04/05/2009
Assemblée générale
PI/1878

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Comité de l’information

Trente et unième session

1ère séance – matin                                         


COMITÉ DE L’INFORMATION: M. AKASAKA PRÉSENTE LES INITIATIVES PRISES PAR LE DPI POUR DIFFUSER LE MESSAGE DE L’ONU DANS UN MONDE EN CONSTANTE ÉVOLUTION


C’est dans un contexte de mutations profondes et rapides que le Comité de l’information a entamé ce matin sa trente et unième session, en entendant le Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information qui a présenté les succès de son Département, ainsi que les défis auxquels il continue de faire face.


Dans son allocution d’ouverture, M. Kiyo Akasaka a expliqué que l’évolution constante des outils de communication et du paysage médiatique avait vu émerger une nouvelle culture de l’information « à la demande », dont l’Internet et la télévision câblée sont les grands vainqueurs, au détriment de la presse écrite.


En outre, la conjoncture actuelle est marquée par l’apparition soudaine de nouvelles crises exigeant un réajustement des priorités de communication des Nations Unies: la crise économique et financière ou l’apparition de l’épidémie de grippe A(H1N1) en sont deux illustrations récentes, a-t-il relevé.


« Nous nous réunissons au moment où le besoin d’efforts concertés et consolidés se fait plus que jamais ressentir », a ajouté pour sa part le Président du Comité de l’information.


« Mais le Département de l’information a retenu les leçons qui lui permettent de mieux concevoir ses stratégies de communication », a assuré le Secrétaire général adjoint, qui a expliqué que l’approche stratégique du DPI visait à répondre à ces changements sans négliger la complexité des questions abordées aux Nations Unies.


Il a rappelé que les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), la paix et la sécurité dans de nombreuses zones de conflit, les droits de l’homme, les changements climatiques, le désarmement et la non-prolifération continuent d’occuper une place importante dans les campagnes de communication du DPI.


Présentant les rapports* du Secrétaire général sur les services de communication stratégique, les services d’information et les services de diffusion, soit les trois sous-programmes du DPI, M. Akasaka a salué le travail de proximité réalisé par le réseau des centres d’information des Nations Unies (UNIC), qui couvre 63 pays et assure un lien essentiel entre l’Organisation et le public dans le monde.


Pour faire face aux coûts opérationnels de plus en plus élevés de ces centres d’information, M. Akasaka a appelé les États Membres où ils sont basés à envisager soit la possibilité de ne pas leur faire payer de loyer, soit celle d’en subventionner une partie.  Dans le cadre du débat général qui s’est ensuivi, le représentant du Yémen a, quant à lui, regretté qu’à ce jour, le Département de l’information n’ait pas encore nommé un directeur à la tête du Centre d’information de Sanaa.


Tout en rappelant que les centres d’information relaient le message des Nations Unies auprès des populations locales, M. Akasaka a reconnu le besoin de réaliser la parité entre les six langues officielles de l’Organisation sur son site Internet, où l’anglais continue d’occuper une place prédominante, par manque de ressources.


S’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, le représentant du Soudan a insisté sur la nécessité de faire du site des Nations Unies un site véritablement multilingue, une demande qui a été reprise par tous les intervenants.  Il a également rappelé l’importance des médias traditionnels -radio et presse écrite- qui restent la principale source d’information dans les pays en développement.


Prenant la parole au nom de l’Union européenne, son homologue de la République tchèque a souligné la nécessité « d’affiner » la résolution que le Comité se propose d’adopter à la fin de sa session et, ce, « pour mieux orienter les activités du DPI et démontrer notre capacité à formuler notre mission et nos priorités partagées ».


Le Secrétaire général adjoint a, par ailleurs, attiré l’attention sur les défis majeurs que pose le Plan-cadre d’équipement pour les opérations du DPI.  Compte tenu de leur complexité, un service ininterrompu et constant exigera à la fois une vigilance et un soutien continu de toutes les parties concernées, a-t-il prévenu.


Le Comité, qui se réunira jusqu’au 15 mai, a élu par acclamation M. Antonio Pedro Monteiro Lima, du Cap-Vert, à sa présidence pour les années 2009 et 2010.  Ont également été élus aux postes de Vice-Présidents: M. Amir Hossein Hosseini, de la République islamique d’Iran (au nom du Groupe des États d’Asie); M. Irakli Chikovani, de la Géorgie (au nom du Groupe des États d’Europe orientale); et M. Stéphane Crouzat, de la France (au nom du Groupe des États d’Europe occidentale et autres États).  Mme Sheree Chambers, de la Jamaïque, assumera les fonctions de Rapporteur.


Le débat général du Comité de l’information se poursuivra demain, mardi 5 mai, à 10 heures.


* A/AC.198/2009/2, A/AC.198/2009/3 et A/AC.198/2009/4


Débat général


M. ANTONIO PEDRO MONTEIRO LIMA (Cap-Vert), Président du Comité de l’information, a rappelé que, ces dernières années, la relation entre le Comité et le Département de l’information (DPI) avait été marquée par un haut niveau de coopération et un partenariat étroit.  Cela a été rendu possible en grande partie grâce au leadership du Secrétaire général adjoint à l’information et à la communication, M. Kiyo Akasaka, a-t-il estimé.  « Nous nous réunissons au moment où la communauté internationale fait face à de nombreux défis, au moment où le besoin d’efforts concertés et consolidés se fait plus que jamais ressentir », a poursuivi le Président.  Au cours des 60 dernières années, le multilatéralisme n’a jamais été mis à l’épreuve sur autant de fronts à la fois, a-t-il fait remarquer.  Le DPI, en tant que voix publique de l’Organisation, est chargé de communiquer le plus clairement possible les messages du Secrétaire général.  Les trois rapports qui sont présentés à l’attention de ce Comité soulignent les mesures concrètes prises par le DPI pour étendre ses activités, renforcer son impact et forger de nouveaux partenariats dans des pays du monde entier.  Évidemment, il existe des domaines où le DPI pourrait faire mieux, a reconnu le Président, qui a identifié le manque de ressources financières comme étant à l’origine de problèmes.  Dans la mesure où plusieurs d’entre nous, au sein de ce Comité, siègent également à la Cinquième Commission, nous pourrions faire connaître davantage les besoins de financement adéquat pour le DPI, a suggéré le Président.  En conclusion, il a rappelé que l’objectif de la session sera d’adopter par consensus une résolution contenant les meilleures orientations possibles pour le Département de l’information, afin que l’Organisation continue de bénéficier de la forte voix que lui donne le Département.


M. KIYO AKASAKA, Secrétaire général adjoint des Nations Unies à la communication et à l’information, a rappelé le rôle important que joue le Comité de l’information, mandaté par l’Assemblée générale pour superviser les activités du Département de l’information (DPI).  Il a ensuite présenté les trois rapports du Secrétaire général qui offrent une vue d’ensemble des travaux du DPI depuis un an, en mettant l’accent sur ce qu’il a entrepris pour élargir son audience et améliorer ses performances.  M. Akasaka a fait observer que quatre tendances claires s’en dégagent.


Tout d’abord, il ressort que les questions complexes exigent des approches stratégiques et proactives.  Celle du DPI a porté sur les priorités de communication suivantes: Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD); paix et sécurité dans de nombreuses zones de conflit, droits de l’homme; changements climatiques; désarmement et non-prolifération; et enfin la crise financière et économique, qui s’y est ensuite ajoutée tout récemment.  Le Département a en outre identifié l’Afrique comme cible régionale et la jeunesse comme audience stratégique.  L’approche stratégique du DPI a impliqué les éléments suivants: planification; nouveaux partenaires; organisation claire et coordination, usage responsable des ressources; et évaluation de l’impact. 


Ensuite, le Département de l’information continue d’accorder la plus grande attention à la nécessité de fournir, dans les meilleurs délais, une information exacte, impartiale, pertinente et cohérente, au sujet des Nations Unies et de ses objectifs divers, a souligné le Secrétaire général adjoint.  C’est une tâche difficile, à un moment où les médias et le grand public demandent des informations claires et rapides, a-t-il fait remarquer, en rappelant que le rôle du Département est d’informer le public sur un ensemble de questions très complexes, qui vont de l’équilibre entre paix et justice à la nature de différents conflits, en passant par les droits et les responsabilités des individus et des États.


Par ailleurs, a poursuivi M. Akasaka, les technologies de l’information et de la communication ont transformé notre monde de manière spectaculaire, comme en témoignent la vitesse à laquelle les nouvelles concernant la crise économique ou la grippe A(H1N1) ont circulé autour du globe.  Ce phénomène a exigé du Département de renforcer sa capacité à fournir l’information de manière efficace, a-t-il souligné.  En assurant une utilisation optimale de son site Internet, le Département de l’information est maintenant en mesure de toucher un public plus large et d’atteindre des groupes cibles, comme les étudiants et les jeunes adultes.


Enfin, grâce à des évaluations toujours plus nombreuses, le Département de l’information a retenu les leçons qui lui permettent de mieux concevoir ses stratégies de communication et d’améliorer ses systèmes internes et ses procédures.  L’un des domaines où l’approche stratégique du Département de l’information a abouti aux résultats est celui des Objectifs du Millénaire pour le développement, a déclaré le Secrétaire général adjoint, qui a expliqué que les centres d’information avaient aussi joué un rôle clef dans la campagne 2008 « Debout contre la pauvreté ».  Le développement de l’Afrique continue de représenter une des priorités de communication du DPI, comme en témoignent ses initiatives à l’appui du Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD).  Par ailleurs, a-t-il indiqué, le DPI a pris la direction des efforts pour attirer l’attention de l’Organisation sur l’importance des médias et des communications comme pierre angulaire de la gouvernance dans la consolidation de la paix.  M. Akasaka a cité comme exemple l’établissement, en coopération avec d’autres acteurs des Nations Unies, d’un service public national indépendant de radio et de télédiffusion en Sierra Leone.


Évoquant ensuite le Programme d’information spéciale sur la question de Palestine, M. Akasaka s’est félicité de la tenue d’un séminaire international des médias sur la paix au Moyen-Orient à Rio de Janeiro, les 27 et 28 juillet prochain.  Le DPI, a-t-il dit, assure également des programmes de sensibilisation sur les Nations Unies et l’Holocauste, ainsi que sur les Nations Unies et le génocide au Rwanda, qui revêtent une dimension éducative afin d’informer les étudiants, les institutions, et l’opinion publique internationale des dangers de la haine et de la bigoterie.  Enfin, le Département a aussi organisé, en mars dernier, dans le cadre d’un programme établi en 2008, une série d’évènements qui visent à créer un mémorial permanent en souvenir des victimes de la traite transatlantique des esclaves.


Le Secrétaire général adjoint a ensuite attiré l’attention du Comité de l’information sur un problème de plus en plus préoccupant, celui de l’évolution du paysage médiatique et du rétrécissement de la salle de presse, un phénomène aggravé par la crise économique et financière.  Or, comme l’indique un rapport publié l’an dernier par le Pew Research Center’s Project for Excellence in Journalism, la section qui perd le plus de terrain et le plus de ressources est celle de l’actualité internationale.  Ainsi, selon cette étude, près d’un journaliste sur cinq travaillant pour la presse écrite en 2001 a désormais quitté ses fonctions, et la tendance pour 2009 pourrait être pire.  En outre, le Centre explique que le public collecte désormais les informations « là où il veut, quand il veut. », une culture de l’information « à la demande » qui a vu la consolidation de deux plates-formes uniquement: l’Internet et le câble.  Le Département s’efforce de répondre à cette situation en équilibrant médias traditionnels et nouveaux et en adaptant les produits d’information aux besoins des usagers.  C’est une situation sur laquelle devraient se pencher les États Membres lorsqu’ils proposent des directives pour les communications des Nations Unies et leur politique d’information publique, a souligné M. Akasaka.


Quant à elle, la radio des Nations Unies a ajouté plus de 20 nouvelles stations partenaires à la liste de celles qui diffusent déjà les programmes des Nations Unies, de l’Équateur au Brésil, en passant par le Mozambique et les Comores.  En outre, le DPI poursuit sa stratégie d’expansion de l’usage d’Internet et des nouveaux médias comme un outil de promotion et de distribution, a expliqué le Secrétaire général adjoint, qui a cité le téléchargement gratuit d’enregistrements audio et vidéo et l’ouverture d’une chaîne des Nations Unies sur YouTube.  Il a également cité une expérience en cours avec le site de partage de photos Flickr et a assuré que le DPI réfléchissait à l’utilisation d’outils de Networking, comme Facebook, Orkut et Twitter.


M. Akasaka a évoqué ensuite deux projets illustrant la direction spécifique que le Secrétaire général souhaite donner à l’Organisation en termes d’information.  Le premier est l’Initiative des activités de proximité créatives, dans le cadre de laquelle le DPI coopère avec la communauté des créateurs pour promouvoir la paix et sensibiliser aux questions d’intérêt mondial.  Ainsi, le DPI a-t-il tout récemment travaillé avec les producteurs, les scénaristes et les acteurs de deux séries télévisées populaires, Law and Order et Battlestar Galactica.  Le second projet est l’Initiative « Impact académique », qui vise à rapprocher les universités et les Nations Unies.


Le Secrétaire général adjoint a ensuite exprimé sa préoccupation devant les coûts opérationnels de plus en plus élevés des centres d’information des Nations Unies (UNIC).  Dans ce contexte, il a appelé les États Membres qui accueillent de tels centres à envisager soit la possibilité de ne pas leur faire payer de loyer, soit celle de subventionner une portion de ce loyer.  Par ailleurs, bien que les centres d’information aient aidé le DPI à communiquer avec des millions de personnes, M. Akasaka a reconnu le besoin d’atteindre la parité entre les six langues officielles de l’Organisation sur son site Internet.  Le Département s’efforce d’éliminer les disparités qui existent entre l’anglais et les cinq autres langues, a-t-il dit, précisant qu’il est confronté à un manque de ressources.  Aucun des bureaux chargés de fournir des informations dans ces langues ne disposent en effet des ressources suffisantes pour assurer le niveau considérable de traductions qui permettraient de faire du site des Nations Unies un site complètement multilingue. 


En conclusion, le Secrétaire général adjoint a souligné que le Plan-cadre d’équipement pose des défis majeurs en termes d’opérations quotidiennes, en particulier pour celles qui se rapportent à l’information et aux médias.  Le DPI a entrepris une planification intensive afin de garantir un niveau adéquat de services radio et de télédiffusion pendant la rénovation, ainsi qu’une transition sans heurts vers le nouveau système multimédia entièrement numérisé au retour au Secrétariat.  Toutefois, a ajouté M. Akasaka, compte tenu de la complexité des opérations Web et multimédias, un service ininterrompu et constant exigera à la fois une vigilance et un soutien continu de toutes les parties concernées.


M. ABDALMAHMOOD ABDALHALEEM MOHAMAD (Soudan), s’exprimant au nom du Groupe des 77 et la Chine, a déclaré que la tâche la plus difficile du Département de l’information (DPI) reste de toucher un public aussi large que possible à l’échelle mondiale, dans la mesure où beaucoup de pays, en particulier les pays en développement, ne disposent pas des ressources et moyens techniques nécessaires pour pouvoir accéder aux informations relatives aux activités et réalisations des Nations Unies.  C’est dans cette optique que le rôle du DPI est important pour promouvoir une meilleure compréhension et de faire circuler et transmettre le message des Nations Unies aux peuples du monde.  Le Groupe des 77 et la Chine soutient pleinement les travaux du DPI, et se félicite notamment des nouvelles initiatives comme « UN4U »; le site Internet « TXT4PEACE » ainsi que le site « NYEARBOOK.UN.ORG ».  Il félicite en outre le Département de l’information pour la mise en œuvre du Programme spécial d’information sur la question de la Palestine dont l’objectif est de sensibiliser l’opinion publique mondiale à la situation au Moyen-Orient. 


Compte tenu du rôle important des centres d’information des Nations Unies, le Groupe des 77 demande à ce que toutes les mesures soient prises pour renforcer ces centres qui sont le relais de l’information des Nations Unies dans les pays.  Il souhaite que le site Internet des Nations Unies soit disponible dans toutes les langues officielles.  En outre, le Groupe attache une grande importance aux médias traditionnels dans la stratégie de communication des Nations Unies, a ajouté le représentant, en soulignant que ces médias (radio et presse écrite) restent la principale source d’information dans les pays en développement.


M. BOREK LIZEC (République tchèque), s’exprimant au nom de l’Union européenne, a rappelé que la mission du Département de l’information (DPI) était d’élargir la compréhension du travail des Nations Unies à l’audience la plus importante possible et ce afin de soutenir la réalisation des objectifs onusiens dans les domaines clefs suivants; piliers de ses activités; développement, droits de l’homme, paix et sécurité.  Le rôle du DPI, et par conséquent du Comité de l’information, n’est pas de rechercher les moyens de progresser dans ces domaines mais plutôt d’atteindre le public avec des informations sur les défis que la communauté internationale identifie de concert et sur les remèdes qu’elle propose, a-t-il souligné.  M. Lizec a tenu à assurer que l’Union européenne était disposée à rechercher, de manière active et constructive, les moyens de soutenir le DPI dans sa mission fondamentale en vertu du mandat que lui donnera la présente session. 


L’Union européenne a l’intention de mettre l’accent sur les trois priorités qu’elle avait formulées lors de la 30e session, a indiqué M. Lizec.  Il a tout d’abord souligné la nécessité d’affiner la résolution sur les orientations et activités de l’ONU en matière de l’information.  La rédaction de ce texte doit être « claire et bien structurée ».  C’est à la fois important pour orienter les activités du DPI que pour « démontrer de manière très large notre capacité à formuler notre mission et nos priorités partagées », a-t-il indiqué.  La seconde priorité concerne l’importance d’améliorer l’efficacité du travail du Département dans un cadre budgétaire limité.  L’Union européenne note que des progrès ont été réalisés par étapes et elle encourage le DPI à persévérer dans cette voie.  Elle estime que les centres d’information locaux et régionaux continuent d’être un outil important au service de la mission du Département.  Ils apparaissent en effet comme les moyens de communication les plus directs avec le public dans le monde.  Ils se doivent d’être en avance sur les « sujets chauds », le représentant prenant pour exemple le cas de l’épidémie actuelle de grippe: « Il ne fait guère de doute quant à l’importance du fait que leur communication doit faire preuve de souplesse en matière de prévention en particulier », a-t-il noté.  L’Union européenne se félicite par ailleurs des efforts déployés en matière de coordination et de coopération entre les centres.  Cela ne peut qu’avoir des retombées positives en matière de budget, à condition que les centres d’information ne limitent pas leurs capacités à rester attentifs aux spécificités locales.  Le représentant européen a évoqué l’importance des nouvelles technologies et des nouveaux moyens d’information dans la diffusion du message des Nations Unies, notamment afin d’économiser le papier, pour des raisons budgétaires et environnementales.


La troisième priorité de l’Union européenne touche au multilinguisme, a indiqué le représentant.  L’Union européenne, a-t-il précisé, souhaite que l’on continue de progresser dans ce domaine, en particulier sur Internet.  Concernant le projet de nouvelle formule pour les Chroniques de l’ONU, il a estimé que la nouvelle revue (UN Affairs) pourrait contribuer à faire face à la stagnation, voire au léger déclin dans les abonnements.  L’Union européenne se félicite que le DPI envisage de collaborer avec des universités, notamment pour diffuser le nouveau support en diversifiant les sources et dans un plus grand nombre de langues.  Par ailleurs, M. Lizec a appelé le Département de l’information à élargir l’accent mis sur les grands thèmes -droits de l’homme, opérations de maintien de la paix, Objectifs du Millénaire pour le développement- en prenant en compte les retombées de la crise financière.  Il a aussi souhaité que le DPI élargisse le traitement du thème de la violence contre les femmes aux objectifs de parvenir à l’égalité entre les sexes ainsi qu’à l’autonomisation des femmes.  La réforme de l’ONU doit aussi prendre en compte ces questions, a-t-il ajouté.  Enfin, M. Lizec a évoqué la question de la liberté de la presse en rappelant qu’il était de la plus haute importance que tous les États Membres la respectent.


Mme GUADALUPE SANCHEZ (Mexique), intervenant au nom du Groupe de Rio, a reconnu les efforts méritoires du DPI pour promouvoir et parvenir à une meilleure compréhension des objectifs et du travail de l’ONU.  Elle s’est félicitée du travail effectué par celui-ci pour faire connaître les débats thématiques organisés par l’Assemblée générale, notamment celui sur la crise alimentaire.  La représentante a appelé l’Organisation des Nations Unies à continuer de faire preuve d’objectivité dans ses messages et à entreprendre des campagnes médiatiques sur les crises énergétique et écologique, et leur impact sur le développement, en particulier l’augmentation de la pauvreté et de la faim.


Concernant les technologies de l’information, si le Groupe de Rio est favorable à « la spontanéité et à l’agilité de la communication électronique », et par conséquent à l’utilisation de l’Internet pour véhiculer le message de l’ONU, il est cependant préoccupé par le fossé numérique grandissant entre mondes développé et en développement, a déclaré la représentante.  Il considère aussi que les médias traditionnels, radio, télévision et presse écrite, doivent continuer à être utilisés par les Nations Unies car ils demeurent une source d’information essentielle dans les pays en développement.  À cet égard, le Groupe de Rio est préoccupé par la violation des fréquences radio et réitère la nécessité que celles-ci soient utilisées dans l’intérêt du public, en conformité avec le droit international.  Évoquant les 63 centres d’information de l’ONU existant dans le monde, le Groupe de Rio rappelle qu’il considère que leur travail est « essentiel ».  Il appelle donc le DPI à continuer de les soutenir.


Mme Sanchez a ensuite abordé la question de l’objectif de parvenir à la parité des six langues officielles de l’ONU.  Le Groupe de Rio est toujours préoccupé par le fait que les communiqués de presse continuent d’être diffusés dans deux langues seulement, et même parfois dans une seule des langues de travail,  « ce qui est inacceptable », a souligné la représentante.  Elle a rappelé que le Secrétaire général lui-même avait reconnu que l’objectif de la parité demeurait une « tâche incomplète ».  C’est la raison pour laquelle, le Groupe de Rio soutient la recherche de solutions pour que le Département remédie à cette situation.  Il invite le Secrétaire général à continuer de créer et de maintenir des sites Internet multilingues.  Le Groupe de Rio estime que les programmes radiophoniques doivent être diffusés dans le plus grand nombre de langues possible, y compris le portugais et les langues autochtones, a-t-elle ajouté.


Mme SIMONA-MIRELA MICULESCU (Roumanie) a estimé que le manque de ressources affectait la capacité du Département de l’information de promouvoir et de soutenir des changements.  En dehors du soutien nécessaire des États Membres, le Département a besoin d’une « résolution claire, tournée vers l’action et touchant aux questions relevant du mandat du Département ».  La représentante de la Roumanie a salué l’esprit constructif et de consensus qui a contribué à simplifier les dispositions du texte lors de la précédente session.  Sa délégation, a-t-elle ajouté, espère que le même esprit de coopération présidera à la présente session.

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Après avoir évoqué la « dimension essentielle » du multilinguisme à l’ONU, Mme Miculescu a longuement évoqué la Journée de la liberté de la presse célébrée le 3 mai.  Elle s’est inquiétée des atteintes portées à cette liberté, faisant notamment référence aux récents incidents survenus en République de Moldova.  Elle a déploré qu’après les élections législatives du 5 avril, les autorités se soient livrées à l’intimidation des journalistes, exerçant un contrôle strict des médias et restreignant l’accès à Internet.  Elle a indiqué que des journalistes roumains, sans être expulsés du pays, avaient fait l’objet d’intimidation par les autorités à Moldova.  D’autres n’ont tout simplement pas pu y entrer.  « Mon pays condamne fortement ces violations des droits de l’homme », a-t-elle déclaré, rappelant que l’Union européenne avait appelé les autorités moldaves à respecter les libertés fondamentales.


M. MANAR TALEB (République arabe syrienne) a déclaré que son pays accordait une importance particulière à la réalisation d’un nouvel ordre international de l’information qui soit plus juste et plus équilibré pour pouvoir parvenir à un monde où régnerait les valeurs de justice et de respect mutuel entre les peuples et les religions.  Pour sa part, la République arabe syrienne estime que le rôle des Nations Unies est de plus en plus important non seulement pour diffuser un message de paix, de respect mutuel et de compréhension entre les peuples, mais également pour sensibiliser l’opinion mondiale sur des thèmes importants qui sont abordés par l’Assemblée générale comme par exemple la crise financière et économique mondiale, les changements climatiques.  Le rôle du Département de l’information doit viser à mettre l’accent sur ces questions et à promouvoir le respect de certaines valeurs comme la non-ingérence dans les affaires intérieures des pays et la lutte contre l’occupation étrangère. 


Pour ce qui est de la rationalisation du réseau des centres d’information des Nations Unies, le représentant a souligné la nécessité d’élargir ce réseau dans les pays en développement qui, souvent, ne disposent pas des ressources humaines et techniques nécessaires mais jouent un rôle central pour diffuser le message des Nations Unies.  Les centres d’information des Nations Unies jouent un rôle clef en particulier dans la lutte contre les nouveaux phénomènes mondiaux qui sévissent au-delà des frontières comme la sensibilisation à la grippe A(H1N1) par exemple.


La République arabe syrienne insiste sur la nécessité du multilinguisme sur le site Web des Nations Unies.  Cela suppose davantage d’efforts dans la répartition des ressources financières et humaines afin que toutes les pages puissent prendre en compte les spécificités de chaque langue.  Elle déplore l’élimination de la page relative à la Palestine et à l’Iraq dans la publication « In Focus » et sur le site Web des Nations Unies.  Le représentant a exhorté le Département de l’information à poursuivre son Programme annuel pour la Palestine, ainsi qu’à déployer davantage d’efforts pour réduire le fossé numérique entre les pays du Nord et les pays du Sud.  Le Département pourrait jouer un rôle essentiel en matière de promotion du dialogue entre les peuples et les cultures, a-t-il ajouté.  Si la liberté d’expression est un droit universel, elle s’accompagne toutefois de conditions et de responsabilités et ne doit en aucun cas justifier les atteintes aux sentiments et à la dignité des autres, a-t-il rappelé.


M. MOHAMMED AL-HADHRANI (Yémen) a déclaré que sa délégation regrettait qu’à ce jour, le Département de l’information n’ait pas sélectionné ou nommé un directeur à la tête du Centre d’information des Nations Unies à Sanaa, au Yémen.  Ce Centre, qui siège dans un pays en développement fortement peuplé, revêt une importance cruciale.  Un directeur connaissant la culture, la langue et les coutumes locales est donc indispensable, a souligné le représentant, qui a insisté sur la nomination prochaine d’un candidat aux compétences et qualités requises.  Cela permettra au Centre d’information de Sanaa de jouer un rôle pionner dans la diffusion des objectifs des Nations Unies dans une conjoncture très difficile, a-t-il ajouté avant de conclure.


M. MAME BABA CISSÉ (Sénégal) a souligné que les centres d’information des Nations Unies jouaient un « rôle central pour rehausser l’image de l’Organisation auprès du public ».  Ils doivent « bénéficier d’une attention toute particulière et être dotés de moyens adéquats ».  C’est la raison pour laquelle « le Sénégal réitère son appel pour un renforcement de ceux de ces centres situés dans les pays en développement, notamment en Afrique au sud du Sahara ».  Les autorités sénégalaises, a rappelé son représentant, militent en faveur de la création d’un Centre régional d’information des Nations Unies à Dakar couvrant les pays francophones d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique centrale et « prenant en charge les préoccupations prioritaires similaires de la vaste communauté francophone ».


Évoquant la question du multilinguisme, le représentant du Sénégal a souligné que le DPI « devrait tout mettre en œuvre pour corriger l’écart croissant entre le nombre de pages Web créées en langue anglaise par rapport à celles créées dans les autres langues ».  Il a attiré l’attention sur « l’urgente nécessité de favoriser un plus grand accès des populations du Sud aux technologies de l’information ».  Le DPI devrait, a-t-il dit, aider à faire connaître davantage l’importance du Fonds de solidarité numérique.  Enfin, M. Baba Cissé a appelé le Département de l’information à continuer de porter une attention particulière à la question de Palestine en offrant sa coopération et son soutien aux associations de la société civile palestinienne.  Le Sénégal invite « toutes les délégations à soutenir, sans équivoque, toutes les recommandations et décisions portant sur les programmes d’information du Département de l’information du Secrétariat sur la question palestinienne ».


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