02/07/2008
Conseil économique et social
ECOSOC/6353

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

DÉBAT DE HAUT NIVEAU DE L’ECOSOC: LE DÉFI ÉCOLOGIQUE ENTRE DIVERGENCES ET ESPOIRS


Étroitement lié aux crises alimentaire et énergétique, le défi écologique a occupé une partie du débat de haut niveau de la session de fond du Conseil économique et social (ECOSOC), qui s’est achevé aujourd’hui.


Dans le prolongement du débat entamé la veille, une trentaine d’États Membres, dont quelques uns étaient représentés au niveau ministériel, ont exposé leurs réflexions sur les moyens à mettre en œuvre pour réaliser les objectifs de développement sur fond de crises alimentaire, financière et énergétique mondiales.


Les interventions du Japon, de la Pologne et du Brésil ont donné un relief particulier à la discussion sur la lutte contre les effets des changements climatiques.  Ainsi, le Vice-Ministre japonais des affaires étrangères, M. Yasuhide Nakayama, a-t-il observé des divergences d’opinions sur les réponses à apporter au réchauffement de la planète.  « Il y va de la responsabilité de tous d’agir pour le bien-être des générations futures », a-t-il déclaré.  Il est temps, selon lui, que le monde s’oriente vers une société à bas niveau d’émissions de carbone; l’utilisation des technologies les plus avancées étant une solution à cet égard, si tant est qu’on la partage.


Les incertitudes face à ce phénomène exigent en effet des recherches approfondies, a noté son homologue polonais, M. Witold Waszczykowski, exprimant l’espoir que la Conférence prévue à Postdam, en décembre prochain, qui doit réunir les parties au Protocole de Kyoto, sera couronnée de succès.  « En tant que pays hôte, la Pologne n’épargnera aucun effort », a-t-il dit, avant de souligner que son pays était un bon exemple du fait qu’une forte croissance pouvait être accompagnée d’une volonté politique de réduire les émissions de gaz à effet de serre. 


Il serait en tout cas « particulièrement ironique et terriblement injuste » que les pays en développement soient invités à abandonner les objectifs de prospérité de leurs peuples « pour payer l’insouciance et la prodigalité passées des pays riches », a objecté pour sa part le représentant du Pakistan. 


Un son de cloche entendu cet après-midi par plusieurs pays en développement.  Ainsi, pour le Vice-Ministre de l’agriculture de Cuba, M. Alberto Oswaldo Naranjo Paz, « ceux qui sont à l’origine de 76% des émissions de gaz à effet de serre, accumulées depuis 1850, doivent assumer la principale responsabilité des efforts face au défi environnemental qui menace aujourd’hui l’humanité ». 


La représentante du Brésil a estimé que l’expérience de son pays dans l’exploitation des agrocarburants montrait que l’on pouvait accroître l’autonomie énergétique sans affecter la sécurité alimentaire.  « Plus d’une centaine de pays disposent des atouts naturels pour emprunter cette voie », a-t-elle insisté, proposant qu’on les aide à se doter des capacités de réaliser les investissements requis et de la technologie nécessaire.


Les incertitudes relatives à la hausse du prix du pétrole ont été mises en exergue par le Ministre iranien des affaires étrangères, M. Manouchehr Mottaki.  Celles-ci ne sont pas liées à l’offre mais à divers facteurs dont la dépréciation du dollar, a-t-il expliqué, rappelant les mesures que des membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont prises pour atténuer les effets de la crise pétrolière sur les pays les plus vulnérables.


M. Mottaki a en outre affirmé que les crises alimentaire et pétrolière actuelles risquaient d’avoir des retombées négatives sur les engagements pris au niveau international en matière de développement durable.  Le chef de la diplomatie iranienne a dénoncé la gestion non démocratique des affaires internationales, les injustices et l’écart grandissant entre riches et pauvres. 


Par ailleurs, à l’instar du Vice-Ministre des relations extérieures du Paraguay, M. Antonio Rivas, plusieurs États ont appelé les pays développés à en finir avec les subventions agricoles et les distorsions commerciales qu’elles provoquent.  Les principaux pays de l’Afrique subsaharienne n’atteindront pas les OMD alors que dans le domaine commercial, « les économies du continent continuent de souffrir de lois et pratiques inéquitables qui les marginalisent sur le plan mondial », a constaté le représentant de l’Éthiopie, au nom du Groupe africain, déplorant en particulier la lenteur des progrès dans les négociations du Cycle de Doha. 


Les Ministres et représentants des pays suivants se sont exprimés: Paraguay, Liechtenstein, Iran, Jamahiriya arabe libyenne, Japon, Cuba, Pologne, Malawi, Suisse, Namibie, Pakistan, Éthiopie, au nom du Groupe africain, Bangladesh, au nom des pays les moins avancés (PMA), Malaisie, Brésil, Colombie, Iraq, Soudan, Pérou, Indonésie, Syrie, Bolivie, Mauritanie, Mozambique, Algérie, République de Corée, Israël et Guyana. 


Les observateurs du Saint-Siège, de la Commission de la population et du développement, de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), de l’Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS), de l’Institution intergouvernementale pour l’utilisation de la micro-algue spiruline contre la malnutrition et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) ont également pris la parole, ainsi que les représentants des ONG suivantes: All India Shah Baug Society, Legion of Goodwill, World Family Organizationet Fondacion Diagrama.


DÉBAT GÉNÉRAL DE HAUT NIVEAU


Déclarations


M. ANTONIO RIVAS, Vice-Ministre des relations extérieures du Paraguay, a rappelé que l’économie de son pays était encore étroitement liée au secteur agricole.  Un plan gouvernemental a été défini afin de promouvoir une réforme profonde susceptible de permettre l’intégration de l’économie paraguayenne au marché mondial, tout en développant les zones rurales.  Dans ce contexte, le Vice-Ministre a appelé les pays développés à en finir avec les subventions agricoles et les distorsions commerciales qu’elles provoquent. 


Il s’est inquiété de la hausse du prix des hydrocarbures qui menace les progrès réalisés dans le monde rural.  Pour des pays sans littoral comme le Paraguay, le coût du transport a augmenté de 20%.  Invoquant l’évolution du prix du pétrole et celui du lait en poudre, ces dernières années, le Vice-Ministre a voulu démontrer le lien entre les cours du pétrole et ceux des denrées alimentaires.  Devant trouver des sources alternatives d’énergie, le Paraguay, a-t-il indiqué, a commencé à introduire un agrocarburant à base d’alcool de canne à sucre.


Mme RITA KIEBER-BECK, Ministre des affaires étrangères du Liechtenstein, a estimé qu’une mise en œuvre réussie des engagements en matière de développement passait notamment par l’appropriation nationale, le leadership, la mise en place d’institutions nationales responsables et l’instauration d’un dialogue inclusif.  Les médias ont également un rôle à jouer pour promouvoir les campagnes de sensibilisation, a-t-elle ajouté, mettant en outre l’accent sur la nécessité d’une coopération étroite.  Le Liechtenstein attache une grande importance aux Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD).  Pour 2008, a annoncé la Ministre, le Liechtenstein a décidé d’accroître sa contribution à l’aide publique au développement (APD) à près de 0,6% de son PNB, se fixant l’objectif d’atteindre aussi vite que possible les 0,7%, bien que le pays ne soit pas tenu par un calendrier officiel. 


L’environnement étant le troisième pilier du développement durable, le Liechtenstein, a poursuivi la Ministre, s’est engagé à tous les niveaux pour respecter ses engagements internationaux.  Le pays a ainsi décidé de réduire de 8% par rapport à 1990 les émissions de gaz à effet de serre pour la période 2008-2012.  Le Liechtenstein a également mis en œuvre une stratégie au niveau national sur les changements climatiques, a-t-elle dit, mettant en outre l’accent sur l’engagement de son pays au sein de la Conférence internationale du Lac de Constance, dont il a assuré la présidence en 2007.


M. MANOUCHEHR MOTTAKI, Ministre des affaires étrangères de la République islamique d’Iran, a souligné que les crises alimentaire et pétrolière actuelles risquaient d’avoir des retombées négatives sur les engagements pris au niveau international en matière de développement durable.  Il a poursuivi en ajoutant que le monde inéquitable dans lequel nous vivons démontre amplement que les dirigeants du monde ont échoué pour des raisons qui sont bien connues.  Il a dénoncé la gestion non démocratique des affaires internationales, les injustices et l’écart grandissant entre riches et pauvres. 


Les politiques erronées mises en œuvre par certaines puissances ont contribué à la hausse des cours du pétrole que subissent surtout les pays les plus pauvres et les plus faibles dont les ressources sont exploitées par ces mêmes puissances.  S’attardant sur l’importance de la coopération Sud-Sud, le représentant l’a illustrée en rappelant les mesures que des pays de l’OPEP ont prises pour atténuer les effets de la crise pétrolière sur les pays les plus vulnérables.  Les incertitudes actuelles du prix de l’énergie, a-t-il insisté, ne sont pas liées à l’offre mais à divers facteurs dont la dépréciation du dollar. 


Après avoir appelé les pays développés à honorer les engagements pris en vertu du Protocole de Kyoto, il a conclu en estimant qu’étant l’un des organes principaux de l’ONU, l’ECOSOC a un rôle fondamental à jouer pour faire émerger des idées et des initiatives visant à créer un nouvel ordre financier et commercial susceptible de permettre un développement durable. 


M. MAHAMOUD G.I. ELWARFALLY, Secrétaire général de la planification nationale de la Jamahiriya arabe libyenne, a affirmé que beaucoup de pays en développement rencontraient des problèmes majeurs concernant la crise alimentaire mondiale.  Ce qui est présenté comme une aide alimentaire constitue certes un premier élément de réponse, a-t-il dit.  Mais des solutions à plus long terme sont nécessaires pour corriger les politiques erronées mises en œuvre au cours de ces dernières années, a-t-il estimé.  L’agriculture est un outil essentiel de lutte contre la pauvreté, a-t-il souligné, en demandant instamment aux pays développés de s’abstenir de mener des politiques protectionnistes visant à défendre leur production agricole, et de permettre aux produits agricoles des pays en développement d’atteindre leurs marchés.   Il s’est dit également vivement préoccupé par les difficultés rencontrées par les pays en développement, notamment en Afrique, dans leurs efforts visant à réaliser les objectifs de développement.  Il a espéré que des solutions seront trouvées à Doha, lors de la Conférence sur le financement du développement.  Il a demandé à la communauté internationale de respecter ses engagements envers les plans de développement de l’Afrique.  S’agissant de l’environnement, il a plaidé en faveur de l’adoption de protocoles pour traiter les causes du réchauffement mondial, ce qui, a-t-il précisé, facilitera la tâche d’adaptation des pays en développement à ses effets.


M. YASUHIDE NAKAYAMA, Vice-Ministre des affaires étrangères du Japon, a indiqué qu’il souhaitait centrer son intervention sur les changements climatiques, les Objectifs du Millénaire pour le développement et la crise alimentaire mondiale qui sont liés entre eux.  Il a constaté que les opinions divergeaient sur les moyens de faire face au réchauffement de la planète.  Mais ce qui est certain, a-t-il ajouté, c’est qu’il en va de la responsabilité de tous d’agir pour le bien-être des générations futures.  Il est temps maintenant que le monde s’oriente vers une société à bas niveau d’émissions de carbone, et l’usage de la technologie est la solution à cet égard, ce qui suppose un partage de celle-ci.  Il convient de diffuser les technologies les plus avancées, a ajouté le représentant du Japon, en indiquant que son pays emprunte d’ores et déjà cette voie.


Par ailleurs, le Japon a annoncé la création d’un mécanisme financier pour aider les efforts des pays en développement en matière des changements climatiques, a dit M. Nakayama.  Il est prêt à contribuer, à hauteur de 1,2 milliard de dollars, au fonds multilatéral créé sous les auspices de la Banque mondiale.  Concernant la crise alimentaire mondiale, le Japon est convaincu de la nécessité d’améliorer la productivité agricole et les capacités de production, tout en faisant preuve d’une plus grande discipline en matière de restriction des exportations.


M. ALBERTO OSVALDO NARANJO PAZ, Vice-Ministre de l’agriculture de Cuba, a estimé que le développement durable pour tous ne sera pas atteint si on n’abandonne pas les modes de production et de consommation actuels.  La logique ultra orthodoxe du marché devra être remplacée par une approche intégrale dans laquelle le développement économique va de pair avec le développement social et garantit la protection de l’environnement pour les générations futures.  Les pays en développement ne sont pas responsables des problèmes créés, a-t-il déclaré.  Ceux qui sont à l’origine de 76% des émissions de gaz à effet de serre, accumulées depuis 1850, doivent assumer la principale responsabilité des efforts face au défi environnemental qui menace aujourd’hui l’humanité, a-t-il dit. 


En outre, selon lui, la crise alimentaire mondiale actuelle est le résultat d’une économie non durable et de l’ordre politique mondial.  La crise, a-t-il prévenu, ne sera pas résolue tant que les pays riches refuseront, notamment, d’abandonner les énormes subventions qu’ils offrent à leurs agriculteurs.  La coopération internationale joue un rôle fondamental pour la promotion du développement durable, mais elle doit, a-t-il insisté, respecter les priorités nationales et ne pas être manipulée par des intérêts politiques mesquins.  Il a, enfin, plaidé en faveur d’un nouvel ordre économique mondial plus juste et plus équitable. 


M. WITOLD WASZCZYKOWSKI, Sous-Secrétaire d’État aux affaires étrangères de la Pologne, a évoqué l’augmentation du prix des denrées alimentaires, en soulignant la nécessité de parvenir à des changements structurels majeurs et ce, pas uniquement dans les pays en développement.  La première ligne d’action efficace est d’abord de répondre à leur demande d’assistance.  En second lieu, les institutions financières internationales doivent fournir une aide financière, en suspendant par exemple le service de la dette, et en aidant les petits agriculteurs à mettre sur pied des exploitations viables.  Le représentant polonais s’est félicité, à cet égard, du succès de la conférence de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) sur la sécurité alimentaire qui s’est tenue en juin à Rome avait été un succès.


Évoquant les changements climatiques, étroitement liés à la crise alimentaire, a-t-il dit, il a souligné les incertitudes concernant ce phénomène qui exigent des recherches approfondies.  Il a émis l’espoir que la conférence prévue à Postdam, en décembre prochain, qui doit réunir les parties au Protocole de Kyoto sera couronnée de succès.  En tant que pays hôte, la Pologne n’épargnera aucun effort, a-t-il dit, avant de souligner que son pays était un bon exemple du fait qu’une forte croissance peut être accompagnée d’une volonté politique et d’une détermination de réduire les émissions de gaz à effet de serre.  Alors que le PIB polonais a triplé entre 1995 et 2005, les émissions ont diminué de 4% dans le même temps.


M. FRANK MWENIFUMBO, Vice-Ministre de l’agriculture et de la sécurité alimentaire du Malawi, a indiqué que la Stratégie de croissance et de développement de son pays avait identifié six domaines prioritaires liés à la réalisation des OMD, à savoir l’agriculture et la sécurité alimentaire, l’irrigation et l’accès à l’eau potable, le développement rural intégré, le développement des infrastructures de transport, l’énergie et la gestion du VIH/sida et de la malnutrition.  À cet égard, il a lancé un appel aux partenaires en développement pour qu’ils fournissent à son pays des ressources supplémentaires et adéquates.  L’accès équitable des pays les moins avancés (PMA) aux marchés internationaux est essentiel pour le développement durable et la réduction de la pauvreté, a-t-il ajouté, en se joignant aux appels contre les subventions agricoles dans les pays développés pour permettre aux produits agricoles du Sud d’être plus compétitifs sur les marchés mondiaux. 


M. MARTIN DAHINDEN, Directeur général de l’Agence suisse pour le développement et la coopération, a souligné que les interdépendances entre la pauvreté, les modes de production et de consommation et la gestion des ressources naturelles n’étaient plus contestées.  Nous savons que dans tous ces domaines, les efforts doivent se renforcer mutuellement dans une approche intégrée, a-t-il dit.  Les changements climatiques doivent donc être considérés au-delà d’un étroit créneau environnemental et être abordés de manière générale dans toutes les décisions, en l’incorporant dans la perspective plus large du développement durable, a-t-il souligné.  Malheureusement, la mise en œuvre de politiques intégrées de développement durable a pris du retard, a-t-il noté. 


Concrètement, la Suisse estime nécessaire de recourir à des systèmes de paiements ou d’exonérations fiscales pour récompenser ceux qui entretiennent des écosystèmes de façon à les inciter à poursuivre sur cette voie et à leur garantir des moyens de subsistance.  La crise alimentaire actuelle, a-t-il dit, met en lumière le manque d’investissements dans l’agriculture et le développement rural dans beaucoup de pays en développement.  Elle rappelle aussi la non-durabilité des politiques agricoles menées ces dernières années dans bon nombre de pays.  Nous avons besoin, a dit le Directeur général, d’une agriculture multifonctionnelle qui réponde aux besoins d’approvisionnement alimentaire et qui fournisse des services environnementaux essentiels.  C’est dans cette perspective, a-t-il promis, que la Suisse va continuer à amener sa contribution à la recherche pour l’adaptation aux changements climatiques des techniques de production et de gestion des ressources naturelles.  Ces défis demandent des actions qui vont au-delà des approches expérimentées.  Ils appellent une amélioration de la qualité de l’aide et la confirmation des engagements pris à Monterrey.  Le rôle du secteur privé est également important, a conclu le Directeur général.


M. PETER KATJAVIVI, Directeur général de la Commission de la planification nationale de la Namibie, a estimé que six ans après le Sommet mondial sur le développement durable qui a eu lieu à Johannesburg, le monde était toujours confronté au problème de la pauvreté, notamment dans les zones rurales où vivent plus de 75% des populations.  L’agriculture a été négligée pendant trop longtemps, et ce, malgré les engagements pris à Johannesburg, a regretté M. Katjavivi.  Des politiques mal conçues par des institutions internationales ont conduit à la situation actuelle, a-t-il déploré, précisant que des gouvernements de pays en développement ont été contraints de poursuivre des politiques néolibérales.  Il convient, afin de s’attaquer à la pauvreté et à la faim, de revoir les politiques agricoles et de développement durable, a-t-il estimé.  Il a indiqué que la Namibie observait une approche holistique du développement rural, selon laquelle les tentatives de doper la production agricole sont accompagnées de mesures visant à améliorer les infrastructures et les services sociaux.  Face à la crise alimentaire, le Gouvernement namibien a pris des mesures d’urgence pour écarter les menaces qui pèsent sur les familles vulnérables, a dit Peter Katjavivi.  Il a appelé à des efforts concertés au niveau international pour accroître les investissements dans la production agricole, le transfert des technologies, et le renforcement des capacités. 


M. MUNIR AKRAM (Pakistan) a souligné que face à la crise financière et du crédit, il est important que les ajustements ne prennent pas la forme d’un accroissement du protectionnisme par rapport aux pays en développement.  Il a regretté que le Comité du G-8 s’éloigne des engagements pris, notamment en matière d’APD.  Il a réclamé une réforme et une restructuration globales du système financier international et de son architecture.  À cet égard, la révision des quotas au sein du Fonds monétaire international (FMI) ne ferait qu’effleurer la question alors qu’il s’agit d’une question structurelle, a-t-il estimé.  Il a réclamé, en second lieu, un sérieux effort pour restructurer le système commercial international, avant de demander que la Conférence de Doha sur le financement du développement règle le problème du manque d’accès aux technologies si vitales pour le développement.


Concernant les changements climatiques, il serait particulièrement ironique et terriblement injuste que les pays en développement soient invités à abandonner les objectifs de prospérité de leurs peuples pour payer l’insouciance et la prodigalité passées des pays riches, a accusé le représentant du Pakistan.  En conclusion, M. Akram a souligné que les défis étaient énormes et que la réponse de la communauté internationale impliquait une grande audace dans les décisions à prendre.  Seul l’avenir dira si les membres des Nations Unies ont été à la hauteur.


M. NEGASH KEBRET BOTORA (Éthiopie), qui s’exprimait au nom du Groupe africain, a affirmé que la pauvreté extrême était toujours aussi massivement répandue sur le continent africain et représentait un défi important aux activités de développement.  Les principaux pays de l’Afrique sub-saharienne n’atteindront pas les OMD alors que dans le domaine commercial, les économies du continent continuent de souffrir de lois et pratiques inéquitables qui les marginalisent sur le plan mondial, a ajouté le représentant. Il a déploré, en particulier la lenteur des progrès dans les négociations du Cycle de Doha. 


Il a poursuivi en estimant qu’une approche intégrée du développement rural doit être poursuivie de même que des cadres institutionnels et stratégiques qui répondent aux besoins du développement durable doivent être mis en place.  Il a invité la communauté internationale et les partenaires au développement à tenir leurs promesses en matière d’APD.  Il convient également pour la communauté internationale, selon lui, de travailler main dans la main avec les gouvernements nationaux pour promouvoir des programmes d’allègement de la dette.  Selon le représentant, l’ECOSOC doit continuer à être renforcé afin, notamment de promouvoir le dialogue visant à répondre aux besoins de développement.


Mme ISMAT JAHAN (Bangladesh), au nom des PMA, a, concernant la hausse des prix alimentaires, estimé que la réponse doit être cohérente et multiforme.  Elle a souhaité que la Déclaration de Rome en faveur d’une aide accrue aux PMA ne reste pas lettre morte.  Les investissements dans l’agriculture doivent augmenter après une grande négligence et une chute constante de l’APD.  Les aléas climatiques aggravent encore le problème, a-t-elle rappelé, en pointant en particulier l’élévation du niveau de la mer, problème face auquel le Bangladesh se trouve en première ligne.  Les conditionnalités et le caractère imprévisible de l’APD contribuent à affecter négativement les efforts de développement.  Mme Jahan a appelé les pays développés à respecter leur engagement d’augmenter l’APD en faveur des PMA.


Par ailleurs, a-t-elle estimé, des efforts plus importants doivent être effectués pour favoriser les transferts de technologies, ce qui suppose un effort d’investissement.  Si la communauté internationale est consciente depuis longtemps des problèmes spécifiques des PMA, il est triste de constater que la réponse a été inappropriée et qu’elle a manqué de persévérance.  Ces pays appellent à la matérialisation urgente d’un partenariat authentique, a-t-elle conclu.


M. HAMIDON ALI (Malaisie) a affirmé que les crises liées aux changements climatiques ainsi que les crises alimentaires et de l’énergie étaient dues aux espoirs non réalisés et aux promesses non tenues de développement durable.  Il a mis en particulier l’accent sur l’incapacité à honorer les promesses, déplorant ainsi le manque d’engagement politique de la part du monde développé.  De même, la communauté internationale n’a pas été en mesure d’assurer un juste équilibre entre les trois piliers du développement durable, à savoir la croissance économique, le développement social et la protection de l’environnement.  Il a en outre souligné l’absence de résultats permettant une combinaison optimale entre l’action gouvernementale et le secteur privé.  En outre, selon le représentant, il n’existe pas de cadre international ou de mécanismes visant à promouvoir le développement des infrastructures et le transfert des technologies, éléments essentiels du développement durable.   


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a rappelé que son pays, par la voix de son président, avait demandé que l’on étudie de près les causes de la hausse des prix des denrées alimentaires.  Or, une attention insuffisante a été accordée à l’une de ces causes, à savoir la spéculation, a-t-elle remarqué.  Nous assistons actuellement à un schéma semblable à celui déjà vu dans les années 70 où se produit une hausse concomitante des prix de l’énergie et de l’alimentation.  Concernant la conférence de la FAO sur la sécurité alimentaire, elle a regretté que malgré des engagements importants, celle-ci n’ait pas permis l’adoption de mesures à moyen et à long terme pour rétablir la capacité des pays en développement à nourrir leur population. 


Concernant les agrocarburants, l’expérience du Brésil, a-t-elle affirmé, montre que l’on peut accroître l’autonomie énergétique sans affecter la sécurité alimentaire.  De nombreux pays pourraient suivre cet exemple, à condition qu’on les aide à se doter de la capacité pour réaliser les investissements requis et de la technologie nécessaire.  Plus d’une centaine de pays disposent des atouts naturels pour emprunter cette voie, a insisté la représentant.  Comme moins de 20% de leur population ont accès à des sources d’énergie, ces pays doivent envisager de se lancer dans la production d’agro-carburants, a préconisé la représentante.  


Avant d’entrer dans le sujet du débat de haut niveau de l’ECOSOC, Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a tenu à exprimer la grande joie de son pays après la libération des otages détenus jusqu'à présent par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC), dont Ingrid Betancourt.  C’est notre souhait de partager cette journée particulière, a-t-elle déclaré.  Revenant au thème du débat, la représentante a jugé nécessaire d’augmenter l’appui international financier et technique aux efforts nationaux d’adaptation aux changements climatiques.  Il est essentiel d’accorder une attention plus grande à l’adaptation du secteur agricole, particulièrement à un moment où l’augmentation de la productivité est essentielle, a-t-elle dit. 


Elle a en outre plaidé en faveur de mesures plus larges de coopération pour doper la production agricole, notamment par un renforcement des capacités, le transfert des technologies et un meilleur accès aux marchés internationaux.  Selon elle, des progrès dans la réduction des mesures protectionnistes et des subventions agricoles pratiquées dans les pays développés sont urgents dans le contexte du Cycle de Doha.  De telles inégalités ont découragé les investissements et l’autonomisation du secteur agricole dans les pays en développement, a-t-elle affirmé.  La représentante a souligné, par ailleurs, que la production et l’utilisation de sources d’énergie alternatives et renouvelables constituaient un élément central des politiques nationales de l’énergie et du développement rural.


M. HAMID AL BAYATI (Iraq) a invité le Conseil économique et social à jouer un rôle actif en Iraq et dans les pays aspirant à se démocratiser.  La pauvreté et le chômage constituent un terreau pour la violence et le terrorisme, a-t-il prévenu.  Malgré les difficultés, l’Iraq a réalisé de grandes avancées, en particulier en mettant sur pied des organes exécutifs et législatifs opérationnels, a-t-il affirmé.  Il a rappelé que son pays avait demandé l’annulation de sa dette résultant des politiques de l’ancien régime qui a ruiné le pays.  Il a aussi rappelé que l’Assemblée nationale iraquienne avait élaboré un cadre législatif favorisant les investissements dans le pays en ouvrant le marché local.  Des accords environnementaux ont été contractés, qui montrent la volonté de l’Iraq de s’engager sur la voie du développement durable en réduisant chômage et pauvreté.  Le représentant a en outre noté que la promotion de l’égalité de la femme donnait lieu à une politique volontariste.  Il a ensuite souligné que l’agriculture de son pays était handicapée par l’histoire récente, en particulier la présence de mines et de débris de munitions radioactives. 


M. ABDALMAHMOOD ABDALHALEEM MOHAMAD (Soudan) a affirmé que l’ECOSOC était bien placé pour jouer un rôle directeur face aux défis émergeants et qu’il devait continuer à renforcer son efficacité, en réglant de manière intégrée la question du développement durable.  L’Afrique continue à souffrir de besoins particulièrement criants, avec un nombre absolu de pauvres en augmentation.  Au milieu de ces défis mondiaux, le Soudan, a-t-il dit, fait des efforts considérables pour améliorer le développement durable dans un contexte où la paix et le développement vont de pair.  Selon lui, les efforts internationaux de développement durable dans tous les pays devraient conduire à réduire les possibilités de conflits.  Le représentant a ainsi mis l’accent, dans le cadre du Plan quinquennal stratégique national 2007-2012, le premier depuis la conclusion de l’Accord de paix global qui porte sur le retour de la stabilité politique grâce à l’unité nationale, la promotion du développement durable, la modernisation de l’agriculture, l’élimination de la pauvreté et le développement équilibré des zones rurales et urbaines.


M. JORGE VOTO-BERNALES (Pérou) s’est félicité en introduction de la bonne nouvelle de la libération des otages en Colombie.  Il a ensuite énuméré un certain nombre de facteurs susceptibles de faire progresser le développement durable, en particulier l’APD.  Les mesures prises par les pays développés face au changement climatique risquant d’avoir des conséquences sur les exportations des pays en développement, une aide technologique s’avérera indispensable, a-t-il souligné.  Le Pérou estime qu’il importe d’avoir une démarche intégrée face au développement rural qui doit allier augmentation de la production et réduction de la pauvreté.


M. MARTY M. NATALEGAWA (Indonésie) a affirmé qu’une action décisive était nécessaire pour faire en sorte que les économies puissent contribuer à éliminer la pauvreté, renforcer le bien-être et protéger l’environnement.  Tout d’abord, il est nécessaire, selon lui, d’adopter une approche globale basée sur les similarités plutôt que sur les différences, par exemple en établissant un mécanisme global et des objectifs communs pour réaliser les trois piliers du développement durable.  Parce que les causes des crises énergétique et alimentaire sont liées et multiples, elles nécessitent une approche multidimensionnelle, coordonnée et soutenue, a-t-il affirmé.  Compte tenu du caractère mondial et de l’urgence de la crise alimentaire, l’ONU avec ses États Membres doit se porter au premier plan des efforts.  L’Indonésie, avec l’Égypte et le Chili, a ainsi proposé au Président élu de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale d’envisager la question de la sécurité alimentaire et le développement comme thème principal des travaux pour fournir aux dirigeants une occasion plus grande de régler ce défi grâce par une solution mondiale. 


M. HUGO SILES ALVARADO (Bolivie) a souligné que l’utilisation d’agrocarburants entraînait la substitution de terres réservées à l’alimentation.  Il a mis en cause un individualisme prenant le pas sur la recherche du bien commun.  Il faut que les pays développés assument leurs responsabilités en respectant les aspirations et la culture des pays en développement, a-t-il affirmé.  Le Président Evo-Morales, a-t-il ajouté, a mis l’accent sur la notion de « bien-vivre » et décidé de redonner un rôle central à l’État, l’un des grands défis étant d’assurer l’intégration sociale des quelque 3 millions de Boliviens et Boliviennes marginalisés. 


Le représentant de la Bolivie a expliqué que son pays avait œuvré à réduire l’abandon scolaire.  Les personnes âgées de plus de 60 ans bénéficient aussi d’un programme alors qu’ils n’avaient aucune prestation auparavant.  Le programme d’alphabétisation, mis au point avec l’aide de Cuba et du Venezuela, a quant à lui bénéficié à plus d’un demi-million de personnes.  Par ailleurs plus de 10 millions d’hectares ont été distribués dans le cadre de la réforme agraire.  Tout ceci montre, a conclu le représentant, les progrès accomplis dans le cadre du modèle bolivien du « bien vivre ».  La Bolivie, qui défend le respect de la souveraineté des peuples et qui est en faveur du multilatéralisme, a bon espoir d’atteindre les OMD, a-t-il ajouté.


M. ABDERRAHIM OULD HADRAMI (Mauritanie) a rappelé que cette session intervenait dans un contexte difficile marqué par une crise alimentaire qui a un impact terrible sur les pays en développement.  Il a dit que son pays avait dû consacrer 17% du budget de l’État à un programme urgent pour porter secours aux personnes touchées par cette crise.  Ces efforts ne suffisent pas et les pays riches doivent apporter leur concours par le biais de prêts à conditions favorables, voire par la réduction de la dette.  Il a également souligné l’importance d’avoir accès aux nouvelles technologies.  Alors qu’il semble que les pays du Sud auront les plus grandes difficultés à réaliser les OMD d’ici 2015, la Mauritanie, a dit le représentant, engage les États riches à honorer les promesses qu’ils ont faites lors des grandes conférences de l’ONU.  Il s’est dit préoccupé face à l’impasse des négociations du Cycle de Doha avant de rappeler que son pays fait partie des 10 pays les plus touchés par l’augmentation du niveau de la mer et d’exhorter les pays développés à faire le nécessaire pour réduire leurs émissions de carbone. 


M. FILIPE CHIDUMO (Mozambique) a partagé les préoccupations exprimées sur d’autres quant à l’absence de mesures d’atténuation face aux changements climatiques et de solutions durables à la crise alimentaire.  L’élimination de la pauvreté constitue le plus grand défi de la communauté internationale, en particulier en Afrique, a-t-il rappelé.  Pour parvenir à l’éradiquer, des efforts concertés s’imposent.  Mais, a dit le représentant en citant le rapport du Secrétaire général, le bilan sur ce front est mitigé.  Aussi, les pays en développement doivent tout mettre en œuvre pour renforcer la bonne gouvernance alors que les pays développés doivent tenir les engagements en matière de transferts de technologies et d’APD, a préconisé M. Chidumo.  Face au spectre d’une croissance économique très faible, l’ONU et l’ECOSOC doivent jouer un rôle de chef de file pour développer des partenariats mondiaux, a-t-il conclu. 


M. BAKI ILKIN (Turquie) a estimé que la réalisation des OMD restait mitigée malgré un recul certain de la pauvreté absolue.  Il a dit que les défis étaient déroutants si l’on considère les risques que font peser l’augmentation des prix des produits alimentaires et d’autres produits de base.  Il s’est dit persuadé que le succès dans la lutte contre la pauvreté ne pourra que contribuer à la mise en place d’un ordre international plus stable et pacifique.  Il a estimé que le développement durable exigeait une stratégie internationale coordonnée et un financement adéquat.  Il a souligné l’importance d’une coopération permettant aux pays en développement de rester maîtres de leurs priorités. 


Soulignant le statut de donateur émergeant de la Turquie, il a précisé que l’APD offert par la Turquie a atteint 715 millions de dollars en 2006 soit 0,6% de son PIB.  Avec les autres fonds et aides au développement dont les fonds du secteur privé, les ressources turques en direction des pays en développement ont désormais atteint 1,7 milliard de dollars.  La Turquie, qui est passée d’une économie agricole à une économie industrielle, a beaucoup à partager en matière d’expériences, a dit le représentant, en indiquant que 200 accords de coopération techniques ont été mis en place avec des pays en développement.  Il a précisé que la Turquie avait accueilli une conférence ministérielle des PMA en juillet 2007, sur les déséquilibres mondiaux qui appauvrissent les PMA.  La Déclaration d’Istanbul, adoptée au terme de cette réunion comme document de l’ONU, trace la voie à suivre pour un véritable partenariat au développement, a-t-il encore dit.


M. BASHAR JA’AFARI (République arabe syrienne) a estimé que la réalisation des OMD était compromise par une multiplicité de facteurs qui vont des changements climatiques aux déséquilibres du marché.  Il a souligné la nécessité de ne pas politiser la participation des États aux travaux de l’Organisation mondiale du commerce (OMC).  Dénonçant ensuite les sanctions unilatérales que les États-Unis imposent en violation du droit international, le représentant a estimé que ce type de pratiques contribue à la méfiance face au système commercial international.  Il a par ailleurs rappelé que l’occupation étrangère prive les habitants syriens des ressources du Golan, qui sont confisquées par Israël.  Le représentant a ensuite repris les conclusions du Secrétaire général pour préconiser une approche intégrée dans l’élimination de la pauvreté.  L’ECOSOC et l’Assemblée générale devraient dans ce contexte voir leur rôle renforcé, a-t-il ajouté.


M. LIU ZHENMIN (Chine) s’est félicité des progrès réels observés dans le monde en matière de promotion du développement durable et de lutte contre la pauvreté.  Il a invité les États Membres à réaliser des efforts pour parvenir à réaliser les OMD.  Il s’agit d’accorder une attention prioritaire aux problèmes les plus pressants, a-t-il dit.  À cet égard, il a invité la communauté internationale à faire face à la situation des pays pauvres les plus touchés par les crises alimentaire et énergétique.  Les pays doivent formuler des stratégies de développement durables à la lumière de leurs spécificités, de leurs contraintes financières et technologiques, a-t-il conseillé.


La question des changements climatiques nécessite une coopération internationale accrue, a-t-il ajouté, en soulignant l’importance qu’il y a à respecter le principe de la responsabilité commune mais différenciée.  Il a également souligné l’importance du Protocole de Kyoto.  Alors que la pauvreté entrave les capacités de pays en développement, a-t-il poursuivi, il faut les aider à briser ce cercle vicieux.  Depuis le Sommet de Rio en 1992, a-t-il ajouté, la Chine a toujours accordé la plus grande importance au développement durable.  Elle, qui connaît une phase critique d’industrialisation et d’urbanisation, est convaincue de sa capacité de réaliser les objectifs de développement durable à long terme et de faire en sorte que l’environnement ne paie pas le prix fort des impératifs de la croissance économique.


M. NOR-EDDINE BENFREHA (Algérie) a déclaré que l’élimination de la pauvreté, la modification des modes de production et de consommation inadaptés et la protection et la gestion des ressources naturelles nécessaires au développement économique et social constituent les fondements du développement durable.  Dans ce contexte, a-t-il dit, la communauté internationale devrait accorder plus d’importance au développement agricole à travers un soutien aux mesures nationales pour le développement des capacités dans ce domaine.  Par ailleurs, a-t-il poursuivi, l’Algérie est particulièrement vulnérable aux effets des changements climatiques étant donné que son territoire est formé majoritairement d’espaces arides et semi-arides. 


Pour remédier à cette situation, le Plan d’action national pour les changements climatiques appuie les mesures prises pour l’application de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification et les mesures d’adaptation relatives principalement aux secteurs liés aux ressources en eau, à l’agriculture et aux forêts.  En outre, l’Algérie a mis en place un Plan national de développement agricole et rural auquel elle a intégré le Plan national de lutte contre la désertification.  M. Benfreha a ensuite affirmé qu’il revient aux Africains de s’approprier leur destin.  Le Nouveau Partenariat pour le développement de l’Afrique (NEPAD) consacre cette vision qui permet de valoriser les atouts en ressources naturelles, humaines et en potentiel de développement tout en tenant compte de l’environnement.


M. DANIEL CARMON (Israël) a dit que la communauté internationale se trouvait en face de nombreux enjeux pressants comme la crise alimentaire alors que la dégradation de l’environnement progressait à un rythme plus rapide que prévu.  Il a invité l’ECOSOC à honorer ses engagements et à traiter de la question de la crise alimentaire.  Il a souhaité que l’on accorde une priorité au développement des technologies au profit des pays en développement avec lesquels il faut partager les techniques agricoles.  Il a insisté sur le lien entre agriculture et technologies pour la réalisation des OMD. 


La disponibilité des terres arables continue de poser des problèmes, d’autant plus qu’elle devrait baisser de 16% d’ici 2020 en raison du réchauffement de la planète, s’est-il encore inquiété.  Il a précisé qu’Israël venait d’accueillir une réunion spéciale sur la révolution verte en Afrique qui s’est conclue avec la signature d’un protocole de coopération dans le domaine agricole entre le Bureau Afrique du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’organisation MASHAV qui met en œuvre des programmes dans des domaines aussi variés que l’éducation, la santé et la parité entre les sexes.  Il a mis l’accent sur la responsabilité collective entre pays développés et pays en développement. 


M. GEORGE TALBOT (Guyana) a indiqué que le panorama actuel du développement présentait des défis pour de nombreux pays.  La hausse du coût du pétrole, du prix des denrées alimentaires et la baisse des ressources pour hâter le développement durable des pays les plus pauvres n’en sont que quelques-uns.  Dans ce contexte, l’ECOSOC doit et peut agir pour éviter que ces phénomènes aient des répercussions plus graves encore sur les plus démunis.  Les institutions financières internationales, a-t-il estimé, peuvent accorder des prêts à des petits exploitants agricoles pour leur permettre de se reconvertir dans de nouvelles cultures.  En 1999, la Guyana a mis près d’un million d’hectares à la disposition de la communauté internationale pour tester des scénarios de gestion durable des espaces verts, a rappelé M. Talbot.  Près de 40% des ressources du Guyana étant issues de l’agriculture, il est donc urgent pour nous d’investir dans la productivité agricole, a reconnu le représentant.


M. KIM BONG-HYUN (République de Corée) s’est dit persuadé que l’ECOSOC était mieux à même maintenant de suivre la mise en œuvre des programmes de développement  Face aux défis considérables que constituent la récession mondiale et la crise alimentaire et des matières premières, il a formé le vœu que cette session de l’ECOSOC permettra d’organiser une parade collective et de revigorer la coopération économique et financière.  Il a dit toute l’importance des futures Conférences internationales d’Accra de septembre 2008 et de Doha en novembre 2008.


La priorité doit être donnée au développement rural pour faire face à la crise alimentaire actuelle, a-t-il dit.  La République de Corée, qui a su surmonter le problème de la faim en un délai court, est prête à œuvrer à l’accroissement de la productivité agricole dans les pays en développement.  Il s’est inquiété des conséquences des changements climatiques dont les dégâts humain et matériel sont plus importants que prévus.  Le moment est venu d’intégrer les notions de développement durable à tous les niveaux de nos sociétés, a-t-il estimé.


Mgr CELESTINE MIGLIORE, Observateur permanent du Saint-Siège, a déclaré que la crise alimentaire a touché de plein fouet toutes les sociétés.  Elle découle de plusieurs causes concordantes, a-t-il dit, en citant les politiques agricoles inappropriées, la spéculation sur le cours des produits de base, la hausse du prix du carburant et les effets des changements climatiques.  Il faut agir pour aider ceux qui souffrent de malnutrition, a exhorté l’Observateur.  Au cours des 25 dernières années, des progrès nets ont été accomplis dans le domaine agricole mais à moins de réinvestir dans des réformes agraires ambitieuses, ils seront voués à disparaître.  Il faut aussi que les politiques agricoles ne perdent pas de vue la nécessité d’allier respect de l’environnement et renforcement de la productivité agricole, a-t-il ajouté en conclusion.


M. IVAN PIPERKOV, Président de la Commission de la population et du développement, a rappelé le rôle crucial joué dans les années 60 par sa Commission qui a permis aux États Membres de prendre conscience des enjeux liés à la croissance démographique mondiale.  Malgré les résultats obtenus, la population devrait connaître une croissance importante dans les pays en développement et devrait être multipliée par deux d’ici à 2040, a-t-il prévenu.  Il a souligné les défis auxquels sont confrontés les pays en développement pour faire face à cette croissance démographique qui menace les acquis de la croissance économique et du développement.  Il a mis l’accent sur la nécessité de lutter contre les disparités au sein de pays, en citant celles entre zones rurales et zones urbaines en termes d’accès aux infrastructures de santé et d’éducation.  Il a conclu en renouvelant son appel à des efforts pour réduire les taux de fécondité.


Mme NDIORO NDIAYE, Directrice générale adjointe de l’Organisation internationale des migrations (OIM), a expliqué que les inégalités de revenus ne cessaient de s’accroître entre zones urbaines et zones rurales.  Du coup, les populations des campagnes migrent massivement vers les villes dans un geste de survie.  Il est également prévu que des phénomènes comme la sécheresse et la détérioration des terres accroissent ce phénomène, a rappelé la Directrice générale adjointe.  Pour remédier à cette situation, elle a jugé nécessaire de lancer des politiques pour revaloriser les zones rurales.  Dans ce contexte, a-t-elle accusé, la contribution fondamentale des femmes est trop souvent négligée.  En outre, le développement des capacités et des compétences est un élément important pour permettre aux plus pauvres de trouver un travail dans les campagnes.


M. JOSÉ MUCIO MONEIRO FILHO, Président de l’Association internationale des conseils économiques et sociaux et institutions similaires (AICESIS), a précisé que sa Fédération regroupait 60 organisations à travers le monde touchant l’ensemble des peuples et de la diversité des cultures.  Il a rappelé que le développement durable constituait au départ une prise de conscience par rapport à la protection de l’environnement pour s’élargir plus tard au développement social et à la croissance économique.  Il a estimé que la notion de développement social impliquait des politiques macroéconomiques intégrant les impératifs d’équité sociale.  Il a donc regretté le faible niveau de réalisation des OMD.  Il a jugé urgent d’intervenir prioritairement dans les domaines de la santé publique, de l’éducation et de la lutte contre la faim.  Soulignant le caractère essentiel de la bonne gouvernance, il a insisté sur le fait que ce sont les pays qui font preuve de bonne gouvernance qui réalisent le mieux les objectifs de développement.


M. REMIGIO M. MARADONA, Directeur général de l’Institution intergouvernemental pour l’utilisation de la microalgue spiruline contre la malnutrition, a indiqué que la catastrophe entraînée par la crise alimentaire était inacceptable.  Il a annoncé que la première phase de son projet à Faloujah, en Iraq, avait été menée à son terme.  La spiruline est un outil particulièrement pertinent pour éliminer la malnutrition, y compris infantile.  Le monde en développement peut en tirer les bénéfices, grâce à une culture facile à mettre en place.  En raison de leur richesse exceptionnelle en protéines, les spirulines sont cultivées dans de nombreux pays, depuis les années 1970, a rappelé le Directeur général, qui a indiqué que l’Institut avait été développé pour exploiter tout le potentiel de cette micro-algue contre la malnutrition sévère.


Intervenant au nom du Fonds international pour le développement agricole (FIDA), du Programme alimentaire mondial (PAM) et de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et de l’agriculture (FAO), Mme ANNIKA SOEDER, Sous-Directrice générale de la FAO, a regretté l’insuffisance des investissements dans l’agriculture des pays pauvres.  Elle a noté que les effets de la hausse des prix des produits alimentaires s’étaient surtout faits ressentir dans les pays en développement.  Citant des chiffres de la Banque mondiale, elle a indiqué que plus de 100 millions de personnes risquent de tomber sous le seuil de pauvreté, en raison de cette crise alimentaire.


Elle a précisé que la FAO travaillait à la promotion de l’accès aux semences et aux engrais alors que le FIDA mettait l’accent sur la promotion du microfinancement rural.  Il faut, a-t-elle préconisé, aider les petits exploitants à faire partie de la réponse aux problèmes liés aux changements climatiques, de la production à l’adaptation.  Elle a rappelé que dans le monde, les petits exploitants représentaient 2 milliards de femmes et d’hommes alors que l’investissement dans ce secteur restait des plus faibles.  Elle a indiqué que la part de l’APD consacrée au développement agricole devait passer de 3 à 10% avec un objectif à terme de 17%.


Mme MEHER MASTER-MOOS, All India Shah Baug Society, a évoqué une technologie qui permet de nettoyer les rivières et qui a été brevetée par son ONG dont l’objectif est de promouvoir le développement durable, notamment en matière de gestion de l’eau et de technique de purification, et d’encourager la solidarité, l’éducation à la paix, l’éducation et le développement économique et social.


M. DANIELO PARMEGIANI, Legion of Goodwill, a déclaré que son ONG cherchait à offrir des opportunités aux jeunes pour qu’ils puissent créer des revenus.  Depuis des décennies, elle met en œuvre des programmes socioéducatifs dans différentes parties du monde, en particulier dans les pays les moins développés.  Ces projets visent notamment à promouvoir un meilleur niveau de vie pour les populations en situation à risque.


M. MICHEL CLERC, World Family Organization a demandé de voir très rapidement l’ONU reconnaître l’accès à l’énergie comme un besoin essentiel.  Le monde entier est frappé de plein fouet par la crise énergétique, avec des hausses de prix considérables des produits pétrolier et gazier lesquelles pénalisent encore un peu plus les pays en développement, a-t-il dit.  Des hausses de prix dont on attribue un peu facilement la responsabilité au marché, à la loi de l’offre et de la demande, au développement des pays émergents, sans s’attarder sur le rôle détestable de la spéculation et de ceux qui en ont fait le cœur de leurs activités, c’est-à-dire ceux qui, en s’enrichissant chaque jour davantage, appauvrissent le reste du monde.  Ce sont les mêmes, a-t-il encore dénoncé, qui, au nom de la lutte pour l’environnement et le développement durable, organisent la spéculation sur les achats de céréales pour produire des biocarburants, contribuant ainsi à la crise alimentaire et à la faim dans le monde.  L’ONU et ses 192 pays doivent réagir devant ce pillage « légal » des céréales, a-t il ajouté, avant de demander aux pays d’interdire toute fabrication de bioéthanol à partir de céréales vivrières.  Il en va de même des terres cultivables, a-t-il insisté.


M. CÉDRIC BROUSSARD, de la Fondacion Diagrama, a indiqué que la participation des jeunes était indispensable à la mise en place d’une gouvernance durable.  Il faut valoriser le rôle des jeunes dirigeants pour qu’ils puissent créer leurs propres projets et faire le lien entre éducation et action.


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