20/05/2008
Conseil économique et social
ECOSOC/6331

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil économique et social

Réunion spéciale consacrée à

la crise alimentaire mondiale                              

7e séance – après-midi


LA CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE EXIGE UNE ACTION INTERNATIONALE URGENTE ET COORDONNÉE, INSISTENT LES PARTICIPANTS À UNE RÉUNION SPÉCIALE DE L’ECOSOC


Le Conseil économique et social (ECOSOC) a ouvert, cet après-midi, la première réunion internationale consacrée à la crise alimentaire mondiale.  Les États Membres se sont en particulier attachés à identifier des mesures d’urgence et concertées pour contrer cette catastrophe humanitaire qui menace des centaines de millions de personnes, faire baisser les prix et renforcer la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables.


Pour le Président de l’Assemblée générale, M. Srgjan Kerim, comme pour la Vice-Secrétaire générale des Nations Unies, Mme Asha-Rose Migiro, et de nombreux autres participants à cette réunion spéciale, la crise alimentaire mondiale exige une action internationale urgente, forte et coordonnée.


Si les causes de cette crise s’expliquent par la hausse des prix du pétrole, les effets des changements climatiques ou la popularité croissante des biocarburants, elles sont surtout, a estimé Mme Migiro, le résultat de la « négligence » et de l’« inefficacité » de l’homme.


Il est possible de produire assez de denrées alimentaires au niveau mondial pour nourrir toute la population de la planète, a assuré le Président du Malawi, M. Bingu Wa Mutharika, qui s’exprimait dans un message vidéo enregistré.  La communauté internationale, a-t-il estimé, doit envisager de réorganiser l’aide alimentaire afin qu’elle comprenne des investissements dans la production agricole.  Néanmoins, la solution consistant à passer à une agriculture à grande échelle demeure, à ses yeux, inefficace dans les pays n’ayant pas beaucoup de terre.  Il faudrait alors se concentrer sur la productivité agricole des petits agriculteurs, a-t-il observé.


Le Premier Ministre du Royaume-Uni, M. Gordon Brown, s’adressant lui aussi dans un message vidéo enregistré, a jugé de son côté inacceptable que les pays les plus riches poursuivent leur politique de subventions agricoles.  Il faut aller plus loin dans les réformes agricoles, a-t-il dit, précisant que la crise alimentaire serait au cœur du prochain Sommet du G-8. 


Cette réunion spéciale de l’ECOSOC était la première d’une série d’événements majeurs visant à s’attaquer à la crise alimentaire mondiale, dont la réunion de haut niveau à Rome, prévue du 3 au 5 juin prochain, la session de fond de l’ECOSOC, en juillet, et la réunion de haut niveau de l’Assemblée générale sur les Objectifs du Millénaire pour le développement, qui se tiendra en marge du débat général en septembre. 

Elle répond au souhait exprimé par les dirigeants des États Membres, lors du Sommet mondial de 2005, de voir l’ECOSOC répondre mieux et plus rapidement aux développements économiques, environnementaux et sociaux au niveau international, et soutenir et compléter les efforts internationaux en matière d’urgences humanitaires.

« C’est maintenant qu’il faut agir », a déclaré le Président de l’ECOSOC, M. Léo Mérorès (Haïti).  « Alors même que nous poursuivons l’action engagée pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici à 2015, nous devons impérativement apporter une réponse efficace et globale à la crise alimentaire mondiale », a-t-il souligné.  Il convient ainsi de satisfaire d’abord « les besoins humanitaires immédiats », mais aussi de « garantir une offre de produits alimentaires suffisante pour l’avenir, en accroissant dès aujourd’hui la production agricole ».

La Secrétaire d’État chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme de la France, Mme Rama Yade, a préconisé la mise en place d’un partenariat mondial pour l’agriculture et l’alimentation, destiné à mobiliser la communauté internationale et l’ensemble des acteurs du développement agricole et de l’aide alimentaire.  Il regrouperait l’ONU, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et les organisations économiques internationales, les banques régionales et les fonds et agences bilatérales de développement, les organisations régionales, les investisseurs institutionnels, les centres de recherche nationaux et internationaux et les organisations non gouvernementales.

De même, à l’instar du Président du Brésil, M. Luiz Inacio Lula Da Silva, dont le message a été lu par la représentante du Brésil, de nombreux orateurs ont jugé essentiel de mettre en place des règles justes en matière de commerce agricole international.  De même, le Cycle des négociations commerciales de Doha doit être conclu avec succès pour stimuler le développement agricole, a-t-il été dit.

Cette réunion spéciale de l’ECOSOC se poursuivra demain, mercredi 21 mai à 15 heures.


RÉUNION SPÉCIALE CONSACRÉE À LA CRISE ALIMENTAIRE MONDIALE


Déclarations liminaires


M. BINGU WA MUTHARIKA, Président du Malawi, s’exprimant dans un message vidéo enregistré, s’est félicité de l’initiative de tenir cette réunion à l’ONU sur la crise alimentaire.  Il a indiqué que la crise alimentaire actuelle avait été générée par plusieurs facteurs.  Il s’est déclaré cependant convaincu qu’un des facteurs principaux de cette situation est le manque de cadre politique mondial et de consensus pour faire de l’agriculture et de l’alimentation des priorités.  Il a estimé que cela se reflétait dans les budgets nationaux ou les montants consacrés à la sécurité alimentaire et à l’agriculture étaient relativement faibles, comparativement aux sommes consacrées au financement de l’armement par exemple.  Il a aussi indiqué que la solution visant à passer à une agriculture à grande échelle n’était pas efficace dans les pays n’ayant pas beaucoup de terre et qu’il faudrait se concentrer sur la productivité agricole des petits agriculteurs.  Il a indiqué qu’au Malawi, il existait un consensus national visant à faire du pays une nation à l’abri de la faim.  C’est pourquoi, le Malawi a décidé d’investir massivement dans l’agriculture et l’irrigation, a-t-il précisé, en notant que 30% du budget national était dédié à l’agriculture.


Le Président du Malawi a aussi noté que le pays avaient mobilisé les agriculteurs et leurs avaient fourni des intrants par un système de coupons qui n’est pas totalement gratuit afin d’assurer l’engagement et l’appropriation des agriculteurs dans ce processus.  Il a aussi mis l’accent sur le programme de diffusion des connaissances destinées aux agriculteurs en matière d’intrants, ce qui a permis d’augmenter la productivité des agriculteurs et leur capacité d’autosuffisance alimentaire.  Il a souligné qu’en 2006-2007, il y a eu un surplus de 1,3 million de tonnes métriques et que le Malawi devenait donc un donateur alimentaire pour certains des pays voisins.  Le Président du Malawi a estimé qu’il faudrait s’inspirer de ces succès et les rassembler en faveur des agriculteurs.  Il a aussi insisté sur l’importance de la volonté politique pour augmenter les investissements dans l’alimentation et l’agriculture.  Il a demandé que les institutions internationales impliquées dans l’agriculture, comme la Banque mondiale, examinent leurs politiques concernant les situations nationales spécifiques. 


Par ailleurs, le Président du Malawi a affirmé que la communauté internationale devait envisager de réorganiser l’aide alimentaire afin qu’elle comprenne des investissements dans la production agricole.  Les pays en développement d’Afrique, d’Asie du Sud-Est et d’Amérique latine doivent pouvoir produire plus d’aliments plutôt que de chercher de l’aide alimentaire qui est produite ailleurs, a-t-il précisé.  Il a enfin demandé à la communauté internationale de donner une plus haute priorité à l’agriculture et à l’alimentation.  Il a estimé qu’il était possible de produire assez de nourriture au niveau mondial pour alimenter la planète.  Il a rappelé qu’il faudrait tenir compte aussi bien des intérêts nationaux que des intérêts au niveau international.


M. GORDON BROWN, Premier Ministre du Royaume-Uni, qui s’exprimait dans un message vidéo enregistré, a mis l’accent sur la nécessité d’être généreux pour répondre à la situation créée par la crise alimentaire mondiale.  Il convient, a-t-il dit, d’appuyer les programmes visant à aider les plus pauvres, notamment dans les domaines de la politique foncière, du contrôle des prix, des régimes fiscaux.  Des investissements seront nécessaires, a-t-il expliqué, soulignant en outre le besoin d’améliorer la recherche agricole pour faire face aux effets des changements climatiques.  Il est de même, a estimé le Premier Ministre du Royaume-Uni, inacceptable que les pays les plus riches poursuivent leur politique de subventions agricoles, à hauteur de plus d’un milliard de dollars par jour.  Il faut aller plus loin dans les réformes agricoles, a en outre proposé M. Brown, insistant sur la nécessité d’aider les pauvres.  C’est un programme réalisable, a déclaré le Premier Ministre, qui a notamment précisé que l’alimentation serait au cœur du prochain Sommet du G-8.  Il a exprimé enfin son intention de contacter plusieurs dirigeants pour recueillir leurs vues autour des différents programmes.


M. LÉO MÉRORÈS (Haïti), Président du Conseil économique et social (ECOSOC), a affirmé que tous les pays sont confrontés actuellement à une crise alimentaire mondiale de plus en plus inquiétante.  Cette crise, a-t-il dit, menace les modestes progrès accomplis ces dernières années pour libérer des millions d’êtres humains de la pauvreté et pour réduire la faim et la malnutrition parmi les populations les plus vulnérables du monde, en particulier les citadins pauvres, les paysans sans terres, les femmes et les enfants.  Pour de nombreux pays, cette crise ne pouvait pas venir à un pire moment, en particulier en Afrique subsaharienne, dont les récentes avancées économiques risquent maintenant d’être remises en cause.  La crise mondiale, a fait observer M. Mérorès, ne compromet pas seulement la santé et la survie de millions d’êtres humains dans le monde, elle menace aussi la stabilité politique et économique des gouvernements dans les régions où la faim et la malnutrition sont les plus aiguës.  C’est maintenant qu’il faut agir, a-t-il dit.  « Alors même que nous poursuivons l’action engagée pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) d’ici à 2015, nous devons impérativement apporter une réponse efficace et globale à la crise alimentaire mondiale », a-t-il souligné.  Il faut satisfaire d’abord les besoins humanitaires immédiats, mais aussi faire en sorte de garantir une offre de produits alimentaires suffisante pour l’avenir, en accroissant dès aujourd’hui la production agricole, a-t-il ajouté.


Le Président de l’ECOSOC a en outre mis l’accent sur la nécessité de remettre l’agriculture à sa place légitime, qui est au centre de l’Agenda pour le développement.  Il faut, a-t-il dit, redoubler d’efforts pour réduire autant que possible les émissions de gaz à effet de serre, le déboisement et le réchauffement climatique, tout en trouvant les moyens d’encourager l’investissement dans l’agriculture et de développer au maximum les applications des sciences et techniques agronomiques, de façon à réduire les coûts de production et accroître substantiellement le rendement et la production de chaque hectare de terre arable.  Il a salué la création par le Secrétaire général d’une Équipe spéciale sur la crise alimentaire mondiale, et précisé que l’ECOSOC était prêt à apporter sa contribution à l’effort commun.  Il a souligné la nécessité de mettre à profit la présente réunion et l’attention qu’elle projette sur ce problème pour trouver une approche durable de l’agriculture qui améliorera les conditions de vie de millions d’agriculteurs et qui préservera du fléau de la faim et de la malnutrition des millions d’autres êtres humains dans le monde.


M. SRGJAN KERIM (ex-République yougoslave de Macédoine), Président de la soixante-deuxième session de l’Assemblée générale, a défini la crise alimentaire comme un problème social et économique mondial qui doit être examiné au sein de l’ECOSOC et traité par l’ensemble du système de l’ONU.  Il a expliqué que les prix du pétrole, les changements climatiques, les sécheresses, les inondations, les cyclones, la popularité croissante des biocarburants avaient tous participé à la crise actuelle.  Il a déclaré que pour plus de 2 milliards de personnes, la hausse des prix des denrées alimentaires était une question de lutte quotidienne, de sacrifice et de survie.  Selon la Banque mondiale, la crise pourrait pousser plus de 100 millions de personnes dans une pauvreté, une faim et une malnutrition encore plus sévères, a-t-il dit.  Le Président de l’Assemblée générale a souligné que les pays étaient confrontés à une véritable urgence qui exigeait une réponse coordonnée.  « Nous avons tous une responsabilité commune à agir », a-t-il ajouté.  Il a aussi souligné qu’il faudrait agir avec force et cohérence, dans le cadre des Nations Unies, pour ne pas perdre les gains acquis en matière de développement.


M. Kerim a rappelé que la crise alimentaire avait été une priorité de son agenda lors de ses visites officielles en Égypte, en Turquie, en Israël et à Ramallah.  Il s’est félicité de l’initiative du Secrétaire général de créer une Équipe spéciale sur la crise alimentaire, estimant que la sécurité alimentaire et l’atténuation de l’impact de la crise devraient être les premières étapes dans une série de mesures plus larges.  Le fait que le pouvoir d’achat du Programme alimentaire mondiale (PAM) s’est réduit de 40% dans les 10 derniers mois parle de lui-même, a-t-il noté.  Par ailleurs, il a insisté sur l’importance d’investir dans l’agriculture pour régler les problèmes du côté de l’offre.  Il a souligné la nécessité de mettre en place des politiques pour favoriser la propriété foncière et celle des ressources, tout en faisant observer que les réformes commerciales tardaient à devenir effectives.  En outre, il a argué que la hausse du prix du pétrole avait contribué à la hausse des prix des denrées alimentaires, soulignant qu’une solution durable devait donc tenir compte de ce lien.


Le Président de l’Assemblée générale a enfin rappelé que les États Membres avaient demandé que cet organe de l’ONU joue un rôle dans le règlement de cette crise.  Il a ainsi dit qu’il avait invité le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, M. John Holmes, à informer l’Assemblée du statut du Plan d’action d’ensemble dans ce domaine, le 29 mai prochain.  Il a estimé que cela fournirait une base utile pour la prochaine Conférence de Rome sur la crise alimentaire.  Enfin, il a appuyé l’idée de tenir une session extraordinaire de l’Assemblée générale pour discuter des futures mesures à prendre. 


Mme ASHA-ROSE MIGIRO, Vice-Secrétaire générale de l’Organisation des Nations Unies, a indiqué que le Secrétaire général avait rencontré récemment le Ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, pays où la moitié de la population vit avec moins d’un dollar par jour.  Le Ministre a expliqué que cette crise alimentaire constituait une menace plus grave encore que celle du terrorisme car, a-t-il dit, a fait remarquer Mme Migiro, la dignité est ainsi perdue.  La pauvreté a plusieurs visages, le visage le plus aigu étant celui de la faim, a affirmé la Vice-Secrétaire générale.  Si la crise se poursuit à ce rythme, les progrès sur la voie des Objectifs du Millénaire pour le développement seront anéantis, a-t-elle dit, notant que dans certains pays, les gens achetaient du riz non plus par sac mais par tasse.  Nous devons nous attaquer aux causes profondes du problème, sinon l’année prochaine la crise sera plus grave,  a-t-elle ajouté, précisant que la situation exigeait une action internationale urgente et coordonnée.  Le problème est plus grave qu’il y a six mois, notamment pour les plus pauvres, a-t-elle déclaré.  Une bonne partie du problème est causée par l’homme, a-t-elle également estimé, assurant que la crise actuelle était le résultat de notre négligence et de notre inefficacité.  Un nouvel arrangement sur le développement agricole est la clef d’un monde meilleur pour les paysans les plus pauvres, a-t-elle dit, ajoutant que le temps était un facteur crucial.  L’Équipe spéciale du Secrétaire général sur la crise alimentaire mondiale va élaborer une stratégie globale, a ajouté la Vice-Secrétaire générale, soulignant la nécessité de veiller à ce que les besoins émergeants soient satisfaits, de renforcer la résistance des populations locales, d’aider les petits paysans en les aidant à obtenir des engrais et des semences, de renforcer les gouvernements locaux et nationaux pour leur réaction face à la crise.  Mme Migiro a mis l’accent sur l’action de la communauté internationale.  Le Cycle des négociations commerciales de Doha doit notamment parvenir à son terme pour stimuler le développement agricole, a-t-elle affirmé.


M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni), Président du Conseil de sécurité pour le mois de mai, a affirmé qu’il était présent à cette réunion pour souligner l’importance que l’ONU et les membres du Conseil accordaient à cette crise alimentaire mondiale.  Il a rappelé que la hausse des prix des denrées alimentaires pourrait exacerber certaines questions qui figurent déjà à l’ordre du jour du Conseil.  Dans ce contexte, il a appuyé les efforts de l’ECOSOC, des institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies pour répondre à ce problème urgent.


M. JOACHIM VON BRAUN, Directeur général de l’Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), a estimé que la crise actuelle nécessitait une réponse d’ensemble.  Il a d’abord mis l’accent sur une série de mesures d’urgence à prendre qui permettent d’augmenter l’assistance humanitaire, d’éliminer les interdictions d’exportations agricoles, de mettre en place des programmes de production à effet rapide et de changer les politiques en matière de biocarburants.  Il a en effet souligné que le monde devrait améliorer sa capacité de répondre aux crises alimentaires.  Il a aussi noté que des programmes de production permettraient d’accélérer la croissance agricole à court terme, de créer des opportunités générant des revenus dans cette crise et de baisser les prix.  S’agissant des biocarburants, il a souligné que les cultures utilisées dans ce cadre devraient être disponibles pour l’alimentation.  Il a proposé de geler les niveaux de production de biocarburants à leurs niveaux actuels, de les réduire, ou encore, d’imposer un moratoire temporaire jusqu’à la baisse des prix à un niveau raisonnable.  Il a par exemple précisé qu’un moratoire pourrait réduire le prix du maïs d’environ 20%.


M. von Braun a aussi préconisé de mettre en place des mesures de résilience visant à calmer les marchés, à investir dans la protection sociale, à augmenter les investissements dans la croissance agricole durable et à conclure le Cycle des négociations commerciales de Doha.  Il a particulièrement insisté sur les mesures de surveillance de la spéculation sur les marchés agricoles.  Il a aussi affirmé que les initiatives de protection sociales étaient importantes pour réduire les risques auxquels les pauvres font face en raison de l’accès réduit à la nourriture.  Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité de procéder à une transition vers des investissements durables à long terme pour soutenir la croissance agricole durable.  Il a précisé que ces investissements devraient être faits dans l’infrastructure, les services, la recherche et la technologie.  Le Directeur général a aussi dit que la crise actuelle devrait être considérée comme une opportunité pour introduire des changements majeurs dans les négociations agricoles relatives à l’accès aux marchés, les subventions nationales et les subventions à l’export.


Avant de conclure, M. von Braun a rappelé que la mise en œuvre de ces mesures nécessitait une coopération régionale et internationale, tout en rappelant qu’il incombait en premier lieu aux États de faire face à la hausse des prix au niveau national.  Les programmes doivent être conçus et menés par les pays eux-mêmes afin de répondre à leurs circonstances spécifiques, a-t-il argué.  Il a aussi indiqué qu’une nouvelle architecture internationale pour la gouvernance dans le domaine de l’agriculture et de l’alimentation était essentielle pour mettre en œuvre toutes ces mesures.  Il a averti que sans changement politique, la prochaine crise alimentaire pourrait être encore plus sévère.


Déclarations


M. MIGUEL ANGEL MORATINOS, Ministre des affaires étrangères de l’Espagne, a affirmé que les Nations Unies et le Secrétaire général prenaient des mesures positives pour éviter que la crise alimentaire mondiale atteigne des proportions insurmontables.  Il est urgent que l’on ait un programme international commun, avec la dotation financière nécessaire, a-t-il dit.  On ne peut pas oublier le fait que l’insécurité mondiale trouve ses racines dans la faim et la pauvreté, a-t-il ajouté.  De même, a estimé le Ministre espagnol des affaires étrangères, on ne peut pas assister avec fatalisme au fait que des millions de personnes meurent de faim.  L’Afrique est une priorité, a-t-il insisté.  M. Moratinos a également plaidé en faveur d’une augmentation ciblée aux États les plus touchés.  Il a mis l’accent sur la nécessité de corriger les tendances protectionnistes et d’incorporer une dimension de développement dans les accords commerciaux.  De l’avis du Ministre, la Conférence internationale sur la crise alimentaire, qui se tiendra en juin prochain à Rome, devrait adopter un programme alimentaire international.


Mme RAMA YADE, Secrétaire d’État chargée des affaires étrangères et des droits de l’homme de la France, a estimé qu’au-delà de la nécessaire solidarité dans l’urgence, la crise alimentaire mondiale exigeait une réponse coordonnée et cohérente sur le long terme de la part de l’ensemble de la communauté internationale.  C’est, a-t-elle estimé, une exigence absolue pour contrer cette catastrophe humanitaire qui porte en elle les germes de crises sociales et politiques et qui constitue un enjeu de sécurité majeur pour la planète.  Nous devons tous nous mobiliser pour permettre une redynamisation de la production et de la transformation des produits agricoles, afin que l’ensemble de la population mondiale puisse se nourrir de manière satisfaisante, a-t-elle déclaré.  Il faudra s’engager dans cette voie, tout en respectant l’environnement et en tenant compte des changements climatiques, a-t-elle assuré.  La Secrétaire d’État a ajouté que la France avait décidé de doubler son budget d’aide alimentaire pour permettre aux institutions des Nations Unies, aux organisations non gouvernementales et aux États touchés par cette crise de faire face à la situation.  Elle a jugé nécessaire la mise en place d’un partenariat mondial pour l’agriculture et l’alimentation, qui viserait à mobiliser la communauté internationale et l’ensemble des acteurs du développement agricole et de l’aide alimentaire.  Ce partenariat, a-t-elle précisé, doit regrouper tous les acteurs concernés: l’ONU, la Banque mondiale, le Fonds monétaire international (FMI) et les organisations économiques internationales, les banques régionales et les fonds et agences bilatérales de développement, les organisations régionales, les investisseurs institutionnels, les centres de recherche nationaux et internationaux et les organisations non gouvernementales.  Ce partenariat, a-t-elle ajouté, doit permettre d’établir le diagnostic sur les causes de la crise actuelle, de proposer les mesures nécessaires à court et à long termes pour en sortir, de garantir une stratégie coordonnée et efficace et d’en assurer le financement, d’aider les instruments de la communauté internationale à s’adapter, dans leur mandat et leur fonctionnement, aux défis de la sécurité alimentaire.


La représentante du Brésil a lu un message adressé à l’ECOSOC par le Président du Brésil, M. LUIZ INACIO LULA DA SILVA.  Celui-ci a rappelé qu’il s’était consacré à la lutte contre la pauvreté et la faim, à la fois au Brésil et dans le monde, depuis le début de son mandat.  Il a déclaré qu’il faudrait agir sur plusieurs fronts et prendre des mesures d’urgence pour contenir les effets négatifs de la crise actuelle.  Le Brésil agit en Haïti en fournissant une assistance alimentaire et en soutenant l’agriculture locale, a-t-il dit.  Énumérant les facteurs qui ont contribué à cette crise, il a toutefois noté que de plus en plus de gens sur la planète mangeaient plus et mieux mais qu’il faudrait aussi produire davantage de produits alimentaires et en assurer une meilleure distribution.  Par-dessus tout, nous devons créer les conditions nécessaires pour que les pays pauvres produisent leurs propres produits alimentaires, a-t-il ajouté.


Il a mis l’accent sur l’impact des mesures qui créent une distorsion du commerce agricole mondial, en particulier les mesures protectionnistes.  Il a rappelé que les petits agriculteurs ne pouvaient pas concurrencer les millions de dollars de subventions accordées par les pays riches à leurs agriculteurs.  Incapables de répondre à leurs propres besoins, les agriculteurs des pays pauvres deviennent de plus en plus dépendants des denrées alimentaires importées et de l’aide étrangère, a-t-il ajouté.  Toujours dans son message, le Président brésilien a déclaré qu’il était essentiel de mettre en place des règles justes en matière de commerce agricole international.  Par ailleurs, il a estimé qu’il faudrait démasquer les campagnes issues du protectionnisme et des intérêts des groupes pétroliers visant à diaboliser les carburants.  Il a souligné l’exemple du Brésil qui, grâce à la canne à sucre, a pu réduire la demande en énergie fossile sans préjudice à la production alimentaire et réduire également les émissions de gaz à effet de serre.  Il a, à cet égard, estimé qu’il faudrait évaluer le potentiel des biocarburants selon la réalité de chaque pays.  Étant donné la hausse des prix de l’énergie et les effets des changements climatiques, il serait irresponsable de ne pas tenir compte de cette option stratégique pour des pays qui n’ont ni pétrole ni nourriture, ni même les moyens de les acheter, a-t-il conclu.


M. JEFFREY SACHS, Directeur de l’Earth Institute à Columbia University et Conseiller spécial du Secrétaire général des Nations Unies, a affirmé que la crise alimentaire mondiale constituait un défi urgent et de grande importance.  C’est un nouveau contexte mondial, a-t-il dit, notant que nous vivons sur une planète peuplée d’un nombre considérable de marginalisés.  C’est pourquoi, il faut mobiliser nos ressources, nos technologies et notre courage pour trouver des solutions, a-t-il ajouté.  L’aide alimentaire, a-t-il estimé, ne sera pas suffisante.  Il faut une production alimentaire locale plus élevée, a-t-il insisté.  Dans les pays d’exploitation agricole à petits revenus, l’attention doit se concentrer sur le financement des intrants nécessaires à un accroissement de la productivité.  Il a appuyé ainsi l’établissement de mécanismes de financements particuliers.  De même, M. Sachs a mis l’accent sur la nécessité de réduire sensiblement les biocarburants, surtout là où leur production est inutile et subventionnée.  Il a en outre souligné l’importance d’accroître la recherche.  La crise est plus grave qu’il y a quelques mois, a-t-il estimé.  Soit le monde honore ses engagements, soit nous nous lançons dans une spirale descendante, a-t-il déclaré.   


M. ROBERT GLASSER, Secrétaire général de CARE International, a rappelé que la population mondiale allait encore augmenter de 3 milliards de personnes, principalement dans les pays en développement.  C’est pourquoi, il faudrait se préparer à faire face à l’augmentation des besoins alimentaires.  Les gens deviennent de plus en plus pauvres car ils doivent consacrer une plus grande part de leurs revenus à l’alimentation, ce qui laisse moins d’argent pour l’éducation, le logement ou la santé, a-t-il expliqué.  Il a fait valoir que cette situation affectait d’abord les femmes et les enfants.  Des parents retirent même leurs enfants de l’école pour qu’ils travaillent, a-t-il avancé, jugeant cela inacceptable dans un monde de plus en plus riche.  M. Glasser a noté que CARE international voyait, sur le terrain, une augmentation de la malnutrition, une augmentation du nombre de mendiants, ou encore, des familles obligées de vendre leurs avoirs productifs, comme des chèvres ou des vaches.  Il s’est inquiété que cette crise déclenche d’autres crises humanitaires d’importance et aussi des migrations saisonnières des campagnes vers les villes.  Dans ce contexte, il faudrait bien financer les programmes d’aide alimentaire et d’assistance pour en assurer une mise en œuvre efficace.  Il a notamment appelé à acheter l’aide localement afin de contribuer à l’économie.  Par ailleurs, M. Glasser a jugé indispensable d’investir dans l’agriculture mais aussi de développer les outils permettant de prévenir les crises alimentaires.  Les efforts en matière de sécurité sociale doivent se baser sur ces prévisions, a-t-il ajouté.  Il a également affirmé qu’il faudrait veiller à ce que la question des biocarburants soit bien analysée et fasse l’objet de recherches.  Enfin, il a déclaré que l’Équipe spéciale sur la crise alimentaire mondiale créée par le Secrétaire général permettrait de comprendre tous les aspects et les liens de ce défi historique.


M. JAMES BOREL, Chambre de commerce internationale, a estimé que le succès passait par le partenariat et par la coordination avec le secteur privé.  Il faut des solutions à long terme, a-t-il également dit.  L’agriculture, a-t-il souligné, est essentielle pour lutter contre la faim et la pauvreté.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’augmenter l’offre pour alimenter la population mondiale.  Il convient, a estimé M. Borel, d’encourager la recherche, de développer des programmes et des formations agricoles au niveau local, de sécuriser le régime de propriété foncière, tout en reconnaissant les paysannes comme propriétaires fonciers.


Le représentant d’Antigua-et-Barbuda, s’exprimant au nom du Groupe des 77 et de la Chine, a reconnu les causes multiples de la crise alimentaire.  Il a estimé cependant qu’elle constituait un défi en matière de développement découlant principalement de l’incohérence des politiques internationales économiques et commerciales suivies au cours des 25 dernières années.  Ces politiques ont découragé l’agriculture et la production alimentaire dans les pays en développement et fournissent un avantage aux aliments importés, a-t-il notamment souligné.  Il a fait valoir que la coordination de la réponse à cette crise incombait à l’ONU et à l’ECOSOC.  Le Conseil économique et social doit envisager son rôle en allant au-delà de la crise, a-t-il dit, en suggérant qu’il organise un débat de haut niveau à la fin de la soixante-deuxième session sur ce thème.  Le représentant d’Antigua-et-Barbuda a aussi proposé d’examiner le lien entre l’ECOSOC et l’Équipe spéciale sur la crise alimentaire, d’étudier la question du « droit à l’alimentation », ou encore, d’envisager la possibilité de mettre en place des systèmes d’alerte précoce en matière de sécurité alimentaire.


La représentante de la Slovénie, qui prenait la parole au nom de l’Union européenne, a elle aussi insisté sur l’importance de mettre en œuvre des mesures d’urgence à court terme mais aussi des mesures à court et moyen termes pour traiter de ce problème efficacement.  Si la réponse de la communauté internationale n’est pas immédiate, la sécurité de nombreux pays pourrait être menacée, a-t-elle avancé, en notant que cela mettrait aussi en péril les acquis en faveur de la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.  Soulignant la nécessité de traiter des causes de cette crise, elle a estimé essentiel d’investir dans le développement du secteur agricole, en particulier dans les pays en développement.  Par ailleurs, la représentante de la Slovénie a mis l’accent sur l’importance d’achever le Cycle des négociations commerciales de Doha, notamment en réduisant les subventions, puisque l’agriculture est un domaine où de nombreux pays en développement possèdent un avantage comparatif important.  Enfin, elle a déclaré que la Conférence internationale sur la crise alimentaire, qui se tiendra à Rome du 3 au 5 juin prochain, était une étape pour réaffirmer la volonté politique en vue d’assurer la sécurité alimentaire dans le monde.


Le représentant du Tadjikistan, au nom de la Communauté économique eurasienne, a estimé qu’il faudrait tout faire pour éviter cette catastrophe mondiale, en prenant, par exemple, des mesures urgentes au niveau national, et au sein des Nations Unies et de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) afin de fournir une assistance humanitaire aux pays touchés par la crise et d’en régler les causes fondamentales.  Dans le cadre du Cycle des négociations commerciales de Doha, il convient d’annuler les mesures de restrictions des importations alimentaires, a-t-il dit.  Il a en outre mis l’accent sur la nécessité de stimuler le développement de terres agricoles.


La représentante du Bangladesh, au nom du Groupe des pays les moins avancés, a notamment jugé regrettable que l’assistance alimentaire ait diminué, étant au plus bas depuis les années 70.  Elle a mis l’accent sur la nécessité de prendre des mesures bien ciblées pour relever les défis des Objectifs du Millénaire pour le développement et assurer la sécurité alimentaire, et faire en sorte que les plus pauvres puissent avoir droit à l’alimentation.  Il faut développer une production agricole efficace, a-t-elle souligné.  Elle a proposé en outre l’établissement d’un fonds alimentaire mondial placé sous l’égide des Nations Unies afin de faire face à l’insécurité alimentaire.


Le représentant du Mexique, au nom du Groupe de Rio, a estimé que la crise alimentaire mondiale actuelle mettait de côté les acquis en ce qui concerne le bien-être de la population.  Il a jugé absolument nécessaire de lancer un appel urgent pour que le Cycle des négociations commerciales de Doha aboutisse et mette un terme aux subventions agricoles qui dénaturent les marchés et affectent les petits pays agricoles.


Le représentant de l’Australie a souligné la nécessité de remédier aux effets négatifs des prix élevés des denrées alimentaires sans fausser davantage les marchés agricoles mondiaux.  Il faut investir davantage dans la productivité agricole des pays en développement, a-t-il notamment déclaré.  Le représentant a indiqué que l’Australie contribuerait vigoureusement aux efforts mondiaux en vue d’assurer la sécurité alimentaire, invitant les autres États Membres à faire de même, sans émettre de conditions.  Il a en outre plaidé en faveur d’une réduction des droits de douane et des subventions, d’une libéralisation commerciale dans les instances de politique commerciales unilatérales.   


Le représentant du Pakistan a estimé que cette crise n’était pas soudaine mais qu’elle avait été causée par la négligence.  Il a souligné que cette crise comportait trois dimensions: la question de l’offre, celle des prix et celle de la distribution.  Il est clair qu’un effort concerté s’impose pour accroître la production agricole, notamment par l’amélioration de l’irrigation, des engrais et par la diffusion des connaissances, a-t-il ajouté.  Soulignant l’importance de conclure le Cycle des négociations commerciales de Doha, il a insisté sur le fait que le système agricole multilatéral inégal était un facteur endémique de la dégradation de la situation agricole.  Il faut mettre un terme aux subventions à l’exportation et à la protection fournie par les pays industrialisés à leur propre système agricole, a-t-il insisté.  Le représentant a aussi souligné que pour surmonter cette crise, il faudrait plus qu’un plan d’action.  Il faut des financements, il faut appliquer les technologies existantes et il faut que les grands pays et les partenaires pour le développement fassent preuve de volonté politique, a-t-il déclaré. 


Le représentant du Chili a constaté qu’il y avait eu, depuis trois ans, une augmentation de 83% des prix alimentaires.  Les progrès réalisés en matière de développement sont en train d’être anéantis par cette hausse, a-t-il fait remarquer.  C’est pourquoi, il faut relancer l’agriculture, promouvoir les investissements et la recherche dans ce domaine et échanger les technologies, notamment en faveur des pays en développement, a-t-il ajouté.  Il faudrait aussi, a-t-il préconisé, éliminer les subventions agricoles et les obstacles qui faussent les marchés et nuisent aux pays en développement.  Sa délégation est préoccupée par les stratégies spéculatives qui pourraient être mises en place, a-t-il dit, en avertissant que cette crise risquait d’entraîner des conflits sociaux et politiques, comme cela a été le cas en Haïti.  Enfin, il a appuyé la tenue d’une conférence internationale en Espagne, en juillet prochain, sur la sécurité alimentaire et le développement rural.  Cette crise exige une solution coordonnée car elle touche tous les pays, a-t-il déclaré. 


Le représentant de la Suisse a affirmé que la crise actuelle mettait en évidence le manque de viabilité des politiques agricoles menées par de nombreux pays depuis des décennies, basées trop exclusivement sur la productivité et sur les exportations.  Il a estimé que la hausse des prix alimentaires offrait toutefois l’occasion de revenir sur le sous-investissement dans l’agriculture.  De l’avis du représentant de la Suisse, la promotion de la production locale est essentielle, tout comme l’amélioration de l’accès aux ressources, aux connaissances et aux marchés notamment.  Par ailleurs, il a rappelé que pour répondre aux besoins alimentaires croissants, il serait nécessaire de produire plus dans les années à venir, et a ainsi souligné l’importance de la gestion des ressources.  Le représentant a plaidé pour la promotion d’une agriculture durable, affirmant que la Suisse appliquait cette approche dans sa coopération internationale en encourageant le développement des capacités humaines et institutionnelles dans ce domaine. 


Le représentant du Sri Lanka a estimé qu’il faudrait veiller à mettre en place des mesures pour les plus pauvres et les plus vulnérables.  Ces groupes doivent recevoir la priorité et les mesures doivent être prises sans conditions, a-t-il dit.  Estimant que cette crise couvait depuis des années, il a énuméré les facteurs qui y ont contribué et a affirmé que les mesures pour y répondre devraient prendre tous ces éléments en compte.  Le représentant a reconnu que la responsabilité première de la mise en œuvre de ces mesures revenait aux autorités locales, précisant cependant qu’il faudrait également créer un cadre mondial pour aider les gouvernements.  Par ailleurs, il a insisté sur la nécessité de prendre des mesures d’urgence pour accroître la production alimentaire, surtout parmi les petits agriculteurs des pays en développement.  Le représentant a enfin déclaré que toutes les mesures prises pour répondre à cette crise devraient s’inscrire dans une perspective de durabilité afin d’éliminer la faim à l’échelle mondiale.  Ces mesures doivent porter sur des ajustements structurels, notamment en termes de production et de commerce, a-t-il conclu.  


Le représentant de l’organisation Caritas international a évoqué les liens entre la crise alimentaire mondiale et les droits de l’homme, les effets des changements climatiques, la mise en œuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement, le développement durable, l’annulation de la dette, la paix et la sécurité.  Il a mis notamment l’accent sur la nécessité de renforcer l’aide alimentaire et de développer de nouvelles lignes de crédits pour les petits producteurs agricoles des pays en développement, et d’améliorer la production agricole de ces pays. 


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