19/11/2009
Assemblée générale
AG/10890

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Assemblée générale

Soixante-quatrième session

Séance informelle de la plénière

sur les changements climatiques - après-midi


LA CONCLUSION D’UN ACCORD AMBITIEUX À COPENHAGUE EST ENCORE POSSIBLE, ASSURENT BAN KI-MOON ET YVO DE BOER DEVANT L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE


À 17 jours de l’ouverture de la Conférence de Copenhague sur les changements climatiques, l’Assemblée générale a convoqué cet après-midi une réunion informelle pour inciter les États Membres à conclure un accord effectif, réaliste et capable de refléter l’urgence de la situation actuelle.


« Si vous lisez la presse », a déclaré le Secrétaire général, M. Ban Ki-moon, « vous pourriez penser que la Conférence de Copenhague sera une déception.  C’est faux et nous réussirons à conclure un accord.  Il faut rester positif et engagé ». 


« La planète a besoin d’un nouvel accord sur les changements climatiques.  Les États Membres doivent convenir d’une solution juste, effective et ambitieuse, capable de refléter nos objectifs partagés ainsi que nos responsabilités communes mais différenciées », a renchéri le Président de l’Assemblée générale, M. Ali Abdussalam Treki.


M. Yvo de Boer, Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), a expliqué que l’accord de Copenhague doit garantir une assistance renforcée aux plus pauvres et aux plus vulnérables, un objectif ambitieux de réduction des émissions des pays industrialisés, des actions nationales d’atténuation de la part des pays en développement, ainsi que des ressources financières et technologiques nécessaires et une structure de gouvernance équitable de gestion des ressources.


« Copenhague doit aussi créer la base d’un cadre de travail juridique et politique qui permette la transition vers une économie mondiale verte et l’adaptation aux conséquences négatives des changements climatiques », a-t-il notamment indiqué. 


Conscient de l’importance que revêt la question du financement, le Secrétaire général a signalé que le monde développé devra fournir 10 milliards de dollars afin de lancer la croissance à basse émission dans les pays en développement.  « Nous devons renforcer cela substantiellement, à hauteur de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020 », a-t-il indiqué.  « Faisons ensemble un pas de géant vers un avenir meilleur qui commence à Copenhague », a-t-il dit.


« Voulons-nous être la génération qui se sera détruite elle-même? », a lancé Mme Trudie Styler de la Rainforest Foundation à la centaine de délégations venues participer à cette réunion.


Aux cours du débat qui a suivi ces discours liminaires, les délégations ont insisté sur les principaux points d’achoppement qui restent à régler pour l’adoption d’un accord ambitieux et juridiquement contraignant, entre autres, la question du financement des efforts d’atténuation et d’adaptation.  Elles ont également évoqué l’importance de la volonté politique, de la coopération multilatérale et de la recherche.


SÉANCE INFORMELLE DE LA PLÉNIÈRE SUR LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES


Déclarations


M. ALI ABDUSSALAM TREKI, Président de l’Assemblée générale, a déclaré que dans les efforts collectifs pour lutter contre les changements climatiques, l’importance de la Conférence de Copenhague avait résonné clairement et bruyamment lors de la manifestation de haut niveau convoquée par le Secrétaire général, le 22 septembre 2009.  Il ne nous reste que 17 jours, mais ils peuvent suffire pour préparer le terrain à un résultat agréé correspondant à la gravité et à l’urgence du défi, a-t-il estimé.  Les États Membres, a averti le Président, ne peuvent se soustraire à cette responsabilité ni se permettre de perdre l’élan, car le progrès n’est pas une option mais un impératif pour notre survie.  M. Treki a ensuite engagé tous les États Membres à agir de manière résolue et collective.


Il a poursuivi en affirmant que l’action requise devait être fermement ancrée dans la légitimité unique dont dispose l’Assemblée générale.  Il a expliqué que des délibérations étaient actuellement en cours au sein de la Deuxième Commission sur une résolution globale relative aux changements climatiques. 


La planète a besoin d’un nouvel accord international sur les changements climatiques et Copenhague nous offre cette occasion.  Les États Membres doivent convenir d’une solution juste, efficace et ambitieuse qui reflète nos objectifs partagés ainsi que nos responsabilités communes mais différenciées, a lancé le Président de l’Assemblée générale.  Regrettant l’absence remarquée d’un grand nombre de délégations à la dernière Conférence de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Président de l’Assemblée a espéré que cela ne se reproduira pas à la Conférence de Copenhague.


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé qu’il ne pouvait y avoir de sécurité alimentaire sans sécurité climatique.  La science exige que nous agissions maintenant et chaque pays doit faire partie de la solution, a-t-il déclaré.  Si l’on lit les derniers articles de presse, on peut arriver à penser que Copenhague sera une déception.  C’est faux, a-t-il lancé, nous réussirons à trouver un accord, en tirant parti de l’élan politique qui se renforce chaque jour.  Il en a voulu pour preuve la promesse faite récemment des Présidents américain et chinois, Barack Obama et Hu Jintao, de travailler ensemble pour arriver à un accord à Copenhague; l’annonce par l’Indonésie qu’elle allait réduire ses émissions de 26%, ou encore celle de la Fédération de Russie sur sa volonté de réduire ses émissions de 25% d’ici à 2020, si les autres pays en font autant.  En outre, le Brésil veut aller au-delà de son objectif d’une réduction entre 38 et 42% d’ici à 2020, alors que la Norvège s’est engagée sur une réduction de 40%, a dit le Secrétaire général.  Tout cela nous amène à croire que nous pouvons être positifs. 


Les esquisses d’un accord se forgent sur des questions difficiles, comme le partage des technologies et le développement des capacités nationales, a-t-il poursuivi.  Saluant un véritable élan, Ban Ki-moon a appelé à rester engagés pour sceller un accord à Copenhague.  Il s’est réjoui que de nombreux dirigeants mondiaux aient déjà annoncé leur venue dans la capitale danoise.  Nous voulons des objectifs d’atténuation ambitieux de la part des pays industrialisés et des mesures d’adaptation ambitieuses de la part des pays en développement, a-t-il insisté.  Nous avons besoin de financements et de technologies, notamment pour mettre en place des mesures d’adaptation pour aider les plus vulnérables, a-t-il ajouté.  À court terme, le monde développé devra fournir 10 milliards de dollars afin de lancer la croissance à basse émission de carbone dans les pays en développement, et à moyen terme, nous devons renforcer cela substantiellement et parvenir à 100 milliards par an d’ici à 2020, a-t-il précisé.  Une structure équitable et transparente doit gérer ses ressources, et tous les pays doivent avoir voix au chapitre dans ce dossier, a-t-il souligné, estimant qu’un accord à Copenhague qui traite clairement de ces questions sera un succès.  En outre, nous pouvons et nous allons parvenir à un traité juridiquement contraignant sur les changements climatiques d’ici à 2010, a-t-il affirmé.


Le Secrétaire général a assuré que les Nations Unies continueraient à travailler sur les changements climatiques, notamment par des partenariats novateurs, l’assistance technologique et le développement des capacités nationales.  Les changements climatiques affectent tout, la santé de l’économie comme celle de nos enfants, la sécurité énergétique comme la paix et la sécurité internationales, a-t-il enfin insisté.  Faisons ensemble un pas de géant vers un avenir meilleur, en commençant à Copenhague, a-t-il insisté.


M. YVO DE BOER, Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), a rappelé que le Sommet mondial sur les changements climatiques s’était clos sur un appel des dirigeants mondiaux pour un accord global à Copenhague qui garantisse une action renforcée d’assistance aux plus pauvres et aux plus vulnérables, un objectif ambitieux de réduction des émissions des pays industrialisés, des actions nationales d’atténuation de la part des pays en développement, des ressources financières et technologiques nécessaires et une structure de gouvernance équitable de gestion des ressources.  Les décisions qui seront prises doivent inclure un calendrier précis vers un instrument juridiquement contraignant pour 2010, a-t-il précisé.


Il est clair qu’un accord international fort contre les changements climatiques doit être trouvé, alors que les changements climatiques touchent plus durement les plus pauvres et sapent les efforts engagés pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), a-t-il ajouté, assurant que malgré les crises économique et financière, la prise de conscience internationale était de plus en plus forte.  Les pays réalisent que l’action contre les changements climatiques et la relance économique pouvaient être menées de concert, main dans la main, si les économies agissaient vers une transition verte.  L’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) a conclu que des investissements durables dans le secteur de l’énergie avaient été reportés par la crise économique, a rappelé M. De Boer, estimant que Copenhague doit aussi créer la base d’un cadre de travail juridique et politique qui permette la transition vers une économie mondiale verte et l’adaptation aux conséquences négatives des changements climatiques.


Malgré les avancées dans les négociations, des efforts sont encore nécessaires sur les questions très politiques de l’atténuation et du financement, a poursuivi le Secrétaire exécutif.  Pour que l’accord de Copenhague soit effectif, il faut que tous les pays développés se fixent des objectifs ambitieux à moyen terme.  Aujourd’hui, les engagements des pays développés sont toujours en deçà de ce que les scientifiques préconisent, à savoir un retour au niveau d’émissions d’avant 1992, a-t-il souligné.  Quant aux pays en développement, ils ont besoin du soutien technique et financier nécessaire, à long terme, et un renforcement de ce financement est la base pour un accord de Copenhague efficace et réaliste, en particulier un accord sur les financements publics. 


En dépit de lacunes encore à combler, je sens que l’on est vraiment désireux d’arriver à un accord, a-t-il poursuivi, rappelant qu’il était absolument essentiel d’agir contre les changements climatiques, compte tenu de leurs conséquences sur les femmes et les plus vulnérables, ainsi que sur leurs liens avec les conflits « qui doivent être reconnus ».  M. De Boer a, enfin, appelé à saisir l’occasion de Copenhague: vos négociateurs ont six jours avant l’arrivée des ministres; vos ministres auront deux jours avant l’arrivée des chefs d’État, vous aurez huit jours, en tout, pour y parvenir, a-t-il lancé.  


M. CARSTEN STAUR, Représentant permanent du Danemark, a indiqué que l’accord de Copenhague devait renforcer la voie menant à l’établissement d’un cadre juridique en matière de changements climatiques.  Réclamant une action vigoureuse de la part des États Membres, il a souhaité que l’accord de Copenhague parte des progrès déjà accomplis pendant les négociations et recommande des actions immédiates.  M. Staur a prôné la conclusion d’un accord au contenu solide qui prenne en compte toutes les facettes de l’Accord de Bali et qui fournisse des directives dans les domaines de l’atténuation, de l’adaptation et de l’accès aux technologies.  Cet accord doit se fonder sur le principe de la responsabilité partagée mais différenciée et assumée, a-t-il ajouté. 


L’accord de Copenhague sera contraignant, « même si nous ne pouvons en prévoir tous les détails », a-t-il insisté, en parlant d’un document qui « représentera une base solide pour les prochains accords en matière de changements climatiques ».  M. Staur a réclamé des engagements individuels de la part de chaque pays.  C’est la seule façon d’aller de l’avant, a-t-il affirmé. 


Mme TRUDIE STYLER, Cofondatrice de Rainforest Foundation et Ambassadrice de bonne volonté du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), a estimé que les activités de sa Fondation ne seront jamais suffisantes face à l’implacable vague d’appropriation des terres, d’abattage et de dégradation par les multinationales.  Elle a jugé qu’il était temps que les gouvernements, les patrons d’industrie et les populations autochtones travaillent ensemble pour préserver la forêt tropicale.


Il est temps, pas en 2020 ni 2050, mais maintenant d’assumer notre responsabilité d’arrêter les émissions de carbone de manière décisive et urgente, a plaidé l’épouse du chanteur anglais, Sting.  Il suffirait tout simplement d’arrêter la déforestation, a-t-elle souligné.  Pourquoi ne le faisons nous pas, s’est-elle impatientée.


Concluant, Mme Styler a estimé que nous étions à un point de non-retour de l’histoire.  Nous ne devons pas faire le choix entre l’économie et l’environnement.  Une transition vers un système économique propre ouvrira d’énormes opportunités, a-t-elle déclaré.  À Copenhague, a-t-elle dit en s’adressant aux délégations, ne vous arrêtez pas aux salutations et aux belles paroles.  Rejetez les compromis car les signes ne sont pas bons.  Trop de gens puissants se comportent avec une irresponsabilité choquante, a-t-elle dit.  Au lieu d’affronter les défis des changements climatiques, ils privilégient des solutions à court terme, a-t-elle déploré en guise de conclusion.  Vous serez jugés par vos enfants, vos petits-enfants et les générations à venir.  Ils vous demanderont si vous avez vraiment tout fait pour arrêter les changements climatiques, a-t-elle prévenu.  


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