09/07/2009
Conseil de sécurité
CS/9700

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Conseil de sécurité

6158e séance – matin


LE CONSEIL RÉAFFIRME SON APPUI AU GOUVERNEMENT FÉDÉRAL DE TRANSITION ET FÉLICITE L’AMISOM POUR SES EFFORTS EN FAVEUR D’UNE PAIX ET D’UNE STABILITÉ DURABLES EN SOMALIE


Il étudiera sans tarder les mesures à prendre contre quiconque compromet le processus de paix de Djibouti


« En dépit de nombreux défis, le Gouvernement fédéral de transition, sous la présidence de Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, a accompli des progrès importants au cours des six premiers mois de son mandat.  Le Gouvernement s’efforce de maintenir la cohésion malgré les difficultés auxquelles tout gouvernement d’unité nationale est confronté », a déclaré ce matin devant le Conseil de sécurité, le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, M. B. Lynn, Pascoe à l’ouverture du débat consacré à la situation en Somalie.


Le Gouvernement fédéral de transition a maintenu une politique « porte ouverte » à ceux qui n’ont pas rejoint le processus de Djibouti, en tendant la main aux forces d’opposition et en œuvrant à élargir sa base de soutien parmi les dirigeants communautaires, religieux et de la société civile.  Le Président a signé récemment un accord avec l’un des principaux groupes d’opposition religieux, le Ahlu Sunna Waljamaa (ASWJ), couvrant les questions politiques, sécuritaires, humanitaires et de développement, a-t-il précisé. 


La Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions, Mme Susana Malcorra, qui prenait également part à cette réunion, a encouragé les États Membres et les organisations régionales, notamment l’Union européenne (UE) et la Ligue des États arabes, à redoubler d’efforts pour accélérer le versement des contributions promises lors de la Conférence des donateurs, qui s’était tenue à Bruxelles le 23 avril dernier, et à coopérer étroitement avec les Nations Unies pour s’assurer que le soutien nécessaire soit apporté sur le terrain.  Dans l’intervalle, a-t-elle assuré, les Nations Unies continuent d’élargir, par le biais de leur Bureau d’appui des Nations Unies à l’AMISOM, les arrangements existants à chaque fois que possible, en fournissant par exemple des rations supplémentaires, du matériel médical et des équipements spécialisés, que ce soit pour soutenir les troupes sur le terrain ou leur permettre d’assurer leur propre défense.  Rappelant qu’un financement supplémentaire de 139 millions de dollars avait été récemment approuvé par l’Assemblée générale pour quatre mois, à partir du 1er  juillet, elle a cependant fait observer que cette approche de court terme remet en cause la planification à long terme indispensable pour permettre au Bureau d’appui de s’acquitter de ses tâches prioritaires, qu’elle a des incidences sur les contrats d’achats et risque de décourager des candidats talentueux.


Dans une déclaration présidentielle, lue par l’Ambassadeur Ruhakana Rugunda, de l’Ouganda, qui préside le Conseil de sécurité pour le mois de juillet, les membres du Conseil ont réaffirmé leur appui au Gouvernement fédéral de transition, dans lequel ils voient l’autorité légitime de la Somalie en vertu de la Charte fédérale de transition.  Le Conseil félicite l’AMISOM du concours qu’elle apporte à la réalisation d’une paix et d’une stabilité durables en Somalie et se félicite que l’Union africaine ait décidé, le 3 juillet, à Syrte, de renforcer l’AMISOM de façon à de porter ses effectifs au niveau prescrit et qu’elle ait demandé à ses États membres de fournir le personnel militaire et de police nécessaire. 


« La Commission de l’Union africaine a fait appel aux États membres et aux partenaires pour assurer le déploiement rapide d’un bataillon de la Sierra Leone et un autre du Malawi, a indiqué l’observatrice permanente de l’Union africaine, ajoutant que des mesures sont en cours pour le déploiement du troisième bataillon burundais, ainsi que pour commencer à délocaliser la direction de la composante civile de l’AMISOM de Nairobi à Mogadiscio ».


Le Conseil de sécurité a également entendu le représentant de la Somalie, qui a demandé que l’ONU mette en place le plus rapidement possible une force de maintien de la paix au sein de laquelle l’AMISOM serait intégrée.  « Ce déploiement est indispensable », a estimé le représentant du Burkina Faso, faisant remarquer que « la paix s’éloignait chaque jour ».  Le représentant de l’Ouganda, dont le pays a fourni trois bataillons à l’AMISOM, a rappelé que la résolution 1863 (2009) du Conseil de sécurité mentionnait que cette Mission avait un caractère provisoire, en attendant qu’une mission de maintien de la paix soit déployée ».  


La plupart des délégations ont déploré les conséquences humanitaires de ces attaques, en rappelant que 200 000 personnes ont fui Mogadiscio au cours de ces deux derniers mois, venant ainsi s’ajouter aux trois millions de Somaliens dépendant de l’aide internationale dont 1,3 million de personnes déplacées à l’intérieur du pays et 280 000 autres réfugiées au Kenya. 


Répondant aux remarques faites par la délégation libyenne sur les « motivations » des pays composant la flotte internationale de lutte contre la piraterie, le représentant de la France a indiqué que cette flotte servait à sécuriser les livraisons vers la Somalie.  Grâce à ces efforts, a-t-il dit, la quantité de nourriture fournie par le Programme alimentaire mondial (PAM) a ainsi quadruplé entre 2007 et 2008 et 200 pirates ont été arrêtés par les forces françaises.    


« Le principal défi reste de maintenir l’élan politique et de soutenir les institutions fédérales de transition » a, de son côté, déclaré le représentant de la Suède, intervenant au nom de l’Union européenne.  Il a précisé que l’Union européenne venait d’accorder 40 millions d’euros d’aide à la Somalie, qui s’ajoutent aux contributions faites par ses États membres au titre de l’aide bilatérale. 


Vivement préoccupé par l’appui apporté aux groupes armés cherchant à remettre en cause la paix et la réconciliation en Somalie ainsi que par la stabilité de la région, le Conseil « étudiera sans tarder les mesures à prendre contre quiconque compromet le processus de paix de Djibouti », répondant ainsi à la demande de l’Union africaine.


LA SITUATION EN SOMALIE


Exposés et déclarations


M. B. LYNN PASCOE, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a souligné une situation fragile à Mogadiscio.  Malgré des progrès substantiels, a-t-il dit, le Gouvernement fédéral de transition continue à faire face à d’intenses pressions des forces des insurgés, appuyés par des combattants étrangers.  Il a ajouté qu’il était temps d’agir pour la Somalie, en appuyant une unité gouvernementale basée sur le consensus et les Accords de Djibouti afin de mettre fin à une opposition radicale armée.  Il a précisé que le Gouvernement fédéral de transition avait une politique de porte ouverte et tendait la main aux forces d’opposition dans le souci d’étendre son influence parmi les dirigeants religieux et la société civile.  Il a cité, à cet égard, les négociations en cours avec l’Ahlu Sunna Waljamaa (ASWJ), l’un des principaux groupes religieux d’opposition en Somalie centrale.  Cet accord, a-t-il ajouté, couvre les questions d’ordre politique, sécuritaire, humanitaire et de développement.  M. Pascoe s’est en revanche inquiété des activités du groupe Al Shabaab, qui a intensifié sa stratégie d’intimidation de la population, en commettant des assassinats ciblés de chefs de clans et de représentants gouvernementaux, y compris en décapitant des dirigeants communautaires locaux.  Il a ajouté que la résistance de la population à Al Shabaad et aux combattants étrangers renforcera les efforts de mobilisation politique déployés par le Gouvernement. 


Le Gouvernement fédéral de transition, a-t-il ajouté, a mis en place un budget fondé sur les revenus des activités des ports maritimes.  Le rôle de la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM) pour aider le Gouvernement fédéral de transition à résister aux attaques contre Mogadiscio a été décisif.  Il a noté que 200 000 personnes ont été déplacées depuis la reprise des combats le 7 mai 2009, ce qui porte le total des personnes déplacées à 1,3 million en Somalie.  Par ailleurs, il a indiqué qu’en raison des problèmes liés à l’aide alimentaire, qui s’ajoutent aux problèmes de sécurité dans la région de Jubas et de Mogadiscio, on compte 6 463 réfugiés de plus en juin, ce qui porte le total des réfugiés dans le camp de Dadaad, au Kenya, à 284 306.  Dans ce contexte, il a estimé indispensable que les membres du Conseil encouragent les donateurs à subvenir à l’Appel consolidé, en rappelant que seulement 44% des 984 millions demandés avaient été obtenus en juin.  M. Pascoe a souligné le rôle du Bureau politique des Nations Unies pour la Somalie, qui s’est rendu plusieurs fois à Mogadiscio pour suivre les efforts de renforcement des capacités, en précisant qu’une future conférence s’attachera à débattre de la place de la charia dans la nouvelle constitution.  Il faudrait assister rapidement le Gouvernement fédéral de transition afin qu’il puisse développer ses propres forces de sécurité.


Dans le domaine du redressement et du développement, M. Pascoe a insisté sur l’importance pour les populations de tirer avantage du processus de paix et d’avoir accès à des services de base comme l’eau, la santé et l’éducation.  Il a mis l’accent sur l’importance de projets générateurs d’emploi et de construction d’infrastructures clefs.  En matière de piraterie, l’ONU apprécie les efforts des forces internationales, a-t-il dit, en rappelant que l’ONU avait été priée de servir de secrétariat pour le Groupe de contact et de coordination des forces internationales dans ce domaine.  Il a indiqué que le Secrétaire général a envoyé sa Conseillère juridique, Mme Patricia O’Brien, pour étudier la mise en place d’un cadre juridique pour la lutte contre la piraterie au large des côtes somaliennes.  Il a estimé que la communauté internationale doit répondre à l’appel lancé la semaine dernière par les chefs d’État de l’Union africaine (UA) pour aider le Gouvernement somalien à renforcer sa légitimité.  Les projets visant à créer des emplois pour les jeunes doivent être mis en œuvre, en priorité, si l’on veut dissuader les Somaliens de mener les actes de piraterie, a-t-il encore dit.  Par ailleurs, M. Pascoe a souligné la nécessité de renforcer les moyens de l’AMISOM pour lui permettre d’appuyer le Gouvernement fédéral de transition.  La Mission doit pouvoir disposer des effectifs maximum autorisés, soit 8 000 personnes.  Avant de conclure, il a rappelé que le processus de réconciliation doit être ouvert à tous les groupes qui renoncent à la violence, et c’est dans ce contexte que les partenaires régionaux doivent encourager tous les groupes à œuvrer en faveur de la paix. 


Mme SUSANA MALCORRA, Secrétaire générale adjointe à l’appui aux missions, a estimé que la Conférence des donateurs qui s’est tenue à Bruxelles le 23 avril dernier pour financer le dispositif d’appui des Nations Unies à la Mission de l’Union africaine en Somalie avait été un succès, comme l’attestent les promesses de contributions faites à cette occasion, d’un montant total de 200 millions de dollars.  Jusqu’à présent, a-t-elle précisé, 15 millions ont été reçus sur le fonds d’affectation spéciale ouvert par l’ONU pour l’AMISOM, mais des discussions sont en cours avec d’autres donateurs, avec la possibilité de doubler prochainement ce montant.


Le nombre de militaires de l’AMISOM actuellement déployés en Somalie est de 4 274, composés de trois bataillons en provenance de l’Ouganda et deux autres du Burundi.  Les efforts de l’Union africaine pour porter les effectifs à hauteur du maximum autorisé par le mandat de l’AMISOM -8 000 soldats, épaulés par des unités aériennes et navales-, sont déterminants pour sécuriser les sites stratégiques et les couloirs humanitaires à Mogadiscio, en particulier l’aéroport et le port de la ville, a expliqué Mme Malcorra.  Elle a donc encouragé tous les États Membres et les organisations régionales, notamment l’Union européenne et la Ligue des États arabes, à redoubler d’efforts pour accélérer le versement des contributions promises et à coopérer étroitement avec les Nations Unies pour s’assurer que le soutien nécessaire soit apporté sur le terrain.


Dans l’intervalle, les Nations Unies continuent d’élargir les arrangements existants, à travers leur Bureau d’appui à l’AMISOM à chaque fois que possible, en fournissant par exemple des rations supplémentaires, du matériel médical et des équipements spécialisés, que ce soit pour soutenir les troupes sur le terrain ou pour leur permettre d’assurer leur propre défense.  Des mesures ont été prises pour sécuriser les couloirs aériens, tandis qu’un contrat devrait être signé au mois d’août pour permettre l’acheminement du carburant.  Des options pour les services de fret maritime sont aussi à l’étude pour que le Bureau d’appui commence les livraisons à Mogadiscio par voie maritime, a ajouté la Secrétaire générale adjointe.


Mme Malcorra a ensuite annoncé que le Gouvernement du Kenya avait donné son accord au Bureau d’appui pour ouvrir une base de soutien logistique à Mombasa, ce dont elle s’est félicitée.  En outre, un mémorandum d’accord entre les Nations Unies et l’Union africaine pour la fourniture d’un soutien à l’AMISOM a été approuvé par le Contrôleur des Nations Unies et sera bientôt présenté à l’Union africaine pour signature.  Elle a rappelé qu’un financement supplémentaire de 139 millions de dollars avait été récemment approuvé par l’Assemblée générale pour une période de quatre mois, à compter du 1er  juillet, avant que le budget soit de nouveau réexaminé au mois d’octobre prochain par l’Assemblée.  La Secrétaire générale adjointe a cependant fait observer que cette approche à court terme remet en cause la planification stratégique de long terme indispensable pour permettre au Bureau d’appui d’atteindre ses objectifs, puisqu’elle a par exemple des implications en termes d’achats.


Lorsque le Bureau d’appui sera pleinement opérationnel, et le dispositif d’appui à l’AMISOM financé, une étape majeure aura été franchie pour mettre en œuvre la Stratégie approuvée par le Conseil de sécurité dans sa résolution 1872 (2009).  Bien que des efforts appréciables aient été faits en ce sens, il faudra probablement attendre jusqu’à début 2010 pour que le dispositif d’appui puisse être convenablement financé.  Mais son efficacité pour soutenir l’AMISOM dépendra aussi de l’augmentation du nombre de troupes déployées sur le terrain, a prévenu la Secrétaire générale adjointe.


M. ELMI AHMED DUALE (Somalie) a fait remarquer que pendant 20 ans, la Somalie était dirigée par un Gouvernement qui ne fonctionnait pas.  La voix du peuple somalien a pu enfin se faire entendre lors de la Conférence des Nations Unies à Djibouti qui a abouti à un accord entre les institutions fédérales de transition et l’opposition.


Malheureusement, a-t-il noté, pendant la longue période de chaos, la Somalie est devenue un refuge de militants et de terroristes qui continuent de faire obstacle à la paix.  Il a cité la présence croissante d’Al-Qaida, en fustigeant l’appui de certains pays à des groupes terroristes.  Il a rappelé qu’en mars 2009, Oussama Ben Laden avait déclaré la guerre au Gouvernement fédéral de transition, en encouragent les combattants étrangers à le renverser et en mobilisant des fonds à cette fin.  Il a souligné les progrès réalisés depuis six mois par les institutions fédérales de transition.  Il a évoqué l’ouverture d’un espace de paix et de réconciliation, et s’est félicité des efforts fournis par des dirigeants tribaux et ceux de la société civile avec un certain succès, puisqu’une partie de l’opposition s’est associée au Gouvernement.  Il a fait état de la création d’une banque centrale et d’institutions financières, la constitution d’une unité anticorruption et d’une Haute Cour visant à assurer le respect des droits de l’homme, comme autant d’éléments de progrès.


C’est pour permettre au Gouvernement fédéral de transition d’assurer sa mission, a-t-il ajouté, que le chef d’État de la Somalie a appelé les présidents africains, lors du dernier Sommet de Syrte, à apporter un appui au renforcement de la Mission de l’Union africaine en Somalie à hauteur des effectifs autorisés de 8 000 hommes.  Il a souhaité l’élargissement de l’AMISOM, avec une accélération de la formation des Forces nationales somaliennes, et accompagné de prestations en équipements et fonds.   Nous avons besoin d’un appui, le plus rapidement possible, a-t-il déclaré.  Faisant sien le contenu du paragraphe 16 du communiqué du Sommet de l’Union africaine qui vient de s’achever à Syrte, il a mis l’accent sur la nécessité d’un appui du Conseil de sécurité de l’ONU, ainsi que du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine pour mettre en place une zone d’interdiction aérienne et de contrôle des côtes, en vue d’empêcher l’entrée de combattants étrangers et les actes de piraterie.  Il a demandé des sanctions internationales contre tout acteur étranger, citant l’Érythrée, qui appuie les combattants.  Il faudrait également que l’ONU fournisse le plus rapidement possible une force de maintien de la paix au sein de laquelle l’AMISOM serait intégrée, a-t-il encore insisté. 


M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni) a cité les quatre domaines sur lesquels le Conseil de sécurité devrait se pencher.  Il faut d’abord, a-t-il dit, s’attaquer à la crise humanitaire.  Il faut ensuite s’attarder sur le volet politique.  Au bout du compte, a-t-il dit, « les solutions somaliennes doivent résoudre les problèmes somaliens ».  L’Accord de Djibouti est la base de toute solution et la communauté internationale doit continuer à appuyer le Gouvernement fédéral de transition.  Dans ce contexte, elle doit honorer les engagements pris à Bruxelles.  En troisième lieu, a poursuivi le représentant, il faut mettre fin aux attaques contre le Gouvernement fédéral de transition, l’AMISOM et la population civile, et sécuriser l’environnement pour que ce Gouvernement puisse travailler. 


Le Royaume-Uni, a-t-il rappelé, a versé 10 millions de livres au Fonds d’affectation spéciale pour l’AMISOM ainsi que 5 millions directement à l’Union africaine.  La solution à long terme de la sécurité en Somalie demeure la formation de ses Forces de sécurité, a insisté le représentant, avant d’en venir au quatrième point à savoir la piraterie à laquelle le Conseil doit s’attaquer, ainsi qu’à ses causes sous-jacentes.  Avant de conclure, il a annoncé que son pays fait circuler un projet de déclaration appuyant l’appel de l’Union africaine en faveur de la Somalie.  Le projet appelle à un appui international à l’AMISOM et prévient que le Conseil envisagera des sanctions contre quiconque s’engagera dans la déstabilisation de la Somalie. 


Mme SUSAN RICE (États-Unis) a rappelé la volonté de son pays d’atteindre plusieurs objectifs en Somalie, notamment de continuer de soutenir le Gouvernement fédéral de transition dans sa lutte contre le mouvement El-Shaabab, de prêter assistance à l’AMISOM, de forger un véritable partenariat entre ce pays et la communauté internationale et enfin de lutter contre le fléau de la piraterie aux larges des côtes somaliennes.  Condamnant vigoureusement les attaques perpétrées par les extrémistes, elle a appelé la communauté internationale à soutenir les efforts des Somaliens pour promouvoir la paix et la sécurité, élargir l’aide humanitaire et rétablir l’état de droit dans le pays.  Saluant l’action menée par les bataillons de l’Ouganda et du Burundi, elle a toutefois estimé qu’il fallait pleinement financer le module d’appui des Nations Unies à l’AMISOM. 


Ainsi, depuis la création de cette Mission, les États-Unis ont versé 135 millions de dollars, a rappelé Mme Rice.  Mais nous devons faire mieux pour endiguer les activités des groupes criminels et terroristes, notamment en s’attaquant au soutien apporté aux insurgés par le Gouvernement de l’Érythrée qui se refuse à ouvrir un dialogue de fonds.  Il n’est jamais trop tard, a-t-elle ajouté, invitant les autorités érythréennes à saisir la main tendue aujourd’hui.  Préoccupée par la situation des réfugiés et des personnes déplacées, qui déclenche une crise humanitaire sans précédent dans le pays et la région, Mme Rice a indiqué que les États-Unis avaient consacré 149 millions de dollars à l’aide en 2009.  Elle a également exprimé son inquiétude devant l’arrivée massive de réfugiés somaliens au Kenya, soulignant le besoin de renforcer les conditions d’accueil des camps aux frontières où près de 150 000 personnes s’entassent sur un site prévu pour 90 000.  La représentante a enfin estimé que c’étaient les pays dont des ressortissants avaient été victimes de la piraterie qui devaient assumer la responsabilité première et le coût des poursuites judiciaires contre les responsables de tels actes, citant en exemple l’action de la France et des Pays-Bas.


M. IBRAHIM DABBASHI (Jamahiriya arabe libyenne) a défini la situation de la Somalie comme une tragédie qui durait depuis presque deux décennies.  Il a fustigé l’incapacité de la communauté internationale d’intervenir de manière claire ou efficace et l’ingérence de forces régionales étrangères, avec de bonnes ou de mauvaises raisons, qui n’ont fait qu’aggraver le conflit.  Que fait-on de la responsabilité de protéger que les chefs d’État et de gouvernement ont définie lors du Sommet mondial de 2005? a-t-il demandé.  Comment l’ONU peut-elle refuser de donner les fonds et équipements nécessaires aux pays africains qui souhaitent aller renforcer la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM)?  Il a regretté que des pays aient décidé d’envoyer leurs bateaux aux larges des côtes somaliennes pour protéger leurs intérêts, alors qu’ils ne souhaitent pas soutenir les efforts du Gouvernement somalien.


Les Nations Unies doivent s’engager fermement aux côtés du Gouvernement somalien pour lutter contre ceux qui cherchent à détruire le pays, en contribuant financièrement par le biais du budget ordinaire de l’Organisation.  Après l’élection de Cheikh Sharif Cheikh Ahmed, les hésitations à appuyer ce Gouvernement n’ont fait que renforcer la détermination des insurgés à renverser le Gouvernement somalien, a-t-il estimé.  L’heure est venue de tirer des leçons et de rétablir la paix en Somalie.  Le Conseil de sécurité doit prendre des mesures pour éviter que les insurgés aient accès à des armes et des ressources financières.  Il faut aider le Gouvernement fédéral de transition à renforcer sa mainmise sur le pays et le développement de ses forces de sécurité.  Il a également appelé à une protection des ressources halieutiques des eaux maritimes nationales somaliennes qui sont exploitées par des bateaux étrangers. 


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a salué les efforts importants du Gouvernement fédéral de transition en Somalie, ainsi que ceux de l’AMISOM pour remettre le pays sur le chemin de la paix et de la stabilité.  Il s’est dit convaincu de la responsabilité du Conseil de sécurité pour améliorer cette situation.  L’intensité des combats ces dernières semaines a démontré la manière préoccupante dont les insurgés se radicalisent et n’hésitent plus à recourir à la violence pour atteindre leurs objectifs, a jugé M. Heller.  Devant le nombre de personnes déplacées et de réfugiés, il est devenu indispensable pour les Nations Unies de prêter leur concours au Gouvernement fédéral de transition dans la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti, a-t-il estimé.  Ce n’est qu’en renforçant les capacités des autorités somaliennes qu’il sera possible de rétablir la paix et la stabilité dans le pays, a assuré le représentant du Mexique.  Mais, dans les conditions actuelles et compte tenu du passé troublé de la Somalie, il est crucial de continuer de renforcer la sécurité sur le terrain.  C’est pourquoi, il est nécessaire de porter le nombre de troupes à hauteur des effectifs prévus par le mandat de l’AMISOM.  Préoccupé par la situation humanitaire et le déplacement de centaines de milliers de personnes, il a également condamné toutes les attaques visant le personnel humanitaire et le recrutement forcé des enfants.  Le représentant a appelé au renforcement de la sécurité au large des côtes somaliennes et à la mise en place de mécanismes juridiques appropriés pour juger les responsables d’actes de piraterie.


M. FAZLI CORMAN (Turquie) a souligné le rôle essentiel que l’AMISOM est appelée à jouer dans les mois à venir.  Il a donc demandé aux pays contributeurs de troupes potentiels de concrétiser leurs promesses.  Prenant note des décisions prises récemment à Syrte par l’Union africaine, le représentant a estimé qu’au bout du compte, la solution globale au conflit en Somalie devait être africaine et avoir comme pilier l’organisation régionale.  S’agissant de l’aide que la communauté internationale pouvait apporter, il a jugé qu’elle ne serait efficace que si l’on tire les enseignements des expériences passées dans le pays et dans la région dans son ensemble.  Après avoir annoncé que son pays réfléchissait aux moyens de renforcer les capacités des forces somaliennes, le représentant s’est attardé sur le fléau de la piraterie.  La Turquie condamne ces actes illégaux, a-t-il dit, en ajoutant que son pays avait déployé deux frégates dans le cadre de la lutte internationale contre ces actes. 


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) s’est inquiété de la poursuite des attaques des forces islamistes, en souhaitant que tout soit mis en œuvre pour parvenir à une paix durable dans l’intérêt du renforcement de la paix au niveau régional.  Il a appuyé les efforts du Président Cheikh Sharif Cheikh Ahmed et du Gouvernement fédéral de transition.  L’intensification des efforts internationaux devient particulièrement importante, a–t-il dit, en saluant les efforts déployés par l’ONU, l’Union européenne et l’Union africaine pour permettre au Gouvernement fédéral de transition de renforcer les institutions du pays, et en particulier ses forces de sécurité.  Il s’est félicité de la fourniture de troupes par l’Ouganda et le Burundi.  Il a estimé fondamental que les États respectent, de bonne foi, l’embargo sur les armes.  La piraterie reste un facteur important de déstabilisation dans la sous-région, avec des menaces de diffusion à d’autres zones vulnérables. 


M. LIU ZHENMIN (Chine) a déclaré que son pays accordait beaucoup d’importance à la situation qui prévaut actuellement en Somalie et dans la corne de l’Afrique.  Stabiliser cette situation correspond aux aspirations de la population somalienne, mais aussi à celles de toutes les populations de la région.  Appelant les parties au conflit à mettre fin aux violences, il a estimé qu’il était indispensable qu’elles acceptent de forger un partenariat pour la paix et d’établir un consensus pour régler les problèmes actuels.  Le représentant a invité tous les pays de la région à appuyer un tel processus, ainsi que les Nations Unies à redoubler d’efforts pour honorer les promesses d’aide faites à la Somalie.  Pour sa part, la Chine a déjà fourni jusqu’à présent un montant de 5 millions de dollars aux contingents du Burundi et de l’Ouganda de l’AMISOM, a rappelé la délégation.


M. JEAN-MAURICE RIPERT (France) a regretté la reprise de combats le 7 mai dernier, venue mettre à mal, a-t-il dit, les progrès réalisés depuis six mois par le Gouvernement Sharif.  Il a noté que depuis deux mois 200 000 personnes avaient dû quitter Mogadiscio et étaient venues s’ajouter aux 3 millions de personnes qui dépendaient déjà de l’aide internationale.  Il s’est dit inquiet de constater que les insurgés étaient soutenus par des combattants étrangers, en dénonçant notamment le rôle de l’Érythrée qui viole l’embargo sur les armes.  Le représentant a souligné le rôle positif joué par Djibouti dans la crise somalienne en dépit des difficultés de ce pays, suite à l’attaque de l’Érythrée.  Il est impératif que la communauté internationale renforce son appui à la Somalie, a-t-il dit.  C’est pourquoi la France commencera, ce mois à Djibouti, la formation de 500 personnels somaliens.


M. Ripert a salué l’appui du Burundi et de l’Ouganda, qui, en fournissant des troupes, constituent un soutien décisif au Gouvernement fédéral de transition.  Il s’est félicité du récent engagement de l’Union africaine à atteindre les effectifs de 8 000 autorisés pour l’AMISOM.  L’ONU a aussi un rôle à jouer pour faciliter le soutien de l’AMISOM, a–t-il dit, en mettant l’accent sur l’importance du paquet de soutien logistique des Nations Unies pour répondre aux besoins opérationnels les plus urgents de la force africaine.  Par ailleurs, il a indiqué que les moyens affectés pour maintenir la flotte européenne de lutte contre la piraterie ne servaient pas qu’à protéger la navigation internationale, mais permettaient aussi de sécuriser les livraisons vers la Somalie.  Il a indiqué que les livraisons du Programme alimentaire mondial (PAM) avaient quadruplé, entre 2007 et 2008, en précisant que les forces françaises avaient arrêté plus de 200 pirates dans le cadre de 80 opérations.


M. JORGE URBINA (Costa Rica) a prévenu que le prix d’une inaction de la communauté internationale pourrait aboutir à l’anarchie en Somalie.  Celle-ci doit maintenant appuyer les capacités du Gouvernement fédéral de transition dans ses efforts pour rétablir l’état de droit et consolider les institutions démocratiques; et permettre à l’AMISOM d’atteindre le plafond de ses effectifs militaires.  Le représentant a ensuite demandé qu’il soit rapidement donné suite aux promesses faites par les bailleurs de fonds à la Conférence des donateurs de Bruxelles.  Préoccupé par la situation humanitaire, il a également condamné les actes de piraterie, soulignant cependant que les mesures prises par certains pays au large des eaux somaliennes avaient permis de sécuriser les couloirs d’approvisionnement de l’aide.


M. THOMAS MAYR-HARTING (Autriche) a appuyé le Gouvernement fédéral de transition, en notant les progrès importants réalisés dans le processus de paix de Djibouti.  Si l’accent doit être mis sur la stabilisation, il est aussi important de parvenir à des efforts pour toucher ceux qui n’en font pas encore partie.  Il a appelé toutes les parties à s’associer à cet accord, dans l’intérêt de la paix et du développement du pays.  Il s’est dit très préoccupé par les appuis étrangers aux insurgés et le non-respect de l’embargo sur les armes.  Nous en saurons plus lorsque le Comité des sanctions concernant la Somalie fera rapport au conseil à la fin du mois, a-t-il dit.  Il s’est déclaré très préoccupé par la situation catastrophique d’un point de vue humanitaire et sécuritaire et de ses conséquences sur les populations.  Il a salué la création d’un Groupe de travail sur la justice et la réconciliation, en demandant aux parties représentées de régler ce problème avec énergie.  Il a salué les efforts et les risques pris par l’Ouganda et le Burundi pour fournir des troupes à la mission africaine.  Le représentant a, enfin, insisté sur l’importance de la mission de l’Union européenne de lutte contre la piraterie, en rappelant que l’Union européenne était également un acteur clef du renforcement des capacités du Gouvernement.


M. YUKIO TAKASU (Japon) a, à son tour, estimé que pour répondre efficacement à la situation en matière de sécurité en Somalie, il convient, de manière urgente, de déployer des efforts pour renforcer les institutions de sécurité et l’AMISOM.  Il a donc appelé à un déboursement rapide des fonds promis lors de la Conférence de Bruxelles.  Le Japon, a-t-il annoncé, s’apprête à verser une somme de 9 millions de dollars au Fonds d’affectation spéciale.  Il faut aussi, a poursuivi le représentant, priver les groupes rebelles de toute aide militaire et économique.  Les pays de la région doivent appuyer ensemble le Gouvernement fédéral de transition, a-t-il insisté. 


Le représentant a également exprimé l’intention de son pays de prendre une part active aux réflexions sur une pleine implication du Conseil de sécurité dans les efforts déployés pour ramener la paix en Somalie.  La priorité doit être d’améliorer la situation en matière de sécurité au centre et au sud du pays et de s’attaquer, en même temps, à la situation humanitaire et à la lutte contre la piraterie.  Détaillant la contribution de son pays à cette lutte, le représentant a rappelé que le Japon présidera la prochaine réunion plénière du Groupe de contact sur la piraterie, en espérant que les efforts coordonnés de la communauté internationale auront une influence positive sur la sécurité dans le pays.


M. RONKA VILOVIC (Croatie) s’est dit encouragé par la détermination du Gouvernement fédéral de transition à essayer de rassembler toutes les composantes de la société somalienne dans un partenariat pour la paix, sur la base de l’Accord de Djibouti.  Condamnant toutes les tentatives de déstabilisation par des insurgés, il s’est dit préoccupé par les informations qui font état d’un soutien apporté par des puissances étrangères, notamment l’Érythrée.  La délégation s’est ensuite félicitée des efforts actuellement déployés par l’AMISOM dans des conditions très difficiles, souhaitant que d’autres pays fournissent des troupes à l’appui des contingents du Burundi et de l’Ouganda.  En ce qui concerne la piraterie, le représentant a salué les mesures prises par certains pays pour sécuriser les voies de navigation maritime, notamment l’opération Atalante lancée par la France.


M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a estimé que l’ampleur des attaques et l’intensité des combats en Somalie rendaient crédible la thèse de l’implication des forces étrangères appuyant les insurgés armés du mouvement El-Shaabab.  Cela confirme, a-t-il dit, que le règlement de la crise somalienne dépendra, dans une grande mesure, de l’attitude de ses voisins.  C’est pourquoi, il est absolument indispensable que tous les États de la région, sans exception, respectent scrupuleusement l’embargo sur les armes et s’abstiennent d’apporter un soutien militaire, logistique ou de toute autre nature aux groupes armés illégaux actifs en Somalie, a demandé le représentant.  Invoquant la recommandation émise début juillet par la Conférence des chefs d’État et de gouvernement de sécurité de l’Union africaine, il a rappelé que, d’après ce texte, le Conseil de sécurité était invité à prévenir l’entrée de combattants étrangers en Somalie, à imposer les sanctions contre tous les acteurs étrangers, en particulier l’Érythrée, qui fournissent des appuis aux groupes armés engagés dans des activités de déstabilisation en Somalie.  


La situation actuelle, a poursuivi M. Kafando, requiert deux types d’actions: l’octroi d’une aide directe d’urgence à la Somalie pour l’appuyer à rétablir la sécurité à Mogadiscio et dans le reste du pays; et l’accélération de la mise à disposition du module de soutien des Nations Unies à l’AMISOM.  En ce qui concerne la situation politique, il a réaffirmé l’attachement du Burkina Faso à la mise en œuvre de l’Accord de Djibouti, seul cadre de règlement politique de la crise somalienne.  Les efforts déjà réalisés dans le cadre de cet Accord sont encourageants, a estimé la délégation, ajoutant qu’ils méritaient d’être soutenus, afin, notamment d’amener toutes les factions armées à rejoindre le processus de paix.


M. HOANG CHI TRUNG (Viet Nam) a appelé les États Membres à honorer les engagements qu’ils ont pris à Bruxelles, au mois d’avril dernier, de fournir une aide au renforcement et à la formation des Forces de sécurité somaliennes.  Il s’est dit encouragé par le fait que le 25 juin dernier, la Commission administrative et budgétaire ait approuvé la décision du Conseil de sécurité de débloquer une somme de 138 millions de dollars pour appuyer l’AMISOM.  « Nous devons travailler ensemble, a-t-il conclu, pour prévenir que des éléments liés à Al-Qaida n’opèrent en Somalie et dans la région.  Il est nécessaire, pour ce faire, de travailler en coopération étroite avec le Bureau d’appui des Nations Unies pour la Somalie, l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), l’Union africaine et la Ligue des États arabes, a souligné le représentant.


M. RUHAKANA RUGUNDA (Ouganda) a rappelé que le Conseil de sécurité avait adopté deux résolutions et quatre déclarations présidentielles sur la Somalie au cours des six derniers mois.  Il s’est dit très inquiet des incidences négatives du conflit somalien sur l’ensemble de la région, et aussi des actes de piraterie qui entravent la navigation maritime internationale.  Il a salué le Gouvernement fédéral de transition pour ses efforts visant à promouvoir la paix dans l’ensemble du pays.  Des éléments, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, continuent de recourir à la violence, a-t-il regretté, en s’inquiétant particulièrement de la présence de combattants étrangers qui menacent la stabilité et le relèvement du pays.  Il a appelé l’ONU et tous les partenaires à apporter l’appui nécessaire


pour permettre à l’AMISOM de s’acquitter de son mandat et d’atteindre les effectifs autorisés de 8 000 personnes.  Il a rappelé que, conformément à la résolution 1863 du Conseil de sécurité, la présence de l’AMISOM est considérée comme une étape de transition.  C’est pourquoi, il a exhorté les Nations Unies à se préparer à mettre en place une mission de maintien de la paix des Nations Unies, dans les meilleurs délais, pour prendre le relais de l’AMISOM.


Mme LILA HANITRA RATSIFANDRIHAMANANA, Observatrice permanente de l’Union africaine auprès des Nations Unies, a salué les progrès accomplis par le Gouvernement fédéral de transition dans la reconstruction des institutions étatiques, le rétablissement des mécanismes de collecte des recettes, la réorganisation des forces de sécurité, le renforcement des capacités, ainsi que les efforts de ralliement des chefs de clans et dignitaires religieux au processus de paix.  Cependant, l’intensification des attaques par les insurgés depuis début mai ont, malheureusement, failli compromettre ces importantes réalisations, les affrontements, a-t-elle précisé, ayant entraîné de lourdes pertes civiles et portant à 60 000 le nombre de personnes déplacées.  Grâce à la continuation du soutien manifesté par la communauté internationale à l’égard du Gouvernement et du peuple somaliens, le processus de paix de Djibouti est toutefois maintenu, s’est félicitée Mme Ratsifandrihamanana.  En outre, sur la base des recommandations du Conseil des ministres de l’Autorité intergouvernementale pour le développement (IGAD), le Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine a demandé, le 22 mai dernier, au Conseil de sécurité, d’imposer des sanctions à l’encontre de tous les éléments étrangers fournissant un appui aux groupes armés en Somalie.  Cette requête, a précisé l’observatrice de l’Union africaine, a été soutenue par le Groupe de contact international (GIC) et une fois de plus réitérée par le Sommet de Syrte.


L’AMISOM est encore à court de quatre bataillons sur les neuf requis, plus les composantes maritime et aérienne, a-t-elle fait remarquer.  La Commission de l’Union africaine a fait appel aux États Membres et aux partenaires pour assurer le déploiement rapide d’un bataillon de Sierra Leone et d’un autre du Malawi.  Des mesures sont également en cours pour le déploiement du troisième bataillon burundais, ainsi que pour le commencement de la délocalisation de la direction de la mission civile de l’AMISOM de Nairobi à Mogadiscio, a-t-elle annoncé.


Dans sa décision adoptée lors de sa treizième session, tenue du 1er au 3 juillet à Syrte, l’Assemblée de l’Union africaine a notamment exhorté ses États membres à fournir le soutien militaire et policier afin de permettre à l’AMISOM d’atteindre ses effectifs autorisés, a rappelé Mme Ratsifandrihamanana.  Elle a également lancé un appel au Conseil de sécurité pour qu’il prenne des mesures immédiates pour prévenir l’entrée d’éléments et de matériels étrangers en Somalie, ainsi que des sanctions contre les acteurs étrangers qui soutiennent les activités de déstabilisation en Somalie.  Avant de conclure, elle a réitéré l’appel de l’Union africaine pour que les Nations Unies assument la responsabilité de la mission en Somalie, conformément aux dispositions de l’Accord de Djibouti.


M. ANDERS LIDÉN (Suède), s’exprimant au nom de l’Union européenne, a estimé que le principal défi pour le Gouvernement somalien et la communauté internationale est de maintenir l’élan politique qui avait été insufflé, il y a quelques mois.  Il a donc appelé à une cessation immédiate des hostilités et déploré leurs conséquences humanitaires.  Saluant les efforts de l’Union africaine pour maintenir l’attention de la communauté sur la Somalie, le représentant a rappelé que l’Union européenne avait déjà versé un total de 40 millions d’euros en plus des contributions faites par ses États membres au titre de l’aide bilatérale.  Une contribution supplémentaire est à l’étude, a-t-il annoncé, en ajoutant que l’Union européenne réfléchissait également à la manière d’aider au renforcement des capacités des Forces de sécurité et de police somaliennes.


Déclaration présidentielle


Le Conseil de sécurité réitère ses précédentes résolutions et les déclarations de son président concernant la Somalie, en particulier sa résolution 1872 (2009) dans laquelle il réaffirmait que l’Accord de paix de Djibouti constituait la base d’un règlement du conflit en Somalie.


Le Conseil réitère son appui au processus de paix de Djibouti exposé dans la Charte fédérale de transition, qui fournit un cadre pour un règlement politique durable de la situation en Somalie.  Le Conseil réaffirme son appui au Gouvernement fédéral de transition, dans lequel il voit l’autorité légitime de la Somalie en vertu de la Charte fédérale de transition et prend note de la déclaration de l’état d’urgence le 22 juin résultant de la récente reprise des combats dirigée par al-Shabaab et d’autres groupes d’opposition violents, qui constitue une tentative de renversement de l’autorité légitime par la force.  Le Conseil réitère également son soutien au Représentant spécial du Secrétaire général, M. Ahmedou Ould-Abdallah, qui s’emploie à faire progresser le processus politique en Somalie.


Le Conseil condamne les attaques perpétrées récemment contre le Gouvernement fédéral de transition et la population civile par des groupes armés et des combattants étrangers, qui compromettent la paix et la stabilité en Somalie.  Il exige à nouveau des groupes d’opposition, comme il l’a fait le 15 mai 2009, qu’ils mettent immédiatement fin à leur offensive, déposent les armes, renoncent à la violence et participent aux efforts de réconciliation.  Il condamne l’afflux de combattants étrangers en Somalie.


Le Conseil déplore les pertes en vies humaines en Somalie et la détérioration de la situation humanitaire, qui a provoqué un gonflement de la population de réfugiés et de déplacés, menaçant la stabilité de la région.  Le Conseil appelle toutes les parties à respecter leurs obligations au titre du droit international humanitaire, en particulier à respecter la sécurité des civils, des travailleurs humanitaires et du personnel de l’AMISOM.


Le Conseil réaffirme que la sécurité en Somalie dépend, à terme, de la mise en place effective, par le Gouvernement fédéral de transition, de la Force de sécurité nationale et de la Force de police somalienne, dans le cadre de l’Accord de Djibouti et conformément à une stratégie de sécurité nationale, et demande instamment à la communauté internationale de soutenir les institutions de sécurité somaliennes, notamment en leur assurant formation et matériel.


Le Conseil félicite l’AMISOM du concours qu’elle apporte à la réalisation d’une paix et d’une stabilité durables en Somalie, exprime à nouveau sa reconnaissance aux Gouvernements du Burundi et de l’Ouganda, pays fournisseurs de contingents, pour leur contribution et condamne toute hostilité envers la Mission.  Dans ce contexte, le Conseil se félicite que l’Union africaine ait décidé le 3 juillet à Syrte de renforcer l’AMISOM en sorte de porter ses effectifs au niveau prescrit, et qu’elle ait demandé à ses États membres de fournir le personnel militaire et de police nécessaire.


Le Conseil prend acte du communiqué du Sommet de Syrte de l’Union africaine demandant au Conseil d’imposer des sanctions à ceux, dont l’Érythrée, qui fournissent un appui aux groupes armés cherchant à remettre en cause la paix et la réconciliation en Somalie ainsi que la stabilité de la région.  Vivement préoccupé par ces agissements, le Conseil étudiera sans tarder les mesures à prendre contre quiconque compromet le processus de paix de Djibouti, en se basant sur tous les éléments disponibles, y compris ceux qui seront communiqués au Groupe de contrôle sur la Somalie et au Comité créé par sa résolution 751 (1992) concernant la Somalie.


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