25/02/2008
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE LANCEMENT DE LA CAMPAGNE DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL POUR METTRE FIN À LA VIOLENCE À L’ÉGARD DES FEMMES


Mme Rachel Mayanja, Sous-Secrétaire générale et Conseillère spéciale pour la parité des sexes et la promotion de la femme a donné aujourd’hui une conférence de presse au Siège des Nations Unies sur le rôle et la responsabilité des hommes dans l’élimination de la violence à l’égard des femmes.  Mme Mayanja était accompagnée des six panélistes qui participaient cet après-midi à une table ronde sur ce sujet, à l’occasion du lancement de la Campagne du Secrétaire général visant à mettre fin à la violence contre les femmes.


Le lancement de cette Campagne est une étape importante dans notre lutte pour l’égalité des femmes et pour mettre fin à la discrimination, a déclaré la Conseillère spéciale.  Elle a expliqué que le Secrétaire général avait décidé de lancer cette Campagne après avoir rencontré de nombreuses femmes victimes de violence lors de ses voyages.


Nous savons aussi que les efforts entrepris jusqu’ici l’ont surtout été par des femmes et le Secrétaire général a donc voulu mobiliser les hommes sur cette question, en particulier les dirigeants, a-t-elle ajouté.  Elle a indiqué que le Secrétaire général allait approcher des leaders de haut niveau afin qu’ils le rejoignent dans cette campagne pour mettre fin à la violence à l’encontre des filles et des femmes.


Mme Mayanja a aussi noté que si les intentions étaient bel et bien là, les actions concrètes manquaient encore en ce qui concerne la parité, notamment dans le domaine des objectifs pour le développement.  Si la contribution des femmes est reconnue, beaucoup de ces femmes ont été laissées pour compte, essentiellement en raison de la violence à laquelle elles sont confrontées, a précisé Mme Mayanja.


Elle a enfin souligné la nécessité d’aller au-delà de la sensibilisation du public et de modifier les lois ou encore les structures afin de mettre fin à l’impunité.


Soulignant aussi l’importance de changer les structures qui permettent à la violence de se perpétuer, les six panélistes qui l’accompagnaient ont aussi mis l’accent sur l’importance d’agir globalement pour lutter contre la violence faite aux femmes.


Ainsi, M. Kevin Powell, écrivain et militant politique, a estimé qu’il fallait aborder la question du patriarcat partout dans le monde.  Il a estimé que ce système encourageait les hommes à penser que la seule solution aux problèmes était la violence.  C’est ce qu’on voit partout dans le monde avec les guerres mais aussi au sein de la famille, a-t-il fait observer.


M. Powell a également affirmé que la violence contre les femmes était un des défis les plus importants auxquels nous faisons face actuellement.  C’est un fléau mondial qu’il faut prendre au sérieux et qu’il faut éradiquer, a renchéri Michealene Risley, écrivaine et réalisatrice de documentaires.


Les autres panélistes ont fait part des expériences et programmes lancés dans certains pays pour enrayer la violence à l’égard des femmes.


M. Todd Minerson, Directeur exécutif de la Campagne du Ruban blanc, une des plus importantes initiatives d’hommes oeuvrant pour mettre fin à la violence faite aux femmes, a mis en avant le but de cette Campagne, lancée en 1991 au Canada et qui concerne maintenant 66 pays.  Il a souligné que le ruban blanc symbolisait la promesse des hommes de ne jamais commettre ou d’encourager des actes de violence à l’encontre des femmes ou de rester silencieux face à de tels actes.


M. Minerson a insisté sur l’importance de travailler avec des hommes et des garçons pour changer les mentalités.  M. Prateek Suman Awashi, représentant de jeunes, qui travaille avec les jeunes et les femmes en Inde, a lui aussi mis l’accent sur l’importance d’impliquer les jeunes afin de combattre la violence à l’égard des femmes.


Selon lui, il est aussi indispensable de reconnaître que la violence est une question structurelle, qui ne peut être réglée que par la contribution de tous.  Notre approche doit être basée sur les droits de l’homme, a-t-il ajouté.  Cet avis a également été partagé par Mme  Anne Sosin, fondatrice et directrice de Haïti Rights Vision, une organisation qui travaille avec les victimes de viol dans ce pays.  La violence va souvent au-delà de la relation entre les hommes et les femmes et est liée à la privation historique de droits de l’homme, a-t-elle argué.


Enfin, le capitaine Aimable Mushabe, officier militaire rwandais a expliqué comment il mettait en application des mesures visant à la protection des femmes contre la violence, notamment par la formation des militaires et la mise en place de points focaux dans les brigades.  Il a rappelé que le Rwanda avait été la scène de grandes violences contre les femmes au moment du génocide de 1994.  Nous avons vu clairement que les femmes étaient plus vulnérables lors des conflits et des guerres, a-t-il dit.


Répondant aux questions des journalistes, Mme Mayanja a souligné son inquiétude quant au trafic d’organes qui touchent en particulier les femmes et les filles.  Elle a annoncé qu’une étude sera faite sur cette question.


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