24/07/2008
Conseil économique et social
ECOSOC/6369

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond 2008

42e & 43e séances – matin & après-midi


À LA VEILLE DE SA CLÔTURE DE SESSION, L’ECOSOC ADOPTE PLUSIEURS RÉSOLUTIONS ET DÉCISIONS ET DÉBAT DE QUESTIONS SOCIALES ET DES DROITS DE L’HOMME


Le Conseil économique et social (ECOSOC), qui clôt demain sa session de fond de l’année 2008, a adopté aujourd’hui plusieurs projets de résolution et de décision et tenu un débat général sur les questions sociales et relatives aux droits de l’homme.


Par une résolution adoptée par 27 voix pour et 20 abstentions, l’ECOSOC a recommandé que les chefs de secrétariat des institutions spécialisées et des autres organes et organismes des Nations Unies élaborent des propositions concrètes visant l’application intégrale des résolutions pertinentes relatives à l’application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux.  L’ECOSOC se félicite, dans le même texte, que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) continue de maintenir des contacts étroits entre ces institutions et organismes et à apporter une assistance efficace aux peuples des territoires non autonomes.  Il se félicite également que le Département de l’information et le Département des affaires politiques de l’ONU aient, en consultation avec le PNUD, élaboré un dépliant sur les programmes d’assistance dont peuvent bénéficier les territoires non autonomes et demande qu’il soit diffusé le plus largement possible1.


Les représentants de la République arabe syrienne, de la Bolivie, de la Nouvelle-Zélande, de la Fédération de Russie, de la France, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, et des États-Unis ont expliqué leur vote.  Ces trois derniers ont émis des doutes sur la compétence de l’ECOSOC dans ces questions, le représentant russe allant même jusqu’à demander la suppression de ce point à l’ordre du jour du Conseil économique et social. 


L’ECOSOC a adopté sans vote un autre texte à l’adresse des fonds, programmes et organismes des Nations Unies, en particulier sur leur rôle dans la mise en œuvre de la Déclaration ministérielle de 2007 sur l’élimination de la pauvreté.  La résolution prie ces fonds, programmes et organismes de concevoir de manière plus globale, cohérente et multidimensionnelle leurs politiques et opérations en la matière.  Elle les prie également de renforcer, dans les pays en développement, les capacités d’analyse de l’impact des divers domaines d’action sur l’élimination de la pauvreté, et de promouvoir des approches multipartites impliquant les autorités locales, la société civile et le secteur privé, en particulier pour ce qui est du développement agricole2.


S’agissant de son rôle dans l’application des textes issus des grandes conférences de l’ONU, l’ECOSOC a, dans un autre texte adopté sans vote, demandé à ses commissions techniques, régionales, et autres organes subsidiaires, de contribuer à l’Examen ministériel annuel (EMA) et au Forum pour la coopération en matière de développement.  L’ECOSOC a souligné que les ONG et le secteur privé devraient être encouragés à contribuer plus largement et plus efficacement à ses travaux3.  


Toujours sans vote, l’ECOSOC a adopté une autre résolution, décidant que la quatrième session du Comité d’experts de la coopération internationale en matière fiscale sera convoquée à Genève du 20 au 24 octobre 2008.  Dans ce texte, l’ECOSOC note que le Comité a créé cinq sous-comités chargés d’examiner des questions de fond.  Il note aussi la création, par le Secrétaire général, du Fonds d’affectation spéciale en vue de compléter les ressources du budget ordinaire et exhorte tous les États Membres et les organisations internationales concernées à y contribuer généreusement4.


Par un autre texte, l’ECOSOC a demandé à son Président d’engager des consultations sur son rôle dans la mise en œuvre du Consensus de Monterrey sur le financement du développement et sur l’issue de la Conférence d’examen de la mise en œuvre du Consensus, qui aura lieu à la fin de l’année à Doha5.


L’ECOSOC a aussi adopté les projets de résolution et de décision contenus dans le rapport de la Commission du développement social6, adoption qui a permis au représentant de Cuba de dénoncer les délégations qui entendent reléguer au second plan des questions qui sont pourtant directement liées au développement social.  L’adoption des textes contenus dans le rapport de la Commission des stupéfiants7 a été l’occasion pour le représentant de la Thaïlande de se féliciter de ce que le projet de développement « Doi Tung » promu dans son pays ait été retenu comme une pratique optimale s’agissant du développement des moyens de subsistance alternatifs viables. 


L’ECOSOC a également adopté le rapport de la Commission pour la prévention du crime et la justice pénale8.  Comme sur le texte précédent, le représentant de Cuba a lancé un appel en faveur d’une augmentation des ressources.  Également adopté, le rapport de l’Instance permanente sur les questions autochtones9 a suscité un commentaire du représentant des États-Unis qui s’est, une nouvelle fois, dissocié du consensus, en arguant que la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones est un document confus qui peut prêter à des interprétations douteuses.  Le représentant s’est, en particulier, dit préoccupé par le libellé « inacceptable » de la partie relative aux changements climatiques dont les demandes « outrepassent » le mandat de l’Instance permanente.


Le Conseil économique et social a, par ailleurs, tenu un débat sur les questions sociales et des droits de l’homme dont les rapports ont été présentés par le Président de l’Organe international de contrôle des stupéfiants qui a parlé de la situation « difficile » qui prévaut en matière de contrôle des drogues en Afghanistan et de la transformation de l’Afrique de l’Ouest en lieu privilégié de transit de la cocaïne venant de l’Amérique latine vers l’Europe.  Le Président de l’Organe international a aussi annoncé que le centenaire du multilatéralisme en matière de lutte contre la drogue sera célébré le 26 février 2009. 


D’autres rapports ont été présentés par les responsables du Bureau de New York du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et du Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) de New York.  L’ECOSOC a, d’autre part, été saisi d’un projet de résolution sur le renforcement de la coordination de l’assistance humanitaire d’urgence, présenté par le Brésil10 et d’un autre présenté par le représentant de la République de Moldova11 sur l’élargissement de la composition du Comité exécutif du Programme du HCR. 


1E/2008/L.17; 2E/2008/L.22; 3E/2008/L.29; 4E/2008/L.27; 5E/2008/L.16; 6E/2008/26; 7E/2008/28; 8E/2008/30; 9E/2008/43; 10E/2008/L.28; 11E/2008/L.11


Assistance économique spéciale, aide humanitaire et secours en cas de catastrophe


Application de la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux par les institutions spécialisées et les organismes internationaux associés à l’Organisation des Nations Unies (A/63/75-E/2008/52)


Explications de vote sur la résolution intitulée: « Appui apporté aux territoires non autonomes par les institutions spécialisées et les organismes internationaux associés à l’Organisation des Nations Unies » (E/2008/L.17)


Le représentant de la République arabe syrienne a indiqué que ce projet de résolution traitait d’un sujet de la plus haute importance, à savoir, de la situation des peuples non autonomes vivant dans des conditions économiques défavorables ou exposés à des risques et à des catastrophes naturelles.


La représentante de la Fédération de Russie, qui a déclaré qu’elle s’abstiendrait lors du vote, a estimé que ce texte « politique » détournait l’attention des questions essentielles.


Le représentant de la Bolivie a dit que la réaction des Nations Unies face aux catastrophes naturelles revêt une importance particulière, en particulier dans les territoires non autonomes.  Affecter des ressources financières à ces territoires est indispensable, a-t-il souligné.  L’octroi de l’indépendance aux peuples coloniaux nous donne des obligations particulières à leur égard, puisque l’ONU a choisi de prendre fait et cause pour cette lutte.  La Bolivie a donc tenu à parrainer le projet de résolution, a indiqué le représentant.


Le représentant de la France, qui s’exprimait au nom de l’Union européenne, a estimé que les sujets abordés dans ce projet de résolution ne relevaient pas du mandat de l’ECOSOC et que sa délégation s’abstiendrait de voter.


Le représentant des États-Unis a indiqué qu’il s’abstiendrait plutôt que de voter contre le projet de texte, car d’une manière générale, sa délégation est d’accord avec l’idée d’apporter une aide humanitaire aux peuples vivant dans les territoires non autonomes.  Mais nous nous opposons à l’idée que des organismes spécialisés de l’ONU puissent déterminer la nature de l’aide à apporter dans des territoires non autonomes, a-t-il souligné.


Le représentant de la Nouvelle-Zélande a estimé, en tant que puissance administrante, que son pays était responsable des îles Tokélaou.  Ce territoire a pu exercer l’an dernier son droit à l’autodétermination par référendum et il a finalement décidé de rester au sein de la Nouvelle-Zélande.  Nous sommes favorables à ce texte, a-t-il ajouté.


Questions sociales et questions relatives aux droits de l’homme (A/62/89-E/2007/76)


Développement social


Prévention du crime et justice pénale (E/2008/30)


Stupéfiants


Haut-Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés


Mise en œuvre intégrale de la Déclaration et du Programme d’action de Durban


Droits de l’homme (E/2008/76)


Instance permanente sur les questions autochtones


Débat général


      M. HAMID GHODSE, Président de l’Organe international de contrôle des stupéfiants, a présenté le rapport 2007 de l’Organe international ( E/2008/28).  Il a indiqué que ce dernier continue de surveiller la situation difficile en matière de contrôle des drogues en Afghanistan.  L’ampleur de la culture du pavot compromet sérieusement les objectifs de la Convention de 1961, a-t-il dit.  La situation ne s’améliore pas: l’Afghanistan a aujourd’hui un nombre sans précédent de 193 000 hectares de culture du pavot.  En outre, la culture de cannabis a atteint des sommets avec 70 000 hectares, en 2007.  La saisie de 238 tonnes de cannabis en Afghanistan suggère que cette culture est fermement implantée dans certaines régions du pays. 


Un autre sujet de préoccupation, a-t-il poursuivi, est le trafic des précurseurs chimiques vers l’Afghanistan pour la production d’héroïne.  L’Organe international s’est donc félicité de la résolution 1811 du Conseil de sécurité concernant ces précurseurs.  Le Gouvernement afghan doit prendre des mesures contre la corruption à tous les nivaux du Gouvernement, une corruption, a souligné le Président de l’Organe international, qui empêche l’accomplissement de progrès dans la lutte contre le trafic des drogues et en conséquence, le développement économique.  M. Ghodse a fait part de son intention de se rendre dans le pays avant la fin de l’année.


Venant à l’Afrique de l’Ouest, il a indiqué que cette partie du monde est devenue un lieu de transit de la cocaïne de l’Amérique latine vers l’Europe.  Près de 200 à 300 tonnes de cocaïne transitent par cette région.  La cocaïne est également transportée par voie aérienne dans les pays d’Afrique australe pour consommation locale.  Les gouvernements doivent aider les pays africains à faire face à ces trafics, a-t-il préconisé.  Il a souligné que les visites effectuées dans les pays font partie intégrante du dialogue entre les gouvernements et l’Organe international.  Ces visites, a-t-il insisté, permettraient à l’ECOSOC de mieux comprendre la situation sur le terrain, en dialoguant par exemple avec les ministres compétents. 


Le Président de l’Organe international a conclu son intervention en rappelant que l’année 2009 sera celle du centenaire du multilatéralisme en matière de lutte contre les drogues.  La Commission des stupéfiantsa appelé les États Membres et la société civile à commémorer cet évènement le 26 février 2009.  La Chine, qui était, il y a un siècle, la principale exportatrice d’opium et qui a accueilli en 1909 la Commission internationale sur l’opium, sera l’hôte d’une manifestation pour célébrer ce centenaire. 


M. NGONLARDJE MBAIDJOL, Directeur du Bureau de New York du Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, a présenté le rapport du Haut Commissariat des Nations Unies (E/2008/63), qui examine les raisons pour lesquelles l’application des principes de l’égalité des sexes et de la non-discrimination à l’égard des femmes est une condition essentielle de la promotion et de l’exercice des droits économiques, sociaux et culturels, conformément aux normes internationales relatives aux droits de l’homme.


Ce document s’efforce de déterminer la portée de l’obligation faite aux États parties d’éliminer la discrimination et de veiller au respect de l’égalité des sexes, y compris dans l’exercice des droits économiques, sociaux et culturels.  Pour illustrer ce propos, il est montré dans le rapport combien il est judicieux que les femmes puissent tirer parti de ces droits en période de reconstruction à la suite d’un conflit, et lors de l’instauration de politiques de démocratisation, a expliqué le Directeur.


La discrimination dont les femmes sont l’objet s’agissant de la protection et de l’exercice de leurs droits économiques, sociaux et culturels est disproportionnée.  Il subsiste un décalage important entre discrimination de principe et discrimination de fait, cette dernière étant souvent dissimulée en ce qui concerne la jouissance des droits économiques, sociaux et culturels.  Dans la sphère privée, des normes, règles et pratiques continuent d’être imposées, qui empêchent les femmes de tout âge d’exercer leurs droits, qu’elles résident dans des pays développés ou dans des sociétés en développement, a relevé le Directeur.  La discrimination directe et indirecte demeure répandue, en dépit de l’adoption il y a plusieurs décennies de normes internationales relatives aux droits de l’homme qui interdisent la discrimination contre les femmes dans l’exercice de leurs droits économiques, sociaux et culturels.


Dans les périodes de transition qui font suite à un conflit, il est essentiel de faire en sorte que la participation à la vie publique et à la reconstruction des femmes et des organisations féminines soit effective et que leurs préoccupations spécifiques par rapport à l’exercice de leurs droits économiques, sociaux et culturels soient prises en compte.  Ceci est notamment vrai au stade de la conception de la législation, et des programmes et des politiques à mettre en place à tous les niveaux: si l’on opte pour une approche axée sur les droits de l’homme, on renforce d’autant la probabilité de voir les mesures adoptées favoriser cet exercice, a estimé le Directeur.  S’agissant des droits économiques, sociaux et culturels, les sociétés qui sortent d’un conflit doivent s’efforcer de prendre des mesures qui posent pour principes l’égalité des sexes et la non-discrimination contre les femmes, en guise de réparations pour les violations de ces droits qu’elles ont subies pendant le conflit, mais aussi pour instaurer une paix durable et rectifier les inégalités préexistantes au conflit, a indiqué en conclusion le Directeur.


Mme WEI MENG LIM-KABAA, Directrice adjointe du Bureau du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) de New York, a attiré l’attention de l’ECOSOC sur le très grand nombre de partenariats stratégiques passés par le HCR avec d’autres organisations du système des Nations Unies pour prêter assistance aux personnes dans le besoin.   Le HCR participe ainsi aux travaux d’organes clefs, comme le Conseil des chefs de secrétariat et ses Comités exécutifs, ainsi que le Groupe des Nations Unies pour le développement.  Nous sommes également associés aux activités lancées dans le cadre de l’Initiative « Delivering as One », qui est en cours dans cinq des pays pilotes, a expliqué la Directrice.  Le HCR souhaite en outre nouer des relations avec des partenaires clefs dans des cadres de développement à moyen et à long termes.  Le lien entre changements climatiques et migrations est un des domaines dans lequel le HCR mène une action, a-t-elle estimé.  Nous considérons l’impact des changements climatiques comme un des facteurs, avec l’insécurité alimentaire, qui expliquent le phénomène des migrations.  Le HCR continue aussi d’être un des chefs de file dans la lutte contre la pandémie de VIH/sida et a présidé le Comité ONUSIDA de juillet 2007 à juillet 2008, a souligné Mme Lim-Kabaa.  L’UNICEF et le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme sont aussi deux des partenaires privilégiés du HCR, a-t-elle encore relevé.  Reconnaissant les complémentarités entre droits de l’homme et droits des réfugiés, le HCR n’a pas cessé de collaborer avec le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.  De même, les consultations annuelles avec les organisations non gouvernementales (ONG) et la société civile se poursuivent, a conclu la représentante.


M. RAWAR KHOSHNAW (Iraq) a indiqué que son gouvernement s’efforce de renforcer le principe d’égalité entre les citoyens d’Iraq afin d’atteindre un développement social authentique après les guerres et les conséquences néfastes des sanctions économiques.  Si l’Iraq dispose des ressources propres à assurer son développement socioéconomique, il rencontre cependant sur cette voie des obstacles majeurs.  La situation difficile dans laquelle se trouvait le pays a contribué à la hausse continue du chômage et de la fuite des cerveaux, autant de questions qui relèvent également de la responsabilité de la communauté internationale.  Le Gouvernement iraquien a adopté une politique ambitieuse de création d’emplois, de la protection sociale et de promotion de la santé.  Il a aussi pris des mesures dans le secteur de l’éducation et de la formation, en construisant, par exemple, 4 000 nouvelles écoles d’ici à la fin de l’année.  L’augmentation des exportations de pétrole à 2,5 millions de barils par jour a apporté au pays des revenus très utiles alors que la hausse des prix pétroliers a entraîné une augmentation des recettes, ce qui a permis de réduire l’inflation et a profité à l’ensemble de la population.  Le budget de 48 milliards de dollars est le plus élevé de toute l’histoire de l’Iraq, a conclu le représentant, en soulignant la nécessité toujours réelle de l’aide de la communauté internationale. 


Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a souligné que peu de pays ont souffert comme le sien de l’impact dévastateur des drogues.  La Colombie, a-t-elle dit, a investi des ressources humaines et financières énormes pour faire face à cette menace.  En 2007, 219 000 hectares de coca ont été éradiqués.  Par ailleurs, 20% des cargaisons saisies dans le monde l’ont été en Colombie.  Le pays a aussi mis au point plusieurs programmes, dont l’un porte sur la promotion de familles chargées de préserver des zones boisées et a bénéficié à 97 500 familles.  Il y aussi le programme des projets productifs qui concernent les cultures alternatives, a dit Mme Blum.  Malgré tout cela, on constate, a déploré la représentante, une augmentation des cultures illicites en 2007, car tant qu’on ne parviendra pas à un équilibre entre les actions lancées pour faire baisser l’offre de drogues et celles entreprises pour faire baisser la demande, il ne sera pas possible de progresser. 


La représentante a demandé une plus grande mobilisation des bailleurs de fonds pour qu’ils financent les programmes de cultures alternatives et qu’ils assurent l’accès de leurs récoltes sur les marchés mondiaux.  La représentante a par ailleurs rejeté l’analyse de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) selon laquelle la stabilisation du marché mondial des drogues est compromise par l’augmentation des cultures du pavot et de la coca.  De telles déclarations, a-t-elle dit, semblent ignorer la loi de l’offre et de la demande, qui gouverne ce marché et se démarquent des principes adoptés par les Nations Unies en 1998.  Les États Membres, a-t-elle dit, doivent en conséquence réaffirmer la validité du principe de responsabilité partagée et leur engagement en faveur d’un traitement intégral et équilibré du problème de la drogue.  


Mme YAOWENLONG (Chine) a déclaré que les agressions coloniales avaient livré la Chine, il y a un siècle de l’an, à l’opium.  La Chine s’est trouvée alors dans une situation déplorable sur le plan économique.  La communauté internationale a depuis accordé de plus en plus d’attention au problème des stupéfiants, essayant de mettre en place une coopération à cet effet.  Depuis, une Convention internationale a été adoptée, renforcée par 12 protocoles.  Tous ces instruments nous ont permis de disposer d’un régime juridique international sur la lutte contre les stupéfiants, a dit la représentante.  Le Gouvernement chinois a veillé à peaufiner sa lutte contre la drogue, notamment dans la région du Triangle d’or.  Ainsi, à l’heure actuelle, un système a été mis en place pour développer des cultures de substitution.  Il faudra mettre en œuvre les mesures recommandées par l’ONUDC à l’approche du centenaire de la Commission internationale de lutte contre l’opium.  Il faudra accroître l’aide aux pays en développement, qui ont besoin d’être assistés dans leur lutte contre les stupéfiants, a préconisé la représentante.


M. ROBERT HAGEN (États-Unis) a déclaré que les défenseurs des droits de l’homme prenaient des risques majeurs partout dans le monde.  Un effort coordonné de la part de certains États semble pourtant à l’œuvre, pour essayer d’utiliser les Nations Unies pour faire passer leur agenda, comme c’est le cas au Conseil des droits de l’homme, a-t-il estimé.  Le représentant a ensuite déclaré que le Gouvernement des États-Unis était associé à 63 autres États Membres qui ont signé en janvier un document concernant les objecteurs de conscience.  Les signataires encouragent les pays à relâcher les objecteurs de conscience qui sont en détention, a dit le représentant. 


Mme PARK YURI (République de Corée) a souligné l’importance qu’il y a, en matière de développement, de donner la priorité au respect des droits des groupes vulnérables tels que les femmes, les enfants et les personnes handicapées.  Prendre en compte la situation de ces derniers dans les programmes de développement est indispensable, a-t-elle souligné.  L’intégration de leur perspective dans les politiques et stratégies de développement pourrait faire régresser la pauvreté et mettre en place une structure sociale qui rassemble davantage.  La République de Corée, a-t-elle dit, a fait des efforts considérables pour promouvoir les droits de la femme, en abolissant, par exemple, la structure patriarcale en vigueur dans les familles. 


Parmi les grands défis que doit relever l’humanité, a-t-elle poursuivi, il y a aussi la situation des enfants.  Les droits de l’enfant sont foulés aux pieds de façon systématique et brutale.  Il est navrant, a-t-elle dit, que des enfants souffrent encore de malnutrition et d’abus sexuels, sans parler de la situation des enfants soldats.  Tout cela mérite une attention soutenue de la communauté internationale, a-t-elle dit, en appuyant l’adoption d’une démarche mieux intégrée en matière de protection des enfants.  Commentant la question des réfugiés, la représentante a jugé important d’adopter des mesures plus restrictives sur le contrôle des frontières, et plus fortes en matière de protection des populations réfugiées.  Le principe du non-refoulement des réfugiés doit être adopté par tous, a-t-elle conclu. 


M. ANDREY TARANDA(Bélarus) a rappelé que les consultations sur le projet de résolution relatif à la lutte contre la traite des êtres humains se sont achevées hier avec succès.  Il s’est, par ailleurs, dit favorable au renforcement de la coopération internationale dans le contrôle des stupéfiants.  Soulignant que son pays se trouve au carrefour du trafic des substances psychotropes, il a indiqué que sur le plan national, la législation bélarusse a été améliorée, les organes de répression renforcés, et la coopération internationale intensifiée.  Les initiatives telles que le Pacte de Paris sont à encourager, a-t-il dit, en appelant la communauté internationale à mettre en place un mécanisme multilatéral pour surveiller la circulation des précurseurs chimiques. 


D’autre part, le représentant a rappelé que son pays a signé avec le HCR un accord de coopération technique.  Il a aussi appelé l’ECOSOC à demander davantage de ressources pour le Programme eurasiatique.  Commentant d’autres questions, le représentant a indiqué que la Constitution du Bélarus contient des dispositions fermes sur la lutte contre le racisme et la discrimination raciale.  Il a souhaité que l’examen de la mise en œuvre du Programme de Durban donne un nouvel élan à l’action internationale en la matière.  Concernant les droits de l’homme, il s’est dit favorable à une coopération constructive, en fustigeant la politisation de la question et en prônant un dialogue fondé sur l’égalité entre tous les États et le respect mutuel.  Des premiers pas ont été réalisés, notamment avec la création du Mécanisme universel d’examen par les pairs, a néanmoins reconnu le représentant.  Il a conclu en soulignant le caractère « inacceptable », comme l’a dit à plusieurs reprises le Conseil des droits de l’homme lui-même, des mesures de sanctions unilatérales.  L’ECOSOC doit réagir à toutes les mesures de ce type, a-t-il préconisé. 


M. HUGOSILES ALVARADO (Bolivie) a expliqué que le Président bolivien Evo Morales s’opposait à l’élimination par la force des plantations de coca.  Le dialogue et la réflexion partagée sont les deux axes de la politique de reconversion agricole de M. Morales, a-t-il dit.  La vision déformée des choses selon laquelle il faut à tout prix éliminer la coca en tant que matière première est irrecevable.  Si on pensait ainsi pourquoi personne ne s’est-il aussi rendu compte que pour éliminer l’alcoolisme, il faudrait éliminer tous les produits qui servent à la confection des alcools?  On nous demande d’essayer de mastiquer des feuilles de coca pour que nous comprenions le tort que cet acte est supposé causer aux populations autochtones de la Bolivie qui le font depuis des années, a ironisé le représentant.  Il a donc exprimé ses plus grandes réserves à l’égard de certains passages du rapport sur les stupéfiants présenté aujourd’hui à l’ECOSOC.  Ce rapport a été élaboré sans consultation avec la Bolivie, qui est pourtant citée dans le document, s’est-il étonné.  Le fait de recommander l’interdiction de mastiquer de la coca contrevient à la Déclaration sur les droits des peuples autochtones.  Les articles 24 et 31 corroborent le respect de ces droits traditionnels fondamentaux, a-t-il souligné.  Le représentant a recommandé aux pays consommateurs de drogues de prendre, chez eux, des engagements plus vigoureux pour réduire la demande de cocaïne au sein de leur propre population et donc de feuilles de coca.


M. WAHIDULLAH AMIN (Afghanistan) a expliqué que le Gouvernement afghan avait pris des mesures de lutte contre le trafic de stupéfiants.  Il a attiré l’attention sur l’aspect logistique de ce trafic, soulignant que la question de l’acheminement devait être prise en considération dans un cadre de coopération régional et international.


M. YURI GALA (Cuba) a soulevé, dans le cadre de l’examen de la question des droits de l’homme, une question qui constitue à son sens une violation flagrante du droit à l’autodétermination du peuple cubain.  Récemment, le Ministre cubain des affaires étrangères a fait une déclaration à la presse dans laquelle il a dénoncé les liens obscurs existant entre un diplomate américain accrédité à Cuba et un terroriste d’origine cubaine.  Il s’agit de l’un de ces mercenaires, a dit le représentant, que le Gouvernement américain présente comme de soi-disant dissidents politiques ou objecteurs de conscience ou encore, « militants » pacifiques.  Les autorités cubaines ont dénoncé ce comportement inacceptable, qui vient s’ajouter à une longue liste d’actes de déstabilisation du régime cubain par les États-Unis, a dit le représentant.


Mme ROCHELLE ROCA-HACHEM, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a rappelé que l’UNESCO préside le Groupe interinstitutions des Nations Unies sur les populations autochtones.  L’UNESCO a aussi participé activement aux travaux de l’Équipe spéciale qui a mis au point une stratégie qui servira de moyen d’orientation aux Nations Unies pour intégrer la Déclaration sur les populations autochtones dans les programmes de développement.  L’UNESCO, a poursuivi la représentante, encourage l’interaction entre la Déclaration et les instruments normatifs relatifs à l’éducation interculturelle et multilingue.  L’UNESCO continue d’accueillir des boursiers autochtones et participera, cette année pour la première fois, au programme en langue russe.  Enfin, a encore indiqué la représentante, l’UNESCO fait appel à des experts autochtones et non autochtones dans les programmes relatifs aux langues locales pour évaluer la protection des idiomes et langues menacés d’extinction. 


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