23/07/2008
Conseil économique et social
ECOSOC/6368

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond 2008

40e & 41e séances – matin & après-midi


L’ECOSOC PROROGE LE MANDAT DU GROUPE CONSULTATIF AD HOC SUR HAÏTI ET FAIT SIENNES LES RECOMMANDATIONS DE LA COMMISSION DE LA CONDITION DE LA FEMME


Aux termes d’une résolution1 adoptée sans vote telle qu’oralement amendée, le Conseil économique et social (ECOSOC) a prorogé aujourd’hui le mandat du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti jusqu’à la tenue de la prochaine session de fond de l’ECOSOC, en juillet 2009.  Le Groupe est chargé d’évaluer les défis économiques qui se posent à la République d’Haïti.  M. Léo Mérorès, le représentant d’Haïti, par ailleurs Président de l’ECOSOC, s’est félicité de cette décision, « qui se place dans le contexte de l’effort que mène le Gouvernement d’Haïti pour parvenir au relèvement économique du pays ».


Léo Mérorès a expliqué que des progrès notables avaient été accomplis depuis l’an dernier en Haïti, à commencer par l’adoption du Document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSNCRP), qui a été salué comme le véritable cadre de référence de l’action du Gouvernement et des donateurs.  « L’une des difficultés que nous avons rencontrées jusqu’à présent était le manque de vision à long terme du pays, et c’est désormais dans cette perspective que nous situons notre action », a insisté le représentant.


Le Conseil économique et social a par ailleurs approuvé les recommandations de la Commission de la condition de la femme, contenues dans le rapport2 des travaux de sa cinquante-deuxième session.  Ce faisant, l’ECOSOC a aussi transmis à l’Assemblée générale ses contributions aux travaux préparatoires de la Conférence d’examen de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey sur le financement du développement, qui se tiendra à Doha, au Qatar, du 29 novembre au 2 décembre 2008.


Une résolution contenue dans ce rapport a dû faire l’objet d’un vote nominal séparé.  L’ECOSOC a ainsi adopté, par 25 voix pour, 19 voix contre et 2 abstentions, une résolution sur la situation des Palestiniennes vivant sous l’occupation et l’aide à leur apporter.  Ce texte réaffirme notamment que l’occupation israélienne demeure un obstacle majeur à l’amélioration de la condition des Palestiniennes, ainsi qu’à leur autonomie et à leur intégration dans le développement de leur société.  Avant la mise aux voix du texte, les délégations d’Israël et les États-Unis ont exhorté les délégations à ne pas voter en faveur du projet de résolution.


Le Conseil a également entendu ce matin Mme Rachel Mayanja, la Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, venue lui présenter le rapport3 du Secrétaire général sur l’institutionnalisation de l’égalité des sexes dans le système des Nations Unies, ainsi que celui sur les travaux de la Commission de la condition de la femme (E/2008/27) et celui relatif à l’Institut international de recherche et de formation des Nations Unies pour la promotion de la femme (INSTRAW).


Au cours du bref débat qui a suivi, plusieurs délégations ont fait valoir les mesures prises au niveau national afin de promouvoir l’égalité entre les sexes.  Encourageant l’ECOSOC à tout mettre en œuvre pour promouvoir l’intégration d’une perspective sexospécifique au sein de l’ONU, le représentant des États-Unis a regretté l’insuffisance du nombre de femmes occupant des postes à responsabilité au sein des Nations Unies, et notamment la faiblesse du nombre de femmes occupant des postes de niveau D-1 et D-2.


Dans l’après-midi, l’ECOSOC a pris acte des rapports4 de la Commission du développement durable, du Comité des politiques de développement, de la Commission de la statistique, de la Commission de la population et du développement, du Comité d’experts de l’administration publique, du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour l’environnement, du Comité d’experts de l’administration publique, du Groupe d’experts des Nations Unies pour les noms géographiques ainsi que du document contenant le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre coordonnée du Programme pour l’habitat.  La délégation d’Antigua-et-Barbuda, qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, ainsi que celles de l’Iraq, de l’Indonésie, de Cuba, de la Fédération de Russie, des Maldives, du Pakistan et de la Barbade pris la parole à cette occasion.  Le représentant de l’UNESCO s’est également exprimé.


Enfin, l’ECOSOC a adopté une résolution5 par laquelle il a invité le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) à continuer de mettre à jour les volumes consacrés aux produits chimiques et pharmaceutiques dans la Liste récapitulative des produits dont la consommation ou la vente ont été interdites ou rigoureusement réglementées.


Le Conseil économique et social poursuivra ses travaux demain, jeudi, le 24 juillet, à 10 heures.


1 E/2008/L.15

2 E/2008/27

3 E/2008/53, E/2008/62 et E/2008/73

4 E/2008/29, E/2008/33, E/2008/24, E/2008/25, E/2008/44, A/63/25, E/2008/44, E/2007/89 et E/2008/64 respectivement.

5 E/2008/L.21


DÉBAT CONSACRÉ AUX QUESTIONS DIVERSES


Questions de coordination, questions relatives au programme et autres questions


Intégration du principe de l’égalité des sexes dans toutes les politiques et tous les programmes du système des Nations Unies


Questions relatives à l’économie et à l’environnement


Les femmes et le développement


Promotion de la femme


Mme RACHEL MAYANJA, Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, a présenté conjointement les rapports du Secrétaire général sur l’institutionnalisation de l’égalité des sexes dans le système des Nations Unies, au niveau de toutes les politiques et de tous les programmes (E/2008/53), sur la Commission sur la condition de la femme (E/2008/27) et sur l’Institut international de recherche et de formation des Nations Unies pour la promotion de la femme (INSTRAW) (E/2008/62 et E/2008/73).


Le rapport sur l’égalité entre les sexes souligne la nécessité pour les entités des Nations Unies de redoubler d’efforts pour pleinement mettre en œuvre la stratégie d’institutionnalisation de l’égalité des sexes à l’appui des initiatives prises à l’échelle nationale par les États Membres en faveur de l’égalité des sexes et de l’autonomisation des femmes, a dit Rachel Mayanja.  Dans la plupart d’entre elles, les politiques, stratégies et programmes d’action en faveur de l’égalité des sexes prévoient des mesures concrètes pour renforcer les capacités et accomplir des progrès aux niveaux de la définition des responsabilités, du suivi des mesures prises pour institutionnaliser l’égalité des sexes et de l’établissement de rapports dans ce domaine, a ajouté la Conseillère spéciale.


Les entités s’appuient sur des cadres de gestion axés sur l’obtention de résultats et sur des cadres de financement pluriannuels, assortis de cibles et d’indicateurs, pour améliorer la prise en compte des questions d’égalité des sexes et suivre les progrès accomplis dans ce domaine.  Elles exploitent de plus en plus souvent des données ventilées selon le sexe.  Une importante initiative interorganisations, « Gender Info », la base de données ventilées par sexe, constituera aussi un précieux outil pour les partenaires nationaux, a indiqué Mme Mayanja.


Au cours de la période à l’examen, des efforts accrus ont été déployés pour incorporer les questions d’égalité des sexes aux programmes de pays, en s’appuyant sur les bilans communs de pays/Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement, ainsi que sur les rapports nationaux sur la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, les stratégies de développement national et les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté.  Des progrès notables ont été accomplis au niveau des analyses effectuées, mais encore faut-il s’assurer que les conclusions auxquelles elles permettent d’arriver sont suivies de mesures concrètes, a fait observer Mme Mayanja.


L’ECOSOC souhaitera peut-être encourager les entités des Nations Unies à faire preuve de plus de fermeté en ce qui concerne la nécessité d’institutionnaliser l’égalité des sexes, notamment en exigeant que la stratégie fasse l’objet d’un intérêt plus marqué aux plus hauts niveaux, en renforçant les capacités du personnel d’encadrement, et en lui demandant de faire régulièrement rapport sur les résultats obtenus en ce qui concerne l’égalité des sexes.


La Conseillère spéciale s’est ensuite félicitée que la Commission de la condition de la femme ait choisi les changements climatiques comme thème principal de sa session 2008.  Elle s’est dite convaincue que les aspects relatifs à la parité face à la crise alimentaire devraient faire l’objet d’une attention comparable.  C’est seulement en promouvant l’égalité entre les sexes que nous pourrons relever ces défis conjoints, a estimé la Conseillère spéciale.


Enfin, Mme Mayanja a expliqué que le premier rapport (E/2008/62) sur l’INSTRAW décrit les activités que l’Institut a menées auprès des bailleurs de fonds actuels et potentiels pour mobiliser les ressources nécessaires au financement de son budget de base.  Grâce à ses activités en 2007, l’Institut a levé suffisamment de fonds pour financer ses activités et rembourser la subvention que l’Organisation lui avait versée dans le courant de l’année au titre de son budget ordinaire.  Le second rapport décrit les travaux du Conseil exécutif de l’INSTRAW au cours de sa cinquième session, qui s’est réunie du 21 février au 22 mai 2008, a dit Rachel Mayanja.


Mme NAJLA AWAD HASSAN (Soudan) s’est dite convaincue de la nécessité de tenir compte de l’égalité des sexes dans les politiques nationales et internationales pour permettre à la femme de jouer le rôle qui lui revient.  Le Soudan, a-t-elle assuré, réaffirme son engagement à respecter les résolutions pertinentes des Nations Unies, tout en tenant compte de son patrimoine culturel et religieux.  Le Soudan fait de son mieux pour mettre la femme en avant dans la vie publique, comme en témoigne la loi sur les quotas qui fixent à 25% au moins le taux de représentation des femmes dans les instances publiques.  


L’État a aussi promulgué des lois pour la préservation et le respect des droits de la femme dans le domaine socioéconomique, en commençant par un amendement à la Constitution qui vise aussi les femmes des zones rurales.  Des lois ont aussi été adoptées pour lutter contre la discrimination et la violence fondée sur le sexe.  Une politique nationale a par ailleurs été adoptée pour permettre à la femme soudanaise de réaliser son potentiel, par l’accès à l’éducation et la participation dans l’élaboration des lois et des législations nationales.  La représentante a invité le système des Nations Unies à approfondir la coopération dans le domaine de la promotion de la femme et à procéder à l’échange d’expertise en matière d’éducation.


Mme JWAN H. TAWFIQ (Iraq) a rappelé que la femme iraquienne a beaucoup souffert de la pauvreté et de l’ignorance, le taux d’analphabétisme parmi les femmes ayant atteint 78% lors du régime dictatorial.  La représentante a aussi dénoncé la discrimination et la violence fondées sur le sexe auxquelles les femmes faisaient face alors.  Aujourd’hui les choses ont changé et devant les défis des dernières années, la femme iraquienne a fait preuve de courage.  Elle a aussi assuré ses responsabilités politiques, en participant à l’élaboration de la Constitution et à la vie politique.  La Constitution garantit en effet le respect des droits de la femme. 


Aujourd’hui, a poursuivi la représentante, les femmes occupent 25% des sièges au Parlement, ce qui est un taux que même certains pays développés n’ont jamais atteint.  Les femmes occupent en outre quatre postes ministériels.  Les lois sur la protection sociale, la famille et le travail promeuvent toutes le statut de la femme, a ajouté la représentante, en insistant sur le fait que la Constitution de l’Iraq est la plus avancée dans toute la région.  Mais les défis sont toujours là, a reconnu la représentante en citant le terrorisme.  C’est la raison pour laquelle des campagnes de sensibilisation sont menées pour faire connaître leurs droits aux femmes qui sont d’ailleurs à l’avant-garde dans le domaine scientifique.  La représentante a conclu en appelant à l’aide des organisations internationales concernées.


M. VANCE MCMAHAN (États-Unis) a regretté que le Conseil ait manqué de temps pour passer en revue les propositions du Secrétaire général concernant l’intégration d’une perspective sexospécifique dans le fonctionnement de l’Organisation.  Il a également regretté qu’il y ait trop peu de femmes responsables au sein des Nations Unies, le nombre de celles-ci à des postes D-1 et D-2 étant limité.  Il a déclaré qu’il appuyait le Protocole de Palerme sur la criminalité transnationale organisée, qui constitue, pour les États-Unis, un instrument de premier plan pour lutter contre le trafic d’êtres humains.  Le représentant a enfin indiqué que son pays prêtait une assistance aux femmes enceintes qui en ont besoin dans le monde.


Mme ZHANGDAN(Chine) a affirmé que ce thème de l’ECOSOC était très important.  Selon elle, la question de la participation égale des femmes à la marche de la société est capitale dans un contexte d’urbanisation croissante.  Le Gouvernement de la Chine fait tout son possible pour mettre en œuvre le processus issu du Consensus de Monterrey et supprimer les barrières institutionnelles qui empêchent le développement international, a ajouté la représentante.  Nous attachons aussi beaucoup d’importance au développement durable, qui place la personne humaine au centre des activités économiques.  Depuis 2007, le Gouvernement chinois s’est attaché à mettre en œuvre le Programme de Beijing et la Convention pour l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.  Un séminaire de suivi a d’ailleurs été mis en place.  Le Plan national de développement pour la période 2006-2010 comprendra un chapitre distinct sur les programmes chargés de promouvoir l’intégration des femmes.  Le Gouvernement chinois encourage les femmes à occuper des postes dans l’administration et le monde des affaires, a conclu la représentante.


Mme ZHANAR KULZHANOVA (Kazakhstan) a indiqué qu’en juin dernier, son pays a organisé un sommet sur l’égalité des femmes et la participation des femmes à la vie économique et politique.  Près de 400 femmes ayant des responsabilités politiques et originaires d’un certain nombre de pays ont participé au sommet, tout comme l’Envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies.  La représentante a souligné que ce sont les organisations non gouvernementales (ONG) kazakhes, avec l’appui du Gouvernement, qui ont organisé ce sommet. 


Le caractère central de l’égalité des sexes dans la réalisation des OMD est inconstatable, a estimé la représentante kazakhe.  Or, nous voyons toujours, a dénoncé la représentante, une inégalité d’accès aux ressources et la persistance de la discrimination et de la violence fondées sur le sexe.  Le développement n’est pourtant pas possible sans une participation active des femmes, a-t-elle rappelé.  Il faut donc ouvrir l’accès à l’éducation, à la formation et aux revenus aux femmes.  Il est indispensable, a insisté la représentante, de promouvoir l’égalité, surtout dans les zones les plus pauvres.  Les femmes doivent aussi avoir accès aux processus de prise de décisions et pour ce faire, il faut leur permettre de concilier vie professionnelle et vie familiale.  Les politiques et les législations nationales doivent tenir compte de l’égalité des sexes, et les programmes des Nations Unies en la matière doivent disposer des ressources nécessaires.  La représentante a conclu en disant attendre avec intérêt le rapport sur la nouvelle architecture de l’égalité des sexes au sein des Nations Unies, en particulier face à des défis considérables comme la traite des êtres humains, aggravée aujourd’hui par la crise alimentaire et les changements climatiques. 


Mme PARK YURI (République de Corée) a estimé que l’égalité des sexes est l’un des mandats fondamentaux des Nations Unies.  Cette égalité et l’autonomisation des femmes sont des éléments majeurs pour lutter contre la pauvreté, les épidémies et même les conflits armés.  Elle a salué les efforts déployés par les Nations Unies, dont l’intégration d’une perspective sexospécifique dans toutes les activités.  Mon pays, a-t-elle dit, attache beaucoup d’importance à la question de la violence contre les femmes et salue l’action préconisée par l’ONU pour lutter contre cette violence dans les situations de conflits armés.  La représentante s’est félicitée de la résolution 1820 du Conseil de sécurité, avant de rappeler la pertinence des débats que l’ECOSOC a tenus le 8 juillet dernier.  Ces débats, a-t-elle estimé, ont renforcé la contribution de l’ECOSOC dans l’étude de la problématique des femmes et de la paix. 


La représentante a appuyé le rôle de l’ECOSOC dans l’identification de la nature complémentaire des commissions techniques concernant les questions relatives aux femmes.  Pour atteindre l’égalité entre les sexes, il faut une direction vigoureuse et une action plus systématique.  La représentante a donc appuyé la création d’un poste de secrétaire général adjoint chargé de la parité entre les sexes.  Elle a aussi estimé que le modèle hybride proposé serait une structure plus coordonnée. 


Mme TATYANA FEDOROVICH (Bélarus) a indiqué que les femmes de son pays avaient un niveau de représentation assez élevé au sein du Gouvernement du Bélarus, tout comme dans le reste de l’administration publique et dans le secteur privé.  Elle a par ailleurs recommandé d’accroître le rôle de l’ECOSOC dans le domaine de la lutte contre la traite des êtres humains.


M. GRAHAM CLOUGH, de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) a donné la référence d’un document pertinent qui peut être consulté sur le site Internet de cette Organisation.


La situation des Palestiniennes et l’aide à leur apporter


Aux termes de la résolution contenue dans la section B du rapport sur les travaux de la cinquante-deuxième session de la Commission de la condition de la femme, le Conseil économique et social préconise l’adoption de mesures supplémentaires visant à améliorer de façon tangible la difficile situation qu’elles vivent sur le terrain et les conditions de vie des Palestiniennes et de leur famille.  Il réaffirme aussi que l’occupation israélienne demeure un obstacle majeur à l’amélioration de la condition des Palestiniennes, ainsi qu’à leur autonomie et à leur intégration dans le développement de leur société, et encourage toutes les femmes de la région à assumer un rôle actif dans l’appui au processus de paix.


Par ce texte, le Conseil économique et social exige en outre qu’Israël, puissance occupante, respecte pleinement les dispositions et principes de la Déclaration universelle des droits de l’homme, des Règlements annexés à la quatrième Convention de La Haye, en date du 18 octobre 1907, et de la Convention de Genève relative à la protection des personnes civiles en temps de guerre, en date du 12 août 1949, afin de protéger les droits des Palestiniennes et de leur famille.  L’ECOSOC demande également à Israël de prendre des mesures pour que les femmes et les enfants palestiniens réfugiés et déplacés puissent tous regagner leurs foyers et recouvrer leurs biens, conformément aux résolutions de l’Organisation des Nations Unies sur la question.


Explications de vote


Mme MEIRAV EILON-SHAHAR (Israël) a déclaré que cette résolution avait une intention politique, puisqu’elle ne prend pas en compte la place de la femme palestinienne dans une société patriarcale, où se perpétuent les violences et la pratique de l’excision.  « Les problèmes auxquels font face les femmes palestiniennes sont très importants, mais ce texte passe sous silence » ceux que je viens d’évoquer, a ajouté la représentante, qui a encouragé les délégations à voter contre.


Mme LAURIE LERNER PHIPPS (États-Unis) a regretté que ce texte n’évoque pas la manière dont les Israéliens sont ciblés par les Palestiniens.  Le Gouvernement américain verse beaucoup d’argent pour l’aide destinée aux Palestiniens des territoires occupés et contribue aussi au financement d’activités qui leur sont destinées, par l’intermédiaire d’autres institutions du système des Nations Unies, sans compter l’aide bilatérale.  Nous souhaitons œuvrer avec le Quatuor pour faire en sorte que la vision de M. Bush de voir créer deux États coexistant en paix se concrétise.  « Une résolution si biaisée ne fait que saper le rôle médiateur des Nations Unies », a estimé le représentant en conclusion.


À l’issue du vote, Mme NADYA RIFAAT RASHEED, Observatrice permanente de la Palestine, a remercié les délégations ayant voté en faveur de la résolution présentée aujourd’hui.  Elle a déclaré que les propos d’Israël étaient caractéristiques de l’attitude de cette délégation, puisque le régime qu’elle représente est l’auteur de crimes infligés à la société palestinienne.  Si Israël refuse d’admettre ses torts, comment peut-on progresser vers la paix? s’est-elle demandée.  Israël est vraiment mal placé pour s’ingérer dans nos affaires et devrait plutôt œuvrer à travailler à la résolution pacifique du conflit, a-t-elle dit.


Programme à long terme d’aide à Haïti


M. LÉO MÉRORES (Haïti) s’est félicité de l’adoption sans vote de la résolution (E/2008/L.15), telle que le texte en a été oralement amendé, et qui a prorogé le mandat du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti jusqu’à la prochaine session de fond de l’ECOSOC, qui aura lieu en juillet 2009.  Il a remercié les délégations de leur soutien à ce texte, qui se place dans le contexte de l’effort que mène le Gouvernement d’Haïti pour parvenir à redresser Haïti sur le long terme.  Certains progrès notables ont été accomplis depuis un an, notamment l’adoption d’une Stratégie nationale pour la croissance, qui a été saluée comme le véritable cadre de référence de l’action du Gouvernement et des donateurs, a dit M. Mérorès.  L’une des difficultés que nous avons rencontrées jusqu’à présent était le manque de vision à long terme du pays, et c’est désormais dans cette perspective que nous situons notre action, a souligné le représentant.  M. Mérorès a salué la contribution des donateurs qui ont permis d’établir une feuille de route sur le long terme, insistant sur l’importance revêtue par la question du développement agricole à long terme.  La situation à Haïti est certes fragile, mais grâce aux efforts internationaux, nous sommes en train d’asseoir les bases de la stabilité politique dans notre pays, a-t-il conclu.


Établissements humains


Mme AXUMITE GEBRE-EGZIABHER, Directrice d’ONU–Habitat à New York, a présenté le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre coordonnée du Programme pour l’Habitat (E/2008/64).  Elle a souligné la nécessité d’améliorer les connaissances et la compréhension mondiale de l’environnement urbain et de renforcer les capacités des gouvernements et des autorités locales grâce à la coopération technique et à l’innovation.  Ils doivent se baser sur les avantages comparatifs d’ONU-Habitat pour élaborer une démarche normative combinée avec la participation de la société civile.  Pour la période 2008-2013, ONU–Habitat axera son action sur six domaines: défense, surveillance et partenariats, planification urbaine participative, gestion et gouvernance, terres et logements pour les pauvres, infrastructures et services de base abordables, et renforcement des systèmes de financement des établissements humains.


Environnement


M. NIKIL SETH, Directeur du Bureau de l’appui au Conseil économique et social et de la coordination, a présenté le rapport du Secrétaire général sur les produits nocifs pour la santé et l’environnement (A/63/76-E/2008/54).  Ce document expose les points de vues des États Membres et des organismes intergouvernementaux compétents sur la mesure dans laquelle la Liste récapitulative des produits, dont la consommation et/ou la vente ont été interdites ou rigoureusement réglementées, retirés du marché ou n’ont pas encore été approuvés par les gouvernements, demeure utile pour les États Membres.


L’établissement de la Liste a été demandé en 1982 afin de diffuser le plus largement possible les informations dont disposait le système des Nations Unies sur les produits nocifs pour la santé et l’environnement.  Pendant des années, elle a très bien servi cet objectif.  Toutefois, ces derniers temps, comme l’indiquait le rapport triennal de 2007, dans lequel la Liste était examinée, les secrétariats des conventions juridiquement contraignantes relatives aux matières chimiques ont été en mesure de fournir des informations plus détaillées et plus accessibles, par voie électronique ou autre.  La publication de la Liste était devenue, de ce fait, superflue.  Le Conseil économique et social souhaitera peut-être recommander d’arrêter la mise à jour régulière de la Liste, qui était prescrite dans la résolution 37/137 de l’Assemblée générale, a souligné M. Seth.


Développement durable


M. CONROD HUNTE (Antigua-et-Barbuda), parlant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a souligné la nécessité d’un engagement renouvelé en faveur des Principes de Rio et la nécessité urgente d’une action décisive pour combler les lacunes constatées dans la mise en œuvre du Plan d’engagement de Johannesburg.  Les pays en développement ont engrangé des résultats remarquables et impressionnants dans nombre de domaines.  Il n’en reste pas moins, a insisté le représentant, qu’une pleine mise en œuvre des engagements reste d’une importance critique.  La confluence des crises comme les changements climatiques, les crises alimentaire et énergétique, la récession économique et les turbulences des marchés financiers n’ont fait qu’aggraver la situation.  L’impact des changements climatiques doit faire l’objet d’un débat approfondi sur le renforcement des stratégies d’adaptation.  Il faut aussi des efforts pour renforcer les capacités d’atténuation, en tenant compte du principe de responsabilité partagée mais différenciée, a dit M. Hunte.  Ces efforts exigent la mobilisation de ressources supplémentaires et le transfert des technologies.  À cet égard, le représentant a appelé à la pleine mise en œuvre du Consensus de Monterrey et du Plan stratégique de Bali sur le transfert des technologies. 


Face aux crises alimentaire et énergétique, a-t-il poursuivi,  l’ECOSOC doit donner la priorité à la lutte contre les politiques commerciales iniques, en particulier les subventions agricoles.  L’ECOSOC doit aussi jouer un rôle de catalyseur pour contribuer aux efforts des pays en développement visant à intégrer les impératifs du développement durable dans les politiques économiques.  L’ECOSOC doit enfin, a conclu le représentant, mettre l’accent sur les effets négatifs des facteurs externes sur les efforts nationaux. 


M. ABDOULAZIZ (Iraq) a indiqué que le développement durable était une priorité de son gouvernement.  Mais les questions connexes de l’environnement et du développement durable sont cependant difficiles à promouvoir dans le contexte que traverse l’Iraq, qui va devoir définir des objectifs sur le long terme, a-t-il dit.  Il faut renforcer la capacité de production et l’infrastructure pour permettre à l’Iraq d’assurer une gestion intégrée de ses ressources.  Nous aspirons aujourd’hui à une plus grande coopération de la communauté internationale afin de liquider les séquelles des guerres que nous avons connues au cours des dernières décennies et qui ont entravé nos efforts en faveur du développement durable, a conclu le représentant.


M. AGUNG CAHAYA SUMIRAT (Indonésie) s’est félicité des initiatives prises par la Commission du développement durable (CDD) pour discuter à sa seizième session des questions liées à l’agriculture, à la sècheresse et à l’érosion des sols.  Les politiques agricoles doivent être orientées de manière à assurer le développement durable des zones rurales, a-t-il préconisé.  Les subventions commerciales, qui ont un effet dissuasif pour les pays en développement, doivent être abandonnées par les pays développés.  L’ECOSOC doit veiller à ce que sa prochaine session tienne compte de ces questions, a souligné le représentant.


Mme VALIENTE DÍAZ (Cuba) a rappelé qu’au cours des débats qui ont eu lieu lors de la dernière CDD, il semble que l’on se soit rendu compte que certains facteurs ont précipité la dégradation de l’environnement.  Cette question préoccupe un nombre croissant de pays en développement et de nombreux experts.  Dans son rapport sur le développement mondial, le PNUD indique que l’accroissement de la production de biocarburants est à l’origine de 75% de la hausse des prix des produits de base.  Mais c’est surtout une culture du gaspillage et de la négligence qui est responsable de la situation qui prévaut au niveau mondial.  C’est la raison pour laquelle il est devenu indispensable de renforcer les montants d’aide publique au développement (APD), a estimé la représentante de Cuba.  En vérité, a fait observer la représentante, la contribution de l’Union européenne, non seulement n’a pas augmenté, mais a même diminué.  Le développement durable suppose une révolution énergétique mondiale qui devra prendre en compte une participation de la communauté internationale, a-t-elle conclu.


Mme ANNA B. OVCHARENKO (Fédération de Russie) a jugé indispensable que la Commission du développement durable fasse tout son possible pour écourter son processus de négociations.  Elle a espéré que l’année prochaine, la Commission pourra éviter les écueils qu’elle a connus cette année. 


M. IRFAN SOOMRU (Pakistan) a regretté que malgré les conférences internationales et les négociations de la Commission du développement durable, le monde ne dispose toujours pas d’un modèle intégré de développement durable.  Actuellement, les pays en développement se tournent vers une économie sans carbone.  Mais les technologies sont-elles disponibles? s’est interrogé le représentant.  Non, a-t-il répondu.  Sont-elles abordables? Probablement pas, a-t-il aussi répondu, en appelant la communauté internationale à regarder la vérité en face. 


M. SELWIN CHARLES HART (Barbade) a regretté que le Groupe des petits États insulaires au sein du Département des affaires économiques et sociales ne dispose pas de ressources financières et humaines suffisantes.  Cela est d’autant plus préoccupant, a-t-il dit, que ces pays sont frappés de plein fouet par les effets négatifs des changements climatiques et par les crises alimentaire et énergétique.  Le représentant s’est félicité du partenariat de son pays avec le Gouvernement islandais mais, a-t-il prévenu, sans un partenariat international, les petits États insulaires en développement ne pourront pas engranger de véritables progrès.  Le représentant a exhorté la communauté internationale à se joindre à ces pays pour renforcer les responsabilités et les engagements des uns et des autres.  Il a aussi invité la Commission du développement durable à refléter fidèlement l’urgence et les besoins de ces pays. 


M. BORIS FALATAR (UNESCO) a rappelé que cette Organisation avait alarmé dès 1968 la communauté internationale quant à la nécessité d’assurer un développement durable.  Depuis, l’UNESCO, en partenariat avec d’autres institutions, aide des gouvernements à élaborer des politiques de développement durable.  L’UNESCO a aussi créé 529 réserves de biosphères dans 105 pays afin de préserver la biodiversité et de faciliter la recherche, l’éducation, et la surveillance en ce domaine.  S’agissant de la montée des eaux et de l’adaptation aux changements climatiques, l’UNESCO a établi un système de surveillance du niveau des océans mondiaux, qui propose des données constamment mises à jour à l’appui de la recherche océanographique.  Enfin, en ce qui concerne le système d’alerte rapide, la Commission océanographique intergouvernementale de l’UNESCO a établi des groupes de coordination dans les océans, qui ont permis de faire des progrès significatifs dans la prévention des tsunamis, a indiqué le représentant.


Statistique


M. CONROD HUNTE (Antigua-et-Barbuda) a, au nom du Groupe des 77 et de la Chine, appelé à un accord intergouvernemental sur la création d’un mécanisme d’évaluation de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il s’est félicité de l’inscription du point relatif à la création d’indicateurs dans l’ordre du jour de la Commission de la statistique.  L’ECOSOC, a-t-il dit, doit assurer davantage de cohérence dans la mise en œuvre des OMD.  Aujourd’hui plusieurs indicateurs mesurent les progrès accomplis dans la réalisation des sept premiers OMD, mais rien n’est fait sur l’OMD nº8, qui est relatif à un partenariat mondial pour le développement. 


Le représentant a appelé au redoublement des efforts pour mettre en place un système cohérent et intégré d’indicateurs.  L’ECOSOC doit aussi faire en sorte que le Groupe d’experts de la Commission de la statistique traite de la manière d’améliorer la surveillance dans la mise en œuvre de l’OMD nº8.  Il faut une approche plus ciblée et plus stratégique s’agissant de cet Objectif, a insisté M. Hunte.  Compte tenu de l’importance du partenariat mondial pour le développement, le représentant a dit craindre que le manque de progrès n’empêche la réalisation des autres Objectifs.  L’ECOSOC doit préparer un examen de l’OMD nº8 et de ses indicateurs pour encourager des actions.  Le représentant a conclu en disant attendre avec intérêt le rapport du Secrétaire général sur les indicateurs de surveillance de la réalisation des OMD.


La représentante de la Fédération de Russie s’est prononcée contre toute politisation de la Commission de la statistique, en particulier l’introduction d’éléments politiques dans la surveillance de la réalisation des OMD. 


Le Directeur du Bureau de l’appui à l’ECOSOC a annoncé aux délégations que la Commission des statistiques a créé un groupe d’étude spécial sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), en particulier l’OMD nº8.  Le rapport sera présenté à l’Assemblée générale le 25 septembre, mais une fois qu’il sera prêt, il faudra une modalité pour le soumettre à l’ECOSOC.


Administration publique et développement


Commentant le rapport du Comité des politiques de développement, M. AHMED KHALEEL (Maldives) a rappelé que compte tenu des dommages causés par le tsunami de 2004, l’Assemblée générale avait décidé de reporter de trois ans la gradation de son pays de la liste des pays les moins avancés (PMA).  Le 1er janvier 2008, les Maldives sont donc entrées une période de transition qui devrait s’achever en janvier 2011.  En effet, a souligné le représentant, le travail acharné et les acquis durement gagnés par les Maldives, au cours de ces deux dernières décennies, sont « fondamentalement » menacés par la dégradation en cours de l’environnement et les vulnérabilités particulières auxquels font face les petits États insulaires en développement. 


Le représentant a aussi attiré l’attention sur les pressions supplémentaires qu’exercent sur l’économie de son pays le ralentissement de l’économie mondiale ainsi que les crises alimentaire et énergétique.  Une stratégie de transition saine et sans heurt sera donc essentielle à la gradation des Maldives.  À cette fin, le pays a déjà créé un mécanisme consultatif avec ses partenaires financiers et au développement pour formuler une stratégie de transition à long terme.  Le premier forum de ce partenariat a eu lieu en 2006 et cette année, il se concentrera sur la question de la gradation et de la formulation de politiques économiques propres à aider le pays à relever les défis d’un pays à revenu intermédiaire.


Rappelant que l’ECOSOC a souligné, à maintes reprises, que les progrès socioéconomiques ne sauraient en aucun cas être menacés par une sortie de la liste des PMA, le représentant s’est donc dit convaincu de l’importance pour le Conseil de surveiller de près le travail que les pays en passe de sortir de la liste des PMA effectuent avec leurs partenaires au développement pour assurer une transition sans heurt.  Le représentant a fait part de l’intention de son pays de rendre compte régulièrement des progrès enregistrés et a dit attendre avec intérêt de travailler étroitement avec le Comité des politiques de développement.  


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