23/10/2009
Conseil de sécurité
CS/9774

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6205e séance – matin


LES DÉLÉGATIONS RECONNAISSENT LES PROGRÈS EN FAVEUR DE LA STABILISATION POLITIQUE DU TIMOR-LESTE, MAIS INSISTENT SUR LE RENFORCEMENT DE L’ÉTAT DE DROIT ET LE DÉVELOPPEMENT ÉCONOMIQUE ET SOCIAL


Le Vice-Premier Ministre, José Luis Guterres, a assuré aux membres du Conseil de sécurité que son pays était déterminé à investir dans les infrastructures clefs pour le développement du pays


Le Conseil de sécurité a salué, ce matin, les progrès en cours au Timor-Leste en matière de démocratisation de ses institutions politiques. 


Les délégations, après avoir entendu le Chef de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT), M. Atul Khare, qui présentait l’évolution de la situation sur le terrain, ont également salué le transfert progressif de la responsabilité du maintien de l’ordre à la Police nationale. 


La vingtaine d’intervenants qui se sont exprimés au cours du débat ont exhorté le Gouvernement timorais, qui était représenté par le Vice-Premier Ministre adjoint, M. José Luis Guterres, à poursuivre jusqu’au bout les efforts de réconciliation nationale à la fois pour mettre fin à l’impunité qui protège toujours les auteurs de crimes graves perpétrés lors des crises de 1999 et de 2006 et pour faciliter la mise en œuvre des programmes de développement. 


« Les élections locales du 9 octobre dernier se sont déroulées dans le calme, la police des Nations Unies et la Police nationale timoraise ayant assuré la sécurité dans tous les centres de vote du pays », a déclaré M. Khare, qui s’est dit convaincu que la tenue de ce scrutin témoignait de la capacité et de la volonté des institutions politiques du pays à faire avancer le processus démocratique.  « En se rendant massivement aux urnes, les Timorais ont réaffirmé leur foi dans la démocratie », a-t-il ajouté.


M. Khare, qui s’exprimait pour la dernière fois devant le Conseil en tant que Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste, a assuré qu’après son départ, en décembre prochain, la MINUT continuera de soutenir chaque étape du processus de développement politique et économique du Timor-Leste. 


Il a rappelé que le mandat de la Mission, épaulée par la communauté internationale et l’ensemble des institutions de l’ONU, était précisément d’accompagner les Timorais jusqu’à ce qu’ils soient en mesure de s’approprier les initiatives pertinentes dans les domaines clefs de la sécurité, de la justice, des droits de l’homme, de la gouvernance et de l’économie. 


Les délégations, en particulier les principaux partenaires du développement du Timor-Leste, ont appuyé ces propos. 


Le représentant de l’Australie a ainsi salué la fermeture des 65 camps de personnes déplacées dressés pendant la crise de 2006.  « L’Australie qui avait apporté une aide aux réfugiés d’un montant de 25 millions de dollars australiens, estime toutefois que cette fermeture ne représente que la première phase d’un processus plus large de réintégration », a-t-il affirmé.


Rappelant que l’Australie, aux côtés de la Nouvelle-Zélande, dirigeait la Force internationale de stabilisation, le représentant a expliqué que, dans la phase de transition, du conflit au développement, dans laquelle se trouve le Timor-Leste, la Force serait amenée à tenir davantage un rôle de coopération avec les structures militaires du Timor-Leste.


Son homologue de la Nouvelle-Zélande a, lui aussi, évoqué la question de la nature de la présence internationale au Timor-Leste dans un environnement en pleine évolution. 


« La situation exige que l’appui de la communauté internationale soit adapté aux besoins nouveaux sur le terrain », a estimé le représentant de la Nouvelle-Zélande.  Il a demandé que, dans le contexte actuel, l’ONU continue d’assister le Timor-Leste dans les efforts entrepris pour renforcer ses institutions et préparer la tenue d’élections pacifiques et crédibles en 2012.  Le représentant a également indiqué que son pays attendait avec impatience les recommandations de la mission d’évaluation technique qui devrait, selon lui, « confirmer que toute stratégie de sortie de la présence internationale au Timor-Leste doit s’effectuer progressivement et en tenant dûment compte de la situation en matière de sécurité ».   


Le débat a été l’occasion pour les délégations d’exhorter le Gouvernement de Timor-Leste à lutter plus énergiquement contre l’impunité. 


Le Vice-Premier Ministre timorais, M. José Luis Guterres, a répondu aux préoccupations des pays et du Secrétaire général concernant l’extradition, le 30 août 2009, d’un ancien chef de la milice Lakseur, M. Martenus Bere, accusé d’avoir participé en 1999 au massacre de près de 200 personnes dans le district de Covalima.  Il a souligné que la procédure d’extradition de ce ressortissant indonésien vers son pays d’origine était conforme à la Constitution timoraise, cette décision s’inscrivant dans les « progrès importants accomplis dans la mise en place d’un système de justice national efficace et crédible ».


M. Guterres a aussi donné des assurances en matière de développement économique.  Il a précisé que le Timor-Leste, qui dispose d’importantes ressources naturelles, avait récemment adhéré à l’Union internationale de l’industrie du gaz et que les revenus du pétrole avaient atteint 5 milliards en juillet dernier.  Il a également assuré que son gouvernement continuera d’investir dans les infrastructures de développement, dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’égalité des sexes et d’axer son action sur la création d’emplois.


Dans son rapport, le Secrétaire général note que le Gouvernement timorais est déterminé à intégrer les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) dans ses principales activités nationales.  À cette fin, le système des Nations Unies lui apportera tout son soutien, assure M. Ban Ki-moon.


LA SITUATION AU TIMOR-LESTE


Rapport du Secrétaire général sur la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT) pour la période allant du 21 janvier au 23 septembre 2009 (S/2009/504)


Dans ce rapport, le Secrétaire général note que sur le plan de la sécurité, la situation est restée calme.  Les conséquences de la crise de 2006 ont été bien gérées par les autorités timoraises avec, en particulier, la fermeture officielle des 65 camps de personnes déplacées de Dili et de Baucau.  En outre, la réintégration des « pétitionnaires » membres de la Police militaire de Falintil-Forças de Defensa de Timor-Leste (F-FDTL) dans la vie civile s’est déroulée sans incident. 


Le rapport souligne aussi que le Timor-Leste a pu intensifier le renforcement de la Police nationale qui, comme le prévoit l’accord entre le Gouvernement et la MINUT, devra progressivement assumer de nouveau la responsabilité du maintien de l’ordre, en s’appuyant sur des ressources accrues pour soutenir la formation et la logistique.  La MINUT s’est acquittée de son rôle en dispensant une formation à la Police nationale en matière de police de proximité, avec l’aide des Gouvernements australiens et néo-zélandais. 


Dans ce contexte, la MINUT a fourni un appui à l’organisation des élections locales, qui ont eu lieu le 9 octobre dernier, en dépêchant sur place 62 Volontaires des Nations Unies.  Le Secrétaire général indique également que pendant la période considérée, le Parlement a adopté des mesures de renforcement de la gouvernance démocratique, en créant, par exemple, des commissions de lutte contre la corruption et de la fonction publique. 


Concernant l’appui de l’ONU au dialogue politique et à la réconciliation, le Secrétaire général se félicite que grâce, notamment, aux efforts de son Représentant spécial, tous les partis politiques ont continué de faire preuve de respect pour les institutions de l’État.  Néanmoins, il note que le Frente Revolucionária do Timor-Leste Independente (Fretilin) continue de nier publiquement la légitimité du gouvernement formé par l’Alliance pour une majorité parlementaire (AMP).


Au chapitre des droits de l’homme, le rapport indique que la MINUT a redoublé d’efforts pour prévenir et combattre les comportements répréhensibles liés à la discrimination, au harcèlement, y compris le harcèlement sexuel, et à l’abus de pouvoir.  Elle a continué de dispenser une formation à tous les fonctionnaires de l’ONU dans le cadre de la stratégie « UN Cares » et a organisé une campagne de sensibilisation sur le VIH/sida et la promotion de la tolérance sur les lieux de travail.


Dans ses observations, le Secrétaire général souligne que les lacunes du système judiciaire continuent d’affecter la confiance du public dans le système fondé sur le régime de droit et, notamment, la Police nationale.  Il préconise d’adopter une approche coordonnée et bien conçue de la réforme du secteur de la justice et l’identification et la fourniture de l’assistance que se doit absolument d’apporter la communauté internationale.


S’agissant du développement social et économique, le rapport indique que le Gouvernement a injecté plus de liquidités dans l’économie en 2008 qu’au cours des années précédentes, par le biais de virements s’élevant à 85 millions de dollars ciblant des groupes tels que les personnes déplacées et âgées qui ont stimulé considérablement l’activité économique.  La mise en place d’une base économique viable dépendra, toutefois, de l’investissement consacré aux secteurs productifs non pétroliers de l’économie susceptible de réduire la pauvreté, d’améliorer les conditions de vie et de créer des débouchés.


Le Secrétaire général note également que pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), le Gouvernement a pris des mesures pour renforcer l’éducation de base, la santé, la nutrition ainsi que la protection de l’enfance.  M. Ban Ki-moon ajoute que le Fonds pour la réalisation des OMD a décidé de financer, en 2009, un programme commun de trois ans sur la violence sexiste doté d’un budget de 4,9 millions de dollars.


Le peuple timorais, a-t-il rappelé avant de conclure, a démontré à maintes reprises qu’il était déterminé à bâtir une société démocratique, pacifique et stable.  M. Ban Ki-moon estime que sept ans après le rétablissement de l’indépendance, il reste encore beaucoup à faire au Timor-Leste, le soutien continu de la communauté internationale s’avérant indispensable pour relever les défis dans tous les domaines susmentionnés.


Déclarations


M. ATUL KHARE, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste, a indiqué que les élections locales du 9 octobre dernier s’étaient déroulées dans le calme, la police des Nations Unies et la Police nationale timoraise ayant assuré la sécurité dans tous les centres de vote du pays.  Il a estimé que ce succès témoignait de la capacité des institutions politiques du pays à faire avancer le processus démocratique, un processus dans lequel les Timorais ont réaffirmé leur « foi » en se rendant massivement aux urnes. 


Concernant le dialogue politique, M. Khare a indiqué que, conformément au vœu du Secrétaire général, la MINUT continuait d’apporter son appui au rapprochement de toutes les formations politiques du Timor-Leste.  Il a expliqué que la réconciliation était indispensable, notamment pour mettre fin à l’impunité dont jouissent encore certains fauteurs de troubles à l’origine de la crise de 2006 et les auteurs des crimes graves commis en 1999. 


La Mission poursuit ses investigations sur ces exactions, a-t-il dit, en vertu du mandat que lui a confié le Conseil de sécurité dans sa résolution 1704.  M. Khare a déclaré qu’il était d’accord avec le Président José Ramos-Horta sur le fait que de telles enquêtes devront, à terme, être reprises par les autorités timoraises elles-mêmes.  C’est pourquoi, l’état de droit et le secteur de la justice doivent être renforcés par le biais d’une assistance internationale accrue, a affirmé le Représentant spécial.  M. Khare a indiqué, à cet égard, que depuis janvier, la MINUT avait continué de former les membres de la Police nationale ainsi que ceux de la Police militaire de Falintil-Forças de Defensa de Timor-Leste (F-FDTL). 


Le Représentant spécial a ensuite estimé que la stabilité de Timor-Leste dépendrait des efforts nationaux engagés pour rendre les institutions du pays plus démocratiques, responsables et efficaces.  À chaque étape de ce processus de développement, la MINUT et l’équipe de pays de l’ONU apporteront leur contribution pour accroître les capacités et la crédibilité des institutions de cette jeune nation, a-t-il dit.  Le succès viendra aussi de la capacité du Timor-Leste à répondre aux inévitables crises futures et aux aspirations du peuple timorais de pouvoir bénéficier des dividendes de la cohésion sociale et du développement social et économique du pays, a-t-il estimé. 


M. Khare a appelé à la poursuite et au renforcement de la coopération avec les donateurs bilatéraux et multilatéraux de Timor-Leste.  Il a évoqué le programme d’aide australien par lequel, au cours des quatre dernières années, 9,2 millions de dollars auront pu être consacrés à des projets d’assainissement.  Il a aussi relevé que le Fonds pour la réalisation des OMD, entièrement financé par l’Espagne, a permis de mobiliser 5,5 millions de dollars destinés à appuyer les activités des institutions de l’ONU engagées dans la promotion de la paix sociale et de la stabilité.  M. Khare a également souligné les projets de formation éducative à grande échelle menés par le Portugal et Cuba dans les 13 districts qui composent le Timor-Leste.  Il y a deux jours, la Chine avait annoncé une contribution de 30 millions de yen pour financer des opérations de modernisation de diverses infrastructures, a-t-il ajouté.  En conclusion, M. Khare qui s’adressait pour la dernière fois devant le Conseil de sécurité en tant que Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste, a rendu hommage aux Timorais qui ont « renforcé ma foi dans ces termes de la Charte des Nations Unies où il est proclamé que la quête d’une vie meilleure doit s’effectuer dans une liberté plus grande ». 


M. JOSÉ LUÍS GUTERRES, Vice-Premier Ministre de Timor-Leste, a déclaré que la démocratie du pays et son sens de la responsabilité ont été mis à l’épreuve, le 12 octobre, lors du dépôt d’une motion de censure au Parlement par le parti d’opposition Fretilin, au sujet de la remise à l’Indonésie d’un ancien milicien, de nationalité indonésienne, accusé d’avoir participé au massacre de l’église de Suai en 1999.  Il a expliqué que le débat qui a duré toute la journée, avait été très animé et retransmis en direct à la télévision.  Il s’est réjoui que la notion de censure ait été rejetée et a rappelé que toute la procédure suivie pour le milicien était conforme à la Constitution.  M. Guterres a déclaré que, le 13 octobre, une équipe internationale d’experts indépendants avait rendu son rapport sur les besoins de Timor-Leste et avait constaté des « progrès importants » dans la mise en place d’un système de justice national.


Le Vice-Premier Ministre a rappelé que l’une des plus grandes épreuves auxquelles Timor-Leste a été confronté depuis son indépendance a été la crise de 2006, qui a résulté dans le déplacement de 165 000 Timorais et la création de 65 camps.  Grâce à l’assistance de la MINUT et de la communauté internationale, toutes les personnes déplacées ont pu être réintégrées, la plupart des maisons reconstruites et tous les camps fermés, cette année, a-t-il ajouté, avant de préciser que la seconde phase d’assistance, destinée à 16 500 familles de déplacés, était actuellement en préparation.  M. Guterres a ensuite énuméré divers aspects de la politique sociale de son pays, en expliquant que le Gouvernement du Premier Ministre, M. Xanana Gusmão, estime que la mise en œuvre de telles politiques sociales représente aussi un « investissement dans la stabilité et l’harmonie sociale » du pays, laquelle s’est manifestée lors des élections locales qui se sont déroulées pacifiquement.  Il a rendu hommage au système des Nations Unies et à la communauté internationale pour l’appui apporté à l’organisation et à la supervision du scrutin.


Affirmant que la réforme du secteur de sécurité avait représenté une priorité du Gouvernement actuel depuis sa mise en place, M. Guterres a déclaré que des progrès avaient été réalisés dans le domaine de la défense, expliquant que les projets de loi sur la sécurité nationale et la défense nationale sont actuellement examinés par le Parlement, alors que plusieurs autres textes ont déjà été adoptés et que d’autres sont en préparation.  Il a ajouté que, dans le cadre d’un accord entre les Nations Unies et le Gouvernement pour remettre progressivement le contrôle du maintien de l’ordre à la Police nationale de Timor-Leste, la responsabilité de trois districts et d’une école de police avait déjà été transférée.  Tout en ajoutant que la réforme du secteur de sécurité est une œuvre de longue haleine, d’une génération peut-être, il a estimé que le pays allait dans la bonne direction.


« Pour garantir une paix durable et la stabilité, nous devons investir dans le développement du pays », a affirmé M. Guterres.  Se réjouissant que le pays dispose de ressources naturelles, il a précisé que le Timor-Leste avait récemment adhéré à l’Union internationale de l’industrie du gaz et que les revenus du pétrole avaient atteint 5 milliards, en juillet.  Il a rappelé que, selon la Banque mondiale, la croissance avait été, l’an dernier, de 12,8% et qu’elle devait être de 8 à 9% cette année.  M. Guterres a assuré que son gouvernement continuera d’investir dans les infrastructures de développement, dans les domaines de la santé, de l’éducation et de l’égalité des sexes et de créer de nouveaux emplois, a poursuivi le Vice-Premier Ministre. 


« Avec toutes ces institutions désormais en place, nous pourrons dire au monde qu’en tant que peuple, nous avons tourné la page sur le passé et que nous accueillons avec le sourire l’ère du développement », a déclaré M. Guterres.  Il a rappelé que des milliers de Timorais avaient, l’an dernier, accueilli avec le sourire les coureurs de nombreux pays venus participer au tour cycliste que le pays avait organisé à l’initiative du Président Ramos-Horta.  Cette année, c’est une compétition internationale de pêche qui sera organisée, a-t-il ajouté, en expliquant que ces initiatives doivent permettre de donner une meilleure image du pays et de son peuple.  M. Guterres a conclu en rappelant que Timor-Leste a encore besoin de la présence et du soutien des Nations Unies jusqu’en 2012.


M. YUKIO TAKASU (Japon) s’est dit encouragé par les efforts constants en faveur de l’instauration d’une gouvernance démocratique au Timor-Leste.  De tels progrès, a-t-il poursuivi, ont été démontré lors des récentes élections organisées avec succès dans tout le pays.  Il a exprimé son espoir que la démocratie s’établira dans le pays, non seulement au niveau national, mais aussi au niveau local.  Il a élégamment réaffirmé son soutien au Représentant spécial du Secrétaire général pour son respect de la souveraineté du pays et pour ses efforts de favoriser le dialogue entre les parties.  Abordant les questions de sécurité et de réforme sectorielle, M. Takasu s’est dit conscient du rôle des Forces armées de Timor-Leste dans le processus d’indépendance du pays.  Mais, a-t-il fait remarquer, pour parvenir à une nation stable et prospère, il faut redéfinir le nouveau rôle des Forces armées du Timor-Leste en temps de paix.


Concluant sur le futur de la MINUT, le représentant du Japon a estimé qu’à la lumière des progrès enregistrés dans le pays, il était possible de revoir la structure de la Mission et de l’adapter aux besoins actuels du pays.  Il a reconnu qu’il est encore nécessaire de suivre l’évolution de la situation dans le pays et c’est pourquoi, il faut faire preuve de prudence pour éviter de prendre une décision hâtive qui risque de saper les succès réalisés à ce jour, a-t-il prévenu.  Sa délégation attend les recommandations techniques de la Mission, a indiqué M. Takasu, qui a souhaité que le rapport du Secrétaire général prévoie un examen du rôle de la Mission dans la perspective d’une édification de la paix à moyen et à long termes.


M. PHILIP JOHN PARHAM (Royaume-Uni) a déclaré que, comme le montre le rapport du Secrétaire général, des signes manifestes de progrès existent au Timor-Leste, le succès des élections locales démontrant la volonté des différentes institutions politiques du pays d’avancer dans le calme sur la voie de la démocratie.  Le représentant a aussi salué le fait que lors des transferts des responsabilités de la Police nationale dans les différents districts, aucun incident majeur n’avait été signalé.  Pour que la réforme du secteur de la sécurité soit entièrement réalisée, les Forces de défense nationales doivent avoir un mandat clair, a-t-il encore dit, en exhortant, en outre, les autorités timoraises à lutter plus activement contre l’impunité qui protège toujours les auteurs de crimes graves commis en 1999, ainsi que contre les violations des droits de l’homme qui auraient été perpétrées par des membres des forces militaires lors de la crise de 2006.  S’agissant de la reconfiguration de la MINUT « qui devra être définie en fonction des ressources disponibles », M. Parham a demandé que les ajustements de la composante police se fassent progressivement.  L’objectif à terme reste le transfert étape par étape des responsabilités politiques, socioéconomiques et en matière de sécurité vers les autorités timoraises, a conclu le représentant britannique.


M. JORGE URBINA (Costa Rica) s’est félicité des efforts entrepris pour promouvoir le développement économique et la mise en œuvre des OMD et a estimé que progressivement, l’instauration de la démocratie et le développement du pays pourront être réalisés au Timor-Leste.  Le représentant s’est dit préoccupé par la lenteur de la consolidation de l’état de droit.  À ce sujet, M. Urbina a regretté la remise d’un milicien aux autorités indonésiennes qui s’est faite, selon lui, en violation de la Constitution du Timor-Leste.  Le représentant s’est en outre interrogé sur l’utilité d’une armée qui, à ses yeux, n’aura pas vraiment une fonction de défense et devrait devenir un élément de la construction nationale, par exemple en contribuant aux secours en cas de catastrophe naturelle.


Le Timor-Leste illustre bien le rôle que peuvent jouer les Nations Unies dans la consolidation de la paix et démontre l’importance qu’il y a d’intégrer rapidement la composante de consolidation de la paix dans le cadre d’une mission de maintien de la paix, a estimé M. Urbina.  Le cas du Timor-Leste montre bien qu’il faut créer une association forte et dynamique entre les efforts de la communauté internationale et le leadership des acteurs locaux, a ajouté le représentant.  L’appropriation et le leadership des Timorais ont permis d’utiliser stratégiquement l’aide de la communauté internationale et de relever et construire ainsi un pays, a ajouté M. Urbina, qui a estimé que la communauté internationale devrait s’inspirer de cet exemple.


M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) s’est félicité que le peuple timorais continue de bâtir, avec l’aide des Nations Unies et de la communauté internationale, une nation démocratique, stable et prospère, et a estimé que le renforcement des mécanismes démocratiques et du cadre législatif et institutionnel y avaient beaucoup contribué.  Il a jugé « méritoire » l’esprit de dialogue qui a permis d’obtenir l’adhésion de l’opposition démocratique, lors de l’examen de divers projets de loi au Parlement, et y a vu la volonté des acteurs politiques de privilégier l’intérêt national aux considérations partisanes.  Il a souhaité que cette dynamique se poursuive.  Le représentant a salué la « politique de rigueur » mise en œuvre pour filtrer et certifier les agents de la Police nationale.  Il s’agit d’un « gage de crédibilité » pour l’institution qui améliorera le climat de confiance entre gouvernants et gouvernés, a-t-il estimé, avant de se réjouir du renforcement du cadre législatif et réglementaire régissant la Police.  Toutefois, a-t-il ajouté, les diverses initiatives prises dans la réforme du secteur de sécurité doivent bénéficier d’une approche réaliste et cohérente et des ressources financières adéquates.


M. Kafando a estimé qu’il faudrait soutenir davantage la promotion et la protection des droits de l’homme, y compris la lutte contre l’impunité, l’exécution des peines prononcées et l’indemnisation des victimes et des familles.  Il s’est félicité des progrès importants réalisés dans le domaine judiciaire, y compris par l’adoption du nouveau Code pénal et de la loi sur la violence familiale, tout en ajoutant qu’il faudrait désormais en assurer la mise en œuvre complète.  Le représentant a estimé que les politiques de développement social et économique sont pertinentes, mais a jugé nécessaire que le Gouvernement du Timor-Leste y intègre les OMD afin de réduire la pauvreté.  Il a exhorté les partenaires du Timor-Leste à soutenir les efforts du Gouvernement en matière de développement des infrastructures et de développement rural.  Malgré les considérables progrès réalisés, le Timor-Leste a toujours besoin du soutien de la MINUT et du système des Nations Unies, a estimé le représentant.  Il a ajouté que la MINUT devrait particulièrement aider à garantir la sécurité publique, en renforçant les capacités de la Police nationale dans la perspective d’une autonomisation totale.  À moyen terme, la MINUT devra contribuer au réajustement des politiques de développement et des programmes de relèvement, a-t-il conclu.


M. ZHANG YESUI (Chine) a salué le fait que la situation sur place soit restée calme et stable pendant la période examinée.  Le dialogue politique se poursuit, et un consensus existe entre les dirigeants des différentes factions politiques quant à la nécessité d’avancer tranquillement sur la voie de la démocratie, a-t-il dit.  Le représentant s’est félicité de la reprise de la responsabilité du maintien de l’ordre par la Police nationale et la bonne gestion par les autorités nationales du retour des déplacés de l’intérieur chez eux.  La réalisation de la paix durable appelle des efforts accrus pour améliorer les conditions de vie des populations, précisant que cela doit passer par une lutte coordonnée contre la pauvreté et le chômage, a encore considéré M. Zhang.  De l’avis de sa délégation, le Timor-Leste, assisté par la communauté internationale, doit se concentrer sur le renforcement des infrastructures mises en place pour assurer le développement social et économique, afin de supprimer les facteurs de déstabilisation.  Pour ce qui est du mandat de la MINUT, il a souhaité, à l’instar du Secrétaire général, que la Mission soit maintenue dans sa composition actuelle, sa reconfiguration devant se faire « progressivement ».  Les Nations Unies doivent agir à l’aune des réalités du pays et en continuant leurs efforts de formation des membres du secteur de la Police pour accélérer et améliorer les transferts des responsabilités à ce niveau, a souligné le représentant. 


M. FAZLI ÇORMAN (Turquie) a déclaré que, grâce à la MINUT, mais aussi à la résilience et à la détermination du peuple et du Gouvernement timorais, le pays a pu célébrer le dixième anniversaire de son indépendance.  Il s’est félicité du fait que ces célébrations aient pu se dérouler dans le calme, trois ans après la crise de 2006 et un an et demi après l’attentat contre le chef de l’État.  Il s’est félicité de la tenue des élections locales du 9 octobre, convaincu que cela montre que le peuple timorais est attaché à la démocratie et que les partis politiques respectent les principes démocratiques.  Il s’est également réjoui que la sécurité s’améliore et que les derniers camps de personnes déplacées aient pu être fermés à la fin août.  Il a souhaité que le transfert graduel des responsabilités de la police de la MINUT à la Police timoraise continue de s’effectuer de manière aussi harmonieuse.


Les principaux problèmes qui ont contribué à la crise de 2006 -pauvreté, chômage, système foncier et faible éducation- constituent toujours de lourds défis qu’il faut continuer de relever, a rappelé le représentant.  Il a encouragé le Parlement et le Gouvernement de Timor-Leste à poursuivre leurs efforts pour obtenir un large soutien.  De même, il faudrait que les effectifs actuels de la MINUT, y compris ses effectifs de police, soient pour l’instant maintenus au même niveau, comme le recommande le Secrétaire général, a conclu le représentant.


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a salué à son tour les progrès positifs au Timor-Leste.  Il faut cependant poursuivre les stratégies qui commencent à donner de bons résultats, comme le transfert graduel des responsabilités de maintien de l’ordre vers la Police nationale timoraise.  Il faut également accroître la capacité militaire timoraise, en dotant les forces nationales d’un mandat clair pour éviter tout risque de troubles, a poursuivi le représentant.  Il a noté qu’après la bonne gestion du problème des personnes déplacées de l’intérieur, les autorités timoraises et leurs partenaires devraient passer à la phase de réhabilitation sociale des réfugiés, en particulier en garantissant à ces derniers des conditions de logement décentes.  Pour ce qui est de la réforme du secteur de la justice, M. Rugunda a exhorté le Gouvernement timorais à faire « beaucoup plus » pour lutter contre l’impunité dont jouissent les auteurs de crimes graves, ce dont témoigne la libération inquiétante de Matenus Bere, un ancien chef de la milice Lakseur qui faisait l’objet d’un mandat d’arrêt pour crimes contre l’humanité.  Il importe que le Gouvernement de Timor-Leste assume la responsabilité du développement social et économique du pays, avec l’appui de la communauté internationale, a poursuivi le représentant, soulignant que cette dernière devrait aider à renforcer les capacités du pays et à permettre aux Timorais de prendre en main le processus de développement national.


M. KONSTANTIN K. DOLGOV (Fédération de Russie) a estimé que, depuis sa création, le Timor-Leste avait dû affronter de nombreuses crises mais avait réussi à les surmonter avec l’appui de la MINUT et de la communauté internationale.  Il s’est félicité des efforts entrepris pour surmonter la crise de 2006, ainsi que du bon déroulement des récentes élections locales.  Il a souligné l’importance du renforcement du secteur de sécurité et s’est félicité du transfert progressif de la responsabilité du maintien de l’ordre de la MINUT à la Police nationale, en rappelant qu’il ne se fait pas dans le cadre d’un calendrier artificiel.  Le représentant a toutefois estimé que la stabilisation du pays était potentiellement menacée par les problèmes économiques, l’impunité et des institutions faibles.  C’est dans ce contexte qu’il a appuyé les recommandations du Secrétaire général tendant à maintenir, pour l’instant, les effectifs de la MINUT au niveau actuel.


M. RANKO VILOVIĆ (Croatie), se ralliant à la position qu’exprimera la Suède, au nom de l’Union européenne (UE), a estimé que la sécurité et la stabilité à long terme du Timor-Leste dépendaient du fonctionnement professionnel et responsable des institutions de sécurité nationale.  À cet égard, il a salué les efforts des dirigeants du Timor-Leste pour améliorer le cadre juridique du secteur de la sécurité et leurs efforts pour établir une politique de sécurité nationale.  Ces réformes, si elles sont conçues et appliquées efficacement, permettront une révision complète du secteur de la sécurité, étayées par l’état de droit, la transparence et la responsabilité des deux institutions chargées de la sécurité, à savoir les Forces armées et la Police nationale de Timor-Leste.  Continuant sur le domaine de la sécurité et considérant l’évolution de la situation sur le terrain, M. Vilović a affirmé que la Croatie soutenait la modification éventuelle de la configuration de la composante police de la MINUT.  Sa délégation, a-t-il dit, attend que la mission technique d’évaluation entreprenne sa visite dans les mois à venir au Timor-Leste et les conclusions et recommandations qu’elle présentera.  Il a également estimé qu’à ce stade, la composante police de la MINUT doit être maintenue, en attendant que la Police nationale de Timor-Leste soit complètement constituée.


Concernant les questions des droits de l’homme, le représentant de la Croatie s’est dit encouragé par les progrès accomplis, notamment dans le domaine du renforcement du système judicaire.  La consolidation à long terme de la paix au Timor-Leste ne peut être garantie en l’absence d’un environnement viable, dans lequel le système pénal et judicaire fonctionnent de manière crédible et dans lequel l’état de droit prévaut, a-t-il estimé.  Le représentant s’est également félicité du bon déroulement des élections, estimant qu’elles constituaient la marque de progrès vers la culture du dialogue politique et de la gouvernance démocratique.  En conclusion, M. Vilović a expliqué que le Timor-Leste avait encore des défis à relever, notamment la consolidation, à long terme, de la paix et de la sécurité.  Pour ces raisons, la Croatie estime qu’une présence internationale demeure nécessaire.


M. CLAUDE HELLER (Mexique) s’est félicité du climat positif de stabilité qui règne actuellement au Timor-Leste et la consolidation en cours des institutions politiques.  Le pays peut gérer son propre avenir et, dans ce contexte, la MINUT peut l’aider à aller de l’avant en matière de sécurité, de justice, des droits de l’homme et de développement social et économique, a-t-il dit.  Le représentant a ensuite insisté sur le renforcement des mécanismes de transparence et de contrôle, soulignant que cela « devrait permettre la mise en place de la Commission nationale contre la corruption, une institution nécessaire pour contribuer à la gouvernance démocratique du Timor-Leste ».  M. Heller a salué le transfert de la responsabilité du maintien de l’ordre vers la Police nationale, un effort qui, jusqu’ici, était assumé par la MINUT.  M. Heller a appelé la Mission et la communauté internationale à appuyer la Commission accueil, vérité et réconciliation, en vue de mettre un terme à l’impunité qui protège encore les auteurs des crimes graves commis pendant les crises de 1999 et de 2006.  M. Heller a aussi demandé au Gouvernement de Timor-Leste d’intensifier sa coopération avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) pour assurer une pleine réinsertion sociale des personnes déplacées, de retour dans leur foyer d’origine. 


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a salué le fait que le processus de retour et de réinstallation des personnes déplacées soit pratiquement conclu au Timor-Leste, ainsi que la célébration dans le calme du dixième anniversaire du référendum d’indépendance de 1999.  Toutefois, le pays est toujours confronté à des défis importants pour réduire la pauvreté et créer de nouvelles opportunités d’emploi pour la population.  Le Gouvernement de Timor-Leste a donc raison de souligner le besoin croissant de passer d’une logique de prévention des conflits à un agenda de développement complet, a-t-il dit, estimant que la MINUT peut jouer un rôle essentiel dans cette perspective.


Le représentant a noté des progrès dans la formation de la Police nationale du Timor-Leste, ainsi que des personnels de justice.  Le rétablissement d’un état de droit qui fonctionne est crucial pour atteindre la stabilité à long terme, a-t-il rappelé.  Le représentant de l’Autriche a proposé que les militaires mettent davantage l’accent sur des domaines comme la gestion des catastrophes naturelles et le maintien de la paix, notamment en définissant une répartition claire des responsabilités et des compétences avec la Police.  Il existe des champs d’action dans lesquels les forces armées d’autres petits pays, ou des pays de taille moyenne, peuvent apporter des formations et des conseils utiles, a enfin dit le représentant, avant de rendre hommage au travail de M. Khare et de la Mission en général.  Les jalons que la MINUT a posés continuent de nous fournir un excellent cadre stratégique de travail pour évaluer nos progrès, a-t-il déclaré.


M. IBRAHIM O. A. DABBASHI (Jamahiriya arabe libyenne) a dit accueillir avec satisfaction la stabilité qui prévaut au Timor-Leste et les avancées du pays vers la paix.  Il s’est félicité de la fermeture des camps de personnes déplacées et a mis l’accent sur la fourniture de services sociaux de base comme facteur de stabilité.  Il a rappelé que, malgré les progrès réalisés, les institutions de l’État restaient fragiles et en cours de développement, et que les causes profondes d’une possible instabilité demeurent.  Le représentant s’est cependant félicité des efforts du Président Ramos-Horta pour s’adresser à toutes les franges de la population et à tous les partis politiques.  Il a jugé important qu’on continue de renforcer les institutions de l’État.  C’est dans ce contexte que sa délégation appuie les recommandations du Secrétaire général visant à maintenir les effectifs de la MINUT à leur niveau actuel, a-t-il dit.


M. NICOLAS DE RIVIÈRE (France) a déclaré que la consolidation des progrès accomplis au Timor-Leste « prendra du temps ».  Il a ajouté que la crise de 2006 avait montré les risques que ferait encourir un retrait précipité de l’ONU du pays, la MINUT étant au Timor-Leste un élément essentiel de stabilité, « au moins dans un avenir proche ».  Le représentant a souligné que, dans le cadre de la stratégie de moyen terme qui prévaut, la MINUT doit d’abord s’attacher à préparer l’appropriation par les Timorais eux-mêmes des taches assumées actuellement par la Mission.  Il a ensuite salué l’envoi d’une mission d’évaluation technique au Timor-Leste, un effort qui répond au vœu du Secrétaire général d’assurer un meilleur suivi des opérations de maintien de la paix, notamment en matière de police.  Le représentant de la France a appelé à une lutte accrue contre l’impunité des auteurs de crimes graves commis au cours des crises de 1999 et de 2006, « condition d’une réconciliation durable ».  Il a préconisé à cette fin que la MINUT appuie activement les travaux du Procureur général de Timor-Leste. 


Mme ROSEMARY A. DICARLO (États-Unis) a estimé que le Timor-Leste avait enregistré des « progrès considérables depuis la crise de 2006 ».  La volonté de paix et le souhait de démocratie du peuple timorais sont clairs, a-t-elle estimé.  La représentante a rendu hommage au professionnalisme croissant de la police et des Forces armées timoraises.  Le transfert récent des responsabilités de police de la MINUT vers la Police nationale dans trois districts est un premier pas qui doit être suivi par d’autres mesures, a-t-elle estimé.  Les États-Unis, a-t-elle rappelé, sont impliqués dans la réforme du secteur de sécurité de Timor-Leste.  Mme DiCarlo a reconnu les progrès du pays en matière d’état de droit et de gouvernance démocratique et a félicité le peuple et le Gouvernement de Timor-Leste et la MINUT pour le succès des récentes élections locales.  Elle a encouragé le Gouvernement à poursuivre la réforme du secteur de la justice.


Le relèvement économique et la stabilité sociale sont liés au développement à long terme, a rappelé la représentante, qui s’est en outre réjouie de la fermeture des camps de personnes déplacées.  Elle s’est félicitée des efforts des autorités pour réduire la pauvreté.  Les États-Unis continueront à aider le Timor-Leste, a-t-elle affirmé, rappelant que les États-Unis avaient accordé au Timor-Leste 24 millions de dollars, cette année, pour financer différents programmes, y compris dans les domaines du développement rural et de la justice.


M. LE LUONG MINH (Viet Nam) s’est dit encouragé par les efforts déployés par le Gouvernement et le peuple du Timor-Leste, notamment en matière de maintien de la sécurité publique.  Il a également salué leur détermination à faire avancer le processus de paix et le développement du pays.  « Ma délégation salue en particulier le Président José Ramos-Horta pour son engagement personnel en faveur du renforcement de l’unité nationale », a-t-il ajouté.  Le représentant a estimé que les mesures mises en œuvre par le Président concernant, notamment, la situation des personnes déplacées, l’instauration d’un dialogue politique et d’un processus de réconciliation ainsi que l’intensification des réformes administratives et législatives et la lutte contre la corruption, permettraient aux institutions de l’État d’être mieux à même de s’acquitter de leurs tâches.


M. Minh a également dit apprécier le travail de la MINUT.  Il a notamment cité le transfert au Gouvernement des responsabilités policières dans trois districts du pays ainsi qu’au sein du Centre de formation policière.  Évoquant ensuite les défis que présentent la pauvreté, le chômage et « l’immaturité » des institutions sécuritaires, le représentant du Viet Nam a engagé la communauté internationale à assister le pays à renforcer le secteur de la sécurité et à améliorer les services en matière d’éducation, de santé et de nutrition, ainsi que la protection des enfants et le développement des zones rurales.


M. NORACHIT SINHASENI (Thaïlande), qui s’exprimait au nom de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ANASE), a déclaré que les pays de la région continuaient d’appuyer les progrès réalisés par la jeune nation timoraise dans les domaines relevant au mandat de la MINUT.  Il a ainsi félicité le Gouvernement de Timor-Leste pour avoir réussi à organiser les élections locales du 9 octobre dernier, ce qui représente une étape fondamentale sur la voie de la démocratisation du pays.  Il a, à son tour, salué la stabilité qui règne actuellement au Timor-Leste et la bonne gestion par les autorités des différents legs encombrants la crise de 2006, comme la fermeture des 65 camps de réfugiés.  Le représentant s’est également félicité du transfert en cours de la responsabilité du maintien de l’ordre vers les services de la Police nationale timoraise.  Il a estimé que l’aide internationale devrait, dans ce contexte, se concentrer sur l’appui au renforcement des capacités de la Police nationale et sur la mise au point de mécanismes de responsabilisation et de contrôle des institutions de la sécurité.  Le représentant a en outre demandé au Gouvernement de Timor-Leste d’inclure les OMD dans ses stratégies nationales de développement.  La crise financière et économique mondiale ne doit pas être un prétexte pour limiter l’assistance aux pays dans le besoin, dont fait partie le Timor-Leste, a encore souligné M. Sinhaseni. 


M. ANDERS LIDÉN (Suède), au nom de l’Union européenne (UE), a estimé que l’édification de l’état de droit au Timor-Leste depuis son indépendance, il y a 10 ans, représente un résultat très important, même si de nombreux défis demeurent.  Il a notamment rappelé que, si d’importants progrès ont été réalisés dans le domaine de la sécurité, les événements de février 2008 ont montré que la stabilité à long terme et le développement durable du pays ne peuvent être considérés comme acquis.  Il a toutefois jugé encourageant le calme qui a marqué ces derniers mois.  La MINUT devra continuer à jouer un rôle important dans la période à venir, a-t-il affirmé.


Le succès des élections locales du 9 octobre témoigne des progrès réalisés dans la mise en place d’institutions stables et démocratiques, a estimé le représentant, qui a souhaité que les élections locales de 2010 se déroulent dans le même esprit.  Il s’est également félicité de la fermeture des derniers camps de personnes déplacées et de la gestion des retours de ces personnes.  L’Union européenne appuie la recommandation du Secrétaire général visant à maintenir les effectifs de la police de la MINUT à leur niveau actuel, a poursuivi M. Lidén, qui a cependant souhaité que le transfert des responsabilités à la Police nationale timoraise se poursuive afin de préparer le terrain pour une future transition et une reconfiguration de la MINUT.


Il existe un lien entre la réforme du secteur de sécurité et la réduction à terme de la MINUT, a rappelé M. Lidén, qui a salué les efforts du Gouvernement de Timor-Leste pour renforcer la Police nationale et créer un cadre législatif pour le secteur de la sécurité.  Il a souhaité que le rôle des Forces de défense nationales en période de paix soit précisé, de même que leurs relations avec la Police nationale.  L’un des principaux défis de la période à venir sera la mise en place d’infrastructures pour assurer le développement social et économique susceptible de créer des emplois et de fournir les services sociaux de base, a déclaré M. Lidén, qui a encouragé le Timor-Leste à utiliser les ressources du Fonds pétrolier pour financer les programmes de développement dans ces secteurs et pour stimuler la partie de l’économie qui n’est pas liée au secteur pétrolier.  Il a rappelé que l’Union européenne accordait au Timor-Leste un total de 200 millions d’euros, avec une attention particulière au secteur public, et que le total de l’aide de l’Union européenne au pays depuis 1999 dépassait les 800 millions d’euros. 


M. JOSÉ FILIPE MORAES CABRAL (Portugal) a affirmé qu’en dépit des difficultés, le Timor-Leste avait, depuis son indépendance en 1999, poursuivi des efforts considérables sur la voie de la consolidation de la paix et de la stabilité démocratique.  Le Portugal salue le Gouvernement de Timor-Leste pour les avancées réalisées dans le domaine de la sécurité et de l’économie, ainsi que dans le renforcement de la stabilité politique et du règlement de la question des personnes déplacées de l’intérieur, a-t-il ajouté.  Le représentant a ensuite souligné le transfert progressif des responsabilités de maintien de l’ordre à la Police nationale timoraise, « formée en grande partie par les services compétents de la MINUT ».  Il a également qualifié de « jalon majeur » la tenue dans le calme des élections locales le 9 octobre dernier. 


La MINUT joue un rôle central dans le processus démocratique au Timor-Leste, a ensuite souligné M. Moraes Cabral, avant de faire sien l’appel du Secrétaire général à un renouvellement du dialogue politique entre toutes les formations politiques du pays et de tous les acteurs de la société timoraise.  M. Moraes Cabral a souligné que le peuple de Timor-Leste, qui l’a réaffirmé à maintes reprises, est déterminé à bâtir une société stable, démocratique et prospère.  Cet effort, a-t-il ajouté, exige l’appui de la communauté internationale.  Il est important que les Timorais ne soient pas seuls sur la voie de la démocratie, a-t-il dit, soulignant notamment la nécessité que l’aide internationale vienne appuyer les efforts en cours au Timor-Leste pour relancer l’économie, en s’attaquant à la pauvreté et au chômage. 


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a estimé que les Timorais pouvaient être fiers de ce qu’ils ont déjà construit en 10 ans d’indépendance et qu’ils pouvaient regarder l’avenir avec confiance.  Les tendances positives sont évidentes à la lecture du dernier rapport du Secrétaire général, a-t-elle ajouté, estimant qu’il décrit d’importants progrès durant les neuf premiers mois de cette année.  Mme Viotti s’est notamment félicitée du calme qui prévaut dans le pays.  Elle a jugé « particulièrement positive » la reprise du transfert graduel de responsabilités de la police internationale à la Police nationale timoraise.  Ce transfert, a-t-elle noté, n’a pas entraîné une augmentation de la criminalité.  Au contraire, le nombre d’incidents signalés chaque semaine a même baissé, a-t-elle ajouté.


Mme Viotti a de même estimé que la fermeture des derniers camps de déplacés a constitué à la fois un progrès humanitaire et politique.  Afin d’éviter toute tension et de tourner une « triste page » de l’histoire du pays, elle a souhaité qu’on tienne compte, lors des retours de personnes déplacées, de questions telles que le logement, la propriété et les activités génératrices de revenus.  La représentante s’est félicitée de la bonne tenue des récentes élections locales et a rappelé que la stabilité démocratique est essentielle pour la construction d’une nation.  Un développement économique et social fort est essentiel pour stabiliser ces réalisations, a poursuivi Mme Viotti.  Elle a estimé que les taux de croissance annoncés, y compris pour le secteur non lié au pétrole, sont de bonnes nouvelles et a jugé louables et dignes de soutien les efforts du pays pour améliorer les services sociaux de base et lui permettre de réaliser les OMD.  Elle a rappelé que le Brésil coopère avec le Timor-Leste dans de nombreux domaines et a ajouté qu’il entendait renforcer cette coopération.  Ces progrès sont le fruit de l’engagement du peuple et du Gouvernement de Timor-Leste mais aussi celui de la communauté internationale, lequel doit être maintenu, a estimé Mme Viotti.  La MINUT demeurera un acteur essentiel sur le terrain jusqu’à ce que les acquis actuels soient consolidés, a-t-elle conclu. 


M. JIM MCLAY (Nouvelle-Zélande) a déclaré que le Timor-Leste se trouvait dans une période cruciale de transition.  « Nous ne pouvons pas être certains que la paix et le calme actuels vont durer, a-t-il ajouté, rappelant que l’imprévisible flambée de violence de 2006 avait montré à la communauté internationale qu’il ne fallait pas « se reposer sur ses lauriers ».  Il a toutefois reconnu que le pays était sorti de la crise, « la situation évoluant du conflit vers le développement ».  Pour le représentant de la Nouvelle-Zélande, cette situation exige que l’appui de la communauté internationale évolue en fonction des besoins nouveaux sur le terrain.  L’ONU a un rôle central à jouer dans cet environnement changeant, c’est donc à elle que revient la mission d’assister le Timor-Leste dans les efforts entrepris pour renforcer ses institutions et préparer la tenue d’élections pacifiques et crédibles en 2012, a estimé M. MacLay.  Il a indiqué que son pays attendait avec impatience les recommandations de la mission d’évaluation technique qui devrait, selon lui, confirmer que toute stratégie de sortie de la présence internationale au Timor-Leste devrait s’effectuer progressivement et en tenant dûment compte de la situation en matière de sécurité.  La Nouvelle-Zélande qui participe à la Force internationale de stabilisation, estime que toute décision concernant la reconfiguration de la MINUT devrait continuer de reconnaître le lien étroit qui existe entre les opérations de l’ONU et de la Force, a conclu son représentant.  


M. GARY FRANCIS QUINLAN (Australie) a rappelé que son pays est un voisin et un ami du Timor-Leste et qu’il fera tout son possible pour l’aider à devenir un État stable et prospère.  Il s’est félicité de l’amélioration de la situation en matière de sécurité depuis les attaques du 11 février 2008 contre le Président, M. Ramos-Horta et le Premier Ministre, M. Xanana Gusmão.  Cette amélioration a été concrétisée avec le succès des élections locales du 9 octobre lesquelles, a rappelé le représentant, n’ont été marquées que par des incidents mineurs et isolés.  M. Quinlan s’est également dit satisfait de la fermeture des camps de personnes déplacées, auxquels l’Australie avait apporté 25 millions de dollars australiens en aide humanitaire.  Il a toutefois estimé que cette fermeture ne représentait que la première phase d’un processus de réintégration, ajoutant que le retour de nombreuses personnes dans des communautés dotées d’infrastructures réduites et de services très limités présentait de nouveaux risques et défis.  Il a promis l’aide de son pays au Gouvernement timorais pour garantir un retour durable des personnes déplacées.


La Force internationale de stabilisation sous commandement australien a commencé d’évoluer d’un rôle de pur appui à la sécurité à un rôle de coopération avec les structures militaires du Timor-Leste, en soutien au programme de coopération bilatéral de l’Australie, a expliqué le représentant.  Il a en outre rappelé que l’Australie a également établi un programme bilatéral pour former et renforcer la Police nationale timoraise, afin de transférer progressivement à la police locale la responsabilité du maintien de l’ordre.  Ce processus se fait en vertu d’un accord avec le Gouvernement du Timor-Leste et la MINUT, et se fait, de manière graduelle, en fonction de critères objectifs.  Cette approche permet un transfert de responsabilité dans l’ordre et fournit en outre de très importantes informations aux partenaires internationaux sur les besoins de la Police nationale timoraise, a-t-il estimé.  M. Quinlan a par ailleurs rappelé que son pays avait également établi un programme bilatéral d’assistance pour aider à mettre en place le secteur de la justice.  L’Australie achève actuellement l’élaboration d’une nouvelle stratégie d’assistance au développement du Timor-Leste pour les cinq prochaines années, a déclaré M. Quinlan.  Le représentant a expliqué que cette stratégie qui devra être approuvée à la fois par l’Australie et le Timor-Leste, reflètera mieux les priorités identifiées par le Gouvernement de ce pays.


M. HILARIO G. DAVIDE (Philippines) a rappelé que le soutien de son pays au Timor-Leste a commencé dès 1999 avec l’envoi d’une unité de soutien humanitaire de 600 membres au sein de la Force internationale au Timor oriental (INTERFET), et qu’il avait ensuite fourni un personnel important aux missions successives des Nations Unies.  Les Philippines se sont engagées à faciliter l’édification de l’État est-timorais, notamment dans le cadre d’arrangements bilatéraux, a ajouté le représentant.  M. Davide s’est félicité des progrès réalisés par le Timor-Leste, citant notamment le calme qui a prévalu pendant la célébration du dixième anniversaire de l’indépendance, la reprise des transferts graduels de responsabilités de la police internationale à la Police nationale timoraise, les efforts entrepris pour renforcer la bonne gouvernance, ainsi que les progrès réalisés dans l’identification des priorités nationales pour le développement.


Le représentant a rappelé le rôle qu’ont joué la MINUT et l’équipe de pays au Timor-Leste, et a souligné qu’il était essentiel que la communauté internationale continue de soutenir leur travail.  Il a notamment estimé important de maintenir la présence de la MINUT pour assurer le transfert graduel des responsabilités de police et a apporté son soutien aux recommandations du Secrétaire général.  Il a estimé en outre que le Timor-Leste est l’un des plus beaux succès d’une entreprise internationale combinant les efforts des Nations Unies et de partenaires régionaux.  Il a rendu hommage aux dirigeants de Timor-Leste pour leur détermination en faveur de la démocratie et de l’état de droit et pour leurs efforts visant à assurer la stabilité, la sécurité et le développement économique et social du pays.  « Nous devons continuer à appuyer le Gouvernement et le peuple de Timor-Leste dans la poursuite de ces efforts », a-t-il souligné avant de conclure.


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) s’est félicité des progrès accomplis depuis 2006 au Timor-Leste.  Il a notamment salué le Président Ramos-Horta pour le leadership dont il a fait preuve, avant d’évoquer les progrès accomplis en matière de sécurité, de dialogue et de réconciliation.  Le représentant a souligné l’importance d’adopter une approche holistique et détaillée pour assurer la réforme du secteur de la sécurité au Timor-Leste.  Il a également encouragé le Gouvernement à continuer d’intensifier ses efforts pour développer une politique nationale de sécurité.  Il est également important, a-t-il dit, de renforcer les institutions sécuritaires et judiciaires du pays.  Faisant remarquer par ailleurs que la sécurité ne pouvait être maintenue sans développement, M. Sangqu a estimé que la population timoraise devrait concentrer ses efforts sur le développement social et économique du pays, avec l’aide de la communauté internationale.  Il s’est félicité des progrès accomplis dans le domaine de l’éducation, de la santé et du développement rural, en appelant les partenaires en développement à appuyer les stratégies et les priorités du Gouvernement de Timor-Leste en la matière.  M. Sangqu a également engagé la communauté internationale à appuyer le Gouvernement et la population de Timor-Leste à long terme afin de les aider à instaurer une paix et une prospérité durables.  Tout en soulignant la nécessité de renforcer les institutions et les capacités du pays, le représentant de l’Afrique du Sud a appelé les dirigeants du Timor-Leste à travailler avec tous les segments de la société pour parvenir à la réconciliation nationale et promouvoir les droits de l’homme, la justice et la paix.  Il a également salué le travail « inestimable » de la MINUT.


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