22/10/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DE TOMÁS OJEA QUINTANA, RAPPORTEUR SPÉCIAL SUR LA SITUATION DES DROITS DE L’HOMME AU MYANMAR


Après avoir présenté son rapport à la Commission chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles (Troisième Commission), le Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Myanmar a donné aujourd’hui une conférence de presse au cours de laquelle il est revenu sur ses recommandations dont la « libération » des consciences et de la parole, la tenue d’élections libres et transparentes et la réforme du système judiciaire.  M. Tomás Ojea Quintana a aussi parlé du rôle des Nations Unies dans l’amélioration de la situation des droits de l’homme dans le pays et des pressions à exercer sur les multinationales qui y investissent.


Le Rapporteur spécial a d’abord déclaré que la situation reste « très préoccupante » et a pointé du doigt « les violations systématiques des droits de l’homme et le climat général d’impunité ».  Il a aussi dénoncé la persistance des procès inéquitables, dont celui « emblématique » d’Aung San Suu Kyi qui a écopé de 18 mois supplémentaires d’assignation à résidence, alors que sa libération était attendue pour la fin du mois de mai 2009.  À moins que le Gouvernement ne la libère, il n’y aura pas d’élections libres en 2010, a tranché le Rapporteur spécial.


M. Quintana a également signalé la violation des droits civils, en particulier contre la communauté musulmane, interdite de mariage.  « Sachez qu’au Myanmar, certaines communautés ne peuvent pas se marier entre elles », a insisté le Rapporteur spécial.  Il a fait état de la situation alarmante dans les prisons du pays.  Quelque 136 détenus ne reçoivent pas les soins appropriés, a-t-il accusé, citant nommément le cas du prisonnier politique, Salai Hla Moe, qui, souffrant d’hépatite et de problèmes d’estomac, est mort en mai denier, faute de soins. 


Le Rapporteur spécial a également fait allusion à la censure persistante et aux problèmes alimentaires dans le pays alors que le Myanmar exporte du riz. D’après les estimations, 70 à 90% des revenus familiaux sont consacrés à la nourriture.


Présentant quelques-unes de ses recommandations, il a jugé qu’il faut « libérer les consciences et la parole » dans le pays.  Il faut, a-t-il aussi insisté, garantir la tenue d’élections libres et transparentes et réformer le système judiciaire pour assurer la justice et son indépendance.


Quant à la réelle faculté des Nations Unies à résoudre le problème des droits de l’homme au Myanmar, dont celui d’Aung San Suu Kyi, le Rapporteur spécial s’est dit confiant quant aux initiatives du Secrétaire général.  « Nous croyons au dialogue auquel s’emploie le Secrétaire général avec le Gouvernement », a-t-il affirmé.


S’agissant du rôle des multinationales et des pressions à exercer pour qu’elles arrêtent leurs investissements dans le pays, tant que les droits de l’homme n’y seront pas respectés, M. Quintana a expliqué que son mandat ne l’autorisait pas à analyser les questions économiques ni les relations entre le monde des affaires et les droits de l’homme, mais uniquement la situation des droits de l’homme au Myanmar.  Toutefois, a-t-il rappelé, le Myanmar est un pays au potentiel minier important qui est aujourd’hui exploité par des multinationales « du monde entier ».  « Si ces compagnies lisent mon rapport et veulent respecter leur éthique d’entreprise, elles sauront prendre les décisions qui s’imposent », a-t-il lancé.


Le Rapporteur spécial a avoué qu’il ne savait rien du sort que le Myanmar réservera à ses recommandations, en assurant toutefois qu’il travaillera à leur mise en œuvre.  « J’ai rencontré les dirigeants et insisté sur la nécessité d’une reforme de la justice », a-t-il précisé.  Il a prévenu que les sanctions imposées par le Conseil de sécurité ne touchent pas le régime mais bien les populations et a appelé à une réflexion sur cette question.


M. Quintana a reconnu les difficultés qu’il rencontre régulièrement dans l’exercice de son mandat, y compris la liberté de circulation.  Il a indiqué qu’après deux tentatives infructueuses, il a adressé une troisième demande au Gouvernement du Myanmar pour pouvoir rencontrer Aung San Suu Kyi, lors de son prochain voyage, qui aura lieu du 22 et 27 novembre prochain.


Les rapporteurs spéciaux sont des experts et analystes indépendants qui reçoivent un mandat des Nations Unies pour l’examen de questions précises.  Leurs recommandations ne reflètent pas les positions officielles des Nations Unies.  M. Quintana a reçu son mandat du Conseil des droits de l’homme, organe des Nations Unies basé à Genève.


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