05/05/2009
Assemblée générale
PI/1879

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité de l’information

Trente et unième session

2e et 3e séances – matin & après-midi                       


COMITÉ DE L’INFORMATION: LES ÉTATS MEMBRES RECONNAISSENT LE RÔLE CLEF DU DÉPARTEMENT DE L’INFORMATION DE L’ONU


Ils l’appellent à continuer de soutenir les médias traditionnels, comme la radio, dans les pays en développement


Le Comité de l’information a poursuivi son débat général aujourd’hui, une réunion qui a permis à la fois aux États Membres de féliciter le Département de l’information (DPI) pour son travail sur les grandes questions de fond tout en l’engageant à rester vigilant face aux phénomènes émergents, tels que les nouvelles crises économique et alimentaire ou l’éruption de la grippe A(H1N1).


À l’instar de plusieurs intervenants, le représentant de la République islamique d'Iran a souligné que le DPI devrait œuvrer à atteindre la plus grande audience possible tout en fournissant une information la plus exacte, la plus pertinente, la plus impartiale et la plus équilibrée possible.   Celui du Japon a encouragé le DPI à continuer de faire figurer les questions de la crise économique et financière, du désarmement et de la non-prolifération, de la lutte contre le terrorisme, et de la lutte contre les pandémies en tête de ses priorités en matière de communication. 


La question du financement du Département de l’information, et de la rigueur à attendre du budget 2010-2011, a aussi été évoquée, certaines délégations soulignant la nécessité de faire au moins aussi bien avec des moyens plus limités.  « Nous devons aider le DPI à œuvrer dans le cadre de ces contraintes sans affecter pour autant son mandat », a estimé la représentante des États-Unis.  Elle a aussi appelé le Département de l’information à continuer d’adopter les nouvelles technologies qui lui permettent de diffuser l’information des Nations Unies de manière efficace et économique. 


Si les délégations des pays en développement se disent favorables à une utilisation étendue de l’Internet, plusieurs ont rappelé, hier et aujourd’hui, que la presse traditionnelle et la radio avaient toujours un rôle à jouer, particulièrement sous leurs latitudes.  Le représentant de l’Algérie est allé dans le même sens en soulignant que l’on ne pouvait faire l’impasse sur la presse écrite pour informer le public.  Celui du Bangladesh a mis l’accent sur le rôle irremplaçable de la radio dans un pays comme le sien où celle-ci peut jouer un rôle déterminant pour préparer les populations locales à mieux réagir en cas de catastrophes naturelles.  La délégation du Cap-Vert a rappelé que dans les régions reculées des pays en développement, la radio conservait son caractère essentiel dans la mesure où elle était bien souvent l’unique moyen d’information et d’éducation.


La nécessité de développer le multilinguisme a aussi à nouveau été évoquée, en particulier par les délégations du Brésil et de l’Algérie, cette dernière rappelant l’importance qu’elle attachait à la promotion de la langue arabe au sein de l’ONU.  Quant au Brésil, il a regretté qu’en dépit de l’offre du Gouvernement de l’Angola de mettre à disposition des locaux gratuits pour un centre d’information à Luanda, ce centre n’ait toujours pas été créé.  La délégation brésilienne a aussi regretté qu’aucun des 22 centres africains ne soit basé dans un pays lusophone. 


Par ailleurs, Cuba et les États-Unis ont exercé de leurs droits de réponse, le premier reprochant au second le financement d’émissions de radio hostiles en direction de sa population.  Pendant le débat général, la République populaire démocratique de Corée a déploré, elle aussi, être la cible d’émissions de radio hostiles appelant au renversement de son Gouvernement.


Le Comité de l’information reprendra son débat général, jeudi 7 mai à 15 heures.


Débat général


M. MLADEN CVRLJE (Croatie) a rappelé que son pays avait, à l’occasion du 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, organisé une conférence sur le thème du droit à une information exhaustive.  La Croatie est convaincue que l’objectif de parvenir à un plus grand respect des droits de l’homme dans les pays passait par des efforts supplémentaires en matière d’information.  Il s’agit en particulier d’éduquer les citoyens en matière de droits de l’homme.  M. Cvrlje a évoqué les lois garantissant ces droits en Croatie, en donnant l’exemple des droits des minorités nationales pour lesquelles le droit à l’information a un rôle à jouer.


Évoquant la situation en Afrique, le représentant a indiqué que son pays soutenait le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique(NEPAD).  En dépit de certains progrès dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, il s’est cependant inquiété du fait que plus de 100 millions d’enfants ne soient pas scolarisés et que quelque trois millions de personnes mouraient chaque année du VIH/sida.  Il a souligné le rôle potentiel de l’éducation à travers l’information.  En mettant plus l’accent sur l’information à long terme, comme le Département de l’information entend le faire en vertu de sa stratégie de communication, il sera possible de donner un meilleur accès à l’éducation des femmes et des enfants.


Le représentant a ensuite évoqué les technologies de l’information et des communications (TIC).  Il a souligné que la fracture numérique semblait plus importante dans les pays où existe un manque d’information générale.  Un effort doit être fait pour remédier à cette situation en améliorant la formation et la qualité des ressources humaines.  Cette fracture pourrait être surmontée en créant des centres d’excellence, à tous les niveaux éducatifs et académiques.  L’information doit être utilisée pour maîtriser pleinement les TIC par le biais d’une assistance aux pays en développement, en particulier en Afrique, afin d’éradiquer l’analphabétisme et l’exclusion, estime la Croatie.


Son représentant a rappelé que l’Assemblée générale avait adopté une résolution sur l’utilisation de l’espace dans le cadre de la Déclaration de Vienne en 1999.  Celle-ci formule une stratégie d’utilisation de la technologie spatiale.  Le Plan de mise en œuvre, qui avait ensuite été défini à Johannesburg, prévoit d’augmenter les capacités des États Membres.  Enfin, la Croatie souhaite attirer l’attention du Département de l’information et de son Comité sur la possibilité d’explorer de futurs partenariats entre l’ONU et le secteur privé dans le but de renforcer la visibilité et le soutien du public pour ses activités et pour que l’accent soit mis sur les grands problèmes de l’heure.  Il a donné l’exemple de l’apport fourni par le site Google Earth et rappelé qu’une information de valeur était déjà fournie par des institutions de l’ONU.  Il a donné l’exemple de l’Atlas de l’environnement du PNUE et recommandé une plus grande utilisation de Google Earth pour les publics qui n’y ont pas encore accès.


M. IGOR YEVDOKIMOV (Fédération de Russie) s’est félicité de la décision du Département de l’information de renforcer en 2008 les partenariats avec les États Membres, les milieux d’affaires et universitaires, ainsi que la coopération avec les autres départements du Secrétariat et du système des Nations Unies.  Il a trouvé justifié l’accent mis sur les questions de développement, des droits de l’homme, de paix et de sécurité dans l’établissement des priorités de communication de l’Organisation des Nations Unies.  De l’avis du représentant, la question du dialogue interculturel et religieux est tout aussi importante, comme en témoigne l’initiative lancée par son pays de créer, sous l’égide des Nations Unies, un conseil consultatif des religions, une initiative d’autant plus pertinente dans la mesure où 2010 a été déclarée par l’Assemblée générale Année internationale du rapprochement des cultures.  M. Yevdokimov a toutefois souhaité qu’au moment où nous nous apprêtons à célébrer le 64e anniversaire de la Deuxième Guerre mondiale le 9 mai prochain, le DPI accorde davantage d’attention à la commémoration de ceux qui ont sauvé le monde de l’hitlérisme qui a coûté la vie à des millions de personnes, en particulier compte tenu de l’érosion de la mémoire historique que nous observons aujourd’hui dans certains pays. 


Dans ses relations bilatérales et multilatérales, a-t-il souligné, la Fédération de Russie combattra vigoureusement les tentatives de réécrire l’histoire ou de la soumettre à certaines tendances politiques, a assuré le représentant, qui a rappelé que l’Assemblée générale avait, pour la troisième année consécutive, adopté une résolution présentée par son pays sur l’« inadmissibilité de certaines pratiques qui contribuent à alimenter toutes les formes de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et d’intolérance ».  Sa délégation rappelle à cet égard la coopération constructive de son pays avec le DPI dans ses activités de sensibilisation du public, notamment en ce qui concerne la cérémonie commémorative de l’Holocauste, le 27 janvier.  La délégation russe se félicite également des efforts du DPI de familiariser les jeunes avec les activités de l’ONU, notamment en organisant des simulations de séances de l’Assemblée générale auxquelles participent des lycéens dans le rôle de délégués des États Membres.  Le représentant s’est ensuite félicité des progrès techniques accomplis par le DPI en matière de communication, illustrés selon elle par les efforts déployés pour réaliser la parité linguistique sur le site Internet des Nations Unies.  Beaucoup reste cependant à faire, a-t-il nuancé, en particulier sur les sites des institutions du système des Nations Unies.  Le représentant a aussi salué le travail de l’unité russe de la radio des Nations Unies, ainsi que celui du Centre d’information de Moscou.  Enfin, M. Yevdokimov a approuvé le leadership du DPI pour développer des partenariats avec des ONG et des organisations caritatives.


M. AMIR HOSSEIN HOSSEINI (République islamique d’Iran) a rappelé le rôle essentiel de l’information affirmé par la résolution 34/182 de l’Assemblée générale dans l’harmonisation des politiques de l’ONU.  Il s’agit aussi d’établir un nouvel ordre de l’information, plus juste et plus efficace, et ce, afin de renforcer la paix.  Le représentant a rappelé que le Département de l’information était la voix des Nations Unies dans le monde.  Il a souligné le rôle central du Comité de l’information dans l’évaluation des politiques et activités de l’ONU en matière d’information.  Le Comité se doit donc d’aider le DPI à formuler une ligne éditoriale allant dans le sens d’une meilleure compréhension entre les peuples.  La République islamique d'Iran estime que le DPI doit œuvrer à atteindre la plus grande audience possible tout en fournissant une information la plus exacte, la plus pertinente, la plus impartiale et la plus équilibrée possible.  Si le DPI doit effectivement axer ses efforts sur des questions prioritaires telles que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), cela ne doit pas l’empêcher de s’intéresser aux questions émergentes telles que la récente crise financière et économique, l’épidémie de grippe ou la crise alimentaire.  Par ailleurs, la République islamique d'Iran s’inquiète du fossé grandissant entre pays développés et pays en développement en matière d’équipements techniques qui, selon lui, ne peut résulter que de la crise économique.  Le représentant s’est dit également inquiet du manque de ressources financières et techniques dont « pâtissent les médias indépendants libres face à leurs homologues monopolistiques et manipulés ».  Sa délégation se félicite par ailleurs du rôle des centres d’information des Nations Unies et soutient les efforts du DPI en matière de multilinguisme, a-t-il dit avant de conclure.


M. ABELARDO MORENO (Cuba) a estimé que l’une des contradictions les plus frappantes auxquelles le monde fait face aujourd’hui était, d’un côté, le développement technologique accéléré dans les domaines de la communication et de l’information et, de l’autre, le fait qu’un tel développement ne profite pas à tous.  Quelles sont donc les mesures pratiques qui permettraient de changer cette réalité et d’ouvrir la voie à une appropriation par tous des technologies de l’information? s’est-t-il demandé.  Dans ce contexte, les Nations Unies ont un rôle clef à jouer, a assuré le représentant.  Il a ensuite affirmé que son pays continuait d’être l’objet d’une agression constante de la part de la télévision et de la radio américaines, en violation du droit international et des règles et procédures de l’Union internationale des télécommunications.  Ces émissions illégales de radio et de télévision renvoient une image fausse ou déformée de la réalité cubaine, a poursuivi M. Moreno.  Entre 231 et 258 heures de programmes radiophoniques de ce type sont diffusées chaque semaine depuis les États-Unis et qui émettent jusqu’à Cuba, a-t-il estimé.  Le représentant a également dénoncé le fait que le Congrès américain approuve un budget annuel de 30 millions de dollars, soit 500 millions ces deux dernières décennies, pour financer ce type d’actions.  Sa délégation réitère sa condamnation de ces actions illégales et rejette la poursuite de l’émission de tels programmes en direction de Cuba.


M. SIMON PIDOUX (Suisse) a évoqué la crise mondiale qui coïncide avec celle de la presse.  « Les façons que nous connaissons de collecter, réunir, produire et diffuser les informations sont transformées en quelque chose de nouveau qui reste encore à mieux cerner », a-t-il fait remarquer.  « Nous entrons dans une ère nouvelle d’information qui laisse encore plus de tâches blanches sur la carte globale de la connaissance et du savoir ».  Le représentant a qualifié d’encourageant le fait que le Département de l’information de l’ONU ait reconnu ces changements et, « dans de telles circonstances, l’importance d’institutions comme le Département de l’information se renforce ».  Il a souligné que la crise économique n’offrait d’autre choix que de « poursuivre nos efforts en matière de rationalisation.  Continuons à chercher à utiliser au mieux chaque dollar à disposition du DPI.  Dans cette optique, la Suisse souhaite l’adoption d’une approche pragmatique, qui tienne compte des spécificités régionales et qui valorise la recherche de résultats optimaux plutôt qu’une rigidité idéologique », a-t-il indiqué.


La Suisse estime par ailleurs que le Département de l’information et les centres d’information font un bon travail.  « Ils sont les endroits préférés pour constater si nous sommes sur la bonne voie pour parvenir à un accord concernant la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement ou concernant les changements climatiques ».  Toutefois, pour la Suisse, « c’est la qualité des informations concernant les grands drames humanitaires qui permet de juger les performances des Nations Unies en matière d’information ».  Faisant référence à la situation au Darfour, en République démocratique du Congo, au Myanmar, en Géorgie et au Sri Lanka, il a fait remarquer que le monde juge si l’information produite par les Nations Unies est complète, actuelle et mesurée.  C’est sur cette base que se fait ou se défait la crédibilité de l’Organisation des Nations Unies en tant que source globale d’information.


M. MIKIO MORI (Japon) s’est félicité de l’identification de priorités stratégiques de communication par le Département de l’information, soulignant l’importance d’accorder toute l’attention nécessaire à la Conférence sur la crise économique et financière mondiales et la Réunion de haut niveau sur les changements climatiques qui se tiendront respectivement en juin et en septembre.  En outre, il a souhaité que le Département de l’information continue l’efficacité de ses activités en renforçant ses partenariats avec d’autres organes des Nations Unies, ainsi qu’avec la société civile.  Le représentant a aussi soutenu l’idée de remplacer la publication « UN Chronicles » en « UN Affairs », à condition que cela soit fait dans la limite des ressources budgétaires existantes, comme cela a été indiqué de manière très claire par le Secrétaire général adjoint.  M. Mori a encouragé le DPI à continuer de faire figurer les questions de la crise économique et financière, du désarmement et de la non-prolifération, de la lutte contre le terrorisme, et de la lutte contre les pandémies en tête de ses priorités en matière de communication.  Avant de conclure, il a souligné l’importance pour son pays de resserrer sa coopération avec le DPI afin de renforcer les activités du Centre d’information de Tokyo.


S’associant à la déclaration faite par le Groupe des 77 et la Chine, M. MOURAD BENMEHIDI (Algérie) a réitéré l’appel en faveur de la promotion du rôle du DPI, en lui permettant de s’acquitter de son travail dans les six langues officielles.  Évoquant toutefois les lacunes dans son travail, il a souligné les problèmes financiers auxquels est confronté le Département.  L’Algérie estime que le Département de l’information doit se voir octroyer les moyens dont il a besoin, en particulier pour la réalisation du multilinguisme, notamment sur Internet.  Le représentant a rappelé l’importance qu’accordait son pays à la promotion de la langue arabe à l’ONU.  Il a souligné par ailleurs que l’on ne pouvait faire l’impasse sur la presse écrite pour informer le public, en particulier dans les pays en développement.  Il a souligné l’exigence de professionnalisme exemplaire dont devraient faire preuve les membres du personnel du Département de l’information.  Les services d’information des Nations Unies doivent viser toutes les tranches de la société et, ce, en assurant au mieux la parité entre les six langues officielles de l’ONU, a-t-il dit.  Le représentant a regretté cependant l’insuffisance du contenu des analyses faites dans la publication « Les Chroniques de l’ONU ».  Il convient de moderniser ce produit plutôt que de le remplacer par un autre, a estimé le représentant de l’Algérie.


M. ANDREI POPOV (Bélarus) s’est félicité de la capacité du Département de l’information à réagir en fonction de l’actualité et à se saisir de questions qui nécessitent une meilleure visibilité, comme la crise économique et financière et la grippe A(H1N1).  Il reste cependant encore beaucoup à faire pour concrétiser le principe du multilinguisme dans les activités d’information publique au sein de l’Organisation, en particulier sur le site Web des Nations Unies, a-t-il estimé.  Le représentant a donc souhaité une meilleure parité entre les six langues officielles, appuyant l’idée de renforcer la coopération avec des acteurs externes, comme par exemple l’Université de Minsk qui prend en charge certains travaux de traduction.


Mme EILEEN MERRITT (États-Unis) a souligné que sa délégation continuait d’encourager le Secrétaire général adjoint chargé de l’information à identifier les moyens d’améliorer la coordination, l’efficacité et l’intégration des activités du Département de l’information.  En raison des contraintes qu’imposera le budget pour l’exercice 2010-2011, le Département de l’information, à l’instar d’autres secteurs de l’Organisation, doit agir dans le sens d’une amélioration de son efficacité avec les ressources présentes.  « Nous devons, a-t-elle ajouté, aider le Département de l’information à œuvrer dans le cadre de ces contraintes sans affecter pour autant son mandat.  La représentante des États-Unis a noté les efforts entrepris pour améliorer la synergie entre le Siège de l’ONU et le terrain, les encourageant à persévérer dans cette voie.  Elle a aussi appelé le Département de l’information à continuer d’adopter les nouvelles technologies qui lui permettent de diffuser l’information des Nations Unies de manière efficace et économique.  Par ailleurs, elle a assuré que sa délégation œuvrait à peaufiner le projet de résolution qui sera adopté à la clôture des présents travaux afin de guider au mieux le Département de l’information dans son action.


M. PIRAGIBE TARRAGÔ (Brésil) a salué les efforts entrepris par l’Unité portugaise de la radio des Nations Unies, en dépit de ses ressources humaines et financières limitées.  Il a également réitéré le soutien de son pays au travail du Centre d’information de Rio de Janeiro, qui fait connaître les activités de l’ONU depuis 60 ans.  Il a cependant regretté qu’en dépit de l’offre du Gouvernement de l’Angola de mettre à disposition des locaux gratuits pour un centre d’information à Luanda, ce centre n’ait toujours pas été créé.  Il a rappelé que la demande faite par les pays lusophones est particulièrement importante.  En effet, a-t-il précisé, aucun des 22 centres africains n’est basé dans un pays lusophone.  En outre, a fait observer le représentant, deux pays de ce groupe sont couverts par un centre d’information non lusophone, tandis que trois pays lusophones ne sont pas couverts du tout par le réseau des centres d’information.  Bien qu’il soit très apprécié, le soutien apporté par l’Unité portugaise du Centre régional d’information à Bruxelles ne suffit pas à combler les besoins et ce Centre ne peut se substituer à un réseau basé en Afrique lusophone.  D’une manière générale, le représentant a encouragé tous les États Membres accueillant des centres d’information à offrir la gratuité du loyer et de l’entretien des locaux, comme le propose l’Angola et comme le fait déjà le Brésil pour le Centre d’information à Rio de Janeiro.  Une telle initiative permettrait de concentrer les ressources limitées allouées à ces centres sur les activités d’information et de sensibilisation et sur le renforcement du réseau des centres d’information, en particulier en Afrique lusophone.  Avant de conclure, M. Tarragô a souligné l’importance de numériser tous les documents qui constituent la mémoire institutionnelle de l’Organisation des Nations Unies, un défi qui est d’autant plus important dans le cadre de la rénovation du Secrétariat.


M. SHAFQAT JALIL (Pakistan) a félicité le Département de l’information pour le travail accompli en matière d’information et de communication.  Il a souligné que la question de la réforme était complexe et a appelé le Département à présenter de manière objective les positions des États Membres.  Une stratégie exhaustive visant à montrer l’action des Nations Unies doit être créative, a-t-il fait observer.  Le Pakistan est convaincu que le Département de l’information dispose des ressources humaines nécessaires pour lui permettre de s’acquitter de son mandat.  Il a souhaité que la politique d’information de l’ONU aille dans le sens du dialogue des civilisations afin de neutraliser les incompréhensions entre les peuples.  Le représentant a ensuite évoqué l’action des centres d’information des Nations Unies, soulignant que son pays leur accordait une grande importance.  Il est essentiel, a-t-il souligné que ces centres soient dotés des ressources nécessaires.  Concernant le développement des médias électroniques dans son pays, de la radio et télévision, il a réaffirmé qu’ils étaient le garant des libertés et des droits fondamentaux des Pakistanais.  Le représentant a ensuite évoqué les opérations de maintien de la paix, estimant indispensable que l’action de celles-ci soit exposée à l’opinion mondiale.


Droits de réponse


La représentante des États-Unis a déclaré que son gouvernement avait toujours observé ses obligations internationales en matière de diffusion radiophonique et télévisée.  En début d’année, a-t-elle rappelé, il a également pris des mesures pour faciliter les communications et le rapprochement des personnes avec leurs familles cubaines.


La représentante de Cuba a rappelé que l’agression des États-Unis était bien connue et qu’il s’agissait d’une politique conçue et planifiée par le Gouvernement des États-Unis, en coopération avec des individus, dont des terroristes qui œuvrent pour renverser l’ordre constitutionnel à Cuba.  Elle a souligné que son gouvernement ne restera jamais passif devant une propagande aussi grossière, qui est très en dessous de l’éducation et du niveau culturel des Cubains.  Saluant les mesures d’assouplissement prises par la nouvelle Administration américaine, elle a cependant espéré qu’elles seraient suivies d’autres mesures.


Débat général (suite)


M. SHABBIR AHMAD CHOWDHURY (Bangladesh) s’est déclaré convaincu que le Département de l’information avait un rôle à jouer pour mieux faire connaître l’action des Nations Unies en ce qui concerne la mobilisation mondiale contre la crise financière.  Il a ensuite proposé que le DPI contribue à l’organisation d’un forum des pays en développement pour les assister à prendre les mesures visant à atténuer les conséquences des changements climatiques et à s’y adapter.  Le représentant estime que le domaine des radios communautaires est un autre domaine où le Département peut faire une différence.  À l’heure où le reste du monde est connecté à l’Internet et à la télévision, la radio reste le moyen de diffusion de l’information le plus répandu dans les pays en développement, a-t-il rappelé.  Celle-ci peut jouer un rôle déterminant dans la préparation des populations locales à des catastrophes naturelles.  Le représentant s’est félicité des efforts de sensibilisation du Centre d’information de Dhaka, qui fonctionne pourtant sans directeur à plein temps depuis 25 ans.  Par ailleurs, le représentant du Bangladesh a encouragé le DPI à déployer tous les efforts pour restaurer l’image et la crédibilité des missions de maintien de la paix des Nations Unies et des pays contributeurs de troupes lorsque des membres du personnel de l’ONU font l’objet d’allégations mensongères.  Le représentant a aussi regretté que le Département n’en ait pas suffisamment fait pour mieux faire connaître et observer la Journée mondiale de la langue maternelle, qui commémore l’exécution, en 1952, de jeunes Bangladeshis qui avaient défendu le droit à leur langue maternelle.


M. HILARIO G. DAVIDE (Philippines) a constaté que le Département de l’information avait rempli sa mission d’information et de communication en recourant à la fois aux médias modernes et traditionnels.  Il a particulièrement rendu hommage aux efforts entrepris pour répandre les grandes idées de l’ONU à travers des campagnes de communication menées en particulier par le réseau des centres d’information.  Il s’est félicité aussi de la formulation par le Département de procédures standard dans les situations de crise, mises en œuvre par exemple en janvier dernier, lors de la crise à Gaza.  Par ailleurs, la délégation des Philippines se félicite du travail du Département de l’information visant à diffuser une culture du dialogue entre les civilisations et à promouvoir une compréhension religieuse et culturelle à travers des médias de masse.


Concernant les opérations de maintien de la paix, les Philippines sont convaincues qu’une information efficace est cruciale pour leur réussite, a déclaré leur représentant.  Le Département de l’information est la colonne vertébrale des médias dans ces opérations.  La délégation des Philippines se félicite aussi du travail du DPI visant à susciter un soutien populaire dans les États Membres fournissant des troupes aux opérations de maintien de la paix.  La Mission permanente des Philippines auprès des Nations Unies a collaboré étroitement avec le DPI pour faire connaître les activités des Casques bleus servant dans différentes missions, a rappelé son représentant.  Sa délégation encourage le DPI à utiliser de manière optimale les nouvelles technologies.  Elle est rassurée par le fait que les Nations Unies ne sont pas en retard dans ce domaine.  Son représentant a cité l’usage de plus en plus fréquent au sein de l’ONU des messageries instantanées en particulier.


M. RAYMOND O. WOLFE (Jamaïque) a estimé que la fréquentation élevée du site Web des Nations Unies était la preuve que, grâce au travail inlassable du Département de l’information, l’Organisation était désormais universellement reconnue comme une source crédible d’informations en matière de relations internationales.  Il a jugé qu’un aspect pour lequel le Département méritait d’être félicité, c’est l’accès des personnes handicapées au site Internet.  Par ailleurs, M. Wolfe a jugé que le remplacement de « UN Chronicle » par « UN Affairs » devrait être l’occasion d’atteindre le plus large public possible et cette publication ne doit pas être réservée à un groupe de lecteurs en particulier.  Un des domaines auquel la Jamaïque accorde beaucoup d’importance, tout comme la Communauté des Caraïbes (CARICOM) et l’Union africaine, c’est celui de la commémoration du 200e anniversaire de l’abolition de la traite transatlantique.  Dans ce contexte, il a soutenu l’appel lancé par d’autres délégations pour mettre à disposition du Département de l’information les ressources suffisantes afin de lui permettre d’organiser les activités de commémoration dans le cadre du programme de sensibilisation entrepris par le DPI avec les deux organisations régionales susmentionnées, conformément aux résolutions de l’Assemblée générale.


M. MARTY NATALEGAWA (Indonésie) a évoqué le rôle des médias en tant que pierre angulaire de la gouvernance dans les situations de restauration de la paix civile.  L’exemple de la Sierra Leone est tout à fait significatif à cet égard, a-t-il dit, appelant le Département de l’information à continuer de rechercher des moyens tout aussi créatifs pour déployer son professionnalisme.  L’Indonésie se félicite des partenariats établis avec des stations de radio qui permettent de créer un réseau puissant pour l’Organisation.  Elle est aussi favorable à l’exploration des opportunités apparaissant avec les divers outils de réseaux sociaux sur l’Internet.


Outre la promotion d’une image positive de l’ONU, le Département de l’information a un rôle à jouer dans la lutte contre les préjugés et la division entre les nations, les peuples et les religions afin que le monde devienne une communauté qui soit plus tolérante, plus pacifique et multiculturelle. 


Le représentant a ensuite évoqué le Moyen-Orient, appelant le Département de l’information à continuer de mettre en œuvre son programme sur la question palestinienne.  Il s’est félicité de l’organisation du Séminaire annuel international des médias sur la paix au Moyen-Orient prévu à Rio de Janeiro, en juillet prochain.  Il est essentiel, a-t-il souligné, de continuer de sensibiliser les populations du monde aux souffrances du peuple palestinien occupé.  C’est dans cet esprit que Jakarta accueillera, en juin, la prochaine réunion Asie-Pacifique de l’ONU en soutien au peuple palestinien, avec celle du Forum public de l’ONU sur le même sujet.  Le rôle des centres d’information de l’ONU est essentiel, particulièrement dans les pays en développement, a-t-il ajouté, en donnant l’exemple du centre de Jakarta qui publie des documents d’information dans les langues locales.  Enfin, en tant que pays fournisseur de troupes, l’Indonésie reconnaît la nature vitale de la diffusion d’information pour les Casques bleus.


M. DON PRAMUDWINAI (Thaïlande) a encouragé le Département de l’information à poursuivre ses activités sur les thèmes prioritaires que sont la paix et la sécurité, le développement et les droits de l’homme, tout en se saisissant de questions urgentes comme la crise économique et financière et l’apparition de la grippe A(H1N1).  Il a aussi encouragé le Département à continuer de promouvoir les activités de maintien de la paix des Nations Unies, ainsi que la politique de tolérance zéro décrétée par le Secrétaire général.  Le représentant a par ailleurs estimé que, tout en s’appuyant sur les progrès des technologies de la communication et de l’information (TIC), les Nations Unies devraient maintenir le recours à des médias plus traditionnels, très prisés dans un certain nombre de pays qui n’ont pas encore complètement accès à l’Internet.


M. YUTONG LIU (Chine) a souligné que le rôle du Département de l’information devrait être renforcé alors que la communauté internationale est confrontée à de nombreux défis planétaires tels que les changements climatiques, la dégradation de l’environnement, ou la crise financière et économique.  L’ONU jouant un rôle important sur ces questions, le Département de l’information peut contribuer à affirmer son rôle dirigeant dans ces domaines.  Par ailleurs, avec la crise financière internationale, il est davantage nécessaire de mettre l’accent sur la question du développement, même si celle-ci figure déjà au centre de l’ordre du jour des Nations Unies.  Mais la crise a d’ores et déjà pour conséquence le fait que ce sont les pays les plus vulnérables qui sont les plus gravement affectés, ce qui va entraîner de nouveaux obstacles pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Les Nations Unies ont donc un rôle essentiel à jouer, le DPI devant guider les médias internationaux et l’opinion publique pour que ceux-ci prêtent une plus grande attention aux difficultés des pays en développement et pour que les pays développés tiennent leurs promesses d’assistance.  La Chine estime notamment qu’une plus grande assistance doit être fournie aux médias des pays en développement.  Ce rôle est dévolu au Département de l’information de l’ONU qui doit prodiguer en particulier son savoir-faire concernant l’Internet.  Enfin, la délégation chinoise a souligné que le DPI devrait continuer de fournir une information exacte, impartiale et équilibrée.


M. YUN YONG IL (République populaire démocratique de Corée) a dénoncé la mauvaise utilisation des technologies de l’information et des communications par certains pays, désireux de « poursuivre leurs sinistres objectifs politiques ».  Dès lors, le Département doit prendre des mesures appropriées pour veiller à ce que l’environnement mondial en matière d’information facilite au contraire la promotion de la paix et de la sécurité, le progrès social, ainsi que le développement durable.  Pour la délégation, la radio américaine « Free Radio Asia », qui prend pour cible les pays d’Asie, y compris le sien, est un exemple de violation du principe de respect de la souveraineté, de l’égalité et de la non-ingérence dans les affaires d’un État.  De l’avis de sa délégation, il faudrait aussi prendre des mesures d’assistance auprès des pays en développement pour leur permettre d’améliorer leurs capacités d’information et de communication.  Il est regrettable, a-t-il ajouté, que le fossé ne cesse de se creuser entre pays développés et pays en développement, une situation qui rend d’autant plus nécessaire le renforcement de la coopération internationale.  Elle pourrait prendre la forme de transferts de technologies ou de formation de journalistes, ainsi que d’investissements dans les infrastructures de communication dans les pays concernés, a précisé le représentant.


Mme ANA SAPINHO PIRES (Cap-Vert) a rendu hommage au travail du Département de l’information, tout en soulignant que la tâche restait « immense ».  Tout en constatant des progrès technologiques sans précédent, elle a estimé que, dans le même temps, l’accès à une information fiable demeure un grand défi pour la majorité des populations des pays en développement.  S’il existe plusieurs raisons à cet état de choses, la première d’entre elles est la fracture numérique, la seconde étant le niveau de pauvreté auquel sont confrontés les pays du Sud.  Le DPI a donc un rôle essentiel à jouer à cet égard, en fournissant les outils nécessaires et en incarnant une voix d’espérance pour ceux qui sont le plus dans le besoin. 


La délégation du Cap-Vert demande précisément à la Radio des Nations Unies de continuer à renforcer ses liens avec ses actuelles stations partenaires.  Le DPI doit s’assurer que ces stations de radio partenaires reçoivent la matière nécessaire à leurs programmes dans les régions reculées des pays en développement où la radio conserve son caractère essentiel et où elle est bien souvent l’unique moyen d’information et d’éducation.  L’information ne doit pas être le privilège d’un petit groupe, a-t-elle souligné.  La représentante a enfin souligné le rôle éminent des centres d’information de l’ONU, tout en rappelant le besoin urgent de répondre spécifiquement aux besoins de l’Afrique lusophone.  Elle a appelé M. Akasaka à donner son aval à la création d’un centre d’information à Luanda, en Angola.


Mme CHERRY ANN MILLARD WHITE (Trinité-et-Tobago) a rappelé que le Centre d’information des Nations Unies, qui dessert les Caraïbes depuis Port-of-Spain couvre les besoins de 19 pays de la sous-région, en anglais et en néerlandais.  Le Gouvernement de Trinité-et-Tobago continue de subventionner le loyer des locaux de ce Centre d’information, afin de lui permettre de consacrer le budget annuel que lui alloue l’Organisation pour financer ses activités d’information.  Ainsi, le Centre d’information de Port-of-Spain a pu améliorer ses technologies de l’information et de la communication et entreprendre des initiatives bienvenues auprès des pays qu’il dessert.  La délégation a ensuite salué le travail du DPI en ce qui concerne la commémoration du 200e anniversaire de l’abolition de la traite transatlantique au Siège des Nations Unies en mars 2009 et pour l’exposition « Rompre le silence, tambour battant », qui a mis à l’honneur la musique de la diaspora africaine.


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