10/07/2008
Conseil économique et social
ECOSOC/6359

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Session de fond de 2008

26e et 27e séances – matin et après-midi


ECOSOC: L’EXAMEN DES ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES DU SYSTÈME DE L’ONU MET L’ACCENT SUR LE RENFORCEMENT DE L’APPROPRIATION NATIONALE ET DE LA COHÉRENCE


Le Conseil économique et social (ECOSOC) a entamé ce matin son débat de trois jours consacré à l’examen des activités opérationnelles du système des Nations Unies.  Les discussions qui ont eu lieu au cours de la journée ont mis l’accent sur la nécessité d’une appropriation nationale de ces activités afin de donner aux pays les moyens de leur propre essor économique et social.  Les intervenants, panélistes et membres des délégations ont aussi insisté sur l’importance pour les agences, fonds et programmes du système de l’ONU de fonctionner de manière encore plus cohérente et efficace. 


Ce matin, à l’ouverture du débat, la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Mme Asha-Rose Migiro, a souhaité que les trois journées consacrées à l’examen des activités opérationnelles du système onusien soient l’occasion, pour les États Membres, de réaffirmer leur engagement à mettre en œuvre la résolution relative à l’Examen triennal complet des activités opérationnelles de l’ONU*, adoptée par l’Assemblée générale en décembre dernier.  Ce texte définit les lignes directrices de la conduite des activités opérationnelles pour les trois années à venir.  Mme Migiro a estimé, sur la base de ce texte, que le renforcement des capacités du système de l’ONU en vue d’aider les pays à répondre efficacement aux défis qui se posent à eux en matière de développement reposait de plus en plus sur une allocation régulière et prévisible des ressources financières et humaines nécessaires et sur une amélioration de la coordination entre les différents partenaires. 


Pour sa part, le Vice-Président de l’ECOSOC, M. Andrei Dapkiunas, du Bélarus, qui est également intervenu à l’ouverture du débat, a souligné la nature volontaire, universelle, neutre et multilatérale des activités opérationnelles de développement de l’ONU, affirmant que c’était là que résidait l’avantage comparatif unique qu’ont les Nations Unies quand on les compare à d’autres institutions ou fora. 


Les avantages comparatifs des Nations Unies ont par ailleurs été mis en exergue au cours de la table ronde organisée ce matin par l’ECOSOC sur le thème: « Le système des Nations Unies face à l’évolution du monde de l’aide: conséquences et avantages comparatifs ».  Cette discussion s’est penchée sur l’environnement changeant de l’aide, qui est caractérisée notamment par l’émergence de nouveaux acteurs, ainsi que sur l’accent mis sur la qualité de l’aide ou encore sur le déclin des montants de l’aide publique au développement (APD). 


Dans ce contexte, panélistes et délégations ont insisté sur la nécessité, pour les Nations Unies, d’améliorer la cohérence de la fourniture de l’aide et de miser sur l’expérience et les compétences uniques de l’Organisation pour parvenir à des résultats concrets et visibles sur le terrain, conformément aux priorités que se fixent les pays récipiendaires.  Les intervenants ont aussi rappelé que les donateurs devaient respecter les diverses promesses qu’ils ont faites en matière de développement, et ils ont souligné que la notion de partenariat devait être placée au centre de tous les programmes à mettre en œuvre. 


Dans l’après-midi, l’ECOSOC a tenu une deuxième table ronde, dont le thème portait sur le renforcement des capacités des organismes des Nations Unies s’occupant du développement afin qu’ils soient mieux à même de répondre aux besoins des pays récipiendaires de programmes.  Cette discussion a notamment mis en lumière les progrès réalisés dans la réforme de l’ONU par le biais du Programme « Une ONU ».  Projet pilote lancé dans huit pays –l’Albanie, le Cap-Vert, le Mozambique, le Pakistan, le Rwanda, la République-Unie de Tanzanie, l’Uruguay et le Viet Nam-, l’Initiative « Une ONU » vise à établir une harmonisation de l’assistance qu’offre le système des Nations Unies au niveau des pays, cette assistance étant apportée sous la direction des autorités nationales de l’État récipiendaire. 


Les participants à la table ronde se sont félicités des premiers résultats obtenus par ce Programme, lancé il y a un an et demi.  Ils ont estimé que cette démarche permettait d’adopter une approche plus souple.  Celle-ci donne au système de l’ONU la possibilité de mieux répondre aux besoins spécifiques de chaque pays tout en optimisant la cohérence et la coordination de ses activités, ont-ils noté.  Ils ont indiqué que cela permettait d’obtenir des résultats très encourageants en matière de développement tout en améliorant l’appropriation nationale du processus de développement. 


Certains panélistes ont toutefois estimé qu’il restait encore beaucoup à faire afin de renforcer le Programme « Une ONU ».  Parmi les éléments à améliorer, les intervenants ont notamment indiqué qu’il fallait accélérer le rythme de cette réforme et garantir qu’elle fasse le meilleur usage des capacités nationales existantes en faveur du développement. 


Le Conseil économique et social poursuivra l’examen du point à son ordre du jour portant sur les activités opérationnelles du système de l’ONU demain, vendredi le 11 juillet, à 10 heures.


* résolution 62/208 de l’Assemblée générale


DÉBAT CONSACRÉ AUX ACTIVITÉS OPÉRATIONNELLES


Activités opérationnelles du système des Nations Unies au service de la coopération internationale pour le développement


Suite donnée aux recommandations de politique générale de l’Assemblée générale et du Conseil (A/63/71-E/2008/46 , E/2008/49, E/2008/60, A/63/85-E/2008/835 et E/2008/CRP.4)


Déclarations liminaires


M. ANDREI DAPKIUNAS, Vice-Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a déclaré que le débat consacré aux activités opérationnelles permettrait de réfléchir à la manière dont les Nations Unies pourraient améliorer leur coopération en matière de développement.  Il a estimé que cet Examen était nécessaire en prévision de la Réunion de haut niveau sur les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) en septembre, de la Conférence d’examen sur le financement du développement à Doha en décembre et du Forum de haut niveau sur l’efficacité de l’aide, à Accra début septembre.  Il a rappelé que par l’Examen triennal complet des activités opérationnelles, mené en décembre dernier, les États Membres avaient convenu des grandes lignes à suivre dans ce domaine pour les trois prochaines années.  M. Dapkiunas a précisé que cet Examen avait confirmé que la nature volontaire, universelle, impartiale et multilatérale des activités opérationnelles de l’ONU donnait une valeur ajoutée unique au système d’appui de l’ONU en faveur des pays en développement.  En outre, il a noté que l’Examen triennal avait souligné la nécessité pour les Nations Unies de répondre rapidement aux divers besoins en matière de développement des pays et de renforcer la cohérence et la coordination à tous les niveaux.  Ce débat doit contribuer à ce que les Nations Unies puissent mettre en œuvre les mesures et initiatives recommandées dans l’Examen triennal complet, a-t-il affirmé. 


S’agissant du programme de travail de ce débat, M. Dapkiunas a rappelé que le Conseil économique et social tiendra une table ronde ce matin sur « Le système des Nations Unies face à l’évolution du monde de l’aide: ses conséquences et avantages comparatifs  », et cet après-midi une autre table ronde portera sur « Renforcer les capacités des organismes des Nations Unies s’occupant du développement afin qu’ils soient mieux à même de répondre aux besoins des différents des pays de programmes ».  Par ailleurs, il a noté que la discussion qui aura lieu demain avec les chefs des fonds et programmes des Nations Unies permettra de voir comment l’ONU pourrait maintenir et accélérer les progrès en faveur des OMD.  Enfin, il a indiqué que le débat général donnera l’occasion aux États Membres de s’exprimer et de faire le suivi de la mise en œuvre de l’Examen triennal complet.  M. Dapkiunas a estimé que le Conseil économique et social avait un rôle crucial à jouer dans la coordination du travail de l’ONU et pour formuler des directives sur la mise en œuvre, à tous les niveaux, des politiques définies par l’Assemblée générale.  Il a enfin souligné que le projet de résolution qui doit être adopté à la fin de ce débat servira de bonne base pour orienter clairement les actions du système de l’ONU.  


Mme ASHA-ROSE MIGIRO, Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, a rappelé que dans toutes activités opérationnelles de développement, les Nations Unies se concentraient sur le l’élaboration de programmes de pays basés sur les priorités nationales.  Elle a ajouté que les défis que le système des Nations Unies doit relever dans de nombreux domaines concernent, précisément, la nécessité de renforcer le développement d’activités devant permettre aux pays de s’approprier les moyens de leur propre essor social et économique.  Revenant sur la résolution relative à l’Examen triennal complet des activités opérationnelles de développement du système des Nations Unies, Mme Migiro a indiqué que le renforcement des capacités du système de l’Organisation pour aider les pays à répondre efficacement aux défis en matière de développement reposait de plus en plus sur l’allocation régulière de ressources financières et humaines et sur une amélioration continue de la coordination entre les différents partenaires.  Sur ce dernier point, la Vice-Secrétaire générale a estimé qu’il serait pertinent de renforcer la cohérence des pratiques en se basant davantage sur l’expérience acquise par les huit pays pilotes de l’Initiative « Une ONU ».  Elle a souhaité qu’au cours du débat consacré aux activités opérationnelles, les États Membres réaffirment leur engagement de mettre en œuvre dans les trois ans la résolution relative à l’Examen triennal complet. 


Table ronde sur le thème « Le système des Nations Unies face à l’évolution du monde de l’aide: conséquences et avantages comparatifs »


M. ABDOULIE JANNEH, Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique (CEA), et modérateur de cette table ronde, a déclaré que cette discussion pourrait contribuer de manière significative au débat sur les activités opérationnelles.  Il est particulièrement utile de voir comment les Nations Unies s’inscrivent dans cette évolution du monde de l’aide.  Il a en effet précisé qu’il existait de nouveaux acteurs dans cet environnement et que l’accent était de plus en plus mis sur la qualité de l’assistance, alors que l’aide publique au développement (APD) est en déclin.  M. Janneh s’est interrogé sur la manière dont l’ONU s’inscrivait dans ces nouvelles modalités de l’aide.  Il a rappelé que l’Examen triennal complet reconnaissait que les Nations Unies peuvent jouer un rôle important dans ce domaine par le biais de leurs compétences uniques.  Il a précisé que la valeur universelle et volontaire des opérations de l’ONU ainsi que sa neutralité et son multilatéralisme représentaient une valeur ajoutée importante.  Enfin, il a souhaité que la table ronde s’interroge sur la manière dont le système des Nations Unies peut s’adapter aux nouveaux défis de l’aide au développement et faire en sorte que cette aide soit plus efficace afin de mieux répondre aux programmes des pays. 


M. FRANCIS K. BUTAGIRA (Ouganda) a rappelé que peu de pays avaient tenu leurs promesses en matière d’aide publique au développement.  Rappelant les grandes lignes du Consensus de Monterrey, il a estimé que les pays en développement avaient fait beaucoup pour s’acquitter des engagements pris, précisant cependant que cela n’était pas le cas pour les pays développés.  Il a également souligné qu’à Gleneagles, en 2005, les pays du G-8 avaient promis de doubler l’aide en faveur de l’Afrique en versant 25 milliards de dollars par année alors que selon les estimations, ce chiffre n’atteint actuellement que 3 milliards.  Par ailleurs, M. Butagira a constaté que l’efficacité de l’aide était compromise par la diversité des acteurs qu’elle implique, ce qui crée un manque de cohérence.  Il a aussi fait observer que tous les pays n’étaient pas traités sur un pied d’égalité en matière d’aide, certains recevant beaucoup plus d’attention que d’autres en ce qui concerne la fourniture de l’assistance. 


Pour faire face à ces défis, M. Butagira a insisté sur la nécessité pour le système des Nations Unies d’améliorer la coordination à cet égard, une étape dans la bonne direction.  Il a aussi souligné qu’il faudrait utiliser les mécanismes existants, tels que le Forum pour la coopération en matière de développement, afin d’examiner les questions de la fourniture et de l’efficacité de l’aide.  Il a aussi proposé la création d’un mécanisme de contrôle, qui inclurait des cibles concrètes et permettrait de vérifier que les engagements pris par les donateurs sont respectés.  Le représentant a aussi souhaité que les pays donateurs et les pays bénéficiaires travaillent dans le cadre d’un partenariat.  Les pays donateurs devraient cibler leurs efforts pour garantir que les pays bénéficiaires puissent s’approprier et gérer eux-mêmes leur processus de développement, a-t-il ajouté.  Enfin, M. Butagira a mis l’accent sur « l’aide pour le commerce », soulignant que les pays bénéficiaires devraient être assistés pour mettre en place les infrastructures, développer leurs ressources humaines et renforcer leurs capacités en vue d’attirer les investissements privés. 


M. AIICHIRO YAMAMOTO, Représentant résident de l’Agence japonaise de coopération internationale (AJCI), a estimé que la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement devenait très difficile en raison de la mondialisation et de facteurs extérieurs imprévisibles.  Il a illustré son propos en indiquant que dans les supermarchés du Malawi, on trouvait du lait d’Afrique du Sud et des champignons chinois, mais peu de produits locaux.  « Pour répondre aux défis de la mondialisation, nous devons adapter la production locale aux rigueurs du régime de la concurrence qui régit les échanges internationaux », a-t-il dit.  La mondialisation en soi n’est pas une panacée, elle peut le devenir si elle tient compte du rythme de développement des pays les plus pauvres, a poursuivi le panéliste. 


La crise alimentaire, a estimé M. Yamamoto, résulte en premier lieu de la négligence qu’a subie le secteur agricole au cours de ces dernières années.  Les États Membres ont axé leurs efforts de développement sur la santé et l’éducation, en reléguant au second plan l’expansion du tissu des petites exploitations, ce qui a achevé de rendre plus vulnérables encore les plus démunis parmi les pauvres, a-t-il ajouté.  M. Yamamoto a ensuite regretté que la communauté internationale fasse un usage insuffisant de l’expertise développée au fil des décennies par les organisations internationales.  Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) continuent d’être efficaces alors même qu’on prédisait que l’élargissement de leur mandat risquait de saper leurs activités, a estimé le panéliste.  Il a souligné que l’ONU, forte de ses connaissances et de ses ressources financières et humaines avait un rôle unique à jouer à la fois pour contribuer à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement et à une solution des crises alimentaire, climatique et énergétique.  À cet égard, M. Yamamoto a attiré l’attention sur la nécessité de renforcer les fonctions des coordonnateurs résidents de l’ONU, qui sont des acteurs clefs pour superviser l’exécution des programmes de pays et pour évaluer de manière constante les besoins au niveau national.


Mme THORAYA OBAID, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP), a estimé que dans toutes les régions, les pays souhaitaient voir une harmonisation et une simplification accrues de l’assistance ainsi que des résultats plus importants.  Elle a indiqué que le système des Nations Unies travaillait dans ce sens, afin d’améliorer la cohérence, d’harmoniser les pratiques d’affaires et de fournir une assistance de manière unie en appui au développement national.  Elle a soutenu que le système s’employait à réduire les coûts administratifs afin d’allouer ses ressources aux programmes de développement.  En tant que Présidente du Comité de haut niveau sur la gestion, Mme Obaid a expliqué que ce Comité avait élaboré un projet d’harmonisation des pratiques commerciales –dans les domaines des ressources humaines, du budget et de la finance, des achats- au sein du système de l’ONU pour les trois prochaines années.  Elle a souligné que ce plan répondait aux demandes pressantes de la part des États Membres afin que l’aide fournisse des résultats plus substantiels, en particulier au niveau des pays.  Elle a précisé que ce plan visait à améliorer la responsabilisation et la reddition à l’égard des États Membres, faciliter le travail des Équipes de pays des Nations Unies et garantir des gains d’efficacité. 


Par ailleurs, Mme Obaid a insisté sur l’importance d’aligner l’aide sur les priorités nationales.  Elle a souligné qu’une des forces des Nations Unies était d’offrir une plate-forme rassemblant toutes les parties en faveur du développement.  Elle a également estimé que l’ONU devrait appuyer les entités nationales pour qu’elles mènent à bien leur processus de développement, insistant sur le rôle clef de l’Équipe de pays des Nations Unies dans ce domaine.  Le succès des Nations Unies dépend de leur capacité à agir en tant qu’intermédiaire impartial et honnête qui peut fournir des conseils politiques basés sur son travail et son expérience internationale, a-t-elle déclaré.  Enfin, Mme Obaid a indiqué que l’efficacité de l’aide dépendait aussi d’une meilleure coordination entre les partenaires.  À titre d’exemple, elle a cité le partenariat de nombreuses institutions de l’ONU avec la Banque mondiale et des fonds, programmes ou fondations, afin de renforcer la coordination et la coopération pour la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement relatifs à la santé. 


M. BRUCE JENKS, Administrateur assistant et Directeur du Bureau des partenariats du Programme des Nations Unies pour le développement, s’est interrogé sur la contribution que l’ONU pouvait assurer dans un contexte international en pleine évolution.  L’avantage comparatif que l’ONU peut apporter pour réaliser les objectifs de développement, a-t-il expliqué, repose sur des actions multilatérales dans des domaines où, à un moment donné, la mise en commun des ressources s’impose comme le moyen le plus sûr d’avancer ensemble vers un progrès.  M. Jenks a indiqué que de plus en plus de pays se tournaient vers l’ONU pour qu’elle les aide à exécuter des programmes de développement complexes dans la mesure où ils sont confrontés à de nombreux défis politiques et même environnementaux.  Il existe une volonté pour que le système de l’ONU prenne le relais, qu’il se voit notamment confier des fonctions de sous-traitance, a-t-il dit.  M. Jenks a également attiré l’attention sur le rôle normatif de l’ONU, dans les domaines de la santé, du travail et bientôt de l’environnement.  La communauté internationale appelle à des actions concertées, a-t-il ajouté, en faisant remarquer que les acteurs ne sont pas égaux.  C’est en ce sens qu’il a jugé que la contribution des Nations Unies face à la montée des défis mondiaux devrait s’effectuer par le biais d’une révision des modalités de l’action multilatérale dans un contexte d’extrême interdépendance. 


Échange de vues interactif


Entamant la discussion interactive qui a suivi ces exposés, M. CHARLES RIEMEN SCHNEIDER, Directeur de la Division des investissements de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), a insisté sur la Déclaration de Paris concernant l’efficacité de l’aide dans le domaine de l’agriculture.  Il a noté que des progrès importants avaient été accomplis pour mettre en œuvre cette Déclaration dans ce domaine.  Toutefois, il a constaté que l’adoption de ces principes n’avait pas toujours permis d’obtenir une augmentation de l’aide au développement dans le secteur de l’agriculture.  M. Riemen Schneider a souligné que le déclin de l’aide publique au développement et la baisse des investissements dans ce secteur avaient contribué à la crise alimentaire actuelle.  Le représentant de la FAO a estimé qu’il faudrait respecter les engagements pris en faveur de l’aide.  La communauté internationale doit suivre plus étroitement la mise en œuvre de ces engagements et voir si le partenariat mondial assure des résultats concrets en matière de développement, a-t-il déclaré. 


Ainsi, M. Riemen Schneider a rappelé que l’aide consacrée à l’agriculture doublait les revenus des agriculteurs et était plus efficace que l’aide apportée à d’autres secteurs.  Notant que la plupart des pauvres dépendaient de l’agriculture pour leur survie, il a toutefois constaté que les processus du développement n’étaient pas toujours à l’avantage de ceux qui en ont le plus besoin.  Dans ce contexte, il a insisté sur le rôle des partenariats, les qualifiant de pierre angulaire du développement et de l’efficacité de l’aide.  M. Riemen Schneider a indiqué que ces partenariats devraient être responsabilisés et transparents, améliorer la prévisibilité de l’aide et donner les moyens aux pays bénéficiaires de gérer efficacement l’assistance qu’ils reçoivent.  Plus que pour tout autre secteur, les partenariats dans l’agriculture devraient prendre en compte les caractéristiques uniques qui varient d’un pays à l’autre ainsi que les différentes conditions agricoles des régions et sous-régions, a-t-il souligné.


La représentante du Bénin a ensuite voulu connaître les raisons qui poussent le Japon à résister à la contribution directe au budget des pays récipiendaires de l’aide internationale.  Cette méthode, a-t-elle fait remarquer, est favorisée par ces pays.  Concernant la question des avantages comparatifs de l’ONU, le représentant de la Belgique a demandé si le système de l’ONU était prêt à se concentrer sur ces domaines.  Il a estimé que les Nations Unies ne pouvaient pas se comporter comme un simple donateur. 


Le représentant d’Antigua-et-Barbuda a voulu connaître les caractéristiques principales des changements observés dans le cadre de l’aide internationale.  Il a par ailleurs estimé qu’il existait un déficit de mise en œuvre alors que celle-ci devrait être au premier plan des activités opérationnelles de l’ONU.  Par ailleurs, le représentant de la République de Corée a demandé des informations supplémentaires sur le mécanisme de suivi mis en place par le Japon en ce qui concerne les engagements pris en matière de développement.  Il a aussi demandé s’il y avait des règles sur la participation dans l’Équipe de pays des Nations Unies. 


Après avoir souligné l’évolution de l’aide, le représentant de la France, intervenant au nom de l’Union européenne, a souligné que le système de l’ONU devrait s’adapter à ce nouveau contexte.  Parmi les avantages comparatifs des Nations Unies, il a cité la cohérence de l’action des nouveaux acteurs, le transfert du savoir-faire ou encore la prise en compte de la dimension régionale du développement.  Le représentant de Sainte-Lucie a indiqué que le multilatéralisme décourageait parfois la diversité et l’originalité.  Il a ajouté qu’un avantage comparatif dans un domaine ne l’était pas forcément dans un autre. 


Le représentant de la Malaisie a affirmé que ce débat et le Forum sur la coopération en matière de développement étaient étroitement liés et qu’il faudrait encourager les synergies.  Il a par ailleurs déclaré qu’une cohérence parfaite n’existerait jamais et qu’il faudrait trouver un équilibre entre la recherche d’une cohérence accrue et les spécificités nationales.  Constatant la baisse de 2% du financement des activités opérationnelles de l’ONU, il a par ailleurs noté la hausse des contributions aux institutions internationales autres que les Nations Unies.  Les donateurs préfèrent-ils maintenant recourir à ces autres institutions multilatérales? a-t-il lancé aux panélistes. 


Répondant à cette série de questions et de commentaires, la Directrice exécutive du FNUAP, a indiqué que c’était les États Membres qui décidaient des lignes du multilatéralisme.  Elle a précisé que l’ONU était particulièrement nécessaire pour faire face à l’évolution de l’aide internationale, avec l’appui des dirigeants gouvernementaux.  Par ailleurs, elle a estimé qu’il faudrait faire des progrès concernant la participation des commissions régionales.  Sur la question de l’appui direct au budget, elle a affirmé qu’il faudrait répondre aux demandes faites par les gouvernements, notamment pour renforcer l’appropriation nationale.  Elle a aussi indiqué que cette méthode permettrait de réduire les coûts des transactions. 


Le Directeur du Bureau des partenariats du PNUD a souligné l’importance des capacités du système de l’ONU et du travail accompli dans le cadre de partenariats dans le système des Nations Unies.  Il a souligné la nécessité d’envisager diverses options politiques et a averti contre le danger de l’uniformité.  C’est aux gouvernements de décider, en connaissance de cause, ce qui correspond le mieux aux besoins de leurs pays, a-t-il ajouté.  Le Directeur du Bureau des partenariats du PNUD a mis l’accent sur les efforts entrepris par l’ONU pour améliorer la programmation de ses activités.  Le Directeur de la Division des investissements de la FAO a rappelé que l’agriculture s’opérait à un niveau très local et que l’efficacité de l’aide devrait aussi être prise en compte à ce niveau, et pas uniquement au niveau national.  Pour sa part, le représentant résident de l’Agence japonaise de coopération internationale a noté que l’appui direct au budget avait été institutionnalisé dans de nombreux pays.  Il a fait remarquer que si le Japon en reconnaissait les avantages, il était plutôt en faveur de l’appui aux projets.  Il a toutefois estimé que le soutien au budget et le soutien aux projets pouvaient se compléter.


En conclusion, le Secrétaire exécutif de la Commission économique pour l’Afrique a noté que pour que les changements liés à l’aide soient bénéfiques, l’ONU avait un rôle important à jouer.  Il a constaté les efforts faits par le système dans ce sens et a également noté l’importance pour l’ONU d’appuyer les pays afin qu’il puisse gérer efficacement l’assistance. 


Table ronde sur le thème « Renforcer les capacités des organismes des Nations Unies s’occupant du développement afin qu’ils soient mieux à même de répondre aux besoins différents des pays de programmes »


Le modérateur de la discussion, M. THOMAS STELZER, Sous-Secrétairegénéral à la coordination des politiques et aux affaires interorganisations, a estimé que la diversité du système de développement des Nations Unies lui donnait potentiellement les moyens de s’adapter au mieux aux priorités établies au niveau national.  Il a ajouté qu’il était crucial que les organisations présentes sur le terrain facilitent l’accès des parties prenantes à l’information et à l’expertise de l’ONU.  Il a en outre indiqué que l’Initiative « Une ONU » était un bon exemple sur lequel s’appuyer pour permettre à terme aux pays de partager leurs expériences et de progresser de manière cohérente en identifiant les processus employés pour cerner les besoins nationaux prioritaires. 


M. JOSÉ LUÍS GUTTERES, Vice-Premier Ministre du Timor-Leste, a estimé que la coordination entre l’ONU, le Gouvernement timorais et la société civile était excellente, compte tenu des chantiers qui attendaient le Gouvernement actuel au début de son mandat.  Il a précisé que l’an dernier, le sort de plus de 100 000 personnes déplacées de l’intérieur n’était pas clair et que la stabilité sociale était fragile.  Avec l’aide de l’ONU et grâce à l’engagement du Gouvernement, nous avons pu trouver des solutions à ces problèmes, a-t-il dit.  Vingt-mille déplacés ont pu regagner leurs foyers d’origine, et, au plan de la sécurité, la professionnalisation de la police et de l’armée se poursuit.  La

présence de l’ONU au Timor-Leste n’est pas utile seulement pour répondre à des situations d’urgence, mais également pour accompagner des phases de développement à plus long terme, a ajouté le Vice-Premier Ministre timorais.  Il a également signalé que le calme était revenu quelques mois après l’attentat qui avait visé le Président de son pays. 


M. Gutteres a ensuite indiqué que la coopération entre le système de l’ONU et les autorités nationales timoraises « portait indéniablement ses fruits » en matière de sécurité et de droits de l’homme.  Abordant la crise alimentaire, il a rappelé que le Timor-Leste n’était pas un pays autosuffisant sur le plan nutritionnel et que, par conséquent, la flambée des prix des denrées alimentaires et des carburants entravait sérieusement les processus en cours de développement.  Il a expliqué que pour relever ce défi, le Gouvernement timorais avait débloqué 240 millions de dollars pour compenser dans l’immédiat ces hausses.  Surtout, nous nous efforçons, grâce notamment à l’appui des agences compétentes de l’ONU, de relancer le secteur agricole dans les zones rurales, a dit M. Gutteres.  Il a précisé qu’à l’heure actuelle la priorité était d’achever l’électrification du territoire timorais, afin de donner aux petits exploitants les moyens modernes de se familiariser avec les nouvelles technologies.


M. HENRIQUE BANZE, Vice-Ministre pour les affaires étrangères et la coopération du Mozambique, a fait part aux délégations des conclusions du séminaire de Maputo sur le Programme « Une ONU » qui a eu lieu en mai dernier.  Il a rappelé que près d’un an et demi après le lancement de cette Initiative, les représentants des huit gouvernements des pays pilotes du Programme « Une ONU » s’étaient rencontrés pour tirer les premiers enseignements de cette expérience et échanger leurs perspectives.  Il a expliqué qu’au cours de cette réunion de trois jours les débats avaient servi à identifier les forces, lacunes, opportunités, risques et défis posés par les divers éléments du Programme « Une ONU ».  Il a dit que les premières indications montrent que ce processus pilote génère des résultats positifs pour garantir la cohérence et l’efficacité du système onusien en tant que partenaire dans la réalisation des plans et priorités de développement national.  Parmi les conclusions du séminaire, il a noté que les participants avaient souligné que l’appropriation du partenariat avait été renforcée, que les programmes de l’ONU s’alignaient davantage avec les stratégies et les plans nationaux, et que l’Initiative « Une ONU » prenait bien en compte les spécificités nationales.  En outre, il a constaté une réduction importante des coûts de transactions et a indiqué que l’établissement d’un seul cadre budgétaire permettait une meilleure responsabilisation, plus de transparence et plus de prévisibilité.  Le représentant a aussi souligné que cette approche amenait plus de souplesse, permettant ainsi une meilleure adaptation aux besoins des pays. 


Par ailleurs, il a indiqué que le séminaire avait déterminé certaines difficultés et identifié des défis dans la mise en œuvre du Programme « Une ONU », dont notamment l’absence de prévisibilité du financement; le manque de simplification des pratiques commerciales, le coût de transaction élevé des activités opérationnelles ou encore le faible niveau d’utilisation des capacités nationales.  Pour faire face à ces défis, le séminaire a présenté des recommandations concrètes, a-t-il poursuivi, dont l’établissement ou le renforcement de structures nationales de coordination.  Le Vice-Ministre mozambicain a ajouté que les activités opérationnelles de l’ONU devaient être centrées sur le renforcement des capacités nationales, le conseil politique et aussi le soutien stratégique en matière de réduction de la pauvreté.  M. Banze a indiqué que le séminaire avait mis l’accent sur la nécessité de renforcer, de clarifier et d’institutionnaliser le rôle et l’autorité du coordonnateur résident.  Au niveau du Siège, les participants ont demandé au Secrétaire général de simplifier l’approbation des programmes communs destinés à plusieurs pays, a-t-il ajouté.  Il a aussi noté que le soutien direct au budget nécessitait que l’ONU renforce les capacités et les institutions des pays recevant son soutien.  En conclusion, il a estimé que les résultats de ce séminaire avaient été très encourageants et a constaté qu’un nombre croissant de pays avaient entrepris un processus similaire à « Une ONU » même s’ils n’avaient pas été sélectionnés comme pays pilotes.  Cela montre que le Programme est considéré comme crucial pour accélérer les réformes de l’ONU au niveau des pays, a-t-il argué.   


M. RODOLFO PASTOR FASQUELLE, Coordonnateur du Cabinet social et Ministre de la culture, des arts et des sports du Honduras, a indiqué que son pays était devenu un pays à revenu moyen si on considère les critères arrêtés par la Banque mondiale.  Il a souligné à ce propos que cette « promotion » s’était soldée par une baisse de l’aide internationale au Honduras et une diminution de la coopération relative au soutien apporté au développement social.  Ce statut est donc ambigu, a-t-il noté.  Il a rappelé que c’était grâce à la coopération internationale que le Honduras avait pu se relever des suites du passage du cyclone Mitch en 1998.  Dans la foulée de cette catastrophe, a-t-il indiqué, notre dette a été réduite pour nous permettre de consacrer les fonds ainsi dégagés à la reconstruction et à la réduction de la pauvreté.  M. Fasquelle a ajouté que des améliorations notoires des indicateurs socioéconomiques avaient pu être obtenues rapidement, ce qui représente une avancée durable que reflète aujourd’hui le produit intérieur brut (PIB) par habitant du Honduras qui est de 1 700 dollars par an.


Toutefois, a poursuivi le Ministre hondurien, les inégalités persistent, l’espérance de vie dans notre pays est faible et le système éducatif ne permet toujours pas de mettre fin à l’analphabétisme.  Il a évoqué le cas du Nicaragua, pays à faible revenu, mais dont les indicateurs sociaux sont meilleurs que ceux du Honduras, et ce, grâce à une aide internationale supérieure.  Ce pays, a-t-il précisé, reste en mesure d’atteindre dans les temps les Objectifs du Millénaire pour le développement les plus importants.  Selon M. Fasquelle, il faudrait tenir compte des disparités régionales et mesurer le niveau de développement de chaque pays pour adapter, sur cette base, le volume d’aide internationale qui lui est nécessaire.  Le système des Nations Unies, dans le cas précis du Honduras, doit tenir son rôle d’accompagnateur dans la mise en œuvre en profondeur des réformes politiques, qui sont le moyen le plus efficace pour gommer les dysfonctionnements qui génèrent les inégalités sociales les plus endémiques, a encore estimé le Ministre hondurien.  Selon lui, la coopération étroite de son pays avec l’ONU représente ce que le multilatéralisme peut offrir de plus tangible pour bâtir des sociétés justes et parvenir à une répartition harmonieuse des ressources.


M. JAN VANDEMOORTELE, Conseiller principal sur les politiques de la Division des politiques et pratiques de l’UNICEF et ancien Coordonnateur résident du système de l’ONU au Pakistan, a partagé la perspective qu’il a, de par les fonctions qu’il a assumées à ce poste.  Il a souligné que le Programme « Une ONU » montrait que l’Organisation pouvait être bien plus que la somme de ses éléments.  Toutefois, il a estimé que le rythme de la réforme engagée à travers ce concept n’était pas assez rapide et que l’efficacité des efforts déployés pouvait être améliorée.  Tout en admettant la complexité du processus de réforme, il indiqué que celle-ci devait s’accélérer, fournir des résultats concrets et réduire les coûts de transaction relatifs à la mise en œuvre des politiques et des programmes.  Il a estimé que les actions engagées en faveur d’une cohérence accrue en matière de ressources humaines, d’achats ou de rapports financiers n’étaient pas encore adéquates.  Il a cependant constaté que des progrès importants avaient été réalisés en ce qui concerne la programmation, le financement et la fourniture de l’aide.  Il a d’autre part souligné l’importance du rôle que doit jouer le Secrétariat, au niveau du Siège, dans l’accélération de cette réforme qui doit aussi se faire en faveur du concept « Une ONU ».  Le représentant de l’UNICEF a aussi insisté sur la nécessité de réduire le niveau de fragmentation des programmes.  Dans cette perspective, il a estimé que le processus de décisions devait s’accomplir au niveau où sont lancées les actions et qu’un niveau d’autorité adéquat devait donc être accordé au Coordonnateur résident.  En outre, il a suggéré d’offrir des incitations au personnel de l’ONU qui joue un rôle crucial dans la traduction des politiques de réforme en réalités de terrain.


Échange de vues interactif


Le représentant de la France a estimé qu’il était crucial de mettre en œuvre les programmes de développement de manière coordonnée et en adaptant l’aide aux priorités nationales.  Il a ajouté que, dans ce cadre, l’appui au renforcement des capacités nationales devait avoir pour visée l’intégration des politiques de développement à la gestion des enjeux mondiaux.  Pour ce qui est de l’amélioration de l’efficacité de l’aide, le représentant a préconisé d’harmoniser et de simplifier les procédures à l’échelle du système de l’ONU et de mobiliser encore plus les bureaux régionaux des agences de développement en renforçant la formation des coordonateurs résidents.  Il a également appuyé les approches basées sur les résultats et la « redevabilité ». 


Le représentant de l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) a fait savoir que l’ONUDI venait de publier un guide des ressources sur le renforcement des capacités commerciales nationales des pays.  Ce document donne de bonnes informations sur les différents services disponibles et sur les initiatives conjointes proposées par différents organismes dans tous les pays où intervient l’ONU.  


Le représentant de l’UNICEF a estimé que dans la perspective de la mise en œuvre des objectifs de l’Initiative « Unis dans l’action », certains organes de l’ONU devaient se remettre en cause afin que tous les acteurs du développement soient véritablement en mesure d’agir dans le même sens en ce qui concerne les efforts de développement.  Il a ajouté qu’un tel effort devait permettre aux parties prenantes, y compris celles basées au niveau des différents sièges, d’être à la hauteur de ce qui se fait, et surtout de ce qui peut se faire sur le terrain.  Il a ainsi souligné la nécessité que les sièges améliorent leurs procédures de financement et de gestion.  Il faut que les acteurs qui sont sur le terrain se sentent soutenus par les agences, a-t-il insisté.  Le représentant s’est par ailleurs demandé comment le système de l’ONU allait évaluer la vulnérabilité des pays, en vue d’y améliorer la fourniture de l’aide. 


Le représentant de la Malaisie a apporté une nuance à l’idée selon laquelle « Unis dans l’action » serait une sorte de nouvelle panacée, destinée à unifier l’ensemble des activités de développement de l’Organisation.  Cette Initiative est juste une composante d’un ensemble d’initiatives à mettre en œuvre, a-t-il estimé.


Le représentant de la République-Unie de Tanzanie a réagi au propos de la Malaisie en déclarant qu’en tant que pays pilote d’« Unis dans l’action », il croyait fermement dans le potentiel de l’Initiative, qui permet, entre autres, de mettre à l’épreuve la volonté politique des États de travailler côte à côte à la réalisation des objectifs de développement.


Répondant aux questions et commentaires, le Vice-Ministre pour les affaires étrangères et la coopération du Mozambique a fait valoir qu’« Unis dans l’action » était un processus jeune et non pas une fin en soi.  Laissons-lui le temps de mûrir, a-t-il préconisé, en nous efforçant d’apprendre à mesure qu’il est mis en œuvre.  M. Banze a ajouté que cette Initiative contribuait déjà à la réforme générale du système de l’ONU.  Pour en renforcer la portée, il faut superviser sa mise en œuvre au niveau des gouvernements et de l’ONU, mais aussi au niveau des partenaires bilatéraux, a encore estimé M. Banze.  Il a conclu que le dialogue devait être au centre de ce processus qu’il devait notamment faire le lien entre l’évaluation, qui est menée au niveau des sièges, et l’opérationnalisation des normes, qui a lieu sur le terrain.


L’officiel du Honduras a, quant à lui répété que les coordonnateurs résidents devaient être dotés d’une autorité plus forte pour qu’ils puisent intensifier l’efficacité des activités de développement des différentes composantes du système des Nations Unies opérant sur le terrain.  


Le représentant du Niger est ensuite intervenu pour signaler que le système opérationnel de l’ONU avait besoin d’initiatives et de méthodes du type de celles d’« Unis dans l’action », et qu’il devait s’assurer que les coordonnateurs résidents puissent effectivement faciliter l’exécution des programmes nationaux pertinents.  Il a également attiré l’attention sur le problème du financement des capacités d’intervention de l’ONU.  L’efficacité accrue des actions de l’Organisation dépend de la mobilisation des ressources, tout le monde en convient, a-t-il dit.  Or, les budgets des agences diminuent chaque année, ce qui inquiète les gens sur le terrain, a renchéri le délégué du Niger.  Il a aussi apporté son soutien à la recommandation faite par la France de renforcer les capacités humaines et financières nationales pour permettre à terme aux pays de s’approprier la mise en œuvre des stratégies de développement et de répondre aux chocs extérieurs. 


La représentante du Bénin a estimé que les coordonateurs résidents bénéficiaient déjà de pouvoirs élargis.  Elle a par ailleurs demandé quel était le type de cohérence dont les États Membres parlaient régulièrement et semblaient appeler de tous leurs vœux.


M. ANDREI DAPKIUNAS, du Bélarus, qui présidait la table ronde, est intervenu pour donner son point de vue sur la discussion.  Il a déclaré qu’« Unis dans l’action » n’était ni un slogan ni une recette unique.  Si le concept peut correspondre aux besoins de certains pays, pourquoi se priver d’une telle Initiative? a-t-il demandé.  Ce qui frappe les acteurs sur le terrain, c’est surtout le manque de perception, au niveau des sièges, de l’urgence qu’il y a à harmoniser le fonctionnement du système de l’ONU, a-t-il dit.  Concluant la discussion, le Président a estimé que le niveau élevé des capacités qu’offrent les technologies de la communication et de l’information qui sont disponibles devrait être davantage utilisé pour faciliter la cohérence des efforts de développement entrepris sous l’égide de l’ONU.  


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