25/11/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse

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CONFÉRENCE DE PRESSE DU REPRÉSENTANT PERMANENT DU VENEZUELA SUR LA DEMANDE VISANT À INSCRIRE LA COLOMBIE À L’ORDRE DU JOUR DU CONSEIL DE SÉCURITÉ


Le Représentant permanent du Venezuela auprès des Nations Unies, Jorge Valero, a invoqué « l’impérialisme américain » et les conséquences régionales du conflit armé en Colombie pour expliquer les raisons pour lesquelles son pays a demandé officiellement que le Conseil de sécurité se saisisse de la situation en Colombie.


Quelques heures après avoir transmis une note officielle de son Ministre des affaires étrangères, Nicolas Maduro, au Président du Conseil de sécurité pour le mois de novembre, Thomas Mayr-Harting de l’Autriche, le Représentant permanent du Venezuela a dénoncé l’installation prévue de sept bases militaires américaines en Colombie, « à des fins d’espionnage et d’ingérence dans les affaires sud-américaines ». 


La Colombie, a commenté M. Valero, a signé un chèque en blanc aux États-Unis et a perdu de ce fait sa souveraineté.  « Le Gouvernement d’Alvaro Uribe a fait la preuve de ses tendances belliqueuses à maintes reprises », a-t-il accusé, en rappelant l’« invasion de l’Équateur » en mars 2008.  La paix ne sera pas possible en Colombie, a-t-il prévenu, tant que les États-Unis et le Gouvernement colombien ne réaliseront pas que la situation ne saurait être réglée par la force mais bien par la négociation.


« La politique expansionniste des États-Unis va se poursuivre, malgré le changement d’administration », a averti le représentant, en constatant l’influence toujours réelle de l’aile ultra-droite du parti conservateur.  Il en a voulu pour preuve le fait que le Président Obama ait reconduit dans ses fonctions le Secrétaire d’État à la défense de George Bush, Robert Gates.


« L’installation des bases américaines vient aggraver la menace sérieuse que le conflit armé en Colombie représentait déjà pour la paix et la sécurité en Amérique latine », a estimé le représentant.


La persistance du trafic de drogues, alors que la Colombie produit toujours plus de 60% de la production mondiale de cocaïne, et l’existence de groupes paramilitaires dans le pays sont des éléments qui menacent la stabilité de tout le continent sud-américain, a-t-il ajouté, assurant que, de son côté, le Venezuela était fermement engagé pour la paix.


Il a rejeté les accusations de la Colombie qui avait dénoncé une violation de ses frontières après la destruction de deux passerelles reliant les deux pays.  Le Venezuela les a démantelées parce qu’elles servaient au trafic de drogues et à la contrebande, et a agi dans son plein bon droit, a-t-il affirmé.


M. Valero a déclaré que le conflit en Colombie, qui dure depuis près de 50 ans, a entraîné des violations systématiques, flagrantes et généralisées du droit international et des droits de l’homme, ainsi qu’une crise humanitaire grave.  En conséquence, la Colombie est aujourd’hui l’un des pays qui produit le plus de déplacés internes, a-t-il souligné, et de très nombreux réfugiés, dont quatre millions vivent au Venezuela.


Le représentant a rappelé que le Conseil de sécurité s’était saisi des situations en Somalie, en République centrafricaine ou au Tchad, des pays qui génèrent pourtant moins de déplacés que la Colombie.


M. Valero a annoncé qu’une copie de la demande officielle du Venezuela a été transmise au Président de l’Assemblée générale, Ali Abdussalam Treki, et sera traduite dans les six langues officielles de l’ONU.


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