14/12/2009
Secrétaire général
SG/SM/12672

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CONFÉRENCE DE PRESSE MENSUELLE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL DE L’ONU, M. BAN KI-MOON


À quelques heures de son départ pour Copenhague, où il va se rendre pour tenter de faciliter le processus de négociations « particulièrement ardu » lancé sous l’égide de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques et concernant la recherche d’un accord devant assurer la succession du Protocole de Kyoto à partir de l’année 2012, le Secrétaire général s’est déclaré ce matin « confiant » que ce processus permettrait de poser les fondations d’un accord « global, solide et équilibré ».


Changements climatiques


Au cours de sa conférence de presse mensuelle –la dernière de cette année 2009-, le Secrétaire général a rappelé que les changements climatiques représentaient le défi le plus important de notre époque et la question politique et économique à laquelle il fallait répondre de toute urgence.  « L’heure est venue d’agir », a-t-il estimé, soulignant que des décennies d’efforts seraient cristallisées pendant cette semaine déterminante.  « Rarement un choix a été aussi clair: nous pouvons avancer en direction d’un avenir reposant sur une croissance verte durable, ou alors, nous pouvons continuer d’emprunter la route qui mène au désastre », a souligné Ban Ki-moon.


« J’en appelle aux dirigeants du monde entier pour prendre la tête de ces efforts à Copenhague », mais aussi « aux négociateurs » pour qu’ils redoublent d’efforts et trouvent un terrain d’entente entre les États Membres, a dit M. Ban en relevant que 115 chefs d’État et de gouvernements étaient attendus cette semaine à Copenhague.  En effet, a souligné le Secrétaire général, si nous laissons aux dirigeants le soin de tout résoudre à la dernière minute, nous risquons de conclure un accord bancal, ou de ne pas parvenir à un accord du tout, ce qui serait « un échec aux proportions catastrophiques ».


M. Ban Ki-moon a ensuite catégoriquement rejeté les tentatives qui ont été récemment faites de discréditer les conclusions de la communauté scientifique en ce qui concerne les changements climatiques, affirmant que ce phénomène était « indiscutable » et que « l’activité humaine en était la cause principale ».


Répondant à une question, le Secrétaire général a expliqué que son rôle était de faciliter le processus de négociations et que celui des Nations Unies est de fournir aux États Membres un forum pour qu’ils parviennent à un accord.  « Ces dernières semaines, j’ai eu des consultations étroites avec les pays en développement et avec les pays développés; et j’ai tenté de jeter des passerelles, de renforcer la confiance mutuelle, et d’encourager les gouvernements à parvenir à un accord », a-t-il encore précisé.


Il a ainsi jugé que des progrès ont été accomplis sur les questions les plus importantes comme celles de la coopération en matière de transferts de technologie, ainsi que sur le financement à court terme des mesures d’adaptation aux changements climatiques et d’atténuation de leurs effets.  « Mais il demeure essentiel que nous quittions Copenhague avec une vision claire des moyens grâce auxquels nous comptons financer ces mesures jusqu’en 2020 », a poursuivi M. Ban, qui a annoncé qu’il rencontrerait à Copenhague les dirigeants des petits États insulaires en développement et des pays les moins avancés (PMA), notamment.


Résolution de conflits et action humanitaire en Afrique


Interrogé sur ce qu’il pense avoir accompli au cours des trois premières années de son mandat de Secrétaire général, Ban Ki-moon a estimé qu’il était encore trop tôt pour tirer des conclusions à cet égard, même s’il a estimé que le bilan humanitaire des Nations Unies était positif.  Il a souligné que 2010 devait être une année déterminante pour la résolution des conflits en Afrique, notamment au Darfour, et pour la réussite du processus électoral en Côte d’Ivoire.


Moyen-Orient


Au sujet de la situation au Moyen-Orient, M. Ban a regretté que les efforts déployés jusqu’à présent par les Nations Unies pour convaincre Israël de lever le blocus imposé à Gaza et de verser des indemnisations et des réparations pour les dégâts causés lors de la guerre lancée contre le territoire en début d’année n’aient pas abouti.  « Remettre le processus de paix au Moyen-Orient sur la bonne voie est l’une de mes priorités majeures », a rappelé le Secrétaire général, qui a indiqué que la reprise de ce processus dépendait aussi largement de la libération du caporal Gilad Shalit, détenu par le Hamas, et de la réconciliation interpalestinienne.  Il s’est félicité à cet égard des efforts déployés par le Gouvernement égyptien.


S’agissant de la situation au Liban, le Secrétaire général s’est déclaré satisfait de l’adoption de la Déclaration ministérielle dans laquelle le Gouvernement libanais d’unité nationale s’engage, entre autres, à respecter la mise en œuvre de la résolution 1701 (2006) du Conseil de sécurité.  Il a précisé qu’il avait prévu de rencontrer le Premier Ministre Saad Hariri à Copenhague.


Pakistan


M. Ban Ki-moon a par ailleurs confirmé avoir reçu une demande officielle de l’Ambassadeur et Représentant permanent du Chili auprès des Nations Unies, Heraldo Muñoz, pour que soit prorogé de trois mois le mandat de la Commission chargée d’enquêter sur le meurtre de l’ancien Premier Ministre du Pakistan, Benazir Bhutto.  Par ailleurs, suite à la mort de cinq fonctionnaires du Programme alimentaire mondial (PAM) dans ce pays, l’ONU réfléchit actuellement aux meilleurs moyens de protéger ses personnels humanitaires, après avoir adopté des mesures à titre temporaire et déplacé certains fonctionnaires hors des zones dangereuses, a indiqué M. Ban.



République démocratique du Congo


Enfin, questionné au sujet de la situation dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le Secrétaire général a déclaré que la Mission des Nations Unies dans ce pays (MONUC) avait suspendu sa coopération avec certaines unités de l’armée congolaise, accusée de perpétrer des violations graves des droits de l’homme.  Il a toutefois affirmé qu’il ne serait pas souhaitable à ce stade de suspendre l’ensemble des opérations que la MONUC effectue avec les forces gouvernementales.  La MONUC a un important mandat à remplir en RDC, a dit M. Ban, en rappelant que la présence et les actions de la Mission avaient contribué à la sauvegarde de nombreuses vies humaines à travers le territoire de ce vaste pays.


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