21/10/2009
Assemblée générale
AG/10874

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Assemblée générale

Soixante-quatrième session

24e séance plénière – matin


ASSEMBLÉE GÉNÉRALE: LE NEPAD EST UN CADRE DE TRAVAIL RÉALISTE POUR UN PARTENARIAT RESPONSABLE ENTRE L’AFRIQUE ET LE RESTE DU MONDE


Par le biais du Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD), les pays africains ont pris le parti d’un partenariat responsable avec la communauté internationale, a déclaré aujourd’hui le représentant du Bénin, lors de la clôture du débat consacré à la promotion du développement du continent.  Son homologue de l’Afrique du Sud a, lui, souligné que l’échec de ce Partenariat, lancé par les pays africains eux-mêmes en 2001, n’était pas une option pour un continent fort d’un milliard d’individus. 


L’intégration du NEPAD dans les politiques nationales et les programmes des institutions régionales africaines a permis des avancées significatives, a noté le Président de l’Assemblée générale, Ali AbdussalamTreki, en mettant fin à un débat de deux jours auquel ont participé une quarantaine de délégations.


À cet égard, la coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine a été maintes fois saluée comme un autre exemple de l’implication grandissante de l’Afrique dans la résolution de ses problèmes.  Le Pakistan, important pays contributeur de troupes de l’ONU avec 10 000 soldats de la paix déployés dans le monde, a souligné que l’Union africaine était devenue un élément dynamique de la résolution des problèmes du continent. 


Pourtant, malgré les avancées effectives, l’Afrique est le seul continent qui n’est pas sur la bonne voie pour réaliser les OMD en 2015, a rappelé le représentant de la République islamique d’Iran.  Le respect des engagements pris par les partenaires du développement en matière d’aide publique au développement (APD) et d’investissement est donc essentiel.  En outre, la politique commerciale joue aussi un rôle fondamental pour l’intégration de l’économie africaine dans l’économie mondiale, a rappelé le représentant de la République de Corée, en appelant au succès du Cycle de Doha.


Ce dernier a également souligné que son pays figurait parmi les pays à avoir instauré une taxe sur les billets d’avion pour financer la lutte contre le paludisme.  Les délégations africaines, qui ont présenté leurs progrès dans la réduction de la mortalité et dans la prévention de cette maladie, ont toutes rappelé le poids du paludisme sur leur développement.  La République-Unie de Tanzanie qui a connu des succès importants en la matière sur l’île de Zanzibar, a notamment insisté sur la fragilité des avancées réalisées.


L’Assemblée générale poursuivra ses travaux le lundi 26 octobre à partir de 10 heures avec l’élection de 18 membres du Conseil économique et social (ECOSOC).



NOUVEAU PARTENARIAT POUR LE DÉVELOPPEMENT DE L’AFRIQUE: PROGRÈS ACCOMPLIS DANS LA MISE EN ŒUVRE ET APPUI INTERNATIONAL; LES CAUSES DES CONFLITS ET LA PROMOTION D’UNE PAIX ET D’UN DÉVELOPPEMENT DURABLES EN AFRIQUE (A/64/204), ( A/64/208), (A/64/210) et (A/64/302)


Suite du débat général


Mme JOYCE C. KAFANABO (République-Unie de Tanzanie) a estimé que le paludisme, cause principale de la mortalité en Tanzanie, représentait un fardeau « inacceptable » pour la santé et le développement économique de son pays.  Elle a averti que les progrès réalisés à Zanzibar, grâce entre autres à la distribution de moustiquaires, demeureraient très fragiles à moins de contenir la maladie sur le continent.  Elle a ensuite expliqué qu’un Plan stratégique à moyen terme avait été mis en œuvre pour la période 2008/2013 lequel prévoit de garantir une couverture de 80% de la population d’ici à 2010. 


Mme Kafanabo a également indiqué que la Tanzanie s’employait à modifier les normes de traitement du paludisme pour y intégrer des polythérapies, en s’assurant que ces traitements sont aussi disponibles dans les cliniques privées du pays.  Le prix des polythérapies à base d’artémisinine, a-t-elle expliqué, demeure prohibitif pour le secteur privé duquel dépend pourtant 40% de la population.  Elle a aussi détaillé les initiatives prises par son pays pour assurer un accès universel aux moustiquaires imprégnées d’insecticide.  En 2007, 60% des ménages avaient des moustiquaires.  De même un plan de vaporisation sera mis en place d’ici à 2013.  Mais déjà, dans certains districts particulièrement vulnérables, 90% des ménages ont été vaporisés, ces 12 derniers mois. 


La représentante a poursuivi en affirmant que les succès escomptés dans la lutte contre le paludisme étaient imputables au leadership et aux ressources.  Elle a rappelé que c’est son Président qui a présidé, en septembre dernier, la réunion organisée pour lancer l’Alliance des dirigeants africains contre le paludisme.  Relevant un réel déficit dans le financement de la lutte contre le paludisme, elle a expliqué que la Tanzanie ancrait ses efforts sur la prévention, car c’est une mesure moins coûteuse.  La mise en place d’infrastructures de traitement efficace est notre principal défi, a-t-elle avoué, en insistant sur le rôle et l’appui de la communauté internationale.


M. BASO SANGQU (Afrique du Sud) a affirmé, à son tour, que le principal obstacle auquel le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) continue de faire face est le manque de ressources.  Nous croyons, a-t-il poursuivi, que la réalisation rapide des projets majeurs, la mobilisation et l’injection de ressources dans ces secteurs stimuleront l’économie et développeront l’intégration régionale.  Le représentant a ensuite exprimé sa confiance dans les initiatives prises par les Nations Unies en vue du développement de l’Afrique.  Nous croyons, a-t-il dit, qu’il y a encore beaucoup à faire pour s’assurer que la communauté internationale reste mobilisée pour remplir les engagements pris en faveur de l’Afrique.  À cet égard, le représentant a estimé que le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique doit être renforcé.  Les Nations Unies doivent continuer à sensibiliser et promouvoir le NEPAD auprès des partenaires, y compris les donneurs, la société civile et le secteur privé, a-t-il insisté.


S’attaquant aux questions de sécurité, le représentant a expliqué que depuis quelques décennies le continent avait fait des progrès pour mettre fin aux conflits et promouvoir la démocratie et le développement, grâce notamment, a-t-il poursuivi, à l’architecture de paix et de sécurité de l’Union africaine.  Cependant, a-t-il poursuivi, malgré ces efforts le continent reste vulnérable aux changements anticonstitutionnels de régime, au manque de transparence des systèmes électoraux, aux changements climatiques, à l’urbanisation croissance, au chômage des jeunes, au trafic de drogues et à l’insécurité alimentaire qui, a-t-il estimé, sont potentiellement des causes de conflit.


Revenant sur les changements climatiques, il a affirmé que la capacité du continent à se développer était compromise par l’impact des changements climatiques. En ce sens, a-t-il plaidé, la communauté internationale doit, à Copenhague, signer un document contraignant, équitable, juste et efficace qui assure l’équilibre entre l’adaptation et l’atténuation mais aussi entre les impératifs de développement et ceux de la lutte contre les changements climatiques.  La communauté internationale doit porter une attention accrue au financement des programmes d’adaptation et d’atténuation, du transfert de technologie et du renforcement des capacités humaines et institutionnelles.


S’agissant de la question des conflits, le représentant s’est félicité des efforts de coopération entre les Nations Unies et l’Union africaine.  Il a appuyé les recommandations contenues dans le rapport du Secrétaire général.  Il a conclu en se félicitant des initiatives prises en faveur de la lutte contre le paludisme avant d’appeler les partenaires du développement à annuler, en totalité, a-t-il plaidé, la dette des pays pauvres afin que ceux-ci puissent poursuivre leurs plans de lutte contre cette maladie.


M. ESHAGH ALHABIB (République islamique d’Iran) a déclaré qu’on ne pouvait apporter une solution aux problèmes sous-jacents de l’Afrique en se contentant d’augmenter les contributions à l’aide publique au développement (APD).  Il faut, a-t-il dit, créer un environnement international favorable et éliminer les défaillances systémiques.  Un tel environnement pourrait ouvrir à l’Afrique les opportunités financières et commerciales qu’il lui faut pour assurer sa croissance, lutter contre la pauvreté et prévenir les maladies.  Pour M. Alhabib, le Sommet de 2010 sur les OMD doit s’atteler à identifier les mesures nécessaires pour assurer la réalisation de ces Objectifs.  Il a également estimé qu’il était crucial d’honorer les engagements pris envers le continent africain.


Le représentant a ensuite expliqué que dans l’esprit de la coopération Sud-Sud, l’Iran avait alloué 50 millions de dollars à l’Afrique pour la période 2005/2008.  Neuf millions de dollars ont été versés à trois pays africains pour les aider à combattre le paludisme, tandis que 10 hôpitaux appartenant au Croissant-Rouge iranien fournissent des traitements gratuits dans de nombreux pays africains.  Il a également signalé que des bourses étaient octroyées à des étudiants africains pour leur permettre d’étudier dans les universités iraniennes.  Se disant par ailleurs préoccupé par les répercussions de la crise économique et financière sur l’Afrique, le représentant a estimé que l’appui de la communauté internationale devait compléter les politiques nationales africaines. 


Relevant que les crises actuelles frappaient l’Afrique de manière disproportionnée, M. SHIN BOONAM (République de Corée) a plaidé pour l’augmentation de l’APD.  Après avoir annoncé que son pays allait tripler sa contribution à l’APD d’ici à 2015, le représentant a estimé que la coopération pour le développement de l’Afrique devait se faire sur la base des besoins et de demandes propres à chaque pays.  Il a, à cet égard, passé en revue les divers forums et conférences organisés sur la coopération entre son pays et l’Afrique, en annonçant pour le mois de novembre, le deuxième cycle du Forum République de Corée-Afrique.  Le représentant a estimé que la coopération de haut niveau devait être complétée par un appui concret au niveau des communautés.  Il a notamment évoqué le « Millenium Village Project » qui fournit un appui technique et financier à 80 villages d’Afrique subsaharienne.


M. Shin a ensuite signalé que l’expérience de son pays avait démontré l’efficacité d’un développement basé sur les exportations.  Il a plaidé pour des stratégies nationales adéquates et la mise en œuvre de l’initiative « Aide pour le commerce » qui peuvent améliorer la compétitivité des pays africains.  Il a également souhaité, à cet égard, le succès des négociations du Cycle de Doha.  Après avoir dénoncé l’insuffisance des financements dans le domaine de la santé, le représentant a indiqué que son pays avait introduit une taxe sur les billets d’avion afin d’appuyer l’éradication des maladies et la réalisation des OMD en Afrique.  La République de Corée, a-t-il conclu, a pu surmonter ses obstacles au développement en se concentrant sur les secteurs des infrastructures, de la santé et de l’éducation.  Elle appuie donc fermement le NEPAD.


M. ASAD MAJEED KHAN (Pakistan) a affirmé que des actions plus intenses, coordonnées, équilibrées et intégrées étaient nécessaires pour répondre aux besoins de développement de l’Afrique.  La communauté internationale doit clairement faire davantage d’efforts pour tenir ses engagements en matière de ressources à apporter à la réalisation des OMD, a-t-il insisté.  Les investissements, l’accès aux marchés et le renforcement des capacités nationales sont les trois piliers d’un partenariat stratégique entre l’Afrique et le reste du monde, a-t-il dit, rappelant qu’une paix durable ne serait atteignable qu’avec une stratégie inclusive qui s’attaque aux causes des conflits. 


À cet égard, le maintien de la paix de l’ONU est un outil indispensable qui a fait la preuve de son utilité et de son efficacité sur le continent africain, et le Pakistan y participe pleinement avec un contingent de près de 10 000 soldats, a souligné le représentant.  Le pays a également adopté un Plan pour le développement du commerce avec l’Afrique, qui a atteint 1,8 milliard de dollars d’échanges bilatéraux, et un Programme d’assistance technique pour l’Afrique qui a offert des formations à des centaines de jeunes africains depuis son entrée en vigueur en 1986.  Les défis auxquels l’Afrique est confrontée sont colossaux mais les opportunités qui se présentent sont tout aussi immenses, a conclu M. Khan, estimant que le NEPAD est un cadre de travail réaliste pour agir vers le développement. 


M. JEAN-FRANCIS RÉGIS ZINSOU (Bénin) a expliqué que le NEPAD avait permis à l’Afrique d’établir des priorités claires et des orientations stratégiques cohérentes pour la conduite des efforts concourant à son développement.  Il a estimé que la promotion de l’agriculture et le développement des infrastructures étaient les plus à même de porter la relance du progrès économique et social en Afrique, lesquels appellent la mobilisation d’un appui financier technique et substantiel des partenaires au développement.  À l’instar du Ministre des affaires étrangères du Bénin, le représentant a lancé un appel pour la constitution d’un fonds d’investissement sous l’égide de l’ONU et de l’Union africaine pour la réalisation de projets d’infrastructures continentales en Afrique. 


Passant ensuite à la question du renforcement de la paix et de la sécurité en Afrique, M. Zinsou a appuyé la mise en place de moyens de médiation exploitables et efficaces afin de renfoncer les efforts de l’ONU et de l’UA.  Il a également estimé que la communauté internationale gagnerait à intensifier son action pour assurer une prise en charge plus effective des causes structurelles profondes du conflit, dont la persistance mine le continent.  Le représentant a notamment lancé un appel pour l’intensification de la lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre (ALPC).  Relevant que l’accès aux services de base aux communautés marginalisées pouvait contribuer à la paix et à la sécurité, M. Zinsou a affirmé qu’une importance cruciale devait être accordée à l’appui à l’adduction d’eau en milieu rurale et périurbain, à l’approvisionnement en énergie, ainsi qu’à la garantie de l’accès aux soins de santé de base et à la construction d’écoles.  Il a également évoqué la lutte contre le chômage des jeunes et le crime organisé, pour ensuite engager les États africains à tenir leurs engagements en ce qui concerne la contribution des budgets nationaux au financement des actions dans le domaine de la santé et de l’agriculture.


M. Zinsou a poursuivi en expliquant que la politique du Gouvernement béninois s’axait sur le renforcement des ressources humaines, la fourniture d’intrants agricoles, la réforme foncière et la protection des droits des paysans.  Il a également indiqué que le programme national d’investissement agricole ciblait la réduction de la pauvreté par la croissance, le renforcement de la sécurité alimentaire et la préservation d’un environnement de production approprié.  Il a ajouté que le secteur agricole représentait 36% du PIB du Bénin et entre 75 et 90% de ses recettes à l’exportation.  Le représentant béninois a cependant estimé que les efforts déployés ne pourraient porter leurs fruits si des avancées significatives n’étaient pas réalisées dans le règlement de la question des subventions agricoles.


Pour ce qui est du paludisme, M. Zinsou a estimé qu’une attention particulière devait être accordée à la question de la résistance des parasites aux médicaments antipaludiques et aux insecticides.  Il a ensuite affirmé qu’il importe de créer, au plus tôt, le mécanisme régional de coordination tout en renforçant les capacités d’action de la Commission économique pour l’Afrique (CEA).


M. U THAN SWE (Myanmar) a appelé la communauté internationale à tenir ses engagements en faveur de l’Afrique, en particulier en ces temps de crise.  Il faut aussi, a-t-il poursuivi, aider les pays africains à renforcer leurs propres capacités, alléger leur dette, leur ouvrir l’accès aux marchés et leur assurer les technologies nécessaires.  Des programmes d’allègement de la dette et de prêts concessionnels doivent être mis en place pour aider les pays africains à atténuer à moyen terme les effets de la crise économique.  Il a aussi plaidé pour l’augmentation de l’APD, mais aussi pour des ressources nouvelles et additionnelles pouvant aider les pays africains à financer leurs programmes d’adaptation aux changements climatiques.  Il s’est félicité de la proposition de la Banque mondiale de créer un fonds spécial pour la stabilisation et le développement de l’Afrique.  En dernier lieu, le représentant s’est félicité des efforts déployés pour soutenir les organisations sous-régionales et régionales en Afrique.


M. TOMMO MONTHE (Cameroun) a passé en revue ce que le NEPAD avait permis d’accomplir en Afrique centrale et dans son pays.  Il a notamment cité le Plan directeur consensuel des transports en Afrique centrale (PDCT-AC), un projet prioritaire qui comporte 55 projets.  Au niveau national, a-t-il dit, le Cameroun a pris des mesures en faveur de la gratuité de l’éducation, de la santé ou encore de la lutte contre la vie chère par une politique de stabilisation des prix.


Les avancées sont notables, s’est-il félicité, avant de déplorer que seuls 12,5 milliards de dollars des 25 promis ont été déboursés.  Il a aussi souligné que la plupart des pays africains sont loin des 7% de croissance qu’ils doivent atteindre pour pouvoir réaliser les OMD.  Devant cette situation, des mesures correctives énergiques sont nécessaires, citant la nécessité de concrétiser les nombreuses promesses des partenaires du développement et d’assurer la mobilisation des ressources nationales des pays africains eux-mêmes.  Il a également cité la conclusion du Cycle de Doha et les contributions des organismes des Nations Unies, qui doivent faire l’objet d’une planification plus stratégique susceptible de fixer des objectifs concrets et périodiquement mesurables. 


En cela, a-t-il dit, le Bureau du Conseiller spécial du Secrétaire général pour l’Afrique ainsi que la Commission économique pour l’Afrique doivent jouer un rôle de premier plan dans la mobilisation de l’opinion internationale, la coordination des efforts et des contributions et l’évaluation constante des résultats.


Abordant les questions de gouvernance, de paix et de sécurité, M. Monthe a exprimé des inquiétudes quant à la persistance et à la naissance des conflits sur le continent, avant de plaider pour la recherche de solutions qui devraient s’articuler autour de la diplomatie préventive, afin d’éviter l’aggravation des situations.  Il s’est félicité de la création par le Secrétaire général d’un Bureau permanent pour l’Afrique centrale. 


Mgr CELESTINO MIGLIORE, Observateur permanent du Saint Siège, a déclaré que même pendant ses années les plus difficiles, l’Afrique avait fourni à la communauté internationale des valeurs qui méritent l’admiration, comme, notamment, la gestion des processus de transition vers l’indépendance ou le redressement à l’issue d’un conflit.  Il a également affirmé que certains pays africains avaient pu réaliser le rêve d’une agriculture diversifiée et enregistrer des progrès notables en ce qui concerne l’accès à l’éducation primaire et la situation des femmes.  Convenant cependant que la plupart des populations en situation d’extrême pauvreté vivent en Afrique, l’observateur a estimé que l’Afrique avait besoin d’une solidarité concrète. 


L’Afrique doit également renforcer le système d’appui de base à son économie, tandis que des programmes de financement à long terme sont nécessaires pour gérer la dette des pays pauvres les plus endettés, consolider les systèmes économiques et constitutionnels et créer un réseau de sécurité sociale, a-t-il dit.  Mgr Migliore a ensuite engagé les pays développés à ne pas réduire le montant du financement accordé à l’APD.


Passant à l’agriculture, Mgr Migliore a estimé qu’il fallait trouver une solution aux subventions des pays développés et au dumping des produits de base.  De son avis, l’Afrique a également besoin d’un appui pour l’aider à diversifier ses économies, relevant que les économies émergeantes qui avaient une influence sur la politique et l’économie mondiales étaient celles qui avaient réussi à diversifier leur secteur industriel et agricole. 


M. MARWAN JILANI, Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge (FISCR), a expliqué que les programmes de lutte contre le paludisme mis en œuvre par le FISCR étaient accompagnés d’efforts pédagogiques et d’émancipation.   Il a évoqué le succès de la campagne « Hang Up »  lancée pour sensibiliser les populations à l’importance des moustiquaires imprégnées d’insecticide.  Après avoir souligné l’importance d’atteindre les groupes vulnérables, notamment les personnes vivants dans des zones reculées et les réfugiés, le représentant a expliqué que des volontaires du FISCR vivaient au sein de communautés et aidaient les familles à surmonter les barrières sociale ou culturelles qui entravaient l’usage des moustiquaires.  Il a indiqué qu’une enquête menée cet été au Mozambique, dans la province de Nampula, avait démontré que 70% des ménages ont acquis des moustiquaires en très peu de temps et que chez 48% d’entre eux, les moustiquaires étaient effectivement suspendues.  M. Jilani a également précisé que le FISCR intégrait une composante de lutte contre le paludisme dans ses programmes de secours d’urgence pour les zones endémiques ou là où une catastrophe pourrait provoquer une épidémie. 


M. ALI ABDUSSALAM TREKI, Président de l’Assemblée générale, a estimé que le débat avait offert l’occasion de revoir les progrès enregistrés dans la mise en œuvre du NEPAD et d’analyser les objectifs qui restent à atteindre.  Plusieurs pays, a-t-il dit, ont insisté sur des priorités du NEPAD que sont les infrastructures, l’agriculture, la santé et l’éducation.


Les États, a-t-il noté, ont souligné l’importance du partenariat international mais aussi de la coopération Sud-Sud.  Le Président a aussi noté la satisfaction des délégations de voir le NEPAD intégré aux structures et processus africains, notamment à l’Union africaine.  Le Président a par ailleurs relevé que si tous ont reconnu la responsabilité de l’Afrique dans son propre développement, ils ont néanmoins rappelé les partenaires du développement à leurs engagements dans le domaine des investissements et du commerce.


Comme défis que l’Afrique doit relever de toute urgence, le Président a cité le paludisme, le VIH/sida, le crime organisé et le trafic de drogues.  Il a relayé l’appel de l’Afrique pour une aide internationale dans ces domaines, avant de conclure en exprimant l’espoir de voir la communauté internationale rester aux cotés de l’Afrique et tenir ses promesses.


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