22/10/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE VITIT MUNTARBHORN, RAPPORTEUR SPÉCIAL SUR LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME EN RÉPUBLIQUE POPULAIRE DÉMOCRATIQUE DE CORÉE (RPDC )


Il est de l’intérêt même des autorités de la République populaire démocratique de Corée (RPDC) d’améliorer la situation des droits de l’homme dans le pays: c’est le message que je suis venu leur transmettre, a déclaré aujourd’hui, face à la presse, le Rapporteur spécial sur la question.


M. Vitit Muntarbhorn a noté comme « l’un des rares développements positifs », cette année, l’amendement très récent de la Constitution coréenne qui inclut pour la première fois, explicitement, les droits de l’homme. 


Au Siège de l’ONU à New York, après la présentation de son rapport devant la Commission des questions sociales, humanitaires et culturelles (Troisième Commission), le Rapporteur spécial a enjoint la RPDC à respecter les obligations juridiques et morales découlant des quatre traités internationaux des droits de l’homme qu’il a ratifiés.


Le Rapporteur spécial a dénoncé un État non démocratique où persécutions, torture, punitions collectives, exécutions publiques et enlèvements étaient pratiqués, sans compter les pouvoirs élargis dont dispose l’Administration pour punir les individus, en toute impunité.  Les personnes qui quittent le pays sont punies, tout comme leurs familles restées dans le pays, a-t-il indiqué souligné, rappelant qu’il avait rencontré plusieurs ressortissants coréens dans les pays voisins, au Japon, en Mongolie ou en République de Corée.


Le Rapporteur spécial a souhaité l’ouverture de discussions « à tous les niveaux, par toutes les voies possibles », alors que la RPDC n’a jamais coopéré à ses travaux.


Dénonçant une exploitation « systémique » de la population, il a rappelé que le pays n’est pas pauvre.  La RPDC a bien plus de ressources minières que son voisin du Sud, et pourtant les richesses ne vont pas à la population, a-t-il accusé.


Il a expliqué que l’État cherchait à maintenir sous sa dépendance la population, en l’obligeant à s’en tenir au système gouvernemental de rationnement « qui ne fonctionne pas ».  Le Rapporteur spécial a rappelé que la RPDC connaît toujours des pénuries alimentaires à grande échelle qui toucheraient un tiers de la population du pays.


Le Programme alimentaire mondial (PAM) n’est toujours pas en mesure d’offrir son aide qu’à 1,4 million de personnes, sur les 6 millions qui en auraient besoin, a-t-il signalé, jugeant que l’aide alimentaire en elle-même n’est jamais adéquate si elle n’est pas couplée avec une politique de sécurité alimentaire.


Amené à commenter la déclaration « violente » selon les mots d’un journaliste, que le représentant de la RPDC a faite ce matin à la Troisième Commission en réponse à son rapport, M. Muntarbhorn a indiqué qu’il n’avait rien entendu de nouveau ou de surprenant, et a noté qu’aucun pays, même parmi ceux qui ne soutiennent pas les mandats des rapporteurs spéciaux, n’avait pris la parole pour le soutenir.  «  Je comprends que les diplomates prononcent parfois certains mots à des fins de consommation interne », a-t-il déclaré.


« J’ai besoin du Conseil de sécurité », a-t-il enfin dit, estimant qu’une approche plus globale de la part des Nations Unies était nécessaire sur la situation en RPDC.  Quant aux accusations sur « l’hypocrisie » du Conseil de sécurité régulièrement lancées par les autorités de la RPDC, le Rapporteur spécial a souhaité « s’éloigner de la rhétorique » et a assuré qu’aucun niveau de discussion et aucune voie n’étaient fermés.


Professeur de droit thaïlandais, M. Muntarbhorn est Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme en RPDC depuis 2004.  Il a annoncé qu’il finaliserait ses travaux et présenterait son dernier rapport à la prochaine session du Conseil des droits de l’homme, avant la fin de son mandat.


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