16/09/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ADJOINT AUX AFFAIRES HUMANITAIRES

ET COORDONNATEUR DES SECOURS D’URGENCE


Les besoins d’aide humanitaire sont en augmentation dans les zones de conflit comme dans les zones sans conflit, a prévenu le Secrétaire général aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence.  Au cours d’une conférence de presse donnée aujourd’hui au Siège de l’ONU, à New York, John Holmes s’est attardé sur les situations dans la corne de l’Afrique, en Afrique de l’Ouest, au Yémen et au Guatemala. 


Au mois de juillet 2009, les besoins humanitaires s’élevaient à 9,5 milliards de dollars, contre 6,3 milliards de dollars à la même période en 2008, soit une augmentation de près de 50%.  Les principales zones de crise sont la Somalie, les territoires palestiniens occupés, Haïti, le Sri Lanka, le Pakistan et le Soudan, a précisé le Coordonnateur des secours d’urgence.


Pour John Holmes, cette augmentation des besoins est « alarmante ».  Il s’est néanmoins félicité de la réponse des pays donateurs qui se sont montrés très généreux.  Au mois de juillet, 4,6 milliards de dollars avaient déjà été collectés, soit près de 49% des besoins pour 2009, le chiffre le plus haut jamais atteint à la moitié de l’année.  « Dans le contexte de crise internationale, ce résultat est gratifiant », a ajouté le Secrétaire général adjoint, rappelant cependant que 4,9 milliards de dollars manquaient encore.


À propos de l’aide humanitaire dans les zones sans conflit armé, il a d’abord relevé l’absence de catastrophes naturelles majeures cette année contrairement à l’année 2008 qui a été marquée par le cyclone Nargis en Birmanie et le tremblement de terre en Chine.  Pour autant, des sécheresses ou des inondations de plus en plus intenses et de plus en plus fréquentes se produisent dans des zones qui ne sont pas préparées à y faire face. 


Ces phénomènes confirment, selon John Holmes, une tendance générale au réchauffement climatique qui justifie l’importance essentielle d’un accord au Sommet de Copenhague sur le successeur du Protocole de Kyoto*.


Le Secrétaire général adjoint a ensuite fait le point sur quatre régions qui mobilisent le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) à l’heure actuelle.  S’agissant de la corne de l’Afrique, « nous assistons une nouvelle fois à une détérioration de la situation », a-t-il déploré en citant commeprincipale raison, l’absence ou la faiblesse des précipitations ces quatre ou cinq dernières années qui a débouché sur « une crise alimentaire majeure ». 


Le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance humanitaire en Éthiopie, à Djibouti, en Érythrée, au Kenya, en Somalie et dans certaines régions de l’Ouganda s’élèvent aujourd’hui à 24 millions, soit 17 millions de plus qu’en 2008.


Pour le Secrétaire général adjoint, les pays de la corne de l’Afrique ont leurs particularismes mais ils sont aussi confrontés à des problèmes similaires comme les sécheresses combinées aux conflits armés.  C’est le cas en particulier de la Somalie où le nombre de personnes ayant besoin d’aide a augmenté de 3,7 millions cette année et où la réponse des gouvernements est pour l’instant insuffisante.  John Holmes a donc insisté sur la nécessité d’aider ces gouvernements et de mobiliser un ferme appui de la part des pays donateurs.


Passant à l’Afrique de l’Ouest, il a indiqué que ces derniers mois, 600 000 personnes ont été affectées par des inondations majeures au Burkina Faso, au Ghana, au Sénégal, au Niger, en Mauritanie et en Guinée.  Avec au moins 100 000 personnes déplacées, le Burkina Faso est l’un des pays les plus touchés alors qu’il est l’un des plus pauvres de la région. 


Un appel éclair a été lancé la semaine dernière pour collecter une somme de 18,4 millions de dollars destinés à apporter une aide pendant six mois à quelque 150 000 personnes.  En revanche, aucun appel éclair n’a été lancé pour les autres pays de la région touchés par les inondations.


À propos du Yémen, le Secrétaire général adjoint a déclaré: « il n’y a pas de nouvelle urgence humanitaire mais une situation qui s’est exacerbée dans le nord du pays ».  Si depuis 2004, les affrontements armés sont réguliers dans cette zone où le Gouvernement est en conflit avec des rebelles chiites, « ils ont pris une nouvelle ampleur depuis le mois de juillet, entrainant le déplacement de 150 000 personnes ».


Pour John Holmes, le principal problème est celui de l’accès aux déplacés dans des zones où les combats se poursuivent.  La création d’un corridor humanitaire a été demandée en vain.  Le Secrétaire général adjoint a également rappelé qu’un appel éclair pour 24 millions de dollars avait été lancé il y a quelques semaines à Genève afin d’apporter une assistance humanitaire aux quelque 150 000 déplacés.


Le Guatemala, a-t-il poursuivi, est confronté à une crise alimentaire sans précédent qui résulte de la combinaison de la sécheresse et de l’augmentation du prix des denrées alimentaires.  Dans certaines régions du pays, le Gouvernement a déclaré l’état d’urgence. 


Pour le Secrétaire général adjoint, « la situation actuelle est beaucoup plus grave que les années précédentes, comme en témoigne la forte augmentation de la malnutrition, en particulier chez les enfants ».  Quelque 50 000 personnes étant affectées directement par cette crise alimentaire, des équipes d’OCHA sont actuellement au Guatemala pour évaluer les modes d’intervention possibles.


*     Protocole sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre se rapportant à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques


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