20/07/2009
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU PRÉSIDENT DU GROUPE D’EXPERTS INTERGOUVERNEMENTAL SUR L’ÉVOLUTION DU CLIMAT (GIEC )


Entre 1970 et 2004, les émissions de gaz à effet de serre ont augmenté de 70%, a rappelé aujourd’hui le Président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), pour illustrer l’urgence qu’il y a à conclure la Conférence internationale de Copenhague, prévue en décembre prochain, par « un bon accord » sur le texte successeur du Protocole de Kyoto*.


Au cours de la conférence qu’il a donnée aujourd’hui au Siège de l’ONU à New York, avant son entretien avec le Secrétaire général, Rajendra Pachauri a prévenu contre les conséquences humanitaires et économiques d’un échec des négociations de Copenhague.  La reconnaissance de l’instabilité politique, qui serait le corollaire de ces conséquences, est sans doute la raison pour laquelle le GIEC a reçu le prix Nobel de la paix en 2007, a souligné le Président du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, qui est un ingénieur d’origine indienne. 


Il a dressé un bilan « mitigé » du dernier Sommet du G-8 qui s’est déroulé les 8 et 9 juillet dernier à L’Aquila, en Italie.  La décision de diviser par deux les quantités d’émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici à 2050 par rapport à 1990, et de « 80% ou plus » celles dont sont responsables les pays industrialisés, afin de limiter le réchauffement global de la planète à 2 degrés centigrades, ne suffit pas, a souligné Rajendra Pachauri.  Le Président du GIEC a réitéré la recommandation de son Groupe de contenir le réchauffement en dessous de la barre des 2 degrés centigrades. 


Le monde connaîtra en 2015 un « pic » des émissions de gaz à effet de serre qui devra impérativement être suivi d’une chute drastique dès 2020, a insisté le Président du GIEC.  Or, a-t-il dit d’un ton impatient, le G-8 continue de parler de 2050. 


Rajendra Pachauri s’est tout de même félicité de ce que ces deux dernières années, le « scepticisme ambiant » ait cédé la place « à une réelle prise de conscience du problème », en particulier de la part de la nouvelle Administration américaine.  


Il est revenu sur une autre promesse faite par le G-8 à L’Aquila, et qui consisterait à débloquer une somme de 20 milliards de dollars pour renforcer le secteur agricole des pays en développement.  C’est une décision qu’il faut saluer, a-t-il commenté, en prévenant, toutefois, que si ces efforts ne s’accompagnent pas d’investissements dans le domaine de la recherche-développement pour contrer l’impact des changements climatiques sur le secteur agricole, ce sont quelque 700 millions de petits exploitants qui seront condamnés à dépérir.


S’agissant des pressions exercées sur la Chine et l’Inde pour qu’elles fassent plus en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, le Président du GIEC a affirmé que l’Inde est en train de finaliser son plan d’action national. 


Il a tout de même tenu à rappeler que sur les 1,6 milliard de personnes dans le monde qui n’ont pas accès à l’électricité, l’Inde en compte 400 millions.  On ne peut, dans une démocratie, ignorer cette réalité et imposer des mesures drastiques contre les combustibles fossiles, a-t-il estimé, en prônant l’adoption d’une démarche progressive. 


Rajendra Pachauri, qui revient d’une réunion tenue à Venise, en Italie, pour préparer le cinquième rapport d’évaluation du GIEC, a indiqué que ce document placera un accent particulier sur l’adaptation aux changements climatiques, laquelle, a-t-il souligné, exige une évaluation « très précise » de l’impact de ce phénomène.  Il a plaidé, à cet égard, pour une assistance technique et financière à l’Afrique. 


Qu’il s’agisse de l’adaptation ou de l’atténuation des effets des changements climatiques, les technologies sont là, a-t-il poursuivi.  Mais sans une conjugaison de politiques pour encourager leur développement et faire les investissements nécessaires, il sera difficile de réaliser des progrès.


Le Président du GIEC a également commenté l’argument de l’Arabie saoudite selon lequel elle devrait être indemnisée pour les pertes qu’elle subirait en se détournant de l’industrie pétrolière.  Il faut, a suggéré Rajendra Pachauri, retourner l’argument, et se demander pourquoi ce pays n’a jamais envisagé de partager ses revenus pétroliers avec le reste du monde.


Il a, par ailleurs, émis des doutes sur la création d’une organisation internationale de l’environnement défendue par le Président français, Nicolas Sarkozy.  Même si on lui conférait plus de pouvoir qu’au Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), il faudrait encore que tous les 192 Membres de l’ONU adhèrent à l’idée, a-t-il dit.


Le Président du GIEC a clos sa conférence de presse en niant tout sentiment de frustration, à quelques mois de la Conférence de Copenhague.  « Je suis au contraire plus déterminé que jamais, et je continue à cultiver un optimisme prudent », a-t-il confié.  « L’objectif de nos efforts est de réduire le fossé entre les connaissances scientifiques et l’action publique », s’est-il expliqué, en ajoutant que cela exigera une coopération internationale d’un niveau « sans précédent ».  


Le GIEC a été créé en 1988 par l’Organisation météorologique mondiale (OMM) et le PNUE.  Il a pour mission d’évaluer les données scientifiques, techniques et socioéconomiques pour mieux faire comprendre les risques liés aux changements climatiques, en cerner les conséquences possibles et envisager d’éventuelles stratégies d’adaptation et d’atténuation.  L’une de ses principales activités est de produire régulièrement des rapports d’évaluation de l’état des connaissances relatives aux changements climatiques.


*     Protocole sur la réduction des émissions de gaz à effet de serre, se rapportant à la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC)


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