06/08/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DES COMMANDANTS DE LA FORCE DE LA MINUAD ET DE LA MONUC


Le Commandant de la force de l’Opération hybride Union africaine-Nations Unies au Darfour (MINUAD), le général Martin Luther Agwai, et le Commandant de la Mission de l’Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), le général de corps d’armée Babacar Gaye, ont présenté à la presse, cet après-midi à New York, les défis des deux plus grandes missions de maintien de la paix de l’Organisation.


Outre les spécificités respectives, les deux généraux ont insisté, lors de cette conférence de presse conjointe au Siège des Nations Unies, sur l’importance de pouvoir disposer des ressources et des moyens logistiques pour assurer le succès de leurs missions, regrettant, notamment, l’indisponibilité des hélicoptères autorisés par le Conseil de sécurité.


Le général Agwai a ainsi affirmé que ces forces étaient « comme des taches sur un buvard » qu’il s’agissait désormais de relier entre elles.  Le Commandant de la force de la MINUAD a regretté l’absence d’engagement de pays à fournir des hélicoptères, mais a salué la décision récente de l’Éthiopie de livrer cinq de ces appareils. 


Le général nigérian a espéré pouvoir disposer de 90% des forces autorisées d’ici à la fin 2009, afin d’être en mesure de remplir sa mission.  Il a expliqué qu’il lui était impossible, dans l’intervalle, d’assurer la protection de tous les camps de réfugiés et de déplacés, une situation qui l’oblige ainsi à établir une liste de priorités, selon des critères d’urgence et de taille des camps.


Pour illustrer l’implication des Casques bleus, il a indiqué que ceux-ci distribuaient chaque jour 40 000 litres d’eau dans le seul camp de Zam Zam.


Par ailleurs, le général Agwai a estimé que le mandat d’arrêt délivré par la Cour pénale internationale (CPI) à l’encontre du Président soudanais Omar al-Bashir avait rendu « les choses plus difficiles sur le terrain » et avait notamment « ralenti le processus de négociation ».  Néanmoins, selon lui, la décision de l’Union africaine de ne pas appuyer ce mandat n’a « pas changé la façon dont la mission est menée sur le terrain ».


En outre, le général Agwai a jugé que la situation au Darfour « n’était pas aussi grave qu’on s’y attendait », et ce, a-t-il précisé, « grâce au travail de médiation sur le terrain qui a amené de nombreux groupes à cesser le combat, à démobiliser des enfants et à rejoindre le processus de négociation ». 


Ces efforts, a-t-il ajouté, ont permis de faire baisser le nombre des victimes « à moins de 150 par mois, alors que nous étions à plusieurs centaines, voire plusieurs milliers par mois dans le passé ».


Énumérant à son tour les défis rencontrés par la MONUC, le général Gaye a fait état d’une « mission d’une complexité unique » dès lors, a-t-il ajouté, qu’elle mène des opérations militaires contre trois groupes armés -l’Armée de résistance du Seigneur (LRA), différentes milices en Ituri et les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) aux Kivus–, ainsi que des objectifs de protection des civils. 


À une question portant sur les abus des soldats des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) commis contre la population civile, le militaire sénégalais a répondu que la MONUC évaluait les allégations, documentait dénonçait systématiquement ces actes et mettait le Gouvernement congolais face à ses responsabilités. 


Tout en reconnaissant la gravité de la situation humanitaire sur le terrain, il a souligné qu’une réponse à long terme résidait dans le « succès d’une réforme du secteur de la sécurité dans son ensemble ».  « Tout dépend de notre capacité à changer l’armée congolaise », a-t-il déclaré, précisant que la formation des FARDC comprenait aussi une sensibilisation au respect des droits de l’homme.  


Le Commandant de la MONUC s’est par ailleurs réjoui de l’arrivée prochaine de 3 000 Casques bleus supplémentaires, dont deux bataillons égyptien et bangladais, mais a déploré qu’aucun des 18 hélicoptères supplémentaires autorisés par le Conseil de sécurité n’étaient à ce jour disponibles. 


Le général Gaye a souligné la difficulté de combattre des « milices très mobiles ».  Il a affirmé que 20 à 30% des combattants FDLR, dont le nombre était estimé entre 6 000 et 8 000 au 1er janvier 2009, avaient été tués ou s’étaient rendus depuis le début des opérations conjointes avec les armées congolaise et rwandaise.  


Il a indiqué, de même, que la MONUC avait fait part de son étonnement au Gouvernement congolais au sujet d’informations signalant la participation aux opérations congolaises de Bosco Ntaganda, lequel est l’objet d’un mandat d’arrêt de la CPI.  « Nous avons obtenu une lettre du Ministère de la défense congolais assurant que Bosco n’avait pas participé aux opérations conjointes contre les FDLR », a expliqué le général Gaye.


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