05/09/2008
Communiqué de presse
ONG/655
PI/1855

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE ANNUELLE DPI/ONG, SIÈGE DE L’UNESCO


(Publié tel que reçu)


PARIS, 5 septembre -- Lors d’une conférence de presse qui s’est tenue ce matin en marge de la 61e Conférence annuelle DPI/ONG au Siège de l’UNESCO à Paris, Kiyo Akasaka, Secrétaire général adjoint à la communication et à l’information des Nations Unies, a rappelé que c’est la première fois, en 60 ans d’existence, que cette manifestation se déroule à l’extérieur du Siège des Nations Unies à New York.  Il est tout à fait approprié d’ailleurs que Paris ait été choisi comme cadre pour cette première expérience hors Siège et pour ce débat sur les droits de l’homme, puisque, c’est dans la capitale française qu’a été adoptée en 1948 la Déclaration universelle des droits de l’homme.  Les débats de ces trois jours, qui se sont déroulés sous la forme de tables rondes, d’ateliers de la mi-journée et de réunions subsidiaires et auxquels ont participé quelque 1200 représentants de la société civile, ont été extrêmement enrichissants et animés, les représentants de la société civile ayant partagé leurs expériences sur le terrain et présenté les meilleures pratiques en matière de défense des droits de l’homme. 


Les discussions ont porté sur une multitude de sujets de préoccupation, certains plus traditionnels comme l’extrême pauvreté, les droits des personnes handicapées, les minorités, l’homosexualité et les victimes de troubles psychiatriques, d’autres plus d’actualité, comme les problèmes que pose l’utilisation de l’Internet dans la société contemporaine.  Sur toutes ces questions, les avis ont parfois été différents, voire contradictoires, mais chacun a convenu du fait que l’ennemi numéro un de l’expression de la dignité humaine sous toutes ses formes est l’indifférence.  « Il faut donc dire non à l’indifférence, à chaque instant et dans toutes les circonstances ».  Il appartient donc aux ONG, en particulier, et à tous les représentants de la société civile en général, d’unir leurs forces pour faire entrer les principes énoncés dans la Déclaration universelle des droits de l’homme dans la réalité quotidienne de tous les citoyens de la planète.


Shamina de Gonzaga, Présidente de la 61e Conférence annuelle DPI/ONG, a souligné que le silence ne sert personne et qu’il ne faut pas avoir peur de dire la vérité et les choses telles qu’elles sont.  Il faut que les Nations Unies soient le forum où l’on peut dire la vérité sans aucune crainte, l’objectif étant de trouver des solutions communes.  S’agissant du principe, controversé, de la nécessité de protéger, il convient de souligner qu’il n’y a pas de sécurité nationale sans sécurité humaine et sans respect total des droits de l’homme, a-t-elle ajouté.  L’éducation aux droits de l’homme, qui a fait l’objet, ce matin, d’une table ronde, est également importante. 


La Convention internationale sur les droits des personnes handicapées a été le résultat d’un dialogue et d’un partenariat avec la société civile, tout comme l’adoption de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones.  Il s’agit là de réussites remarquables qui doivent nous montrer la voie à suivre, a-t-elle précisé. Mme Gonzaga a également souligné l’importance de l’engagement du public dans la défense des droits de l’homme. A cet égard, dans le cadre de la présente Conférence annuelle, un mur d’expressions a notamment été mis à disposition, sur le Parvis des droits de l’homme, à Paris; Une autre exposition a été inaugurée, hier, sur les disparitions de personnes. 


Stéphane Hessel, Ambassadeur de France, a exprimé son regret que la conférence n’ait pas reçu l’attention qu’elle méritait de la part des médias. Les réactions suscitées par la défiguration du collège René Cassin à Agde montrent pourtant que les Français sont préoccupés par les atteintes portées aux valeurs fondamentales, telles que les manifestations d’antisémitisme.  La présence à la présente Conférence annuelle, d’organisations non gouvernementales de plus de 95 pays devrait passionner le public français.  Nous savons tous que les gouvernements ont leurs propres intérêts qui ne correspondent  pas toujours avec ceux de leurs populations; heureusement, il y a partout des défenseurs des droits de l’homme et des organisations nationales et locales qui veillent à ce que les textes fondamentaux qui nous guident soient mis en application.  Les ONG sont là pour inciter les gouvernements à respecter les principes énoncés dans la Déclaration universelle, en particulier ceux qui  n’honorent pas les textes qu’ils ont pourtant ratifiés.  « Je vous invite à ne pas négliger ce que cette conférence nous apporte », a insisté Stéphane Hessel: profitons de la tenue de cette Conférence à Paris pour mieux comprendre les atteintes systématiques aux droits de l’homme encore pratiquées par de trop nombreux Etats et les actions menées par de nombreuses organisations.  « Le combat est devant nous, il n’est pas derrière nous », a-t-il conclu.


Pierre Sané, Sous-Directeur général de l’UNESCO pour les sciences sociales et humaines, s’est réjoui qu’avec l’ensemble du système des Nations Unies, une série d’activités soient menées durant l’année 2008 pour commémorer le 60e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme.  La présente Conférence s’inscrit dans le cadre de cette commémoration.  Il est clair qu’aujourd’hui, compte tenu des ressources dont dispose le monde et de la richesse sans précédent de la planète, il serait possible d’intégrer la moitié de l’humanité qui vit encore dans des conditions de misère.  Il faut que les ONG dégagent des lignes d’action collectives afin que toutes les promesses contenues dans la Déclaration universelle des droits de l’homme soient réalisées. Le partenariat ONU/ONG est indispensable afin de rappeler en permanence aux Etats et aux gouvernements leurs obligations.  Ce partenariat est un élément très important de la stratégie visant la réalisation de tous les droits de l’homme.  L’UNESCO dispose d’un programme de promotion des droits de l’homme, qui n’est peut-être pas suffisamment connu des ONG,  mais qui remonte à la naissance même de l’UNESCO, a rappelé Pierre Sané.


Interrogé sur la manière dont le partenariat entre l’ONU et les ONG allait se poursuivre, Kiyo Akasaka a mis l’accent sur le fait que les Nations Unies et les organisations gouvernementales travaillaient ensemble depuis plus de 60 ans.  Au total, plus de 2 300 ONG sont accréditées auprès de l’UNESCO, et environ 1 200 de leurs représentants sont présents aux débats. 


Shamina de Gonzaga a rappelé la très longue histoire de la Conférence annuelle DPI/ONG.  Cette année, Rama Yade, Simone Veil ainsi que tous les intervenants ont insisté sur le rôle fondamental des ONG dans le système des Nations Unies, a-t-elle rappelé.  Ce dialogue permanent avec les ONG est indispensable, et c’est précisément grâce à de telles interfaces que les Nations Unies ont la légitimité nécessaire. 


Pour sa part, Kiyo Akasaka a affirmé qu’il était nécessaire de réaffirmer la justesse de la Déclaration universelle, d’évoquer les problèmes et les peuples qui souffrent encore, et d’autres questions comme la violence contre les femmes, la pauvreté, le manque d’eau, la santé et l’éducation – autant de problèmes qu’il est nécessaire de traiter.


Stéphane Hessel a affirmé qu’il fallait insister sur le principe des droits de l’homme pour tous car, malheureusement, il y a encore un grand nombre de personnes que « les droits de l’homme étaient très jolis il y a 60 ans », mais que maintenant, il y avait des problèmes prioritaires comme le terrorisme, au nom duquel on pouvait parfois restreindre ces droits. Cette tendance est très dangereuse, a-t-il estimé. 


Interrogé sur la manière dont fut adoptée la Déclaration universelle des droits de l’homme il y a soixante ans, Stéphane Hessel a rappelé que ce texte n’était pas juridiquement contraignant mais une proclamation. Certains États, comme l’URSS et l’Arabie saoudite, avaient fait part des difficultés à souscrire pleinement à certains articles de la Déclaration, a-t-il rappelé, mais n’avaient pas souhaité pour autant faire opposition ouvertement à l’adoption de cet instrument.


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