15/09/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE, ORGANISÉE EN MARGE DE LA JOURNÉE INTERNATIONALE DE LA DÉMOCRATIE, SUR L’ENQUÊTE MONDIALE SUR LA TOLÉRANCE POLITIQUE


M. Oscar Fernández-Taranco, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, a salué ce matin l’importance de l’enquête mondiale sur la tolérance politique réalisée par l’organisation « WorldPublicOpinion.org » qui montre, selon lui, le fossé qui existe entre les attentes des populations et la perception qu’elles ont de la démocratie et de la tolérance.  Tout en se réjouissant que 90% des personnes interviewées jugeaient « très, ou assez importante » la démocratie, il a relevé que seulement 24% d’entre elles s’estimaient « totalement libres » d’exprimer un avis sans craindre des conséquences. 


Intervenant dans le cadre d’une conférence de presse organisée ce matin, au Siège, en marge de la célébration de la Journée internationale de la démocratie -15 septembre-, en vue de la présentation du document contenant les résultats de l’enquête, M. Fernández-Taranco a salué l’importance que revêt cette étude pour guider la réponse qualitative de l’ONU en matière de promotion de la bonne gouvernance.  Il a rappelé que la tenue d’élections n’était pas tout en matière de démocratisation, et que la tolérance et le respect de la diversité étaient des ingrédients essentiels au succès de la démocratie.  « Alors que l’on a recours de plus en plus souvent à l’ONU pour l’organisation d’élections », a-t-il dit, « il s’agit de s’assurer de promouvoir une norme et une qualité de la bonne gouvernance dans l’intérêt de la paix et de la stabilité dans les pays sortant de conflit ».  Sur le même ton, M. Craig Mokhiber, de l’office de liaison du Bureau de la Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’homme à New York, a souligné l’importance d’une enquête qui permet de clarifier la perception des notions de démocratie et de bonne gouvernance et de mieux aider l’ONU à promouvoir ces notions sur le terrain en accord avec ses objectifs.


Présentant les intervenants à la conférence de presse, Mme Anda Filip, Observatrice permanente de l’Union interparlementaire (UIP) auprès des Nations Unies, a rappelé que la décision prise par l’Assemblée générale en 2007 de faire du 15 septembre la Journée internationale de la démocratie coïncidait avec le dixième anniversaire de l’adoption, le 16 septembre 1997 au Caire, par le Conseil interparlementaire, de la Déclaration universelle sur la démocratie.  « Bien que la démocratie ne soit pas parfaite, elle reste le seul système qui est sans cesse perfectible », a insisté Mme Filip, avant de saluer l’importance d’une enquête « qui permet, du Nord au Sud et de l’Est à l’Ouest, d’identifier les bonnes pratiques en matière de bonne gouvernance dont peuvent s’inspirer les autres ». 


Elle a rappelé que la célébration de l’anniversaire, en 2008, de la Journée internationale de la Déclaration universelle sur la démocratie avait été l’occasion pour les parlementaires de 50 États d’organiser un dialogue sur les réalisations de la démocratie dans leurs pays respectifs.  Elle a indiqué que l’expérience montrait que dans des situations extrêmes, l’absence de tolérance présentait un risque pour la paix, le développement et la sécurité humaine.


Présentant les grandes lignes de l’étude menée par son organisation du 5 avril au 30 juin 2009, M. Steven Kull, Directeur de « WorldPublicOpinion.org » a cité une enquête menée auprès de 21 282 personnes provenant de 24 pays, et constituant un échantillon représentatif de 64% de la population mondiale.  Il a noté la corrélation qu’il y avait entre les attentes concernant la tolérance, la démocratie et le respect de la diversité, en précisant que 80% des personnes qui estimaient que la tolérance était un principe important pensaient la même chose de la démocratie.  Il a précisé que 58% des personnes interviewées estimaient qu’il était « très important » de pouvoir librement exprimer des opinions politiques, même quand elles sont impopulaires, tandis que 28% estimaient que c’était un droit « assez important », soit un total de 86% d’individus en faveur de ce principe.  Il a noté que 67% des interviewés estimaient « très importante » la démocratie, tandis que 23% la jugeaient « assez importante ».  Cependant, seulement 24% des personnes interrogées estimaient qu’elles pouvaient exprimer un avis politique sans être ensuite inquiétées, 42% des individus interviewés estimant, pour leur part, qu’ils étaient à peu près libres de le faire.


M. Kull a insisté que bien que ces chiffres représentent des moyennes qui se sont dégagées dans 24 pays, des disparités existent néanmoins entre ces pays en fonction des perceptions et de l’attitude critique de leurs populations.  Illustrant ces disparités, M. Kull a précisé que si les citoyens du Chili, de la Pologne et de l’Afrique du Sud s’estimaient les plus libres d’exprimer un avis, ceux du Royaume-Uni et de la France, par exemple, se montraient encore plus critiques.  Les questions posées ont également porté sur les possibilités d’expression des partis d’opposition, et sur celles qu’ont les membres d’un parti d’exprimer des opinions qui divergent de la position du parti auquel elles appartiennent.  Ces questions ont aussi porté sur la représentativité des femmes et des minorités nationales, ethniques ou religieuses.


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