21/05/2008
Conseil économique et social
ECOSOC/6333

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Réunion spéciale consacrée à

la crise alimentaire mondiale                              

8e séance – après-midi


ECOSOC: LES ÉTATS MEMBRES INSISTENT À NOUVEAU SUR LE CARACTÈRE URGENT DE LA RÉPONSE INTERNATIONALE À LA CRISE ALIMENTAIRE


Le Conseil économique et social (ECOSOC) a poursuivi, cet après-midi, sa réunion extraordinaire consacrée à la crise alimentaire mondiale.  De nombreuses délégations parmi la trentaine d’États Membres qui se sont exprimés ont à nouveau vigoureusement plaidé en faveur d’une action de la communauté internationale immédiate et coordonnée.


Comme la veille, les États Membres se sont en effet attachés à identifier les mesures à court, à moyen ou à long termes possibles pour lutter contre cette catastrophe humanitaire qui menace des centaines de millions de personnes à travers le monde.


La réponse à la crise alimentaire mondiale nécessite une action unifiée et vigoureuse, avec le leadership de l’ONU, a par exemple affirmé le représentant du Japon.  Il a également insisté sur la nécessité d’une réponse bien coordonnée du système de l’ONU, dont le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM), ainsi que des institutions financières internationales.


La communauté internationale doit agir rapidement, a insisté son homologue de l’Égypte car, a-t-il dit, son incapacité d’aborder cette question au cours des trois dernières années demeure une des causes de la crise alimentaire.


Le représentant de l’Indonésie a estimé que si, à court terme, il faudrait nourrir ceux qui étaient les plus touchés par la crise, il convenait en revanche, à long terme, d’adopter une plate-forme mondiale viable pour la sécurité alimentaire. 


À l’instar de Saint-Vincent-et-les Grenadines, plusieurs États Membres ont appelé à la fin des subventions agricoles de certains pays développés et souligné l’importance de respecter les engagements pris en matière d’aide publique au développement. 


Cette réunion spéciale de l’ECOSOC est la première d’une série d’événements majeurs visant à s’attaquer à la crise alimentaire mondiale, dont la Conférence internationale sur la crise alimentaire mondiale qui se tiendra à Rome, début juin, la session de fond de l’ECOSOC à New York, en juillet, et la réunion de l’Assemblée générale sur les Objectifs du Millénaire pour le développement, en septembre. 

Elle répond au souhait exprimé par les dirigeants des États Membres, lors du Sommet mondial de 2005, de voir l’ECOSOC répondre mieux et plus rapidement au développement économique, environnemental et social au niveau international, et soutenir et compléter les efforts internationaux en matière d’urgences humanitaires.

Cette réunion spéciale de l’ECOSOC se poursuivra demain, jeudi 22 mai à 15 heures.


RÉUNION SPÉCIALE CONSACRÉE À LA CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE


Déclarations


Le représentant du Japon a estimé que la réponse à la crise alimentaire mondiale nécessitait une action unifiée et vigoureuse, avec le leadership de l’ONU.  Il a indiqué que la quatrième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD IV) qui se tiendrait à Yokohama, la semaine prochaine, viserait à renforcer la production agricole des pays africains pour traiter de la situation actuelle.  Soulignant l’importance d’une ferme volonté politique pour aborder ces défis, il a aussi insisté sur la nécessité d’une réponse bien coordonnée du système de l’ONU, dont le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Fonds international pour le développement agricole (FIDA) et le Programme alimentaire mondial (PAM), ainsi que des institutions financières internationales.  Il a rappelé que cette crise pouvait mener à des problèmes sociaux dans les pays en développement.  Dans cette perspective, il a plaidé pour une démarche centrée sur le capital humain.  Il faut d’abord fournir une aide alimentaire d’urgence par les voies bilatérale et multilatérale mais aussi adopter des stratégies à moyen et long termes pour développer la production alimentaire nationale, a-t-il affirmé.  Avant de conclure, il a annoncé que le Japon avait décidé de contribuer pour 100 millions de dollars à l’aide alimentaire d’urgence pour trois mois, dont 50 millions seraient distribués principalement par le PAM au cours de ce mois. 


Le représentant de Saint-Vincent-et-les Grenadines a estimé que la crise alimentaire était un symptôme des graves problèmes du système économique mondial.  Il a fait remarquer que dans la région de la Communauté des Caraïbes (CARICOM), la rareté de denrées alimentaires et la hausse de leurs prix avaient mené à des tumultes et à une instabilité politique.  Il a indiqué que son pays tentait d’augmenter la production locale pour atténuer les effets de la hausse de ces prix.  Toutefois, ces mesures locales ne peuvent régler tous les problèmes, a-t-il admis.  Le représentant a appelé à la fin des subventions agricoles de certains pays développés et à cesser de produire et d’investir dans les biocarburants.  En outre, il a rappelé l’importance de respecter les engagements pris en matière d’aide publique au développement.  Enfin, il a estimé que sans des changements structurels au système économique mondial, aux structures de production et à la culture de consommation, le pire serait à venir.


Le représentant de l’Indonésie a fait part de sa préoccupation quand à la gravité de la crise alimentaire, problème qui selon lui est multidimensionnel.  La solution implique une démarche à plusieurs volets, cohérente, complète et coordonnée, a-t-il argué.  Il a souligné qu’à court terme, il faudrait nourrir ceux qui étaient les plus touchés par la crise mais, qu’à long terme, il faudrait adopter une plate-forme mondiale viable pour la sécurité alimentaire.  Les fluctuations montrent qu’il faut reconnaître l’importance de l’agriculture et du développement rural, a-t-il ajouté.  Le représentant a aussi déclaré que les Nations Unies devraient servir de fer de lance pour les efforts visant à répondre à cette crise et s’est félicité de la décision d’établir une Équipe spéciale sur cette question.  Il a aussi mis l’accent sur la Conférence internationale sur la crise alimentaire mondiale, qui se tiendra du 3 au 5 juin à Rome, affirmant qu’elle devait être un point de départ pour identifier les mesures à prendre.  Enfin, il a appuyé l’idée du Président de l’Assemblée générale de tenir une session extraordinaire de l’Assemblée consacrée à la crise alimentaire et a souhaité que cette question soit le thème de la soixante-troisième session. 


Le représentant de l’Égypte a estimé que la communauté internationale devrait agir rapidement, car son incapacité d’aborder cette question au cours des trois dernières années était une des causes de cette crise alimentaire.  Il a souligné qu’il faudrait traiter de tous les aspects de cette question et de ses liens avec les changements climatiques, l’augmentation des biocarburants, ou encore, aborder le sujet des effets négatifs des subventions agricoles.  Il a indiqué que le manque d’intérêt pour l’agriculture, au niveau national, avait aussi contribué à cette crise et a plaidé pour que cette tendance soit inversée.  Il a dit attendre avec intérêt les conclusions de cette réunion afin de préparer la Conférence internationale sur la crise alimentaire, organisée par la FAO à Rome, au début du mois de juin.  Une plus grande coordination entre toutes ces initiatives et ces réunions est essentielle, a-t-il précisé.  Il a également demandé que l’Assemblée générale se concentre sur cette crise au cours de sa soixante-troisième session. 


Le représentant du Canada a indiqué que son pays, comme mesure immédiate à court terme, avait augmenté son aide alimentaire annuelle de plus de 50 millions de dollars.  Il a jugé impératif qu’une réponse internationale à la crise alimentaire mondiale soit coordonnée.  Le représentant a exhorté l’ensemble des pays à permettre l’accès libre et sans restrictions aux travailleurs humanitaires afin de distribuer l’aide aux populations dont les besoins sont les plus criants.  Il a également appelé la communauté internationale à élaborer des solutions à moyen et à long termes qui répondront aux causes sous-jacentes de la crise alimentaire et renforceront, notamment, la gouvernance.


Le représentant de la Tunisie a indiqué que le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali avait lancé, le 29 avril 2008, un appel à l’adresse de tous les pays nantis de la richesse pétrolière pour qu’ils contribuent à l’effort mondial de solidarité et protègent l’humanité des risques de famine et d’instabilité en prélevant un dollar par baril de pétrole pour l’allouer au Fonds mondial de solidarité.  De même, a-t-il ajouté, le Président Ben Ali a exhorté les institutions financières internationales et les organisations mondiales spécialisées en matière d’économie et de commerce à accorder davantage d’attention aux politiques de production de produits destinés à l’alimentation humaine, tant il est vrai que le droit aux aliments est synonyme de droit à la vie et fait partie intégrante des droits fondamentaux de l’homme.


Le représentant de l’Inde a souligné que, pour la première fois au monde, il existait un lien direct entre les marchés alimentaires et les marchés du pétrole, ce qui, a-t-il estimé, rend toute politique plus compliquée.  La crise financière a eu aussi un impact direct, a-t-il affirmé.  Ce qui risque de se produire, c’est un éclatement de cette bulle, a-t-il dit, espérant que ce phénomène entraînera une baisse des prix des denrées alimentaires.  Le représentant a en outre plaidé en faveur de l’arrêt par les pays développés des restrictions aux exportations alimentaires, et a défendu des solutions innovantes en faveur des petits fermiers.  Il a, enfin, mis l’accent sur la nécessité d’établir un nouveau pacte mondial entre les pays développés et pays en développement, entre exportateurs et importateurs.


Le représentant de la Norvège a indiqué que son pays avait, comme mesure urgente, promis l’équivalent de 20 millions de dollars pour contrer les effets de la crise alimentaire en Afrique.  De l’avis de sa délégation, aucune organisation internationale ou institution spécialisée ne peut résoudre le problème à elle seule.  Il a ainsi accueilli avec satisfaction la création par le Secrétaire général d’une Équipe spéciale sur la crise alimentaire et a souligné l’importance de partenariats et de la coordination au sein des Nations Unies et avec d’autres acteurs humanitaires et de développement.  Le représentant a également espéré que la réforme humanitaire guidera l’action immédiate sur le terrain. 


Le représentant de Malte a noté qu’en tant que pays importateur net d’aliments, sa délégation était très préoccupée par cette crise alimentaire mondiale.  Plaidant pour une réaction cohérente, il a rappelé que la crise affectait surtout les pauvres et avait des répercussions sur les conditions de santé tout en détournant les efforts pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement.  Il a estimé que les discussions devraient se concentrer sur les moyens de parvenir à une agriculture durable dans les pays en développement, notamment par une meilleure utilisation des technologies.  La communauté internationale doit faire en sorte que les fermiers reçoivent l’assistance nécessaire pour accroître leur production, a-t-il insisté.  Le représentant a également souligné que ces mesures de réponse à la crise devraient tenir compte de l’impact de la demande des biocarburants, des changements climatiques et de la hausse du prix du pétrole.  Notant que la faim pouvait mener à des troubles sociaux, à une instabilité politique, à un flux accru de personnes déplacées et de migrations, il a appelé à agir de façon urgente pour prévenir une telle situation.  Outre la prise de mesures immédiates, il a aussi souhaité une réaction coordonnée à plus long terme, menée par les Nations Unies et avec la participation de toutes parties prenantes.


La représentante de la Colombie a estimé que la question de la crise alimentaire était multidimensionnelle et présentait de nombreux défis pour la traiter sous tous ses aspects.  Face à l’impact social et humanitaire de la situation, il faudrait éviter de politiser les choses et se concentrer plutôt sur la coopération nécessaire dans ce domaine, a-t-elle poursuivi.  La représentante a estimé que la crise mettait en évidence la nécessité de faire face aux déséquilibres du système commercial international.  L’achèvement des négociations commerciales du Cycle des négociations commerciales de Doha a aujourd’hui un sentiment d’urgence, a-t-elle ajouté.  La représentante a également souligné que les restrictions imposées aux exportations en réponse à la crise pourraient engendrer d’autres difficultés.  Par ailleurs, elle a estimé qu’il était nécessaire d’analyser les aspects de cette crise liés à l’augmentation du prix du pétrole.  De l’avis de la représentante, il est indispensable d’accélérer les progrès en matière d’énergies renouvelables.  S’agissant des biocarburants, la représentante a recommandé de faire preuve de prudence et d’éviter de tirer des conclusions hâtives et de tenir compte plutôt des expériences nationales.  Elle a expliqué qu’en Colombie, la production de biocarburants à partir de la canne à sucre ou de l’huile de palme n’avait pas réduit l’utilisation de terres fertiles.  Au contraire, cela a dynamisé le secteur agricole et contribué à réaliser des progrès dans les domaines de l’environnement et de la productivité énergétique, a-t-elle assuré. 


La représentante de la Nouvelle-Zélande a estimé qu’il faudrait fournir une aide alimentaire immédiate pour atténuer les effets de cette crise.  Toutefois, elle a indiqué qu’il était nécessaire d’investir à moyen et à long termes, surtout dans les pays les plus touchés pour améliorer la production agricole.  Par ailleurs, elle a souligné que la baisse des barrières tarifaires était indispensable et a averti que les restrictions actuelles à l’exportation risquaient d’exacerber les problèmes d’approvisionnement.  Dans ce contexte, elle a déclaré que la conclusion du Cycle des négociations commerciales de Doha était essentielle afin de mettre un terme aux mesures qui faussent les marchés pour ce qui est des produits agricoles.  Elle a enfin souligné l’importance de la Conférence de haut niveau de la FAO, à Rome en juin, et a affirmé que son pays était prêt à contribuer à un plan d’action pour relever le défi de cette crise.


La représentante du Nicaragua a déclaré que le droit à l’alimentation était un droit fondamental pour la survie et le développement de la société.  Elle a indiqué que sa délégation s’était accordée avec ses partenaires en développement sur les mesures à prendre pour assurer la production alimentaire du pays pour les deux prochaines années.  Elle a précisé que ce plan visait à améliorer la productivité agricole et à intensifier certaines productions et que, dans ce cadre, 10% du budget national serait consacré à l’agriculture.  Par ailleurs, la représentante a souligné l’importance de la communication et de la coordination entre l’Équipe spéciale du Secrétaire général et l’Assemblée générale.  Elle a en effet noté que la crise affectait avant tout les pays en développement, majoritaires au sein de l’Assemblée générale, et que les mesures prises devraient être examinées par cet organe.  Elle a affirmé qu’il faudrait prendre des mesures immédiates pour alléger la crise et aborder les causes profondes qui, selon elle, résultent d’un ordre mondial économique inégal, qui fait obstacle à la viabilité alimentaire des pays en développement.  Elle a ainsi plaidé pour un changement radical de cet ordre mondial et espéré que les prochaines réunions de l’ONU permettront de ne pas en rester aux mots.


Le représentant des Philippines a salué l’initiative du Secrétaire général de créer une Équipe spéciale de haut niveau sur la crise alimentaire mondiale.  Il a exhorté les Nations Unies à faire quelque chose maintenant pour influencer une action collective qui fera front courageusement à cette crise.  Le représentant a également mis l’accent sur la nécessité de trouver des financements pour la recherche.  La soixante-deuxième session de l’Assemblée générale doit, a-t-il estimé, atteindre une coopération globale qui assure, non seulement à la génération actuelle, mais aussi aux générations futures, la sécurité humaine, le bonheur, la prospérité et la paix.


Le représentant du Honduras a plaidé en faveur d’une augmentation significative de la productivité à long terme des cultures.  Il s’est félicité de la création par le Secrétaire général d’une Équipe spéciale sur la crise alimentaire mondiale et du travail fourni par le Fonds des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture.  Le représentant a indiqué que son pays, comme d’autres, avait concentré ses efforts pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement, notamment les Objectifs de l’élimination de la misère et de la faim.  Il reste beaucoup à faire, a-t-il dit, précisant que 62 foyers sur 100 vivaient dans la pauvreté.  Il a par ailleurs estimé que les biocombustibles représentaient un potentiel économique formidable, d’où la nécessité de trouver un équilibre pour que l’agroénergie ne devienne pas un obstacle à la production alimentaire.


La représentante d’El Salvador s’est dite en particulier préoccupée par le niveau élevé dans certains pays des subventions agricoles.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de renforcer le dialogue politique pour arriver à des accords efficaces en vue d’assurer la sécurité alimentaire pour les populations les plus vulnérables.  La représentante a jugé fondamental de promouvoir des solutions larges permettant de préserver les progrès obtenus jusqu’à présent dans le cadre de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Au niveau national, elle a indiqué qu’un projet de loi visait à augmenter la surface des terres cultivables et que le Gouvernement s’attachait à accroître l’aide aux petits producteurs.


Le représentant de l’Algérie a souhaité que les efforts coordonnés du système des Nations Unies et des institutions financières et commerciales soient en mesure de contribuer à la résolution de la crise alimentaire.  Il a mis en particulier l’accent sur l’urgence de la mise en œuvre de projets et de programmes en vue d’assurer la sécurité alimentaire dans les pays en développement.  De l’avis du représentant de l’Algérie, la cellule spéciale des Nations Unies sur la pénurie alimentaire mondiale devrait, dans ce contexte, jeter les bases d’un « cadre stratégique global d’action » à court et à long termes.  La priorité immédiate est de nature humanitaire, a-t-il dit.  Elle consiste, a-t-il estimé, à nourrir les populations dans le besoin immédiat à travers l’augmentation de l’aide alimentaire aux pays les plus démunis.  Parallèlement, les Nations Unies doivent aussi explorer des solutions à plus long terme, notamment à travers l’amélioration des productivités.


Le représentant de la Jamaïque a déclaré que l’impact de la crise alimentaire sur les pays en développement se faisait déjà ressentir, avec des émeutes de la faim.  La persistance d’une telle situation risque d’avoir un effet adverse sur le premier des Objectifs du Millénaire pour le développement, et comme les Objectifs sont liés entre eux, c’est la réalisation de tous les autres qui risque d’être compromise.  Pour remédier à cette situation, il faut, a-t-il suggéré, que chaque pays investisse dans l’agriculture et s’efforce de produire en quantité suffisante pour satisfaire en priorité la demande nationale.  En outre, le PAM doit fournir davantage de programmes d’appui, a conclu le représentant.


Le représentant du Kazakhstan a déclaré pour sa part que dans son pays, le secteur agricole occupe la seconde place pour ce qui est de l’efficacité de l’investissement après l’extraction du pétrole.  Pour satisfaire la demande intérieure, nous avons décidé d’accroître la production et en attendant la prochaine récolte, en septembre 2008, de suspendre les exportations de produits de base.


Le représentant de l’Islande a affirmé qu’une réponse coordonnée de la part de la communauté internationale s’imposait.  Tous les gouvernements doivent prendre des mesures appropriées, de même que le PAM.  L’Islande a d’ores et déjà répondu à l’appel lancé par le Programme en vue de financer des actions d’urgence, ainsi qu’à celui du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM).  Selon l’Islande, notre système actuel de production et de distribution se fissure sous la pression croissante de la demande et de la crise énergétique.  Avant de conclure, il a insisté sur l’importance de fournir des programmes de formation agricole et de faciliter les transferts de technologies pour aider les pays en développement à renforcer leur productivité agricole.


Le représentant de la Guinée a déclaré que son peuple ressentait avec une acuité significative la crise alimentaire mondiale, au moment où, dans son pays, la mise en place d’un nouveau gouvernement de consensus avait impulsé un train de réformes qui avait commencé de porter ses fruits.  Face à la persistance de la crise, le Gouvernement guinéen a pris d’importantes dispositions d’urgence, comme celle visant à l’accélération de la mise en œuvre de la nouvelle lettre de politique de développement agricole, qui contient la vision stratégique de l’agriculture guinéenne et la création et l’opérationnalisation d’un Conseil national de sécurité alimentaire.


Le représentant du Malawi a estimé que les solutions à la crise alimentaire mondiale existaient et étaient à la portée de la communauté internationale.  Des mesures urgentes et collectives sont nécessaires de la part de l’ensemble de la communauté internationale, a-t-il ajouté.  Les responsabilités premières de la lutte contre la faim commencent par les gouvernements nationaux.  Ceux-ci doivent prendre des mesures audacieuses pour atteindre la sécurité alimentaire, a-t-il ajouté.  Le Gouvernement du Malawi, a-t-il précisé, a entrepris tout ce qu’il était en mesure de faire pour développer une agriculture viable.  La crise devrait être au centre de la soixante-troisième session de l’Assemblée générale, a-t-il déclaré, exhortant également la communauté internationale à aider les pays en développement à s’adapter et à atténuer les effets des changements climatiques.


Le représentant du Viet Nam a indiqué que face à la crise alimentaire le Gouvernement de son pays avait pris des mesures immédiates, notamment dans le domaine de la sensibilisation et de la communication, de la fiscalité, et par la mise en œuvre accélérée d’une stratégie en faveur des agriculteurs, de l’agriculture et des zones rurales.  Étant donné l’urgence et le défi à long terme de la sécurité alimentaire, il n’existe pas, a-t-il estimé, de solution unique et un pays ne peut agir isolément.  Le représentant a ainsi mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures exigeant des efforts supplémentaires de la part de l’ensemble des membres de la communauté internationale.  L’ONU doit et peut être le fer de lance de l’action mondiale contre la crise alimentaire, a-t-il dit, soutenant la décision du Secrétaire général de créer une Équipe spéciale.


Le représentant de la République dominicaine a souligné le rôle du Secrétaire général, dont il a salué la décision de créer une Équipe spéciale sur la crise alimentaire, dans la mobilisation des ressources.  Il a rappelé que la situation résultant de l’augmentation des prix du pétrole et des prix alimentaires avait été aggravée par les récentes catastrophes naturelles.  Il est donc nécessaire, a-t-il estimé, que la volonté politique des dirigeants du monde puisse aboutir à une nouvelle approche établissant un nouvel accord sur la politique alimentaire mondiale, non seulement axé sur la faim et la malnutrition, mais qui engloberait également l’énergie, les changements climatiques, les subventions, les investissements et d’autres questions intersectorielles.


La représentante de Cuba a affirmé que la crise alimentaire mondiale exigeait une action résolue et urgente de la communauté internationale.  La genèse de la crise vient de l’opulence et du gaspillage de certains pays industrialisés à côté de la pauvreté la plus horrible, a-t-elle estimé.  Les marchés agricoles des pays en développement ne bénéficient pas d’appuis gouvernementaux, a-t-elle ajouté, notant que les subventions avaient porté un coup mortel à l’agriculture de subsistance, de même que la baisse de l’aide publique au développement.  De l’avis de la représentante, le Cycle des négociations commerciales de Doha doit être un véritable cycle de développement.  Elle a mis également l’accent sur la nécessité de renforcer l’agriculture et les systèmes locaux de production des aliments.


Le représentant du Luxembourg a estimé que pour que la réaction de la communauté internationale porte ses fruits, il faudrait définir des stratégies à court, moyen et long termes.  Dans un premier temps, une aide humanitaire d’urgence est nécessaire, comme l’a fait son pays en apportant une contribution de plus d’un million de dollars au Programme alimentaire mondial.  Ensuite, le Gouvernement luxembourgeois a décidé d’augmenter l’aide humanitaire en faveur des cinq des pays les plus touchés par la crise.  S’agissant des mesures à moyen et long termes, il a souligné qu’elles passaient par la coordination et la cohérence des politiques agricoles à tous les niveaux et par la conclusion du Cycle des négociations commerciales de Doha.  Cette crise doit être transformée en opportunités, en particulier pour l’Afrique, qui doit faire sa « révolution verte ».


Le représentant du Congo s’est demandé à quoi ont servi les décisions prises depuis des décennies, comme par exemple le Sommet de l’alimentation en 1996, au cours duquel plus d’une cinquantaine de chefs d’État s’étaient engagés à veiller à ce qu’il n’y ait plus de sous-alimentation d’ici à 2015.  Le représentant a souligné la nécessité de changements de comportement de certains pays nantis, mais aussi de certains pays émergeants, dont la demande en produits de base et en carburants a augmenté au cours des dernières années.  Le Gouvernement du Congo a décidé pour sa part de renforcer les capacités de régulation des prix et activités commerciales en recrutant, pour une période de trois à six mois, des contrôleurs commerciaux.  En outre, il favorise l’émergence des Centrales d’achats des produits de première nécessité par la mise en œuvre des facilités commerciales.  Enfin, il autorise des exonérations pour tous les intrants et matériels agricoles importés, a conclu le représentant.


Le représentant de la Bolivie a proposé que cette crise soit l’occasion d’apporter une réponse collective.  Dans son pays, une révolution agraire va être encouragée de manière à ce que plusieurs familles puissent travailler les mêmes terres et assurent ainsi la subsistance des générations futures.  Nous sommes certains que cette façon d’envisager la productivité agricole est de nature à résoudre les problèmes actuels, a affirmé le représentant.  « Face à la transformation de la vie en marchandise », nous devons revendiquer l’importance de l’agriculteur dans la vie économique des États, a-t-il lancé en conclusion.


Le représentant de la République de Corée a déclaré que face à une crise de telle proportion, les Nations Unies doivent prendre la direction des efforts pour y mettre fin et des politiques multidimensionnelles être adoptées par les États.  Le représentant a ensuite exprimé son inquiétude devant l’estimation du PAM, selon laquelle un tiers des pénuries de produits alimentaires est imputable aux goulets d’étranglement.  Ce qui signifie que nous pouvons prévenir ce genre de situation simplement en améliorant l’efficacité des marchés, a-t-il fait observer.  Dans le cadre de la lutte contre la crise actuelle, la République de Corée, confrontée dans le passé au problème de la faim, a participé à l’assistance humanitaire de la communauté internationale, en versant notamment cette année 1,5 million de dollars au PAM.


Le représentant du Cap-Vert a estimé que la communauté internationale devait trouver les moyens d’apporter une réponse à ce problème mondial.  Ce n’est que par des efforts conjoints qu’il sera possible de surmonter cette crise, a-t-il dit.  Le représentant a estimé qu’il était indispensable que cette réunion spéciale débouche sur des recommandations concrètes.  L’intégration de l’Afrique dans le processus d’accroissement de la production alimentaire est une solution, a-t-il ajouté.  Le représentant a plaidé en faveur de conditions de commerce justes, mettant en particulier l’accent sur la nécessité de conclure le Cycle des négociations commerciales de Doha.  Le Cap-Vert est menacé de vivre une situation dangereuse et une instabilité sociale, a-t-il déclaré, lançant un appel aux partenaires traditionnels de son pays, aux Nations Unies et à la communauté internationale pour qu’ils lui apportent leur aide.


Le représentant de la Chine a mis l’accent sur la nécessité d’accroître l’aide aux populations pauvres, d’agir rapidement en vue de fournir une aide alimentaire aux populations à faibles revenus, d’investir davantage dans l’agriculture pour améliorer la production alimentaire.  De même, les pays développés doivent aider les pays en développement à améliorer leurs infrastructures et à se pencher sur les effets des changements climatiques, éliminer ou réduire les barrières commerciales ou les politiques qui déforment les marchés.  Le représentant a également souligné qu’il convenait de donner aux Nations Unies la possibilité de jouer entièrement leur rôle.  Il a ainsi appuyé la création par le Secrétaire général d’une Équipe spéciale sur la crise alimentaire.


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