22/01/2010
Assemblée générale
AG/10913

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Assemblée générale

Soixante-quatrième session

69e séance plénière – matin


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE PRIE LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE LA TENIR RÉGULIÈREMENT INFORMÉE DES ACTIVITÉS HUMANITAIRES EN HAÏTI


Plus de 100 000 morts, 200 000 blessés, des milliers de disparus, trois millions de sinistrés.  Destruction totale des édifices publics, des écoles, des hôpitaux et des banques, et paralysie de l’administration publique.  C’est le bilan « accablant » que le Représentant permanent d’Haïti auprès des Nations Unies a dressé aujourd’hui devant l’Assemblée générale, 10 jours après le tremblement de terre qui a frappé son pays.     


En réponse à la situation, l’Assemblée générale a adopté deux résolutions, dont la première* intitulée « Assistance humanitaire, secours d’urgence et relèvement pour Haïti à la suite des effets dévastateurs du tremblement de terre », prie le Secrétaire général de tenir les États Membres régulièrement informés des activités d’aide humanitaire en cours en Haïti. 


Présent au débat, Ban Ki-moon, qui déplore 70 morts et 146 portés disparus parmi le personnel civil et militaire de la Mission de l’ONU en Haïti (MINUSTAH), a indiqué qu’à ce jour 334 millions de dollars de contributions et de promesses ont été faites après l’appel éclair de 575 millions de dollars, lancé par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), le 15 janvier dernier, soit trois jours après la catastrophe. 


Le Secrétaire général, qui n’a pas manqué de souligner l’importance de la réunion préparatoire, organisée lundi prochain à Montréal, en prévision de la Conférence internationale pour la reconstruction d’Haïti, a aussi attiré l’attention sur un autre appel de 41 millions de dollars que lance le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour financer le projet « Argent contre travail ». 


Le projet consiste à donner un salaire de 5 dollars par jour à tout Haïtien qui s’impliquerait dans les travaux de nettoyage des débris, de démolition, de reconstruction, d’acheminement de l’aide et d’installation de camps pour les sans-abris.


Dans la résolution, l’Assemblée générale prie d’ailleurs le Secrétaire général de mener des consultations auprès des États Membres et des organes et organismes compétents des Nations Unies, y compris la Commission de consolidation de la paix (CCP) et le Conseil économique et social (ECOSOC), en vue de trouver des moyens de renforcer la coordination des activités de reconstruction et de développement en Haïti. 


Le rôle des Nations Unies en tant que chef de file de la coordination non seulement des efforts de reconstruction mais aussi de l’aide humanitaire a été maintes fois souligné aujourd’hui.  Parmi la vingtaine de délégations qui a pris la parole, les représentants de Cuba, du Nicaragua, du Venezuela et de la Bolivie ont dénoncé la présence de plus de 11 000 soldats américains « dans un pays qui a besoin de médecins et d’acteurs du développement.  Pas de militaires étrangers », selon les mots de la représentante du Nicaragua. 


Le représentant des États-Unis a rejeté ces « allégations indignes » consistant à politiser la situation en Haïti avec des arguments « tendancieux ».  Il a rappelé que son pays était là à l’invitation du Gouvernement haïtien. 


Ses homologues du Nicaragua et de la Bolivie, usant de leur droit de réponse, ont invoqué l’histoire et les exemples d’occupation américaine dans différents pays d’Amérique latine et des Caraïbes pour s’inquiéter ainsi d’une présence américaine supérieure en nombre au personnel militaire de la MINUSTAH. 


Dans sa déclaration, le Secrétaire général a précisé que la composante militaire de la Mission de l’ONU travaille en étroite coopération avec les forces américaines et canadiennes et s’est félicité que des pays comme l’Argentine, le Brésil, le Chili et l’Uruguay aient répondu rapidement à la demande de troupes additionnelles, consignée dans la résolution 1908 adoptée par le Conseil de sécurité, le 19 janvier dernier.  


Dans la deuxième résolution relative à la « coopération internationale en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles de la phase des secours à celle de l’aide au développement »**, l’Assemblée générale prie instamment les États Membres d’élaborer, d’actualiser et de renforcer les mesures de préparation aux catastrophes et de réduction des risques à tous les niveaux, conformément à la priorité cinq du Cadre d’action de Hyogo. 


Elle souligne que pour accroître l’efficacité de l’aide humanitaire, des efforts particuliers doivent être entrepris pour intensifier et élargir l’utilisation des capacités nationales et locales ainsi que des capacités régionales et sous-régionales de préparation et d’intervention au site des catastrophes parce qu’elles sont plus proches et donc plus économiques. 


Dans ce texte doté d’un dispositif de 35 paragraphes, l’Assemblée préconise aussi une utilisation plus poussée des techniques de télédétection spatiales et terrestres, y compris comme prévu par UN-SPIDER et l’échange de données géographiques, pour prévenir les catastrophes naturelles. 


*   A/64/L.42

 ** A/64/L.43


RENFORCEMENT DE LA COORDINATION DE L’AIDE HUMANITAIRE D’URGENCE FOURNIE PAR LES ORGANISMES DES NATIONS UNIES: PROJET DE RÉSOLUTION (A/64/L.42 et A/64/L.43)


Déclarations


Mme BYRGANYM AITIMOVA, Présidente par intérim de l’Assemblée générale, a exprimé ses condoléances à tous les Haïtiens et aux familles des membres du personnel des Nations Unies qui ont perdu leur vie.  Elle a rendu hommage au Chef de la Mission des Nations Unies, M. Hédi Annabi, à son adjoint, M. Luiz Carlos da Costa, et au Commissaire de police par intérim, M. Doug Coates.  Elle a déclaré que la réponse immédiate de la communauté internationale face au tremblement de terre a été un exemple remarquable de solidarité avec le peuple et le Gouvernement d’Haïti.  Elle a salué le leadership du Secrétaire général et s’est félicitée de la coordination des efforts et de l’organisation de l’appel éclair assurées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).  Elle a aussi salué le travail du Département des opérations de maintien de la paix (DOMP) et des agences de l’ONU, sans oublier le rôle de l’Envoyé spécial de l’ONU pour Haïti, M. Bill Clinton. 


La Présidente a reconnu les difficultés qui entourent toujours la coordination de l’aide humanitaire.  Elle a souligné, à cet égard, la nécessité d’impliquer et de mobiliser les Haïtiens eux-mêmes.  Elle a dit que cette réunion de l’Assemblée générale était une nouvelle occasion d’assurer un plein engagement à l’égard du peuple haïtien.  Au-delà de l’action humanitaire, a-t-elle souligné, il est crucial d’assurer un appui à la tâche encore plus difficile de la reconstruction et du développement à long terme d’Haïti.  Cela nécessitera une attention soutenue dans les mois et années à venir, a-t-elle averti.


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général de l’ONU, a déclaré que 10 jours après l’irruption du tremblement de terre en Haïti, l’étendue du désastre était devenue évidente.  Le tremblement de terre a provoqué les plus importantes pertes en vies humaines pour l’ONU depuis sa création.  Soixante-dix membres du personnel sont toujours portés disparus, a précisé le Secrétaire général.


M. Ban a indiqué que l’ONU s’est fixée trois priorités: les opérations humanitaires, la sécurité et l’avenir d’Haïti.  Nous devons aider le Gouvernement haïtien à se reconstituer et contribuer au rétablissement des services de base et à la relance de l’économie.  Nous devons transformer cette catastrophe en chance, a-t-il lancé.  Il a indiqué que malgré ses nombreuses pertes, les troupes et la police de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) avaient pu déblayer des routes, collecter les corps et participer à des patrouilles avec la Police nationale haïtienne.  La situation sécuritaire demeure stable dans le pays, a affirmé le Secrétaire général.  La composante militaire de la Mission de l’ONU coopère étroitement avec les forces américaines et canadiennes.


Le Secrétaire général a indiqué qu’il avait demandé à son Représentant spécial de s’assurer que tout était fait pour appuyer les efforts humanitaires.  À ce jour, 500 000 personnes avaient pu bénéficier d’une aide alimentaire, et que 200 000 personnes avaient accès à de l’eau potable chaque jour.  Il a également annoncé que 18 centres de soins sont désormais opérationnels aux côtés des hôpitaux de campagne.  Quelque 334 millions de dollars de contributions et de promesses de contributions ont été faites, à ce jour, après l’appel éclair de 575 millions de dollars. 


Le Secrétaire général a attiré l’attention sur un autre appel de 41 millions de dollars que lance le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pour financer le projet « argent contre travail », consistant à payer 5 dollars par jour à tout Haïtien qui s’impliquerait dans les travaux de nettoyage des débris, de démolition, de reconstruction, d’acheminement de l’aide et d’installation de camps pour les sans-abris. 


M. Ban a indiqué qu’une réunion préparatoire aurait lieu lundi à Montréal en prévision de la tenue de la Conférence pour la reconstruction d’Haïti.


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a présenté le projet de résolution dont l’Assemblée est saisie, soulignant que le texte envoyait un message fort et clair de soutien de l’Assemblée générale et de ses États Membres au peuple et au Gouvernement haïtiens en ces heures difficiles.  La résolution, tout en réitérant la solidarité de la communauté internationale, souligne les actions et mesures à prendre pour aider Haïti dans la phase de secours mais également dans les phases ultérieures de relèvement, de réhabilitation, de reconstruction et de développement, a expliqué Mme Viotti. 


Elle a ajouté que l’appui de la communauté internationale à ces efforts nécessiterait des ressources additionnelles.  C’est pourquoi la résolution appelle les États Membres mais aussi les organes pertinents du système des Nations Unies ainsi que les institutions financières et les agences de développement à s’unir, a-t-elle dit.  La représentante brésilienne a ensuite appelé la communauté internationale à répondre promptement à l’appel éclair de l’ONU, lancé le 15 janvier dernier. 


Intervenant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, M. ALI KHALID (Soudan) a présenté le projet de résolution sur la « coopération internationale en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles: de la phase des secours à celle de l’aide au développement » qui souligne, a-t-il dit, la nécessité de promouvoir les capacités nationales postcatastrophe en les intégrant dans les politiques de développement.  Ce texte invite à tirer avantage des technologies spatiales, notamment en matière de télédétection, a-t-il encore dit, avant de préciser que ce projet mentionnait aussi la nécessité d’augmenter les ressources pour le développement. 


M. LÉO MÉRORÈS (Haïti) a estimé que l’adoption de la résolution sur le tremblement de terre dans son pays s’inscrivait dans la droite ligne de ce vaste mouvement de compassion et de solidarité que la communauté internationale, dans un élan généreux, a su manifester à l’endroit du peuple haïtien, dans un moment d’extrême douleur.  En ce moment douloureux et de grande détresse nationale, a-t-il dit, j’adresse les sincères condoléances du Gouvernement haïtien à la grande famille des Nations Unies et aux parents et amis si cruellement éprouvés.  Il a présenté un bilan accablant en perte en vies humaines, de blessés, de disparus et de dégâts.  Plus de 100 000 morts, 200 000 blessés, des milliers de disparus, plus de trois millions de sinistrés, a-t-il relevé, avant de préciser que des centaines d’étrangers, résidants ou de passage en Haïti ont péri.  Il a indiqué que les édifices publics, les écoles, les hôpitaux, les banques, dans leur quasi-totalité étaient rasés.  « Pas de fisc, pas de douane, pas de banque, pas de ports … l’Administration haïtienne est paralysée. » 


Tous les édifices, a poursuivi M. Mérorès, qui représentent les pouvoirs de l’État sont en ruine.  Le Palais présidentiel, le Parlement, le Palais de justice, la Chancellerie et le Palais des ministères sont démolis.  Le port de Port-au-Prince, la Téléco, la Direction générale des impôts, l’Office général des postes ne sont que souvenirs.  La grande majorité des maisons sont détruites et la population est dans la rue sans logement. 


La souffrance, a encore dit le représentant, la faim, la soif et les carences de toutes sortes sont évidentes.  Les besoins sont énormes et nécessitent des réponses immédiates, a-t-il souligné.  Dans ce drame, la communauté internationale s’est manifestée avec la plus grande humanité, a-t-il insisté, avant de dire son émotion et sa reconnaissance face à la mobilisation exceptionnelle de tous les amis et frères qui sont accourus au chevet d’Haïti.  Malgré ces circonstances affreuses, il a dit son espoir et sa conviction qu’Haïti se relèvera et trouvera le chemin d’une réelle reconstruction, grâce au courage et à la détermination du peuple haïtien, mais aussi avec l’aide de la communauté internationale.  


M. JUAN ANTONIO YAÑEZ-BARNUEVO (Espagne) a déclaré, au nom de l’Union européenne (UE), que les membres de l’UE avaient répondu rapidement au désastre en envoyant sur place des équipes de secours et des équipements militaires et civils d’ingénierie pour fournir une assistance sanitaire, médicale et logistique.  Eau, abris, télécommunications et nourriture, l’UE a répondu sur tous les fronts à l’appel de détresse du peuple haïtien, a-t-il ajouté.  Il a assuré que les pays de l’Union étaient prêts à allouer des ressources supplémentaires en fonction d’une évaluation précise de besoins.  La violente réplique du 20 janvier rappelle que la situation reste fragile et vulnérable, menaçant la conduite des efforts humanitaires, a-t-il souligné.  Commentant le projet de résolution sur Haïti, le représentant espagnol a considéré qu’il adressait un message de solidarité et de soutien aux Haïtiens et qu’il représentait également un renforcement de l’engagement de tous à ne pas oublier ces derniers. 


M. DONATUS KEITH ST. AIMEE (Sainte-Lucie), qui s’exprimait au nom de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), a souligné qu’Haïti tenait une place particulière dans le cœur des pays de la région caribéenne, étant à la fois le symbole de la liberté, de la lutte contre l’oppression et de l’injustice, et le promoteur de la collaboration avec ses voisins.  Selon lui, la tâche de reconstruction nécessitera les efforts, l’aide et la générosité de la communauté internationale.  Ainsi, la meilleure des garanties contre de futures catastrophes en Haïti ou ailleurs est l’aide à l’autosuffisance et à la durabilité. 


Il faut, a-t-il ajouté, prévoir maintenant la prochaine phase, s’engager aujourd’hui en faveur de programmes durables qui aideront les victimes et d’autres en Haïti à surmonter le stress et les traumatismes.  La coordination des efforts en faveur d’Haïti exigera une attention particulière, a-t-il estimé, précisant que la CARICOM serait prochainement en mesure de cibler son intervention dans le pays.  Le représentant a également affirmé qu’une opération réussie en Haïti améliorerait grandement la position des Nations Unies, surtout après le maigre succès obtenu lors des négociations sur les changements climatiques.  La résolution d’aujourd’hui représente cette occasion, a-t-il conclu, précisant que la CARICOM s’y associait. 


M. HENRI-PAUL NORMANDIN (Canada) a exprimé la détermination de son pays à appuyer le peuple et le Gouvernement haïtiens « dans ces moments difficiles ».  Nous manifestons aujourd’hui une solidarité vitale à Haïti en adoptant une résolution qui adresse un message clair aux Haïtiens: « nous sommes avec vous ».  Il a fait savoir que son pays avait d’ores et déjà versé 135 millions de dollars, dont 60 dans le cadre de l’appel éclair, pour financer les besoins essentiels des populations.  Les équipes de secours d’urgence et les forces canadiennes ont été envoyées pour sauver des vies et maintenir dans des conditions parfois tendues le maintien de l’ordre, a-t-il dit. 


Saluant la vitesse et l’intensité de la réaction internationale au lendemain du séisme, il a estimé que l’ONU était l’organisation de choix pour coordonner l’assistance au peuple haïtien, à court, moyen et long termes.  La Conférence internationale sur Haïti que nous organisons le 25 janvier à Montréal, marquera une première étape dans la réflexion sur la transition vers le relèvement et la reconstruction dans le pays, a-t-il conclu. 


M. ZHANG YESUI (Chine) a indiqué que son pays avait fourni une importante assistance depuis le 13 janvier dernier.  À ce jour, nous avons versé un million de dollars en assistance d’urgence et nous comptons débloquer 8 autres millions au titre de l’appel éclair, a-t-il souligné.  Le représentant a annoncé que le prochain envoi d’aide de la Chine arriverait le 26 janvier et qu’il comprendra notamment une nouvelle équipe de 40 personnes.  Les efforts humanitaires sont de mieux en mieux coordonnés sur place, grâce à l’efficacité de l’ONU, a-t-il aussi considéré, en estimant que les Nations Unies et leurs partenaires devront prolonger cette action par le biais d’activités à long terme de reconstruction et de développement. 


Le Conseil de sécurité, que préside la Chine au mois de janvier, a réagi très vite en décidant de l’envoi de 3 500 Casques bleus de plus à la MINUSTAH, a rappelé le représentant, qui a jugé que cet apport serait essentiel pour assurer la sécurité des agents humanitaires et de la population. 


M. PEDRO NÚÑEZMOSQUERA (Cuba) a indiqué qu’au 20 janvier au soir, le personnel médical cubain s’est occupé de 14 500 patients et réalisés 1 200 interventions chirurgicales.  Il a précisé que les médecins cubains travaillaient actuellement dans 21 centres de santé où ils ont mis en marche 14 salles d’opérations.  Il a dit la volonté de son pays de coopérer avec toutes les Nations afin d’aider le peuple haïtien et sauver des vies.  Outre les efforts humanitaires entrepris dans le cadre de la réponse au tremblement de terre, il a présenté de nombreuses initiatives cubaines en matière de développement en Haïti.  


M. GUSTAVO ÁLVAREZ (Uruguay) a estimé que les efforts devront dépasser l’aide humanitaire initiale pour aider Haïti à s’engager sur la voie de la reconstruction et du développement durable.  Cela nécessitera de grands efforts de coordination entre les différents acteurs du développement, a-t-il insisté. 


Mme MARIA RUBIALES DE CHAMORRO (Nicaragua) a indiqué que son pays avait envoyé plusieurs missions humanitaires en Haïti ainsi que des tonnes de médicaments et de vivres.  Elle a regretté que certains pays essayent de profiter de cette situation douloureuse pour s’emparer d’un pays frère avec l’envoi de forces militaires en nombre excessif.  Elle a demandé au système des Nations Unies de prendre la tête de la coordination des opérations humanitaires, en estimant que personne n’avait le droit de s’arroger le destin d’un peuple qui souffre.  Notre solidarité ne cache aucune intention occulte, a-t-elle dit.  Le fait que la résolution ne mentionne pas la présence de militaires étrangers ne doit pas être interprétée comme une acceptation de cette présence.  Haïti a besoin de médecins et d’acteurs du développement.  Pas de militaires étrangers, a insisté la représentante.


M. HARDEEP SINGH PURI (Inde) a déclaré qu’au lendemain du tremblement de terre, le Gouvernement indien avait annoncé une donation immédiate de 5 millions de dollars.  Nous rendons hommage aux femmes et aux hommes de la famille de l’ONU, y compris nos propres nationaux, qui ont perdu la vie dans l’exercice de leurs fonctions.  Nous devons, en leur mémoire, continuer de défendre la cause pour laquelle ils ont donné leur vie, a-t-il dit, concluant qu’il se disait confiant dans les capacités des Haïtiens de rebondir. 


M. PABLO SOLÓN-ROMERO (Bolivie) a estimé que la reconstruction d’Haïti doit se faire dans le cadre du plein respect de la souveraineté nationale de ce pays.  La présence militaire américaine disproportionnée nous préoccupe, car nous nous demandons quel sera le mandat des 11 200 militaires supplémentaires américains qui arrivent actuellement en Haïti, a-t-il dit.  La question haïtienne est-elle une question de sécurité ou d’aide humanitaire?, a-t-il demandé, en soulignant que la force militaire des États-Unis serait bientôt supérieure en nombre à celle de la MINUSTAH.  La meilleure façon d’appuyer Haïti, c’est d’annuler toute sa dette extérieure, a-t-il clamé, en estimant qu’il était temps de dépasser le néocolonialisme et l’interventionnisme, « en partie responsable de la pauvreté en Haïti ».


Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a indiqué que son pays était prêt à contribuer à l’appui dont Haïti aura besoin, demain, pour passer d’une phase d’assistance à une phase de développement durable.  Au lendemain du séisme, la Colombie a pris des mesures immédiates et coordonnées, en envoyant notamment des vols cargos et du personnel médical.  Nous avons aussi envoyé 400 tonnes d’aide en nature et une contribution en espèce au PAM, a-t-elle ajouté, avant de répéter que la coordination, gérée par l’ONU, devra continuer d’être fondamentale pour s’assurer que tous les Haïtiens reçoivent efficacement et en temps voulu l’aide humanitaire dont ils ont besoin. 


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a dit combien la société et le Gouvernement mexicains se sont mobilisés pour faire face aux conséquences de la catastrophe naturelle qui a frappé Port-au-Prince.  Il faut non seulement faire face aux besoins pressants d’Haïti, mais aussi penser dès à présent à l’avenir de ce pays, a-t-il dit, en estimant que cette tragédie devait être une occasion historique pour l’ONU de revoir sa stratégie d’ensemble du développement d’Haïti.  Il s’agit de donner un élan décisif à ce développement et de façon coordonnée, a-t-il insisté.


M. JORGE VALERO BRICEÑO (Venezuela) a dit que les catastrophes frappaient d’abord les plus pauvres et les plus vulnérables.  Pour faire face aux effets dévastateurs du séisme en Haïti, le Venezuela a envoyé 7 000 tonnes d’aide humanitaire et 200 secouristes.  Quelque 6 000 tonnes de vivres supplémentaires vont être envoyées par des navires vénézuéliens.  Nous mettons en œuvre un plan spécial d’aide énergétique dans le but de garantir le fonctionnement des institutions gouvernementales essentielles, a-t-il dit, en citant un don de plusieurs centaines de milliers de barils de pétrole.  Il a regretté que le Gouvernement des États-Unis profite de la tragédie du peuple haïtien pour occuper le pays militairement et a souhaité qu’aucun pays n’abuse de l’état de détresse d’Haïti.


M. ANDREW GOLEDZINOWSKI (Australie) a estimé que la résolution adoptée démontre que les États Membres sont engagés à fournir à Haïti l’aide humanitaire dont elle a besoin, de façon coordonnée et efficace, de la phase de secours au développement en passant par la réhabilitation et la reconstruction.  Le représentant a rappelé que la résolution dont est saisie l’Assemblée souligne l’importance de renforcer l’état de préparation d’Haïti aux catastrophes naturelles.  Il est crucial qu’en reconstruisant le pays, l’on fasse mieux les choses et que l’on intègre la réduction des risques dans toutes les stratégies de développement.  M. Goledzinowski a indiqué que l’Australie s’est engagée à fournir 15 millions de dollars australiens pour l’assistance humanitaire et qu’elle envisagera d’autres contributions pour la reconstruction.


M. AUGUSTINE UGOCHUKWU NWOSA (Nigéria) a déclaré que, même si les Haïtiens étaient morts par milliers, l’esprit des vivants restait indomptable et prêt à affronter l’avenir.  Il a salué la persévérance du peuple haïtien, en ajoutant que le moment était venu pour la communauté internationale d’agir de manière concertée et coordonnée pour le relèvement et le développement à long terme d’Haïti.  Il a indiqué que 121 officiers de police nigérians participaient actuellement à la Mission de l’ONU et précisé que le Nigéria avait fait une contribution de 1,5 million de dollars à l’appel éclair du Secrétaire général.  


M. FEDERICO ALBERTO CUELLO CAMILO (République dominicaine) a indiqué que quelques minutes après la catastrophe, le Président dominicain avait envoyé une première équipe de secours et des médicaments.  Nous avons établi une plateforme opérationnelle à la frontière avec Haïti d’où l’on cordonne le transfert des blessés, ainsi que l’acheminement de l’aide humanitaire par le biais du couloir humanitaire reliant depuis quelques jours les deux pays, a-t-il poursuivi. 


Le représentant a ajouté que la plupart des hôpitaux du pays se consacraient à la prise en charge des victimes ayant franchi la frontière.  Il a souligné que le Président dominicain avait été le premier et le seul chef d’État à s’être rendu sur le territoire haïtien et avoir envisagé, avec le Président Préval, des initiatives de reconstruction à moyen terme.  La CARICOM va organiser en République dominicaine une conférence internationale en vue de mettre au point un plan stratégique pour reconstruire et stabiliser à long terme la nation haïtienne, a-t-il fait savoir.


M. M. R. KEEGEL (Sri Lanka) est intervenu pour faire savoir que les Casques bleus sri-lankais, épargnés par la catastrophe, poursuivaient la distribution d’eau et de nourriture dans les zones les plus touchées d’Haïti.  Nous avons donné 25 000 dollars de donation ainsi que des articles de première nécessité, a-t-il dit, concluant que son pays contribuerait également à l’appel éclair de l’ONU.


M. LUIS ENRIQUE CHÁVEZ (Pérou) a, lui, indiqué que les contingents péruviens avaient été augmentés pour que la MINUSTAH, durement touchée, puisse participer aux activités de relèvement.  Il est indispensable que l’ONU joue un rôle prépondérant dans la transition vers le développement durable, a-t-il ensuite estimé, avant de conclure en demandant que les besoins soient évalués pour mieux répartir l’aide, en particulier dans les zones reculées. 


M. ALEJANDRO D. WOLFF (États-Unis) a déclaré que son pays était tout a fait engagé à travailler en étroite collaboration avec les États Membres en matière d’aide humanitaire à la suite de catastrophes naturelles de la phase des secours à celle de l’aide au développement.  Il a souhaité que l’on ne confonde pas le droit international humanitaire et les impératifs de l’assistance humanitaire.  Il a regretté les « allégations indignes » des représentants du Nicaragua, de la Bolivie et du Venezuela qui ont essayé de politiser la question du séisme d’Haïti avec des arguments tendancieux.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’accorder une assistance à Haïti. Il a rappelé que les États-Unis étaient présents en Haïti à l’invitation du Gouvernement haïtien, et invité ces trois pays à respecter la position et la volonté d’un pays souverain dont ils prétendent vouloir venir en aide.    


Mgr KURIAKOSE BHARANIKULANGARA (Saint-Siège) a déclaré que malgré les engagements financiers pris par la communauté internationale pour fournir une aide immédiate aux Haïtiens, les défis et la nécessité d’assurer une action soutenue se maintiendraient pendant encore longtemps.  Il a expliqué que l’Église catholique et son réseau d’organisations caritatives, qui œuvraient déjà dans le pays avant le tremblement de terre, fournissaient des services et des aides d’urgence dans le pays.  L’engagement de ces organisations a permis de réagir immédiatement à la crise et sera crucial pour la croissance à long terme et le renouveau du pays, a-t-il affirmé.  Pour le représentant du Saint-Siège, il incombe maintenant à la communauté internationale de montrer qu’elle n’oubliera pas les Haïtiens.


M. MARWAN JILANI, Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FICR), a indiqué qu’à ce jour, 29 vols du FICR avaient été envoyés en Haïti.  Un navire de la Croix-Rouge colombienne transportant 35 tonnes de vivres et de médicaments devrait arriver en Haïti dans les prochaines heures, a-t-il encore dit, précisant que le FICR coordonnait le fonctionnement de la plupart des hôpitaux de campagne et des dizaines de dispensaires. 


Sur place, les Haïtiens peuvent compter sur le travail héroïque de 400 représentants du FICR, qui sont à pied d’œuvre depuis les premières heures du drame pour mettre en place des unités d’eau et d’assainissement, dresser des abris d’urgence et des camps de base, a-t-il expliqué, avant de lire le témoignage d’une employée du FICR présente sur le terrain.


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