26/06/2009
Assemblée générale
DEV/2754
ECO/157

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

UNIS DANS L’ADVERSITÉ, LES PARTICIPANTS À LA CONFÉRENCE SUR LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE LANCENT UN APPEL À LA SOLIDARITÉ À L’ÉGARD DES PAYS LES PLUS TOUCHÉS


Ils invitent l’Assemblée générale de l’ONU à créer un groupe de travail chargé d’assurer le suivi des questions soulevées pendant la Conférence


En prévoyant que le produit brut mondial chutera de 2,6% en 2009 -un fléchissement sans pareil depuis la Seconde Guerre mondiale-, et conscients que plus de 50 millions de personnes supplémentaires vivent désormais dans la misère, les États Membres ont adopté, cet après-midi, le Document final de la Conférence sur la crise financière et économique mondiale et son incidence sur le développement*.


Ce texte, qui prône un effort collectif en faveur du relèvement de l’économie mondiale, sera examiné et soumis pour adoption à la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale des Nations Unies, cet automne.  Il invite le Président de l’Assemblée générale à faire de la crise un thème prioritaire de cette session, au terme de laquelle un groupe de travail à composition non limitée sur la crise financière devra avoir remis un rapport sur le suivi des questions qui viennent d’être évoquées pendant la Conférence.


Après trois jours de débats intenses au cours desquels plus d’une centaine de délégations et d’experts ont fait entendre leurs vues, les participants à la Conférence ont d’abord reconnu les graves incidences de la crise dans les sphères sociale, politique et économique, et le fait que les pays en développement, bien qu’ils ne soient pas à l’origine de la situation actuelle, en subissent les répercussions de plein fouet. 


L’appel à la solidarité qui émane des débats de la Conférence tient compte du fait que des millions de personnes de par le monde perdent chaque mois leur emploi, leur revenu, leurs économies et leur logement.  Cet appel vise à prévenir le risque que la crise ait des conséquences désastreuses sur le plan humanitaire et dans le domaine du développement.  Les États Membres invoquent dans ce contexte la nécessité d’une action rapide et décisive permettant aux pays les plus durement touchés de préserver et de valoriser les gains acquis sur la voie de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD). 


Rétablir la confiance dans le secteur financier et relancer les opérations de prêt; faciliter et revitaliser un commerce et un investissement ouverts et rejeter le protectionnisme; réformer l’architecture financière internationale pour l’adapter aux difficultés actuelles; encourager une bonne gouvernance: telles sont les lignes directrices devant guider la marche à suivre pour que le relèvement profite à tous. 


Tout en reconnaissant la décision prise au Sommet du G-20, tenu le 2 avril 2009 à Londres, de dégager, pour relancer l’économie mondiale, un montant de 1,1 milliard de dollars, les États Membres se disent en outre résolus à renforcer le rôle de coordonnateur des affaires économiques et sociales qui incombe aux Nations Unies, pour que les pays aient la marge de manœuvre nécessaire pour appliquer des mesures anticycliques.  Enfin, reflétant les échanges de vue qui ont eu lieu pendant la Conférence, le Document final souligne qu’il importe de réformer d’urgence la gouvernance des institutions de Bretton Woods, sur la base d’une juste et plus équitable représentation des pays en développement, et pour rendre le FMI et la Banque mondiale plus réactifs et mieux adaptés aux besoins de ces pays.


« Le monde vient d’entendre les voix du G-192 », a affirmé le Président de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, M. Miguel d’Escoto Brokcmann, après l’adoption du Document final.  Il a parlé des efforts inlassables déployés par les États Membres et du consensus auquel ils sont parvenus, et qui aura culminé dans la confection d’un texte « apportant sa pierre à l’édification d’un monde plus solidaire et stable ».  « Nous sommes plus heureux aujourd’hui qu’hier, mais pas satisfaits », a encore déclaré M. d’Escoto Brockmann, qui a prévenu que d’autres périls se profilaient déjà à l’horizon, menaçant de faire « basculer la crise économique actuelle dans un chaos humanitaire. »  « Unissons nos forces pour contrer les crises alimentaire, énergétique, de l’eau et de l’environnement, et cela en nous appuyant sur les propositions que nous venons d’adopter, propositions qui, nous l’avons dit et répété, vont dans la bonne direction, c’est-à-dire celle d’un avenir viable et glorieux pour tous et pour la Terre nourricière », a lancé le Président de l’Assemblée.   


Les délégations ont reconnu que les Nations Unies étaient l’endroit indiqué pour traiter de manière holistique de la crise.  Si elles ont exprimé des réserves sur le contenu du Document final, toutes ont accueilli favorablement la création d’un groupe de travail à composition non limitée sur la question de la crise économique et financière. 


Les États-Unis, l’Union européenne, le Canada et le Japon se sont félicités de la qualité des débats tenus pendant les trois jours de la Conférence, au cours de laquelle ont pu être exprimées les préoccupations des pays en développement face à la crise actuelle.  S’ils n’ont pas manqué de saluer la teneur des informations et des points de vue échangés, ces pays ont insisté sur le fait que la réforme des institutions financières internationales « indépendantes », si elle devait avoir lieu, devrait s’effectuer au sein des conseils d’administration de ces organismes.


De leur côté, Cuba, le Venezuela, le Nicaragua et la République islamique d’Iran ont estimé que le texte ne satisfaisait pas les attentes, car il n’aborde pas de manière appropriée les causes et les solutions de la crise financière et économique mondiale.  Selon ces États Membres, la crise actuelle, qui a éclaté dans les pays développés, signe l’échec cuisant de la doctrine néolibérale.  Ils ont en outre rejeté la notion de « sécurité humaine » figurant dans le Document final, qui pourrait, selon eux, être interprétée par « certaines puissances » pour se lancer dans des opérations relevant de l’ingérence et menaçant la souveraineté des États.


L’échange de vues général sur la crise financière et économique mondiale et son incidence sur le développement se poursuivra lundi, le 28 juin, à 10 heures. 


*     A/CONF.214/L.1 & A/CONF/214/3


ÉCHANGE DE VUES GÉNÉRAL SUR LA CRISE FINANCIÈRE ET ÉCONOMIQUE MONDIALE ET SON INCIDENCE SUR LE DÉVELOPPEMENT (A/CONF.214/4)


M. CELSO AMORIM, Ministre des affaires étrangères du Brésil, s’est félicité que les pays qui d’ordinaire sont sans voix dans les structures mondiales de gouvernance financières aient l’occasion de se faire entendre grâce aux Nations Unies.  Il a souhaité que des efforts sérieux soient déployés par les pays développés pour atteindre l’objectif auquel ils se sont engagés de verser 0,7% de leur PIB à l’APD.  Il a estimé que l’APD ne sera cependant pas suffisante et qu’il faut que des mesures soient prises par les institutions financières internationales et régionales pour fournir des liquidités au pays en développement et financer le commerce Sud-Sud.  Il a souhaité que les ressources de la Banque mondiale et du FMI soient augmentées et que les banques régionales de développement soient renforcées, de façon à ce qu’elles soient en mesure de reconstruire des économies fragilisées.  Le Brésil a annoncé l’augmentation de sa contribution au FMI, et a exprimé son appui à la recapitalisation des banques multilatérales de développement, a-t-il dit.  Il a ajouté que son pays était en faveur de nouvelles allocations de droits de tirage spéciaux (DTS), en souhaitant que la distribution de ces ressources se fasse au profit des pays en développement. 


M. Amorim a par ailleurs estimé que le régime des conditionnalités restrictives imposé aux pays en développement par les institutions financières internationales devait sérieusement être revu.  Il a indiqué que les politiques de protection sociale, et d’appui à la santé et à l’éducation ne devaient pas être l’apanage des seuls pays riches.  Il a demandé que les institutions de prêt adaptent leurs paradigmes en faveur du financement de mesures de stimulation dans les pays en développement.  Il a salué les efforts qui sont en cours pour renforcer la régulation des activités économiques et financières, et a souhaité que ces efforts soient coordonnés au niveau international.  Sur le même ton, le Ministre brésilien a invité les pays en développement à rechercher des moyens innovants de se protéger des conséquences des fluctuations des principales devises.  Il a souhaité que cette crise soit l’occasion de définir un nouveau cadre de développement et de financement, de manière à ce que le monde soit en mesure d’éviter de futures crises.  Les défis actuels appellent à une réforme de la gouvernance mondiale et de ses structures de décision, qui sont vieilles de 60 ans, a dit M. Amorim.  Les mandats de certains organes de l’ONU, notamment des institutions de Bretton Woods sont aujourd’hui caduques et révolus.  Ils ne reflètent pas la réalité économique et politique du monde d’aujourd’hui, a dit le Ministre, en souhaitant que les quotas et droits de vote en vigueur au sein des institutions financières internationales soient revus.


M. REINHOLD LOPATKA, Secrétaire d’État aux finances de l’Autriche, a qualifié la crise financière et économique mondiale de « crise de toute l’humanité ».  La crise a débuté au cœur du monde industrialisé pour s’étendre à tous les pays et à toutes les régions du monde, a-t-il ajouté, et elle pourrait être plus longue que prévue.  Pour M. Lopatka, il faut que la communauté des donateurs, les pays riches, les agences de l’ONU et les institutions financières internationales s’unissent pour rendre l’aide plus efficace, et ce, en assurant une mise en œuvre rapide de la Déclaration de Paris et du Programme d’action d’Accra sur le financement du développement.  Il est de la responsabilité des États Membres d’honorer les engagements qu’ils ont pris au titre de l’aide publique au développement (APD), et l’ONU doit poursuivre les réformes engagées qui feront d’elle une Organisation capable de permettre aux États d’être « unis dans l’action », a encore estimé l’orateur.  Concluant son intervention, il a invité les États Membres à poursuivre la discussion sur les réponses durables à apporter à la crise lors de la quatrième Conférence des Nations Unies sur les pays les moins avancés (PMA IV), qui se tiendra en 2011.


Mme PAULA QUINTANA, Ministre de la planification et de la coopération du Chili, a indiqué que cette Conférence qui se tenait au siège des Nations Unies était le signe que la crise qui a ébranlé le monde de l’économie et de la finance était la pire que la communauté internationale ait connue depuis la Grande Dépression des années 30.  Cette Conférence est une démonstration de la vitalité des Nations Unies et de leur capacité à répondre aux défis majeurs de notre temps, a-t-elle estimé.  Cette crise nous a surtout montré notre faiblesse, a-t-elle dit.  Des mesures doivent être prises afin d’en atténuer les effets négatifs sur le monde économique et financier, a poursuivi la représentante.  Il faut stabiliser les marchés financiers et restaurer la confiance des agents économiques.  Il faut également que ceux qui portent une part de responsabilité dans ce qui arrive assument leurs engagements et leur solidarité envers les économies en développement, a dit Mme Quintana.  Nous devons garder à l’esprit ce qui est à l’origine de la crise financière et économique et faire en sorte que cela ne se reproduise pas, a jugé Mme Quintana.  Elle a ajouté que la faiblesse du système de supervision et de régulation financière, ainsi que le comportement irresponsable de certaines personnes ont eu comme résultat de précipiter toutes les économies dans une situation d’extrême faiblesse, voire de récession. 


Mme KARNIT FLUG, Directrice du Département des recherches de la Banque d’Israël, a appelé la communauté internationale à accroître la coordination interétatique pour répondre plus efficacement aux défis posés par la crise financière et économique mondiale.  Il convient également de corriger les déséquilibres du commerce international et d’éviter, dans le même temps, de céder aux tentations de replis protectionnistes, a ajouté Mme Flug, pour qui la situation actuelle exige de repenser le fonctionnement des institutions financières internationales.  L’indépendance et le professionnalisme du FMI et de la Banque mondiale doivent être préservés, a-t-elle dit, en suggérant d’améliorer ces entités, en y élargissant la représentativité de certains groupes.  Il n’est pas besoin de remplacer purement et simplement ces institutions comme certains États le préconisent, a estimé Karnit Flug.  L’intervenante a ensuite évoqué les différentes mesures mises en œuvre par son pays pour contenir l’impact de la crise.  Elle a notamment indiqué que la Banque d’Israël avait accru son volume de devises étrangères, et a souligné que le Gouvernement israélien avait décidé de laisser s’aggraver ses déficits jusqu’en 2010, pour compenser la baisse de ses ressources fiscales.  Revenant sur la nature globale de la crise, Mme Flug a appelé à une réaction coordonnée et rapide, qui tienne compte des besoins spécifiques de chaque pays. 


Mme MARLENE MOSES (République de Nauru), qui s’est exprimée au nom des petits États insulaires en développement de la région du Pacifique, a appelé les États Membres participant à la Conférence à tirer les conséquences de la crise économique et à coordonner leurs efforts afin de répondre le plus efficacement aux effets de cette crise.  Les petits États insulaires ont durement ressenti l’impact de la crise financière et ont tenté de rassembler leurs efforts afin d’en atténuer les conséquences, a dit Mme Moses.  Des mesures fiscales strictes ont été prises, et les États se sont concentrés à faire face aux déficits budgétaires qui les affectent en ce moment, a dit la représentante.  Elle a invité les partenaires du développement à rester engagés auprès des petits États insulaires.


S’exprimant au nom du Groupe des pays en développement sans littoral, M. OUMAR DAOU (Mali) a demandé que la communauté internationale, les partenaires de développement, ainsi que les institutions financières internationales accordent à ce groupe de pays une attention particulière.  Elle pourrait prendre la forme du développement et de l’entretien des infrastructures de transport, d’une amélioration des politiques de transit, d’une facilitation du commerce international et de l’obtention d’un traitement préférentiel pour les produits en provenance des pays sans littoral, a-t-il proposé.  Le représentant a également suggéré que soient mobilisés des investissements privés, y compris les investissements directs étrangers, pour financer les projets et les programmes sous-régionaux qui intéressent les États enclavés.


M. HILARIO G. DAVIDE (Philippines) a estimé que les déclarations prononcées lors de la Conférence avaient mis en lumière la profondeur et la sévérité de la crise, ainsi que la nécessité d’apporter, comme solution au problème, des mesures complètes et coordonnées.  Les approches unilatérales sont caduques, a-t-il dit, évoquant les initiatives régionales destinées à maintenir les flux des capitaux dans les pays les plus durement frappés par la crise, et la nécessité de conclure les négociations de Doha sur le commerce d’une manière qui soit équitable et qui permette de relancer la demande.  Dans ce contexte, les États doivent résister aux tentations protectionnistes et à la mise en œuvre de réformes masquant des réflexes nationalistes, a préconisé M. Davide. 


M. MOHAMMAD KHAZAEE (République islamique d’Iran) a suggéré les étapes suivantes pour une sortie de crise: redéfinir le système économique mondial sur la base de valeurs morales et éthiques de manière à résoudre les crises mondiales; et revoir les pratiques et les mesures bancaires traditionnelles, en s’inspirant du système bancaire iranien, qui a démontré sa prudence et sa capacité de résistance au plus fort de la crise.  Le représentant a également suggéré de promouvoir les devises nationales et régionales comme moyen d’élargir les bases de la structure internationale de crédit et de remplacer l’approche centrale qui prévaut aujourd’hui par une architecture plus diversifiée.  M. Khazaee a recommandé de réformer le commerce international et les institutions monétaires internationales, en promouvant une plus large participation de tous les pays.  Le système qui a prévalu à ce jour était profondément injuste et basé sur la seule notion du libéralisme des marchés et de la recherche effrénée du profit.  Il ne pouvait mener le monde qu’à l’échec, a dénoncé le représentant iranien.  


M. KAIRE MUNIONGANDA MBUENDE (Namibie) a déclaré que le Gouvernement de la Namibie n’était pas resté passif depuis le début de la crise.  Il a agi en prenant notamment des mesures anticycliques afin de stimuler la demande domestique et la croissance, a dit le représentant.  Le Gouvernement namibien a mis en place des politiques monétaires et fiscales pour protéger les secteurs vitaux de l’économie et maintenir active la fourniture des services sociaux, a indiqué le représentant, qui a expliqué que la Banque de Namibie s’efforçait de pratiquer des taux d’intérêt peu élevés afin de permettre aux particuliers et aux entreprises de continuer à emprunter.  Pour M. Mbuende, la lutte contre la crise financière et économique mondiale appelle l’adoption de réponses coordonnées pour à la fois reconstruire l’édifice économique international et empêcher le retour de crises de cette ampleur.  Dans ce contexte, les pays à revenu moyen doivent pouvoir s’appuyer sur une aide extérieure soutenue fournie sous forme d’allocations, de prêts concessionnels et d’assistance technique visant à renforcer leurs capacités, a-t-il dit. 


M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a déclaré que la réponse à la crise devait être à la hauteur des défis posés.  Les immenses efforts consentis par les pays du G-20 et d’autres, aussi considérables soient-ils, ne suffiront pas, à eux seuls, à assurer la mondialisation coopérative, équitable et inclusive à laquelle nous aspirons tous, a-t-il estimé.  Après avoir réaffirmé l’engagement de la France en faveur de ses partenaires de développement, le représentant a jugé que le système des Nations Unies avait un rôle fondamental à jouer à cet égard, en mettant à profit l’expertise de ses agences spécialisées et de ses fonds et programmes.  Plusieurs axes d’action lui ont paru prioritaires: la promotion d’un travail décent pour tous, le système d’alerte précoce sur les vulnérabilités, ainsi que la poursuite des efforts engagés par le système des Nations Unies pour se réformer et rendre son action plus efficace au service de ses États Membres.


M. NASSIR ABDULAZIZ AL-NASSER (Qatar) a déclaré que la crise avait clairement souligné l’importance de l’architecture financière internationale et son rôle dans la réalisation de la stabilité financière internationale.  Mais, il est devenu crucial de réformer cette architecture financière et ses institutions de manière à les rendre plus à même de fournir des ressources aux pays en développement, a estimé le représentant du Qatar.  En conclusion, il a évoqué l’initiative prise par son pays, en coopération avec la Suisse et Singapour, pour lancer un programme de recherche internationale impliquant tous les acteurs concernés, y compris les États, la société civile et le secteur privé, afin de formuler des idées, des propositions de réforme, et des idées novatrices en matière de surveillance et de règlementations financières.  Le Qatar a abrité la dernière Conférence internationale de suivi sur le financement du développement, a rappelé le représentant, en indiquant que c’est à l’issue de cette rencontre que les États Membres ont décidé de la tenue de la présente Conférence sur la crise financière et économique et son impact sur le développement, qui a lieu depuis trois jours au Siège de l’ONU. 


M. JAIROHERNÁNDEZ MILLÁN (Costa Rica) a estimé que la nature de la réponse à apporter à la crise dépendra de la manière dont sera réformé le système financier international.  La situation actuelle est le résultat d’excès, d’ambitions dévorantes et de la cupidité dont ont fait preuve certains groupes qui ont pu faire des profits démesurés du fait de l’absence de mécanismes de régulation financière.  Nous avons besoin d’une architecture financière internationale plus transparente pour éviter que l’histoire ne se répète, a ajouté le représentant, qui a plaidé pour la mise en place de systèmes de contrôle, de régulation et d’information financière efficaces permettant une gestion équitablement partagée du coût de la crise.  Dans ce cadre, il a souhaité que la communauté internationale reste fidèle aux engagements pris au titre des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Il a lancé un appel à l’augmentation des ressources d’aide aux pays les moins avancés, qui sont aussi les pays les plus durement touchés par la crise et ceux dont l’avenir dépend le plus de l’atteinte des OMD.


M. NAWAF SALAM (Liban) a déclaré que la crise financière et économique mondiale exige un ensemble de mesures de réponse pour aider les pays en développement à réaliser leur développement économique durable.  Pour sa part, le Liban a été en mesure de minimiser l’impact adverse de la crise grâce à l’adoption de règlementations et de mesures de surveillance de son marché financier.  Toutefois, le pays n’a pas été totalement épargné dans la mesure où 20% de son produit intérieur brut proviennent d’envois de fonds de migrants libanais, la plupart d’entre eux ayant été touchés par la crise dans leurs pays d’accueil.  Pour faire face à cette baisse des transferts de fonds des migrants, ainsi qu’à la diminution de l’investissement direct étranger, le Gouvernement libanais a adopté un plan de développement en vue de revitaliser l’économie nationale, a indiqué M. Salam.  Ce plan prévoit notamment une augmentation significative des salaires des employés des secteurs public et privé et la mise en œuvre des projets de développement dans le secteur des infrastructures.


M. MURAD ASKAROV (Ouzbékistan) a prôné l’assainissement financier comme première mesure à prendre pour permettre aux pays les plus touchés par la crise de maintenir leur économie à flot.  Le représentant a ajouté que l’investissement dans les restructurations des grands groupes industriels, qui sont les véritables locomotives de l’économie et de l’emploi, ainsi que le soutien au développement technologique, étaient des mesures vitales dans les efforts de modernisation du système économique mondial.  Surmonter la crise est aussi l’occasion de faire entrer nos économies dans le XXIe siècle, a encore dit le représentant, qui a expliqué que son pays mettait particulièrement l’accent sur le relèvement des petites et moyennes entreprises qui représentaient 48,2% du PIB ouzbèke, en 2008.  Le représentant a aussi évoqué la création de zones franches régionales pour intensifier la coopération économique en Asie centrale.  Il a conclu en plaidant pour une meilleure coordination des efforts du G-20 et de ceux des agences et partenaires des Nations Unies, l’ONU bénéficiant d’une légitimité qui lui confère, de façon naturelle, un rôle de catalyseur d’une économie mondiale qui devrait désormais veiller à satisfaire les besoins des plus vulnérables et l’appui au développement.


M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a salué la qualité des recommandations formulées par la Commission Stiglitz, et qui figurent dans le document final de la Conférence.  Il a relevé que la crise avait provoqué un recul des progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le Gouvernement syrien a été assez prudent pour se constituer des réserves de capitaux qui ont permis à la Syrie de devenir l’un des pays les moins endettés du monde, a indiqué le représentant.  Mais à l’instar d’autres pays en développement, la Syrie n’a pas été épargnée par la contraction du commerce international, a-t-il noté.  Les mesures unilatérales prises par certains pays développés pour protéger leurs économies n’ont fait qu’aggraver la crise de confiance actuelle, a poursuivi le représentant, qui a pointé du doigt les dangers qu’une telle situation fait peser sur le redressement économique.  Il a enfin désigné l’occupation étrangère comme un facteur aggravant de la situation qui prévaut actuellement en Syrie.


M. GILLES NOGHÈS (Monaco) a déclaré que la réalisation des OMD, déjà incertaine avant l’éruption de la crise financière et économique, était devenue encore plus aléatoire.  Elle exige désormais une réaction solidaire de la communauté internationale, a dit M. Noghès.  Il a également lancé un appel pour « l’édification d’un nouveau multilatéralisme coordonné par l’ONU » en vue d’éviter que ne se produisent des catastrophes humanitaires découlant de la crise.  Monaco soutient la mise en place d’une protection sociale minimale et de dispositifs d’urgence à même de répondre aux besoins les plus pressants des populations vulnérables, a encore indiqué M. Noghès, avant de conclure que la Principauté de Monaco, préoccupée par les conséquences de la crise sur l’environnement, poursuivrait ses efforts en faveur de l’économie verte, par le biais de mesures d’adaptation aux changements climatiques.


M. IBRAHIM O. A. DABBASHI (Jamahiriya arabe libyenne) a déclaré qu’en dépit du fait que les pays en développement ne sont pas responsables de la crise, ils sont les premiers à en subir les conséquences.  Cette crise pose des difficultés de toutes sortes, notamment en matière de migrations, puisque de nombreux expatriés ont perdu leur emploi à l’étranger provoquant, ainsi, une diminution des envois de fonds qu’ils opéraient pour soutenir leurs familles restées dans leurs lieux d’origine, a regretté le représentant.  Des mesures de réforme approfondies devront être prises pour réformer le système financier international, a souligné le représentant.  Saluant les décisions prises par le G-20, il a déclaré qu’elles étaient cependant insuffisantes.  Il a encouragé les pays développés à prendre à l’avenir des mesures en concertation avec les pays en développement.


M. AHMED KHALEEL (Maldives) a indiqué que son pays appartenait aux deux groupes les plus vulnérables identifiés par les Nations Unies, le Groupe des pays les moins avancés (PMA) et celui des petits États insulaires en développement.  C’est la raison pour laquelle, a estimé le représentant, l’impact de la crise financière et économique a été particulièrement ressenti aux Maldives.  Les Maldives ne disposent pas des capacités nécessaires pour faire face aux difficultés économiques actuelles, a-t-il poursuivi.  Indiquant que son pays s’était lancé sur la voie de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et était engagé dans la conduite d’un processus démocratique, le représentant des Maldives a lancé un appel aux partenaires de développement afin qu’ils poursuivent les efforts d’aide auprès de son pays.  Nous ne pouvons nous permettre de laisser la crise économique réduire à néant les efforts de développement et les progrès réalisés au cours des deux dernières décennies, a-t-il conclu.


ADOPTION DU DOCUMENT FINAL DE LA CONFÉRENCE: PROJET DE RÉSOLUTION (A/CONF.214/L.1)


Explications de vote


Les États-Unis se sont félicités de la qualité des débats tenus pendant les trois jours de la Conférence, au cours de laquelle ont pu être exprimées les préoccupations des pays en développement face à la crise actuelle.  Le représentant américain a estimé que les informations et les points de vue échangés avaient permis de dégager une vision plus claire des enjeux, reflétée dans le Document final.  Le représentant a ensuite émis des réserves sur le texte, en soulignant, notamment, que la réforme des institutions financières internationales « indépendantes », si elle devait avoir lieu, devrait s’effectuer au sein des conseils d’administration de ces organismes.


Le représentant de la République tchèque, parlant au nom de l’Union européenne (UE), a salué le consensus ambitieux auquel les 192 États Membres sont parvenus, en donnant aux pays en développement l’occasion unique d’exprimer leurs points de vue et de détailler leurs besoins face à « cette crise terrible ».  En prônant une action unie, nous venons d’envoyer un message d’espoir en direction des plus pauvres, a-t-il dit, estimant qu’il revenait maintenant aux Nations Unies, par l’intermédiaire du groupe de travail à composition non limitée, d’assurer le suivi des questions évoquées pendant la Conférence.  L’UE continuera à traiter de ces questions dans les grandes enceintes internationales, a-t-il assuré.


Les représentants du Canada et du Japon ont émis des réserves du même ordre que celles exprimées par leur homologue des États-Unis, et ont eux aussi exprimé leur confiance dans le rôle que pourrait être amené à jouer le groupe de travail à composition non limitée.


Le représentant de Cuba a, quant à lui, estimé que le texte ne satisfaisait pas les attentes, car il n’aborde pas, de manière appropriée, les causes et les solutions de la crise financière et économique mondiale.  La crise actuelle a éclaté dans les pays développés, et marque l’aboutissement de problèmes systémiques révélateurs de l’échec cuisant de la doctrine néolibérale et de la mort du mythe inventé autour de la bienfaisance du libre marché, a-t-il dit.  Le représentant a estimé qu’il fallait reconnaître la nécessité de passer à un nouveau type de développement plaçant l’humain au centre du processus.  Il a en outre rejeté la notion de « sécurité humaine » figurant dans le document final et qui, selon lui, pourrait être interprétée par quelque uns, dans un certains nombre de cas, pour se lancer dans des opérations relevant de l’ingérence et menaçant la souveraineté des États.


Les représentants du Venezuela, du Nicaragua et de la République islamique d’Iran ont appuyé la déclaration de Cuba, en demandant de plus que soit mis fin à l’hégémonie monétaire du dollar.  Ces délégations ont soutenu l’idée de créer un groupe de travail à composition non limitée chargé d’assurer le suivi des questions évoquées pendant la Conférence, en estimant que les Nations Unies étaient l’endroit indiqué pour traiter de manière holistique de la crise.


Le représentant de la Jamaïque, parlant au nom de la Communauté des Caraïbes CARICOM, et celui de la Bolivie, ont salué le fait que les 192 Membres soient parvenus à un accord sur la voie à suivre, cela en ayant pertinemment prévu de créer un groupe à composition non limitée pour combler ultérieurement les lacunes du Document final de la Conférence.


Le représentant du Soudan, parlant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, s’est réjoui de la réponse unie apportée aujourd’hui par l’ONU à la crise, grâce à un Document final qui représente une bonne base pour le lancement d’une réflexion plus large portant sur l’édification d’un monde plus juste.  Le texte comporte des lacunes, mais rien ne sert de faire la fine bouche, car les résultats sont là, a-t-il dit, en estimant que ces lacunes pourront être corrigées dans le cadre des travaux du groupe de travail. 


ÉCHANGE DE VUES GÉNÉRAL


M. JORGE VALERO BRICEÑO (Venezuela) a rappelé que c’était précisément le Président Hugo Chavez qui avait été à l’origine de ce débat qui se tient aux Nations Unies sur la crise financière et économique mondiale et son impact sur le développement.  Il a estimé que cette crise offrait au monde l’occasion de relancer la coopération Sud-Sud et de remettre en question la puissance hégémonique des États-Unis, « dont l’économie est totalement dépourvue de discipline monétaire et fiscale ».  M. Valero a ensuite cité en exemple les organisations « Voie bolivarienne pour les peuples d’Amérique latine » (ALBA) et PETROCARIBE, qui ont permis à de nombreux pays de la région d’Amérique latine et des Caraïbes de ne pas subir la flambée des prix des carburants l’an dernier.  De plus, la Banco del ALBA consacre 50% de ses fonds au financement de projets de développement socioéconomiques et culturels, sans imposer aux États les conditions exigées par les institutions financières multilatérales, a ajouté le représentant.  Il s’est également félicité de ce que l’idée de créer un panier de devises, qui se substituerait au dollar comme monnaie de réserve mondiale, soit en train de faire son chemin.


M. DANIELE D. BODINI (Saint-Marin) a regretté le fait que la vaste majorité des États Membres de l’Assemblée générale, y compris le sien, n’étaient pas représentés au plus haut niveau à cette Conférence, comme le Document final de la Conférence le stipule pourtant dans sa première ligne.  Il est également regrettable que le processus erratique des préparatifs de cette réunion ait découragé la participation de nombreux chefs d’État, dont la présence aurait pourtant conféré un caractère historique à la Conférence.  Le représentant a également relevé que la Conférence a à peine été suivie par les médias, une occasion ayant ainsi été ratée de revitaliser l’Assemblée générale.


M. PAUL BADJI (Sénégal) a rappelé les effets de la crise sur des pays en développement comme le Sénégal, notamment à travers la baisse des taux de croissance, des recettes d’exportation et des investissements, avant de saluer les mesures de relance annoncées pas le G-20.  M. Badji a aussi cité les mesures prises par les gouvernements africains et par la Banque africaine de développement (BAD), concernant les liquidités d’urgence, le financement du commerce et l’accélération des transferts de ressources aux pays pauvres.  Ces mesures doivent être accompagnées d’actions internationales, comme le renforcement de l’aide au développement, l’avènement d’un commerce mondial juste et une solution définitive à la crise alimentaire par l’accroissement de l’investissement dans le secteur agricole, a-t-il préconisé.  Il a aussi parlé de la nécessité d’accroître les moyens financiers des pays en développement, par l’accès aux réserves internationales et aux droits de tirage spéciaux (DTS).  Il a également mentionné la nécessité de la démocratisation et de la réforme de la structure de gouvernance des institutions financières internationales, ainsi que celle de l’instauration de nouveaux mécanismes de financement comme outils d’atténuation de la crise.


M. VANU GOPALA MENON (République de Singapour) a reconnu que les mesures prises par les gouvernements et les institutions financières pour gérer la crise sont d’une ampleur sans précédent.  La crise a montré la vulnérabilité du système financier mondial, a-t-il ajouté.  Les trois géants économiques mondiaux que sont les États-Unis, l’Europe et le Japon ont été touchés de plein fouet par la crise et n’ont pour cette année aucune perspective de croissance, a-t-il relevé.  À Singapour, notre économie s’est contractée de 10% au premier trimestre de l’année 2009 et les prévisions de croissance pour cette année sont négatives, entre moins 9% et moins 6%, a indiqué le représentant.  Il a conclu son propos en estimant que la Conférence sur la crise financière et économique mondiale et son impact sur le développement est une initiative importante.  Il s’est dit persuadé que les Nations Unies peuvent jouer un rôle important et apporter une réponse internationale cohérente et pragmatique à la crise.


M. SIMON MBOSO KIAMPUTU, Ministre de l’industrie de la République démocratique du Congo (RDC), a donné un aperçu des effets négatifs de la crise dans son pays, évoquant notamment la chute des cours de ses produits d’exportation (cuivre, cobalt, bois et pétrole brut) et la chute des exportations et des réserves de change.  Il a aussi mentionné la baisse des recettes budgétaires et fiscales, qui entraîne un accroissement des déficits publics et des pertes massives d’emplois, ainsi que l’exacerbation des conflits sociaux.  Le Gouvernement de la RDC a conçu un plan d’urgence destiné à contribuer au maintien de la stabilité économique et sociale, a-t-il poursuivi.  Il recherche l’allègement substantiel de la dette extérieure et la diversification des sources de croissance de l’économie.  Le Ministre a aussi précisé que le Gouvernement tente de renforcer les capacités de l’État, qui est aujourd’hui en situation de fragilité.


Le Ministre a ajouté que son pays a bénéficié d’un appui des institutions internationales, dont la Banque mondiale, la Banque africaine de développement, l’Union européenne et le Fonds monétaire international.  Il a indiqué également que la RDC entend mettre à profit les activités respectueuses de l’environnement à travers les deux atouts mis à sa disposition, à savoir le puits de carbone que constitue son massif forestier et son bassin hydraulique.  Enfin M. Mboso Kiamputu a déclaré soutenir les propositions qui ont été faites, notamment en ce qui concerne la réforme de la gouvernance du système financier international; la mise en place d’un système de régulation et de surveillance financière en vue de prévenir des crises similaires; et la création d’un conseil mondial de coordination économique.


M. JOSÉ LUIS CANCELA (Uruguay) a relevé la forte dépendance des pays en développement aux flux de capitaux et aux financements et investissements étrangers directs.  Il a donc jugé urgent de corriger les distorsions du système commercial multilatéral.  Il a appelé à réitérer les engagements pris en faveur du développement, et notamment pour l’aide publique au développement, et d’achever le Cycle de négociations de Doha pour le développement.  Le représentant a considéré, par ailleurs, que le retour à des mesures protectionnistes pour préserver les industries nationales ne peut qu’aggraver les conséquences de la crise actuelle et prolonger ses effets négatifs.  Il est en effet essentiel pour les pays en développement de pouvoir accéder à des marchés ouverts, a-t-il souligné.  Le représentant a aussi appelé à réformer l’architecture financière et économique internationale afin d’y permettre une plus grande participation des pays en développement.


M. JAN GRAULS (Belgique) a invité l’Assemblée générale à faire de cette crise une opportunité, en privilégiant de nouvelles approches de développement.  Pour sa part, la Belgique s’est engagée dans une nouvelle direction, en consacrant 0,47% de son produit intérieur brut (PIB) à l’aide publique au développement, alors que son budget a augmenté cette année de 23%.  Dans le cadre de son aide bilatérale, la Belgique a décidé qu’à partir de maintenant, elle limiterait ses interventions à un maximum de trois secteurs, tout en évoluant vers des économies d’échelle et une division des tâches entre donateurs.  Sur le plan multilatéral, le Gouvernement belge a décidé que cette année, ses contributions volontaires multilatérales iront entièrement aux organisations multilatérales, ce qui permettra à celles-ci de déterminer les programmes qui exigent le plus de ressources.


M. JORGE ARGÜELLO(Argentine) a relevé que les mesures adoptées récemment par le G-20 reconnaissent les erreurs commises dans le système financier international dominant et tentent de corriger les politiques qui sont à l’origine de la crise.  Les institutions financières ont favorisé la spéculation, a-t-il expliqué, ajoutant que ces institutions n’ont pas vu venir les déséquilibres macroéconomiques qui découlaient de leurs pratiques.  Il a donc plaidé pour un changement de discipline et de structure dans le fonctionnement de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), du Fonds monétaire international (FMI), de la Banque mondiale et du système financier international.  Il faut notamment y augmenter et renforcer la participation des pays en développement, a-t-il souhaité.  Pour lui, un aspect important de la réforme est de redéfinir le rôle de l’État qui doit être un acteur lorsqu’il s’agit de réguler les activités économiques et financières, l’exportation et la promotion de la croissance.  Il a enfin appelé les pays développés à tenir leurs engagements en termes d’aide publique au développement.


Mme ENKHTSETSEG OCHIR (Mongolie) a estimé que la multiplicité des crises qui affectent en ce moment le monde devait être prise en compte afin de définir une réponse appropriée au niveau mondial.  En outre, cette réponse exige de porter une attention particulière aux personnes et au coût humain de ces crises.  Par ailleurs, la représentante a réaffirmé la nécessité de tenir compte de la situation des pays à faible revenu, qui rencontrent des difficultés supplémentaires dans la réalisation des OMD.  Selon elle, le rôle des Nations Unies doit être élargi à la promotion d’une réponse coordonnée de la communauté internationale à la crise financière et économique.  La représentante a également estimé qu’il était critique de mettre en place un suivi à la Conférence.  Pour sa part, la Mongolie a d’ores et déjà lancé un plan d’action national approuvé par son Parlement cette année, afin de surmonter les difficultés économiques et financières, a dit Mme Enkhtsetseg


M. ROBLE OLHAYE (Djibouti) a relaté les difficultés que son pays a rencontrées à cause de la crise, comme la hausse des prix et du coût de la vie, la baisse des investissements directs et une hausse brutale du chômage.  Le Gouvernement djiboutien a adopté des mesures pour stimuler les activités dans tous les secteurs de l’économie, et il a renforcé les programmes sociaux, a-t-il dit.  Mais, a-t-il souligné, la capacité de l’État djiboutien est limitée, et il est essentiel, dans le contexte actuel, de pouvoir bénéficier d’une détermination au niveau mondial.  Il a donc appelé les États Membres à agir de façon collective et soutenue afin de résoudre la crise actuelle et éviter que des crises de ce type ne se reproduisent.  Le premier objectif serait d’en atténuer les effets.  Il faut donc coordonner les mécanismes de réponse à la crise, a indiqué M. Olhaye, tout en restructurant et en partageant le pouvoir de gouvernance au sein des institutions financières internationales, en vue de rendre responsables tous les peuples qui en sont membres. 


M. NARINDER KAKAR, Observateur permanent de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), a estimé que la communauté internationale devait renforcer les principes de durabilité et de viabilité économiques.  Une gestion rationnelle des écosystèmes est également essentielle pour impulser un élan véritable aux économies du monde entier, a-t-il poursuivi, avant de rappeler les dangers que font peser sur la planète les changements climatiques.  Le représentant a également encouragé les États Membres à investir dans l’environnement pour rendre leur autonomie aux populations et aux sociétés qui dépendent de l’utilisation des ressources naturelles pour leur survie.


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