7 janvier 2008
Secrétaire général
SG/SM/11360

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL, M. BAN KI-MOON, AU SIÈGE DES NATIONS UNIES, LE 7 JANVIER 2008


(Transcription adaptée de l’anglais)


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): J’aimerais commencer par vous adresser mes meilleurs vœux pour une bonne année 2008, en souhaitant qu’elle soit prospère, et j’espère que celle-ci vous apportera à tous, ainsi qu’à vos familles, la joie, le bonheur et la prospérité.  J’ai eu grand plaisir à travailler avec vous au cours de ma première année en fonctions et j’espère que cette excellente relation d’amitié se poursuivra au cours de cette année, y compris par le biais d’échanges de vues, et parfois même de critiques de votre part. 


Selon la tradition, je crois que c’est le moment où l’on fait le bilan du passé et où l’on se tourne vers l’avenir.  Nous avons perdu 42 collègues de l’ONU au cours de l’année 2007, dont 17 ont été tués à Alger lors des attentats terroristes.  Pourtant, nous entamons l’année 2008 avec une détermination renouvelée et de nouvelles occasions qui se présentent pour renforcer le rôle de l’Organisation dans le monde. 


Vous savez que je n’aime pas beaucoup parler des succès mais, néanmoins, je dois dire que l’année passée a été remplie de défis, et je pense que nous avons fait des progrès certains.  Nous avons ouvert un nouveau chapitre sur les changements climatiques.  Nous avons abordé de front des défis très important dans le domaine du maintien de la paix, en particulier au Darfour.  Nous devons nous fonder sur ce travail qui a été fait, protéger notre planète et sa population, nos biens communs, notre patrimoine commun, et il faut que nous déployions tous les efforts nécessaires.  Il en va de même pour le bien-être économique, la justice sociale, la sécurité et d’autres avancées au niveau mondial.


Pour cela, il faudra une action cohérente et soutenue de la communauté internationale pour profiter des forces du marché.  C’est pour cette raison que je suis si convaincu de l’utilité de l’ONU.  Seule notre Organisation peut relever de tels défis, qui nous affectent tous, pour façonner l’avenir de la planète et de sa population.  Il s’agit de concepts très forts, très puissants.  Ce patrimoine commun, ces biens publics communs sont les piliers de la nouvelle société mondialisée.  Si nous voulons que ces derniers aient un sens, nous devons nous souvenir des responsabilités qui nous incombent.


Nous devons également prendre en considération les besoins des plus faibles, des plus vulnérables, des plus désavantagés – ceux qui ont été exclus de la communauté internationale.  Ici, je veux parler de ceux qui sont les plus vulnérables aux changements climatiques, de ceux qui souffrent de la misère noire, de ceux qui ne peuvent jouir de leurs droits fondamentaux.  Par conséquent, j’espère que 2008 sera l’année du milliard de personnes parmi les plus pauvres (bottom billion).


Certains économistes les décrivent comme étant les « pauvres parmi les pauvres dans le monde ».  Ce sont les personnes oubliées qui représenteraient près d’un milliard de personnes abandonnées sur le chemin de la croissance économique mondiale.  La plupart vivent en Afrique ou dans de petits États insulaires en développement d’Asie.  Ils ont une vie dure, vivent souvent avec moins d’un dollar par jour.  Nous devons accorder toute l’attention nécessaire à ces pays qui ont des besoins spéciaux.  Nous devons entendre la voix des plus pauvres du monde qui, trop souvent, ne sont pas entendus.  C’est pourquoi, au cours de cette année, j’ai l’intention de renforcer le rôle de l’ONU dans le développement.


Nous sommes à mi-parcours d’une grande campagne pour mettre un terme à la pauvreté dans le monde, tel qu’énoncé dans les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), mais trop de pays accusent un retard.  Nous avons besoin de nouvelles idées et de nouvelles approches.  C’est pour cette raison que l’année passée, j’ai mis sur pied le Groupe de pilotage pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement en Afrique.  En avril 2008, les dirigeants de ce monde se réuniront à Accra, au Ghana, pour la douzième Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED XII).  En septembre, nous accueillerons une réunion de haut niveau au début du débat général, qui visera à revitaliser l’engagement du monde face aux Objectifs du Millénaire pour le développement, en prêtant une attention toute particulière aux plus pauvres parmi les pauvres.  L’an passé, nous nous sommes servis d’un forum similaire pour essayer de dynamiser l’action mondiale sur les changements climatiques.  Cette année, nous allons faire de même pour les plus pauvres.


Les droits de l’homme doivent constituer un principe essentiel dans la réalisation des OMD.  Il est tout à fait opportun, par conséquent, que 2008 marque également le soixantième anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.  Comme je l’ai dit et répété par le passé, les progrès économiques et sociaux sont également un droit de l’homme, et j’ai l’intention de me servir de ce jalon pour lancer un appel à la ratification universelle du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ainsi que du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels. 


Je suis déterminé à aller de l’avant et à mettre en place un Tribunal spécial pour le Liban, et à travailler avec les cours et tribunaux internationaux pour promouvoir la justice et mettre un terme à l’impunité.  Nous allons lancer une nouvelle campagne de sensibilisation aux droits de l’homme et essayer de mieux protéger les femmes et les enfants contre la violence, notamment en renforçant le Haut Commissariat aux droits de l’homme. 


Les demandes qui pèsent sur l’ONU ne cessent de croître.  L’année à venir risque d’être encore plus difficile que l’année écoulée.  Regardez comment cette année a commencé: des troubles au Kenya, la reprise des violences au Sri Lanka.  Nous devons continuer de favoriser le processus de paix au Moyen-Orient.  Nous devons faire davantage pour aider le peuple iraquien à sortir du conflit et à se reconstruire.  Nous devons continuer d’œuvrer en Afghanistan pour que ce pays ne retombe pas dans le chaos.  Au Darfour, nous devons faire tout notre possible pour que le processus de paix soit mené à bien.  Nous devons gérer le déploiement très complexe des troupes de l’Union africaine et de l’ONU, et pour cela, nous avons besoin de la coopération du Gouvernement soudanais.  Nous avons également besoin des États Membres, y compris au sein du Conseil de sécurité, qui doivent honorer leurs engagements.


La route à partir de Bali sera difficile, également.  Deux ans, ce n’est pas beaucoup pour parvenir à un accord sur les changements climatiques que toutes les nations puissent adopter.  J’ai l’intention d’encourager cet effort.  Nous avons besoin de campagnes mondiales de sensibilisation pour exercer des pressions politiques et pour que le réchauffement climatique reste parmi les priorités.


Nous passons donc à une nouvelle année, avec un nouvel engagement, un engagement face à notre mission: renforcer l’ONU pour un monde meilleur.  Comme toujours, je veux voir des résultats, et non pas une simple rhétorique.  Le mot le plus important est « efficacité ».  Je vais continuer à moderniser, revitaliser, simplifier et rationaliser le système des Nations Unies, en appliquant les normes les plus élevées d’éthique, de performances et de responsabilisation. 


J’aimerais insister sur ce mot: la responsabilisation n’est pas un vain mot.  Cela doit être le principe opérationnel fondamental de l’ONU, du Secrétariat, des institutions spécialisées et des États Membres.  Nous poursuivrons nos efforts visant à améliorer les procédures d’achat et de gestion.  Je demanderai bientôt à tous les hauts fonctionnaires de signer avec moi un pacte de gestion qui énoncera des critères de performance mesurables. 


L’année passée, nous avons réorganisé le Département des opérations de maintien de la paix.  Cette année, nous ferons de même avec tous les organes chargés du développement ainsi qu’avec le Département des affaires politiques.  J’aimerais que ce Département soit plus actif et dynamique face aux crises du monde, en particulier dans le domaine de la diplomatie préventive. 


Les États Membres aussi doivent être tenus responsables et consacrer les ressources nécessaires pour appliquer leurs obligations.  Nous devons honorer nos promesses de façon transparente, efficace et rapide. 


Depuis le premier jour de mon entrée en fonctions, j’ai essayé d’avoir un dialogue ouvert et constructif avec vous, le corps de presse de l’ONU.  Vous êtes d’ailleurs les premières personnes que j’ai rencontrées lors de mon premier jour de travail et, après la réunion que j’ai eue avec le personnel la semaine dernière, vous êtes de nouveau les premiers que je rencontre cette année.  J’espère avoir des échanges de vues francs et constructifs.  Cela est très utile et parfois même amusant.  Je commencerai donc par écouter vos questions.  Encore une fois, mes meilleurs vœux pour l’année 2008. 


Question (interprétation de l’anglais): Monsieur le Secrétaire général, merci beaucoup pour les vœux très aimables que vous venez d’adresser à l’Association des journalistes accrédités auprès de l’ONU. 


Au nom de tous mes collègues, je vous souhaite tous nos meilleurs vœux à vous-même et à Madame Yoo Soon-taek et bien sûr, une deuxième année couronnée de succès, malgré la lenteur des activités et des résultats de l’année passée.  Vous avez placé la barre très haute pour cette année. 


Pourriez-vous nous parler de la nouvelle crise qui règne au Kenya, où des accusations de génocide et d’épuration ethnique ont été formulées et se font de plus en plus fortes à travers le monde?  Que fait l’ONU pour éviter une répétition des événements survenus au Rwanda en 1994, où son intervention s’était limitée à une aide d’urgence alors que les tueries se poursuivaient?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): J’ai été en étroit contact avec les dirigeants kényens, y compris le Président [Mwai] Kibaki et l’opposant M. [Raila] Odinga, ainsi qu’avec le Président [John] Kufuor du Ghana, en sa qualité de Président de l’Union africaine, et avec un grand nombre d’acteurs et dirigeants internationaux afin d’essayer, dans un premier temps, de calmer et de stabiliser la situation.  Je les ai exhortés à éviter d’autres massacres et tueries de civils.  Comme je l’ai déjà dit à deux reprises et continuerai à le faire, ce sont des actes inacceptables. 


L’ONU fait de son mieux pour fournir l’aide humanitaire nécessaire aux très nombreuses personnes qui, malheureusement, ont été déplacées à l’intérieur du pays en raison de la situation.  La protection des droits de l’homme est également quelque chose d’essentiel pour nous.  Nous prenons toutes les mesures nécessaires pour éviter une nouvelle détérioration de la situation. 


En ce qui concerne la question spécifique que vous avez soulevée, ce sera toujours ma priorité absolue.  Nous allons faire le maximum pour qu’il n’y ait pas de morts supplémentaires.  Sachant que des dirigeants africains, dont le Président Kufuor, doivent s’entretenir avec les autorités kényennes, j’espère que, par le biais de cette médiation internationale, les chefs de file kényens pourront s’asseoir à la même table et résoudre ce problème dans la paix. 


Question (interprétation de l’anglais): Vous-même et le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix avez déclaré le mois dernier que la force déployée au Darfour serait en danger à moins que le Gouvernement soudanais ne donne son accord à certains contingents demandés et que d’autres pays mettent à la disposition de la Mission les moyens de transport et l’aide logistique nécessaires.  On assiste aujourd’hui à une passation des pouvoirs entre les deux forces: les casques ont simplement changé de couleur.  Comment déployer cette mission alors qu’elle n’a pas les moyens de protéger les civils et même de protéger son personnel?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): C’est précisément la raison pour laquelle l’Organisation des Nations Unies, les États Membres et moi-même devons veiller à ce que l’Opération hybride se déploie au plus vite comme convenu.  Il faut que les 26 000 soldats prévus soient déployés au plus vite.  Les 9 000 déjà sur place ne suffisent pas.  C’est pourquoi nous sommes très préoccupés par la détérioration constante de la situation au Darfour. 


J’ai eu une longue conversation téléphonique samedi dernier avec le Président [Omar] Al-Bashir.  Nous sommes convenus de nous retrouver à Addis-Abeba, à l’occasion du Sommet de l’Union africaine.  Mais auparavant, nous aurons des consultations de haut niveau pour régler toutes les questions en suspens.  Comme vous l’avez dit à juste titre, il y a deux séries de questions non réglées: tout d’abord, des questions d’ordre technique que doivent régler le Gouvernement soudanais.  Il doit s’engager à le faire dès que possible, notamment en ce qui concerne l’accord sur le statut des forces. 


Il faut également que les États Membres fournissent des ressources techniques, notamment des hélicoptères et des véhicules de transport, qui sont indispensables.  Cet effort doit être fait par la communauté internationale et le Gouvernement soudanais.  Je mettrai tout en œuvre pour accélérer le processus.  En fait, nous disposons d’un cadre adéquat pour régler la question du Darfour et les questions soudanaises en général: le Processus de paix et l’Accord global de paix. 


Nous avancerons parallèlement sur ces trois fronts.  Nous envisageons également de reprendre le deuxième processus de paix mais cela risque de prendre un certain temps.  L’Envoyé de l’Union africaine, Salim Ahmed Salim, et mon envoyé, Jan Eliasson, y travaillent.  M. Eliasson se rendra d’ailleurs la semaine prochaine à Khartoum.


Question (interprétation de l’anglais): Plusieurs menaces de conflit pèsent depuis quelque temps sur l’Afrique.  Le POLISARIO dit que c’est la dernière chance qu’il donnera aux Marocains au Sahara occidental; sinon, il se mettra sur le pied de guerre.  Il y a aussi la question des bombardements tchadiens sur certains secteurs du Darfour, où des rebelles tchadiens auraient trouvé refuge.  Et le Président tchadien a clairement menacé de pourchasser les rebelles tchadiens au Darfour.  Quel est votre point de vue sur ces questions?



Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Concernant le Sahara occidental, comme vous le savez peut-être, je vais publier ce matin une déclaration à ce sujet.  Il va y avoir de nouvelles consultations à Manhasset entre les parties concernées.  J’apprécie le fait qu’elles aient accepté mon invitation.  M. [Peter] van Walsum servira de médiateur.


C’est une question extrêmement complexe et difficile à régler et j’espère que des pourparlers permettront d’avancer.


En ce qui concerne le Darfour et les relations entre le Soudan et le Tchad, je vais m’entretenir avec des dirigeants africains et notamment avec le Président tchadien.  J’ai déjà évoqué la question également avec le Président Al-Bashir, mais j’aimerais lancer un appel aux pays concernés et à leurs dirigeants pour qu’ils s’abstiennent de recourir à la force militaire.  Cela ne peut en effet qu’aggraver la situation en Afrique.  Je suis très préoccupé par la détérioration de la situation non seulement entre le Tchad et le Soudan, mais également au Kenya et en République centrafricaine. 


J’espère que cette nouvelle année, l’année 2008, verra une amélioration de la situation qui pour l’instant est assez mauvaise: la situation au Kenya et ailleurs.  J’espère vraiment que grâce à une coopération active et au dialogue entre les dirigeants, nous arriverons à un monde meilleur.  C’est mon ferme engagement en tant que Secrétaire général.


Question (interprétation de l’anglais): Le Front POLISARIO a clairement indiqué qu’il s’agissait de la dernière chance qu’il accordait aux Marocains.  Êtes-vous en contact avec le Front POLISARIO?  Vous espérez qu’ils pourront parvenir à un accord, mais il semblerait que les enjeux soient trop importants.


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Je ne souhaite pas faire de commentaire sur cette question.  L’une des parties a fait une déclaration très définitive, mais cette question a de nombreux tenants et aboutissants et la bonne volonté des parties est indispensable.  Elles doivent se montrer constantes, patientes et persévérantes et elles doivent vouloir régler cette question par le dialogue.


Question (interprétation de l’anglais): Nous savons que vous êtes une personne très humble.  Si vous deviez noter vos résultats de cette première année sur une échelle de 1 à 10, quelle note vous attribueriez-vous?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Comme vous le dites souvent, je suis une personne modeste.  Mais je suis aussi très strict et très exigeant envers moi-même, aussi bien sur le plan personnel que sur le plan professionnel.  En fait, même dans ma vie privée, je suis très exigeant envers moi-même.  Lorsque je pose une règle, je m’y soumets et je la respecte. 


L’évaluation des résultats que j’ai pu obtenir au cours de ma première année en qualité de Secrétaire général vous incombe à vous ainsi qu’aux États Membres et aux nombreuses organisations, et notamment les organisations non gouvernementales, qui gravitent autour de l’ONU.  Je crois que j’ai fait quelques progrès.  Je n’aime pas beaucoup parler des succès remportés.  Je crois qu’une année est une période trop courte pour évaluer mes résultats.  Tout ce qui s’est passé l’année dernière s’inscrit dans le cadre de processus de longue haleine, qu’il s’agisse de la réforme de l’ONU, du Darfour, des changements climatiques ou toutes ces situations au Liban.  Toutes sont complexes.  Je crois qu’il faut que nous intensifiions encore nos efforts.  Je pense avoir mis tous ces processus sur la bonne voie et nous allons pouvoir continuer à aller de l’avant.


Question (interprétation de l’anglais): Dans votre déclaration liminaire, vous avez parlé d’accélérer l’enquête sur l’assassinat de Rafik Hariri et la mise en place du Tribunal spécial pour le Liban.  La famille de Benazir Bhutto a demandé à l’ONU de participer à l’enquête sur son assassinat.  J’aimerais avoir vos impressions sur ce point.  Pensez-vous que l’ONU devrait être l’organisation internationale chargée de procéder à de telles enquêtes sur des assassinats politiques?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Que voulez-vous dire exactement?


Question (interprétation de l’anglais): La famille de Benazir Bhutto a demandé à ce que l’ONU participe à l’enquête sur son assassinat; enquête à laquelle Scotland Yard a été conviée par le Gouvernement pakistanais.  Pensez-vous que l’ONU soit le lieu où devraient être réalisées de telles enquêtes sur des assassinats politiques?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Tout d’abord, l’ONU n’a pas reçu de demande officielle en ce sens de la part du Gouvernement pakistanais.  Scotland Yard fournit actuellement une assistance technique au Gouvernement pakistanais dans l’enquête sur cet assassinat tragique.  Je ne suis donc pas en mesure de dire quoi que ce soit à ce sujet.  La création d’un tribunal spécial doit reposer, au premier chef, sur une demande officielle de l’État concerné et c’est une décision qui doit être prise par le Conseil de sécurité.  Cela veut dire que la décision revient à l’ensemble des États Membres.  L’affaire relative à l’assassinat de Rafik Hariri, pour laquelle a été créé un tribunal spécial, est un cas tout à fait extraordinaire sur lequel le Conseil de sécurité, dans son ensemble, a pris une décision consensuelle.


Question (interprétation de l’anglais): Bonne année à vous et à votre famille et merci d’accepter les critiques constructives.  En fait, je voulais saluer la manière dont vous avez présidé la réunion de Paris sur le Liban.  J’aimerais savoir si vous êtes satisfait de la suite donnée à cette réunion?  Vous avez indiqué que vous vouliez accélérer le travail du Tribunal sur le Liban.  Vous avez dit que vous accepteriez les recommandations sur le Tribunal.  Mais allez vous prochainement nommer les juges?  La mise en place de ce Tribunal est-elle irréversible et sera-t-il opérationnel en février?  Mais allez-vous prochainement en désigner les juges?  Le Tribunal est-il prêt à être opérationnel en février comme nous l’avons entendu par la voix de l’Ambassadeur américain?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Nous avons bien avancé sur la création du Tribunal spécial pour le Liban.  L’ONU reste déterminée à faire toute la vérité et la justice sur cette affaire.  Le 21 décembre, après trois mois de négociation, nous avons signé un accord de siège avec le Gouvernement néerlandais qui accueillera le Tribunal à La Haye.


J’ai également reçu les recommandations du panel de sélection pour m’aider à nommer les juges du Tribunal.  Il s’agit d’un groupe constitué d’experts internationaux, parmi lesquels le Conseiller juridique de l’ONU, M. Nicolas Michel.  Je vais annoncer les noms des personnes choisies en temps voulu dans un avenir proche.  Les juges prendront leurs fonctions à une date que je vais également fixer prochainement.


Mais je voudrais aussi évoquer la situation au Liban de manière plus générale.  Je reste en contacts étroits avec les dirigeants libanais, ainsi qu’avec les dirigeants d’autres pays de la région afin d’essayer de trouver une solution à cette crise politique qui se prolonge.  Je suis très déçu par la situation actuelle, puisque voilà fort longtemps que le peuple libanais n’a pas eu la possibilité d’élire son propre Président.  Il y a en quelque sorte un vide constitutionnel qui perdure.


Tout retard dans la conclusion d’un accord représenterait une trahison pour le peuple libanais et pour la communauté internationale.  La conférence des donateurs qui a eu lieu en janvier de l’année dernière à Paris a vu les bailleurs de fonds s’engager à fournir près de 8 milliards de dollars.  J’ai aussi convoqué une autre rencontre en décembre à Paris à l’occasion d’une autre réunion internationale.  Je suis en même temps encouragé par l’annonce faite hier par la Ligue des États arabes.  J’invite les dirigeants libanais à réfléchir à l’avenir de leur pays et à surmonter leurs intérêts particuliers dans l’intérêt du pays.  Je les exhorte à surmonter la crise sans intervention extérieure, et ce, pour le peuple libanais.


Question (interprétation de l’anglais):Êtes-vous en contact avec ceux qui interviennent de l’extérieur au Liban et avec le Président syrien?  Est-ce que le Tribunal va entrer en fonctions en février, comme l’a dit l’Ambassadeur américain?


Le Secrétaire général  (interprétation de l’anglais): La constitution du Tribunal est en bonne voie y compris le financement.  Nous avons reçu un financement de nombreux pays. L’Accord de siège doit être ratifié par le Parlement néerlandais, et il faut que nous disposions de fonds suffisants, soit 130 millions de dollars sur une période de trois ans.  Il faudra 40 ou 45 millions pour la première année.  Je ne sais pas quel est le chiffre exact, mais tout se déroule bien.  Une fois que le processus sera en place, je pourrai annoncer les noms des juges.


Question (interprétation de l’anglais): Et la Syrie?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Comme vous le savez très bien, je suis en contact étroit avec beaucoup de dirigeants de la région, et notamment avec le Président Assad, de la Syrie.  Je me suis entretenu avec lui le mois dernier et je continuerai à le faire, puisque l’on sait qu’il s’intéresse de près à la situation au Liban.


Question  Regardant l’Accord de l’arbre vert entre le Cameroun et le Nigéria, le Senat nigérian continue de dire que ce traité na pas été ratifié.  Cette information que le traité n’a pas été ratifié, a-t-elle été reçue comme une surprise par l’ONU?  L’ONU, était-elle censée appliquer un traité qui n’a pas été ratifié par une autorité compétente, notamment l’un des pays.   


Le Secrétaire général  (interprétation de l’anglais): J’ai l’intention de continuer à discuter de ces questions et j’exhorte les dirigeants du Nigéria et du Cameroun à respecter cet Accord « Arbre vert » qui a fourni un cadre utile pour résoudre toutes les questions en souffrance.


Question: (interprétation de l’anglais): Êtes-vous surpris que le Gouvernement nigérian n’ait pas ratifié cet Accord?


Le Secrétaire général  (interprétation de l’anglais): Oui en effet, c’était un motif de préoccupation l’année passée.  Et j’en ai discuté avec les pays en question bien entendu.


Question: (interprétation de l’anglais): Est-ce que vous suivez les débats présidentiels aux États-Unis?  Avez-vous une idée de qui va gagner et pensez-vous que cela fera une différence pour l’ONU?


Le Secrétaire général: (interprétation de l’anglais): C’est peut-être à vous de me dire ce que vous pensez, de me dire votre pronostic!  Bien entendu, je suis de très près tous ces débats, mais je dois attendre, comme tout le monde, jusqu’à la dernière sélection, et après tout, c’est le peuple américain qui aura le dernier mot, qui choisira son prochain Président.  Bien entendu, je suis tout à fait disposé à travailler avec le Président que choisira le peuple américain. 


Question: (interprétation de l’anglais): Je vais poser ma question en français si vous le permettez.  Vous pouvez répondre en français ou en anglais.


(en français) Vous avez mentionné dans vos remarques préliminaires l’attaque qui a coûté la vie à 17 employés de l’ONU et vous avez mentionné d’autres attaques sont moins médiatisées qui se sont produites dernièrement dans la région – une attaque contre des touristes français, une autre contre des soldats mauritaniens et puis tout récemment, contre des officiers de police en Algérie, ce qui a conduit à l’annulation d’un évènement sportif majeur, le Rallye Paris-Dakar.


Est-ce que vous partagez le point de vue de nombreuses personnes dans la région qui considèrent que la région du Sahel et le Sahara comme une zone de non-droit, de trafic d’êtres humains et d’armes, qui constitue une base pour les différents groupes terroristes qui menacent la région et bien d’autres pays dans le monde?


Le Secrétaire général  (en français): ….de me poser cette question en français.  Mais je pense que vous connaissez bien ma passion pour la langue française, mais maintenant, si vous me le permettez, je continuerai en anglais.  En effet, j’ai discuté avec le Président Bouteflika quand j’étais à Alger le mois dernier. (interprétation de l’anglais)  En effet, c’est un problème très grave pour quelque pays que ce soit dans le monde, y compris les pays du Sahel, et pas seulement l’Algérie.  J’ai dit au Président Bouteflika qu’à ce moment-là bien entendu, j’étais choqué, c’était un événement tout à fait tragique, mais lui-même m’a dit qu’il était très embarrassé, très gêné de n’avoir pas pu protéger le personnel des Nations Unies et les bureaux de l’ONU.  C’est un problème mondial, et non pas une question qui touche uniquement l’Algérie ou d’autres pays du Sahel.  C’est pourquoi il faut une action concertée au niveau mondial pour lutter contre le terrorisme international.  Je pense que la communauté internationale doit en faire davantage.  Il est impossible de justifier le terrorisme.  Le terrorisme, c’est le terrorisme, et par conséquent, ces attentats à la bombe en Algérie ont en fait renforcé ma détermination à en faire davantage.  Encore une fois, je souhaite réaffirmer mon ferme engagement dans ce sens. 


Question: (interprétation de l’anglais): À propos du Sahara occidental, ne pensez-vous pas que ce problème contribue également à ce problème?  Pensez-vous qu’il y aura des progrès aujourd’hui en ce qui concerne le Sahara occidental?


Le Secrétaire général: (interprétation de l’anglais): Bien sûr, il y a toutes sortes de griefs exprimés en raison de ce conflit, mis à part l’élément du terrorisme, mais c’est pour cette raison que nous devons résoudre tous les problèmes, toutes les questions par des moyens pacifiques et par le biais du dialogue, mais de façon générale.



Question: (interprétation de l’anglais): Toujours une question sur l’attentat d’Alger.  Le Ministre de l’intérieur a dit, après l’attentat, qu’il y avait eu des avertissements quant à la possibilité d’attentats contre des institutions internationales, y compris l’ONU.  Il y a également toute une série de rapports qui ont été faits faisant état d’avertissements internes avant l’attentat.  La question que je pose est la suivante: pourquoi l’ONU, comme elle l’a fait à l’époque des attentats de Bagdad, n’ouvre-t-elle pas sa propre enquête au lieu de compter sur les enquêtes de l’Algérie?


Premièrement, l’ONU n’a reçu aucun avertissement lui signalant un risque d’attentat, et j’ai prié le Secrétaire général adjoint à la sûreté et à la sécurité de l’ONU de me faire rapport d’ici au 11 janvier, c’est-à-dire cette semaine, sur les conclusions de sa propre enquête, suite à l’attentat terroriste commis à Alger.  Sur la base de ce rapport, nous allons renforcer les mesures visant à garantir la sûreté et la sécurité de notre personnel et de nos locaux.  Je vais m’entretenir avec les États Membres des voies et moyens pour améliorer la sécurité et la sûreté du personnel.  C’est une question capitale, comme nous l’avons vu il y a quatre ans à Bagdad.  C’est la deuxième fois qu’un tel attentat terroriste frappe l’ONU. 


Dans le même temps, l’ONU doit renforcer ses efforts de communication avec la communauté internationale en général: quelle est la raison d’être de l’ONU?  Que fait l’ONU?  À quoi sert l’ONU?  Il importe que la communauté internationale comprenne mieux ce que fait l’ONU.  L’ONU ne travaille pas pour un groupe de pays en particulier.  Au contraire, l’ONU travaille pour le bien-être mondial des pays en développement.  Nous travaillons à la promotion des droits de l’homme, de la paix et de la sécurité.  Il faut donc que cela soit bien compris par le reste du monde et bien communiqué au reste du monde. 


Personnellement, j’ai fait tout ce qui était en mon pouvoir pour transmettre ce message à la communauté internationale.


Question (interprétation de l’anglais): Ne pensez-vous pas qu’il est impératif, pour la crédibilité de l’ONU, d’ouvrir une enquête indépendante, qui ne soit pas effectuée par la personne chargée de la sécurité, pour s’assurer que les procédures en matière de sécurité ont bien été respectées?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Je me réserve le droit de me prononcer sur cette question en attendant de recevoir le rapport complet du Département de la sûreté et de la sécurité.


Question (interprétation de l’anglais): Bonne année, Monsieur le Secrétaire général.  Pour revenir sur la question de l’Algérie, savez-vous que, en 2007, depuis votre entrée en fonctions en tant que Secrétaire général, le chef de la sécurité de l’Algérie a fait des demandes répétées et a indiqué, à de nombreuses reprises, qu’il pourrait y avoir des attentats en Algérie?  Il n’a pas donné d’informations spécifiques, mais il a dit que l’ONU pourrait être la cible d’Al-Qaida et qu’il fallait prendre des mesures, notamment la construction d’un mur en béton autour du Centre.  Nous n’étions, nous-mêmes, pas au courant.  Alors, s’il a vraiment lancé ces avertissements, compte tenu des attentats à Bagdad et étant donné les menaces qui pèsent sur l’ONU, pourquoi ne pas ouvrir une enquête indépendante?



Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): C’est une bonne observation.  C’est pour cette raison que nous travaillons d’arrache-pied.  Je me suis déjà entretenu longuement avec le Président Bouteflika.  En tant que pays hôte, le Gouvernement algérien est responsable.  Il doit prendre toutes les mesures nécessaires pour renforcer la sûreté et la sécurité de l’ONU.  Il m’a assuré qu’il trouverait de nouveaux locaux au PNUD et au HCR.  Cela ne concerne toutefois pas seulement le Gouvernement algérien.  C’est une question dont je souhaite m’entretenir avec tous les États Membres en général.  Je garderai de toute évidence à l’esprit ce que vous avez proposé. 


Question (interprétation de l’anglais): Vous n’avez pas répondu à ma question.  Avez-vous entendu les demandes de protection renforcée et les avertissements lancés  par M. Babacar Ndiaye, qui était le chef de la sécurité en Algérie et qui a péri dans l’attentat?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Je n’ai pas l’intention de vous parler de questions relatives à la procédure interne.  J’examine toutefois cette question de très près, et j’ai demandé à M. Veness de se pencher très sérieusement sur cette question pour me remettre un rapport d’ensemble.


Question (interprétation de l’anglais): [Inaudible] Le 21 décembre dernier, la Cinquième Commission de l’Assemblée générale a adopté le budget de la MINUAD au Darfour, mais elle a exprimé sa préoccupation à l’égard de la question de la passation des marchés au niveau local.  Une enquête est en cours, et j’aimerais savoir ce que vous comptez faire à l’issue de cette enquête pour mettre en œuvre la résolution?  Il s’agit des contrats de passation des marchés locaux.  La Cinquième Commission a déclaré qu’elle n’était pas d’accord avec la manière dont ces marchés étaient passés.


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Je crois avoir déjà répondu à cette question deux ou trois fois.  En ce qui concerne la situation au Darfour et la question portant sur les achats, la situation est très difficile au Darfour.  Il n’y a pas beaucoup de fournisseurs sur place, il n’existe pas de fournisseurs à même d’offrir les services nécessaires dans des délais très courts.  Conformément aux règlements de l’ONU, j’ai dû prendre des mesures exceptionnelles, ce que je suis autorisé à faire.  Dans le même temps, j’ai dit très clairement que je veillerai à ce que la transparence soit respectée et à ce que l’on assume ses responsabilités. 


Question (interprétation de l’anglais): Vous dîtes que vous allez tenir l’Assemblée générale informée, mais elle a présenté une demande.


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Cela peut se produire également au sein d’une administration nationale.  Tous les achats ne peuvent pas être soumis à une procédure d’appel d’offre.  Il y a des cas exceptionnels, mais qu’il s’agisse d’une administration nationale ou internationale, des procédures d’exception sont prévues.  J’espère que vous comprenez la situation.  Je n’entends pas généraliser ces procédures d’exception. 


Question (interprétation de l’anglais): Vous parlez de renforcer le rôle de l’ONU à travers le monde –il faut pour ce faire que les États, qui sont membres du Conseil de sécurité, s’acquittent de leurs engagements.  Il vous a fallu une semaine ou 10 jours pour vous prononcer sur la question du statut du Kosovo.  Vous avez conseillé aux Kosovars de ne pas prendre d’initiatives déclarant leur indépendance.



Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Je m’exprimais d’une manière générale.  Lorsqu’une résolution est adoptée, et que cette résolution contient des mandats que je dois exécuter, je crois qu’il y a des responsabilités qui incombent aux États Membres, et en particulier aux États Membres concernés.  Le Conseil de sécurité assume certaines responsabilités spécifiques lorsqu’il décide de déployer une opération de maintien de la paix ou toute autre mission.   


Outre le travail que je dois faire en ma qualité de Secrétaire général, il faut que le Conseil de sécurité mobilise les fonds nécessaires. 


Question  (interprétation de l’anglais): Continuez-vous à appuyer le plan de M. Ahtisaari? Appelez-vous à une poursuite des négociations?  Sur quelles bases?  Y a-t-il un calendrier prévu pour ces négociations?


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): Il faut que j’évalue la situation à mesure qu’elle évolue sur le terrain.


Question  (interprétation de l’anglais): Il semble y avoir une divergence de vues entre le Conseil de sécurité et vous-même en ce qui concerne la Somalie.  Certains estiment que la situation est plus grave en Somalie qu’au Darfour.  Comment le Secrétariat va-t-il donner suite à ce que le Conseil de sécurité a demandé concernant la Somalie? Le Conseil de sécurité a exprimé sa préoccupation.  Vous dites que vous souhaitez vous acquitter des mandats qui vous sont confiés.  Pour ce qui est des contrats, par exemple, les contrats ne nous ont pas été montrés.


Le Secrétaire général (interprétation de l’anglais): En ce qui concerne la Somalie, je ne crois pas qu’il y ait de divergences entre le Conseil de sécurité et moi-même.  Je consulte continuellement les membres du Conseil de sécurité sur cette question très importante.  Je suggère au Conseil de sécurité d’agir sur deux volets.  Tout d’abord, les Somaliens doivent eux-mêmes lancer un dialogue en vue d’une réconciliation nationale.  Ensuite, sur le volet de la sécurité, la communauté internationale doit aider la Mission de l’Union africaine en Somalie (AMISOM), de façon à ce qu’elle ait les meilleures capacités pour faire face à la situation sur le terrain. 


Pour ce qui est des équipes avancées, je vous ai dit l’année dernière que nous envisagions d’envoyer, au début de l’année, une équipe d’évaluation de la situation.  Sur la base du rapport de l’équipe d’évaluation technique, nous examinerons à nouveau avec le Conseil de sécurité les mesures que l’on pourrait prendre pour aider la Somalie. 


Pour ce qui est de la question de la transparence et des contrats, la transparence est l’un de mes principaux soucis.  Il me paraît indispensable d’assurer la transparence pour que l’Organisation fonctionne bien.  J’ai pris un engagement personnel et officiel, au nom de l’Organisation, à cet égard.  Certains médias ont mentionné la question des contrats.  Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’a dit la presse à ce sujet.  Il est vrai que des fautes ont été commises, et notre propre équipe d’investigation du Bureau des services de contrôle interne (BSCI) mène une enquête à ce sujet. 


Il y a eu des exagérations et des erreurs dans ce qui a été publié dans la presse.  Ce ne sont pas des centaines de millions de dollars qui sont en cause et qui ont pu faire l’objet d’une fraude.  Il s’agit de contrats qui s’élevaient à plusieurs millions de dollars, certes, mais les sommes concernées ne sont pas aussi importantes. 


Actuellement, je crois que l’ONU a besoin de renforcer ses capacités d’investigation.  Nous avons plusieurs organes qui s’en occupent: le médiateur, le BSCI.  Par ailleurs, des institutions spécialisées, des fonds et des programmes ont aussi leurs propres capacités.  En novembre dernier, j’ai déployé beaucoup d’efforts pour mettre au point des règles déontologiques qui s’appliquent partout dans le système des Nations Unies.  Je crois que c’est un pas en avant dans la bonne voie, pour renforcer la transparence et la responsabilité des dirigeants.  J’espère que les États Membres se pencheront sur la question de savoir comment renforcer nos capacités d’enquête, parce qu’elles ne sont pas suffisantes.  Nous avons constitué une équipe spéciale pour les achats, et son mandat a été prolongé d’une année encore. 


Je vous remercie et je vous souhaite encore une fois une bonne année.


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