23/03/2010
Assemblée générale
AG/10927

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Assemblée générale

Soixante-quatrième session

76e & 77e séances plénières

Matin & après-midi


FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT: IL FAUT DONNER VIE AU CONSENSUS DE MONTERREY ET MOBILISER LES RESSOURCES INTÉRIEURES, SOULIGNE LE DIALOGUE DE HAUT NIVEAU


Les Nations Unies doivent jouer un rôle central dans le processus visant à honorer les engagements internationaux pris en matière de financement du développement et pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a déclaré ce matin le Secrétaire général de l’ONU, à l’ouverture du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement qui se tient, pendant deux jours, à l’Assemblée générale des Nations Unies.


Examinant le suivi et la mise en œuvre des textes issus de la Conférence internationale de Monterrey sur le financement du développement, tenue en 2002, et de la Conférence d’examen de 2008, qui a eu lieu au Qatar, une quarantaine de délégations et des représentants d’institutions internationales ont plaidé, aujourd’hui, en faveur de l’acceptation d’une responsabilité mutuelle, les pays donateurs devant rendre prévisible le financement des politiques et des projets, et les pays en développement étant invités à déployer des stratégies de développement saines fondées sur l’application de règles de bonne gouvernance et la mobilisation des ressources intérieures.


Les pays en développement, en particulier en Afrique, ont été les plus durement frappés par une crise économique et financière dont ils ne sont pas responsables, a souligné ce matin le Président de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, M. Ali Abdussalam Treki, de la Lybie.  La réunion de haut niveau ouverte aujourd’hui vise à faire le point sur les mesures prises et pour celles à prendre pour inverser cette tendance, a-t-il expliqué.


La crise actuelle a remis en question les principes mêmes de la gestion économique mondiale, a quant à lui estimé le Premier Ministre du Tadjikistan, M. Akil Akilov.  À l’instar de nombreux intervenants, il a engagé les États Membres à assurer l’établissement d’une architecture économique mondiale plus juste, plus transparente et plus efficace, qui permette à tous les pays d’avoir accès aux ressources essentielles, aux technologies de pointe, ainsi qu’aux moyens nécessaires pour assurer leur développement.


Nombreux, également, ont été les intervenants qui ont lancé un appel en faveur de la réforme de l’architecture financière internationale et des institutions de Bretton Woods, afin d’en accroître la légitimité et l’efficacité.  Ces participants au Dialogue de haut niveau ont demandé une plus grande participation des pays en développement dans les processus de conception de politiques et de prise de décisions de ces institutions.  Le Secrétaire général des Nations Unies, M. Ban Ki-moon, s’est félicité des efforts déployés par le Fonds monétaire international (FMI) pour améliorer son cadre de prêts et a apprécié les efforts dont a fait preuve le G-20 en vue d’élargir et de renforcer la capacité de prêt du FMI.  Pour sa part, la Banque mondiale a lancé une série de réformes internes en vue de moderniser ses instruments financiers et non financiers, a dit son Vice-Président chargé de la réduction de la pauvreté, M. Otaviano Canuto.


À l’unisson, les intervenants ont invité les pays donateurs à maintenir le niveau de leur aide publique au développement (APD).  Si celle-ci a dépassé le cap des 125 milliards de dollars, a précisé le Directeur de la Division du développement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), M. Shisir Priyadarshi, les contraintes budgétaires dont souffrent en ce moment les pays donateurs en raison de la crise ne leur permettent pas d’augmenter davantage cette aide.  Le succès du Cycle de négociations de Doha, renforcé par une aide publique au développement suffisante et prévisible, sera la clef d’un développement durable et inclusif, a ainsi estimé M. Priyadarshi.


Il est également évident que chaque pays doit prendre ses responsabilités, s’agissant de son propre développement, en mobilisant ses ressources nationales pour ne pas s’appuyer uniquement sur l’APD, ont reconnu aujourd’hui les intervenants au Dialogue de haut niveau.  M. Petko Draganov, Secrétaire général adjoint de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a aussi plaidé en faveur de l’augmentation des flux d’investissements étrangers directs (IED) tout en mettant en garde contre les investissements spéculatifs.


De son côté, l’Administratrice associée du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), Mme Rebeca Grynspan, a invité les États Membres à utiliser les financements innovants, donnant l’exemple du mécanisme mis en place pour la lutte contre le paludisme, la tuberculose et le sida.  Le représentant du Japon a signalé que son pays sera le prochain président du Groupe pilote sur les financements innovants pour le développement.


Mme Grynspan a aussi souligné que le développement et la défense de l’environnement doivent aller de pair.  En vertu de l’Accord de Copenhague, il faut trouver des ressources supplémentaires dans ce domaine pour les 10 prochaines années, a indiqué M. Ban Ki-moon qui a rappelé qu’il avait mis en place un Groupe consultatif de haut niveau sur la question du financement de l’adaptation aux effets des changements climatiques.  Le Secrétaire général a, en outre, souhaité une plus grande adéquation entre les mesures à court terme prises dans le cadre de la réaction à la crise et la réalisation des objectifs de développement sur le long terme.  C’est le souci des neuf initiatives lancées par le Conseil des chefs de secrétariat pour la coordination, a précisé M. Ban Ki-moon.  En outre, en juin prochain, un prototype du système d’alerte sur l’impact et la vulnérabilité mondiale sera présenté, a-t-il indiqué.  Un rendez-vous important pour la communauté internationale sera le Sommet sur les OMD, prévu en septembre prochain au Siège des Nations Unies, et décidera d’un plan d’action permettant d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici 2015, a rappelé le Secrétaire général.


Le débat général du Dialogue de haut niveau sur le financement du développement se poursuivra demain, mercredi 24 mars, à 10 heures.  Trois tables rondes se dérouleront en parallèle.  Est également inscrit à l’ordre du jour un débat interactif informel sur le thème: « La relation entre le financement du développement et la réalisation des OMD: la voie vers la manifestation de haut niveau de 2010 ».



SUIVI ET MISE EN OEUVRE DES TEXTES ISSUS DE LA CONFÉRENCE INTERNATIONALE DE 2002 SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT ET DE LA CONFÉRENCE D’EXAMEN DE 2008: DIALOGUE DE HAUT NIVEAU SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT


Déclarations


M. ALI ABDUSSALAM TREKI, Président de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, a rappelé que les pays en développement avaient été les plus durement frappés par une crise économique et financière dont ils ne sont pas responsables.  Cette réunion de haut niveau vise à faire le point sur les mesures prises et à prendre pour inverser cette tendance, a-t-il dit.  La priorité est à la revitalisation de l’économie mondiale de manière durable.  Or, jusqu’à présent malgré les efforts déployés de part et d’autre, les conditions requises n’ont toujours pas été remplies pour assurer un développement durable.  L’aide au développement risque de chuter, a prévenu le Président, qui a exhorté les pays développés à respecter les engagements qu’ils ont pris en faveur du renforcement de cette aide et de l’amélioration de sa coordination.  Soulignant aussi la gravité du problème de la dette, M. Treki a appelé à la réforme du système financier international dans lequel il faut renforcer la participation des pays en développement.  « Faisons de cette réunion une fenêtre pour éradiquer la pauvreté », a-t-il lancé en conclusion.


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a noté les signes de redressement de l’économie mondiale tout en rappelant combien la croissance reste cependant fragile.  Les pertes d’emplois se poursuivent, a-t-il noté.  Malgré les nombreux défis qui se posent encore, il a appelé les pays donateurs à maintenir néanmoins le niveau de leur aide publique au développement (APD).  Les institutions internationales ont un rôle crucial à jouer, a-t-il ajouté, expliquant que l’accès au financement peut alléger les difficultés rencontrées dans les efforts de redressement économique.  Le Secrétaire général s’est d’ailleurs félicité des efforts du Fonds monétaire international (FMI) pour améliorer son cadre de prêts et a apprécié les efforts du G-20 en vue d’élargir et renforcer la capacité de prêt du FMI.


Au cours de la Conférence des Nations Unies sur la crise financière et économique mondiale, qui s’est tenue en juin 2009, on a mis l’accent sur l’importance de l’adéquation entre les mesures à court terme prises dans le cadre de la réaction à la crise et la réalisation des objectifs de développement sur le long terme.  C’est le souci des neuf initiatives lancées par le Conseil des chefs de secrétariat pour la coordination, a précisé le Secrétaire général.  En juin prochain, un prototype du système d’alerte sur l’impact et la vulnérabilité mondiale sera présenté, a-t-il indiqué, avant d’appeler les États Membres à soutenir ces efforts.  Il a aussi rappelé que le Sommet sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), prévu en septembre prochain, décidera d’un plan d’action permettant d’atteindre les Objectifs en 2015.  Le monde a enregistré des succès en matière de réalisation des OMD, y compris dans certains des pays les plus pauvres, mais nous savons ce que cela coûte en termes de politiques et d’investissements, a dit M. Ban.


La crise financière et économique a donné l’occasion à la communauté internationale de réfléchir à une réforme, a poursuivi le Secrétaire général, en vue d’une croissance plus stable, de la création d’emplois et du développement durable.  Il faut pour cela des politiques qui permettent aux pays en développement d’assumer la responsabilité qui leur incombe pour leur propre développement.  Le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha sur le financement du développement sont cruciaux, a-t-il aussi fait remarquer, invitant


la communauté internationale à réaliser les objectifs de développement dont la concrétisation dépend de la conclusion effective du Cycle de négociations commerciales de Doha.


Appelant à réformer le système financier international, M. Ban a souhaité que soient trouvés de nouveaux mécanismes pour coordonner la politique économique avec une gouvernance responsable.  Il s’est félicité des réformes en cours en ce qui concerne les institutions de Bretton Woods.  Nous devons aussi continuer de faire pression pour obtenir un accord international sur les changements climatiques, a-t-il souligné.  « L’Accord de Copenhague a appelé à trouver des ressources supplémentaires dans ce domaine pour les 10 prochaines années, et j’ai créé un Groupe consultatif de haut niveau sur la question de financement de l’adaptation aux effets des changements climatiques, qui est chargé de formuler des recommandations à cet égard », a ajouté M. Ban.  Enfin, le Secrétaire général a rappelé le rôle clef que doit jouer l’ONU dans le processus intergouvernemental visant à honorer les engagements internationaux pris sur les questions du financement du développement et de la réalisation des OMD.


M. AKIL AKILOV, Premier Ministre du Tadjikistan, a expliqué que la crise économique et financière a gravement affecté l’économie de son pays et révélé ses problèmes, dont une orientation trop marquée vers les exportations, une dépendance excessive aux matières premières et une réelle faiblesse du marché financier.  Le développement d’un certain nombre d’institutions de marché et surtout, d’environnement compétitif est devenu encore plus urgent, a avoué le Premier Ministre.  La création d’un environnement favorable à l’expansion du secteur privé est l’une des conditions préalables à un développement dynamique, a-t-il reconnu, dans ce cadre, avant de donner la liste des mesures mises en œuvre.


Il a tout de même admis que l’aide publique au développement (APD) sera de la plus haute importance pour atteindre la série d’objectifs que le pays s’est fixée.  Il a aussi appelé à l’adoption d’une approche intégrée dans les discussions sur l’élargissement des programmes d’allègement de la dette.  La crise actuelle, a-t-il conclu, a remis en question les principes mêmes de la gestion économique mondiale.  Le Premier Ministre a engagé les États Membres à établir une architecture économique plus juste, plus transparente et plus efficace qui permette à tous les pays d’avoir accès aux ressources essentielles, aux technologies de pointe, ainsi qu’aux moyens nécessaires pour assurer leur développement.  Il faut aussi, a-t-il dit, mettre en place des systèmes de garantie pour minimiser les risques d’une autre crise.


M. OTAVIANO CANUTO, Vice-Président de la Banque mondiale et Chef du réseau de la gestion économique et de la réduction de la pauvreté, a déclaré que d’ici à 2015, le taux de pauvreté au niveau mondial devrait atteindre une moyenne de 15%, soit 1% de plus que celui qu’il était avant la crise financière mondiale, qui est une crise qui fera basculer 64 millions de personnes supplémentaires dans la pauvreté extrême d’ici la fin de l’année 2010.  « Le redressement progressif qui s’opère actuellement ne permettra pas de regagner tout le terrain perdu », a prévenu M. Canuto, ajoutant qu’en Afrique subsaharienne, le taux de la population frappée par la pauvreté extrême devrait atteindre 38% d’ici à 2015, soit 2% de plus de ce qu’il aurait été avant la crise.  Par ailleurs, une analyse de l’Organisation internationale du Travail (OIT) suggère que les conditions qui auraient permis aux gens de disposer d’un travail décent se sont gravement détériorées, et que le nombre de travailleurs pauvres est passé de 41 à 100 millions de personnes en 2008-2009, a indiqué le Vice-Président.


Face à ces perspectives inquiétantes, une coopération multilatérale est nécessaire pour réaliser les OMD et garantir une mondialisation à la fois plus durable et plus inclusive, a préconisé M. Canuto.  Il a préconisé aux pays en développement, en particulier à ceux qui possèdent des ressources naturelles, de réaffirmer leur engagement en faveur de l’utilisation de ces ressources en faveur de la promotion de leur développement durable.  La ratification de la Convention des Nations Unies contre la corruption peut également contribuer à faciliter le redressement économique de ces pays, a également indiqué M. Canuto.  De leur côté, les donateurs devraient soutenir ces efforts en mobilisant des ressources additionnelles et en recourant à des mécanismes de financement innovants pour garantir la prévisibilité de l’aide publique au développement (APD), a-t-il recommandé.  Le rôle des institutions financières internationales devrait également être réaffirmé, notamment pour répondre aux faiblesses du marché et prêter assistance aux pays en développement.


Pour sa part, la Banque mondiale a lancé une série de réformes internes en vue de moderniser ses instruments financiers et non financiers, et elle a déployé des efforts en vue d’améliorer la fourniture de ses services, a dit M. Canuto.  Tout en soulignant l’importance de tenir les engagements pris à Monterrey, le Vice-Président s’est dit convaincu que les pays en développement présentaient de nombreuses opportunités en termes d’investissements, car on y profite aisément de retours sur investissement élevés, notamment dans le secteur des infrastructures.  La promotion de pôles de croissance multiples dans ces pays contribuerait largement au rééquilibrage de la distribution des bénéfices et des fruits de la mondialisation.  Le soutien aux pays en développement ne devrait donc pas être perçu comme un acte d’aumône, mais plutôt comme un investissement dans la croissance mondiale durable, a conclu Otaviano Canuto.


Mme REBECA GRYNSPAN, Administratrice associée du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), a indiqué que pour 2009, l’APD accuse un déficit de 635 milliards de dollars, ce qui menace la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  La possibilité pour les pays bénéficiant de l’aide d’augmenter leurs dépenses sociales est ainsi compromise, a-t-elle notamment indiqué.  Malheureusement, on oublie souvent que le court terme et le long terme commencent au même moment, a-t-elle prévenu, en soulignant que les promesses n’ont pas été tenues.  Elle a aussi relevé que le financement de la réaction aux changements climatiques décidé à Copenhague n’a pas encore été atteint.


Mme Grynspan s’est toutefois félicitée des progrès accomplis dans la réalisation des OMD, citant la forte baisse de la mortalité infantile et la hausse du taux de scolarisation.  Elle a aussi noté l’accès élargi aux antirétroviraux dans les pays à faible revenu.  Mais dans le même temps, a-t-elle constaté, le nombre de personnes souffrant de la faim chronique est passé à 1 milliard.  Si on veut réaliser les OMD d’ici à 2015, il faut mettre les bouchées doubles et concentrer l’action internationale sur des mesures concrètes.  Elle s’est ainsi félicitée des mécanismes de financement innovants mis en place, par exemple, pour la lutte contre le paludisme, la tuberculose et le sida.  Elle a aussi souligné que le développement et la défense de l’environnement doivent aller de pair.  Elle a ajouté que si l’on augmente l’aide au développement, il ne faut pas en même temps pratiquer le protectionnisme commercial.  Plaidant pour le renforcement de l’efficacité de l’APD et de sa prévisibilité, elle a préconisé une utilisation de l’APD comme catalyseur pour les réformes structurelles.


M. PETKO DRAGANOV, Secrétaire général adjoint de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), a estimé que la crise financière a remis à l’ordre du jour le rôle que doivent jouer les États dans la conduite des affaires concernant leurs économies.  Dans l’immédiat, il faut limiter les conséquences de la crise, tandis qu’à plus long terme, nous devons prévenir l’occurrence de nouvelles crises en révisant de fond en comble le fonctionnement des systèmes financiers, a-t-il préconisé.  Il est donc vital, a-t-il dit, de recentrer l’activité financière.  Dans les pays en développement, cette activité doit fournir l’impulsion nécessaire aux activités économiques humaines, et à la création d’emplois de bonne qualité.


De même, a poursuivi M. Draganov, le développement et la diversification des capacités de production sont essentiels.  « Il ne peut en outre exister de véritable concurrence internationale si les capacités productives des pays les moins avancées sont tuées dans l’œuf », a ajouté M. Dragonov, en soulignant la pertinence toujours réelle du traitement spécial et différencié.  Il a aussi demandé le respect des engagements pris en ce qui concerne l’APD et a plaidé en faveur de l’augmentation des flux d’investissements étrangers directs (IED).  Ceci nécessite la mise en place d’un cadre régulateur et macroéconomique capable de décourager la spéculation, a-t-il estimé.  Il a, à cet égard, souligné le rôle que peuvent jouer les gouvernements.


M. Dragonov a conclu en saluant les changements qui sont en cours dans la gouvernance financière globale, « bien qu’il faille faire plus pour décourager les mouvements spéculatifs et rééquilibrer les mécanismes de prise de décisions au sein des institutions de Bretton Woods ».


M. SHISIR PRIYADARSHI, Directeur de la Division du développement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a estimé qu’un redressement de l’économie mondiale était en cours.  Les mesures protectionnistes excessives doivent être évitées, a-t-il souligné, faisant remarquer que les institutions financières internationales, en résistant à ces mesures, ont démontré leur pertinence.  L’accord conclu à Doha permet de limiter les restrictions aux échanges commerciaux et de donner plus de certitude à un système commercial inclusif, a poursuivi M. Priyadarshi.  Il a rappelé que le commerce et le développement sont étroitement liés.  Une aide efficace et ciblée pour faciliter le commerce contribuera à éliminer les obstacles auxquels sont confrontés les pays en développement et qui les privent de profiter pleinement des avantages de la mondialisation.  Selon les chiffres récemment publiés parl’Organisation de coopération et de développement économique (OCDE), l’APD a dépassé aujourd’hui le cap des 25 milliards de dollars.  Toutefois, les contraintes budgétaires imposées à de nombreux bailleurs de fonds en raison de la crise ne permettent pas d’augmenter davantage cette aide.  Le succès du Cycle de négociations de Doha, renforcé par une aide publique au développement suffisante et prévisible, sera la clef d’un développement durable et inclusif, a estimé M. Priyadarshi.


M. NICKEL LEE HANG, Ministre des finances de Samoa, a estimé que le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha réaffirment l’importance des partenaires pour l’aide au développement.  Mais un développement économique et social durable ne sera une réalité que s’il est mené par le pays lui-même, a-t-il ajouté.  Il a rappelé que la crise économique et financière n’a épargné personne et a touché en particulier les petits États insulaires en développement (PEID).  Les changements climatiques s’ajoutent aux effets de la crise, a-t-il aussi noté, soulignant la perte de vies innocentes et la disparition de villages entiers dans ces pays.  Le Gouvernement de Samoa s’est engagé à maintenir la stabilité économique en améliorant notamment le cadre de réglementation en matière de dette et de développement.  Les partenaires de Samoa pour le développement ont un rôle important dans ce processus, a reconnu le Ministre.  « Au niveau sectoriel, nous avons développé des approches visant à renforcer la coordination des fournisseurs de l’aide.  Nous restons engagés à mettre en œuvre la stratégie de gestion de la dette qui nous permet notamment de fixer les plafonds de la dette publique et du déficit fiscal respectivement à 40% et 3,5% du PNB après le redressement qui a suivi le tsunami. »  Le Gouvernement de Samoa, a assuré le Ministre, continue à donner la priorité à la question de la vulnérabilité, notamment avec le plan d’allègement des frais de scolarité, et à développer les infrastructures du pays comme les routes.


M. JOAO GOMES CRAVINHO, Secrétaire d’État aux affaires étrangères et à la coopération du Portugal, a estimé que la question du développement devrait être intégrée de manière horizontale au sein des politiques et stratégies adoptées aux niveaux national, régional et international.  Il a indiqué que pour sa part, le Portugal entendait axer ses efforts sur la promotion d’« emplois verts » et sur les sources d’énergie renouvelable.  Il n’existe pas de solution unique aux problèmes auxquels sont actuellement confrontés les pays, a-t-il fait remarquer.  L’’administration fiscale et la bonne gouvernance sont d’une « importance vitale » pour le développement, a-t-il dit, relevant toutefois que la réforme fiscale dépendait d’un processus politique complexe et que chaque pays devrait s’y atteler à son rythme.  Pendant de nombreuses années encore, a admis M. Gomes Cravinho, la réforme fiscale de nombreux pays demeurera insuffisante pour assurer la collecte de fonds nécessaires au développement.  La communauté internationale doit continuer à accorder une attention particulière aux pays les moins avancés ainsi qu’aux petits États insulaires en développement.


Le Secrétaire d’État portugais aux affaires étrangères a rappelé que, dans de nombreux pays en développement, des conflits violents avaient anéanti les progrès réalisés dans le cadre du développement.  Il s’est dit convaincu qu´en demeurant engagée, même dans les situations les plus difficiles, la communauté internationale pourrait empêcher que les conflits ne s’aggravent ou ne s’étendent.  Il est également important de porter une attention accrue sur les défis auxquels est actuellement confronté le continent africain.  M. Gomes Cravinho a par ailleurs estimé que le succès des solutions adoptées par le G-20 dépendait, dans une large mesure, de l’inclusion des positions exprimées par les pays en développement et des groupes régionaux, notamment en ce qui concerne la réforme des institutions financières internationales, y compris la Banque mondiale.  Le Portugal, a-t-il ajouté, appuie fermement la création d’un siège supplémentaire pour l’Afrique subsaharienne au sein de cette institution.  Avant de conclure, le Secrétaire d’État portugais aux affaires étrangères a appelé à la création d’une ONU plus forte et où il existe une plus grande cohérence en matière de développement.


M. MOHAMED EL ORABY, Vice-Ministre des affaires étrangères pour les affaires économiques internationales et la coopération de l’Égypte, a affirmé que les pays en développement avaient enregistré des progrès tangibles et importants sur la voie de la réalisation de leurs engagements découlant de l’ordre du jour du financement du développement, en particulier en matière de bonne gouvernance et de mise en œuvre de politiques macroéconomiques saines.  L’Égypte, en particulier, a fourni de gros efforts, sa capacité à mobiliser ses ressources internes et à stimuler la demande ayant renforcé ses chances de succès, a indiqué le Vice-Ministre égyptien.  Tout ceci, a-t-il dit, a accru, dans une large mesure, la capacité de notre pays à résister à la crise financière mondiale et à ses différents impacts.


Néanmoins, a-t-il ajouté, tous ces efforts, déployés au niveau intérieur, doivent être complétés par une bonne gouvernance au niveau international, celle-ci devant commencer par l’établissement d’une architecture économique et financière saine.  M. El Oraby a mis l’accent sur le lien étroit qui existe entre la réalisation des objectifs de développement agréés au niveau international et l’établissement d’une architecture économique et financière saine.  Ce sont des objectifs complémentaires, se renforçant mutuellement, et qui sont une partie intégrante de l’ordre du jour du financement du développement, a-t-il estimé.  Par ailleurs, bien qu’appréciant les efforts entrepris par le G-20, l’Égypte souligne la nécessité d’élargir la composition de ce groupe afin que le continent africain y soit davantage représenté, a dit Mohamed El Oraby.


M. JOSE FERNANDEZ, Sous-Secrétaire d’État chargé des affaires économiques, de l’énergie et des entreprises des États-Unis, tout en réaffirmant que les principes de Monterrey continuaient de guider l’action de son pays, a mis l’accent sur l’importance de mobiliser des sources de financement innovantes ou alternatives pour compléter l’aide publique au développement.  C’est la raison pour laquelle l’Administration américaine estime qu’il est nécessaire de consacrer des fonds publics et privés à une croissance économique mondiale soutenue, et qu’elle souligne que la prospérité des autres pays est dans l’intérêt économique des États-Unis.  Le représentant a évoqué l’importance qu’il y a d’établir des partenariats avec des dirigeants d’entreprises responsables et a dit qu’il était recommandé de soutenir l’expansion des services financiers et de l’épargne dans les pays en développement.  Les milliards de dollars que représentent les envois de fonds effectués par les migrants peuvent également aider à lutter contre la pauvreté, a-t-il précisé.  Huit années se sont écoulées depuis Monterrey.  Il est temps d’élargir et de diversifier les sources de financement, a-t-il insisté, ajoutant que le dialogue d’aujourd’hui donnait aussi l’occasion de rappeler le rôle central que joue à cet égard un système commercial multilatéral ouvert et inclusif.


Mme OLGA ALGAYEROVÁ, Secrétaire d’État au Ministère des affaires étrangères de la Slovaquie, a souligné que cette réunion a lieu à un moment de grande instabilité et de redressement économique au niveau mondial.  Elle a souhaité que l’ONU saisisse cet élan en vue d’accélérer la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  La Slovaquie est engagée à mettre en œuvre le Processus de Monterrey et la Déclaration de Doha, a-t-elle poursuivi.  Pour appliquer efficacement le Processus de Monterrey, il faut mobiliser les ressources financières destinées au financement du développement et veiller à la bonne gouvernance au niveau international.  Les flux de capitaux privés sont particulièrement importants, a estimé Mme Algayerová, qui a assuré que son pays facilitait la mobilisation de ressources nationales en améliorant la gestion publique et le système fiscal et en renforçant également la coopération fiscale internationale.  La Slovaquie déploie tous les efforts nécessaires pour respecter ses obligations à l’égard de l’aide publique au développement (APD), a-t-elle assuré.  Il faudrait annuler la dette des pays en développement très endettés, a-t-elle proposé.  Avant de conclure, Mme Algayerova a rappelé que son gouvernement avait appuyé la conclusion de l’Accord de Doha, qui a une vaste portée pour la croissance et le développement.


M. JORGE VALERO, Vice-Ministre des affaires étrangères pour l’Amérique du Nord et des affaires multilatérales du Venezuela, a rappelé que les pays en développement n’étaient nullement responsables de la crise économique et financière actuelle.  Réitérant la position exprimée par le Groupe des 77 et de la Chine, il a souligné la nécessité de renforcer les mécanismes de surveillance du financement du développement.  Les pays développés doivent porter à hauteur de 0,5% de leur produit intérieur brut, d’ici à 2010, et de 0,7% d’ici à 2015, le montant de l’APD.  Ils doivent aussi réduire la dette des pays en développement, ouvrir leurs marchés aux produits en provenance du monde en développement, et encourager les flux d’investissement directs étrangers vers le Sud, a indiqué le Vice-Ministre des affaires étrangères du Venezuela.  Il a également lancé un appel pour le lancement d’une réforme radicale du système financier international et pour le renforcement de l’architecture financière aux niveaux régionale et sous-régional.  Enfin, les pays en développement doivent bénéficier d’un appui à leurs politiques contre-cycliques visant à lutter contre l’inflation.  Dans ce contexte, il est essentiel de mettre fin aux conditions imposées par le FMI aux pays en développement qui veulent avoir accès à leurs droits de tirage spéciaux, a ajouté M. Valero.


M. JUAN LOPEZ DORIGA, Directeur général du plan et de l’évaluation des politiques de développement (MFAC), s’exprimant au nom de l’Union européenne, a jugé très important de réaffirmer les engagements liés à l’APD et de réaliser des progrès dans le respect des principes relatifs à l’efficacité de l’aide.  Il a aussi demandé la conclusion rapide du Cycle de Doha, et un résultat ambitieux et équilibré pour les pays en développement.  Il a jugé essentiel d’analyser plus en détail les sources innovantes de financement, tout en arguant que la mobilisation des ressources internes demeure une des meilleures formules pour accroître les ressources du développement.  Il a estimé que la lutte contre l’évasion fiscale pourrait ainsi mobiliser entre 500 et 800 milliards de dollars en faveur du développement, avant d’assurer que l’UE s’attaque à la question.


Après avoir souligné la nécessité de multiplier les efforts pour augmenter les IED et les envois de fonds, le représentant a admis que le défi pour la communauté internationale est aussi d’assurer une architecture intelligente de règles pour le commerce international et d’accords bilatéraux et régionaux pour ouvrir des perspectives de développement aux pays en développement.  La prévisibilité et le renforcement d’ « Aide pour le commerce » est essentiel, à cet égard, a-t-il reconnu.  Le représentant a poursuivi en assurant que l’UE continuera à appuyer les programmes d’allègement de la dette tout en étudiant des mécanismes pour atténuer les conséquences des éventuelles crises de la dette.  Il a conclu en exprimant l’attachement de l’UE aux mécanismes de responsabilité citoyenne des entreprises, à une meilleure coordination entre l’ONU et les institutions de Bretton Woods et à la lutte contre les changements climatiques.


M. ABDULLAH MOHAMED ALSAIDI (Yémen), au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé que la Conférence de Monterrey sur le financement du développement est considérée comme un des grands succès des Nations Unies dans le domaine du développement.  Le Consensus de Monterrey, issu de cette rencontre, est une étape importante vers l’établissement d’un partenariat efficace entre l’ONU et les institutions financières multilatérales, mais l’espace gagné à Monterrey et réitéré à Doha s’est amenuisé, a-t-il noté.  Le Groupe des 77 et de la Chine a participé la semaine dernière à la Réunion spéciale de haut niveau du Conseil économique et social (ECOSOC) avec les institutions de Bretton Woods, la CNUCED et l’OMC, a-t-il signalé.  Nous avons convenu qu’il fallait un niveau de représentation plus soutenu des pays dans ces discussions.  Le quatrième Dialogue de haut niveau sur le financement du développement, qui commence aujourd’hui, va mettre l’accent sur la nécessité de réformer le système monétaire et financier international et passera en revue les sources nouvelles et innovantes du financement du développement, a-t-il annoncé.


Le représentant du Yémen a ensuite expliqué que les pays en développement ont été obligés d’investir des ressources massives pour réduire leur dette, et qu’ils ont aussi dû protéger leur monnaie dans un environnement instable.  Le Groupe des 77 et de la Chine espère que les Nations Unies joueront un rôle fondamental dans le processus de réforme de la structure de gouvernance et de la cohérence des différents organismes financiers, commerciaux et économiques internationaux pour y faciliter la réforme politique et y donner une juste place aux pays en développement, a dit M. Alsaidi.  Le représentant a parlé de l’importance particulière qui doit être accordée au Groupe de travail à composition non limitée de l’Assemblée générale chargé de suivre les questions contenues dans le document de la Conférence sur la crise financière et économique et sur ses incidences sur le développement.  Le Groupe des 77 et de la Chine reste engagé dans la discussion du mécanisme de financement du développement, comme convenu dans la résolution adoptée à la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, a-t-il dit.  Le représentant a aussi souligné l’interaction entre le financement du développement et les Objectifs du Millénaire du développement (OMD), surtout l’Objectif numéro 8.  L’impact de la crise a aggravé les déséquilibres structurels, et il faut arriver à une stratégie à long terme, notamment pour l’accès aux marchés, a-t-il dit.  Il a aussi noté combien le commerce est un instrument vital pour promouvoir une croissance à long terme et a appelé à la conclusion du Cycle de négociations commerciales de Doha.  L’engagement pris par les pays riches de consacrer 0,7% de leur PIB à l’aide publique au développement (APD) doit être réalisé, a-t-il aussi souhaité.


S’exprimant au nom des pays du Groupe de Rio, M. EDUARDO GÁLVEZ (Chili) a estimé que du financement du développement dépend la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a réaffirmé que chaque pays est en premier responsable de son propre développement durable, et que c’est la raison pour laquelle la mobilisation des ressources internes reste primordiale, même si elle doit être complétée par des sources de financements extérieures.  Pour parvenir aux OMD, les pays ont également besoin d’un cadre économique propice au financement du développement, tel que défini dans le Consensus de Monterrey, et d’un maintien constant des flux d’aide publique au développement à un niveau acceptable.  « Les instruments sont là, mais la mise en œuvre fait encore défaut », a déclaré le représentant.  Rappelant le rôle central que joue la coordination à cet égard, il s’est dit convaincu que l’ONU, et en particulier l’Assemblée générale, de par sa dimension universelle, est l’enceinte idéale pour traiter de questions de cette portée.  Pour le Groupe de Rio, il est opportun que le Secrétariat examine actuellement les meilleures options possibles pour mettre en place une meilleure gouvernance économique mondiale, a dit le représentant du Chili.  Il a déclaré en conclusion que l’assistance financière et technique internationale devait s’aligner sur les priorités nationales des pays en développement.


M. ANATOLIO DONG MBA (Guinée équatoriale), s’exprimant au nom du Groupe des États africains, a regretté que les pays en développement, qui ne sont pas à l’origine de la crise financière et économique, en sont les plus affectés.  Les indicateurs montrent que le déficit des engagements pris à l’égard de l’Afrique est plus élevé que le déficit mondial, ce qui soulève des questions sur le sérieux de ces engagements, a relevé le représentant.  C’est pourquoi, il a appelé les pays développés, et en au particulier les membres du G-8, à s’acquitter de leurs engagements en faveur de l’aide publique au développement (APD) destinée à l’Afrique.  Le Groupe des États africains, a-t-il ajouté, souhaite qu’un mécanisme de suivi des engagements pris à l’égard de l’Afrique en matière de développement en septembre 2008 soit mis en place.


M. Dong Mba a ensuite souligné l’importance de la mobilisation des ressources non seulement au niveau national, mais également au niveau international.  La cohérence et la consistance de la gouvernance économique internationale constituent une part intégrante du processus de financement du développement, a-t-il estimé.  C’est pourquoi, il a réitéré qu’il était nécessaire pour les pays africains de participer activement au processus décisionnel concernant les grandes questions économiques internationales.  Il faut éviter, a-t-il dit, de marginaliser le continent africain.  Avant de conclure, le représentant a fait remarquer que des progrès avaient été accomplis par la plupart des pays africains qui ont amélioré leur gestion macroéconomique et fiscale.  Si les effets des crises mondiales ont beaucoup ralenti leur croissance, ces pays devraient cependant revenir aux niveaux antérieurs.


M. GYAN CHANDRA ACHARYA (Népal), qui s’exprimait au nom du Groupe des pays les moins avancés (PMA), a estimé que tous les engagements souscrits au titre de l’aide publique au développement (APD) devaient être honorés, en particulier ceux pris à l’égard des PMA, afin de les aider à surmonter les questions de développement ainsi que les défis nouveaux et émergeants.  En outre, les pays les moins avancés devraient être en mesure d’accéder aux marchés des pays développés sans qu’ils soient l’objet de pratiques douanières discriminatoires, a-t-il souligné.  Il a ainsi mis l’accent sur l’importance qu’il y a à conclure le Cycle de négociations commerciales de Doha.  Il convient également, a-t-il ajouté, que les institutions financières internationales, en particulier la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI), fassent en sorte que les nouvelles structures créées dans le cadre des crises multiples actuelles soient inclusives et intègrent les PMA.  Le représentant a par ailleurs souligné la nécessité de trouver une solution pour alléger le fardeau de la dette dont souffrent les pays pauvres, grâce à une gestion durable et à un moratoire sur la dette.


M. JULIO ARRIOLA (Paraguay), qui s’exprimait au nom du Groupe des pays en développement sans littoral, a souligné la nécessité de procéder à une réforme du système monétaire et financier international, afin que soit reflétée une représentation plus réelle des pays en développement et des pays émergents.  Les réformes doivent être structurées, a-t-il ajouté.  De même, a-t-il estimé, les Nations Unies doivent jouer un rôle central en vue d’assurer le succès des efforts entrepris.  Le représentant a par ailleurs souhaité que le Cycle de négociations commerciales de Doha s’achève avec succès et que les pays développés évitent de tomber dans le piège des politiques protectionnistes.  Il a en outre mis l’accent sur la nécessité d’aboutir à un consensus pour permettre un allègement de la dette des pays concernés.  Il a indiqué que les pays en développement sans littoral accordaient une attention particulière à la recherche de sources de financement innovantes en vue de leur permettre de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.


M. CAMILLO GONSALVES (Saint-Vincent-et les Grenadines), au nom de la CARICOM, a constaté que huit ans après le Consensus de Monterrey, les engagements pris par les pays développés en faveur de l’aide publique au développement sont loin d’être respectés.  Pour leur part, les pays en développement ont depuis pris leur destin en mains en assurant leur croissance économique et leur développement par le biais d’une meilleure gouvernance, de la lutte contre la corruption et en créant des cadres institutionnels favorisant la croissance du secteur privé.  Les pays de la CARICOM illustrent bien cette démarche et sont même allés plus loin en créant un marché commun, a fait remarquer le représentant.  Tous les efforts qu’ils déploient pour leur assurer une meilleure intégration au marché mondial sont freinés par des mesures économiques mondiales qui ne tiennent pas suffisamment compte des besoins spécifiques des petits États à revenu moyen comme ceux qui forment la CARICOM, a-t-il regretté.  Les pays à revenu moyen qui sont très endettés doivent bénéficier d’une aide mieux ciblée, afin d’assurer un système monétaire et financier international plus cohérent, a estimé M. Gonsalves.


Toujours sous le coup de la crise économique et financière mondiale, les pays de la CARICOM ne sont pas sortis de la récession, a-t-il souligné, rappelant que les mesures palliatives ne sont ni nouvelles ni inconnues et qu’elles avaient été étayées lors de la Conférence internationale sur l’impact de la crise de juin 2009.  Il a particulièrement insisté sur la nécessité de faciliter l’accès des pays de la CARICOM aux prêts concessionnels, se félicitant à cet égard de la décision de la Banque mondiale d’encourager les autres institutions financières internationales à octroyer de tels prêts.  Il a également évoqué l’impact de la crise sur le secteur du tourisme, qui représente l’un des secteurs économiques les plus importants pour la CARICOM, et notamment l’effet inverse de la nouvelle obligation de payer une surcharge pour tout bagage enregistré sur les vols vers les Caraïbes.  En outre, la CARICOM est préoccupée par la tendance actuelle de groupes de pays limités qui se réservent le droit de prendre des décisions pour la communauté tout entière.  Illustrant son propos, M. Gonsalves a rappelé que les pays de la CARICOM ne participaient ni aux réunions du G-8 et du G-20, ni à celles de l’OCDE, alors même que les décisions prises par ces instances ont un impact sur les pays des Caraïbes.


M. ANDREW GOLEDZINOWSKI (Australie), qui s’exprimait également au nom du Canada et de la Nouvelle-Zélande (CANZ), a rappelé qu’à cause de la crise économique et financière, les pays en développement ont vu leur croissance économique stagner et chuter à 1,2% en 2009, après qu’elle ait en moyenne été de 8,1% en 2007.  Il en résulte un ralentissement dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a-t-il noté.  Malgré ces difficultés, les pays du groupe CANZ restent engagés à aider les pays en développement à atteindre ces Objectifs, a dit M. Goledzinowski.  Déclarant soutenir le Consensus de Monterrey et la Déclaration de Doha, le représentant a identifié quatre domaines principaux dans lesquels il faut édifier une capacité de résistance aux chocs sur le long terme.  Il faut ainsi honorer les engagements pris en faveur du versement de l’aide aux pays en développement; explorer les nouveaux mécanismes de financement et de partenariat; promouvoir un développement économique durable; et rendre l’aide plus efficace, a dit le représentant.  Il a signalé que les pays du groupe CANZ ont augmenté leur aide publique au développement (APD) de plus de 70% au cours des cinq dernières années.  Comme exemple de financement innovant, il a mentionné un troc de dette qui a été conclu entre l’Australie et l’Indonésie.


M. LESLIE K. CHRISTIAN (Ghana) a souligné le rôle central que jouent les produits de base dans les économies des pays en développement, dont ils constituent l’ossature des exportations.  Il faut limiter la fluctuation de leurs cours, a-t-il dit, car elle a un effet déstabilisateur sur le développement, la création d’emplois et la valeur des monnaies.  M. Christian a préconisé de s’attaquer durablement aux problèmes systémiques que sont le manque de diversité de la production et de la base économiques des pays en développement et l’absence d’équité dans le système commercial international.  Les marchés étant trop volatiles, les revenus d’exportation des gouvernements des pays en développement stagnent ou régressent, a-t-il noté.  Il a ainsi plaidé pour une intensification de l’aide au développement, qui doit cibler les besoins des pays en matière de produits de base, agricoles en particulier.  Dans la perspective de la réalisation des OMD, nous devons impliquer davantage les petits exploitants dans la chaîne de production et diversifier nos produits en vue de les rendre plus compétitifs, a-t-il recommandé.  En conclusion, il a expliqué que le Ghana s’efforçait de moderniser son économie en l’orientant vers les services en diversifiant son agriculture.


M. PETER WITTIG (Allemagne) a rappelé que son pays avait augmenté son aide au financement du développement ces dernières années, comme en témoigne sa volonté de porter à hauteur de 0,7% de son PIB le montant de son aide publique au développement d’ici à 2015.  Mais le développement durable n’est pas seulement une question de ressources financières, a-t-il indiqué, en soulignant que sa promotion dépendait aussi de l’adoption de bonnes politiques nationales et internationales et d’une bonne efficacité de l’aide.  Comme les autres intervenants, il a appelé à une vaste réforme du système financier international, et en particulier à une réforme des droits de vote au sein de la Banque mondiale, afin d’y accroître la visibilité des pays en développement.  Les pays donateurs sont en outre invités à renforcer les efforts à l’appui du secteur privé, afin de promouvoir le Partenariat public-privé, ainsi que la Responsabilité entrepreneuriale (« Corporate Responsability »), a suggéré le représentant, pour qui le Pacte mondial représente un cadre d’action solide à cet égard.  Une bonne gouvernance fiscale serait également de nature à augmenter les ressources domestiques, a poursuivi M. Wittig.  Il a en conclusion souligné l’importance de tenir compte de la question de l’endettement et de réfléchir à de nouveaux mécanismes au niveau international pour éviter que ce phénomène ne s’aggrave.


M. NICOLAS de RIVIÈRE (France) a déclaré que son pays partageait depuis 2002 une vision commune du financement du développement articulée autour de la nécessité d’une approche globale, dans une logique de cohérence au sein du système financier international et de partenariat.  Le représentant a décrit le contexte actuel, marqué par une crise qui, a-t-il précisé, n’a épargné personne.  Il a mis l’accent sur la nécessité de jeter les bases d’une croissance inclusive, durable et plus équilibrée.  Il convient tout d’abord de mobiliser la première ressource de financement du développement, à savoir les ressources nationales des pays eux-mêmes, a préconisé M. de Rivière.  Il faut ensuite accroître la contribution des flux de financement privés à la promotion du développement.  En outre, il convient de poursuivre la recherche de financements additionnels stables et prévisibles prélevés sur les flux de la mondialisation, a-t-il ajouté.  Enfin, le représentant a souligné l’importance qu’il y a à jeter les bases d’une mondialisation coopérative favorisant le développement durable.  Les Nations Unies sont un acteur majeur à cet égard et doivent poursuivre toutes ces réformes au service de leurs États Membres, a-t-il conclu.


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a reconnu qu’à la lumière des réformes en cours pour l’établissement d’une nouvelle architecture financière mondiale, les institutions de Bretton-Woods devaient jouer un rôle clef pour aider les pays à réaliser les OMD.  Parallèlement elle a invité les Nations Unies à adopter un mécanisme intergouvernemental plus efficace en vue de garantir un processus de suivi substantif, tout en veillant à promouvoir une approche inclusive.  Elle a également appelé tous les pays à respecter les engagements pris dans le cadre du Consensus de Monterrey.  L’un des OMD, à savoir l’éradication de la pauvreté, représente toujours un défi majeur à relever pour les pays à revenu moyen, a constaté la déléguée avant d’ajouter que les Nations Unies et les institutions financières internationales devaient aider ces pays, afin qu’ils puissent réaliser des progrès durables dans ce domaine.  Elle a également proposé que la communauté internationale recherche ensemble des sources novatrices de financement du développement, impliquant davantage le secteur privé et d’autres formes d’aide au développement.  Par ailleurs, pour Mme Aitimova, l’intégration des pays en développement dans l’économie mondiale dépend en large partie de l’instauration d’un système de commerce multilatéral opérationnel et juste.


Pour ce qui est de l’expérience du Kazakhstan, la représentante a affirmé que, depuis l’adoption de la Déclaration du Millénaire, son pays avait fait des progrès considérables sur la voie du développement durable.  Il s’agit maintenant de consolider les acquis et de trouver des solutions aux problèmes qui existent encore, a-t-elle poursuivi.  Soulignant également l’impact de la crise économique mondiale sur le taux de croissance économique du Kazakhstan, elle a cependant assuré que cette crise n’avait pas arrêté le développement de son pays, ceci grâce aux mesures efficaces et prises au bon moment par le Gouvernement.  Ces mesures ont notamment été prises pour favoriser une industrialisation rapide, et des investissements considérables ont été effectués dans les infrastructures du pays.


M. SHIGEKI SUMI (Japon) a appelé les pays donateurs à tenir leurs promesses en termes d’aide, tout en restant prêts à apporter cette aide à ceux qui en ont le plus besoin.  Le Japon va remplir les engagements pris dans ce domaine, en particulier en ce qui concerne son aide publique au développement (APD), a-t-il assuré.  Le Japon va aussi doubler le montant de ses investissements privés en Afrique d’ici 2012, a assuré M. Sumi.  Le représentant a aussi rappelé que, selon le Consensus de Monterrey, les pays développés et ceux en développement; ainsi que les secteurs publics et privés, partagent la responsabilité du développement.  Il a souligné en outre la nécessité de mobiliser un plus large éventail de ressources financières pour atteindre les objectifs de développement inscrits dans les OMD.  Le Japon est fier d’être le prochain président du Groupe pilote sur les financements innovants pour le développement, a-t-il ajouté.  Shigeki Sumi a aussi parlé de l’efficacité de la coopération triangulaire Sud-Sud dans les efforts de développement.  Chaque pays doit prendre ses responsabilités s’agissant de son propre développement et ne pas s’appuyer uniquement sur l’APD, a-t-il préconisé.  Il faut donc mobiliser les ressources nationales et les investissements directs étrangers, a-t-il ajouté.  Passant au domaine du commerce, le délégué japonais a rappelé que son pays était fermement engagé dans le Cycle de négociations commerciales de Doha, et était favorable à la libéralisation du commerce.  Enfin, M. Sumi s’est prononcé en faveur d’une réforme de la gouvernance des institutions financières internationales, afin d’accroître leur légitimité et leur efficacité.


M. LI BAODONG (Chine) a estimé que les Nations Unies devaient continuer à jouer un rôle de chef de file dans le financement du développement et dans la facilitation de la création de partenariats entre les gouvernements et tous les secteurs de la société.  La Chine propose donc de galvaniser la volonté politique, de mobiliser les ressources internationales, et de faire le maximum d’efforts pour la mise en œuvre du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha sur le financement du développement, a dit M. Li.  Il faut que les pays développés remplissent leur engagement d’allouer 0,7% de leur produit intérieur brut (PIB) à l’aide publique au développement (ADP), a ajouté le représentant, appelant aussi à annuler les dettes et à ouvrir les marchés aux pays en développement.  M. Li Baodong a aussi appelé les gouvernements à renforcer la coordination de leurs politiques macroéconomiques par des mesures dans les domaines fiscal, monétaire et règlementaire.  La communauté internationale doit rester sur ses gardes en ce qui concerne le protectionnisme, a-t-il aussi averti, avant d’appeler les pays développés à ouvrir leurs marchés et à réduire leurs tarifs douaniers.  Le représentant de la Chine a estimé que les pays en développement doivent être plus associés à la gouvernance mondiale.  Pour ce qui la concerne, la Chine a dû faire face à de grands défis liés à la crise mondiale mais a ajusté en conséquence sa politique macroéconomique et mis en œuvre son plan de réaction à la crise, a souligné M. Li.  Le pays va en outre continuer à faire tout son possible pour aider les autres pays en développement, a assuré le représentant.


M. TOMMO MONTHE (Cameroun) a estimé que les efforts supplémentaires de mobilisation des ressources en faveur du développement ne peuvent faire l’économie de la mise en place d’un système commercial multilatéral plus juste.  Il y a donc urgence à sortir le Cycle de négociations commerciales de Doha de l’impasse actuelle, en vue de bâtir une architecture commerciale multilatérale centrée sur le développement, a dit le représentant.  Conscient que chaque État a la responsabilité première du bien-être de sa population, le Cameroun a pris un train de mesures parmi lesquelles l’élaboration d’un Document de stratégie pour la croissance et l’emploi, qui met désormais l’accent sur le développement des secteurs productifs.  En outre, notre gouvernement, a indiqué M. Monthé, a adopté la Vision de développement à long terme du Cameroun à l’horizon 2035, dont la finalité est de faire de celui-ci un pays émergent.  Il a également mis en œuvre un Programme national de Gouvernance pour la période 2006-2011, orienté vers l’amélioration de l’action de l’État, le renforcement de la transparence dans la gestion des ressources publiques, et la lutte contre la corruption.  Ces mesures parmi d’autres, qui visent le renforcement de la croissance économique, et partant de la réduction de la pauvreté, requièrent d’importances ressources financières à rechercher bien au-delà de nos capacités nationales propres, a cependant souligné le représentant.  Ceci concerne notamment les grands chantiers industriels, énergétiques, portuaires, routiers et agricoles.  Ces projets s’intègrent dans des actions sous-régionales, si l’on tient compte du fait que le Cameroun est la porte d’entrée pour plusieurs pays d’Afrique centrale sans littoral, a précisé M. Tommo Monthé.


Mme HEIDI GRAU (Suisse) a regretté que la préparation du Dialogue de haut niveau de l'Assemblée générale ait rencontré des difficultés, dont des changements de programmes de  dernière minute.  Elle a déclaré que seules les Nations Unies avaient la capacité de rapprocher toutes les parties prenantes sur une base d’inclusion et qu’elles pouvaient jouer un rôle essentiel en surveillant le système financier international, en analysant son fonctionnement et en recommandant des solutions à l’échelle mondiale et nationale.  Un groupe d’experts indépendants travaillant avec pragmatisme sur les risques systémiques pourrait fournir un appui considérable à nos responsables, a-t-elle dit.  Elle a déclaré que la valeur ajoutée qu’offre l’ONU en tant que cadre universel justifiait aussi un engagement plus déterminé du G-20 avec les membres de l’ONU.


Mettant l’accent sur la notion de responsabilité mutuelle, la représentante a exhorté les pays donateurs à rendre le financement prévisible et transparent et les pays en développement à déployer des politiques de développement saines fondées sur la bonne gouvernance.  Elle a ajouté que cette responsabilité mutuelle concernait également les relations entre l’État et le secteur privé, en précisant que la bonne gouvernance et le respect de l’état de droit étaient indispensables pour promouvoir les investissements directs étrangers (IED) et l’émergence d’un secteur privé dynamique.  L’intégration des principes de la responsabilité sociale des entreprises dans les stratégies commerciales va de pair avec la mise en œuvre des normes les plus strictes de responsabilité et de transparence au niveau national, a-t-elle ajouté.  La représentante a souhaité que le Pacte mondial adopte une attitude plus proactive à l’égard du secteur privé, en mettant l’accent sur le développement durable.  En tant que promoteur du principe de subsidiarité, notamment en ce qui concerne la décentralisation fiscale et le développement économique local, a-t-elle ajouté, la Suisse fournit à ses pays partenaires une assistance technique qu’elle se propose de maintenir.  Mme Grau a estimé que le partenariat mondial -qui était au cœur du Consensus de Monterrey et de la Déclaration de Doha– était plus que jamais nécessaire pour réaliser les OMD.


M. JAMEL MOKTEFI (Algérie) a estimé que le bilan de la mise en oeuvre des engagements pris à Monterrey et à Doha était loin de traduire les engagements souscrits dans le domaine du financement du développement.  Les principaux progrès enregistrés dans certains domaines liés au financement du développement ont été réalisés, notamment à la faveur des efforts nationaux, alors qu’une lenteur marque la mise en œuvre d’une grande partie des engagements pris au niveau international.  La réforme de la gouvernance du système financier international demeure inachevée, ce qui, a-t-il dit, nécessite des efforts soutenus pour la réaménager en vue d’établir une stabilité du financement du développement.  Il importe, a souligné M. Moktefi, d’assurer une participation sur la base d’une représentation plus équitable au sein des institutions financières internationales.  En outre, a estimé le représentant, il incombe au premier chef aux pays en développement de mobiliser les ressources nationales pour les canaliser vers l’investissement productif.  Les pays développés doivent, pour leur part, honorer leurs engagements en faveur de l’aide publique au développement, laquelle reste vitale pour les pays les plus pauvres, notamment en Afrique.  Avant de conclure, le représentant a affirmé que les financements externes et les mesures d’allègement de la dette ne devraient pas être subordonnés à des conditions qui peuvent affecter la capacité de développement.


M. PARK IN-KOOK (République de Corée) a rappelé que son pays avait tiré les leçons du passé en réalisant que la mobilisation des ressources nationales jouait un rôle crucial dans le développement durable des pays.  Les efforts entrepris par les pays en développement devraient être renforcés par un soutien sans faille de la communauté internationale, a-t-il estimé.  Mettant ensuite l’accent sur les sources innovantes de financement, le représentant a indiqué que son pays avait réussi à mobiliser 14 millions de dollars par an depuis 2007 grâce à la taxe de solidarité prélevée sur les billets d’avion.  Il a déclaré qu’outre la recherche de nouveaux moyens de financement, il était nécessaire d’engager davantage d’acteurs dans ce processus, qu’il s’agisse du secteur privé, de la société civile ou d’organisations philanthropiques.  Le commerce international constitue aussi un moteur significatif pour la croissance, a-t-il ajouté, avant de dire que son gouvernement souhaitait que le prochain Sommet du G-20, qui se tiendra en novembre à Séoul, soit l’occasion de mettre davantage l’accent sur les actions en faveur du développement.


Mme DEWI SAVITRI WAHAB (Indonésie) a estimé, que la crise financière actuelle ayant eu pour origine les activités non réglementées des marchés financiers, le renforcement des réglementations et des méthodes de contrôle et de suivi devait maintenant être au centre des efforts à déployer.  Elle a réclamé davantage de transparence et d’intégrité dans le fonctionnement des marchés financiers, estimant dans un deuxième temps qu’il importe aussi de renforcer et d’actualiser l’architecture et le système financier international afin de mettre sur pied une véritable coopération économique mondiale.  Ce nouveau système opératoire devra accorder un plus grand rôle aux marchés émergents et aux centres financiers les plus dynamiques, ainsi qu’aux économies en développement, a-t-elle précisé.  Selon Mme Savitri Wahab, l’ONU doit occuper une place centrale dans le renforcement de l’architecture et du système financier international.  « Ma délégation », a-t-elle ajouté, « est particulièrement préoccupée par la lenteur des progrès accomplis par l’ONU en la matière ».


Mme Savitri Wahab a, par ailleurs, estimé qu’un premier pas important avait été accompli lorsque le G-20 a autorisé le Fonds monétaire international à débourser 750 milliards de dollars pour le financement du développement.  Elle a également cité les mérites des mécanismes de financement innovants, notamment les échanges « dette contre santé » et « dette/nature ».  De son point de vue, la crise actuelle doit également être l’occasion d’établir un modèle de développement fondé sur l’économie verte.


M. MOHAMED A. A. ALARHAF (Jamahiriya arabe libyenne) a estimé que la mobilisation des ressources intérieures semblait difficile, à la lumière de la crise actuelle, et de ses retombées sur les pays en développement.  Il a notamment cité les effets négatifs de la baisse des cours des matières premières et de la fuite des capitaux.  La fuite des capitaux et la corruption empêchent les investissements dans le développement, a-t-il dit.  Les investissements productifs devraient être renforcés dans le cadre d’une économie globale et de la régulation des institutions financières et de la diversification des sources de financement du développement, a estimé le représentant.  Il a également regretté les niveaux extrêmement bas et en déclin de l’aide publique au développement, ainsi que la faiblesse de l’allègement de la dette.  Le problème de l’endettement constitue un obstacle dans les efforts que font les pays en développement, a-t-il notamment observé.  Il a mis l’accent sur la nécessité de faire participer davantage les pays en développement à la prise de décisions dans les organes dirigeant des institutions de Bretton Woods.


M. BUI THE GIANG (Viet Nam) a déclaré, lui aussi, que la mobilisation de ressources nationales et internationales à l’appui du développement doit être placée en tête des priorités de la communauté internationale.  En outre, la promotion du commerce comme moteur du développement exige un meilleur environnement international, en particulier dans le contexte de la récente crise économique et financière.  Il est urgent, a-t-il dit, de lever les restrictions tarifaires qui entravent le commerce international des pays en développement.  M. Bui a assuré que son pays avait pris une série de mesures visant à augmenter ses investissements et à améliorer la qualité de ses infrastructures, ce qui lui a permis de maintenir un taux de croissance économique à hauteur de 5,32% et le taux de pauvreté à hauteur de 12,3%, alors qu’il était en 2008 de 13,4%.


M. GONZALO GUTIÉRREZ REINEL (Pérou) a indiqué que, malgré les incidences de la crise internationale, les activités économiques du Pérou ont augmenté de 1,1% en 2009 et devraient augmenter de 5% en 2010, grâce aux politiques fiscales et de développement adoptées par le gouvernement.  En outre, a-t-il dit, le pays a grandement progressé ces dernières années vers la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), avec un niveau de pauvreté, qui est passé de 54% de sa population en 1991 à 36% en 2008.  L’objectif de scolarisation primaire universelle est presque atteint, a encore précisé le représentant.  Quel que soit le niveau de la mobilisation des ressources internes, il a souligné qu’il serait utile de disposer d’un environnement économique international sain.  Il faut donc éviter les tendances protectionnistes et avancer vers la conclusion rapide du Cycle de négociations de Doha, qui est censée être le « cycle du développement », a rappelé le représentant.  Il a aussi appelé à une coopération technique et financière internationale pour mobiliser les ressources en faveur des petites entreprises.  Enfin, M. Gutiérrez Reinel a souligné les ressources importantes qu’un pays comme le sien doit investir pour s’adapter au changement climatique, ce qui les détourne d’autres nécessités de la population et de la recherche de la réalisation des OMD.


M. ESHAGH AL HABIB (République islamique d’Iran) a estimé qu’atteindre les objectifs de développement convenus au niveau international, en particulier ceux liés à la réduction de la pauvreté et à l’élimination de la faim serait un grand progrès pour l’humanité.  Les engagements de la communauté internationale doivent rester forts et consistants, a-t-il dit, soulignant la nécessité pour la communauté internationale et les États Membres de rester déterminés à réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement.  Si l’on s’engage à fournir les ressources adéquates et à entreprendre les efforts nécessaires, les OMD peuvent être atteints, a-t-il dit.  En l’absence d’un système économique mondial équitable et d’un renforcement de l’aide, l’objectif visant à réduire de moitié l’extrême pauvreté risque de ne pas être atteint, a-t-il cependant regretté.  L’État a un rôle important à jouer pour soutenir le développement et pour créer un environnement propice au développement durable, a déclaré le représentant.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’assurer aux pays en développement un financement adéquat, de leur fournir des technologies appropriées et de leur garantir un accès au marché international.


M. KHALID SHAWABKAH (Jordanie) a estimé que les objectifs de développement internationalement agréés et comprenant notamment les Objectifs du Millénaire pour le développement, la Déclaration de Doha, et les résultats de la Conférence sur la crise financière et économique mondiale, ont stimulé la mise en œuvre et la réalisation d’actions relatives au grand défi qu’est la promotion du développement humain au bénéfice des pauvres qui représentent la moitié de la population mondiale.  M. Shawabkah a par ailleurs soutenu que le multilatéralisme constituait la voie la plus appropriée pour discuter de la question du développement et pour s’assurer de l’effectivité de l’action qui y a trait.  Il a ensuite appelé la communauté internationale à s’attaquer aux racines des crises financières et économiques « qui ont sévèrement touché les États en développement ».


La Jordanie, a par ailleurs dit son représentant, souligne l’urgence de procéder à la reforme du système monétaire et financier international, au regard du fait que les crises récentes ont causé des dommages au flux du commerce international, à l’investissement direct étranger et à la dette extérieure.  Le développement durable repose sur l’accès au marché ouvert, à des ressources managériales efficaces, au transfert de technologies et à la diversification de l’économie, a-t-il aussi estimé.  Il a ajouté que les réformes économiques entreprises par la Jordanie contribuent à atteindre cet objectif et reflètent une approche pragmatique qui est nécessaire pour qu’un pays soit un partenaire actif au cœur de la mondialisation économique actuelle.  « Nous devons non seulement allouer des ressources internationales et internes au développement, mais aussi réfléchir à des financements innovants, veiller au transfert de technologies, ainsi qu’au financement des mesures de réduction et d’adaptation aux changements climatiques », a-t-il souligné.


M. GUILHERME DE AGUIAR PATRIOTA (Brésil) a estimé qu’il existait des solutions techniques pour surmonter le fossé qui sépare la communauté internationale de la réalisation des OMD, arguant que ces solutions se trouvent le plus souvent dans les pays en développement eux-mêmes.  Mais le respect des engagements pris par les pays développés en matière d’APD demeure essentiel, a-t-il souligné, surtout à l’heure où l’OCDE indique que les pays donateurs ne pourront pas réunir les 21 milliards de dollars annoncés à Gleneagles.  Le commerce reste également une préoccupation majeure, a-t-il poursuivi, espérant une issue heureuse du Cycle de négociations de Doha.  M. Patriota a réaffirmé la nécessité de veiller à une plus grande transparence et à une plus grande prévisibilité des flux de capitaux internationaux vers les pays en développement.  Ces pays devraient également se voir mieux représentés au sein des structures de gouvernance internationale, a-t-il ajouté.


Mme ERENDIRA PAZ CAMPOS (Mexique) a constaté que les indices de redressement de l’économie internationale se multipliaient, certains pays en développement enregistrant même des taux de croissance supérieurs à ceux des pays développés.  Mais ce n’est pas le cas de tous les pays, a-t-elle reconnu.  Elle a mis l’accent sur la nécessité pour les donateurs habituels de s’acquitter des engagements qu’ils ont pris ces dernières années.  La coopération au développement doit également gagner en efficacité, a-t-elle dit, mettant l’accent sur la coopération triangulaire et la coopération Sud-Sud.  Elle a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle continue à offrir un appui aux efforts de développement des pays à revenu intermédiaire.  Elle a invité également tous les pays à résister au protectionnisme et à conclure le Cycle de Doha.  Pour relever les défis liés aux changements climatiques, la représentante mexicaine a souligné la nécessité de disposer de ressources supplémentaires.  L’Accord de Copenhague constitue à cet égard un pas en avant, a-t-elle affirmé.  Elle a rappelé que le Mexique accueillerait la prochaine Conférence de la Convention-cadre des Nations Unies, déclarant que son pays mettrait tout en oeuvre pour assurer son succès.


M. HILARIO G. DAVIDE (Philippines) a déclaré que l’Organisation des Nations Unies, en tant qu’organisation internationale de premier plan, devrait prendre la tête de la réforme du système financier international.  Il a ensuite appelé à une conclusion réussie du Cycle de négociations de Doha et à l’allégement de la dette de tous les pays en développement, y compris les pays à revenu intermédiaire.  Selon le représentant, la viabilité de la dette est un critère qui devrait être pris en compte dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Enfin, M. Davide a rappelé l’importance de renforcer la cohérence des politiques économiques, sociales et environnementales préconisées par les Nations Unies afin d’assurer le développement durable de tous les pays.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé qu’il était impossible de surmonter les effets négatifs de la crise et d’assurer une croissance économique durable sans une large coopération internationale à tous les niveaux.  Il a souligné la nécessité d’accorder une importance à la coordination des programmes macroéconomiques nationaux.  Il convient de même, a-t-il ajouté, d’élaborer un consensus au sujet de l’établissement de règles transparences, efficaces et obligatoires de régulation et de mise en œuvre des politiques financières.  Un modèle de croissance émergeant postcrise doit garantir le développement équilibré, juste et durable de l’économie mondiale, a-t-il expliqué, notant l’importance à cet égard de la coordination des politiques sociales et financières, notamment en matière de sécurité sociale, d’accès à l’éducation, de qualité de celle-ci, et de mobilité dans le travail et l’emploi.  En poursuivant ces objectifs, il convient d’exploiter au maximum le potentiel des Nations Unies au sein des mécanismes existants, a estimé M. Churkin.  Ces mécanismes, a-t-il déclaré, devraient être utilisés en priorité pour développer une stratégie commune et des lignes directrices politiques.


M. ERTUGRUL APAKAN (Turquie) a déclaré qu’il fallait se concentrer sur la diversification des capacités de production des pays en développement pour leur permettre d’assurer leur propre décollage économique.  Il est indispensable, a-t-il ajouté, de veiller à augmenter les niveaux d’APD et de conclure avec succès le Cycle de Doha pour permettre aux pays en développement de pleinement s’intégrer dans l’économie mondiale.  Une assistance internationale supplémentaire est aussi nécessaire pour pouvoir réorienter vers l’investissement les envois de fonds.  L’appropriation nationale des programmes de développement est en outre essentielle, a souligné M. Apakan, avant d’ajouter que la coopération Sud-Sud représentait un cadre stratégique propice pour les économies vulnérables.


M. GERT ROSENTHAL (Guatemala) a affirmé que l’on ne tirait pas suffisamment partie des mécanismes de suivi qu’offre le Consensus de Monterrey dans son paragraphe 69.  Ce Consensus est un progrès sur le plan des principes, car, a-t-il dit, il tire au clair les liens entre les pays développés et les pays en développement et définit les responsabilités partagées des uns et des autres dans la réalisation des OMD.  Le représentant a en outre estimé que le niveau de représentation et la qualité des débats s’étaient dégradés peu à peu depuis 2002, les circonstances crées par la crise économique et financière de 2008 ne font qu’aggraver la situation, brouillant les cartes et sapant le rôle de l’ONU en matière de financement, a-t-il souligné.


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