilisé contre le Pakistan, a-t-il dit.  Le Pakistan, a-t-il conclu, a servi de refuge à plus de trois millions d’Afghans au cours des trois dernières décennies et continue d’abriter 1,7 million de personnes.  Personne ne doit sous-estimer le coût énorme assumé par le Pakistan, a rappelé le délégué, qui a souligné l’importance que les programmes de réintégration de ces réfugiés soient dûment inclus dans la stratégie de développement de l’Afghanistan.


Mme SIMONA MIRELA MICULESCU (Roumanie) a souhaité que l’Assemblée générale adopte la résolution présentée sans mise aux voix pour rappeler le soutien unanime de la communauté internationale au peuple afghan et son espoir de voir l’Afghanistan continuer à faire des progrès.  Se félicitant du processus de Kaboul, elle a prévenu que l’échec n’est pas une option.  Le processus de transition doit se concentrer plus sur la mise en place des conditions appropriées et moins sur des calendriers fixés à l’avance.  La représentante a appelé à la vision, l’efficacité, la solidarité et par-dessus tout, à la coopération.  Elle a rappelé la contribution roumaine aux efforts internationaux dont un nombre de soldats qui devrait passer de 1 600 à 1 800 à la fin de l’année.


M. KAKOLI GHOSH DASTIDAR (Inde) a déclaré que des améliorations tangibles et durables dans le domaine de la sécurité étaient nécessaires pour réaliser les objectifs partagés en Afghanistan.  Elle a indiqué que les programmes d’assistance de l’Inde en Afghanistan couvraient tous les domaines du développement, y compris l’humanitaire, l’infrastructure, le renforcement des capacités et des institutions et l’agriculture.  Soulignant, dans ce contexte, l’importance de l’environnement régional, la représentante a engagé l’Afghanistan et ses voisins à s’unir.  Une plus grande interdépendance économique permettrait de détourner les jeunes désœuvrés des activités des insurgés et des militants et de créer une zone régionale de prospérité dans la région.


Mme Dastidar a pris note des conditions établies pour adhérer au processus de réconciliation nationale.  Elle a toutefois engagé la communauté internationale à garder à l’esprit les leçons tirées d’anciennes négociations avec des fondamentalistes et des organisations extrémistes et à s’assurer de la transparence du processus de paix.  La sécurité et la stabilisation de l’Afghanistan continueront de nous échapper, a-t-elle prévenu, si nous n’isolons ou n’éradiquons pas le syndicat du terrorisme, dont Al-Qaida, les Taliban et LeT.  La lutte contre le terrorisme ne peut être fragmentée.  Il faut bloquer tout appui aux terroristes et éradiquer leurs sanctuaires à l’extérieur de l’Afghanistan. 


M. PHILIP JOHN PARHAM (Royaume-Uni) a souligné l’importance de faire avancer l’« afghanisation » de la situation, en faisant des progrès sur la réconciliation nationale, en améliorant la gouvernance, en développant l’économie et en luttant contre la corruption.  Il s’est félicité de la tenue de la Conférence de Londres, événement sans précédent qui a réuni un très grand nombre de partenaires et a montré au monde que l’Afghanistan est capable de gérer ses affaires.  M. Parham a noté que le Gouvernement afghan avait déjà fait des progrès importants, comme en témoignent la création d’un Haut Conseil pour la paix, et les structures d’appui aux droits de l’homme et contre la corruption.


La situation en matière de sécurité reste grave mais les progrès continuent, notamment à Helmand.  Les zones sous contrôle afghan augmentent.  Mais il reste que la situation est extrêmement difficile, et il est essentiel que les partenaires travaillent ensemble.  La transition de 2014 reste le but commun, mais ne signifie pas que les partenaires veulent quitter l’Afghanistan.  Le Royaume-Uni est un partenaire durable de l’Afghanistan, a promis le délégué qui a exprimé son regret face aux morts parmi la population civile, même si les statistiques montrent une diminution des pertes civiles.  En revanche, les Taliban représentent une proportion croissante des morts parmi les civils.


Le représentant s’est félicité de la ratification des accords régionaux, en particulier l’accord de commerce de transit avec le Pakistan, et attend des résultats positifs de la Conférence d’Istanbul qui a récemment réuni les voisins et partenaires internationaux de l’Afghanistan.


M. PAWEL HERCZYNSKI (Pologne) a espéré que la décision de son gouvernement de porter à 3 000 le nombre de soldats déployés contribuerait de manière significative à la stabilité en Afghanistan.  Il a également dit prendre pleinement en compte les aspirations du Président afghan, dont un transfert des responsabilités devant s’achever pour 2014.  La Pologne, quant à elle, se tient à la disposition du Gouvernement afghan pour continuer à former les Forces de sécurité afghanes.  Le représentant a ajouté que l’aide au développement de la Pologne en Afghanistan, qui s’élevait en 2010 à 12 millions de dollars, financerait des projets œuvrant à la réconciliation nationale et à l’amélioration de la vie quotidienne des Afghans.  Il a conclu en soulignant l’importance cardinale d’un renforcement du système électoral afin de s’assurer de futures élections transparentes et crédibles.


M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) s’est félicité du déroulement des dernières élections, tout en regrettant l’impact des conditions de sécurité et les multiples obstructions dans certaines parties du pays.  Parlant aux nouveaux élus, M. McLay a insisté sur l’élément essentiel à une gouvernance « capable et crédible » qu’est l’éradication de la corruption.  Il s’est dit gravement préoccupé par la situation actuelle en matière de sécurité et a salué le renforcement accéléré des Forces nationales de sécurité afghanes et l’augmentation du nombre des troupes de la FIAS.  Le représentant a reconnu la nécessité d’une solution politique.  Mais il a souligné qu’elle ne saurait en aucun cas conduire à des compromis sur les droits et les libertés fondamentales durement gagnés, en particulier ceux des femmes et des minorités.  Il a également salué la décision du Pakistan d’appuyer le processus de réconciliation ainsi que la déclaration sur la coopération bilatérale entre les deux pays.  M. McLay a estimé, pour conclure, que la communauté internationale dans son ensemble avait toujours son rôle à jouer en Afghanistan.


Mme ROSEMARY DICARLO (États-Unis) a déploré l’attaque meurtrière des locaux des Nations Unies à Hérat, au motif que de telles attaques ne font que déstabiliser l’Afghanistan, pour le plus grand malheur de son peuple.  La représentante a exhorté les insurgés à déposer les armes et à reconnaître la Constitution afghane.  Elle a indiqué que le processus de transition graduelle au terme duquel les autorités afghanes assumeraient la responsabilité de la sécurité de leur pays d’ici à 2014 serait mené de concert avec une évaluation rigoureuse des besoins sur le terrain.  Mme DiCarlo s’est réjouie du renouvellement, lors de la Conférence de Kaboul, du partenariat entre la communauté internationale et l’Afghanistan aux fins de l’instauration d’une paix durable dans ce pays.


M. GILLES RIVARD (Canada) a fait part de la préoccupation de son pays face à la situation de la sécurité en Afghanistan, mais a ajouté que la confiance et la capacité des Forces de sécurité nationale afghanes augmentent. Le Canada appuie totalement le Processus de Kaboul et collaborera avec le Gouvernement afghan et les autres partenaires pour obtenir des résultats concrets pour la population du pays.  Le délégué a mis l’accent sur la promotion et la protection des droits de la personne, y compris des droits des femmes, et a salué la décision récente du Gouvernement afghan d’allouer un budget de base à la Commission indépendante des droits de la personne en Afghanistan. Le Canada considère que les dernières élections législatives représentent une étape de la transition démocratique mais a noté avec inquiétude les allégations d’illégalités et de fraudes. Il compte sur les institutions électorales pour traiter ces questions et attend avec intérêt la publication des résultats définitifs. De nombreux défis restent à relever, a conclu le représentant, en jugeant que les progrès observés jusqu’à présent sont porteurs d’espoir.


M. MILOŠ KOTEREC (Slovaquie) a indiqué qu’hier, son gouvernement a décidé d’un nouveau mandat pour ses troupes en Afghanistan, et sa nouvelle contribution militaire sera concentrée avant tout sur l’assistance au processus de transition, notamment la formation des Forces de sécurité nationales afghanes et l’aide au déminage.  En dehors de son engagement militaire, la Slovaquie a élargi son approche vis-à-vis de l’Afghanistan et compte faire le point à la fin de 2010 sur les façons dont son assistance peut être mieux distribuée.  M. Koterec a ainsi énuméré plusieurs projets dans les domaines de la réintégration des populations déplacées, de l’aide médicale, de l’assistance au développement rural et de l’aide à l’éducation. 


M. WANG MIN (Chine) a relevé que la reconstruction de l’Afghanistan avait progressé, et s’est félicité du bon déroulement des élections législatives du mois de septembre dernier.  Il a relevé que de nombreux défis demeurent, lesquels nécessitent, selon lui, l’engagement continu de la communauté internationale.  Il a appuyé le rôle de coordination de l’ONU en la matière.  Le représentant a ensuite engagé la population et le Gouvernent afghans à prendre les manettes du processus de redressement.  Pour faire avancer le Processus de Kaboul, des efforts sincères doivent être réalisés dans les domaines de la lutte contre les stupéfiants et de la bonne gouvernance, entre autres, a-t-il dit.  


Il a engagé la communauté internationale à renforcer les Forces de sécurité afghanes.  La communauté internationale, a-t-il insisté, doit tenir ses engagements et aligner son aide sur les priorités définies par les Afghans eux-mêmes.  Il l’a appelé à aider le Gouvernement à mettre en œuvre un programme de lutte contre les stupéfiants.  Il a rappelé que la Chine avait annulé une grande partie de la dette afghane et fourni 160 millions de yuan sous forme de dons.  Il a également fait savoir qu’un accord avait été signé pour un accès sans quota et sans contingentement des produits afghans en Chine.


M. MILORAD ŠĆEPANOVIĆ (Monténégro) a estimé qu’il était crucial que la communauté internationale reste engagée tout au long de la phase de redressement de l’Afghanistan afin de garantir sa stabilité et sa sécurité.  Il a expliqué que depuis son accès à l’indépendance en 2006, le Monténégro avait fait donation d’armes légères et de munitions à l’Afghanistan et qu’une équipe médicale d’infanterie monténégrine se trouvait dans le nord du pays depuis le mois de mars.  Comparé au nombre de forces internationales déployées en Afghanistan, la contribution du Monténégro est symbolique, a convenu M. Šćepanović, mais elle représente néanmoins 2% de nos forces armées.  Il a ensuite annoncé que son pays et la Croatie envisageaient de former une équipe conjointe de formation pour appuyer les Forces de sécurité afghanes.


M. ERTUĞRUL APAKAN (Turquie) s’est réjoui de l’énergie renouvelée avec laquelle le Gouvernement afghan œuvre à la concrétisation du processus de Kaboul.  Il a ajouté qu’une paix durable en Afghanistan n’était possible qu’au moyen d’un processus de réconciliation incluant toutes les strates de la société pour renforcer l’union nationale.  Le représentant a indiqué que le plein exercice par l’Afghanistan de sa souveraineté nécessitait un renforcement de ses capacités, et notamment une formation accélérée de ses forces de sécurité.  Le représentant a ajouté que la Turquie, par l’organisation de plusieurs réunions internationales, prenait toute sa part à l’intensification du partenariat entre l’Afghanistan et ses voisins, essentiel pour assurer l’irréversibilité du processus en cours.


M. DALIUS ČEKUOLIS (Lituanie) a déclaré que la présence de la communauté internationale, notamment de la FIAS, est cruciale pour soutenir les efforts du peuple afghan.  Le développement et l’émergence d’une véritable capacité institutionnelle seraient impossibles sans une stabilisation de la situation en matière de sécurité.  Le délégué a fait part de l’« énormité » de la tâche à accomplir, qui requiert une attention constante et équilibrée à l’égard de toutes les provinces.  La Lituanie, qui mène une équipe de reconstruction dans la province de Ghor depuis 2005, constate que le manque d’attention accordée par les autorités centrales aux besoins de cette province a créé des tensions au sein de la société locale.  M.  Čekuolis a exprimé le souhait de voir la MANUA encourager plus vigoureusement le Gouvernement afghan à travailler non seulement sur des programmes nationaux mais aussi à être plus actif dans les provinces.


La Lituanie estime qu’il serait important d’envoyer davantage d’experts vers les bureaux sur le terrain et qu’une présence améliorée de la MANUA dans les provinces aidera les autorités à mieux préparer la transition vers une responsabilité complète.  Le délégué a également insisté sur le besoin de combiner et de coordonner le travail entrepris par les différents pays et les organisations.  La Lituanie, qui prendra la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) en 2011, considère que la dimension régionale est extrêmement pertinente et organisera à Vilnius, le 12 novembre prochain, une Conférence ministérielle sur l’Afghanistan qui se concentrera sur le potentiel de la coopération au développement.


M. ASHOUR (Jamahiriya arabe libyenne) a dénoncé le meurtre de civils innocents, aussi bien par les Taliban que par les forces internationales.  Malgré les appels répétés, les incidents se répètent de manière préoccupante, a-t-il relevé.  Le représentant a estimé que des enquêtes indépendantes devaient être menées afin de s’assurer que les auteurs de ces incidents soient traduits en justice.  Il a regretté que les stratèges de la guerre cherchent, selon lui, une victoire militaire à tout prix, ce qui pousse, a-t-il affirmé, beaucoup d’Afghans à rejoindre les rangs de l’insurrection.  La solution n’est pas de renforcer les forces de sécurité mais de réconcilier les Afghans pour qu’ils s’attèlent au développement, a-t-il estimé.  


Le représentant a réclamé la conclusion d’un cessez-le-feu avec les Taliban afin d’assurer la stabilité dans le pays.  Si les sommes dépensées au cours des opérations militaires avaient été dépensées pour appuyer le développement, l’Afghanistan ne serait pas ce qu’il est aujourd’hui, a-t-il regretté.  M. Ashour a engagé la communauté internationale à appuyer les programmes qui permettront à l’Afghanistan de s’acquitter de toutes ses responsabilités en tant qu’État souverain et d’assurer la réconciliation nationale.  À ce propos, il a assuré que la création d’un climat propice au retrait des forces internationales est une condition sine qua non de cette réconciliation.


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