9/12/2008
Secrétaire général
SG/SM/11993
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BAN KI-MOON SE DÉCLARE CONVAINCU QUE LA MEILLEURE RÉPONSE À L’IDÉOLOGIE DESTRUCTRICE ET MALFAISANTE DU TERRORISME EST DE RÉAFFIRMER FERMEMENT LA RÉSISTANCE COLLECTIVE


Vous trouverez ci-après le texte des remarques formulées par le Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon, lors du débat du Conseil de sécurité sur « Les menaces à la paix et à la sécurité internationales causées par des actes terroristes », à New York, le 9 décembre:


Je remercie le Gouvernement croate d’avoir convoqué cette séance opportune et je souhaite la bienvenue à S. E. le Président (Stjepan) Mésić, de la Croatie, qui préside en personne cette séance.


Le terrorisme est un fléau mondial qui cause des carnages effroyables et moralement répréhensibles.  Il cherche à instaurer la méfiance entre les États et les peuples.  Il cherche à déchirer les sociétés, saper les institutions et affaiblir les liens qui unissent les communautés.  Les horribles attentats qui se sont produits à Mumbai il y a deux semaines ne sont que l’illustration la plus récente de la folie furieuse qui s’empare de certains individus.


Le terrorisme est l’une des principales menaces qui pèsent sur la paix et la sécurité internationales.  Le combattre doit être l’une des priorités essentielles de la communauté internationale.  Les terroristes équipés aujourd’hui d’avions et armés de fusils pourraient bien commettre demain des attentats avec des forces encore plus puissantes.  Nous devons donc montrer à ceux qui considèrent la terreur comme un moyen légitime d’atteindre leurs objectifs qu’ils vont échouer. 


La meilleure réponse à apporter à cette idéologie destructrice et malfaisante est de réaffirmer fermement la résistance collective.  Nous devons défendre les droits de l’homme que le terrorisme viole avec tant de brutalité.  Nous devons défendre les valeurs consacrées dans la Déclaration universelle des droits de l’homme, dont nous allons célébrer demain le soixantième anniversaire.  


Il appartient à l’ONU de diriger les efforts déployés par la communauté internationale pour lutter contre cette menace qu’aucune cause, aucun grief ne peut justifier.  En tant qu’organisation universelle, indépendante et impartiale, l’ONU est remarquablement bien placée pour jouer ce rôle.


Le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale ont à maintes reprises vigoureusement condamné le terrorisme.  Ils se sont attachés à promouvoir la norme universelle selon laquelle le terrorisme n’est jamais acceptable.  Ils ont adopté des instruments juridiques importants et d’autres mesures visant à faire appliquer

la loi et ils se sont penchés sur les dimensions économiques et sociales du terrorisme.  L’adoption par l’Assemblée de la Stratégie antiterroriste mondiale de l’Organisation des Nations Unies en 2006 a été une décision historique qui témoigne de l’engagement unanime et sans équivoque de la communauté internationale.


Les mécanismes de l’ONU, tels que l’Équipe spéciale de la lutte contre le terrorisme et les organes subsidiaires du Conseil de sécurité, sont également des éléments importants du tableau.  Les organismes des Nations Unies, comme l’Organisation de l’aviation civile internationale, fournissent conseils et assistance technique.  Dans certains pays, l’ONU est peut-être la seule source d’assistance acceptable pour des raisons politiques.  Dans d’autres, l’ONU peut apporter une valeur ajoutée en apportant une légitimité aux programmes bilatéraux ou régionaux en établissant qu’ils répondent aux normes et critères internationaux.


Nous tirons également parti du pouvoir fédérateur de l’ONU dans le cadre de cette lutte.  Lors de la Réunion de haut niveau sur la culture de la paix, qui s’est tenue le mois dernier, les dirigeants et les hauts responsables de plus de 70 États Membres, représentant des confessions et communautés diverses, ont rejeté l’utilisation de la religion pour justifier le massacre d’innocents, les actes de terrorisme, la violence et la coercition.


En septembre, j’ai organisé ici même, au Siège de l’Organisation des Nations Unies, un colloque qui a mis l’accent sur le sort des victimes, ce qui était grandement nécessaire.  Le terrible paradoxe est que les voix des terroristes sont souvent mieux entendues que celles des victimes qui subissent leur cruauté.  Ceci n’est que le début de nos efforts pour corriger ce déséquilibre, donner un visage humain aux victimes du terrorisme et créer par là une culture qui rejette le terrorisme.


Permettez-moi, Monsieur, pour terminer, de vous rappeler que nous nous réunissons deux jours avant de commémorer l’attentat à la bombe commis contre les bureaux de l’ONU en Algérie il y a un an.  Cet attentat effroyable a fauché les vies de 17 collègues et blessé 40 autres personnes.  Il nous rappelle l’attentat perpétré contre les locaux de l’ONU à Bagdad il y a plus de cinq ans.  Il y a à peine quelques semaines, un attentat-suicide à la bombe a été commis contre les locaux de l’ONU à Hargeisa, en Somalie, tuant deux de nos collègues.


Il est plus évident que jamais que l’ONU est, elle aussi, devenue une cible.  Or, ces tragédies ne nous ont pas empêchés de servir la communauté internationale, pas plus qu’elles n’ont entamé notre capacité de le faire.  L’ONU poursuivra son travail crucial là où il le faudra et quand il le faudra.


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