12/11/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU REPRÉSENTANT SPÉCIAL ADJOINT DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL EN RDC, M. ROSS MOUNTAIN


Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général et Coordonnateur de l’action humanitaire pour la République démocratique du Congo (RDC), M. Ross Mountain, a affirmé aujourd’hui devant la presse, que le pays allait « dans la bonne direction, même si les progrès sont lents ».


M. Mountain, qui s’exprimait lors d’une conférence de presse au Siège des Nations Unies à New York, a souligné l’importance d’un soutien durable de la communauté internationale et de l’implication des dirigeants congolais, en rappelant combien la Mission de l’Organisation des Nations Unies en RDC (MONUC) et le système des Nations Unies dans son ensemble avaient permis des progrès significatifs dans le pays. 


Le Représentant spécial adjoint a indiqué que la RDC, après avoir tenu avec succès des élections nationales et provinciales, se dirigeait maintenant vers les élections locales.  Il a estimé qu’avec la mise en place de programmes appuyés par des donateurs internationaux et la contribution du Gouvernement, les différentes parties du pays commençaient à être stabilisées, ce qui, a-t-il dit, permettra à la MONUC de partir.  « Il faut espérer que le pays sera capable de poursuivre ce processus », a-t-il déclaré, ajoutant que cela n’était « ni automatique ni irréversible ».


Alors que 1 500 Congolais meurent chaque jour -la moitié étant des enfants de moins de 5 ans- et que 70% de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, 19 millions de Congolais ont été destinataires de l’aide humanitaire l’an dernier, a-t-il expliqué.  M. Mountain s’est félicité du fait que le montant de l’aide humanitaire ait atteint 600 millions de dollars et que les nouvelles approches développées en matière d’assistance aux populations civiles aient permis de sauver des milliers de vies.


Faisant le bilan de ses cinq ans d’activités en sa qualité de Coordonnateur humanitaire, M. Mountain a rappelé qu’il y a encore huit ans, la RDC, de la taille de l’Europe de l’Ouest, avec neuf pays frontaliers, était le « théâtre d’une véritable guerre mondiale africaine, avec neuf armées ennemies sur son sol ». 


Le Représentant spécial adjoint a estimé que tout abus commis par certaines unités des Forces armées de la RDC (FARDC) était inacceptable.  Il a précisé que la mise en œuvre du mandat du Conseil de sécurité concernant la protection des civils était une priorité absolue. 


Citant les limites de la MONUC, il a souligné qu’il n’y avait que 17 000 Casques bleus en RDC sur 2,5 millions de kilomètres carrés, alors que les soldats de l’OTAN au Kosovo étaient, pour 10 000 kilomètres carrés, au nombre de 40 000. 


M. Mountain a également affirmé qu’il appartenait au Conseil de sécurité de se prononcer sur une éventuelle diminution des effectifs de la MONUC.  Il a insisté sur la nécessité d’une présence minimale dans l’intérêt de la protection des civils.  Il a précisé que sur les 40 petites bases de Casques bleus présentes au Nord-Kivu, la moitié l’était à la demande des acteurs humanitaires.  Il a indiqué que ces petits détachements de Casques bleus avaient su dissuader bien des miliciens ou déserteurs des FARDC de s’attaquer à des civils et, ainsi, de sauver des milliers de vies. 


Il a en outre mis l’accent sur la nécessité de parvenir à une réelle réforme de l’armée et du secteur de la sécurité, avec l’appui de la communauté internationale. 


M. Mountain a par ailleurs déclaré que la plupart des 45 000 Congolais qui mourraient chaque mois ne succombaient pas en raison de la violence, mais de maladies évitables.  C’est pourquoi, il a souligné l’importance d’une bonne coordination de l’aide.  


Le Représentant spécial adjoint a déclaré, en outre, que l’organisation des élections locales en 2010 faisait partie des priorités du Gouvernement.  Néanmoins, il a reconnu des difficultés sur le terrain, s’inquiétant notamment des retards pris dans ce domaine qui pourraient menacer la tenue des élections présidentielles de 2011. 


Par ailleurs, il a assuré que le personnel local disposait des mêmes mesures de protection que le personnel international.  Il a rappelé l’objectif de tolérance zéro en ce qui concerne les abus sexuels en indiquant que seuls quelques cas avaient été observés l’année dernière. 


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