18/07/2008
Conseil économique et social
ECOSOC/6365

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond 2008

34e & 35e séances – matin & après-midi


L’ECOSOC ENGAGE LE SYSTÈME DE L’ONU À ÉVALUER LES PROGRÈS DANS LA COHÉRENCE ET LA COORDINATION DE SES ACTIVITÉS DE DEVELOPPEMENT


Les PMA appellent à une quatrième Conférence avant 2010


Le Conseil économique et social (ECOSOC) a prié aujourd’hui le Secrétaire général de l’ONU de lui faire rapport sur les progrès accomplis pour renforcer la cohérence, l’efficacité, les coûts et avantages de la coordination, grâce au système des coordonnateurs résidents.  Toujours soumis à des améliorations, ce système a été créé en 1981 pour assurer une concertation accrue et une plus grande cohésion, harmonisation et simplification de l’assistance au développement de l’ensemble des agences, fonds et programmes des Nations Unies sur le plan national.


L’ECOSOC souligne d’ailleurs que le coordonnateur résident doit rendre compte aux autorités nationales quant aux progrès accomplis dans le Plan-cadre des Nations Unies pour l’aide au développement (UNDAF).  Le projet de résolution* adopté ce matin par l’ECOSOC examine les progrès accomplis pour mettre en œuvre la résolution 62/208 de l’Assemblée générale sur l’Examen triennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies.  Ce texte, adopté en décembre dernier, donne les grandes lignes et directives que doit suivre l’ensemble du système de l’ONU pour renforcer l’impact de ses efforts de développement sur le terrain.  


Également ce matin, le Conseil a entamé la dernière partie de sa session de haut niveau consacrée aux questions diverses parmi lesquelles la science et la technologie au service du développement.  Il a ainsi adopté un autre projet de résolution** sur le Sommet mondial de la société de l’information par lequel il demande à toutes les parties prenantes de redoubler d’efforts pour financer les technologies de l’information et des communications (TIC) et investir dans ce secteur afin d’améliorer l’accès au haut débit, y compris l’accès sans fil, dans les zones et les pays où il est encore limité, voire inexistant.  Ce texte, tout comme quatre projets de décision, étaient soumis à l’ECOSOC par un de ses organes subsidiaires, la Commission de la science et de la technique au service du développement. 


Dans l’après-midi, les délégations se sont penchées sur la mise en œuvre du Programme d’action en faveur des pays les moins avancés (PMA) pour la décennie 2001-2010, ou Programme d’action de Bruxelles.  À deux ans de la fin de la Décennie internationale dédiée à ce groupe de 49 pays, de nombreuses délégations ont demandé que l’ONU organise la quatrième Conférence sur les PMA avant 2010.  Elles ont estimé qu’une telle réunion permettrait de faire le point sur les progrès accomplis et d’identifier des moyens d’accélérer les efforts. 


En effet, les représentants ont souligné les défis importants qui restent à surmonter pour aider les PMA à parvenir aux objectifs de développement établis dans le Programme d’action de Bruxelles.  Les déléguées d’Antigua-et-Barbuda, au nom du Groupe des 77 et de la Chine; et du Bangladesh, au nom des pays les moins avancés; ont insisté sur la nécessité pour les pays développés de respecter les engagements pris en faveur des PMA, et notamment celui de consacrer 0,15% à 0,20% de leur PIB à l’aide publique au développement de ces pays.


Le Conseil poursuivra ses travaux lundi 21 juillet à 10 heures.


*     E/2008/L.12

**    E/2008/31. 


ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DU SYSTÈME DES NATIONS UNIES AU SERVICE DE LA COOPÉRATION INTERNATIONALE POUR LE DÉVELOPPEMENT


Suite donnée aux recommandations de politique générale de l’Assemblée générale et du Conseil


Décision sur le projet de résolution


Le Conseil économique et social a adopté, par consensus, et tel qu’oralement amendé, le projet de résolution intitulé « Progrès accomplis dans l’application de la résolution 62/208 de l’Assemblée générale sur l’Examen triennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies » ( E/2008/L.12).  Par ce texte, le Conseil économique et social note les mesures prises par le système des Nations Unies pour appliquer la résolution 62/208 de l’Assemblée générale, relative à l’Examen triennal complet des activités opérationnelles, au niveau institutionnel et interinstitutionnel, et engage le système des Nations Unies à suivre le processus de gestion aux fins de l’application de la résolution 62/208 de l’Assemblée générale.  


Il réaffirme que les activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies doivent avoir pour caractéristiques fondamentales, entre autres, la capacité de répondre avec souplesse aux besoins des pays de programme et qu’elles sont exécutées au profit de ces pays, à leur demande et conformément à leurs propres politiques et priorités de développement.  Le Conseil prie le système des Nations Unies de prendre des mesures concrètes, en consultation avec les États Membres, pour contribuer au renforcement des capacités en vue d’assurer le développement, la promotion et le transfert des nouvelles technologies aux pays de programme et de faciliter l’accès des pays en développement aux nouvelles technologies pour soutenir les activités opérationnelles de développement. 


Il prie le Secrétaire général, dans son rapport annuel sur le fonctionnement du système de coordonnateurs résidents, de faire rapport sur la participation du système des Nations Unies et des organismes non résidents au fonctionnement du système des coordonnateurs résidents et l’appui qu’ils lui ont apporté à cet égard ainsi que sur les progrès accomplis pour renforcer les effets sur le développement, la cohérence, l’efficacité et l’efficience, les coûts et avantages de la coordination grâce au système de coordonnateurs résidents, l’attention étant portée spécifiquement aux échelons régional et national.  L’ECOSOC souligne que le coordonnateur résident, appuyé par l’Équipe de pays des Nations Unies, doit rendre compte aux autorités nationales des progrès accomplis en ce qui concerne les résultats convenus dans le Plan-cadre des Nations pour l’aide au développement.


Explications de position


Suite à l’adoption de ce texte, le représentant des États-Unis a expliqué que sa délégation s’était jointe au consensus car elle attachait une grande importance à la mise en œuvre des directives de l’Examen triennal complet.  Toutefois, il a émis des réserves quant à certains paragraphes du texte, estimant qu’ils allaient au-delà de l’usage et des pratiques habituels en ce qui concerne les directives données aux agences et fonds. 


La représentante d’Antigua-et-Barbuda, s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a souligné l’importance de cette résolution qui donne des directives importantes pour les activités opérationnelles.  Elle a affirmé en outre que le rôle de l’ECOSOC ne devait pas être mis en cause et qu’il fallait résister au désir de minimiser son rôle pour ce qui est des directives politiques adressées aux États Membres de l’ONU.


Se félicitant de cette adoption, le représentant du Japon a estimé que le texte encourage les agences et fonds du système de l’ONU à prendre des mesures constructives pour la mise en œuvre de l’Examen triennal complet des activités opérationnelles. 


APPLICATION ET SUIVI DES RECOMMANDATIONS ISSUES DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS AU SOMMET ORGANISÉES SOUS L’ÉGIDE DE L’ORGANISATION DES NATIONS UNIES


APPLICATION DES RÉSOLUTIONS 50/227, 52/270 B ET 60/265 DE L’ASSEMBLÉE GÉNÉRALE AINSI QUE DE LA RÉSOLUTION 61/16


Suite donnée à la Conférence internationale sur le financement du développement


Présentation et débat général


Mme JANIL GREENAWAY (Antigua-et-Barbuda), qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a rappelé l’importance de ce débat à la veille de la Conférence internationale d’examen du financement pour le développement.  Elle a indiqué que les pays en développement faisaient face à de graves difficultés pour obtenir un accord sur les questions transversales critiques à la réalisation des cibles internationales de développement, dont les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Parmi ces questions, elle a cité la sécurité alimentaire, les politiques commerciales, la dette et le déclin de l’aide publique au développement (APD).  Elle a estimé que l’ECOSOC devait examiner la mise en œuvre des engagements pris et montrer la direction à suivre.  Par ailleurs, elle a insisté sur la nécessité d’une cohérence et d’une coordination des politiques financières internationales.  Elle a affirmé que la Conférence de Doha devait examiner en profondeur les six thèmes du Consensus de Monterrey, les liens qui les unissent et analyser les nouveaux défis.  Elle a souhaité que soit mis en place un mécanisme de suivi du financement du développement, à la fois pour les engagements pris à Monterrey et ceux qui seront convenus à Doha. 


M. ANDREI METELITSA (Bélarus) a considéré qu’il fallait continuer de travailler et de progresser en faveur de sources novatrices de financement du développement.  Toutefois, il a estimé que ces nouveaux financements devaient être vus comme des sources supplémentaires à l’aide publique au développement.  Il a aussi souhaité que le Fonds monétaire international (FMI) renforce ses activités dans cette direction.  Il a souligné la situation particulière des pays à revenu intermédiaire et regretté que l’assistance apportée à ces pays diffère d’une institution à l’autre.  Il a particulièrement insisté sur la nécessité de fournir une aide à ces pays en matière énergétique, notamment par la réforme du système de production de l’énergie.  L’ONU, la Banque mondiale et les autres partenaires internationaux doivent offrir une aide dans le domaine de l’énergie afin de réduire les coûts et d’aider ces pays à mieux utiliser les énergies renouvelables, a-t-il dit. 


M. LEBRUN-DAMIENS (France), qui prenait la parole au nom de l’Union européenne, a salué les discussions dans le cadre de la réunion spéciale de haut niveau de l’ECOSOC avec les institutions de Bretton Woods, l’Organisation mondiale du commerce (OMC) et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED).  Soulignant l’attachement de l’Union européenne à la mise en œuvre du Consensus de Monterrey, il a déclaré que celle-ci souhaitait jouer un rôle de premier plan lors de la Conférence d’examen de Doha.  Il a mis en avant l’implication de la société civile et du secteur privé dans la mise en œuvre et le suivi du Consensus de Monterrey, dont le processus doit être inclusif et transparent.  Enfin, il a souhaité que les importantes réunions qui se tiendront d’ici à la Conférence de Doha, soient de nature à contribuer à sa préparation. 


Mme ARTAULI TOBING (Indonésie) a rappelé qu’en raison de la situation mondiale actuelle, marquée par des crises alimentaire, énergétique et financière, il était nécessaire que la communauté internationale renforce son partenariat mondial.  Le but étant de créer un environnement international favorable au développement, a-t-elle précisé.  Elle a indiqué que la Conférence d’examen de Doha serait l’occasion de renforcer le consensus pour mobiliser davantage les ressources nationales et internationales en faveur du développement durable.  Elle a demandé que les pays à revenu intermédiaire bénéficient d’une attention appropriée lors du processus d’examen.  Citant l’exemple de son propre pays, la représentante a expliqué que ces États devaient faire face à une vulnérabilité financière, une réduction de l’investissement étranger direct (IED) ainsi qu’à des barrières à l’exportation de leurs produits. 


M. WILLIAM A. HEIDT (États-Unis) a mis en avant la participation active de son pays au processus de suivi de Monterrey.  Il s’est félicité de la réunion de haut niveau entre l’ECOSOC, les institutions de Bretton Woods, l’OMC et la CNUCED et a souligné son importance dans la perspective de la Conférence de Doha.  Il a d’ailleurs estimé que les institutions de Bretton Woods devaient bénéficier d’une plus grande représentation pour parvenir à de meilleurs résultats en matière de financement pour le développement. 


QUESTIONS DE COORDINATION, QUESTIONS RELATIVES AU PROGRAMME ET AUTRES QUESTIONS


QUESTIONS RELATIVES À L’ÉCONOMIE ET À L’ENVIRONNEMENT


Présentation et débat général


Mme AMY WEESNER, Assistante spéciale du Bureau de l’informatique, a présenté le rapport du Secrétaire général sur la coopération internationale dans le domaine de l’informatique (E/2008/65).  Elle a noté que le Groupe de travail dans ce domaine s’était concentré sur les améliorations des conditions de travail pour les missions au sein du Secrétariat.  Parmi les progrès, elle a cité l’accès à l’Internet sans fil ou la possibilité de recharger les ordinateurs portables.  De plus, elle a fait valoir que le Groupe de travail œuvrait avec le Secrétariat pour élaborer un portail qui remplacera le site actuel utilisé par les missions.  Elle a précisé que celui-ci donnerait notamment accès à « i-Seek », le site intranet du Secrétariat.  Enfin, elle a souligné que le Groupe de travail sur l’informatique se concentre sur des solutions pratiques, utiles pour tous et réalisées dans le cadre des ressources existantes. 


M. YOUNES SARHAN (Iraq) a noté que les secteurs de l’information et des communications étaient des facteurs essentiels de développement et pouvaient notamment jouer un grand rôle dans la réalisation des OMD.  Il a donc appelé à davantage d’efforts internationaux pour améliorer les résultats dans ce domaine et garantir que ces technologies ne soient pas le monopole d’un petit nombre de pays.  Il a noté que l’Iraq avait auparavant beaucoup œuvré dans ce domaine mais que la situation actuelle du pays avait une incidence lourde sur ce secteur.  Il existe maintenant une fracture numérique entre l’Iraq et les autres pays, a-t-il dit.  Il a mis en avant les efforts récemment déployés par son pays pour l’établissement de réseaux Internet mais a estimé qu’il fallait désormais accroitre les investissements en faveur des technologies de l’information et de la communication (TIC) et diffuser les technologies.  Il a aussi souhaité qu’il existe une coopération, à tous les niveaux, pour créer un climat propice à l’innovation.


M. BORIS FALATAR, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a souligné l’action de cette Organisation en matière de science et de technologie, insistant particulièrement sur les conseils politiques qu’elle dispense.  Il a estimé que tous les efforts des gouvernements devaient être nourris de conseils fournis par la communauté des experts internationaux.  Il a affirmé que l’UNESCO travaillait à renforcer le processus de consultation scientifique.  En outre, il a argué que le renforcement des capacités était une condition préalable à l’innovation et a fait part des efforts de l’UNESCO pour développer les institutions et les ressources humaines. 


M. ANDREI METELITSA (Bélarus) a constaté que son pays était en train de passer à une société de connaissances et qu’il travaillait à l’établissement de réseaux d’information.  Il a par exemple indiqué que le réseau téléphonique était très important dans le pays.  Il a affirmé qu’il fallait combler le fossé numérique existant et a mis l’accent sur le rôle des Nations Unies à cet égard.  Il a déclaré que l’ONU devait contribuer à faire des TIC un facteur de développement, plutôt qu’un élément qui accroît les inégalités.


M. DONATUS SAINT-AIMÉE (Sainte-Lucie) a noté l’importance de la question des TIC pour les petits États insulaires en développement.  Il a argué que la communauté internationale n’avait pas encore mis sur pied les mécanismes adéquats pour combler la fracture numérique.  Il faut concentrer les efforts sur un ou deux domaines spécifiques, a-t-il dit, estimant que les efforts étaient pour l’instant trop dispersés.  Il a notamment souhaité que l’accent soit mis sur l’application de la technologie pour lutter contre les effets des changements climatiques.


Décision sur les recommandations figurant dans le rapport de la Commission de la science et de la technique au service du développement


Le Conseil a adopté, sans vote, le projet de résolution sur le bilan de la mise en œuvre des textes issus du Sommet mondial de la société de l’information (E/2008/31), dans lequel il demande à toutes les parties prenantes de redoubler d’efforts pour financer les technologies de l’information et des communications et investir dans ce secteur afin d’améliorer l’accès au haut débit, y compris l’accès sans fil, dans les zones et les pays où il est encore limité, voire inexistant.  Il engage toutes les parties prenantes à continuer à mettre au point et à diffuser des applications et des services conviviaux adaptés aux téléphones portables et autres appareils mobiles, qui puissent notamment être utilisés dans les zones rurales et fonctionner avec un faible débit et des temps de latence élevés. 


En outre, le Conseil demande aux organisations internationales et régionales d’évaluer la facilité avec laquelle les pays ont accès aux technologies de l’information et des communications et de rendre compte périodiquement à ce sujet, l’objectif étant de créer des chances égales pour faciliter la croissance du secteur informatique dans les pays en développement.  En adoptant ce texte, l’ECOSOC recommande l’incorporation des politiques concernant les technologies de l’information et des communications dans les stratégies nationales de développement et de réduction de la pauvreté, compte tenu des priorités des pays.  Il recommande également une intensification de la coopération internationale à tous les niveaux et entre toutes les parties prenantes afin d’aider les zones rurales à accéder à l’Internet et, de façon générale, aux technologies de l’information et des communications et à en tirer parti. 


Il engage la communauté internationale à faire des contributions volontaires à un fonds d’affectation spéciale créé par la CNUCED en vue d’appuyer les activités d’examen et d’évaluation consacrées à la suite donnée au Sommet mondial, par la Commission de la science et de la technique au service du développement.  Le Conseil recommande que toutes les parties prenantes redoublent d’efforts pour donner vie à l’idée du Sommet mondial tendant à édifier une société de l’information à dimension humaine, axée sur le développement et solidaire, afin d’améliorer les chances offertes à chacun sur le plan des technologies de l’information et des communications et de réduire la fracture numérique.


Enfin, les membres de l’ECOSOC ont adopté quatre projets de décisions qui leur étaient également soumis par la Commission de la science et de la technique au service du développement, contenus dans le document E/2008/31. 


EXAMEN ET COORDINATION DE L’APPLICATION DU PROGRAMME D’ACTION EN FAVEUR DES PAYS LES MOINS AVANCÉS POUR LA DÉCENNIE 2001-2010


Présentation de rapport


CHEIKH SIDI DIARRA, Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, a présenté le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre du Programme d’action en faveur des pays les moins avancés (A/63/77-E/2008/61).  Il a indiqué que ce document évaluait les progrès faits en faveur des 30 objectifs et cibles contenus dans ce Programme ainsi que les engagements pris par les pays les moins avancés (PMA) et leur partenaires de développement.  Il a indiqué que la plupart des PMA avait connu de bons résultats économiques -à l’exception de ceux du Pacifique- dans la réalisation des objectifs d’investissement ou de croissance du Programme de Bruxelles.  Il a ajouté que des progrès notables avaient également été effectués en matière de santé et d’éducation.  Toutefois, il a estimé que les avancées supplémentaires dépendaient maintenant d’un accès amélioré à l’eau et l’assainissement, secteurs qui souffrent d’un sous-investissement chronique.  Il a constaté que les progrès en ce qui concerne la parité dans l’éducation étaient plus lents et qu’aucune avancée n’avait été enregistrée en matière de mortalité maternelle.  De plus, il a noté que la malnutrition s’aggravait.  Il a argué que la hausse des prix alimentaires pouvait encore exacerber ce phénomène et entraver sérieusement les efforts pour réaliser l’objectif principal du Programme de Bruxelles de réduire de moitié la proportion des personnes vivant dans la pauvreté extrême dans les PMA d’ici à 2010. 


Insistant sur la gravité de la crise alimentaire, il a souligné que 72% de la population des PMA vivaient en zone rurale et dépendaient de l’agriculture pour survivre.  Il a regretté que ce secteur reste pourtant sous-développé dans ces pays et que la productivité agricole des PMA soit en déclin.  Il a expliqué qu’alors que les PMA étaient des exportateurs de produits agricoles dans les années soixante, ces pays étaient maintenant des importateurs de denrées alimentaires.  En raison de la flambée des prix, il a précisé que la facture des PMA relatives à l’alimentation avait augmenté de 19% en 2007.  M. Diarra a mis en avant les mesures préconisées par le rapport dont, à court terme, une assistance humanitaire immédiate, la mise en place de programmes de sécurité sociale et le soutien financier des petits exploitants.  À moyen terme, il a affirmé qu’il fallait améliorer l’accès des agriculteurs aux secteurs financiers et aux marchés et investir dans de meilleures infrastructures agricoles et dans la recherche-développement.  Enfin, à long terme, le Haut Représentant a indiqué que les « révolutions vertes » menées par les gouvernements devaient aussi s’appuyer sur le secteur privé.  Il a aussi souligné l’importance d’une pleine libéralisation commerciale, pour augmenter les revenus des PMA, et celle des stratégies d’industrialisation. 


Débat général


Mme JANIL GREENAWAY (Antigua-et-Barbuda), qui s’exprimait au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a fait part de sa préoccupation quant aux progrès inégaux réalisés par les PMA, alors que la Décennie touche à sa fin.  Elle a par exemple indiqué que les secteurs de l’eau et de l’assainissement, de l’éducation ou de la santé maternelle demeuraient des points faibles de la mise en œuvre du Programme d’action de Bruxelles.  Elle s’est aussi particulièrement inquiétée de l’absence de progrès en ce qui concerne le rôle du commerce dans le développement des PMA et a souligné l’importance de parvenir à un accord dans les négociations commerciales du Cycle de Doha.  En outre, elle a constaté le nombre encore très élevé de personnes vivant dans la pauvreté extrême dans les PMA et a souhaité que la communauté internationale prenne des actions décisives pour mettre en œuvre les engagements du Programme d’action.  À l’heure des crises alimentaire, énergétique et financière et des changements climatiques, elle a estimé que le respect des engagements pris envers les PMA était indispensable tout comme les efforts concertés des partenaires en développement, de l’ONU et des institutions de Bretton Woods.  Elle a lancé un appel pour renforcer la capacité de production des PMA, particulièrement dans le secteur agricole, tout en insistant sur la nécessité d’investir dans les infrastructures et le développement technologique.  Enfin, la représentante a souhaité que la quatrième Conférence des Nations Unies sur les PMA se tienne avant la fin de la Décennie. 


Mme ISMAT JAHAN (Bangladesh), intervenant au nom du Groupe des pays les moins avancés, a constaté que les PMA étaient très vulnérables aux chocs internes et externes et a demandé que la Déclaration de Rome soit mise en œuvre rapidement.  De plus, elle a indiqué que les changements climatiques posaient des défis graves à ces pays tout comme la hausse du prix de l’énergie.  Dans ce contexte, elle a affirmé que des actions mondiales renforcées étaient nécessaires pour parvenir aux objectifs du Programme d’action de Bruxelles.  Elle a insisté sur l’importance de l’agriculture pour les PMA, en dépit de la baisse de productivité de ces pays dans ce domaine et du déclin de l’assistance internationale depuis les années 60.  La représentante a mis en avant le rôle crucial du commerce pour ce groupe de pays et a, à nouveau, lancé un appel pour que leurs produits aient un accès sans quota et sans droit aux marchés.  De plus, elle a plaidé en faveur de mesures pour renforcer la capacité commerciale de ces pays, dont un accès simplifié à l’OMC et la mise en œuvre de l’initiative « Aide pour le commerce ».  Mme Jahan a aussi mis l’accent sur la nécessité pour les pays développés de respecter leurs engagements en matière d’APD et a souhaité que les programmes d’allègement de la dette soient élargis à tous les PMA.  Elle a enfin demandé que la quatrième Conférence des Nations Unies sur les PMA se tienne avant la fin de la Décennie.  


M. YAO WENLONG (Chine) s’est félicité des bons résultats économiques des PMA ainsi que de leurs avancées dans les domaines de la santé et de l’éducation.  Toutefois, il a estimé que les PMA n’avaient pas encore surmonté leurs vulnérabilités et que le climat international actuel, marqué par les crises alimentaire, énergétique et financière notamment, aggravaient les défis auxquels ces États font face en terme de développement.  Il a souligné que, selon la FAO, 47 des 49 PMA étaient considérés comme étant en déficit alimentaire et 20 comme vivant « une crise alimentaire ».  Il a argué que la communauté internationale avait la responsabilité d’assister les PMA à parvenir au développement durable, par le biais d’efforts concertés et coordonnés.  Il a appelé les pays développés à assumer leurs responsabilités.  Ainsi, il a demandé une augmentation de l’aide publique au développement (APD), source indispensable de financement pour les PMA.  Il s’est donc inquiété de la baisse de l’APD enregistrée en 2007 et a jugé que l’APD fournie était insuffisante pour soutenir les objectifs sociaux et économiques des PMA.  Il a souhaité que les pays développés respectent rapidement leur engagement de consacrer 0,15 à 0,2% de leur PIB aux PMA.  Par ailleurs, le représentant chinois a insisté sur l’importance du commerce pour les PMA, notamment dans le domaine agricole.  Rappelant que les 49 PMA ne représentaient que 1% du commerce international, il a affirmé que la communauté internationale devait continuer à élargir l’accès, sans quota et sans droit, à leurs produits.  Enfin, il a mis en avant la coopération de son pays avec les PMA, notamment la formation et la coopération technique, ainsi que les mesures prises en matière d’allègement de la dette ou de traitements préférentielles.


M. JONAS DJEBOU (Bénin) a rappelé qu’un des objectifs du Programme d’action de Bruxelles était de renouveler le partenariat entre les PMA et leurs partenaires au développement.  Il a estimé que cet objectif serait facilement atteignable si les stratégies d’assistance extérieure des partenaires au développement s’harmonisaient avec les politiques nationales des pays les moins avancés.  Il s’est interrogé sur les raisons qui peuvent expliquer pourquoi les mesures d’appui internationales ne parviennent toujours pas à accompagner les efforts nationaux de ces pays.  Il a ainsi suggéré de faire une étude sur les moyens nécessaires à une plus grande coordination et cohérence entre tous les acteurs.  Pour parvenir aux objectifs du Plan d’action de Bruxelles, il a souligné qu’il faudrait des actions vigoureuses notamment dans le commerce, l’investissement étranger direct, la technologie, l’agriculture et l’énergie.  Le représentant béninois a rappelé que la Stratégie de Cotonou, adopté lors de l’examen à mi-parcours du Programme d’action de Bruxelles en 2006, offrait des solutions à suivre à cet égard. 


M. YASSIN EISA MOHAMED (Soudan) a noté qu’alors que le Programme de Bruxelles touchait à sa fin, le monde faisait face à de nombreuses crises qui pouvaient entraver les progrès en faveur du développement des PMA.  Il a indiqué que, malgré une bonne croissance ces dernières années, son pays connaissait divers défis dont ceux liés au taux de mortalité maternelle, au VIH/sida et au paludisme.  Il a réaffirmé l’engagement du Soudan envers les cibles du Programme de Bruxelles qui sont intégrées au Plan quinquennal stratégique du pays pour 2007-2011.  Il a reconnu que le pays devait s’employer à mobiliser tous ses efforts en faveur du développement.  Toutefois, il a indiqué que le pays avait besoin d’assistance de la part de la communauté internationale, notamment pour le développement des ressources humaines, l’éducation, l’eau, la santé, les infrastructures.  Il a par ailleurs souligné la contribution essentielle de la société civile et du secteur privé dans ces efforts.  Le représentant a affirmé que la question de la dette demeurait problématique pour plusieurs PMA.  Il a expliqué que nombre de ces pays ne faisaient pas partie de l’Initiative pour les pays pauvres très endettés (PPTE) et de l’Initiative renforcée.  Il a demandé que l’on fasse preuve de souplesse face aux PMA en matière d’allégement de la dette. 


Mme HELEN BECK (Îles Salomon) a constaté que les PMA enregistraient des retards pour la réalisation des OMD et autres objectifs internationaux.  Elle a insisté sur l’importance de prendre en compte les vulnérabilités différentes des PMA.  À la lumière de la crise alimentaire actuelle, elle a insisté sur l’importance d’assurer le transfert de technologies, le développement des infrastructures dans les zones rurales et le renforcement des capacités de ces pays.  En outre, elle a souligné que la crise énergétique avait un impact négatif sur tous les PMA, et particulièrement les PEID du Pacifique qui dépendent de produit qu’ils doivent importer.  La représentante a aussi souhaité que la Quatrième Conférence des Nations Unies pour les PMA ait lieu avant fin de la Décennie. 


M. WILLIAM EXANTUS (Haïti) a affirmé que la quatrième Conférence des PMA devait se tenir l’année prochaine, avant la fin de la Décennie en faveur de ces pays.  Il a constaté que les difficultés auxquels ces États faisaient face ne cessaient d’augmenter.  Malgré les progrès relatifs constatés dans le rapport du Secrétaire général, a-t-il poursuivi, les PMA sont plus vulnérables aux chocs externes, comme le montrent la hausse des prix du pétrole et des denrées alimentaires.  Le représentant a lancé un appel pour une action urgente et pratique afin de mettre en œuvre pleinement le Programme d’action de Bruxelles.  Il a estimé que cette application passait par le respect des engagements pris par les pays donateurs, dont un niveau d’APD correspondant à 0,15 à 0,20% de leur PIB.  C’est en disposant de ressources que les PMA pourront mettre en œuvre les politiques identifiées pour leur développement, a-t-il déclaré. 


M. POSH RAJ PANDEY (Népal) a affirmé que les PMA ne pourraient réduire la pauvreté et parvenir au développement durable sans développer leurs capacités productives, grâce à des investissements dans les infrastructures et un soutien international commercial et financier.  Il a déclaré que sans ressources additionnelles pour traiter des besoins immédiats et mettre en place des solutions à long terme face aux crises alimentaire et énergétique, ces pays ne pourraient pas briser le cycle de la pauvreté.  Il a exhorté la communauté internationale à prendre des mesures concrètes dès aujourd’hui.  Il a estimé que les mesures bilatérales et multilatérales d’allégement de la dette étaient nécessaires pour renforcer le rôle du commerce dans le développement des PMA.  De plus, il a jugé qu’il fallait aligner l’assistance externe aux besoins, stratégies et priorités nationales.  Il a déclaré que son pays était à un stage crucial de transformation politique et centrait ses efforts sur un développement inclusif en tant que moyen d’assurer une paix durable.  À ce stade, l’appui continu et accru de la communauté internationale est crucial pour parvenir aux objectifs de développement, a-t-il fait valoir.


M. BORIS FALATAR, Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), a mis en avant les efforts de cette Organisation pour mettre en œuvre le Programme d’action de Bruxelles.  Il a indiqué que l’UNESCO accordait une attention particulière à la réalisation des objectifs de développement dans les PMA, surtout en matière d’éducation.  Il a souligné que les efforts de l’UNESCO pour les années à venir incluraient notamment une coopération accrue avec l’Union africaine, des partenariats renforcés avec les ministères concernés, l’échange des meilleures pratiques en matière de parité et le soutien aux pays dans leurs efforts pour mettre en œuvre des programmes complets de lutte contre le VIH/sida. 


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