12/10/2009
Assemblée générale
AG/10869

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Assemblée générale                                         

Soixante-quatrième session                                 

17e et 18e séances plénières - matin et après-midi


L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE APPELLE À UN ENGAGEMENT RENOUVELÉ POUR REMÉDIER À L’ABSENCE TOTALE DE PROGRÈS DANS LA LUTTE CONTRE LA MORTALITÉ MATERNELLE


« À chaque minute de ma déclaration, une femme est morte en couches ou enceinte », a déclaré aujourd’hui la Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), alors que l’Assemblée générale célébrait le quinzième anniversaire de l’adoption du Programme d’action de la Conférence des Nations Unies sur la population et le développement qui s’est tenue au Caire. 


Sept minutes, sept morts.  Les taux de mortalité maternelle n’ont pas changé depuis la Conférence du Caire, a déploré le Secrétaire général, qui a constaté que le consensus du Caire continue d’être davantage un objectif qu’une réalité.  La lutte contre la mortalité maternelle est pourtant couverte par le cinquième Objectif du Millénaire pour le développement (OMD), selon lequel les dirigeants du monde se sont engagés à réduire de trois quarts les taux de mortalité maternelle et à assurer l’accès universel à la santé reproductive d’ici à 2015.


Il faut maintenant traduire l’engagement de lutter contre la mortalité maternelle en actes concrets et augmenter les ressources pour financer le train de mesures nécessaires, a estimé la Directrice exécutive du FNUAP.  Pendant ces 15 ans, a-t-elle rappelé, ces ressources sont restées au même niveau alors que les autres domaines de la santé ont vu leur budget augmenter substantiellement. 


Le représentant des États-Unis a rappelé que son pays a appuyé les programmes de planification familiale dans plus de 50 pays en 2009.  Il a formé plus de 500 000 professionnels de la santé, et fait en sorte que le recours aux contraceptifs modernes a augmenté de 24 à 38% en moyenne dans les 36 pays qui reçoivent l’assistance américaine.


Aujourd’hui, 200 millions de femmes n’ont toujours pas accès aux moyens contraceptifs, a souligné le Secrétaire général de l’ONU, qui a rappelé que la mortalité maternelle est directement liée à la qualité des systèmes de santé nationaux.  En combattant cette mortalité, c’est tout le système de santé que nous améliorons, a-t-il insisté.  Répondre aux besoins non satisfaits en matière de contraception suffirait à réduire d’un tiers les grossesses non désirées et les avortements dangereux qui en découlent, a estimé le représentant de la Suisse.   


Les appels au respect du droit des femmes à la santé ont été relayés aujourd’hui par une trentaine de délégations qui ont tout de même salué les progrès réalisés.  Le Président de l’Assemblée générale s’est félicité du nombre croissant de filles inscrites à l’école, de la baisse des taux de mortalité infantile et des progrès dans la lutte contre le VIH/sida. 


Par ailleurs en début de séance, le Président de l’Assemblée générale a présenté ses condoléances à l’Uruguay et à la Jordanie, ainsi qu’aux parents et proches des personnes qui ont trouvé la mort au bord de l’avion de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) qui s’est écrasé vendredi dernier à Haïti.


L’Assemblée générale poursuivra ses travaux demain 13 octobre, à partir de 10 heures.


APPLICATION ET SUIVI INTÉGRÉS ET COORDONNÉS DES TEXTES ISSUS DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET ORGANISÉES PAR LES NATIONS UNIES DANS LES DOMAINES ÉCONOMIQUE ET SOCIAL ET DANS LES DOMAINES CONNEXES


Commémoration du quinzième anniversaire de la Conférence internationale sur la population et le développement


Déclarations


M. ALI ABDUSSALAM TREKI, Président de la soixante-quatrième session de l’Assemblée générale, a tout d’abord passé en revue les grandes lignes de la Conférence du Caire, qui a jeté les bases des Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Les questions de population doivent être intégrées dans les politiques de développement, a-t-il insisté en dénonçant, dans le cadre de la lutte contre les changements climatiques, les modes non durables de consommation.  Après avoir souligné l’importance de la santé reproductive, le Président s’est félicité du nombre croissant de filles inscrites à l’école, de la baisse des taux de mortalité infantile et des progrès dans la lutte contre le VIH/sida.  Il a conclu en appelant à une meilleure coopération internationale pour mettre en œuvre le Consensus du Caire car « nous devons nous engager à prendre des mesures plus fortes pour réaliser les objectifs de cette Conférence ». 


Le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, M. BAN KI-MOON, a estimé que la Conférence du Caire avait été un tournant décisif dans la manière dont les questions de population étaient abordées, au niveau international.  Elle a été à cet égard, un exemple « flamboyant » de ce que les Nations Unies réalisent comme aucune autre organisation au monde, à savoir être pionnier dans la réponse aux défis mondiaux et amener les gouvernements à définir des objectifs communs qui aillent au-delà de leurs intérêts et de ce qu’ils auraient pu faire, au niveau national, a-t-il dit.


Aujourd’hui, nous sommes réunis pour saluer les progrès qui ont été faits, identifier les nombreux problèmes qui demeurent et renforcer notre détermination à les résoudre, a déclaré M. Ban, rappelant qu’en 1994, moins de la moitié des femmes utilisaient des moyens de contraception moderne et 71 enfants sur 1000 mouraient dans la première année de leur vie.  Aujourd’hui, 56% des femmes sont en mesure de choisir quand et combien d’enfants elles souhaitent avoir et la mortalité infantile s’est établie à 51 pour 1000.  En outre, plus de femmes ont accès aux soins nécessaires à leur accouchement, s’est-il félicité.


La communauté internationale a travaillé d’arrache-pied pour réaliser ces progrès, mais pour bien trop de gens le consensus du Caire continue d’être davantage un objectif qu’une réalité, a néanmoins déploré le Secrétaire général.  Aujourd’hui, 200 millions de femmes n’ont toujours pas accès aux moyens contraceptifs, les mariages précoces sont toujours d’actualité dans trop de pays, la violence sexuelle et les mutilations génitales restent des problèmes majeurs et les taux de mortalité maternelle n’ont pas changé depuis la Conférence du Caire, a souligné le Secrétaire général.


Nous avons un plan très clair pour résoudre ces problèmes, a-t-il rappelé, en citant le Programme d’action du Caire « qui est particulièrement important pour réaliser l’OMD nº5 relatif à la mortalité maternelle et à l’accès à la santé reproductive.  La mortalité maternelle, a insisté le Secrétaire général, est directement liée à la qualité des systèmes de santé nationaux.  En combattant cette mortalité, c’est tout le système de santé que nous améliorons, a-t-il rappelé. 


Soulignant l’importance des ressources financières requises, Ban Ki-moon a estimé que la crise financière n’est pas le moment de renier les promesses de protéger les femmes et d’investir dans ce segment de la population.  Il a donc appelé tous les partenaires au développement à se joindre à lui et à se réengager en faveur du Programme d’action du Caire, jusqu’à que toutes les promesses aient été tenues.


Quinze après, Mme THORAYA AHMED OBAID, Directrice exécutive du Fonds des Nations pour la population (FNUAP), a estimé que même si le débat sur la santé sexuelle et reproductive n’est pas plus facile, le dialogue s’élargit néanmoins et des progrès concrets s’accumulent.  Aujourd’hui, a-t-elle dit, on reconnait de plus en plus que les valeurs culturelles ou les interprétations des textes sacrés peuvent punir les femmes et leur nuire, ou les libérer et les appuyer.  Nous voyons de plus en pus d’hommes se mettre aux cotés des femmes afin de mettre fin à des pratiques traditionnelles qui lèsent les femmes ainsi qu’à la violence contre elles.


Nous savons, a-t-elle poursuivi, que l’investissement est une donnée critique.  Des femmes continuent de mourir pour des causes évitables pendant la grossesse ou l’accouchement.  Une femme est morte à chaque minute de ma déclaration », a-t-elle dit.  Il faut maintenant traduire l’engagement de lutter contre la mortalité maternelle en actes concrets et augmenter les ressources pour financer un train de mesures en matière de santé maternelle et reproductive pour réaliser l’OMD nº5, a-t-elle voulu. 


Pendant ces 15 ans, ces ressources sont restées au même niveau, a-t-elle alerté, alors que les autres domaines de la santé ont vu leur budget augmenter substantiellement.  J’appelle, a insisté la Directrice exécutive, les gouvernements à faire de la santé des femmes et leur droit à la santé reproductive une priorité financière.  En facilitant l’accès à la planification familiale, les femmes pourront gérer le nombre de grossesses et leur espacement.


Les politiques démographiques exigent des politiques concertées, a-t-elle poursuivi.  Les données sur les populations fournissent une base solide pour des politiques adéquates.  La Directrice exécutive a donc espéré que le recensement de 2010 fournira des données très importantes pour l’élaboration des politiques en faveur des plus vulnérables. 


Nous savons, a-t-elle encore dit, que le travail en solitaire n’est pas très bénéfique.  Les Nations Unies, a-t-elle affirmé, harmonisent leur appui aux pays pour renforcer l’appropriation nationale et les programmes nationaux.  En la matière, elle a appelé à l’accélération des réformes pour renforcer l’efficacité des programmes de développement de l’ONU.


Aujourd’hui, a-t-elle conclu, les femmes et les enfants représentent presque 80% des populations vulnérables dans le monde.  Il faut donc que les décideurs politiques ne perdent pas de vue l’impact de leurs solutions aux crises financière, énergétique, alimentaire et climatique sur cette catégorie de la population.  Notre défi, a-t-elle ajouté, est de faire appel au courage et à la sagesse pour répondre à ces crises et accélérer un développement socialement équitable et écologiquement sain.  À cet égard, a-t-elle insisté, le Programme d’action du Caire demeure une feuille de route valable.  


Mme KURBANOVA RUKIA, Vice-Premier Ministre du Tadjikistan, a rappelé que son pays avait choisi, après l’indépendance, un modèle d’État social.  Elle a souligné que le Tadjikistan avait dépassé une période d’instabilité politique depuis la Conférence du Caire et mis désormais en place une gestion améliorée des affaires publiques.  Il reste néanmoins des problèmes non résolus comme celui de la pauvreté, a-t-elle reconnu, mais la paix et la stabilité macroéconomique ont permis des progrès, dont la stabilisation du nombre des naissances. 


La question des migrations, a-t-elle poursuivi, est centrale pour le Tadjikistan, et a été placée au cœur de la stratégie gouvernementale de lutte contre la pauvreté.  La Vice-Premier Ministre s’est en outre félicitée de la constante augmentation du taux de fréquentation dans les institutions de planification familiale et a assuré que son gouvernement restait mobilisé pour réaliser la pleine mise en œuvre du Programme d’action de la Conférence, sur la base des OMD. 


Mme VITA A. SKILLING, Secrétaire d’État à la santé et aux affaires sociales des États fédérés de Micronésie, qui intervenait au nom des États de la région du Pacifique, a d’abord attiré l’attention sur les initiatives lancées par les pays de la région dans le domaine de la santé reproductive, de la lutte contre le VIH/sida et de l’égalité entre les sexes, entre autres.  Elle a ensuite reconnu que les taux de mortalité et de morbidité maternelles demeurent la plus grande inégalité en matière de santé.  Certains États du Pacifique connaissent toujours un taux « inacceptable » de mortalité maternelle car les femmes ne peuvent accéder en temps voulu aux services pertinents, dont ceux de la planification familiale.  Une action urgente est donc nécessaire, a-t-elle affirmé. 


Elle a également évoqué les taux importants de grossesses précoces et de maladies sexuellement transmissibles, ainsi que la propagation du VIH dans la région.  Pour y répondre, a-t-elle ajouté, il faut renforcer les services de santé et combler les fossés et ce faisant, porter une attention particulière aux groupes vulnérables.  Elle a, dans ce cadre, souligné la nécessité d’une action nationale plus soutenue pour assurer l’implication des jeunes dans le processus de prise de décisions.


Mme Skilling a ensuite reconnu que l’égalité entre les sexes et l’émancipation des femmes avançaient très lentement dans la région, tout en relevant d’autres problèmes.  Elle a cité La violence « endémique » contre les femmes et les fillettes dans certaines communautés, qui sape les efforts de lutte contre la pauvreté dans la région.  Elle a attiré l’attention de l’Assemblée générale sur la nécessité d’une action renforcée pour lutter contre ce fléau.  Elle a également estimé « essentiel » d’incorporer le problème des changements climatiques au sein des stratégies nationales de développement des pays vulnérables.  Avant de conclure, Mme Skilling a réclamé une action internationale urgente pour répondre aux effets des changements climatiques, dont les déplacements de population et l’impact sur le bien-être et le développement.


Mme VANDA GUIOMAR PIGNATO, Première Dame et Secrétaire d’État à l’intégration sociale d’El Salvador, s’est félicitée que la question du développement ne soit plus abordée uniquement du point de vue économique mais aussi sous l’angle de sa composante sociale.  Malgré cela, 15 ans ont passé et les choses ont avancé plus lentement que la prise de conscience des nouvelles générations, a-t-elle déclaré, appelant à la mobilisation de tous les secteurs, nationaux et internationaux, gouvernementaux et non gouvernementaux, pour qu’ils unissent leurs efforts et traduisent leurs bonnes intentions en actions.


Je viens, a-t-elle dit, d’un petit pays situé dans une région marquée par l’inégalité, la pauvreté, l’exclusion, l’insécurité et le crime organisé.  La Secrétaire d’État a affirmé que son pays faisait des efforts importants pour mettre au point des politiques sociales basées sur le respect de la diversité et la culture de tolérance.  Toutefois, a-t-elle prévu, le problème d’une région et de ses populations doit être perçu comme le problème de toute la communauté internationale dans son ensemble.  Elle a aussi déclaré que le nombre des personnes âgées était en pleine expansion et qu’une attention insuffisante leur était portée. Il s’agit d’une tranche d’âge hautement vulnérable qui réclame une attention spéciale, a-t-elle insisté, appelant les Nations Unies à prendre les mesures nécessaires en la matière.  Le Programme d’action du Caire n’a rien perdu de son actualité, a-t-elle conclu.  « Nous devons travailler et intensifier nos efforts pour avancer vers sa réalisation ».


M. MARIO AHOUN, Ministre des affaires sociales du Liban, a relevé que les conséquences des crises financière et alimentaire ont aggravé l’inégalité et exacerbé la pauvreté dans le monde.  Avec la crise alimentaire le nombre de personnes vivant dans les pays pauvres ne cessent de s’accroître, a-t-il observé.  À ces crises, il faut ajouter les problèmes de santé et d’environnement qui retardent la réalisation du Programme d’action du Caire et des OMD.  Le fait que certain pays continuent de faire fi des injonctions de la communauté internationale et continuent de mettre en péril les équilibres nationaux peut semer les germes des inégalités sociales dans les pays pauvres a-t-il déclaré.


Le Liban, a-t-il dit, malgré la faiblesse de ses ressources, a réalisé des progrès qui se mesurent par des améliorations dans les domaines de la santé, y compris la santé reproductive, de la scolarisation, de l’égalité entre les sexes, de l’émancipation des femmes et de la prise en charge des familles pauvres.  Le Ministre a conclu en appelant les partenaires à contribuer à la réalisation complète du Programme d’action du Caire. 


Mme GANDI TUGSJARGAL, Ministre de la protection sociale et du travail de la Mongolie, a relevé que la mise en œuvre du Programme d’action du Caire est confrontée à des défis nouveaux et émergents dont les crises énergétique et financière, le réchauffement de la planète et les différents conflits qui affectent négativement le bien-être humain.  Elle a donc souligné que son pays mène une réflexion sur les stratégies à mettre en place pour faire face à ces défis.  La Ministre a ensuite passé en revue les diverses initiatives lancées dans son pays pour mettre en œuvre le Programme d’action, dont la politique nationale sur le développement et la population, les programmes de santé reproductive et la loi contre la violence domestique.


La Mongolie, a-t-elle affirmé, a réduit de façon notable son taux de mortalité maternelle et infantile, a-t-elle ajouté.  Mais, a-t-elle dit, le pays est toujours confronté à la question des migrations et de la prise en charge des groupes désavantagés.  Davantage d’attention doit être accordée aux questions relatives au vieillissement de la population, à la traite des femmes et des enfants ainsi qu’à l’accélération de l’urbanisation. 


Les défis complexes posés dans le domaine du développement et de la population doivent être traités par des approches nouvelles et novatrices, a conclu la Ministre, en insistant sur le problème des migrations qui est un sujet de préoccupation pour les pays d’origine comme pour les pays de destination.  Le problème est d’autant plus difficile à résoudre que les pays concernés ne sont pas toujours capables de développer une politique adéquate de gestion du phénomène.  La Mission a donc voulu que l’ONU joue un plus grand rôle dans ce domaine. 


M. JEAN-MARIE EHOUZOU, Ministre des affaires étrangères, de l’intégration africaine, de la Francophonie et des Béninois de l’extérieur, a rappelé que dès 1996, son pays a pris des initiatives « hardies » pour la mise en œuvre du Programme d’action du Caire.  Depuis 2006, le Benin a adopté de nombreuses mesures dont une enquête modulaire sur les conditions de vie des ménages, l’adoption de politiques intégrant les questions de population, l’amélioration du statut juridique de la femme, le développement de la microfinance comme instrument d’émancipation des femmes ou encore le renforcement des actions en matière d’emploi, de santé de reproduction, de préservation des droits de l’enfant et de l’intensification de la lutte contre le VIH/sida.  Nous espérons, a conclu le Ministre, pouvoir continuer de bénéficier d’une coopération internationale dynamique de la part des partenaires au développement pour relever les nombreux défis auxquels le pays est confronté dans ses efforts pour atteindre les OMD. 


M. SUGIRI SYARIEF, Ministre du Conseil de coordination de la planification familiale de l’Indonésie, a expliqué que les politiques liées à la population étaient une partie intégrale du Plan de développement à long terme de son pays pour la période 2005/2025, lequel se base sur le Plan d’action de la Conférence du Caire.  L’objectif de l’Indonésie est de gérer la croissance de la population ainsi que sa mobilité et d’améliorer les systèmes d’information, a-t-il précisé.  Il a ensuite indiqué que l’Indonésie avait réussi à réduire de façon notable le nombre de personnes vivant avec moins d’un dollar par jour, et que son pays s’attachait maintenant à s’assurer que les moins fortunés ne tombent pas en dessous du niveau national de la pauvreté en cas de crise.


Le Ministre a poursuivi en expliquant que la Stratégie nationale de réduction de la pauvreté s’attachait à améliorer les taux d’inscription scolaire des filles et à éliminer les obstacles qui entravent l’émancipation des femmes.  Il a notamment évoqué la protection des femmes qui travaillent à l’étranger, la réduction de la mortalité maternelle, ainsi que la prévention de la violence à l’égard des femmes et la traite des femmes et des fillettes.  Après avoir expliqué que 9 800 femmes meurent en couches tous les ans en Indonésie, le Ministre a indiqué qu’un programme de santé maternelle avait été mis sur pied pour inverser cette tendance et que des progrès importants avaient été accomplis dans le domaine de la planification familiale. 


Un nombre de plus en plus important de femmes et de couples optent pour l’espacement des naissances, s’est-il félicité, avant d’indiquer que le taux de mortalité infantile avait également baissé.  Les femmes indonésiennes ont également accès à des soins de santé reproductive et sont informées de leurs droits en la matière, tandis qu’un programme spécial a été créé à l’attention des adolescents.  Le Ministre a cependant averti que les progrès enregistrés se voyaient sapés par la propagation du VIH/sida.  Nous examinons actuellement la manière d’enrayer ce fléau d’une manière plus concertée, a-t-il signalé.  Il a ensuite affirmé qu’afin de mettre en œuvre le Programme d’action du Caire, il importait de disposer de suffisamment de ressources humaines et financières et de renforcer les capacités institutionnelles nationales.


M. SHASHI THAROOR, Vice-Ministre chargé des relations extérieures de l’Inde, a souligné que la Conférence du Caire avait permis de dépasser des divisions profondes entre les États Membres et de considérer les questions de population et de développement de manière intégrée.  En Inde, cela s’est traduit par l’abandon d’une approche tournée vers la stabilisation de la démographie à une approche fondée sur la nécessité pour les hommes et les femmes de faire des choix informés et volontaires.


Quinze ans plus tard dans le monde, les résultats sont au mieux mitigés, a dit le Vice-Ministre, tant au niveau mondial que dans mon propre pays.  Mais, a-t-il confié, j’ai la ferme conviction que les objectifs sont toujours réalisables.  L’Inde a fait des progrès solides vers la réalisation des OMD, a affirmé le Vice-Ministre, notamment grâce à la création d’une Mission nationale de la santé rurale (NRHM), lancée en 2005, qui vise à améliorer l’accès aux soins de santé à plus de 600 millions de personnes.  Quelque 10 millions de femmes ont également pu bénéficier d’un programme spécial d’aide à l’accouchement, et le Programme de planification familiale, l’un des plus vieux au monde, a continué d’offrir ses services à la population.


Le Gouvernement indien a également fait adopter la loi sur le droit à l’éducation, a poursuivi M. Tharoor, visant à garantir le droit à la scolarisation de tout enfant jusqu’à l’âge de 14 ans.  L’Inde déploie également tous les efforts pour permettre aux femmes d’être des acteurs du développement au même titre que les hommes, a-t-il assuré, notant que le pays avait le plus grand nombre de femmes au monde représentées dans ses gouvernements locaux.  Le Vice-Ministre a conclu en estimant que la crise économique menaçait certains acquis en matière de développement et qu’il était, par conséquent, essentiel que les pays donateurs tiennent leurs promesses.


M. JOACHIM STYMNE, Secrétaire d’État à la coopération et au développement de la Suède, au nom de l’Union européenne (UE), a estimé que la Conférence du Caire avait été un évènement majeur permettant de mettre l’accent sur les droits de l’homme plutôt que sur des nombres, et de voir émerger un consensus global sur les questions liées à la population et au développement.  Depuis 1994, la mortalité infantile a reculé, plus de filles sont scolarisées, davantage de femmes et de couples peuvent planifier leur famille et la lutte contre le VIH/sida a été renforcée, s’est-il félicité.


Il a toutefois souligné que les effets de la crise financière et économique se faisaient sentir dans de nombreuses régions du monde et que la pauvreté restait une préoccupation majeure, alors qu’un milliard de personnes souffrent toujours de la faim et que 884 millions de personnes n’ont pas accès à l’eau potable.  Il est indéniable que la situation actuelle a porté atteinte à certaines avancées et très préoccupant que certaines familles qui sortaient de la pauvreté y replongent malgré leurs efforts.


Le Secrétaire d’État a ensuite rappelé les liens entre migrations et développement, soulignant qu’en la matière aussi, la crise bouleversait la donne puisque les transferts de fonds vers les pays en développement étaient moins importants.  À cet égard, il a assuré que la politique de l’Union européenne avait pour but de promouvoir la mobilité et l’immigration légale, et de combattre l’immigration illégale.  Les politiques de développement doivent intégrer les dynamiques de population, notamment la concentration vers les centres urbains à laquelle les migrations contribuent, a préconisé M. Stymne.


La participation des femmes à la vie politique et dans le processus de prise de décisions reste insuffisante, a aussi dit le représentant, et les violences contre elles sont un obstacle majeur vers l’égalité, le développement, la paix et la sécurité.  Il a donc appelé la communauté internationale à déployer des efforts plus intenses pour mettre en œuvre les résolutions 1325 et 1820 du Conseil de sécurité.


L’Union européenne va accélérer ses actions pour garantir l’accès universel à la santé reproductive, a assuré M. Stymne, soulignant que plus de 500 000 femmes mouraient toujours en couches ou de complications liées à la grossesse, en particulier en Afrique subsaharienne, et que cela montrait que l’on était loin de réaliser l’OMD nº5 sur la mortalité maternelle.  Quatre-vingt-dix-neuf pour cent des cas de mortalité maternelle surviennent dans les pays en développement, a-t-il insisté, appelant à des actions urgentes pour renforcer les systèmes de santé nationaux.  Il a enfin souligné que l’éducation sexuelle, l’accès aux soins et à des préservatifs masculins et féminins ainsi qu’une attention spéciale aux responsabilités des hommes étaient nécessaires dans la réponse au fléau du VIH/sida.  


Mme HAJA AFSATU OLAYINKA E. KABBA, Ministre de la pêche et des ressources marines de la Sierra Leone, a expliqué que depuis 1994, son pays avait mis sur pied une stratégie en matière de planification familiale et de santé reproductive.  Un programme qui cible la santé des enfants a également été créé, tandis que de nombreux médecins et infirmières ont suivi les programmes de formation du FNUAP, a-t-elle ajouté.  La Ministre a notamment expliqué que des ambulances pouvaient désormais transporter des femmes enceintes vivant dans des zones difficiles d’accès vers des d’hôpitaux ou des centres de soins.  Les leaders traditionnels et religieux participent également aux initiatives de réduction de la mortalité maternelle.  La Sierra Leone a aussi promulgué de nombreuses lois pour émanciper les femmes, notamment dans les domaines du mariage et de l’héritage, a par ailleurs signalé la Ministre.


Aujourd’hui, le taux de mortalité maternelle a chuté d’un tiers au cours des trois dernières années.  La priorité est d’assurer un accès gratuit aux services de santé pour les femmes enceintes et les enfants âgés de moins de 5 ans, a indiqué la Ministre.  Elle a cependant signalé que de nombreux défis demeuraient, comme, par exemple, le manque de ressources humaines pour les soins obstétriques d’urgence et la fuite des cerveaux que connait le secteur médical.  Avant de conclure, la Ministre a fait part de l’attachement de son gouvernement à créer un plan stratégique de santé reproductive, à rebâtir les maternités détruites pendant la guerre et à renforcer les capacités nationales.


Mme NAELA GABR, Vice-Ministre des affaires étrangères de l’Égypte, a déclaré que sa délégation estimait qu’afin de réaliser le Programme d’action de la Conférence du Caire, il importait de mobiliser suffisamment de volonté politique, notamment pour répondre aux conséquences des crises économique et financière actuelles.  Les conséquences négatives de ces crises devraient être une raison de plus de réaffirmer l’engagement des pays développés en faveur des pays en développement, notamment en ce qui concerne la réalisation des OMD, a-t-elle affirmé.  Elle a estimé qu’un accent particulier devrait être placé sur l’octroi de ressources suffisantes pour les services de planification familiale, de santé reproductive, de prévention du VIH/sida, ainsi que pour la collecte de données, entre autres.


La Ministre a ensuite indiqué que sa délégation se félicitait de la tenue prochaine du Sommet de 2010 sur les OMD.  Elle a indiqué que son gouvernement avait créé un nouveau Ministère de la famille et de la population, et qu’il avait promulgué de nombreuses lois sur l’égalité entre les sexes, les droits de l’homme et la mortalité maternelle et infantile.  Mme Gabr a conclu en faisant part de ses préoccupations face à la situation des Palestiniens qui vivent sous occupation.  Cette situation sape les efforts déployés par les Palestiniens pour assurer leur développement social et économique, a-t-elle déclaré.


Après avoir passé en revue les grandes lignes du Programme d’action du Caire, M. JOHANNES KYRLE, Vice-Ministre fédéral des affaires étrangères de l’Autriche, s’est félicité de la décision prise par l’Assemblée générale, au cours de sa soixante-troisième session, de créer une entité chargée de la promotion de la femme.  Il s’est également félicité de ce qu’un nombre plus important de femmes vivant dans des pays pauvres avaient désormais accès à des soins de santé reproductive et des services de planification familiale. 


Relevant cependant que tous les ans, près de 500 000 femmes continuent de mourir en couches et que trois millions de nourrissons meurent pendant la première semaine de leur naissance à cause, principalement, des complications de l’accouchement, M. Kyrle a estimé que la contribution du FNUAP à l’amélioration de la santé maternelle était d’une importance notable.  L’accès universel à la santé reproductive et une maternité sûre doivent devenir des droits universels, a-t-il affirmé. 


Le Vice-Ministre a notamment relevé que seule une femme sur 6 000 risquait de mourir en couches dans les pays développés, alors que ce chiffre est de 22 dans les pays d’Afrique subsaharienne.  Il a par ailleurs dénoncé les avortements pratiqués dans des conditions peu sûres, le mauvais accès aux contraceptifs et l’absence d’éducation sexuelle et reproductive aux adolescents.  Il a demandé une action urgente pour réduire la pauvreté, améliorer l’accès à la planification familiale et scolariser les femmes et les fillettes.  M. Kyrle a également engagé le FNUAP à renforcer ses efforts dans le domaine de la santé maternelle.


Le Ministre autrichien s’est ensuite dit préoccupé par le phénomène de la féminisation du VIH/sida et a demandé plus d’efforts pour inverser cette tendance.  Il a notamment évoqué le problème que pose la violence sexuelle et sexiste à cet égard.  Il a, par ailleurs, indiqué que la capitale autrichienne accueillera en juin 2010 la dix-huitième Conférence internationale sur le VIH/sida.


« Le recours flagrant à la violence sexuelle comme arme de guerre représente une menace importance à la paix et à la sécurité internationales », a poursuivi le Vice-Ministre.  Il a engagé les États et les parties à respecter leurs obligations internationales, avant de souligner la nécessité de nommer plus de femmes dans le domaine de la consolidation de la paix.  Il a évoqué l’importance des résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008) du Conseil de sécurité.  Malgré la crise, M. Kyrle a conclu en engageant les États Membres à redoubler d’efforts pour honorer les engagements pris à la Conférence du Caire.


Mme MARA BRAWER, Sous-Secrétaire d’État à l’égalité et à la qualité de l’éducation de l’Argentine, a souligné que la crise financière internationale mettait gravement en péril la réalisation du Programme d’action du Caire, et par conséquent des OMD.  La croissance de l’économie argentine a néanmoins permis, ces dernières années, de financer les politiques sociales.  L’expérience du pays a ainsi montré que mettre la création d’emplois au cœur de la stratégie d’éradication de la pauvreté permettait d’obtenir des résultats « extrêmement satisfaisants » dans la réalisation des autres OMD, a affirmé la Sous-Secrétaire d’État.


L’Argentine, a-t-elle poursuivi, a aussi intensifié ses efforts pour garantir une éducation de qualité pour tous et considère la santé comme un droit de l’homme fondamental qui prévaut sur les intérêts commerciaux.  Il s’agit, a-t-elle insisté, d’un investissement et non d’une dépense et à cet égard, l’éducation sexuelle intégrée est considérée comme essentielle à tous les niveaux de l’enseignement.


Mme Brawer a assuré que les questions liées à l’accès universel à la santé reproductive étaient une priorité du Gouvernement national et a indiqué que 99% des naissances en 2007 s’étaient déroulées dans un cadre médicalement assisté, ce qui témoigne de l’engagement de l’Argentine à garantir l’accès universel à la santé.  La mortalité maternelle a par ailleurs baissé de 15,4% entre 1990 et 2007, a-t-elle ajouté.  En matière de prévention du VIH/sida et d’implication des femmes dans la vie politique, le pays a également pris des décisions proactives qui ont donné des résultats, a affirmé la Sous-Secrétaire d’État, rappelant toutefois la nécessité de libérer les femmes de la violence si l’on souhaite les inclure dans le processus de prise de décisions. Sur ce sujet, une loi a été adoptée en mars 2009, appuyée par une campagne de communication nationale intitulée « Une autre vie est possible, nous avons le droit à une vie sans violence ».   


Mme TITVA KOUKKU RONDE, Sous-Secrétaire d’État à l’égalité et à la qualité de l’éducation du Ministère de l’éducation de la Finlande, a démontré le lien entre croissance démographique, changements climatiques et sécurité alimentaire.  Ce sont là, a-t-elle dit, des questions qu’aucun pays ne peut résoudre seul.  Nous avons, a-t-elle insisté, une responsabilité partagée car nous sommes tous responsables de la survie de notre planète.  Selon elle, le lien entre climat et population a deux dimensions.  D’une part, l’impact des changements climatiques se fait davantage ressentir chez les populations les plus pauvres et d’autre part, une croissance incontrôlée de la population renforce encore cet impact.


La plupart des problèmes écologiques, a-t-elle poursuivi, semblent s’aggraver par la taille et la croissance de la population.  En conséquence, le fait que la population mondiale a atteint près de 7 milliards de personnes et devrait augmenter de 78 millions par an est, de toute évidence, pertinent.  La demande de nourriture devrait doubler d’ici à 2030 et l’on sait déjà que 20% de cette augmentation est imputable à la croissance démographique.  Or, la plus grande croissance est observée dans les pays les plus pauvres. 


Au cœur du problème, a dit comprendre la représentante, se trouve donc celui du choix que l’homme et la femme font.  La stabilisation de la population se fera naturellement, a-t-elle dit, quand les femmes et les hommes pourront exercer en toute égalité leur droit de choisir, accéder aux soins de santé reproductive et assurer leur vieillesse par un travail décent et une protection sociale.  L’accès à la santé reproductive ou aux moyens de contraception est un droit qui appartient à tous et est essentiel pour les femmes, mariées ou célibataires.


Une femme en bonne santé veut dire augmentation de la productivité locale et mondiale, a insisté la représentante, en jugeant néanmoins que l’accent mis sur les femmes ne saurait suffire.  Il nous faut, a-t-elle déclaré, une implication constructive des hommes.  Elle a aussi jugé nécessaire l’amélioration de la gouvernance mondiale puisque « nous traitons de problèmes sans passeport, même si nous devons reconnaître que chaque pays est responsable de son propre développement ».  


Mme RAEDA AL QUTOB, Secrétaire générale du Haut Conseil de la population de la Jordanie, a, faisant part des progrès enregistrés par son pays doté d’une population de six millions de personnes, signalé la baisse du taux de fertilité, au cours de ces 20 dernières années, même si l’on a constaté un ralentissement de la tendance.  Ainsi, le taux est-il passé à 3,6 naissances par femme en 2007, soit une baisse légère de 0,1% par rapport à 2002.  Le taux de mortalité infantile a, quant lui, fortement baissé, passant de 34‰ en 1990 à 19‰ en 2007.  Celui des enfants de moins de 5 ans est passé de 39‰ à 21‰ en 2007.  En conséquence, l’espérance de vie dépasse désormais les 70 ans en Jordanie.


La Secrétaire générale a poursuivi en indiquant aussi que, grâce un meilleur accès aux services de santé reproductive et aux accouchements assistés médicalement, le taux de mortalité maternelle s’est considérablement amélioré, faisant présager une réduction de 75% d’ici à 2015 par rapport à 1990.  À l’heure actuelle, les chiffres sont de 60 pour 100 000 en 1990 à 41 pour 100 000 en 1996.  En matière de planification familiale, un budget spécial a été approuvé et des distributions gratuites de contraceptifs sont menées auprès de tous les agents de santé du secteur public.  La Jordanie a aussi amendé une loi visant à faire passer l’âge minimum du mariage à 18 ans pour les filles et les garçons.


La Jordanie a dû faire face à des défis démographiques comme les vagues d’immigration forcée, la stabilisation du taux de fertilité et la croissance démocratique dans le milieu urbain.  Elle a aussi été confrontée aux ramifications de la crise internationale qui ont touché la qualité de vie et augmenté la pauvreté et le chômage.  La crise, a prévenu la Secrétaire générale, risque clairement de réduire les investissements dans le développement des ressources humaines et le service public.  La prospérité n’est pas encore à portée de main en Jordanie, mais, a affirmé la Secrétaire générale, la mise en œuvre du Programme d’action du Caire et des OMD a permis d’améliorer de nombreux indicateurs démographiques et de développement, grâce notamment à l’appui de la communauté internationale. 


M. OSWALDO LAPUENTE, Sous-Secrétaire d’État à la planification et à la programmation à la Présidence du Guatemala, a estimé que pour mettre en œuvre les objectifs du Caire, il fallait adopter des directives claires pour les politiques publiques, lutter contre la pauvreté et donner un accès équitable aux chances de développement.  Il a déclaré que 15 ans après la Conférence du Caire, le monde avait besoin de reconfigurer le modèle du développement, notamment au vu des effets de la crise économique et financière.


Le Sous-Secrétaire d’État a déclaré que le Guatemala avait atteint un niveau de croissance « acceptable » qui lui permettait de poursuivre les politiques sociales et de développement fixées par le Gouvernement.  Une loi inédite sur le développement social a été adoptée en 2001 et des efforts déployés par ailleurs ont permis de faire baisser le taux de mortalité infantile de 34,8‰ en 2001 à 24,7‰ en 2008, a-t-il notamment signalé.  M. Lapuente a évoqué le taux important de pauvreté qui frappe 70,4% des habitants des zones rurales et 75% des autochtones du pays. 


Il a expliqué que le Gouvernement avait arrêté plusieurs priorités pour la période 2008/2012 afin d’enrayer la pauvreté, d’assurer l’éducation pour tous et d’améliorer l’accès aux soins de santé et à la nutrition.  La politique de l’enseignement vise, quant à elle, l’augmentation de l’alphabétisation ainsi qu’une meilleure formation des enseignants, entre autres, a-t-il indiqué, avant de signaler une réduction importante du taux d’analphabétisme entre 2001 et 2008.


Le Sous-Secrétaire d’État a également évoqué la création de plusieurs organes chargés de la promotion de la femme, notamment un Secrétariat présidentiel, un organe chargé de la défense des femmes autochtones et la promulgation de lois contre la violence faite aux femmes.


M. Lafuente s’est par ailleurs félicité de l’augmentation du niveau de participation des femmes au processus électoraux et de prise de décisions, comme en témoigne la composition de la Commission de la femme du Conseil national des accords de paix.  Il a également cité l’existence de centres d’aide pour les femmes victimes de violence, ainsi que le meilleur accès des femmes et des adolescentes aux services de santé et à l’éducation.


M. ABDALMAHMOOD ABDALHALEEM MOHAMAD (Soudan), au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a relevé que, d’après le rapport 2009 sur les OMD, les objectifs d’égalité des sexes et d’autonomisation des femmes; de réduction de la mortalité infantile et d’amélioration de la santé maternelle sont ceux qui ont le moins progressé.  Depuis le milieu des années 90, davantage de pays en développement se sont retrouvés confrontés à une diminution importante de dons en faveur de la planification familiale, a-t-il observé.  Le rapport indique aussi qu’on n’a pas réussi à éliminer les disparités fondées sur le genre à l’école primaire et secondaire dans les pays en développement, comme cela était prévu pour 2005, a aussi signalé le représentant.  En ce qui concerne la santé, il a noté le manque de progrès en matière de mortalité maternelle, en particulier en Afrique subsaharienne. 


Quant au nombre de personnes infectées par le VIH, il a certes décliné depuis 1996 partout dans le monde mais est élevé en Asie et en Afrique, a-t-il aussi indiqué, citant le cas des femmes d’Afrique subsaharienne qui représentent deux tiers des habitants de cette région.  La mise en œuvre du Programme d’action du Caire est un élément crucial de l’éradication de l’extrême pauvreté et de la réalisation des OMD, a poursuivi le représentant, qui a souligné l’utilité d’une approche générale.  Il a ensuite averti de la menace que les crises mondiales actuelles font peser sur les progrès déjà réalisés dans le développement.  Il a lancé un appel aux donateurs, aux organisations de l’ONU et autres organisations internationales pour qu’ils renforcent leur soutien financier et technique aux pays en développement, notamment dans le domaine du renforcement des capacités.


M. FÉLIX VÉLEZ, Secrétaire général du Conseil national de la population du Mexique, au nom du Groupe de Rio, a d’abord rappelé qu’un séminaire régional vient de se tenir les 7 et 8 octobre dernier à Santiago, au Chili, pour analyser les progrès de l’Amérique latine dans la mise en œuvre du Programme d’action du Caire et ses relations avec les OMD, y compris l’accès à la santé sexuelle et reproductive.  Le séminaire a également élaboré une feuille de route jusqu’en 2014 et au-delà.  


Au cours de ces cinq dernières années, a affirmé le Secrétaire général, l’Amérique latine avait fait des progrès significatifs dans l’amélioration des conditions de vie de sa population.  L’année 2008 a marqué la fin du cycle de croissance économique le plus important que la région ait connu depuis 1970 mais malgré cela, le continent compte encore 180 millions de pauvres et 70 millions de personnes qui vivent dans la pauvreté absolue, a-t-il reconnu. 


La crise économique mondiale a un impact négatif sur le développement de la région et cela est d’autant plus grave, a prévenu le Secrétaire général, que les précédentes crises ont montré qu’il a fallu 24 ans au continent pour revenir aux niveaux de pauvreté des années 80, soit le double du temps qu’il a fallu pour le PNB.  L’Amérique latine vit un « bonus démographique » qui a permis l’amélioration de plusieurs indicateurs sociaux.  De même, l’urbanisation grandissante et la consolidation d’un système de robustes ensembles urbains ont facilité l’application des politiques publiques de protection sociale et d’éradication de la pauvreté.


Compte tenu des difficultés que la région aura à atteindre les objectifs énoncés dans le Programme d’action, comme les OMD, le Secrétaire général a lancé un appel urgent à la communauté internationale.  Les OMD ne seront pas atteints si l’accès universel à la santé reproductive n’est pas garanti en 2015, a-t-il notamment déclaré, jugeant impérative la définition d’une stratégie pour les cinq ans à venir.  Il a jugé que de nouveaux thèmes devaient y être inclus, notamment le vieillissement de la population, les effets de la seconde transition démographique, les changements climatiques, les catastrophes naturelles, la crise économique et alimentaire, la propagation du VIH/sida, la ségrégation urbaine et le poids de plus en plus lourd des migrations. 


Mme MIA VENTURA, Directrice exécutive adjointe de la Commission de la population des Philippines, a estimé que le travail de son gouvernement en matière de maîtrise de la démographie avait permis de réduire la pauvreté et la malnutrition dans son pays.  Si nous poursuivons sur cette voie, cela permettra aux Philippines d’accélérer sa croissance économique et son développement, a-t-elle dit, assurant que des fonds étaient consacrés dans le budget national à l’accès universel à la santé et à la planification familiale, et que des réformes essentielles avaient été engagées afin de réduire la mortalité maternelle.  Sur ce sujet, l’objectif est d’atteindre le taux de 52 décès pour 100 000 naissances, contre 162 actuellement, a-t-elle précisé.


Les Philippines ont accompli des progrès considérables sur le statut de la femme, a-t-elle ajouté, et prennent des mesures pour s’attaquer à tous les aspects du développement humain, en particulier pour les enfants.  La santé des Philippins s’est globalement améliorée, comme le montre l’augmentation de l’espérance de vie qui s’est établie à 67,8 pour les hommes et 72,5 pour les femmes, a déclaré Mia Ventura.  Elle a conclu en rappelant que l’année dernière, son pays a eu l’« insigne honneur » d’accueillir le deuxième Forum mondial sur les migrations et le développement qui a été l’occasion de renouveler l’engagement international à assurer protection, bien-être et dignité aux travailleurs migrants.  Le rapport du Forum a été transmis à tous les États Membres et observateurs ainsi qu’aux autres parties prenantes et au Secrétaire général. 


M. RKS SURESH CHANDRA (Sri Lanka) a déclaré que les données démographiques de son pays montraient que le choix personnel des individus à décider de la taille de leur famille avait permis d’atteindre des résultats satisfaisants.  Il a énuméré plusieurs progrès faits au niveau national, comme une hausse du taux de recours aux méthodes modernes de contraception qui est passé de 20% en 1975 à 70% aujourd’hui, la hausse à un taux de 96% des naissances médicalement assistées et un taux de mortalité infantile avant l’âge de 5 ans est passé de 32‰ en 1990 à 13‰ en 2006.  Nous n’avons pas seulement atteint l’objectif de l’éducation primaire universel, nous avons également garanti l’égalité des sexes, a en outre affirmé le représentant, reconnaissant toutefois qu’en matière de malnutrition, des efforts supplémentaires devaient encore être faits.


C’est pourquoi le Gouvernement a lancé des programmes spéciaux incluant la distribution d’un déjeuner aux étudiants, un programme de microcrédit en faveur des femmes, ainsi que des programmes de santé et de lutte contre la pauvreté.  À cet égard, il a assuré que la carte de la pauvreté du Sri Lanka évoluait, notamment en ce qui concerne l’est du pays qui, après « trois décennies de souffrances imposées par un terrorisme brutal », connait « un développement rapide ».  Il a conclu en rendant un hommage appuyé au FNUAP, et à l’Équipe de pays des Nations Unies, dans son ensemble, pour leur appui à la mise en œuvre du Programme d’action du Caire.


S’exprimant en sa qualité de Président de la Commission de la population et du développement de l’ONU, M. DANIEL CARMON (Israël) a souligné le rôle majeur de sa Commission qui fournit des conseils aux États Membres pour la mise en œuvre du Programme d’action du Caire.  En sa qualité de représentant d’Israël, il a évoqué le travail de l’Autorité nationale pour la promotion de la femme, qui dépend directement du Cabinet du Premier Ministre et qui promeut des politiques pour renforcer le statut, la santé, la sécurité et l’égalité des femmes.  Si le pays appuie le droit des couples à choisir librement le nombre d’enfants et l’espacement des naissances, le représentant a reconnu que le taux de fertilité reste élevé pour un pays développé, à savoir une moyenne de trois enfants par femme. 


Il a souligné que le fossé entre les différents groupes de la population s’amenuise grâce à un accès élargi aux services sociaux et de santé.  Il a salué le succès des cliniques pour la mère et l’enfant qui ont été reconnues par l’Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) comme des modèles de santé publique et d’éducation.  Israël aide désormais des pays en développement à installer ce type de cliniques.  De même, le Centre MASHAV pour la coopération internationale œuvre à la promotion de la femme et à l’amélioration de sa santé dans le monde entier, a souligné le représentant.  Les programmes qu’Israël a mis en place avec plusieurs organismes de l’ONU touchent des domaines tels que les migrations et la santé, l’éducation des petits enfants et la prévention du VIH/sida en Afrique.


M. PAVEL HERCZYNSKI (Pologne) a estimé que l’incorporation du Programme d’action du Caire dans les stratégies nationales de développement, particulièrement dans les politiques publiques liées à la santé, est une condition préalable à la réalisation des OMD.  Pour le représentant de la Pologne, le droit d’accéder à des soins de santé de qualité, en y incluant la dimension sexuelle et reproductive, est la base de toute action.  Il a cependant tenu à souligner que selon l’entendement de la Pologne, toute référence à la santé sexuelle et reproductive et aux droits qui y sont associés ne constitue aucunement un encouragement à promouvoir l’avortement sur demande.  Le représentant a fait part de la conviction de son pays qu’il convient d’abord de se concentrer sur le combat contre la pauvreté et pour l’accès universel à l’éducation. La famille, en tant qu’unité de base de la société, devrait être au cœur de l’action, a-t-il ajouté. 


Mme KYRSTY GRAHAM (Nouvelle-Zélande) a affirmé que durant ces 15 dernières années, son pays a vigoureusement poursuivi la mise en œuvre du Programme d’action du Caire.  Elle a misen exergue le fait que l’an dernier, l’initiative menée par sa délégation a abouti à l’adoption par le Conseil des droits de l’homme d’une résolution sur la mortalité et la morbidité maternelles dues à des causes évitables et leur lien avec les droits de l’homme.  L’anniversaire célébré aujourd’hui, a-t-elle voulu, doit rappeler à la communauté internationale qu’il ne reste plus que cinq années avant le délai fixé pour le respect des engagements pris en 1994.  Notant les effets négatifs de la crise financière internationale, elle a jugé important de continuer d’investir dans l’accès universel à la santé reproductive, dans la réduction des taux de mortalité maternelle et dans les programmes en faveur de l’émancipation économique des femmes. 


Concluant sur la lutte contre les changements climatiques, elle a réclamé un accord prévoyant des mesures d’atténuation et d’adaptation qui tiennent compte de la dynamique démographique, même si l’on doit continuer à examiner cette question en dehors du cadre climatique.  Les autres organes pertinents doivent réfléchir aux moyens d’élargir l’accès à la santé sexuelle et reproductive et à la planification familiale.  


M. WELLINGTON WEB (États-Unis) a, après avoir salué les progrès dans la mise en œuvre du Programme d’action du Caire, prévenu qu’il reste encore beaucoup à faire, s’agissant en particulier de l’OMD nº5.  Rappelant qu’une femme meure en couches ou de complications liées à la grossesse toutes les secondes, il a appelé la communauté internationale à prendre des mesures soutenues pour inverser cette tendance.  Les États-Unis soutiennent avec force les droits de l’homme, qu’il s’agisse des droits des femmes et de leurs droits à la santé reproductive et à la planification familiale. 


Par le biais de l’Agence du développement international (USAID), les États-Unis ont appuyé les programmes de planification familiale dans plus de 50 pays en 2009.  Ils ont formé plus de 500 000 professionnels de la santé.  Le recours aux contraceptifs modernes a augmenté de 24 à 38% en moyenne dans les 36 pays qui reçoivent une assistance américaine, a affirmé le représentant.  Soutenant financièrement le FNUAP, les États-Unis, a conclu le représentant, ont annoncé l’Initiative mondiale de la santé qui avec 63 milliards de dollars sur une période de six ans, fait de la santé un élément essentiel de la politique étrangère américaine. 


M. KHADKA BAHADUR BASHYAL, Secrétaire d’État à la santé et à la population du Népal, a déclaré que des succès importants avaient été remportés dans la mise en œuvre du Programme d’action du Caire.  Les pays les moins avancés (PMA), comme le Népal, sont confrontés à de redoutables défis, a-t-il néanmoins reconnu.  Certains indicateurs positifs se font jour au Népal, a-t-il dit, citant le taux de personnes vivant sous le seuil de pauvreté qui a baissé et est aujourd’hui de 31% contre 42% ces dernières années.  L’indice de développement humain a augmenté même s’il reste bas, a-t-il précisé.  Nous avons réduit de moitié le taux de mortalité des enfants de moins de 5 ans et constatons une réduction du taux de fécondité, a-t-il poursuivi, affirmant que la maternité et l’accouchement sans risque restent un des piliers de la politique de natalité du pays.


Il a annoncé l’introduction de soins santé gratuits et relevé le travail accompli en matière d’égalité des sexes.  Un tiers par exemple de l’Assemblée constitutive est composée de femmes, a-t-il souligné.  En conclusion, le Secrétaire d’État a pointé du doigt les conséquences de la crise financière sur les politiques de lutte contre la pauvreté.  Cette crise rend notre tâche encore plus difficile, a-t-il déclaré, en affirmant qu’un financement à plus long terme est nécessaire si l’on veut que les pays en développement réalisent les OMD, a-t-il conclu.


M. PETER MAURER (Suisse) a estimé que la Conférence du Caire avait marqué un tournant historique dans le discours sur les questions de population.  En plaçant l’individu et ses droits au centre de l’analyse des dynamiques démographiques, le consensus du Caire ouvrait la voie à une approche basée sur la dignité et le bien-être général de la personne humaine, a-t-il dit, insistant sur les avancées contenues dans le texte sur les questions de santé et de droits en matière de reproduction, d’accès aux services de santé de base et d’égalité entre les sexes.  Il s’agit là d’éléments cruciaux et aucun élément nouveau depuis l’établissement de ce consensus ne justifie sa remise en question, a-t-il plaidé.


Nous nous devons de défendre les acquis du Caire contre l’usure du temps, a poursuivi le représentant, avant de s’interroger: était-il trop ambitieux? La question se justifie, selon lui, au regard des difficultés rencontrées.  Il a estimé qu’il fallait donc définir des priorités pour atteindre les objectifs en temps voulu.  Tout d’abord, il a rappelé que répondre aux besoins non satisfaits en matière de contraception suffirait à réduire d’un tiers les grossesses non désirées et les avortements dangereux qui en découlent.  En outre, dans certaines régions du monde, les complications liées à la grossesse ou pendant l’accouchement restent la cause la plus fréquente de décès chez les femmes, a dit M. Maurer.  L’accès des femmes aux services de santé primaire doit donc être garanti.  Enfin, il a estimé que les disparités entre les sexes qui perdurent dans le pouvoir de décision accordé aux femmes et la qualité de leurs sources de revenus devaient être la troisième priorité des pays pour atteindre en temps voulu les objectifs énoncés il y a 15 ans.


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a indiqué que malgré le fait que son pays avait atteint le premier stade des pays à revenu intermédiaire, l’accès de la population à certains services sociaux et de soins demeurait inadéquat.  Le Kazakhstan a renforcé sa politique en matière de lutte contre la pauvreté, d’accès universel à l’éducation, d’égalité entre les sexes et de gestion durable de l’environnement, a-t-elle cependant signalé.  De plus, dans la région du polygone nucléaire de Semipalatinsk, à l’est du pays, et dans le bassin de la mer d’Aral, le Gouvernement accorde une attention particulière à la collecte de données liées aux maladies infantiles ainsi qu’aux taux de mortalité maternelle et infantile.  Le pays s’efforce également de garantir un accès universel à l’éducation sexuelle et aux services de soins reproductifs. 


Après avoir évoqué les conséquences néfastes des crises financière et économique sur les politiques de développement, la représentante a indiqué que le Kazakhstan comptait aligner ses services de santé sur les normes internationales.  Mme Aitimova a expliqué que depuis 2008, les soins pour les femmes enceintes et les enfants étaient couverts par une assurance sociale et que le Gouvernement prévoyait d’augmenter de 9% les dépenses sociales dans le cadre de son budget pour la période 2009/2011.  La représentante s’est à son tour félicitée de la décision de créer une unité chargée de la promotion de la femme, en qualifiant d’essentielle l’autonomisation juridique des pauvres et des femmes.  Elle a mis l’accent sur l’importance de la coopération internationale et des partenariats novateurs dans le domaine du financement.


M. PEDRO NÚÑEZ MOSQUERA (Cuba) a tout d’abord salué les efforts déployés par Vilma Espín Guillois, chef de la délégation cubaine à la Conférence du Caire.  Il a notamment cité ses paroles pour dénoncer les « modes de production et de consommation irrationnelles » qui menacent la planète.  L’heure n’est pas aux félicitations, a-t-il enchaîné, rappelant que plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim et que 36 millions de personnes sont atteintes du VIH/sida.  Une femme meure chaque minute, tandis que 100 autres souffrent de complications liées à la grossesse et que 300 autres se retrouvent enceintes contre leur gré, a-t-il signalé.  Le représentant a attiré l’attention sur les conséquences que les crises économique et financière ont sur les femmes, avant de dénoncer l’augmentation de la pauvreté dans le monde.  Il a déploré l’absence de volonté politique pour établir un ordre économique international équitable capable de résoudre les problèmes du monde en développement.  Il a affirmé que de nombreux pays d’Amérique latine avaient toujours besoin d’un appui international. 


M. Núñez Mosquera s’est ensuite penché sur l’impact des politiques unilatérales coercitives des « puissances impériales ».  Depuis cinq décennies, le développement de mon pays s’est vu entravé par l’impact négatif de l’embargo imposé par les États-Unis, a-t-il affirmé.   Il a estimé que cette « politique hostile » était « inhumaine » et qu’elle bafouait le droit international ainsi que la Charte de l’ONU.  Le représentant a par ailleurs signalé que Cuba avait accompli des progrès en matière de réduction de la mortalité maternelle et infantile.  Tous les citoyens cubains jouissent de leur droit à la santé reproductive alors que le Gouvernement œuvre pour prévenir et contrôler la propagation du VIH/sida.  Avant de conclure, M. Núñez Mosquera a affirmé la volonté de Cuba d’honorer ses engagements en matière de population et de développement et de promouvoir la coopération Sud-Sud.


M. ZHANG YESUI (Chine) s’est réjoui de ce que ces 15 dernières années, le taux de natalité ait globalement baissé alors que l’espérance de vie a augmenté, la mortalité maternelle a baissé et l’analphabétisme a reculé.  Il y a toutefois de nombreuses difficultés et de nombreux défis à relever en matière de pauvreté, de lutte contre les maladies, de vieillissement de la population et d’inégalités entre les sexes qui freinent le développement, a-t-il ajouté, appelant à renforcer la coopération internationale malgré la crise économique et financière actuelle.


La Chine a fait des efforts inlassables pour intégrer le Programme d’action du Caire dans ses politiques de population et de développement, a assuré le représentant.  Le pays a connu une croissance économique rapide et un développement global d’une population de 1,3 milliard de personnes.  Le représentant a souligné que la maîtrise de la démographie avait eu un effet positif, grâce à la mise en place d’une politique de planification familiale qui a permis une baisse de la croissance démographique et de la mortalité maternelle.  L’égalité des sexes et la lutte contre le VIH/sida ont aussi été des priorités du Gouvernement.


Le représentant a en outre assuré que la Chine garantissait l’accès aux services publics aux migrants et a développé la coopération régionale sur cette question afin de protéger leurs droits et leurs intérêts.  Le pays a également suivi une stratégie de développement durable pour un développement coordonné entre la population, les ressources et l’environnement.  M. Yesui a affirmé que son gouvernement entendait poursuivre la maîtrise de la croissance démographique chinoise et cette approche équilibrée du développement, tout en prenant des mesures pour répondre aux questions liées au vieillissement de la population et en intensifiant les efforts en matière d’éducation, de santé, d’emploi et de sécurité sociale. 


M. ESHAGH ALHABIB (République islamique d’Iran) a passé en revue les divers accomplissements réalisés par son pays dans le domaine de la population et du développement.  Il a notamment signalé une chute notable du taux d’analphabétisme chez les femmes et les habitants des zones rurales, ainsi que l’augmentation du nombre de femmes qui ont un emploi.  Des informations sur la santé publique sont diffusées dans les régions reculées et un système de collecte de données a été mis sur pied, a-t-il ajouté.  M. Alhabib a également expliqué qu’un programme de cantines scolaires avait abouti à une amélioration de la santé des enfants.  Par ailleurs, 60% des femmes ont accès à des contraceptifs, et la réalisation de l’OMD sur la santé maternelle est à la portée de l’Iran, a-t-il dit.  Le représentant a également signalé l’existence de mesures de lutte contre les maladies sexuellement transmissibles et le VIH/sida, pour ensuite expliquer que les ministères pertinents étaient désormais saisis de la question des soins à accorder aux personnes âgées.  Il a également annoncé que les pauvres et les familles nécessiteuses auraient bientôt accès gratuitement à l’assurance maladie.


M. DMITRY MAKSIMYCHEV(Fédération de Russie) a estimé que la mise en œuvre du Programme d’action du Caire permettrait de réaliser les OMD.  Il a estimé indispensable, au vu de l’actuelle crise financière, d’empêcher la baisse du niveau de ressources allouées au programme du FNUAP.  Le représentant a ensuite passé en revue les diverses mesures prises par son pays dans le domaine de la population.  Il a expliqué qu’une politique démographique avait été lancée pour la période 2007/2025, laquelle prend en compte la santé, le logement et les migrations.  En 2006, a été votée une loi fédérale sur l’appui aux familles nombreuses.  Le représentant a également expliqué qu’un réseau de centres médicaux et périnataux avait été créé, de même qu’un programme de lutte contre les maladies cardiovasculaires et les accidents de la route.  Pour la première fois, au mois d’août de cette année, le nombre de naissances a dépassé le nombre de décès, s’est-il par ailleurs félicité.  Il a également expliqué que des mesures avaient été initiées pour renforcer un style de vie sain dans la population.  Passant ensuite à la question des migrations, le représentant a signalé que son gouvernement avait mis sur pied un programme destiné aux russophones résidant à l’extérieur de la Fédération.  Il a par ailleurs affirmé l’importance du travail de la FNUAP dans le domaine des migrations.


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