12/05/2008
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR L’ENTRÉE EN VIGUEUR DE LA CONVENTION INTERNATIONALE RELATIVE AUX DROITS DES PERSONNES HANDICAPÉES


« L’entrée en vigueur de la Convention internationale relative aux droits des personnes handicapées est un moment historique aussi bien pour l’ONU que pour toutes les personnes handicapées du monde », a estimé aujourd’hui au Siège de l’ONU M. Jomo Kwame Sundaram, Sous-Secrétaire général chargé du développement économique au Département des affaires économiques et sociales, à l’occasion d’une conférence de presse qui réunissait de nombreuses personnalités venues participer à cet évènement.


M. Sundaram a relevé le caractère unique du premier traité des droits de l’homme du XXIe siècle qui place la question des droits des personnes handicapées dans le contexte plus large du développement économique.  En effet, rappelant qu’un dixième de la population mondiale sont des personnes handicapées et que 80% de ces personnes vivent dans la pauvreté, le Sous-Secrétaire général a estimé qu’il est urgent d’intégrer les personnes handicapées dans la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement.


M. Claude Heller, le Représentant permanent du Mexique auprès des Nations Unies, a souligné le rôle crucial que la société civile a joué dans l’élaboration et l’adoption de cette Convention qui est entrée en vigueur dans un délai record.  C’est le résultat d’un partenariat historique entre les gouvernements et la société civile, a-t-il estimé.  Nous avons laissé de côté l’approche médicalisé et paternaliste adoptée dans le passé pour créer le premier traité sur les droits des personnes handicapées qui repose entièrement sur une approche juridique. 


« Cette Convention nous permettra en effet d’être vus et entendus comme citoyens à part entière de la société, et d’être des personnes à part entière aux yeux de la loi », s’est félicité M. Lex Grandia, Président de la « International Disability Alliance CRPD Forum », qui participait également à la conférence de presse.  « Car ce qui est pire que de ne pouvoir ni voir, ni entendre, c’est de n’être ni vu, ni entendu », a-t-il signalé, paraphrasant la célèbre citation de Helen Keller.  Il a indiqué que le Forum qu’il préside continuera de mobiliser des organisations et personnes handicapées dans le monde entier pour poursuivre le processus de ratification de la Convention et s’assurer de sa bonne mise en œuvre.


Pour Mme Kyung-wha Kang, Haut-Commissaire adjointe aux droits de l’homme, il importe à présent de s’assurer que la Convention pourra apporter un changement notable au sein de la société, notamment sur le plan juridique ainsi que dans les écoles, la presse et le système électoral. 


Elle a indiqué que le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme avait déjà pris des mesures concrètes pour changer les vies des personnes handicapées.  Le Bureau du Haut Commissariat aux droits de l'homme en Ouganda a ainsi mobilisé des équipes pour construire des rampes d’accès dans les administrations.  Les personnes handicapées étaient obligées de ramper pour effectuer leurs démarches administratives, a signalé la Haut-Commissaire adjointe, expliquant ensuite que ce Bureau aide également les personnes handicapées et déplacées à retrouver leurs terres après leur rapatriement.


Le Prince Ra’ad Bin Zeid de la Jordanie a indiqué, quant à lui, que son pays avait déjà développé une stratégie nationale pour garantir les droits des personnes handicapées.  La législation jordanienne en la matière a été mise à jour tandis qu’un Conseil supérieur sur les droits des personnes handicapées, également chargé de contrôler la mise en œuvre de la Convention au niveau national, a été créé.  Le Prince Zeid a également engagé la communauté internationale à accélérer le processus de ratification de la Convention par le plus grand nombre possible d’États afin d’assurer éventuellement son universalité.  Les 650 millions de personnes handicapées du monde ne peuvent attendre une minute de plus, a-t-il lancé.


Répondant à la question d’un journaliste qui portait sur la création d’un organe de contrôle, Mme Kyung-wha a expliqué que celui-ci devrait être formé dans les six prochains mois et qu’il comprendrait 10 membres élus.


De nombreux participants ont également réagi à une question qui portait sur les défis à laquelle la mise en œuvre de la Convention devra faire face.


Le respect des droits d’autrui est un processus souvent difficile à mettre en œuvre, a rappelé M. Sundaram, tandis que le Prince Zeid a estimé qu’il faudra du temps pour changer les attitudes des uns et des autres à l’égard des personnes handicapées.  M. Heller a signalé que de nombreuses ressources devront être mobilisées au niveau national pour que chaque État puisse promulguer des lois et promouvoir des changements positifs au sein de leur société respective.  L’existence même de la Convention représente, de l’avis de M. Heller et de Mme Kyung-wha Kang, le signe d’une évolution positive de la société vis-à-vis des personnes handicapées.


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