16/10/2009
Assemblée générale
AG/SHC/3953

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Troisième Commission

16e & 17e séances – matin et après-midi


TROISIÈME COMMISSION: PLUSIEURS ÉTATS MEMBRES PRÉSENTENT LEURS MESURES VISANT À LUTTER CONTRE LES PIRES FORMES DE TRAVAIL DES ENFANTS


La Troisième Commission, chargée des questions sociales, humanitaires et culturelles, a achevé vendredi son débat général sur la promotion et la protection de l’enfant au cours duquel de nombreux pays ont présenté leurs mesures visant à lutter contre le travail des enfants, plus particulièrement contre les « pires formes de travail des enfants ».


Des 218 millions d’enfants qui travaillent actuellement dans le monde, 126 millions le font dans des « conditions déplorables et dangereuses », a ainsi affirmé le représentant de l’Organisation internationale du Travail (OIT).  Ces enfants, a-t-il dit, devraient être scolarisés ou, s’ils sont en âge de travailler, occuper des emplois adaptés à leur âge.  Le travail des enfants, a-t-il ajouté, menace le développement.  


La Convention concernant l’interdiction des pires formes de travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur élimination a été ratifiée par 171 États, tandis que la Convention concernant l’âge minimum d’admission à l’emploi a, elle, bénéficié de 154 ratifications.


Le Bangladesh a indiqué qu’il s’efforçait d’éliminer tout travail des enfants, l’industrie du textile en étant déjà désormais totalement libérée.  Au Nicaragua, un protocole a été élaboré sur les enfants exerçant les pires formes de travail afin de sensibiliser l’opinion à la nécessité urgente d’éliminer ces pratiques.


Le Mozambique, pour sa part, a adopté une série de lois spécifiques à la protection de l’enfant des pires formes de travail, de la traite et de l’exploitation sexuelle.  En Sierra Leone, des lois ont été votées interdisant le travail pour les moins de 18 ans la nuit et l’activité des moins de 16 ans dans les mines. 


En Mongolie où la scolarisation au stade préscolaire et scolaire s’est améliorée, un plan est mis en œuvre avec l’OIT pour éliminer le travail des enfants.  Il s’agit de sensibiliser l’opinion aux pires formes de travail des enfants, de former un personnel qualifié et de prendre des dispositions législatives pour mettre fin au travail des enfants. 


Comme lors des deux précédents jours, les États Membres ont, en outre, largement débattu de la question des enfants dans les conflits armés ou dans les territoires sous occupation étrangère.


Le représentant du Sri Lanka a cité l’exemple de son pays, qui a mis fin à la « pratique ignominieuse d’utilisation des enfants innocents dans les combats ».  Les anciens enfants soldats suivent désormais une formation de réinsertion par le biais d’un programme spécial dans deux centres mis sur pied avec l’aide du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et de l’OIT, a-t-il expliqué.


La déléguée du Rwanda, rappelant que son pays portait encore les stigmates du génocide de 1994, qui a altéré la composition démographique du pays, a souligné qu’un pourcentage significatif de la population était composé d’orphelins, de veufs ou de veuves.  Les enfants rwandais vivent une situation où les victimes côtoient les auteurs des troubles, a-t-elle dit.


Plusieurs orateurs ont, par ailleurs, mis l’accent sur l’impact de l’occupation étrangère sur les enfants, citant en particulier la situation des enfants palestiniens.  « Des millions d’entre eux vivent dans des conditions socioéconomiques difficiles, dans l’insécurité et croupissent dans la pauvreté dans des camps de réfugiés depuis plus de 60 ans », a ainsi expliqué l’Observatrice de la Palestine, tandis que le représentant de l’Égypte regrettait que cette question ne soit pas suffisamment abordée dans les rapports.


Son homologue du Yémen a lancé un appel à la communauté internationale pour qu’elle assume ses responsabilités en vue de mettre fin à l’occupation étrangère dans les territoires arabes, ce qui, a-t-il dit, « permettrait à l’enfant arabe de vivre enfin dans la dignité et de bénéficier d’un développement durable ».


La représentante d’Israël a, elle, regretté que le rapport de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés ne fasse pratiquement pas mention des « pratiques d’endoctrinement et d’incitation à la violence » qui sont, a-t-elle poursuivi, « les deux racines de l’hostilité observables dans la région ».  « La communauté internationale doit sans équivoque condamner cette pratique », a-t-elle affirmé.


La Troisième Commission a entendu les délégations du Swaziland, au nom de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC), du Pérou, de l’Ukraine, de la Zambie, de Singapour, de l’Éthiopie, du Venezuela, du Yémen, du Nigéria, de l’Inde, de Monaco, de l’Uruguay, de la Guyane, de la Palestine, du Niger, d’Israël, de l’Égypte, des Pays-Bas, de la Mongolie, du Congo, de Bhoutan, du Mozambique, des Émirats arabes unis, du Bangladesh, du Monténégro, de la Serbie, des Maldives, de la Slovaquie, de la Mongolie, de la Tunisie, de la République populaire démocratique de Corée (RPDC), du Bahreïn, du Togo, du Népal, du Kenya, du Nicaragua, du Burkina Faso, de l’Azerbaïdjan, de l’Argentine, d’Oman, du Rwanda, de la Sierra Leone, du Sri Lanka, du Ghana, de l’Érythrée, du Pakistan, du Maroc, des Philippines, d’Haïti et de la Mauritanie.  Des délégués de l’Union interparlementaire, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), de l’Organisation internationale du Travail (OIT) et de l’Ordre souverain de Malte se sont également exprimés.


Les délégations de la Géorgie, de la Fédération de Russie, de l’Arménie et de l’Azerbaïdjan ont aussi exercé leur droit de réponse.


La Troisième Commission entamera lundi 19 octobre, à 10 heures, l’examen du point relatif aux questions autochtones et à la Deuxième Décennie internationale des peuples autochtones.



PROMOTION ET PROTECTION DES DROITS DE L’ENFANT ( A/64/315 )


Promotion et protection des droits de l’enfant ( A/64/172, A/62/254 et A/64/182-E/2009/110 )


Suivi des textes issus de la session extraordinaire consacrée aux enfants ( A/64/285)


Suite et fin du débat général


Mme PETUNIA LINDIWE MNDEBELE (Swaziland) a déclaré que son pays était engagé à procurer un environnement sain aux enfants.  À cette fin, elle a rappelé que son pays avait ratifié la Convention sur les droits de l’enfant et, afin de le mettre pleinement en œuvre, son gouvernement a donné la priorité à la réduction de la pauvreté.  Le plan adopté constitue la version locale du « Monde adapté aux enfants ».  Le « Tinkhundla Fit For Children (TFFC) » est un projet pilote visant à adopter des mesures pour protéger les enfants vulnérables.  Il a été mis en place en 2005.  Ce projet correspond à la politique de décentralisation du Gouvernement, a-t-elle dit.  La représentante a aussi fait état d’une augmentation du nombre d’enfants orphelins et vulnérables en raison, notamment, du VIH/sida et des crises.  Le nombre d’enfants vulnérables atteindra 200 000 personnes en 2010, a-t-elle dit.  À cet égard, l’initiative TFFC est une démarche axée sur les droits et montre l’utilité d’une protection sociale coordonnée.  Elle confie aux dirigeants des communautés le soin de s’occuper de ses enfants.  En outre, le Conseil national de lutte contre le VIH/sida a pris des initiatives au niveau local.  I s’agit de protéger les enfants au sein des collectivités dans lesquelles ils ont grandi.


Concernant, l’égalité des chances, elle a affirmé que son pays en était au dernier stade pour offrir une éducation gratuite.  L’objectif est de réaliser l’enseignement primaire pour tous, qui est l’un des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Les livres scolaires sont fournis par le Gouvernement et les orphelins et enfants vulnérables sont exemptés de frais scolaires.  Des repas sont servis dans les écoles.  La représentante a néanmoins souligné que son pays ne pourrait pas atteindre ces objectifs sans ressources.  Elle a ainsi demandé l’aide de la communauté internationale.  Elle a également relevé que le problème de la violence envers les enfants était important en Afrique subsaharienne.  Elle a salué la nomination de la Représentante spéciale du Secrétaire général, Mme Santos Pais, et pense que son mandat contribuera à l’élimination de ce fléau.  Elle a souligné que des efforts régionaux contre ce phénomène avaient été faits.  Le Swaziland a signé le Protocole de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) sur le genre et le développement qui demande aux États de « prendre des mesures urgentes afin de prévenir et de combattre les hauts niveaux de violence contre les femmes et les enfants ».


Au niveau national, le Swaziland a renforcé ses dispositions législatives pour lutter contre la violence.  Une unité de protection de l’enfance a été établie au sein de la police, ce qui montre, a dit la représentante, la volonté du Gouvernement de protéger les femmes et les enfants.  Il s’agit de faire respecter le droit des enfants à la protection.  L’initiative « Une épaule sur laquelle pleurer » permet aux enfants de faire état de la violence qu’ils subissent.  Elle permet aussi de sensibiliser les communautés au sujet de la violence, notamment sexuelle.  Elle a également abordé le sujet de la traite humaine et a précisé que les fillettes étaient vulnérables, notamment quand la traite menait à la prostitution.  À cet égard, le Swaziland a adhéré à un plan d’action régional de la SADC.


Mme CARMEN ARIAS OTAROLA (Pérou) a déclaré que son pays avait réalisé de nombreuses avancées dans la protection des droits de l’enfance, conformément à ses engagements internationaux.  Ainsi, un Plan d’action pour l’enfance et l’adolescence 2002-2010 a été établi.  Il vise à assurer une vie saine, une éducation de qualité, à créer des espaces de participation aux enfants et à leur assurer le respect de leurs droits.  À cet égard, elle a affirmé qu’il fallait garantir aux enfants le droit au nom.  Le pays a mis au point des registres d’identité avec le Fonds Des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF).  Des autochtones des zones amazoniennes ont été formés afin qu’ils tiennent des registres dans leurs collectivités.  Cela a amélioré le pourcentage d’enfants enregistrés.  Des campagnes ont aussi été menées dans les zones urbaines marginalisées de Lima pour que les enfants soient enregistrés et aient une carte d’identité.  Soulignant que le Pérou était un pays marqué par la diversité, elle a indiqué qu’un document avait été produit en 2008 en tenant compte du développement de l’enfant.  C’est un outil important, a-t-elle dit, notant que ce document orientait les politiques publiques dans le sens du bien-être des enfants.  Grâce à cela, la mortalité infantile a régressé, a-t-elle dit.


La représentante a néanmoins affirmé que la situation des enfants en matière de santé restait préoccupante au niveau mondial, précisant que 51% des morts d’enfants étaient dues à des maladies telles que la diarrhée, le paludisme, ou encore la pneumonie.  Il s’agit de maladies qui pourraient être prévenues et qui sont liées à la pauvreté, a-t-elle estimé, ajoutant que cette situation relevait d’un manque de responsabilité politique.  L’éducation est un appui essentiel contre la pauvreté et pour lutter contre les stéréotypes, a-t-elle ajouté.  Elle a souligné que le Pérou avait un projet éducatif national qui tenait compte des réalités culturelles du pays.  Ce projet consiste à renforcer le programme d’éducation bilingue, a-t-elle expliqué, mettant l’accent sur la nécessité de former des enseignants.  Il faut aussi lutter contre la malnutrition dans la mesure où elle entraîne un mauvais rendement scolaire, a-t-elle poursuivi, notant que le Gouvernement envisageait de réduire la malnutrition de 9% d’ici à 2011.  La représentante a, par ailleurs, souligné la nécessité de préparer les enfants à devenir des citoyens engagés.  À cet égard, elle a fait état de la tenue, en septembre dernier à Lima, du vingtième Congrès panaméricain de l’enfance et de l’adolescence, dont le but était de favoriser la participation des enfants et des adolescents concernant les mesures qui leur sont destinées.


Mme OLHA KAVUN (Ukraine) a souligné l’importance de la coopération entre les Nations Unies, les organisations spécialisées, les États et la société civile dans la promotion et la protection de l’enfant.  Elle a rendu hommage au travail remarquable de l’UNICEF et d’autres institutions spécialisées des Nations Unies, qui collaborent étroitement avec son pays.  Le respect des instruments de base sur l’enfance et leur respect par les États parties doivent constituer une priorité pour les gouvernements.  La situation a évolué, ces dernières années, car son pays a adopté les principes des droits de l’enfant et a appliqué les dispositions des différents instruments internationaux, en particulier ceux de la Convention relative aux droits de l’enfant de 1989.


Le nombre d’enfants adoptés par des citoyens ukrainiens a augmenté, soit 2006 orphelins et enfants privés de soins parentaux, a expliqué la représentante.  La santé des enfants est également un motif d’inquiétude suite à la catastrophe du réacteur nucléaire de Tchernobyl.  Il y a près de 2 millions d’enfants que l’on considère encore victimes de cette catastrophe, 23 ans après l’accident.  Beaucoup de cas de cancers sont diagnostiqués et il est très important qu’ils disposent des moyens d’être traités.  Elle s’est félicitée de la nomination de la Représentante spéciale sur la violence à l’encontre des enfants dont le rôle sera fondamental dans la lutte contre les abus, les mauvais traitements, et particulièrement la traite des enfants. 


Mme ANNA MUBUKWANU SIBANZE (Zambie) a indiqué que son gouvernement avait adopté des lois pour mettre en œuvre les résolutions et les instruments relatifs aux droits de l’enfant.  En tant qu’État partie à la Convention relative aux droits de l’enfant, la Zambie continue à renforcer le régime de protection et est en voie de ratifier les deux Protocoles facultatifs, a assuré la représentante.  Elle a indiqué qu’en conséquence de la crise économique et financière mondiale, les enfants étaient devenus plus vulnérables quand leurs parents avaient perdu leur source de revenu.  À cela s’ajoute les changements climatiques, entraînant des inondations et des sécheresses, qui continuent à avoir une grande incidence sur la survie et le développement des enfants.  Progressivement, la Zambie adopte des lois et des mesures dans les domaines de l’éducation ainsi que de la protection de l’enfance et de la santé, a souligné la représentante.  Elle a aussi rappelé que son pays était en train de réformer sa Constitution, en vue notamment d’améliorer la protection des droits de l’homme et particulièrement ceux des enfants.


La représentante a parlé du premier Plan de développement national de la Zambie qui met la priorité sur l’investissement en matière de santé des enfants et maternelle.  Il existe aussi un partenariat avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) en ce qui concerne la santé infantile et néonatale, a-t-elle indiqué.  En matière d’éducation, il a fait état des efforts entrepris par son pays pour inclure les enfants handicapés dans le système scolaire, ainsi que ceux en faveur de la scolarisation des filles.  La Loi sur le travail des jeunes et des enfants vise à protéger ceux-ci de toutes formes de violences, d’exploitation et d’abus, a-t-elle poursuivi, ainsi que la Loi de 2008 sur la traite des personnes et la Loi sur la violence domestique.  Pour les enfants de la rue, des centres ont été réhabilités pour les accueillir.  Quant au problème du VIH/sida, qui affaiblit le système de soutien des familles, il est traité notamment par la mise en place de normes minimales de soins pour les enfants par les services sociaux, a expliqué la représentante.


M. CHAN YING YIN (Singapour) a rappelé l’engagement de son pays en faveur de la Convention relative aux droits de l’enfant.  Depuis son indépendance, il y a 44 ans, Singapour a progressivement amélioré ses systèmes sociaux et ses structures pour soutenir le développement des enfants, a-t-il précisé.  L’amélioration du système de santé et l’expertise pédiatrique a permis de réduire la mortalité infantile, pour atteindre 2,1 pour 1 000 naissances, a-t-il ajouté.  Le représentant a exprimé l’attachement de son pays à la scolarisation des enfants.  Il a mis l’accent sur les réalisations obtenues en vue d’apporter une éducation de qualité aux enfants.  Il a ainsi expliqué que le système d’éducation reposait sur le dévouement et la qualité des équipes enseignantes.


Par ailleurs, le représentant a précisé que Singapour s’engageait dans le développement des enfants, notamment en fonction de leurs aptitudes et de leurs intérêts.  En complément d’un bon système d’éducation, le représentant a indiqué que son pays s’attachait à l’environnement familial.  Les familles doivent jouer un rôle central dans le développement des enfants et des centres sociaux ont été érigés pour répondre à ces besoins spécifiques, a-t-il dit.  Alors que la politique éducative de Singapour est tournée vers les priorités nationales, Singapour s’honore d’avoir un système d’éducation internationalement reconnu, a ajouté le représentant.  Il a dit espérer que l’expérience de Singapour, pour favoriser le développement des enfants, fournira des outils aux autres délégations.


M. FESSEHA A. TESSEMA (Éthiopie) a déclaré que toute la série d’engagements mondiaux représentaient la pierre angulaire des efforts mondiaux en faveur des enfants.  Environ 52% de la population est âgée de moins de 18 ans et les moins de 15 ans représentent 44% de la population, a-t-il rappelé.  Les enfants à l’école secondaire représenteront 6,8 millions dans les années à venir.  Les études menées récemment ont révélé que la situation de la malnutrition était l’une des pires au monde.  Le Gouvernement a édicté une législation conforme à la Convention relative aux droits de l’enfant et a organisé des campagnes de vaccination des enfants contre six maladies infantiles, prises en charge par les pouvoirs publics.  Le traitement de ces maladies a aussi bénéficié d’une attention particulière grâce à la formation de personnel médical qualifié.


L’Éthiopie a été un des pays qui a réalisé des progrès tangibles pour diminuer la mortalité infantile, qui est passée de 123 pour 1 000, dans les années 1990, à 77 en 2008, a-t-il expliqué.  L’éducation primaire et secondaire est devenue gratuite et, pour améliorer la fréquentation scolaire, le Gouvernement a augmenté ses allocations pour 2006-2007.  La parité a aussi fait des progrès à l’école.  Le représentant a annoncé avec fierté que son pays atteindrait la couverture universelle avant 2015, conformément aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  En outre, des politiques ont été mises en place pour remédier à la situation des enfants vulnérables comme les orphelins, ceux privés de leurs enfants à cause du VIH/sida et, les enfants des rues.  Plus de 6 000 enfants ont ainsi profité de services spécialisés et chaque région a reçu le droit d’utiliser certains pouvoirs pour aider les minorités dans les zones périphériques et pour les populations nomades.  Le manque de ressources et de personnel compétent ainsi que les catastrophes naturelles continuent à entraver les efforts en vue de l’amélioration de la situation des enfants en Éthiopie, a déploré le représentant.


M. JORGE VALERO (Venezuela) a observé que la pauvreté et l’exclusion sociales étaient des fléaux qui frappaient les enfants.  Cela porte atteinte à leur épanouissement.  À cet égard, il est essentiel, selon lui, de leur assurer le respect de leurs droits fondamentaux.  Au Venezuela, le respect de ces droits est une politique d’État.  La Loi organique politique pour la protection des garçons, des filles et des adolescents souscrit aux principes des droits de l’enfant, a-t-il dit, notant qu’elle garantissait aux enfants le respect de leurs droits fondamentaux, qu’ils soient Vénézuéliens ou non.  Le Conseil des droits des enfants et des adolescents est une entité de protection intégrale de l’enfance et dans la formulation de ses politiques et de ses programmes, il fait appel à la participation des conseils communaux, ce qui inclut les populations autochtones.


Le représentant a ajouté que le Venezuela avait mis en œuvre en 2008 des missions sociales « garçons et filles du quartier » pour protéger les droits de l’enfance.  À partir de cette initiative, des programmes ont été mis en place: le programme de protection des enfants travailleurs, le programme contre les substances psychotropes, les stupéfiants et l’alcool.  Les enfants qui risquent d’être victimes de sévices sexuels sont protégés par un système de prévention et de surveillance.  De même, un programme vise à rendre universelle l’éducation.  Le projet « École bolivarienne » est, lui, un programme qui encourage les enfants à rester à l’école.  Le pays dispose d’un système d’enseignement bilingue qui garantit l’usage des langues autochtones et du castillan.  Enfin, le Venezuela a adopté une loi-cadre de l’éducation qui vise à développer la pensée critique des enfants sur leur environnement politique pour qu’ils puissent notamment comprendre les messages des grands médias.  Le représentant a indiqué que son pays était en train d’atteindre tous les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le Venezuela est à l’avant-garde de la lutte pour l’égalité, comme le reconnaissent les rapports de la Commission économique pour l’Amérique latine et les Caraïbes (CEPALC) et du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).


M. WAHEED AL-SHAMI (Yémen) a signalé que les guerres, la famine, l’analphabétisme et l’exploitation humaine continuaient de constituer des obstacles entravant la promotion et la protection de l’enfant; les crises financière, économique, alimentaire et énergétique avaient aggravé la situation.  À ce propos, il a salué la nomination de la Représentante spéciale sur la violence à l’encontre des enfants, en exhortant à une intensification des efforts mondiaux pour trouver des solutions viables.


Le Yémen a ratifié toutes les Conventions sur les enfants ainsi que les Protocoles s’y rapportant et a promulgué une série de lois qui s’inspirent de ces obligations internationales, a-t-il souligné.  Il a créé des mécanismes nationaux tels qu’un Haut Conseil de la maternité et de l’enfance, un Ministère des droits de l’homme et plusieurs départements spécialisés au sein des différents ministères.  La Stratégie nationale de l’enfance et de la jeunesse s’ajoute à cet éventail d’entités qui s’emploient à travailler sur plusieurs aspects de la vie des enfants et des familles, conformément aux préceptes de l’islam.  Il a rendu hommage aux organismes des Nations Unies qui coopèrent avec son pays sur le terrain.  Il a appelé la communauté internationale à assumer ses responsabilités afin de mettre un terme à l’occupation étrangère dans les territoires arabes, ce qui permettrait à l’enfant arabe de vivre enfin dans la dignité et de bénéficier d’un développement durable.


M. BUKUN-OLU ONEMOLA (Nigéria) a déclaré que son pays avait adhéré à la Convention relative aux droits de l’enfant ainsi qu’aux autres traités internationaux et régionaux et avait souscrit à « Un monde digne de nos enfants ».  La Loi sur les droits de l’enfant, promulguée en 2003, intègre les Déclarations sur les droits de l’enfant contenues dans la Charte de l’Union africaine.  Les activités de plaidoyers se sont intensifiées pour assurer l’adoption de la loi dans les États de la Fédération qui ne l’avaient pas adoptée.  Des comités nationaux chargés de veiller au respect des droits de l’enfant ont été créés.  Le représentant a relevé l’incidence de la malaria et du VIH/sida qui continuent d’accroître le nombre d’orphelins.  Un plan a été mis en place concernant l’évaluation de la situation des enfants orphelins et vulnérables.  En outre, il a fait état de la diffusion de matériel de sensibilisation et de plaidoyers, du renforcement des capacités des responsables d’enfants orphelins ainsi que de l’intensification des efforts pour prévenir la transmission du VIH/sida de la mère à l’enfant.


Concernant l’éducation, le Gouvernement a mis en place des stratégies pour améliorer la situation des fillettes avec un programme d’éducation universel de base, a également expliqué le représentant.  Ces programmes ont permis l’amélioration des résultats des filles.  Certaines écoles n’acceptent que des filles et le pays a favorisé le recrutement de davantage d’institutrices, l’établissement de conseils d’éducation féminins et, a baissé ou supprimé les droits d’inscription à l’école pour les filles.  S’agissant de la question de la santé, il a souligné qu’une stratégie intégrée pour assurer la santé des mères et des enfants avait été mise en œuvre et avait permis de réduire les mortalités infantile et maternelle.  Le Gouvernement a mis en place une Semaine nationale biannuelle de la santé de l’enfant, a-t-il ajouté.  Il a également souligné le rôle de la Première Dame du Nigéria en tant qu’Ambassadrice pour la santé des mères et des enfants, qui a permis de sensibiliser des responsables politiques et religieux. 


M. SRHI CHINTA MOHAN (Inde) a rappelé que le Secrétaire général indiquait dans son rapport que l’Inde avait éliminé le tétanos chez les enfants et les femmes enceintes dans certaines régions du pays.  Des efforts sont en cours en vue de l’élimination totale de la poliomyélite, de la tuberculose et de la diphtérie.  En 1975, l’Inde a lancé un plan intégré de développement de l’enfance qui fait qu’aujourd’hui, environ 10 000 écoles Angandwadi fournissent des repas nutritifs à 34 millions d’enfants et à sept millions de femmes enceintes.  À travers la mission nationale pour la santé rurale, les femmes enceintes sont encouragées à accoucher en milieu hospitalier et une aide financière leur est apportée après l’accouchement, notamment aux femmes dans le besoin, afin qu’elles puissent acheter des vêtements, du savon et un berceau à leurs nouveau-nés.  Le Gouvernement réserve 100 millions de dollars pour la construction d’hôpitaux de première classe dans plusieurs parties du pays.


Grâce aux efforts de Mme Sonia Gandhi, Présidente de la United Progressive Alliance (UPA), le Gouvernement de l’Inde fournit chaque jour un déjeuner à 140 millions d’enfants scolarisés.  Par ce programme, les enfants peuvent avoir un régime alimentaire à haute teneur en protéines, avec des œufs et du poisson deux fois par semaine.  La Loi sur les droits de l’enfant a été promulguée de manière à garantir une éducation obligatoire et gratuite à tous les enfants de moins de 14 ans.  L’Inde a aussi adopté une loi interdisant le travail des enfants et la violence à l’encontre des enfants.  Après avoir cité Shri Jawaharlal Nehru, ancien Premier Ministre de son pays pour qui « l’enfant est notre avenir » et « l’investissement dans le bien-être et les soins de santé aux enfants sera bien plus utile au monde », le représentant a exhorté la communauté internationale, les dirigeants du monde à sauver 9 millions d’enfants qui meurent à la naissance, ainsi que 75 millions qui n’ont pas accès à l’éducation, 200 millions qui n’ont pas de nourriture nutritive ni de soins de santé, et ce, en augmentant l’aide publique au développement.


Mme ISABELLE PICO (Monaco) a déclaré que son pays disposait de règles solides en faveur de la promotion des droits de l’enfant.  Dans les conflits armés, elle a souligné l’importance de la prévention et a rappelé qu’il était crucial de promouvoir l’éducation même dans les situations d’urgence.  Selon elle, il s’agit de soutenir la prise en compte de la question des enfants.  La Directive sur la protection des enfants, adoptée en juin dernier, traduit cet esprit de manière concrète, a-t-elle dit.  Elle a également indiqué que la résolution 1882 du Conseil de sécurité représentait une étape importante sur un tabou.  Elle a violemment condamné la violence sexuelle contre les filles et a mis en exergue l’existence de la violence sexuelle contre les garçons, violence qui a été reconnue dans le rapport de la Représentante spéciale sur les enfants dans les conflits armés, violence qui s’exerce notamment dans les camps de réfugiés.  Selon elle, il faut faire le jour sur ces atrocités et nommer les parties coupables.


Malgré l’arsenal juridique existant au sujet des droits de l’enfant, le défi de la mise en œuvre subsiste.  Cela est accentué par la nature changeante des conflits qui ont désormais souvent lieu à l’intérieur des États, le terrorisme, les armes légères, dont les enfants sont victimes, ainsi que les conditions de pauvreté.  Ces faits nouveaux sont des obstacles supplémentaires à la mise en œuvre des droits des enfants.  La représentante a mis l’accent sur la nécessité de se mobiliser pour la réinsertion des enfants.  Elle a ainsi évoqué le Troisième Forum sur les principes de Paris sur le financement de centres d’accueil et de réinsertion.  La représentante de Monaco a déclaré que la violence à l’encontre des enfants était une réalité.  Les crises ont détourné les ressources destinées aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et se traduisent par des taux croissants de mortalité infantile et maternelle.  Elle a rappelé que son gouvernement mettait en place des infrastructures comme des dispensaires, et contribuait à des programmes contre la faim et ce en partenariat avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).  De même, Monaco établit des programmes de vaccination sur le continent africain, a affirmé sa représentante.


Mme DANIELA PI (Uruguay) a affirmé que la reconnaissance des droits de l’enfant influait sur les politiques et a indiqué qu’une commission nationale avait été mise sur pied pour que le Gouvernement s’acquitte au mieux de ses responsabilités.  Celle-ci doit ouvrir les crédits budgétaires et examiner les droits des intéressés.  À l’issue d’un large processus de consultation de nombreux enfants, la Stratégie nationale, qui s’étend sur vingt ans, a été finalisée.  Cette stratégie inclut également les points de vue et les propositions des organisations de la société civile.  Le problème le plus imprévisible est celui des enfants des rues lequel demeure préoccupant.  Il faut les identifier, aller les chercher, comprendre leur situation et les encourager à se rendre dans des centres qui les aident par exemple, à retourner à l’école.  Même si tous les enfants ont accès à l’éducation, les enfants moins fortunés et vivants dans la rue restent marginalisés du système d’éducation formel et leur nombre ne cesse d’augmenter en raison de la pauvreté.


Un programme destiné aux adolescents ayant abandonné l’éducation primaire les invite aussi à rejoindre les bancs de l’école, a ajouté la représentante.  Par un autre programme, un ordinateur portable est remis à tous les enseignants et un projet est en cours pour en fournir à chaque élève, de toutes situations sociales, y compris aux enfants handicapés.  Le programme ordinateur portable cherche à favoriser l’accès de l’enfant à l’information et à apprendre à l’utiliser à bon escient.  La représentante a abordé la question du projet de résolution omnibus sur les droits de l’enfant dont la Troisième Commission sera saisie et a appuyé sa nouvelle version.


Mme NADYA RASHEED, Observatrice de la Palestine, a fait part de son désarroi face à la situation dramatique de millions d’enfants dans le monde.  Elle a dénoncé le manque de volonté politique et l’absence de reddition de comptes.  Elle a profondément regretté que de graves violations des droits de l’homme et crimes de guerre continuent d’être commis à l’encontre des enfants, ce qui devrait préoccuper tous les membres de la communauté internationale.  Cette question des violations des droits de l’homme et de l’enfant doit devenir véritablement une priorité étant donné les conséquences de telles violations.


Malheureusement, dans le cas de la Palestine, pratiquement toutes les dispositions du droit international, du droit international humanitaire et des droits de l’homme ont été violés en permanence par Israël, la puissance occupante, a-t-elle dit.  Des millions d’entre eux vivent dans des conditions socioéconomiques difficiles, dans l’insécurité et croupissent dans la pauvreté dans des camps de réfugiés depuis plus de 60 ans, a-t-elle affirmé.  Ils continuent d’être victimes de massacres et de mutilations lors des attaques et des incursions routinières d’Israël.  Cette absence de protection des enfants palestiniens n’a jamais été aussi évidente que lors des trois semaines d’agression contre la bande de Gaza, lancée le 27 décembre 2008, a expliqué l’observatrice.  Plus du tiers des 1 400 Palestiniens tués étaient des enfants et plus de 1 800 enfants ont été blessés en raison de l’utilisation excessive et indiscriminée de la force militaire, y compris d’armes et de munitions illégales par les forces occupantes contre la population civile.


Des zones et des lieux civils, y compris des établissements scolaires de l’ONU où on savait que des civils s’étaient réfugiés, ont été directement ciblés comme cela a été confirmé par le nombre des pertes humaines et l’ampleur de la destruction ainsi que par plusieurs enquêtes, a-t-elle poursuivi.  Ce sont là des crimes de guerre pour lesquels les coupables doivent être poursuivis, a-t-elle estimé.  Outre le carnage contre la population de Gaza, les enfants palestiniens, qui constituent environ 56% de la population de Gaza, continuent de subir des exactions au quotidien à travers des mesures punitives collectives imposées par Israël comme l’interdiction de l’accès à l’aide humanitaire, a-t-elle ajouté.  Selon l’observatrice, Israël continue de violer le droit international, de bafouer les conventions internationales, et il faut que les acteurs de ces atrocités rendent compte de leurs actes.  Il est très important, pour cicatriser les plaies de la population et des enfants palestiniens, que la communauté internationale se penche sur la question de la responsabilisation et des réparations car il est, a-t-elle dit, impossible d’avancer si l’on ne réconcilie pas les traités normatifs et « Un monde digne des enfants » avec le monde des enfants palestiniens sous occupation israélienne.


M. ZAKARIAOU ADAM MAIGA (Niger) a déclaré qu’un pays qui investissait dans la jeunesse garantissait son avenir.  Il a souligné que son pays avait ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant, ainsi que la plupart des instruments juridiques internationaux.  En outre, conformément aux engagements qu’il a souscrits, le Niger a eu à présenter son rapport initial devant le Comité des droits de l’enfant afin de rendre compte à la communauté internationale des mesures qu’il a prises pour assurer la réalisation des droits de l’enfant et ce, sous la direction du Comité national pour la survie, la protection et le développement de l’enfant, cadre privilégié de concertation entre le Gouvernement, la société civile et les partenaires techniques et financiers.  Dans l’accomplissement de sa mission, ce comité a mis en place un processus de suivi de la mise en œuvre de la Convention qui a comporté un certain nombre d’étapes, dont la vulgarisation de convention auprès des structures concernées, la désignation des points focaux et la tenue de plusieurs réunions à l’issue desquelles une synthèse des bilans sectoriels a été élaborée.  Ainsi, des investissements ont été réalisés dans le domaine de la santé et de l’éducation, ce qui a permis une baisse de la mortalité infantile et juvénile.  Les taux sont passés respectivement de 123 pour 1 000 et 172 pour 1 000 au cours de la période 1993-1998 à 81 pour mille et 126 pour mille en 2006. On note aussi une amélioration du taux brut de scolarisation, a-t-il dit.


Le Niger a aussi adopté certains textes législatifs qui ont contribué à renforcer les droits de l’enfant.  La loi portant modification du Code pénal a ainsi défini de nouvelles infractions et aggravé les peines sanctionnant celles déjà existantes.  D’autres textes ont institué la gratuité de la consultation prénatale et des soins aux enfants de 0 à 5 ans.  Sur le plan opérationnel, la mise en œuvre de ces textes est facilitée par le programme spécial du Président de la République, qui a fait des enfants les bénéficiaires privilégiés de ses activités.  En outre, l’avant-projet de code de l’enfant en cours d’adoption complètera cette législation en matière de survie, de protection et de développement de l’enfant nigérien.  Par ailleurs, dans le cadre de l’Accord multilatéral de coopération en matière de lutte contre la traite des enfants, une commission de lutte contre ce phénomène a été créée.  Celle-ci s’est dotée d’un Plan national dont la mise en œuvre a abouti au rapatriement des enfants victimes du trafic transfrontalier ainsi qu’à leur réinsertion.  Il en a résulté une amélioration sensible de la prise de conscience du caractère criminel de ce phénomène ainsi qu’une participation accrue des élus locaux et des chefs religieux dans la mise en œuvre des différents projets dans le cadre de la lutte contre la traite des enfants.  Mais, en dépit de ces progrès, des défis restent à relever.  


Mme SANDRA SIMOVICH (Israël) a déclaré que la communauté internationale ne devait ménager aucun effort pour mettre un terme « une bonne fois pour toute » au recrutement des enfants dans les conflits, citant le rapport du Secrétaire général qui fait état de 200 000 enfants impliqués dans les conflits armés.  Abordant le travail des enfants, elle a estimé que ce phénomène était à la fois, une conséquence et une cause de pauvreté et doit être combattu sur plusieurs fronts, y compris, a-t-elle poursuivi, par un soutien national et international à l’éducation.  L’éducation des filles et des garçons ne doit pas être un fardeau pour les familles, a-t-elle plaidé, avant de concéder que le travail des enfants serait difficile a éradiquer.


Concernant son pays, la représentante a présenté les initiatives prises par son gouvernement en vue d’améliorer la condition des enfants.  Elle a ainsi cité la réforme du droit pénal des mineurs qui privilégie la réhabilitation au détriment des mesures punitives.  Israël, a-t-elle poursuivi, croit que l’éducation est plus que l’apprentissage de l’information.  Dans ce sens, de nombreuses écoles ont été construites pour rassembler les enfants de milieux différents.  Elle a donné deux exemples, dont l’école de Newe Shalom -Wahat al-Salam- qui enseigne depuis 30 ans aux élèves juifs et arabes dans les deux langues, et celle de la ville de Modi’in où des enfants laïcs et religieux sont scolarisés ensemble du primaire au secondaire.  S’agissant de la question des enfants dans les conflits, elle a lancé un appel à la communauté internationale.  Alors que les enfants sont souvent victimes du terrorisme, a-t-elle dit, ils sont aussi malheureusement recrutés pour le terrorisme.  Elle a ensuite regretté que le rapport de la Représentante spécial du Secrétaire général sur les enfants et les conflits armés ne fasse pratiquement pas mention des pratiques d’endoctrinement et d’incitation à la violence qui sont, a-t-elle poursuivi, les deux racines de l’hostilité observables dans la région.  La communauté internationale doit sans équivoque condamner cette pratique, a-t-elle conclu.


M. MAGED ABDELFATTAH ABDELAZIZ (Égypte) a félicité Mme Marta Santos Pais pour sa nomination comme Représentante spéciale sur la violence à l’égard des enfants, fonction qu’elle occupe depuis mai 2009.  Il a rappelé l’importance du développement économique et social pour l’épanouissement et le bien-être des enfants.  La crise économique et financière remet en cause la santé et l’éducation des enfants à travers le monde et retarde la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  L’application pratique de la Convention relative aux droits de l’enfant ainsi que d’autres instruments montre qu’il est absolument vital d’avoir les ressources nécessaires pour améliorer les conditions de vie des enfants et pour la réalisation des OMD, a-t-il souligné.


À travers des plans d’actions nationaux ambitieux et des stratégies transversales, l’Égypte entend promouvoir non seulement les droits de l’enfant au niveau national mais entend contribuer aussi au niveau de toute la région arabe.  Le Gouvernement travaille à la mise en œuvre de cette stratégie ambitieuse par le biais d’une étroite collaboration avec un certain nombre d’organisations internationales, en particulier l’UNICEF, et avec les organisations de la société civile.  Un travail remarquable a été accompli grâce à une campagne de sensibilisation sous le slogan « Le début de la fin », pour éliminer les mutilations génitales féminines.  Mme Suzanne Mubarak, qui défend la cause de la lutte contre la traite des personnes, notamment les enfants et les femmes, a présidé une conférence historique au Caire en février dernier sous le titre « Protéger les enfants de la traite transfrontalière », et veille à l’application de ses recommandations, en coopération avec d’autres pays africains, a expliqué le représentant.


Il a affirmé que l’Égypte était l’un des plus grands supporters de la Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés, Mme Radhika Coomaraswamy, et, a souhaité que son mandat soit élargi pour inclure toutes les formes de violence à l’égard des enfants dans les conflits armés.  Il a estimé à cet effet que le douzième rapport devant la Commission cette année ne comportait pas les cas de violations à l’encontre des enfants palestiniens du fait des bombardements israéliens et de ses violations systématiques pendant un long mois dans le nord de la bande de Gaza.  Quatre cent enfants sont morts et des milliers d’autres ainsi que leurs familles ont été blessés durant ces bombardements, sans compter les écoles et les maisons détruites, autant de violations qui, a-t-il dit, ont fait l’objet d’enquêtes qui démontrent que les droits des enfants sous occupation étrangère ont été bafoués.


M. HERMAN SCHAPER (Pays-Bas) a affirmé que, suite à la Conférence internationale sur la fillette, qui s’est déroulée en mars dernier aux Pays-Bas, son pays avait lancé, avec les États-Unis et le Brésil, une initiative visant à organiser un événement séparé sur la violence contre les filles durant la semaine ministérielle de l’Assemblée Générale de cette année.  Les petites filles constituent le groupe le plus vulnérable de la société, a-t-il dit, justifiant le choix de ce thème.  L’étude du Secrétaire général de 2006 a démontré qu’aucune violence ne se justifiait et que l’on pouvait trouver les moyens d’empêcher cette violence.  La nomination de la Représentante spéciale contre la violence envers les enfants montre qu’un nouvel élan a été pris, a-t-il estimé.


Le représentant s’est dit préoccupé par l’incidence de l’exploitation sexuelle, notamment permise grâce à une mauvaise utilisation de l’Internet et au développement des voyages et du tourisme.  Il a ainsi appelé la communauté internationale à renforcer sa coopération pour interdire de telles pratiques.  Selon lui, cela comprend un renforcement des mesures de répression appliquées par la police et le pouvoir judiciaire, une amélioration de la collecte des données, des mécanismes permettant aux enfants de rendre compte des sévices qu’ils subissent et la consultation d’enfants et de jeunes sur la mise au point de politiques qui les concernent.  Il a ensuite abordé le thème du travail des enfants, et, sur ce point, il a rappelé le rapport du Secrétaire général sur les droits de l’enfant.  Il a souligné que les conclusions du rapport montraient que les progrès envers l’élimination du travail des enfants étaient limités.  Les Pays-Bas insistent sur le fait que l’élimination des pires formes de travail d’ici à 2016 est un objectif qu’il est possible d’atteindre, a affirmé le représentant.


Mme ONON SODOV(Mongolie) a indiqué que l’impact de la crise alimentaire et financière mondiale se faisait particulièrement ressentir sur les enfants.  Les documents internationaux et les engagements pris sur la promotion de l’enfance sont remis en cause dans plusieurs régions du monde et les États doivent intensifier leurs efforts en vue de la mise en œuvre des objectifs fixés dans « Un monde digne des enfants », notamment dans la lutte contre la traite des personnes.


La Mongolie a adopté un programme national d’action pour l’épanouissement de l’enfant pour la période 2006-2010.  Elle fournit une allocation aux enfants qui ne sont pas pris en charge par leur famille.  Un Code pénal inclut l’interdiction et la pénalisation de la traite humaine et des mesures sont en cours pour aider les jeunes couples en cette période de crise.  La vaccination des enfants a atteint 99%, ce qui a réduit la prévalence des maladies.  La scolarisation au stade préscolaire et scolaire s’est améliorée et un plan est mis en œuvre avec l’Organisation internationale du Travail (OIT) pour éliminer le travail des enfants.  Il s’agit de sensibiliser l’opinion aux pires formes de travail des enfants, former un personnel qualifié et prendre des dispositions législatives pour mettre fin au travail des enfants.  Le pays s’est aussi joint à des initiatives internationales en vue de l’interdiction de l’exploitation sexuelle des enfants.  Malgré tous ces acquis, il existe encore des difficultés concernant la mise en place de mécanismes efficaces et durables de protection de l’enfant, a affirmé la représentante.


Mme ANNICK NZOUNZA LEKAKA (Congo) a déclaré que son pays était en cours d’adhésion aux deux Protocoles facultatifs à la Convention internationale relative aux droits de l’enfant, dont les instruments de ratification viennent d’être déposés.  La déléguée congolaise a souligné les efforts faits par son pays en vue d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Dans ce contexte, le Haut Commissariat des Nations Unies (UNHCR) aux refugiés prend en charge tous les aspects du développement et de la protection des enfants refugiés au Congo.  Elle a souligné que la société civile locale, les groupes religieux de même que les associations communautaires jouaient également un rôle d’appui et de protection auprès des enfants.


Parmi les actions entreprises sur la base des programmes établis au Congo, la représentante a cité le renforcement des capacités des enseignants et animateurs dans le domaine de la petite enfance, la mise en place d’un réseau national pour l’éducation des filles, la réalisation de l’enquête séroprévalence, l’appui à la proposition malaria, l’évaluation des campagnes de vaccination, etc.  Parmi les problèmes rencontrés par le Congo, en raison des conflits armés qu’il a connus, peut être mentionné le phénomène des enfants soldats et des enfants des rues.  Le pays a procédé en mars 2009 à des ramassages d’armes et à la réinsertion d’ex-combattants dans le département du Pool dans le cadre du schéma « Une arme contre 100 000 francs CFA ».  Pour faire face au problème des enfants des rues, les pouvoirs publics et les organisations non gouvernementales ont mis en place des stratégies de réinsertion familiale ou de prise en charge.


M. KARMA CHOEDA (Bhoutan) a affirmé que son pays avait toujours accordé une grande priorité à la protection des enfants et qu’il faisait partie des premières nations à avoir ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant en 1990.  Il a ajouté que le Bhoutan avait également ratifié récemment les deux Protocoles facultatifs à cette Convention, à savoir le Protocole facultatif concernant la vente d’enfants, la prostitution infantile et la pornographie mettant en scène des enfants, et celui concernant l’implication d’enfants dans les conflits armés.  Le délégué, qui a par ailleurs soutenu que d’ici à 2015 le Bhoutanréussirait à assurer l’accès à l’enseignement primaireà tous les enfants, a fait part de l’amélioration de la santé des enfants du Bhoutan, particulièrement au cours de la dernière décennie.


Selon le représentant, la mondialisation et la modernité apportent de nouveaux défis qui menacent les valeurs du Bhoutan.  L’augmentation des risques liés au VIH/sida et l’abus desubstances illicites, au sein de la population jeune sont une source d’inquiétude à laquelle s’attaque son Gouvernement, a-t-il dit.  Décrivant les mesures législatives prises par son pays, il a présenté la Commission nationale autonome pour les femmes et les enfants, qui est « totalement fonctionnelle » et est en charge de la coordination et du contrôle des activités relatives aux droits des femmes et des enfants.  Le délégué a, en outre, évoqué la conduite de campagnes de sensibilisation auprès de différents acteurs, éducateurs, parents ou juges, en vue de l’appropriation du contenu de la Convention sur les droits de l’enfant.  En tant que pays en développement, a conclu le délégué, le Bhoutan souffre de l’absence de ressources financières pour accomplir ses objectifs, aussi a-t-il appelé à la poursuite de l’assistance par les partenaires internationaux.


Mme MARYAM AL KENDI(Émirats arabes unis) a déclaré que, malgré les engagements de la communauté internationale pour un monde digne des enfants, il y a des millions d’enfants qui souffrent et qui sont maltraités.  Elle a émis le vœu que les gouvernements veillent effectivement à protéger les enfants dans toutes les circonstances.  Son pays a signé, ratifié ou adhéré à plusieurs Conventions relatives aux enfants et aux droits de l’homme en général.  À la lumière de ces signatures, le Gouvernement a promulgué des lois, comme celle sur les handicapés ou le Code civil relatif à la famille, pour s’aligner sur ces instruments.  La représentante a fait état d’une diminution du taux de mortalité maternelle, qui s’élève à 9,87 pour 1 000 cette année, et de mortalité infantile, qui est passé à 5,37 pour 1 000.  Elle a ajouté que son pays n’avait enregistré aucun cas de poliomyélite depuis 1998, aucun décès du à la diarrhée et aucun cas de mort à la naissance.  Le Gouvernement a généralisé le diagnostic précoce des maladies et un programme spécifique pour les adolescents a été adopté.


Le Gouvernement fournit aussi des repas gratuits en milieu scolaire.  L’éducation est une priorité nationale et un programme des « écoles du futur » vise à atteindre le niveau des programmes internationaux.  L’année dernière, a-t-elle dit, le pays a également entamé un programme d’aide à plusieurs pays en développement pour les appuyer dans leurs politiques en faveur de l’enfance.  La situation des enfants reflète celle de la société en général et il importe de fournir une assistance soutenue à ces pays pour leur permettre d’assurer le bien-être de leurs enfants, a-t-elle conclu en invitant d’autres États Membres à en faire de même.


M. ABDUL MOMEN (Bangladesh) a évoqué l’anniversaire de la Convention sur les droits de l’enfant, notant qu’en tant qu’un des premiers États parties signataires, le Bangladesh était engagé à poursuivre ses efforts.  Concernant le suivi, son gouvernement a formulé un Plan d’action en 1992 et un Plan d’action sur 10 ans pour la petite fille.  De plus, une politique nationale des enfants a été élaborée en 1994.  Actuellement, le troisième plan pour 2005-2010 a pour objectif l’éradication de la pauvreté et reflète les buts des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) et d’« Un monde pour les enfants ».  Le Bangladesh travaille dans les domaines de la santé, de l’eau, de la nutrition en collaboration notamment avec l’UNICEF.  Les droits des enfants peuvent être mieux protégés avec un accès aux soins de santé, a-t-il dit, notant que le Bangladesh y avait alloué des sommes importantes et enregistré des succès.  Les inégalités, entre filles et garçons à tous niveaux, ont été réduites, a-t-il également expliqué.


Le représentant a, par ailleurs, indiqué que son pays était partie à la Convention de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les pires formes de travail des enfants.  Le Bangladesh tente d’éliminer tout travail des enfants, tandis que l’industrie du textile en est désormais totalement libérée.  Sur cette question, il a noté une collaboration entre sont Gouvernement avec le secteur privé et des organisations non gouvernementales (ONG).  En outre, son pays a mis en œuvre des programmes spéciaux destinés aux enfants des rues et aux enfants handicapés.


Mme DRAGANA SCEPANOVIC (Monténégro) a déclaré que la protection des enfants était l’une des priorités de son pays, que ce soit dans le domaine des droits de l’homme, de la sécurité ou du développement socioéconomique.  Elle a indiqué que la mise en œuvre des réformes du secteur social se centrait sur la création d’une « éthique de l’enfant » au Monténégro afin de leur permettre de grandir en bonne santé, éduqué, protégé et capable d’atteindre leur plein potentiel.  Elle a indiqué que son pays s’efforçait d’améliorer continuellement ses systèmes, sa capacité nationale et ses institutions pour assurer la protection des droits de l’enfant, notamment ceux des enfants sans parents, des enfants roms, des enfants vivant dans la pauvreté, des enfants handicapés et des enfants en infraction avec la loi.  La représentante a également expliqué que, pour marquer le vingtième anniversaire de l’adoption de la Convention relative aux droits de l’enfant, le Monténégro entreprenait des recherches sur le droit des enfants.  Une brochure de sensibilisation a été publiée et le texte de la Convention converti en braille.  De plus, le Gouvernement procède également à une analyse de la situation des femmes et des enfants au Monténégro.


La représentante a poursuivi en indiquant que la réforme du secteur judiciaire juvénile avait été intégrée au sein de la réforme de l’ensemble du système juridique du pays.  Elle s’est également félicitée des retombées de la coopération entre le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) et le Gouvernement qui, selon elle, ont permis de changer les attitudes et les comportements, et de créer l’élan nécessaire pour établir des alternatives juridiques pour les enfants en infraction avec la loi.  La déléguée a également annoncé la tenue, au mois de novembre, dans son pays, d’une Conférence régionale sur « Les critères de Copenhague et les droits de l’enfant ».


Mme MARINA IVANOVIC (Serbie) a déclaré que son pays avait adopté un Plan d’action national, pour la période 2004-2015, en vue de promouvoir les droits de l’enfant.  Les principaux objectifs visés par ce plan sont la réduction de la pauvreté, une éducation de qualité, une meilleure santé, et la protection des enfants contre l’exploitation, la violence et les abus sexuels.  La Serbie établit un cadre national en conformité avec les instruments juridiques internationaux.  Le Conseil sur les droits de l’enfant, établi en 2002, analyse les mesures adoptées par le Gouvernement, prend d’autres mesures et promeut une participation des enfants, a-t-elle dit, notant que le Parlement avait aussi son sous-comité sur les droits des enfants.


La représentante a ajouté que sur la base du Plan d’action, la Serbie avait adopté un Protocole sur les abus contre les enfants en 2005.  La Serbie possède un cadre juridique solide, a ajouté la représentante, soulignant néanmoins que beaucoup restait à faire, surtout pour les catégories les plus vulnérables, comme les Roms ou les handicapés.  À cet égard, la Serbie est prête à travailler avec les organisations non gouvernementales, les institutions internationales et le secteur privé, a assuré sa représentante


Mme LIUSHA WAHIR (Maldives) a déclaré que, depuis la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant, son pays avait intensifié  ses efforts en vue d’accorder des droits aux enfants.  Cependant, les Maldives sont en lutte avec des questions émergeantes dans la protection du bien-être des enfants, a-t-elle poursuivi, citant la hausse croissante du nombre d’enfants victimes de la consommation illicite de narcotiques.  Un nouveau problème inquiétant est celui, a-t-elle expliqué, de la santé des enfants nés de parents dépendants de substances.  Bien que ces enfants soient hébergés dans des orphelinats publics, il y a toujours une absence de système institutionnel qui protégerait et promouvrait systématiquement le soin de ces enfants, a-t-elle reconnu.


La représentante a également pointé le manque de personnels qualifiés dans les organisations non gouvernementales locales qui pourraient efficacement intervenir dans les domaines du conseil, de la réinsertion et du service social.  Les Maldives ne sont malheureusement pas à l’abri de la violence sur enfants, a-t-elle dit, se référant à un rapport du Ministère de la santé et de la famille, qui a fait état d’un nombre important de cas de violence signalés, dont des abus sexuels sur enfants.  Au chapitre des avancées, elle a cité l’éducation, dont le droit est inscrit dans la Constitution.  Le taux de scolarisation est de 100% dans le primaire et de 65% dans le premier cycle du secondaire et de 7% dans le second, même si, a-t-elle reconnu, dans certaines îles, on continue d’empêcher les filles, en âge de scolarisation, d’aller à l’école.  Reprenant une étude de l’UNICEF, elle a aussi souligné le manque de statistiques qui seraient pour le Gouvernement, des sonnettes d’alarme.  Le Gouvernement est conscient du long chemin à parcourir avent d’atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a t elle dit, affirmant néanmoins qu’en raison de la crise financière, il avait été obligé de réduire les dépenses publiques.  En conclusion, elle a réitéré l’engagement de son pays en faveur du droit des enfants.  Les Maldives feront de leur mieux autant qu’ils le peuvent, a-t-elle affirmé, avant de remercier l’UNICEF pour sa diligence et son travail pour les droits des enfants dans son pays.


M. MILOS KOTEREC (Slovaquie) a déclaré que, cette année, le projet de résolution omnibus, qui se concentre sur le droit de l’enfant à exprimer son point de vue, était particulièrement important.  Comme le Secrétaire général l’a relevé dans son rapport sur la fillette, il y a eu des efforts accrus pour soutenir la participation des enfants.  Des mesures de réformes législatives, énergisées, ont été mises en œuvre dans de nombreux pays, a-t-il dit.  Cependant, tous les rapports pointent encore les défis à relever, qui sont notamment la protection des enfants contre toutes les formes de violence, l’exploitation des enfants, ou leur accès à la santé, l’éducation ou d’autres besoins fondamentaux.


Le représentant a cependant précisé que la pertinence dans les efforts des Nations Unies en vue de donner une voix plus forte aux enfants eux-mêmes ainsi que le caractère global de ces efforts ne signifiaient pas que l’on exemptât la communauté internationale adulte de cette question particulière.  Au contraire, accorder plus de voix aux enfants, implique que l’on donne plus de responsabilité aux adultes afin de les écouter, a-t-il dit.  Il a rappelé que le 17 juin 2009, le Conseil des droits de l’homme avait adopté la résolution sur un Protocole optionnel à la Convention relative aux droits de l’enfant, résolution qui fournirait une procédure de communication.  La Slovaquie a eu l’honneur de présenter cette résolution au nom de 50 pays de différents groupes régionaux et considère cette résolution comme une manière d’aboutir à une participation des enfants et de les respecter, a-t-il dit.  L’un des moyens ultimes sera d’élaborer un protocole facultatif à la Convention relative aux droits de l’enfant, a-t-il poursuivi.


Mme AMIRA DALI (Tunisie) a indiqué que son pays avait ratifié, dès 1991, la Convention relative aux droits de l’enfant et avait adopté un système législatif dans ce contexte.  La Tunisie a manifesté un souci constant et une volonté soutenue pour garantir tous les droits des enfants, tant des filles que des garçons par une série de mesures comme la création d’un parlement de l’enfant.  Le Gouvernement conjugue ses efforts avec ceux de la société civile et du secteur privé pour progresser dans les domaines liés à l’éducation, la santé et le bien-être général des enfants.  Il accorde également une attention particulière aux enfants menacés.


La représentante a indiqué qu’un partenariat avec la société civile avait permis d’offrir un toit à des enfants menacés, notamment à 2 300 enfants abandonnés.  D’autre part, il a favorisé la mise en place d’un programme encourageant l’instauration d’un dialogue constructif entre les différents membres de la famille et la pleine intégration des points de vue de l’enfant dans la société.  Il a, par ailleurs, contribué au renforcement du dialogue avec les jeunes et, dans ce cadre, l’année 2008 a été proclamée par le Président de la République « Année du dialogue avec les jeunes ».  Des bureaux et des cellules d’écoute ont été ouverts au sein des établissements éducatifs qui fonctionnent comme des systèmes d’écoute et d’alerte sur les problèmes des enfants, a-t-elle ajouté.  Ces mesures constituent autant d’initiatives en faveur des enfants dont le bien-être est le support d’une société moderne et digne d’eux, a souligné la représentante.


M. PAK TOK HUN (République populaire démocratique de Corée) a observé que les droits des enfants étaient toujours bafoués, notamment dans les pays occupés par des forces étrangères et dans des situations de conflits armés, avec le cycle vicieux du terrorisme et de l’antiterrorisme, les enfants sont pris dans les attaques militaires et sont la cible de toutes formes d’exploitation et de mauvais traitements.  D’autre part, un milliard d’enfants souffrent de la faim et de la pauvreté et, chaque jour, plus de 2 000 enfants meurent des suites de maladies tandis que des centaines d’enfants languissent sous les pires formes de travail.  D’autres menaces pèsent sur les enfants les plus vulnérables.  Les crises financière, alimentaire et énergétique posent également une menace pour la subsistance des enfants, groupe particulièrement vulnérable qui exige toute notre attention.


Son pays estime qu’il importe de prendre des mesures pratiques, que la Convention soit appliquée, les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) réalisés, mais qu’il faut faire preuve de bonne volonté politique sinon ce ne sont que « des mots sur une feuille de papier ».  Il est nécessaire de renforcer encore la coopération internationale pour asseoir les acquis, a affirmé le représentant.  La solidarité internationale et la collaboration entre les pays demeurent plus urgentes que jamais.  Les pays développés doivent, en conséquence, aider les pays en développement.  Toute tentative de politiser cette coopération ne devrait pas être permise.  La RPDC a toujours eu une politique de protection des enfants considérés comme « les rois et les reines du pays ».  Malgré les efforts nationaux et en raison de l’isolement du pays par les États-Unis, les progrès sont ralentis.  L’éducation et les soins médicaux sont gratuits.  D’autre part, la RPDC a présenté en janvier de cette année son rapport au Comité sur les droits de l’enfant.  Il faut reconnaître la prééminence des enfants et la RPDC continuera de consolider et de développer les systèmes de protection des droits de l’enfant.


Mme MANAR YACOUB BUHIJJI (Bahreïn) a adhéré à la Convention relative aux droits de l’enfant et a tenté de concrétiser ses dispositions pour améliorer les conditions de vie des enfants, en accordant une attention particulière aux enfants.  Le Chapitre 5 de la Constitution protège les enfants contre toutes les formes de violence et contre les abus.  Le pays a aussi adhéré à la Convention de l’Organisation internationale du Travail (OIT) sur les pires formes de travail des enfants.


La question de la promotion et de la protection des enfants est placée sous la tutelle du Ministère du développement social et un Conseil national de l’enfance est institué au siège de plusieurs ministères pour protéger les enfants de tous âges, a-t-elle souligné.  Le Gouvernement unifie les efforts des entités nationales et en fait une question prioritaire dans son plan de développement.  Un plan spécifique est orienté vers l’appui et la collaboration avec les organisations non gouvernementales.  Il tente également de promouvoir certains aspects assurant aux enfants une sécurité matérielle et psychologique.  De nouvelles méthodes d’éducation reposant sur les nouvelles technologies, le Royaume a progressé, a-t-elle affirmé.  Tous les enfants sont ainsi formés à ces technologies, a-t-elle dit, ajoutant que le programme « Soyez libres! », lancé en 2002, était unique en son genre dans le monde arabe et permettait aux enfants de s’exprimer par cette voie.


Mme NAPKA POLO (Togo) a passé en revue les mesures récemment prises dans son pays pour assurer la protection des droits des enfants.  Elle a notamment évoqué l’interdiction des mutilations génitales féminines et l’adoption, en 2007, du Code de l’enfant.  L’ampleur, grandissante, du phénomène de la traite des enfants au Togo, a poursuivi la représentante, a amené le chef de l’État togolais à s’impliquer personnellement dans la lutte contre ce fléau.  Elle a mentionné l’organisation, en 2008, des assises nationales sur la lutte contre la traite ainsi que le travail de la Commission nationale d’accueil et de réinsertion des enfants victimes de la traite.  En outre, un guide d’intervention des forces de sécurité en matière de lutte contre ce fléau est en cours d’élaboration, et une campagne nationale de sensibilisation a été organisée par le Ministère en charge de la protection de l’enfance, a-t-elle ajouté.


La représentante a également annoncé la création, au mois de janvier, d’une ligne verte joignable depuis tous les opérateurs téléphoniques pour la protection des enfants au Togo.  De plus, 30 conseillers ont été formés pour apporter une réponse appropriée et pour assurer un suivi des dispositions prises avec l’aide des partenaires de terrain.  La représentante a ensuite signalé que le principe de la gratuité de l’éducation était consacré par la Constitution togolaise.  En outre, le plan d’action pour 2010-2012 de la nouvelle politique sectorielle de l’éducation prévoit d’améliorer la qualité de l’éducation ainsi que l’accès, l’équité et le maintien des enfants aux différents niveaux, notamment les filles et les enfants en difficulté.  Elle a expliqué que dans la perspective de l’universalisation de l’enseignement primaire, la gratuité des frais d’inscription au primaire avait été instaurée dès la rentrée 2008-2009.  La représentante a ensuite indiqué que le Togo avait revisité sa législation à la lumière des préoccupations de sécurité des enfants d’une part, et pour tenir compte de ses obligations internationales d’autre part.  Elle a, par ailleurs, précisé que le Code de l’enfant du Togo fixait les conditions de l’adoption plénière, et précisait les conditions relatives à l’adoptant, à l’adopté et à ses parents d’origine.


M. SUDHIR BHATTARAI (Népal) a estimé que la communauté internationale devait jouer un rôle plus actif dans la promotion de la mise en œuvre des principaux accords sur les droits des enfants.  Il a indiqué que la Constitution intérimaire du Népal garantissait ces droits en les qualifiant de fondamentaux.  La loi sur les enfants a pour but d’empêcher l’exploitation de ces derniers et de lutter contre le trafic dont ils peuvent être victimes, a précisé le représentant, qui a ensuite évoqué diverses mesures nationales dans le domaine éducatif et de l’amélioration du bien-être des jeunes défavorisés.  Concernant la santé, il a affirmé que le Népal atteindrait dans les temps l’Objectif du Millénaire correspondant, la dernière décennie ayant été marquée par la réduction de moitié du nombre de décès d’enfants de moins de 5 ans.


Le représentant a, par ailleurs, souligné que son gouvernement respecterait l’engagement pris de libérer tous les enfants soldats recrutés dans les zones de cantonnement et de les réintégrer dans la société.  Des programmes ont été mis en place à cette fin en consultation avec les représentants de l’ONU présents sur le terrain, a-t-il déclaré.  En conclusion, il a souligné l’attachement de son pays aux objectifs de la Convention relative aux droits de l’enfant, à savoir la protection, le développement et le bien-être des plus jeunes.


Mme GRACE W. CERERE (Kenya) a rapporté que la grave sécheresse qui sévissait au Kenya et l’avancée du désert causaient de nombreuses souffrances aux enfants et aux autres groupes de population vulnérables aux changements climatiques.  Il ne fait aucun doute que les objectifs fixés seront gravement menacés s’il n’est pas répondu de manière décisive aux urgences naturelles et à celles créées par l’homme, a-t-elle déclaré.  Le Kenya a, de son côté, adopté un plan d’action intitulé « Un monde où les enfants ont leur place », par lequel le Gouvernement a mis en place un cadre de politique de santé qui va au-delà des recommandations de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et vise à développer des services de santé pour les enfants comme pour les adultes.  Toutefois, les efforts pour lutter contre le paludisme sont affaiblis par le départ du personnel médical à l’étranger, l’absence d’équipements adéquats et le coût important des dépenses de santé, a dit la représentante.


Il est difficile de s’attaquer aux problèmes des enfants sans traiter des difficultés rencontrées par les parents, a-t-elle ajouté, et les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) ne seront pas atteints pour les enfants s’ils ne sont pas atteints pour les adultes.  Par conséquent, les problèmes liés à la crise financière et alimentaire, tout comme ceux découlant de la dette, doivent être impérativement résolus, a-t-elle insisté.  Le Kenya est néanmoins en passe d’atteindre le deuxième des OMD sur l’accès à l’éducation primaire pour tous, s’est-elle félicitée, saluant la contribution des agences onusiennes, notamment par la création de services de cantine, à ce succès.  Tous les problèmes doivent être résolus dans la paix, a enfin souligné la représentante, faisant part du soutien du Kenya à la proposition du Secrétaire général de nommer un Représentant spécial sur les violences contre les enfants.


M. JAIME HERMIDA CASTILLO (Nicaragua) a indiqué qu’un système du bien-être social du Gouvernement de réconciliation et d’unité nationale incluait la mise en œuvre de la Politique d’attention intégrale à l’enfance et à l’adolescence, avec une focalisation sectorielle à laquelle prennent part les institutions sociales, les mairies et les organisations communautaires, en accordant la priorité aux secteurs les plus défavorisés du pays.  Ce programme pluriannuel novateur (2008-2011) a attiré l’attention de certains bailleurs de fonds comme la Banque interaméricaine de développement (BID) et l’UNICEF, qui participent actuellement à son financement et apportent leur assistance technique.


D’autre part, pour la tranche d’âge de 0 à 6 ans, des services infantiles ruraux ont été financés par la BID, a affirmé le représentant.  Ce réseau s’occupe de 87 000 filles et garçons dans 66 municipalités et 1 200 communautés autour des axes de nutrition, santé et stimulation précoce.  Il travaille également avec les femmes enceintes et les clubs d’adolescents.  Pour les 6 à 18 ans en situation de risque, comme les enfants de la rue, les migrants, les détenus et ceux exerçant les pires formes de travail, un programme s’active à les rechercher dans les lieux qu’ils fréquentent et à les accompagner dans leur réinsertion au sein de leur famille et de la société selon les cas.  Un protocole a été élaboré sur les enfants exerçant les pires formes de travail afin de sensibiliser à la nécessité urgente d’éliminer ces formes de travail.  Un autre instrument juridique des droits de l’homme est en cours d’élaboration en vue de remédier à la situation des enfants vivant dans les périphéries urbaines, d’une part, et des actions ont été entreprises pour améliorer les conditions de détention pour les adolescents et les femmes. 


M. KARIME GANEMTORE (Burkina Faso) a rappelé que plus de la moitié de la population de son pays avait moins de 18 ans et que des efforts avaient été faits pour mettre en place les instruments juridiques ainsi que le dispositif institutionnel favorables à la protection et à la promotion des droits des enfants, en collaboration avec la société civile et des partenaires techniques et financiers.  Toutefois, la pauvreté frappe 46,4% des enfants et la situation a encore empiré après les pluies diluviennes qui se sont abattues sur le pays au début du mois de septembre.  Les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) sont donc encore loin d’être réalisés, a-t-il reconnu: plusieurs enfants ne sont pas enregistrés à l’état civil, le taux de mortalité reste très élevé et plus de la moitié des enfants seraient en retard de croissance.  En outre, le taux de scolarisation des filles est toujours 10 points derrière celui des garçons, qui lui-même n’est que de 83%, a-t-il dit, soulignant que les enfants des milieux ruraux étaient davantage confrontés à la sous-scolarisation pour des raisons socioéconomiques et culturelles.


Le représentant a indiqué que le Burkina Faso avait adopté un cadre d’orientation stratégique pour la promotion de l’enfant pour la période 2008-2017, qui met l’accent sur la création d’un Conseil national pour la survie, la protection et le développement de l’enfant, l’accroissement de l’offre et l’amélioration de la qualité de l’éducation, l’enseignement des droits de l’enfant, la mise en place de services sociaux scolaires et l’implication des enfants dans la prise de décisions qui les concernent.  En outre, le pays vise à réduire de 40% en 2012 et de 50% en 2017 le taux de mortalité infantile et juvéno-infantile dû au paludisme et aux maladies diarrhéiques, entre autres.  C’est ensemble, dans un engagement solidaire et en partageant une vision commune que nous parviendrons à façonner un monde sûr pour nos enfants, a conclu le représentant.


M. ASIF SHAIFOV (Azerbaïdjan) a déclaré qu’il était nécessaire que les États parties lèvent leurs réserves et déclarations pour une pleine mise en œuvre des instruments juridiques internationaux.  Il a ensuite centré son intervention sur la situation dans son pays.  L’Azerbaïdjan a réalisé des progrès en matière de mortalité infantile.  Cette dernière est passée de 74 pour 1 000 sur la période 1996-2000 à 43 pour 1 000 sur la période 2001-2005.  L’année 2009 a été déclarée « Année des enfants » en Azerbaïdjan, ce qui, a-t-il dit, correspond au vingtième anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant.  Un Plan d’action pertinent porte sur les besoins des enfants désavantagés.  Il a ensuite abordé la question de l’occupation par l’Arménie de certaines parties du territoire de l’Azerbaïdjan, celle-ci affectant les groupes les plus vulnérables.  De par le conflit avec ce pays voisin, une personne sur huit est une personne réfugiée dont un grand nombre sont des enfants, a-t-il dit.  Il a ajouté que l’Azerbaïdjan était l’un des pays qui connaissait la plus grande proportion de réfugiés et de personnes déplacées dans le monde.  Beaucoup d’enfants ont grandi dans des camps, a-t-il dit.


Le représentant a ajouté que ces dernières années, des efforts avaient été faits afin de résoudre ce problème de logement, mais que des problèmes dérivant du conflit étaient toujours en suspens.  Des délits graves ont été commis pendant le conflit et les enfants n’ont pas été épargnés, a-t-il expliqué.  Ainsi, durant une nuit de février 1992, 63 enfants ont été tués de manière intentionnelle dans la ville de Khojaly au Nagorno-Karabakh.  En outre, il s’est dit préoccupé par la question de la violence contre les enfants ainsi que par l’emploi de la peine de mort pour les moins de 18 ans.  Reprenant les recommandations du rapport du Secrétaire général sur la violence contre les enfants, il a préconisé l’abolition de la peine de mort et de l’emprisonnement à vie pour les enfants.  Il s’est félicité, également, de l’appel du Secrétaire général à maintenir le travail des enfants en bonne place sur l’agenda politique.  Il a exprimé le soutien de son pays à la Représentante spéciale pour les enfants et les conflits armés et a pris note de la déclaration du Conseil de sécurité du 29 avril dernier qui encourage les États Membres de même que les forces de maintien de la paix des Nations Unies d’établir des stratégies appropriées et des mécanismes de coordination pour des échanges d’information et des activités de coopération sur la protection des enfants.


M. DIEGO LIMERES (Argentine) a indiqué que la politique sociale de son pays se basait sur la famille.  Des actions sont menées pour lutter contre la faim et pour faciliter l’inclusion sociale, notamment en matière d’emploi, a-t-il expliqué.  Il a aussi mentionné l’existence d’un Plan national familial et d’un Plan national pour la sécurité alimentaire.  Les enfants et les adolescents doivent être considérés comme des personnes qui méritent respect, dignité et liberté, a-t-il ajouté, soucieux de tenir compte de leurs opinions dans le processus de prises de décisions les concernant.  L’État doit s’engager en faveur des enfants non seulement en adoptant des politiques pertinentes mais aussi en allouant des ressources suffisantes pour les appliquer, a aussi avertit le représentant, avant de préciser que l’investissement de l’Argentine dans ce domaine avait atteint plus de 30% de son produit national brut entre 1995 et 2009.


Le représentant a appelé tous les acteurs de la société à s’engager dans l’élaboration de politiques, que ce soit le Parlement ou la société civile, y compris les syndicats, le secteur privé et les organisations civiles.  Parallèlement, la coopération internationale est indispensable, a-t-il souligné, pour soutenir les efforts menés au niveau national.  L’Argentine a signé un accord avec le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a-t-il indiqué, et travaille actuellement à des projets de coopération Sud-Sud et triangulaire, comme en Haïti.  L’Argentine se préoccupe aussi des disparitions et fait son possible pour permettre aux enfants de retrouver leurs familles et faire cesser la violence à leur égard, a assuré le représentant.


Mme RAHMA SAIDAL-RUQUADI (Oman) a indiqué que son pays avait déjà présenté deux rapports en vertu de ses obligations relatives au Protocole sur la traite, la vente et la pornographie des enfants.  La législation a été modifiée pour rectifier certaines discriminations.  Le pays, a-t-elle dit, a réalisé un progrès notable quant à la santé des enfants, avec une baisse de la mortalité infantile, le plaçant au trente-septième rang mondial selon le rapport du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) sur le développement humain.  Le Sultanat d’Oman est disposé à rester engagé aux côtés des Nations Unies pour garantir un avenir prospère aux enfants, a ajouté la représentante.


Mme KARINE RUSARO (Rwanda) a rappelé que 15 ans après, le Rwanda portait encore les séquelles du génocide de 1994, génocide qui a altéré la composition démographique du pays.  Un pourcentage significatif de la population est composé d’orphelins, de veufs ou de veuves, a-t-elle dit, ajoutant que les enfants du Rwanda vivaient une situation où les victimes côtoyaient des auteurs des troubles, ce qui, a-t-elle affirmé, entraîne des conséquences psychologiques.  À Kigali, comme dans d’autres centres urbains, le nombre d’enfants des rues a augmenté, a-t-elle en outre souligné.  Elle a expliqué qu’à la campagne, des foyers étaient composés d’enfants qui s’occupaient de leurs frères et de leurs sœurs.  Le Rwanda a plus de 101 000 enfants chefs de famille, a souligné la représentante.  Le Rwanda a connu des transformations économiques et sociales ces dernières années, mais il reste beaucoup à faire.  Elle a déclaré que les enfants étaient au cœur des activités de son pays et que ces derniers allaient participer à ce processus.


Mme VICTORIA M. SULIMANI (Sierra Leone) a rappelé combien son pays avait une obligation impérieuse de promouvoir et de protéger les droits des enfants après une décennie de guerre civile brutale.  L’impact de la guerre sur les enfants a été horrible, a affirmé la représentante, évoquant les amputations et autres traumatismes subis.  Elle a souligné l’engagement de son pays à respecter les outils internationaux de protection de l’enfance tels que la Convention relative aux droits de l’enfant et la Déclaration et le Plan d’action « Un monde digne des enfants ».  La déléguée de la Sierra Leone a souligné que son pays avait ratifié, depuis, le Protocole facultatif de la Convention relative aux droits de l’enfant.  Sur le terrain, le Gouvernement s’est assuré que les enfants qui avaient été impliqués dans la guerre avaient bien été démobilisés et réintégrés dans leurs communautés.  Dans ce but, une Commission sur les enfants touchés par la guerre a été mise en place dans le pays.  Depuis lors, le pays s’est engagé dans un programme de sensibilisation afin qu’aucun enfant âgé de moins de 18 ans ne soit recruté par une unité de sécurité ou une faction combattante, a-t-elle expliqué.


La déléguée a indiqué que la Sierra Leone s’est engagée à éliminer toute forme de travail des enfants et avait fait voter des lois interdisant le travail pour les moins de 18 ans la nuit et l’activité des moins de 16 ans dans les mines.  Le Gouvernement de Freetown a adopté un Plan d’action national afin de protéger les enfants contre les abus, l’exploitation, la violence et la menace du sida.  La représentante a également affirmé que son pays faisait des progrès dans le domaine de la scolarisation des enfants, en collaboration avec l’UNICEF.  Désormais, 69% des enfants sont scolarisés, a-t-elle précisé.  Afin de combattre l’impunité pour les crimes commis contre des enfants, la Sierra Leone a voté une loi nationale pour les droits des enfants, sur la base de laquelle la Commission nationale pour les droits de l’homme détient un mandat pour examiner tous les cas de violation des droits de l’enfant.  Enfin, la représentante a annoncé que la question des mutilations génitales infligées aux femmes était désormais ouvertement débattue, évoquant un jalon dans l’histoire du pays.  Plusieurs organisations participent désormais à une campagne nationale de sensibilisation pour mettre fin à ces pratiques, a-t-elle souligné.


M. MAHINDA SAMARASINGHE (Sri Lanka) a souligné que 9 millions d’enfants mouraient encore trop jeune, que 182 millions n’avaient toujours pas accès à l’enseignement secondaire et que 1,5 milliard d’enfants subissaient une forme ou une autre de violence.  Au Sri Lanka, les taux de mortalité maternelle et infantile ont diminué et la vaccination universelle est d’ores et déjà une réalité grâce au système gratuit de santé publique.  Plusieurs programmes sont en cours d’exécution pour combattre l’exploitation et les abus à l’encontre des enfants.  Une ordonnance sur les enfants et les jeunes personnes pénalise ces délits et impose de lourdes peines pour l’exploitation des enfants dans l’industrie de la pornographie, l’exploitation sexuelle, de mendicité et de trafic.  Le Code pénal a été amendé pour alourdir les sentences dans le cas d’exploitation sexuelle des enfants.  Des lois plus strictes ont été promulguées concernant le régime d’adoption, en particulier pour les cas d’adoption entre pays.  Le Sri Lanka est partie à la Convention de la Haye sur les adoptions entre pays.


Avec la fin du conflit armé au Sri Lanka, il a aussi été mis fin à la pratique ignominieuse d’utilisation des enfants innocents dans les combats, a affirmé le représentant.  Ces anciens enfants soldats suivent désormais une formation de réinsertion par le biais d’un programme spécial dans deux centres mis sur pied avec l’aide de l’UNICEF et de l’Organisation internationale du Travail (OIT).  Il a souligné que la fin du conflit favorisait un climat propice à l’éducation des enfants dans un environnement sécurisé, où les parents n’ont plus à craindre d’être forcés de donner leurs enfants, y compris les filles, à un groupe terroriste.  Le Sri Lanka a une tolérance zéro pour le recrutement des enfants et considère que cette pratique est intolérable, quelles qu’en soient les circonstances.  Des lois ont donc été promulguées pour l’interdire, a-t-il ajouté.


Cependant, des enfants sont encore déplacés à l’issue du conflit mais les processus de réunification et de réinstallation sont en bonne voie.  Le Gouvernement veille à ce que les enfants continuent leurs études et passent leurs examens dans les centres de déplacées à l’intérieur, où on leur fournit également des repas.  Le Gouvernement a pris des mesures aussi pour garantir la sûreté et la sécurité des enfants déplacés, notamment par des visites d’équipes du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés et de l’UNICEF, aux villages de déplacés.  À cet égard, il a salué le document « droit et garanties aux enfants déplacés » publié par le Bureau de la Représentante spéciale du secrétaire général sur les enfants et les conflits armés.


M. HENRY TACHIE MENSON (Ghana) a exprimé sa satisfaction face au fait que jusqu’en juillet 2009, 193 États avaient ratifié la Convention relative aux droits de l’enfant et que deux nouveaux pays l’avaient signée.  Le délégué a indiqué que le Gouvernement de son pays, grâce à ses ministères, départements et agences gouvernementales, travaillait à la promotion du bien-être des enfants en formulant des politiques publiques, en créant des institutions, en faisant voter des lois et en mettant en place des programmes d’enseignement.


Le Ghana a énormément réformé sa législation afin de prendre en compte les violences, exploitations et abus faits aux enfants, a déclaré le représentant.  Le Code pénal criminalise les abandons d’enfants, l’exposition d’enfants à tout danger, l’enlèvement d’enfants, et tout un volet de délits de nature sexuelle tels que le viol, le mariage forcé, les attentats à la pudeur, l’inceste, le commerce sexuel, la séduction ou la prostitution d’enfants âgés de moins de 16 ans, a-t-il dit.  Le représentant du Ghana a indiqué que le problème majeur auquel faisait face le Ghana était le manque de mise en œuvre effective des lois qui avaient été promulguées pour protéger les enfants.  Le manque de capacités des institutions, les ressources restreintes et la persistance de pratiques socioculturelles sont encore des obstacles au bien-être des enfants, a-t-il assuré.


M. AMANUEL GIORGIO (Érythrée) a indiqué que la pauvreté frappait davantage les enfants que n’importe qu’elle autre tranche d’âge, et que le Gouvernement érythréen œuvrait, par conséquent, pour réduire la pauvreté par l’intermédiaire d’une croissance économique rapide, d’un développement humain accéléré, ainsi qu’en en garantissant la sécurité alimentaire.  Il a expliqué que pour répondre aux besoins nutritionnels des enfants, son Gouvernement avait lancé une Stratégie pour la sécurité alimentaire et créé des centres d’alimentation thérapeutiques.  L’Érythrée a également enregistré des progrès considérables dans le domaine de la gestion des maladies infantiles grâce au Programme pour la gestion intégrée des maladies infantiles, a-t-il indiqué.  Le représentant s’est ensuite félicité du fait que les initiatives gouvernementales avaient permis à l’Érythrée de dépasser l’objectif 2010 d’Abuja sur la réduction du nombre de victimes du paludisme.


Après avoir souligné l’importance d’éduquer les fillettes, le représentant a indiqué que l’Érythrée avait interdit les mutilations génitales féminines et qu’un plan de mise en œuvre avait été établi à cette fin.  Il a également signalé l’existence d’un plan d’action de lutte contre l’exploitation commerciale des enfants.  De plus, afin de réduire le nombre d’enfants vivant dans des institutions, les orphelins sont réunis avec leur famille éloignée ou placés dans des foyers.  Le représentant de l’Érythrée s’est félicité de la nomination de Mme Santos Pais au poste de Représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question de la violence à l’encontre des enfants, ainsi que du travail accompli par Mme Coomaraswamy, Représentante spéciale du Secrétaire général pour les enfants et les conflits armés.


Mme AQSA NAWAZ (Pakistan) a rappelé que trois des Objectifs du Millénaire pour le développement étaient liés aux enfants.  Pourtant, les droits des enfants sont souvent oubliés, a-t-elle affirmé.  L’absence d’éducation, la violence et la maltraitance représentent non seulement un fardeau moral, mais aussi un coût économique pour la société.  Selon le rapport du Secrétaire général sur le suivi de la session spéciale de l’Assemblée générale sur les enfants, la crise économique entraîne une pauvreté accrue des enfants, a-t-elle dit.  Le Pakistan s’est engagé à honorer ses engagements internationaux.  À cet effet, un projet de loi sur la protection de l’enfant a été préparé en 2009 en consultation avec toutes les parties prenantes et sera présenté bientôt à l’Assemblée nationale.  Grâce à cette loi, qui pénalise plus lourdement les offenses contre les enfants, on attend une diminution du nombre de crimes contre les enfants.  Le Gouvernement fédéral a mis en place une cellule de plainte d’enfants grâce à l’appui financier et technique de l’UNICEF.  En outre, un schéma de protection sociale couvre les enfants ayant des handicaps.  Des primes seront versées pour les enfants handicapés et ils recevront une pension mensuelle de base après quelques années.


M. HASSAN ELMKHATAR (Maroc) a déclaré que la situation des enfants dans le monde demeurait difficile à cause de la pauvreté, de l’exploitation sexuelle et du travail.  Cependant, il a relevé des progrès réalisés sur la scène internationale ainsi qu’une prise de conscience de l’opinion publique.  Présentant la situation de son pays, il a déclaré que dans le cadre d’un programme de coopération avec l’UNICEF, le Maroc organisait des stages à l’étranger destinés aux juges pour mineurs afin de les sensibiliser aux mécanismes internationaux.  Concernant le cadre juridique national, plusieurs lois ont été adoptées afin de réaliser une harmonisation avec la Convention relative aux droits de l’enfant.  Au plan judiciaire, une réforme du Code pénal a organisé des tribunaux pour enfants, tandis qu’un nouveau Code du travail interdit le travail aux moins de 15 ans.  En outre, des instances spécifiques ont été crées, comme le Parlement de l’enfant.


S’agissant de l’éducation, le rapport du Secrétaire général fait état d’une lente progression de l’éducation scolaire et secondaire dans le monde.  Le Maroc a mis en place une stratégie pour l’alphabétisation, laquelle vise à réduire le taux d’alphabétisation à moins de 20% d’ici à 2015.  Le représentant a ensuite rappelé la tenue d’un séminaire international sur le sujet des droits de l’homme à Marrakech cette année.


Il a également déclaré que son pays avait ratifié la Convention internationale sur la protection des travailleurs migrants qui stipule que tout enfant d’un travailleur migrant a droit à l’éducation.  De même, le Maroc a mis en place des programmes d’intégration scolaire pour les enfants handicapés.  Le pays mène aussi une politique de prévention de la délinquance juvénile.  Enfin, le représentant a affirmé que la lutte contre la violence envers les enfants nécessitait une coopération et une assistance technique internationales.


Mme ANDA FILIP, de l’Union interparlementaire (UIP), a analysé les conséquences de la crise financière affirmant que les derniers bouleversements avaient compromis des années de gains de développement et que l’une de ces raisons était le manque d’investissements dans la santé publique.  Pour l’UIP, a-t-elle poursuivi, cela pose un défi, car les malades et les sous-alimentés ne placent pas la démocratie au sommet de leurs priorités.  La représentante a ensuite estimé que les progrès avaient été lents en matière de santé maternelle, soulignant que 16 pays seulement étaient en voie de réaliser le quatrième des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


La représentante s’est interrogée sur la manière dont les parlements pourraient mieux faire entendre la voix des enfants victimes de violence.  Depuis cinq ans, avec l’UNICEF, a-t-elle poursuivi, l’UIP a joint ses efforts pour soutenir l’action des parlements nationaux dans leur action de sécuriser le respect des droits des enfants.  Faisant allusion à la situation des enfants en Amérique latine et aux Caraïbes, elle a chiffré à 80 000 le nombre des moins de 18 ans qui meurent chaque année du fait des violences familiales.  Un sondage dans 16 pays de la région montre que nombre d’adultes considèrent la maltraitance des enfants, y compris des châtiments corporels, comme étant une méthode normale d’imposer la discipline, a-t-elle poursuivi.  Elle a présenté les recommandations issues d’un séminaire organisé par l’UIP en août dernier au Costa Rica sur « le rôle des parlements dans la confrontation de la violence contre les enfants ».  Il avait été proposé l’établissement de mécanismes de supervision des institutions responsable des politiques de prévention et d’éradication de la violence contre les enfants et adolescents, leur financement avec des ressources adéquates et la coopération entre parlements et organisation internationales, la société civile et le secteur privé.


M. CARLO VON FLÜE, du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), a annoncé que rien que l’an dernier, le CICR avait rendu visite à plus de 1 500 enfants privés de leur liberté dans les pays en conflit.  L’année précédente, les délégués en ont vus près de 2 000.  Ceci ne représente que la partie visible de l’iceberg, a poursuivi la délégation avant de confier que le nombre d’enfants détenus dans le monde était ignoré.  « Ce que nous savons, c’est qu’ils sont nombreux et que nous voyons souvent leurs droits ne pas être respectés », a-t-elle ajouté.


Le CICR s’est ensuite attaché à décrire des exemples de situations dans lesquelles les enfants deviennent détenus.  Ainsi, les enfants se trouvent-ils accusés d’être des insurgés ou des combattants.  La lutte contre le terrorisme a aussi favorisé l’augmentation du nombre d’enfant détenus suspectés d’appartenir à des groupes terroristes, d’autres sont en prison pour avoir suivi leurs parents, d’autres parce qu’ils n’ont pas de parents, s’est alarmée la délégation, faisant allusion à la situation des enfants sans foyers.  Ceci est inacceptable, a déclaré le CICR.  La délégation a lancé un appel en faveur du respect de la Convention des Nations Unies relative aux droits de l’enfant, qui appelle au strict respect de la loi lors de la détention d’un enfant, loi qui limite celle-ci dans le temps et introduit l’obligation de soin et de protection spécifiques.  Elle a également rappelé la nécessité de maintenir les enfants séparés des adultes.  Nombre d’enfants sont abusés par leurs codétenus adultes ou par les gardiens en échange de nourriture, de protection, ou d’espace pour dormir, a-t-elle expliqué, avant de rappeler l’interdiction d’appliquer la peine capitale aux enfants.


M. JOOST KOOIJMANS, de l’Organisation internationale du Travail (OIT), a signalé que sur les 218 millions d’enfants qui travaillaient actuellement, 126 millions le faisaient dans des conditions déplorables et dangereuses.  Ces enfants devraient être scolarisés ou, s’ils sont en âge de travailler, occuper des emplois adaptés pour leur âge, a-t-il estimé.  Il a également averti que le travail d’enfants menaçait le développement.  M. Kooijmans s’est cependant félicité du fait que le travail d’enfants avait baissé de 11% au cours de la dernière décennie, notamment dans les pays ayant beaucoup investi dans l’éducation et le secteur social.  Le représentant a ensuite annoncé que la Convention concernant l’interdiction des pires formes de travail des enfants et l’action immédiate en vue de leur élimination avait été ratifiée par 171 États, tandis que la Convention concernant l’âge minimum d’admission à l’emploi avait bénéficié, elle, de 154 ratifications.  Le représentant de l’OIT a également signalé que le Gouvernement néerlandais allait organiser, du 10 au 11 mai, une Conférence internationale sur le travail des enfants, laquelle devrait déboucher sur l’adoption une feuille de route pour atteindre l’objectif 2016 qui vise l’élimination universelle des pires formes de travail d’enfant.  L’OIT publiera cette même année de nouvelles statistiques sur ce fléau, a-t-il ajouté.


Avertissant que la crise économique risquait de pousser davantage de familles à faire travailler leurs enfants, M. Kooijmans a estimé que le rapport du Secrétaire général soulignait à juste titre l’importance d’assurer la protection sociale des enfants et de leur famille.  Il a demandé la création de mesures capables de modifier les modes actuels de dépense publique afin de fournir les services de base aux plus vulnérables.  Le représentant a également attiré l’attention sur le fait que pour lutter contre le travail des enfants, il importait de fournir un emploi décent aux adultes et de donner aux individus et aux communautés l’occasion de s’épanouir.  Il a ensuite expliqué qu’en juin 2009, les gouvernements et organisations de travailleurs et d’employeurs de 180 États avaient conclu un Pacte international pour l’emploi qui dresse les grandes lignes du redressement économique et stipule que les réponses apportées à la crise doivent protéger les personnes vulnérables et permettre aux États de réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).


M. HREINN LINDAL, Observateur de l’Ordre souverain de Malte, est revenu sur les conclusions du rapport du Secrétaire général sur la lutte contre la discrimination des jeunes filles.  Rappelant leur vulnérabilité, parce qu’elles sont victimes de mutilations génitales ou d’infections évitables et que leur éducation est délaissée, il a réitéré l’engagement de l’Ordre de Malte à considérer leur accueil dans ses programmes éducatifs et sanitaires comme une priorité.  L’Ordre de Malte continuera également de soutenir le travail des agences onusiennes qui se focalisent sur ce problème, a-t-il ajouté.  Qualifiant ensuite de « vérité qui dérange » le fait que les civils en général et les enfants en particulier soient de plus en plus régulièrement les cibles de violence dans les conflits armés, l’observateur a appelé à des efforts immédiats plus intenses pour éradiquer cette tendance.  L’Ordre de Malte soutient donc toutes les mesures prises dans ce sens et s’associe à l’appel du Représentant spécial pour mettre en avant ce problème.  Il espère en particulier que le sujet sera abordé par le Conseil de sécurité lors de sa réunion sur la protection des civils le mois prochain.


L’observateur a, par ailleurs, fait part des inquiétudes de l’Ordre de Malte devant les conclusions de plusieurs rapports faisant état de progrès très limités dans la survie des mères après leur accouchement.  Avec 40% de naissances sans assistance dans le monde, comment escompter des progrès, s’est-il interrogé.  Il a indiqué que les structures d’accueil de l’Ordre de Malte avait permis de donner naissance à 15 000 enfants, dont 3 000 à Bethléem, dans des conditions sanitaires sures.  L’observateur a rappelé que l’année 2008, déclarée Année internationale de l’assainissement, avait mis en avant la nécessité d’améliorer les installations sanitaires et les programmes de sensibilisation à l’hygiène dans plusieurs régions du monde.  L’Ordre de Malte y travaille, en particulier en Indonésie, au Sri Lanka et au Myanmar, a-t-il souligné, avant de rappeler que ces initiatives dépendaient du soutien continu des agences onusiennes.


Mme MARIE YVETTE L. BANZON-ABALOS (Philippines) a indiqué que la Constitution de son pays était explicite quant à la défense des droits de l’enfant et à sa protection contre toutes formes de négligence, d’abus, de cruauté, d’exploitation et d’autres conditions nuisibles à son développement.  Dans le cadre du plan stratégique national pour le développement des enfants, le Gouvernement s’est engagé à exécuter une feuille de route soucieuse du bien-être de l’enfant et d’une société qui lui soit ouverte au XXIe siècle.  Ce plan respecte l’esprit et la lettre de la Convention relative aux droits de l’enfant, la déclaration « Un monde digne des enfants » et les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Le plan vise entre autres à construire un cadre juridique solide pour la protection des enfants.


Un autre plan réussi est le Plan d’action en vue de l’élimination de la violence à l’égard des enfants, a ajouté la représentante.  Dans ce cadre, des postes de réception des plaintes de femmes et d’enfants dans les commissariats de police et un Fonds de défense des enfants ont été créés par la Présidente Gloria Macapagal Arroyo afin d’appuyer les procédures d’enquête et de poursuites des cas d’enfants maltraités ou exploités.  Le Gouvernement a également relever le défi des enfants dans la situation de conflit armé après avoir découvert que des enfants sont enrôlés par des groupes armés non étatiques agissant dans le pays.  Elle s’est félicitée de l’extension pour deux ans du programme de l’UNICEF aux Philippines par le Conseil d’administration de l’UNICEF.


Mme NICOLE ROMULUS (Haïti) a fait sienne la déclaration contenue dans le rapport du Secrétaire général A/64/315 qui stipule que l’éducation des filles est un élément critique de la concrétisation de tous les Objectifs du Millénaire pour le développement et que pour garantir cette concrétisation il convient de s’attaquer fondamentalement à la discrimination et à l’inégalité généralisées et enracinées.  Elle a rappelé que la Quatrième Conférence mondiale des Nations Unies sur les femmes, organisée en 1995, avait été la première à inclure un segment spécifique sur les petites filles en insérant une série de questions relatives aux droits des petites filles, notamment l’élimination de la discrimination à l’encontre des petites filles et le travail des enfants.  Évoquant un projet pilote qui a porté fruit dans son pays et financé par la Banque interaméricaine de développement (BID), elle a indiqué qu’il s’agissait d’une recherche qui a débouché sur la publication d’un ouvrage intitulé « Les stéréotypes sexuels dans les livres scolaires haïtiens ». Cet ouvrage a été reconnu comme outil de démocratisation à l’accès au savoir.  Ce livre porteur de la diversité des référents culturels des enseignants et des élèves est ciblé pour véhiculer de nouvelles représentations conformes à l’équité entre les sexes. 


Au niveau du contenu du livre, le nombre de personnages masculins est nettement plus élevé dans les textes et dans les images que celui des personnages féminins, pour la représentation des héros, les hommes sont aussi plus souvent représentés que les femmes.  Cette supériorité numérique peut entraîner un sentiment de supériorité chez les garçons.  Par ailleurs, les images qui montrent les hommes et les femmes ensemble sont généralement peu nombreuses.  Au niveau de la localisation des personnages féminins et masculins dans les textes et les images, les pourcentages les plus élevés situent les hommes au travail et les femmes au marché.  Plus de garçons dans les rues, en situation de loisir, et plus de filles à la maison.  Concernant les attitudes, les femmes l’emportent en qualités affectives et les hommes en défauts affectifs.  Elle a conclu que les stéréotypes sexuels existaient dans la société haïtienne.  Les livres reproduisent des stéréotypes qui font écho à des préjugés qui ne correspondent plus à notre société en transformation, a-t-elle encore observé avant d’ajouter que c’est en donnant l’éducation aux enfants qu’un pays pouvait se reconstruire.


M. SIDI OULD GHADI (Mauritanie) a déclaré que son pays disposait de programmes ambitieux contre la discrimination, l’éducation et l’analphabétisme notamment.  Un Conseil national de l’enfance, organe consultatif de soutien aux enfants, a été créé.  De même, une loi du statut civil interdit le mariage précoce, l’emploi des enfants, l’exploitation sexuelle et les abus à l’encontre des enfants, a ajouté le représentant.


Droits de réponse


La déléguée de la Géorgie a déclaré que son homologue de la Fédération de Russie avait sa propre interprétation de toutes les questions relatives aux événements survenus en août 2008.  Elle a indiqué que, dans l’exercice de son droit de réponse antérieur, le représentant de la Fédération de Russie avait essayé de détourner le sens du rapport de la mission Tagliavini qui ne fait aucune référence au fait que le conflit armé a débuté dans la nuit du 7 au 8 août de cette même année.  En vérité, le conflit d’août 2008 a été le point culminant de ce conflit armé.  La représentante a dénoncé les agissements de l’armée de la Fédération de Russie et a indiqué que les actes commis contre les Géorgiens en Ossétie du Sud et en Abkhazie et d’autres actions militaires contre l’armée géorgienne après le 12 août avaient aussi été des actes illégaux.


Le représentant de la Fédération de Russie a pris la parole pour citer trois points du rapport de la mission Tagliavini, dont le texte intégral se trouve sur l’Internet, a-t-il précisé, en se référant à la page du rapport qui précise que le 8 août 2008 a débuté un conflit armé à grande échelle.  Maintenant, il s’agit de savoir si l’utilisation de la force par la Géorgie dans la nuit du 7 août était justifiée ou non.  La réponse est « non », a affirmé le représentant de la Fédération de Russie.  Il a lu des passages du Tome III, page 602 du rapport cité pour confirmer ses dires.


La représentante de la Géorgie a repris la parole pour dire que depuis le début du conflit, la Fédération de Russie blâmait la Géorgie d’avoir tué des civils.  Pour plus d’information, elle a cité le rapport sur la mission d’établissement des faits dans le conflit en Géorgie.  Des armes à sous-munitions ont été utilisées dans certaines villes par les troupes russes tandis que dans le chapitre 7, Volume 2 du rapport, il est indiqué qu’aucune preuve ne montre que la Géorgie a délibérément ciblé des zones civiles.  Elles ont été uniquement utilisées contre des objectifs ciblés clairs et jamais contre des zones peuplées, a-t-elle expliqué.


La représentante de l’Arménie a répondu à son homologue de l’Azerbaïdjan.  Les enfants sont encore peu protégés, eux qui constituent les segments les plus vulnérables de la société, a-t-elle déclaré.  Elle a fait part de sa profonde déception face à la campagne anti-arménienne menée, selon elle, par l’Azerbaïdjan qui ne perd aucune occasion, lors de l’examen de tous les points à l’ordre du jour de la Commission, pour faire de fausses déclarations à l’encontre de l’Arménie.  Sa déclaration est en contradiction avec les objectifs de cette Commission de l’Assemblée générale.  Elle a ajouté que la communauté internationale avait été témoin de la politique de terreur d’État et de la guerre lancée contre la population du Nagorno- Karabakh.  Elle a indiqué que le moment était venu pour que l’Azerbaïdjan s’attache à la résolution du conflit.  Cette situation crée une atmosphère de tensions et de haine dans lesquelles grandissent les enfants arméniens.


Le délégué de l’Azerbaïdjan a estimé que tous les points à l’ordre du jour sont une opportunité pour réaliser les droits de toutes les personnes dans le monde.  Il a jugé que l’enceinte de la Commission se prêtait bien à cette question puisqu’elle s’occupe de questions humanitaires.  L’Azerbaïdjan souffre toujours de la présence d’un grand nombre de réfugiés et de déplacés, soit plus d’un million d’enfants uniquement.  Les observations de l’Arménie sont une propagande d’agression et tente de détourner l’attention de la communauté internationale au lieu de s’employer à mettre fin au conflit qui se prolonge.  L’Arménie opte plutôt pour une escalade.  Il est évident que ce pays ne cherche pas à préparer le terrain pour la paix et la stabilité.


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