29/10/2008
Conseil de sécurité
CS/9487

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

6005e séance – matin & après-midi


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ DEMANDE UNE PLUS GRANDE PARTICIPATION DES FEMMES À LA PRÉVENTION ET AU RÈGLEMENT DES CONFLITS


« Malgré des progrès, les femmes continuent d’être marginalisées », constate la Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme


Le Conseil de sécurité a, aujourd’hui, au terme d’un débat sur les femmes, la paix et la sécurité, « demandé instamment » aux États Membres et aux organisations internationales, régionales et sous-régionales d’élargir la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, ainsi qu’à la consolidation de la paix.


Le Conseil de sécurité, dans une déclaration lue par son Président, M. Zhang Yesui (Chine), leur demande également de renforcer la contribution des femmes à la prise de décisions dans ces différents domaines.  Il a enfin invité le Secrétaire général à « confier à un plus grand nombre de femmes des missions de bons offices menées en son nom, notamment en qualité de représentantes et d’envoyées spéciales ».


Le Conseil demande à « toutes les parties » de faire cesser « immédiatement et entièrement » toutes les violations du droit international commises à l’encontre des femmes et des filles dans les conflits armés et demande aux États Membres que les auteurs de tels actes soient poursuivis en justice.


Dans son rapport, qui servait de base à la discussion, le Secrétaire général constate que « les États Membres, le système des Nations Unies et la société civile ont réalisé d’importants progrès » en vue de l’application intégrale de la résolution 1325 (2000)du Conseil de sécurité.


Souvent qualifiée d’historique, cette résolution a marqué un « tournant dans la prise de conscience de la contribution des femmes au maintien et à la promotion de la paix et de la sécurité, et de leurs besoins et préoccupations pendant et après un conflit armé », ainsi que le souligne le document de réflexion* rédigé par la Chine.


Depuis huit ans, « certains progrès importants ont été réalisés pour intégrer l’égalité entre les sexes dans l’architecture de la paix et de la sécurité, la rendant ainsi plus sensible aux besoins des femmes et à leurs préoccupations », a observé la Sous-Secrétaire générale et Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, Mme Rachel Mayanja.


L’adoption de la résolution 1820, le 19 juin dernier, représente par exemple, a-t-elle dit, « un nouveau jalon dans la lutte contre la violence sexuelle dans les conflits armés ».  Le Conseil y exigeait en effet de toutes les parties à des conflits armés qu’elles mettent immédiatement et totalement fin à tout acte de violence sexuelle contre des civils.


Cependant, en dépit des progrès réalisés, « les femmes continuent d’être marginalisées voire ignorées », a estimé la Sous-Secrétaire générale.  « Nous ne pouvons pas nous permettre que plus de la moitié de la population mondiale puisse continuer d’être exclue des stratégies de paix et de sécurité », a-t-elle affirmé, réclamant en particulier une augmentation de la représentation des femmes dans les processus de prise de décisions.


Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, M. Alain Le Roy, a défendu une présence plus importante des femmes « à des postes élevés au sein du Département des opérations de maintien de la paix et dans les missions ».  Il a précisé que les mesures prises l’an dernier en ce sens ont permis au Secrétariat de l’ONU de faire « quelques progrès modestes ».  M. Le Roy a également cité les mesures prises par le Département sur le terrain, où deux femmes ont été nommées l’an dernier comme représentantes spéciales adjointes.


Le renforcement de la présence physique des femmes doit être visible dans les processus de paix, a insisté la Directrice exécutive du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), Mme Ines Alberdi, indiquant qu’elles ne représentaient que 7% des négociateurs dans cinq accords généraux de paix et 24% des observateurs dans trois processus de paix récents.  De l’avis de Mme Alberdi, « les questions de parité entre les sexes doivent aussi être traitées dans le cadre de la médiation, du déploiement des casques bleus, des missions intégrées, de la stabilisation et du relèvement après conflit ». 


La plupart des 55 orateurs qui ont pris part au débat ont plaidé en faveur d’une participation pleine et entière, et sur un pied d’égalité, des femmes aux efforts de maintien de la paix et de promotion de la paix et de la sécurité.  Ainsi, au nom de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe, le délégué sud-africain a exhorté le Secrétaire général à accroître ses efforts en vue de trouver des femmes candidates appropriées aux postes de haut niveau, y compris à des fonctions militaires et de police. 


La promotion des droits des femmes est au cœur de la politique des droits de l’homme de l’Union européenne, a assuré, au nom de celle-ci, le représentant de la France.  L’Ambassadeur français a rappelé que l’Union européenne avait lancé récemment une initiative en faveur de la convocation par le Secrétaire général, en 2010, d’une conférence ministérielle sur la mise en œuvre de la résolution 1325.


L’observatrice de l’Union africaine a souligné, de son côté, que « la tolérance zéro en matière de violence, de viol, de sexisme, d’abus sur les femmes » constituait le « mot d’ordre lancé cette année par l’Union africaine dans le cadre de sa politique stratégique en matière de genre basée sur le respect de la dignité humaine ».


Outre ceux déjà cités, les représentants des pays suivants ont également pris la parole: États-Unis, Italie, Fédération de Russie, Panama, Indonésie, Belgique, Burkina Faso, Croatie, Viet Nam, Jamahiriya arabe libyenne, Costa Rica, Royaume-Uni, Bélarus, Philippines, Liechtenstein, Australie, Ghana, Autriche, Japon, Mexique, Canada, Irlande, Bangladesh, Suisse, Allemagne, Congo, Kazakhstan, Émirats arabes unis, Swaziland, Israël, Islande, Afghanistan, Kenya, Argentine, Portugal, Maroc, Suède, Ouganda, Chili, Norvège, Colombie, Finlande, Myanmar, Rwanda, Danemark, Tonga et République de Corée. 


* S/2008/655



LES FEMMES ET LA PAIX ET LA SÉCURITÉ


Rapport du Secrétaire général (S/2008/622)


Le Secrétaire général note dans son rapport, que « les États Membres, le système des Nations Unies et la société civile ont réalisé d’importants progrès » en vue de l’application intégrale de la résolution 1325 (2000) et propose plusieurs mesures visant à l’accélérer.


« L’effet cumulatif de ces efforts a rendu les mécanismes des Nations Unies chargés de la paix et de la sécurité plus sensibles aux besoins des femmes lors des conflits armés et au lendemain de ces conflits », souligne-t-il, relevant des « résultats particulièrement évidents dans les domaines du maintien de la paix et de l’aide humanitaire et de plus en plus dans celui de la consolidation de la paix ».


Le rapport du Secrétaire général fait suite à la déclaration présidentielle du Conseil de sécurité du 23 octobre 2007 dans laquelle celui-ci le priait de lui présenter un rapport complémentaire sur l’application intégrale de la résolution 1325 (2000) comprenant des éléments d’information sur l’impact des conflits armés sur les femmes et les filles, des renseignements sur les mesures de protection dont elles bénéficient et sur le renforcement du rôle des femmes dans les processus de paix.


De l’avis du Secrétaire général, « il existe un appui de plus en plus marqué à la participation des femmes, sur un pied d’égalité avec les hommes, aux processus de paix, au renforcement de leurs capacités en vue de leur émancipation et à leur présence, en nombre toujours plus important, aux postes de prise de décisions, dans les opérations de maintien de la paix et dans les forces de sécurité ».


Le Secrétaire général invite à « combler le fossé qui subsiste entre les politiques et leur application effective ».  Pour cela, écrit-il, « il convient de faire davantage au niveau des pays pour tenir compte de la dimension sexospécifique à chaque étape de la prévention, du règlement et de la gestion des conflits, ainsi que dans le maintien de la paix ».  Les efforts doivent viser à « prévenir la violence sexuelle et sexiste et y mettre un terme », à « améliorer la représentation des femmes au sein des organes de décision et des institutions chargées de la sécurité », à « accroître les ressources », à « renforcer l’appui technique fourni aux organisations de femmes », et à « faire en sorte que les Nations Unies soient mieux à même d’aider les États Membres à appliquer la résolution 1325 (2000) ».


Le Secrétaire général propose plusieurs mesures visant à accélérer l’application intégrale de la résolution 1325 (2000).  Il convient notamment, estime-t-il, de « veiller à ce que les besoins et les préoccupations des femmes soient pris en compte lors de l’élaboration des stratégies de prévention des conflits et des initiatives d’alerte rapide ».


Pour mettre fin à la violence sexuelle, le Conseil de sécurité doit « être prêt à envoyer des missions en vue d’évaluer les situations où la violence est utilisée ou commanditée comme tactique de guerre ».  Lors d’un conflit armé, le Conseil devrait rappeler aux parties « leurs responsabilités de protéger les femmes et de trouver absolument moyen de prévenir et d’empêcher la violence sexuelle », y compris prévoir des sanctions contre ceux « qui se rendent coupables d’actes de violence sexuelle généralisée ou systématique ».


Le Secrétaire général propose en outre que le Conseil de sécurité ait plus souvent recours à la formule Arria en vue de consultations avec des groupes de femmes et des organisations non gouvernementales sur les situations de conflit.


Il faudrait redoubler d’efforts pour prévenir la violence sexuelle et sexiste et y mettre un terme, protéger les femmes déplacées et élaborer des stratégies plus globales pour mettre fin à l’impunité des auteurs de violences sexuelles.


Le Secrétaire général recommande que soit tenu « systématiquement compte de l’égalité des sexes dans la réforme du secteur de la sécurité et l’état de droit ».  Il conviendrait aussi, ajoute-t-il, de « renforcer la coopération et la collaboration avec les organisations régionales » de manière à réaliser les « objectifs communs de sécurité et d’égalité des sexes ».


Enfin, les organes intergouvernementaux sont invités à « renforcer les mandats des opérations de maintien de la paix » et à « accroître leurs ressources afin de prévenir la violence sexuelle et sexiste dans les situations de conflit et postconflit », tout en veillant à ce que les directives opérationnelles soient « claires et précises ».


Déclarations


Mme RACHEL MAYANJA, Sous-Secrétaire générale et Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme, a souligné que le rapport du Secrétaire général sur les femmes, la paix et la sécurité qu’elle présentait, fournissait une évaluation des progrès et des défis dans la mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) et des mesures prises par les États Membres, les entités des Nations Unies et la société civile en vue d’améliorer les capacités des États Membres.  Au fil des ans, a-t-elle expliqué, certains progrès importants ont été réalisés pour intégrer l’égalité entre les sexes dans l’architecture de la paix et de la sécurité, la rendant ainsi plus sensible aux besoins des femmes et à leurs préoccupations.  L’adoption de la résolution 1820 au début de l’année est un nouveau jalon dans la lutte contre la violence sexuelle dans les conflits armés, a-t-elle également souligné, le Conseil de sécurité reconnaissant ainsi la violence sexuelle comme un problème de sécurité qui exige une réponse sécuritaire systématique.  Mme Mayanja a félicité le Conseil de sécurité pour les efforts qu’il a entrepris pour mettre fin à la violence sexuelle.  Elle a ainsi souligné la nécessité de conserver l’élan créé par cette résolution ainsi que par celles de l’Assemblée générale sur l’élimination de toutes les formes de violence et sur le viol et autres formes de violence sexuelle, et par la Campagne du Secrétaire général intitulée « Tous unis pour mettre fin à la violence à l’égard des femmes », lancée le 25 février 2008 et par de nombreuses autres initiatives du système des Nations Unies.


La Sous-Secrétaire générale a relevé de nombreux acquis obtenus dans les différents domaines d’action définis dans la résolution.  Elle a ainsi cité la prise de conscience de l’importance de la parité, la mise au point de plans d’action nationaux, l’intégration des questions relatives aux femmes, le renforcement des capacités, le soutien à la participation des femmes à la prise de décisions, y compris dans les élections et la gouvernance.  De l’avis de Mme Mayanja, il existe un écart entre les politiques et la mise en œuvre de la résolution, en particulier au niveau national.  Beaucoup reste à faire, a-t-elle

dit, pour assurer une participation égale des femmes dans tous les efforts pour le maintien et la promotion de la paix et de la sécurité, en particulier dans la prévention et le règlement des conflits, la représentation égale dans les institutions de sécurité et les organes de prise de décisions.  Elle a indiqué que 10 États Membres seulement avaient développé des actions spécifiques pour mettre en œuvre la résolution 1325 (2000) et cinq autres étaient en train de le faire. 


Toutefois, malgré les progrès réalisés, les femmes continuent d’être marginalisées voire ignorées, a observé la Conseillère spéciale pour la parité entre les sexes et la promotion de la femme.  Comment peut-on utiliser la force des femmes dans le domaine de la paix et de la sécurité, a-t-elle demandé.  Tout d’abord, en augmentant la représentation des femmes dans les processus de prise de décisions.  Ensuite, a-t-elle ajouté, en mettant un terme à la violence sexuelle contre les femmes.  Troisièmement, en sortant de l’ancien paradigme de la paix pour mieux prendre en compte les préoccupations des femmes.  « Nous ne pouvons pas nous permettre que plus de la moitié de la population mondiale puisse continuer d’être exclue des stratégies de paix et de sécurité », a estimé Mme Mayanja.  Il est impensable que les femmes ne soient pas impliquées intégralement dans chaque étape des processus de paix et de reconstruction postconflit, a conclu la Sous-Secrétaire générale.   


M. ALAIN LE ROY, Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, a déclaré que depuis l’adoption de la résolution 1325 le profil des opérations de maintien de la paix a changé.  Le Département des opérations de maintien de la paix veille à ce que les questions liées à la parité entre les sexes soient traitées avec l’attention qu’elles méritent.  La résolution 1325 a aussi incité les femmes des régions concernées à prendre leurs responsabilités et à demander des comptes aux opérations de maintien de la paix, a-t-il poursuivi.


Ce débat rappelle un des principes clefs de la résolution 1325, selon lequel les femmes dans les situations postconflit ne sont pas seulement des victimes du conflit mais aussi des acteurs du relèvement, a souligné le Secrétaire général adjoint.  Dans divers pays où elles sont déployées, les opérations de maintien de la paix ont appuyé la participation des femmes aux élections, à la fois comme électrices et candidates.  Dans certains pays, a-t-il précisé, des quotas de femmes dans les parlements ont été imposés.  Mais il faut aussi s’assurer que les femmes élues restent à leur poste, a ajouté M. Le Roy, qui a rappelé qu’à Timor-Leste, quatre femmes parlementaires avaient quitté leur siège trois mois après leur élection.


Il faut appuyer les partenariats et réseaux de femmes afin que ces dernières renforcent leur pouvoir et leur influence, a déclaré M. Le Roy.  Il faut également former les femmes qui sont actives dans la vie politique, afin qu’elles puissent agir avec compétence sur des dossiers qui les touchent directement.  Le rôle des opérations de maintien de la paix en tant que créateur de normes doit nous amener à insister auprès des autorités locales pour qu’elles adoptent des mesures en faveur des femmes, a ajouté le Secrétaire général adjoint.


Il faut avoir plus de femmes à des postes élevés au Département des opérations de maintien de la paix et dans les missions, a affirmé M. Le Roy, qui a précisé les mesures prises l’an dernier en ce sens, permettant de faire au Secrétariat de l’ONU « quelques progrès modestes ».  M. Le Roy a aussi mentionné les mesures prises par le Département des opérations de maintien de la paix sur le terrain, où deux femmes ont été nommées l’an dernier comme représentantes spéciales adjointes dans des opérations de maintien de la paix, portant à six le nombre des femmes représentantes spéciales ou représentantes spéciales adjointes du Secrétaire général.


M. Le Roy a observé que dans la police des pays ou régions où il y a des opérations de paix actives dans la réforme du secteur de sécurité du pays concerné, la part des femmes est plus élevée que dans la moyenne mondiale.  Toutes les mesures prises  pour accroître la présence et le rôle des femmes se révèlent positives, a affirmé M. Le Roy, qui a ainsi expliqué que davantage de femmes dans les forces de police de l’ONU permettent de prêter plus d’attention aux violences sexuelles et autres abus contre les femmes, y compris en faisant mieux comprendre à leurs collègues hommes l’importance de tels problèmes.  Rappelant que son Département conjugue ses efforts avec « ONU action » et l’UNIFEM pour établir des directives qui permettent de protéger les femmes et les enfants sur le terrain, M. Le Roy a aussi déclaré compter sur les pays fournisseurs de contingent pour qu’ils nomment davantage de femmes, notamment parmi les observateurs militaires et les forces de police.  De l’avis du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, les femmes soldats de la paix ou policiers de l’ONU servent aussi de modèles pour les femmes locales.  À cet égard, M. Le Roy a regretté qu’aucune femme ne soit encore commandant ou comandant adjoint d’une des forces des Nations Unies.


L’an prochain, la priorité du Département des opérations de maintien de la paix mettra la priorité sur une mise en œuvre efficace des normes sur la parité entre les sexes que nous avons adoptées, a affirmé M. Le Roy, qui a réaffirmé le plein engagement de son Département à collaborer avec le Conseil de sécurité dans la mise en œuvre de la résolution 1325.


Mme INÉS ALBERDI, Directrice exécutive de l’UNIFEM, a affirmé que le rôle des femmes dans la consolidation de la paix ne commence pas au moment où les combats cessent.  Les questions de parité entre les sexes doivent être traitées aussi dans le cadre de la médiation, dans le déploiement des Casques bleus, dans les missions intégrées, dans la stabilisation et le relèvement après conflit.  Pour que les femmes participent effectivement à la promotion de la paix et de la sécurité, une consolidation de la paix tenant compte du rôle des femmes doit, en fait, commencer avec les premiers instants du règlement d’un conflit, et particulièrement dans les conflits où les violences contre les femmes sont utilisées comme tactiques de guerre.


Si la sécurité des femmes n’est pas un des objectifs principaux des Casques bleus et si les abus systématiques contre les femmes ne font pas partie des principales priorités de la justice, les graines sont semées pour avoir une paix incomplète et peut-être, non durable, a ajouté Mme Alberdi.  Il est donc important que le Conseil de sécurité ait reconnu ce fait de manière claire dans sa résolution 1820, qui permet de progresser dans la mise en œuvre de la résolution 1325, a-t-elle estimé. 


La Directrice exécutive de l’UNIFEM a en outre constaté que d’autres organisations chargées de la sécurité font le lien entre la paix et la sécurité des femmes.  Elle s’est félicitée de la réunion tenue ce mois par la présidence française de l’Union européenne pour améliorer la mise en œuvre des résolutions 1325 et 1820 par les missions de police, de sécurité et de justice de l’Union européenne.


Mme Alberdi a plaidé pour un renforcement de la présence physique des femmes qui soit visible dans les processus de paix, affirmant qu’elles ne représentent en général que 7% des négociateurs dans les cinq accords généraux de paix et 24% des observateurs dans les trois processus de paix récents pour lesquels des données étaient disponibles.  Certes, les femmes jouent un rôle beaucoup plus important de manière informelle dans les processus de paix mais ces derniers devraient veiller à une représentation structurée, a-t-elle ajouté.  Des institutions internationales qui aident à la médiation dans les conflits ont des experts sur la question de la parité entre les sexes et pourraient proposer des méthodes concrètes pour faire participer les femmes aux pourparlers de paix, a-t-elle ajouté.  Elle a en outre fait observer que les dirigeants politiques d’aujourd’hui sont souvent les médiateurs de demain, et c’est pourquoi, le recrutement de femmes médiatrices repose aussi sur le nombre de femmes ayant des responsabilités politiques.


Mme Alberdi a rappelé la collaboration établie par l’UNIFEM avec le Département des opérations de maintien de la paix et « l’Action des Nations Unies contre la violence sexuelle dans les conflits » (ONU action) afin de mieux protéger les femmes dans les conflits.  Les commandants des forces de police et des forces de Casques bleus de l’ONU ont été priés de rechercher les moyens de détecter des attaques imminentes contre des femmes ou des enfants et prendre des mesures préventives.  Les trois organismes testent actuellement sur le terrain un inventaire analytique des meilleures pratiques pour la protection des femmes et des enfants, a-t-elle précisé.  Elle a en outre rappelé que, parfois, les attaques contre les femmes augmentent après les conflits, accroissant ainsi le coût de la reconstruction et de la consolidation de la paix.


Mme Alberdi a estimé qu’il faut prendre des mesures pour que les femmes bénéficient autant que les hommes du relèvement et de la consolidation de la paix après  conflit.  Elle a regretté que les femmes aient actuellement peu de moyens pour prendre connaissance des ressources destinées à leur relèvement et y a vu une preuve de la nécessité d’une représentation structurée des femmes dans toutes les conférences de donateurs après un conflit, ainsi que celle d’un mécanisme de suivi consacré à l’autonomisation des femmes et au relèvement dans tous les fonds humanitaires et de relèvement postconflit.


Mme SARAH TAYLOR, Coordonnatrice du Groupe de travail des organisations non gouvernementales sur les femmes, la paix et la sécurité, fondé en 2000 pour assurer la sensibilisation à la résolution du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité, a souligné la nécessité de passer désormais des discours aux actes et d’en finir avec les approches dispersées et ponctuelles.  L’engagement en faveur d’une participation égale des femmes est davantage qu’un concept abstrait, a-t-elle dit.  Il faut, a-t-elle estimé, des actions concrètes à tous les niveaux du maintien et de la consolidation de la paix et pour répondre aux priorités des femmes dans les situations spécifiques des pays.  Elle a mis l’accent sur la nécessité d’accorder une attention particulière au problème de la sous-représentation des femmes dans les processus de paix, dans le système des Nations Unies.  De même, il convient de faire en sorte que les femmes soient pleinement impliquées dans la définition et la mise en œuvre des programmes de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de réinstallation ou de rapatriement. 


M. JEAN-MAURICE RIPERT (France), s’exprimant au nom de l’Union européenne (UE), a déclaré que l’UE accueille avec satisfaction la publication du rapport annuel du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution 1325.  Ce rapport, a-t-il dit, montre que les efforts conjugués des Nations Unies, des organisations régionales, des États Membres et de la société civile ont permis au système des Nations Unies de mieux répondre aux besoins spécifiques des femmes en situation de conflit armé ou de postconflit, et d’adopter une action plus globale.


Le représentant a également cité comme point positif l’adoption en juin dernier de la résolution 1820, notant cependant que beaucoup reste à faire pour mettre en œuvre ces deux textes, comme le montre la situation alarmante des femmes dans le Nord-Kivu, au Darfour, ou dans les régions affectées par l’Armée de libération du Seigneur (LRA).  Il a dénoncé le « caractère inacceptable » des violences sexuelles utilisées comme tactique de guerre et a rappelé que la résolution 1820 les considère comme un obstacle au rétablissement de la paix et de la sécurité.  M. Ripert a regretté que le Secrétariat n’ait pas consacré dans son rapport annuel une section plus détaillée à l’impact des conflits armés sur les femmes et que les questions consacrées aux femmes soient trop négligées dans les rapports-pays au Conseil de sécurité.  L’Union européenne, a-t-il ajouté, espère que le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution 1820 sera « précis et opérationnel ».


La promotion des droits des femmes est au cœur  de la politique des droits de l’homme de l’Union européenne, a affirmé M. Ripert.  Il a rappelé la tenue à Bruxelles, le 10 octobre, à l’initiative de la présidence française de l’Union européenne et en coopération avec la Commission européenne et l’UNIFEM, d’une conférence sur la mise en œuvre des deux résolutions 1325 et 1820 dans les missions de paix de l’Union européenne.  Cette conférence, a-t-il rappelé, a permis d’identifier les actions concrètes que l’Union européenne entend prendre dans ses propres missions, entreprises dans le cadre de la politique étrangère et de sécurité commune, qu’il a détaillées.  M. Ripert a notamment mentionné le renforcement du volet de protection des femmes et jeunes filles dans la définition du mandat de telles missions; la garantie de la participation des femmes dans les secteurs de la justice, de l’armée et de la police lorsque la mission comprend un volet sur la réforme du secteur de sécurité; l’implication dès la phase de planification des missions de conseillers sur les questions de genre; l’augmentation de la participation des femmes dans les structures de commandement de telles missions; et la consultation et la prise en compte sur le terrain des réseaux locaux de femmes.


M. Ripert a par ailleurs rappelé que l’Union européenne a lancé récemment une initiative en faveur de la convocation par le Secrétaire général, en 2010, d’une conférence ministérielle sur la mise en œuvre de la résolution 1325.


M. ZALMAY KHALILZAD (États-Unis) a affirmé qu’en dépit des progrès réalisés, il était impératif que les Nations Unies fassent davantage sur la question des femmes, de la paix et de la sécurité et fassent en sorte que cette question soit prioritaire.  Avec une plus grande prise de conscience et plus d’actions, la communauté internationale réagit, a-t-il estimé.  Le représentant a mis l’accent sur la question des violences sexuelles commises à l’encontre des femmes.  La protection des femmes en situation de conflit, a-t-il estimé, est une partie intégrante de la solution.  De même, a-t-il souligné, il est nécessaire de traiter de la question des trafics d’êtres humains qui font des femmes des esclaves.  La résolution 1820 du Conseil de sécurité exige que le Secrétaire général fasse rapport sur l’application de la résolution, rapport comprenant notamment des informations sur les conflits armés à l’occasion desquels des violences sexuelles généralisées ou systématiques ont été exercées contre des civils.  Il s’est dit ainsi heureux que le Département des opérations de maintien de la paix contribuera au rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de la résolution.  Il a recommandé que le Département des opérations de maintien de la paix s’appuie sur les ressources des agences des Nations Unies pour lutter contre les violences sexuelles. M. Khalilzad a mis en outre l’accent sur la nécessité d’augmenter la participation des femmes dans tous les aspects du maintien et de la consolidation de la paix.  Le représentant a dit appuyer les efforts fournis en particulier par la Jamaïque pour avoir un nombre égal d’hommes et de femmes dans ses contingents.  M. Khalilzad a également reconnu que les femmes continuaient d’être sous-représentées dans les négociations sur le maintien de la paix.  La participation des femmes dans les délégations de négociations n’est seulement que de 7%, a-t-il regretté, précisant que la délégation des États-Unis s’efforcerait d’accroître cette proportion. 


M. GIULIO TERZI SANT’AGATA (Italie) a estimé que l’adoption de la résolution 1820 avait constitué un pas essentiel dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  Les femmes ne peuvent participer de manière efficace aux processus de décision tant que leur sécurité n’est pas garantie et que les abus dont elles sont victimes ne sont pas réprimés, a-t-il estimé.  En même temps, a ajouté le représentant, il faut aussi veiller à la mise en œuvre des autres piliers de la résolution 1325, et notamment au rôle des femmes dans la paix et la sécurité.  Trop souvent les femmes sont exclues de la table des négociations, a regretté M. Terzi.  Leur participation à toutes les phases de règlement des conflits a un potentiel très important, a-t-il estimé, citant le cas des femmes de Somalie et du Burundi.  Ce n’est pas seulement une question de nombre de femmes qui y participent, a fait remarquer le représentant, c’est aussi une question de ressources, de moyens accordés pour défendre les questions qui sont essentielles à leur autonomisation.  Il a souhaité que plus de femmes soient nommées parmi les envoyés spéciaux ou représentants spéciaux du Secrétaire général dans les missions de maintien de la paix.  La Commission de consolidation de la paix a montré qu’elle pouvait changer les choses en incluant dans ses stratégies de construction intégrée des perspectives de genre, a encore estimé le représentant.


M. ALFREDO SUESCUM (Panama) a déclaré qu’il existe un décalage important entre les politiques élaborées et leur mise en œuvre.  « Nous pouvons faire beaucoup plus pour incorporer la perspective de genre dans le règlement des conflits et la reconstruction », a-t-il estimé.  La pleine participation des femmes augmente les chances de succès et de pérennité de ces processus, a-t-il affirmé.  Le représentant a rappelé que différentes formules novatrices sont apparues ces dernières années qui permettent de renforcer le rôle des femmes.  Il faut les inclure dans les négociations et dans l’élaboration des stratégies et des objectifs des médiateurs.  Cela permettra de prendre en compte les besoins et intérêts des femmes et de remédier aux inégalités, a estimé le représentant, qui a toutefois ajouté qu’il ne faudrait pas encourager l’instauration de quotas de femmes dans ces processus.  Il a souhaité par ailleurs que les rapports de l’ONU et les systèmes d’alerte rapide utilisent des indicateurs par genre.


M. MARTY M. NATALEGAWA (Indonésie) a déclaré que la communauté internationale a tout intérêt à assurer la présence des femmes à tous les stades de la prévention des conflits et du processus de paix.  Les contributions des femmes sont souvent sous-utilisées, a-t-il regretté, et cela nous prive de leurs efforts et de leurs perspectives.  Il faut aussi fournir aux femmes un large espace qui leur soit propre et où elles peuvent librement prendre des décisions concernant leur propre vie, a affirmé le représentant.  Il ne faut pas considérer les femmes seulement en tant que groupe mais aussi en tant qu’individu, a-t-il ajouté, affirmant que c’est dans cette perspective que l’Indonésie perçoit le rôle des femmes dans les processus de paix.  Le représentant s’est dit favorable à une meilleure égalité des sexes dans les équipes de négociations et à une meilleure structuration de  leur participation sur le terrain.  La promotion des femmes dans la paix est un processus de longue haleine, a déclaré le représentant, qui a estimé que, huit ans après l’adoption de la résolution 1325, il était temps de passer à l’action.


M. DUMISANI S. KUMALO (Afrique du Sud), qui s’exprimait au nom de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC), a affirmé que les femmes représentaient des acteurs importants pour le changement et jouaient un rôle décisif dans la reconstruction et la réinsertion de leurs familles.  Les femmes, a-t-il ajouté, constituent un élément décisif dans l’établissement de la démocratie et la reconstruction des sociétés sortant d’un conflit.  L’égalité hommes femmes est un des éléments fondateurs de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe, a-t-il rappelé, soulignant que la Communauté avait été grandement honorée par la contribution importante que les femmes ont apportée.  Les femmes d’Afrique australe ont joué un rôle crucial dans les mouvements de libération qui ont permis aux pays d’atteindre l’indépendance et la démocratie, a-t-il expliqué.  De l’avis de sa délégation, les violences sexuelles dans les situations de conflit sont inextricablement liées aux problèmes d’inégalité entre les hommes et les femmes.  Il est donc nécessaire d’œuvrer plus énergiquement en faveur d’une participation égale des femmes dans tous les efforts pour le maintien et la promotion de la paix et de la sécurité, a souligné M. Kumalo.  Le représentant a ajouté que la SADC exhortait le Secrétaire général à accroître ses efforts en vue de trouver des femmes candidates appropriées aux postes de haut niveau, y compris à des fonctions militaires et de police.  Il a en outre mis l’accent sur la nécessité pour les États Membres de proposer des candidatures de femmes.  Les femmes devraient jouer un rôle de chef de file dans le développement et la mise en œuvre des stratégies et des programmes postconflit, a-t-il affirmé.


M. VITALY CHURKIN (Fédération de Russie) a estimé que la question des violences commises contre les femmes dans les situations de conflit était essentiellement liée au problème de l’égalité entre les sexes de façon générale.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité de traiter de cette question non seulement au Conseil de sécurité, mais aussi dans les autres organes des Nations Unies, comme à l’Assemblée générale, à la Commission de consolidation de la paix ou au Conseil des droits de l’homme.  Il est indispensable, à ses yeux, d’utiliser plus largement en tant que document juridique de base la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes.  Il a salué les mesures concrètes prises par le système des Nations Unies pour garantir la participation pleine et entière des femmes.  Le représentant a regretté que le rapport du Secrétaire général n’ait pas apporté de réponse définitive à la question préalablement posée par le Conseil de sécurité sur de l’influence des conflits armés sur les femmes et les petites filles dans les situations de conflit figurant à l’ordre du jour du Conseil.  L’ONU doit réagir aux violences de masse systématiques contre les femmes et les enfants, a-t-il déclaré.  Ces crimes demeurent impunis ou sont jugés comme un aspect inévitable des pertes collatérales, a-t-il souligné.  Il importe également, a-t-il souligné, d’adopter une approche équilibrée, à l’échelon de tout le système des Nations Unies, prévoyant une participation entière des femmes à toutes les étapes des processus de maintien de la paix.  


M. OLIVIER BELLE (Belgique) a constaté que, huit ans après son adoption, les objectifs de la résolution 1325 n’ont pas été atteints, en dépit des efforts de l’ONU et des États Membres.  Il a indiqué que son pays présentera avant la fin de l’année son plan d’action sur la mise en œuvre de ce texte.  Ce plan met en évidence par exemple que la dimension du genre doit être renforcée dans la lutte contre l’interdiction de l’utilisation des mines antipersonnel et des armes à sous-munitions.  Les femmes et les enfants sont en effet les premières victimes de ces armes, a relevé le représentant.  Sur le plan interne, il a constaté qu’une bonne législation en matière d’égalité des sexes ne suffisait pas et qu’il faudrait aussi investir dans un savoir-faire dans ce domaine pour mettre en œuvre les lois.


M. Belle a appelé à atteindre un meilleur équilibre dans les organisations internationales, en commençant par encourager les candidatures féminines notamment pour les postes de haut niveau.  En ce qui concerne les processus de paix, il a estimé qu’on ne pouvait pas rétablir une paix durable sans l’implication des femmes.  Celles-ci doivent être en mesure non seulement de formuler leurs besoins, notamment en matière de justice et de reconstruction, mais aussi de participer réellement au processus de décision.  Les missions de maintien de la paix doivent donc encourager les femmes à présenter leurs opinions et à intervenir dans les décisions publiques. 


M. PAUL ROBERT TIENDREBEOGO (Burkina Faso) a estimé que le bilan de la participation des femmes aux efforts de maintien et de promotion de la paix était loin des résultats escomptés.  De nombreux défis restent encore à relever avant que la résolution 1325 (2000) ne connaisse une mise en œuvre pleine et entière, a-t-il dit.  L’implication systématique des femmes aux efforts de négociations, de médiation, d’élaboration des accords de paix et des stratégies de reconstruction et de réconciliation est essentielle, a-t-il souligné.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité de se départir de certains préjugés et autres conceptions réductrices de la place et du rôle de la femme dans la société.  Le défi des pesanteurs sociales et culturelles est souvent l’un des plus difficiles à relever, a-t-il ainsi affirmé.  Le représentant a également jugé que les États et les parties aux conflits devaient s’approprier le concept « femmes, paix et sécurité » et en assurer la mise en œuvre.  De même, les Nations Unies et les organisations régionales et sous-régionales doivent renforcer davantage le recours aux talents de négociateurs et de faiseurs de paix des femmes, ce qui signifie notamment, a-t-il précisé, l’accroissement de la composante féminine des représentants, envoyés, chefs de bureaux, autant d’éléments clefs, selon lui, du dispositif des bons offices de ces organismes, sans oublier les responsables à tous les niveaux de la prise de décisions. 


M. RANKO VILOVIC (Croatie) a déclaré que dans de nombreux pays souffrant de conflits armés, les femmes se trouvent face à des institutions dominées par des hommes et elles disposent souvent de peu d’espace.  Elles sont exclues des processus de décision, alors que leur inclusion pourrait contribuer à renforcer leur sécurité. Le représentant a regretté aussi qu’il n’existe pas toujours de réseaux transfrontaliers de femmes en faveur de la paix.  Il faudrait encourager ces réseaux à renforcer le rôle des femmes pour favoriser la paix, a estimé le représentant.  Le Conseil de sécurité devrait garantir la mise en œuvre rapide et efficace de sa résolution 1820, a-t-il ajouté.  Si de nombreuses femmes ont été victimes des conflits dans les Balkans, elles ont aussi joué un rôle important, par exemple dans le soutien psychologique des victimes ou l’accueil des réfugiés, a-t-il rappelé.  La Croatie, qui fournit des contingents militaires et de police, fait des efforts pour prendre en compte la dimension sexospécifique dans ses contributions et utilise des indicateurs de suivi tenant compte de cette dimension sexospéficique, a-t-il indiqué.  


M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a notamment salué les mesures prises au cours des dernières années par les institutions des Nations Unies pour promouvoir le rôle des femmes dans la paix et la sécurité dans de nombreuses régions du monde, en particulier dans les zones de conflits.  Le représentant s’est dit néanmoins préoccupé par le fait que l’on soit encore incapable de garantir la pleine participation des femmes dans la prévention des conflits, les négociations de paix, l’établissement de la paix et la reconstruction postconflit.  La représentation des femmes dans les institutions de sécurité, dans les instituions judiciaires ainsi que dans les délégations de négociation de paix ne s’est que peu améliorée depuis l’adoption de la résolution 1325, a-t-il dit.  Pour renforcer la participation des femmes dans les processus de paix, le représentant a mis l’accent sur la nécessité de renforcer le rôle des femmes, à la fois sur le plan politique et sur le plan économique.  De même, il importe de garantir un accès égal des femmes à l’éducation et à l’information afin de les aider à prendre conscience de leurs propres droits, a-t-il estimé.


M. IBRAHIM DABBASHI (Jamahiriya arabe libyenne) s’est dit satisfait en général de la mise en œuvre de la résolution 1325 au niveau des Nations Unies et dans de nombreux États.  Toutefois, la situation des femmes et fillettes dans les zones de conflit demeure source de profondes préoccupations, a-t-il ajouté, car la mise en œuvre de la résolution a donné lieu à peu de résultats.  L’application de la résolution 1325 est en effet, a-t-il affirmé, de la responsabilité première des États Membres.  Le représentant a ajouté que chaque État devrait appliquer cette résolution en fonction de ses particularités nationales.  Il a proposé des programmes dans les médias pour promouvoir le rôle des femmes et éliminer les discriminations à leur égard.  Il a rappelé le rôle de l’Union africaine pour réaliser cet objectif et mentionné la création récente de l’Observatoire africain de la femme.  Le représentant a estimé qu’une prévention efficace contre les violences aux femmes en période de conflit est une œuvre de longue haleine.  Il a ensuite insisté sur les souffrances et violences que subissent les femmes palestiniennes, en regrettant que le Secrétaire général n’en fasse pas état dans son rapport. 


M. SAUL WEISLEDER (Costa Rica) a affirmé que les femmes constituaient des catalyseurs de l’union nationale et étaient des facteurs fondamentaux dans la stabilité des sociétés après la guerre.  Malheureusement, dans la majorité des cas, la contribution des femmes a été de nature informelle, loin des tables de négociation, a-t-il regretté.  Une paix durable ne peut s’édifier sur la base du statu quo qui a perpétué les inégalités et les déséquilibres du pouvoir, et qui a été l’une des causes profondes des conflits eux-mêmes, a-t-il déclaré.  Citant Simone de Beauvoir, il a mis l’accent sur la nécessité de transformer les préjugés sociaux qui sont, a-t-il dit, discriminatoires.  Le représentant a également affirmé qu’il convenait d’élargir le rôle des femmes dans les négociations, le dialogue, les élections, la reconstruction ou la justice.  De l’avis de sa délégation, la volonté et les ressources manquent pour assurer une participation plus active des femmes.  L’incorporation de la perspective de genre représente un outil indispensable pour s’attaquer aux terribles séquelles des conflits et les prévenir, a-t-il également expliqué.  Les femmes ont la possibilité de ramener la paix dans toutes les catégories de population et dans tous les foyers, a-t-il estimé, ajoutant qu’il faudrait utiliser leur potentiel et, en particulier, leur contribution dans les chantiers politiques de sortie de crise. 


Mme KAREN PIERCE (Royaume-Uni) a estimé que la participation des femmes dans le règlement des conflits et la consolidation de la paix est une question d’efficacité.  Les femmes offrent des compétences et perspectives importantes pour les négociations et les efforts de consolidation de la paix, a-t-elle fait remarquer.  Elle a regretté qu’il n’y ait, à ce jour, aucune femme occupant un poste d’envoyé spécial du Secrétaire général.  Citant la Présidente du Libéria, Mme Ellen Johnson-Sirleaf, la représentante du Royaume-Uni a rappelé qu’il était nécessaire de donner aux femmes une marge de manœuvre au sein de la société civile et du gouvernement, dans les pays émergeant de conflits.  Dans le cadre d’un développement politique et sécuritaire, elle a souhaité que les femmes puissent occuper davantage de postes de direction.


En 60 ans, seulement sept femmes ont été nommées représentantes spéciales du Secrétaire général, a poursuivi Mme Pierce.  Les femmes parmi les Casques bleus ne représentent que 1,9% des troupes de maintien de la paix en avril 2008.  La représentation des femmes est pourtant très importante dans de nombreuses armées nationales, comme l’armée britannique, et comptent dans leurs rangs des femmes officiers.  Mme Pierce a indiqué combien les femmes parmi les Casques bleus permettaient de rendre les forces de maintien de la paix plus proches de la population locale et donc de faciliter le travail des troupes.  Elle a enfin appelé à faire preuve de créativité pour que l’ONU puisse attirer des femmes qualifiées venant de toutes les régions du monde.


M. ZHANG YESUI (Chine) a déclaré que, grâce aux efforts conjugués des Nations Unies, des organisations régionales, des États Membres et des organisations non gouvernementales, le rôle des femmes dans la prévention des conflits, les négociations de paix ou la reconstruction d’après conflit s’est renforcé.  Des principes directeurs se sont enracinés, a-t-il ajouté, avant de constater que les conflits ont évolué et que la résolution 1325 n’a pas encore été pleinement mise en œuvre.  Les femmes souffrent beaucoup des conflits et ne peuvent assurer seules leur propre sécurité, ce qui nuit à leur participation à la vie publique, a-t-il constaté.  Le Conseil de sécurité, en sa capacité de principal organe chargé du maintien de la paix et de la sécurité internationales, doit renforcer la concertation avec l’Assemblée générale, UNIFEM et le Conseil économique et social (ECOSOC), qui ont tous leur propre rôle dans la promotion du rôle des femmes, a déclaré M. Zhang.  Le Conseil de sécurité, a-t-il ajouté, devrait veiller à faciliter la participation des femmes à tous les stades du processus de paix.  


Mme NATALYA PETKEVICH (Bélarus) a demandé que soit renforcé le rôle des femmes dans les processus décisionnels et la gouvernance.  Elles doivent aussi bénéficier d’une protection spéciale du fait de leur vulnérabilité particulière dans les conflits violents.  La représentante a recommandé de chercher à bien comprendre ce qui fait que les femmes sont des cibles de la violence et en même temps qu’elles peuvent participer activement aux efforts de gestion et de prévention des conflits.  Pour assurer une véritable égalité des sexes, elle a invité de façon générale à faire participer les femmes au processus de prise de décisions dans les systèmes politiques.  Mme Petkevich a aussi dénoncé l’utilisation de la violence à l’encontre des femmes comme méthode de guerre.  C’est pour cela que, depuis quelques années, le Bélarus œuvre en faveur de l’élaboration d’un plan d’action général des Nations Unies de lutte contre la traite d’êtres humains.  La représentante a, en outre, appuyé la proposition du Secrétaire général de créer un système de contrôle sur la violence contre les femmes et les filles dans les conflits armés.  Sa délégation, a-t-elle ajouté, estime qu’il faudrait aussi s’attaquer aux causes profondes des conflits, à savoir la pauvreté, l’analphabétisme, l’inégalité sociale, la calomnie et les préjugés nationaux.


M. HILARIO G. DAVIDE (Philippines) a estimé le rapport du Secrétaire général constituait une source d’encouragement et d’espoir.  Il a notamment salué la prise de conscience des parties prenantes inspirée par la résolution 1325.  Cependant, les violences contre les femmes perdurent, a-t-il constaté, ajoutant que les efforts pour y remédier devaient être améliorés et coordonnés.  Le représentant a mis l’accent sur la durabilité des succès obtenus.  À cet égard, les Nations Unies devraient assurer un rôle de chef de file en accordant plus d’importance au transfert efficace des compétences et des capacités aux autorités nationales et locales et aux acteurs de la société civile sur le terrain, permettant l’appropriation nationale des activités d’appui à l’égalité entre les sexes et à l’autonomisation des femmes.  En matière de renforcement des capacités, le représentant a notamment souligné que la formation et l’éducation à la parité devraient, dans le contexte des conflits, inclure la sensibilisation des hommes et des garçons à leur rôle particulier.  Les hommes, qui sont des acteurs prédominants des conflits, devraient comprendre qu’ils sont eux-mêmes les meilleurs agents de la promotion de l’égalité entre les sexes et d’un changement de la culture de l’impunité pour des actes de violence contre les femmes vers une culture de respect des droits fondamentaux des femmes, a-t-il ajouté.


M. CHRISTIAN WENAWESER (Liechtenstein) a constaté que la mise en œuvre de la résolution 1325 a été inégale et lente, et a rappelé qu’à ce jour, une seule femme a été nommée représentante spéciale du Secrétaire général.  Les femmes continuent d’être sous-représentées dans les missions de maintien de la paix.  Il est clair qu’il faut redoubler d’efforts pour assurer une participation égale des femmes, a-t-il ajouté, en rappelant qu’il n’y a que 28% de femmes dans les postes de direction du Département des opérations de maintien de la paix.  Le Liechtenstein soutient donc l’appel, lancé le 19 juin par le Groupe de travail des femmes dirigeantes, au Secrétaire général pour qu’il mette en place un mécanisme permettant de nommer davantage de femmes à des postes d’envoyée spéciale ou de Représentante spéciale.


Il y a un lien évident entre une plus grande participation des femmes à des opérations de maintien de la paix et une réduction potentielle de la violence sexuelle, a affirmé M. Wenaweser.  Dans des régions où les femmes et fillettes tendent à assimiler un personnel en uniforme avec la violence sexuelle, la présence de femmes dans les forces de police des Nations Unies faciliterait l’accès des victimes aux services sociaux et psychologiques et au partage de l’information sur les viols et autres abus sexuels, a-t-il estimé.  Les mandats des missions de maintien de la paix devraient fournir des indications claires, particulièrement aux commandants des forces, sur la manière de protéger les civils, notamment les femmes et fillettes, contre les violences sexuelles, a ajouté le représentant.  M. Weneweser a aussi estimé que les programmes de formation avant le déploiement et en mission devraient enseigner au personnel civil, militaire ou de police des Nations Unies comment reconnaître les violences sexuelles et comment réagir.  Le représentant a par ailleurs rappelé le caractère inacceptable de l’exploitation sexuelle commise par des membres des opérations de maintien de la paix, qui ruine la crédibilité et l’efficacité des opérations de paix, ajoutant que la tolérance zéro est la seule politique possible.


M. ROBERT HILL (Australie) a indiqué que le rapport du Secrétaire général portant sur les femmes, la paix et la sécurité était encourageant.  À la suite de l’adoption de la résolution 1325 (2000), une culture de l’égalité des sexes et du renforcement du rôle des femmes dans les domaines de la paix et de la sécurité est peu à peu en train de se mettre en place.  À cet égard, l’Australie accueille favorablement le rôle premier des Nations Unies dans le renforcement des stratégies internes et des directives dans la mise en place de la résolution 1325.  Le représentant a précisé que le rapport du Secrétaire général mettait en évidence les incidents continus et flagrants de violence sexuelle et sexiste (SGBV).  À cet égard, l’Australie a accueilli les mesures que certains États Membres ont prises pour empêcher et répondre à ce genre de violence.  La formation des forces de sécurité et des fonctionnaires de justice sur la question de la parité entre les sexes, le développement de mesures visant à protéger et réhabiliter les victimes qui ont survécu à ces violences, la sensibilisation sur ces questions sont des éléments clefs pour s’attaquer à ce fléau, a-t-il dit.  M. Hill a conclu son allocution en affirmant que, pour construire une société prospère, durable, sûre et paisible, la moitié de la population ne pouvait être exclue des processus de paix et de la reconstruction nationale dans les sociétés en situation de postconflit.


M. LESLIE K. CHRISTIAN (Ghana) a noté que les femmes contribuent de façon significative aux efforts de médiation, de réconciliation, de DDR, ainsi qu’à la reconstruction des institutions nationales.  Malgré les progrès accomplis, il y a encore du chemin à parcourir avant d’arriver à autonomiser les femmes, a-t-il remarqué.  Pour améliorer la participation de celles-ci, il a invité les États Membres à développer des stratégies à long terme et à adopter des programmes en matière de paix et de sécurité visant spécifiquement la dimension sexospécifique.  Il faut par exemple augmenter le nombre de femmes dans les opérations de maintien de la paix, car elles peuvent faciliter le contact avec les communautés locales.  Le Ghana, qui participe à neuf opérations de maintien de la paix, peut dire aujourd’hui que les femmes ghanéennes représentent 12% de toutes les femmes déployées dans les forces de maintien de la paix.  Le représentant a assuré que les militaires ghanéens qui sont envoyés dans ces opérations sont au préalable formés sur les questions spécifiques au genre.  Il a enfin souhaité qu’un mécanisme de contrôle soit mis en place afin de permettre la pérennité des changements introduits en faveur des femmes.


M. GERHARD PFANZELTER (Autriche) a rappelé que la participation des femmes dans les processus de paix permet non seulement de s’assurer que leurs intérêts sont défendus dans les négociations mais aussi de renforcer leur position dans la phase postconflit.  Se disant encouragé par l’augmentation du nombre de femmes nommées aux postes de représentants spéciaux du Secrétaire général, il a rappelé que sa délégation avait recommandé que l’on en nomme davantage à ces postes ainsi qu’à ceux d’envoyé spécial et de chef de missions de maintien de la paix des Nations Unies.  Le représentant a aussi encouragé les opérations de maintien de la paix déployées sur le terrain à organiser régulièrement des réunions entre représentants et les femmes locales afin de prendre les décisions appropriées concernant la situation des femmes sur le terrain.  Pendant sa présidence de l’Union européenne en 2006, l’Autriche avait adopté une liste de vérification de points concernant la dimension sexospécifique, en intégrant les objectifs de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, qui pourrait servir pour les missions de l’ONU, a rappelé son représentant.


M. Pfanzelter a estimé que le rôle des femmes parmi le personnel des opérations de maintien de la paix peut avoir un impact positif sur le travail accompli par ces opérations, notamment en ce qui concerne les questions sensibles comme les cas de violence sexuelle. L’ONU doit faire davantage d’efforts pour attirer plus de femmes dans les missions de maintien de la paix, a-t-il dit, en constatant qu’elles ne représentent que 2,2% du personnel militaire et 7,6% de la police civile.  L’Autriche a adopté un plan d’action national en 2007, pour mettre en œuvre les dispositions de la résolution 1325.  Le représentant a ajouté que son pays avait organisé une formation pour les militaires autrichiens, avant leur déploiement au sein de l’EUROFOR au Tchad.  Il a enfin rappelé que la Ministre autrichienne des affaires étrangères, Mme Ursula Passnik, avait proposé une conférence d’examen de la résolution 1325, qui serait organisée par l’ONU en 2010.


M. YUKIO TAKASU (Japon) a affirmé que les femmes avaient souvent été exclues des processus de paix, notamment en raison du manque de volonté politique et de la persistance de stéréotypes dont elles sont victimes.  Il s’agit, a-t-il dit, de voir comment l’on peut utiliser le cadre politique de la résolution 1325 (2000) pour réaliser des progrès.  Le représentant a ainsi espéré que la campagne du Conseil de sécurité pour mettre fin à la violence et les mesures prises par les institutions contribueront à renforcer l’action des Nations Unies.  Il a en outre souhaité que le Secrétaire général redouble d’efforts pour nommer davantage de femmes comme représentants spéciaux ou envoyés spéciaux.  Il a mis l’accent sur la nécessité d’adopter une démarche globale pour résoudre les problèmes qui se posent.  La réforme du secteur judiciaire et de l’état de droit est certes importante, mais elle doit s’accompagner de l’accès aux services sociaux de base, a-t-il dit.  De même, selon lui, les femmes ne devraient pas être seulement considérées comme des survivantes de conflits mais devraient aussi avoir un rôle considérable dans la consolidation de la paix et la réconciliation nationale.  


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a indiqué que l’égalité des sexes, ainsi que la prévention et l’éradication de la violence à l’égard des femmes et des filles font l’objet d’une politique d’État dans son pays, aussi bien au niveau interne que pour sa politique étrangère.  Il s’est félicité des mesures que le Secrétaire général propose pour accélérer la pleine mise en œuvre de la résolution 1325 (2000) du Conseil de sécurité, en particulier pour s’assurer que les besoins des femmes sont pris en compte dans les stratégies de prévention des conflits.  Il a aussi apprécié la proposition qui consiste à renforcer le rôle du Conseil de sécurité pour éradiquer la violence sexuelle, en lui permettant d’envoyer des missions d’évaluation sur le terrain.  M. Heller a également réitéré qu’il était nécessaire de sensibiliser les Casques bleus sur l’importance des droits de l’homme, en gardant à l’esprit la dimension sexospécifique.  Le représentant s’est inquiété du nombre croissant de cas d’abus sexuels dont sont victimes les femmes au cours des conflits armés et même pendant la phase de consolidation de la paix.  C’est pourquoi, a-t-il insisté, il faudrait prendre des mesures efficaces pour éviter les violences sexuelles et mettre en œuvre la politique de tolérance zéro pour les Casques bleus.


M. HENRI-PAUL NORMADIN (Canada) a rappelé que dans la résolution 1325 sur les femmes, la paix et la sécurité, le Conseil de sécurité réclamait la participation des femmes et leur association sans réserve à toutes les activités visant à prévenir et régler les conflits et à bâtir une paix durable.  Huit ans plus tard, a-t-il ajouté, la communauté internationale n’a que commencé à répondre a cet appel.  M. Normadin a ainsi fait observer qu’à ce jour, il n’y avait qu’une femme parmi les représentantes spéciales du Secrétaire général et les envoyés spéciaux de l’ONU, il n’y en avait aucune.  Pourtant, il est désormais connu que la participation à part égale et entière des femmes est non seulement juste, mais essentielle à la paix et à la sécurité.


Le représentant a ensuite rappelé que dans son rapport le plus récent, le Secrétaire général avait souligné l’excellent travail exécuté par UNIFEM et le PNUD, entre autres, pour favoriser la participation des femmes aux pourparlers de paix officiels et officieux, notamment ceux en Colombie, en République démocratique du Congo, au Népal, en Somalie et au Soudan.  Le représentant canadien a fait sien l’avis selon lequel toutes les missions de l’ONU devraient compter une conseillère à temps plein en matière d’égalité entre les sexes, dont le travail serait systématiquement intégré tout au long de l’opération et qui disposeraient d’un accès institutionnalisé à la direction de la mission et de ressources stables pour s’acquitter de ses fonctions.  Cela devrait être une pratique normalisée.


M. JOHN PAUL KAVANAGH (Irlande), au nom du Réseau de la sécurité humaine, a rappelé que son pays a choisi la violence fondée sur le genre comme thème de sa présidence tournante du Réseau, un groupe transrégional de 12 états membres et un observateur.  Il s’est félicité de l’adoption de la résolution 1820, qui insiste sur la responsabilité collective de la communauté internationale à combattre la violence sexuelle en période de conflits armés.  Mais si la résolution 1820 est une suite bienvenue à la résolution 1325, il n’en reste pas moins que l’on est encore loin d’une mise en œuvre pleine et entière de cette dernière, a ajouté M. Kavanagh.  Le rapport du Secrétaire général montre la nécessité pour la communauté internationale de redoubler d’efforts à cette fin, a-t-il estimé.


La mise en œuvre de la résolution 1325 n’est pas seulement de la responsabilité du NCS ou du système des Nations Unies, a déclaré M. Kavanagh.  L’adoption de plans nationaux d’action est un moyen essentiel pour les États de démontrer leur engagement.  Dans ce contexte, il a expliqué que l’Irlande entend pour son propre plan national d’action tirer profit de l’expérience de femmes et d’hommes des pays qui sortent d’un conflit, grâce à un partenariat avec le Libéria et le Timor-Leste.  Rappelant que les violences sexuelles constituent une grave violation de toutes les règles de conduite acceptées et un défi pour l’humanité, M. Kavanagh a observé que la Cour pénale internationale définit le viol et autres violences sexuelles comme des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité.  Le Réseau pour la sécurité humaine demande donc au Conseil de sécurité d’œuvrer à ce que de tels crimes soient effectivement poursuivis et que soit éliminée l’impunité.  Il a insisté pour que de tels crimes soient exclus des mesures d’amnistie dans le contexte du règlement des conflits et d’une paix durable fondée sur la réconciliation.


M. PETER MAURER (Suisse) a déclaré prononcer son intervention en complément de celle de l’Irlande au nom du réseau de la sécurité humaine dont, a-t-il rappelé, la Suisse fait aussi partie.  La Suisse, a-t-il ajouté, s’engage à suivre les recommandations formulées par le Secrétaire général dans son rapport.


De l’avis de M. Maurer, ce sont les femmes sur le terrain qui représentent le « vecteur » du changement.  Il est donc préoccupant qu’elles restent encore sous-représentées dans les structures formelles des processus de paix.  Il faut prendre des initiatives visibles pour augmenter leur participation aux tables de négociations, a-t-il ajouté, avant de rappeler les initiatives en ce sens soutenues par la Suisse en Colombie, au Népal ou au Burundi.  En outre, comme les Nations Unies ont un rôle clef à jouer pour l’intégration des femmes, la Suisse soutient le renforcement des capacités « genre » du Département des opérations de maintien de la paix et du Département des affaires politiques.  De la même manière, elle soutient l’intégration de l’égalité des sexes dans l’action humanitaire, par exemple avec le projet du Comité permanent interorganisations, a ajouté le représentant.  M. Maurer a rappelé que le plan d’action national pour la mise en œuvre de la résolution 1325, adopté par la Suisse il y a un an, lui sert de document de référence pour mobiliser les ressources financières et humaines, et permet ainsi à son pays de financer conjointement l’initiative de l’ONU « Non au viol » ou encore d’envoyer davantage de femmes dans les opérations de maintien de la paix.  


M. Maurer a rappelé que le rapport du Secrétaire général constate des faits choquants, par exemple que dans certains conflits, trois femmes sur quatre ont été violées et que les auteurs, à quelques rares exceptions près, ne sont jamais condamnés.  De tels crimes, qui peuvent être constitutifs de génocide, de crimes de guerre ou de crimes contre l’humanité, détruisent le tissu social et économique des communautés, empêchent les femmes de s’impliquer dans le processus de paix et représentent un obstacle majeur à la réalisation des Objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il ajouté.  Leurs auteurs doivent donc impérativement être poursuivis en justice.  Les tribunaux internationaux et, en particulier la Cour pénale internationale, jouent un rôle déterminant dans cette lutte et disposent des outils appropriés, a-t-il estimé.


M. Maurer a enfin déclaré que son pays soutenait l’idée de tenir en 2010, à l’occasion du dixième anniversaire de la résolution 1325, une conférence internationale de haut niveau pour examiner l’état de la mise en œuvre du document.  S’il est vrai que cette dernière a progressé, il reste un écart considérable entre les intentions politiques et la réalité, a-t-il conclu. 

M. MUHAMMAD ALI SORCAR (Bangladesh) a estimé que des efforts concertés étaient nécessaire pour la recherche, l’analyse et le partage des connaissances sur les femmes et les filles dans les situations de conflits armés.  Il a estimé qu’un mécanisme de contrôle basé sur des normes non discriminatoires devrait être établi afin de refléter les progrès réels réalisés et identifier les lacunes dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  Un groupe de travail sur les femmes, la paix et la sécurité pourrait être utile à cet égard, a-t-il observé.  De même, le représentant a affirmé que le Conseil de sécurité devrait entretenir des relations de travail plus importantes et systématiques avec la société civile, les organisations non gouvernementales et les organisations de femmes grâce à davantage de réunions aria ou à autre niveau.  Le représentant a par ailleurs estimé que les pays contributeurs de contingents devaient continuer d’augmenter le nombre de personnels féminins en uniforme et civils. 


M. THOMAS MATUSSEK (Allemagne) a regretté que de nombreux obstacles structurels et institutionnels s’opposent encore à la promotion d’une participation égale des femmes dans tous les aspects du maintien et de la promotion de la paix.  Il a déclaré soutenir la mise en place d’une entité des Nations Unies puissante et efficace consacrée aux questions de genre et a souhaité que le Secrétariat  fournisse rapidement aux États Membres des précisions afin qu’une décision puisse être prise avant la fin de la présente session de l’Assemblée générale.


Le représentant a donné deux exemples de la manière dont l’Allemagne contribue à la mise en œuvre de la résolution 1325, dans le domaine de la formation du personnel des Nations Unies, du personnel de maintien de la paix et de la société civile en vue de garantir une participation égale des femmes.  Il a cité l’exemple du Centre pour les opérations internationales de paix créé en 2002 pour améliorer les capacités de prévention des crises de son pays, et le financement par l’Allemagne du projet pilote Académie mobile de la paix – Omnibus résolution 1325 qui a formé des formateurs dans diverses régions du nord et du sud du Caucase. 


M. Matussek a qualifié l’adoption de la résolution 1820 comme une étape importante qui renforce l’engagement de la communauté internationale à protéger les femmes en situation de conflit et à garantir leur participation à la promotion de la paix et de la sécurité.  Il a annoncé que son pays a décidé de fournir 25 000 euros pour le recrutement d’un spécialiste de politique à la section des meilleures pratiques du Département des opérations de maintien de la paix qui veillera à la coordination du rapport que la résolution 1820 demande au Secrétaire général pour juin 2009.  La personne recrutée sera en outre chargée de définir une stratégie globale pour la mise en œuvre de la résolution 1820 et de préparer des messages clefs pour des stratégies de plaidoyer et de partenariat, y compris avec des pays contributeurs de troupes ou de policiers, a-t-il ajouté.  Le représentant a déclaré que l’Allemagne entend démontrer par cette mesure qu’elle est une « amie de la résolution 1325 ».


M. JUSTIN BIABAROH-IBORO (Congo) a constaté que le recours aux violences sexuelles à l’encontre des femmes et des filles était devenu monnaie courante et que le climat d’impunité généralisé ne favorisait pas une mise en œuvre rigoureuse de la résolution 1325.  Il a ainsi cité les exemples de pratique massive et systématique de crimes sexuels en République démocratique du Congo (RDC), en Ouganda, au Soudan, au Burundi, en République centrafricaine et en Haïti.  En matière de protection et de représentation des femmes, beaucoup reste à faire notamment contre les violences sexuelles et en faveur de l’accès des femmes aux postes de décision, en particulier dans le domaine de la paix et de la sécurité.  S’agissant des mesures visant à renforcer les capacités des États Membres, le représentant a estimé que la communauté internationale, y compris l’ONU, avait un rôle essentiel à jouer dans le renforcement des capacités nationales, notamment en matière de définition des politiques et des stratégies concernant les femmes, la paix et la sécurité.  À cet effet, a-t-il ajouté, il est nécessaire que des ressources financières et humaines accrues soient affectées en vue d’atteindre ces objectifs.  Il a enfin souligné que les Premières Dames d’Afrique, lors de la sixième Conférence de la Mission des Premières Dames d’Afrique (MIPREDA), qui s’est tenue à Brazzaville du 12 au 15 février 2008, avaient adopté, dans l’esprit de la résolution 1325, une déclaration et un plan d’action 2008-2010 visant à renforcer l’implication des femmes dans la gestion, le règlement et la prévention des conflits et la consolidation de la paix.


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a indiqué qu’il était nécessaire de développer des stratégies afin d’assurer l’égalité des sexes même dans les situations de conflit armé.  Il a proposé que les efforts des Nations Unies soient davantage axés sur la promotion des femmes dans les domaines où leur contribution est essentielle.  Elle a ajouté qu’il serait possible d’accroître la participation des femmes dans les opérations de maintien de la paix, en les recrutant notamment en tant que personnel humanitaire.  Cependant, il faudrait faire en sorte que cette mesure n’ait pas un impact négatif sur le nombre de femmes participant à des négociations de paix et intervenant au niveau du processus de décision politique.  À cet égard, le Kazakhstan considère comme utile le fait d’attirer des femmes de renommées mondiales dans les domaines relatifs à la construction et au maintien de la paix.  Il pourrait être par ailleurs utile d’organiser, dans les communautés affectées par les conflits armés, des conseils temporaires qui sont composés des femmes les plus respectées.  Si cela était appliqué au début des conflits, de telles mesures pourraient avoir un effet préventif.  Grâce à leur connaissance des traditions et des coutumes, et aux liens très forts tissés avec la population locale, les membres de tels conseils peuvent servir au développement de voies et moyens alternatifs au règlement des conflits.  Mme Aitimova a enfin indiqué que son pays accueillait favorablement le développement du fichier électronique des Nations Unies pour les candidates femmes.


M. AHMED AL JARMAN (Émirats arabes unis) a déclaré que l’implication des femmes dans les opérations de maintien de la paix reste faible et inefficace par l’absence de volonté politique et de ressources.  Il a donc appelé le Conseil de sécurité et les fonds, programmes et institutions spécialisées des Nations Unies à prendre leurs responsabilités.  Il a demandé une réévaluation de la mise en œuvre de la résolution 1325 afin de traiter les aspects où celle-ci est la plus faible et pour renforcer le rôle des femmes dans les domaines de la prévention, la protection, la participation, l’assistance et le relèvement.


Le représentant a plaidé en faveur d’un renforcement de la coopération entre le système des Nations Unies, les gouvernements, les organisations civiles aux fins de renforcer la mise en œuvre de la résolution 1325.  Il a souhaité que le rôle des Nations Unies et des bailleurs de fonds dans le domaine de l’assistance au relèvement postconflit permette de financer des projets destinés à renforcer les législations sur les droits de l’homme et l’égalité des femmes.  Il a demandé que soient mises au point de nouvelles méthodes en faveur de l’autonomisation des femmes et de leur engagement dans les processus de réforme législative et de démocratisation.  Le représentant s’est prononcé en faveur d’un renforcement des législations nationales, régionales et internationales concernant des commissions d’enquêtes ou tribunaux internationaux indépendants afin de promouvoir les droits de l’homme et le droit international humanitaire, garants des droits des femmes et des fillettes.  Après avoir affirmé que son pays a pris de nombreuses mesures depuis trois décennies en faveur de la promotion des femmes, M. Al Jarman a demandé au Conseil de sécurité de s’acquitter de ses responsabilités en faveur des femmes palestiniennes en exigeant d’Israël qu’il respecte les résolutions des Nations Unies et cesse de violer la quatrième Convention de Genève.


M. JOEL M. NHLEKO (Swaziland) a déclaré que l’adoption de la résolution 1325 avait modifié les attitudes à l’égard des femmes.  Il a précisé que son pays était signataire du Protocole de 2008 sur le genre et le développement de la Communauté de développement de l’Afrique australe (SADC) dont le but est de parvenir, d’ici à 2015, à une parité entre les sexes dans les processus de décisions relatives à la résolution des conflits et la consolidation de la paix.  Il a mentionné la création le 10 avril 2008 d’un Réseau pour les femmes de la Police royale du Swaziland en phase avec le Comité des réseaux de femmes de l’Organisation du Conseil des chefs de police de l’Afrique australe (SARPCCO), dont l’objectif est de promouvoir la mise en œuvre d’instruments internationaux visant l’élimination de toutes formes de discrimination et de violence à l’égard des femmes.  Il a dit la volonté de son pays de former des unités de femmes qui pourront participer à des initiatives d’appui à la paix dans la région.  Il a regretté que, malgré des progrès notables dans la mise en œuvre de la résolution 1325, la violence persistait à l’égard des femmes dans les zones de conflits. 


Si tous les efforts visant à arrêter un conflit échouent, a-t-il encore dit, il faut que la communauté internationale se dote des moyens de faire face aux abus et violences sexuelles et s’assure que les auteurs de ces actes ne restent pas impunis.  Il a estimé qu’il était important de reconnaître que les femmes et les filles étaient des piliers essentiels de toutes les sociétés et que la promotion de leur participation dans les domaines de la vie politique, sociale, culturelle et économique restait cruciale.


Mme GABRIELA SHALEV (Israël), qui a indiqué être la première ambassadrice de son pays auprès des Nations Unies, a affirmé qu’aux niveaux local et régional, Israël était engagé en faveur de la mise en œuvre de la résolution 1325.  Israël, a-t-elle précisé, a amendé sa loi sur l’égalité des droits des femmes dans l’esprit de cette résolution, obligeant le Gouvernement à inclure des femmes dans tout groupe désigné pour des négociations de paix.  La représentante a ajouté que son pays était fier de voir à la tête des négociations de paix avec les Palestiniens la Ministre des affaires étrangères, Mme Tzipi Livni.  Rappelant qu’Israël avait coparrainé la résolution 1820 du Conseil de sécurité, elle a déploré que, dans certaines parties du monde, les femmes étaient toujours victimes de violence et de discrimination.  Dans certains pays, a-t-elle précisé, des femmes et des filles sont tuées par jets de pierres et font face à une répression violente.  La communauté internationale devrait toujours condamner de telles violations des droits fondamentaux de l’homme, a-t-elle conclu.    


M. HJALMAR W. HANNESSON (Islande) a déclaré que la résolution 1325 nécessitait une pleine mise en œuvre.  Il a notamment indiqué que l’impunité continuait d’être un problème majeur, en particulier en ce qui concerne les violences sexuelles.  Bien que des progrès aient été accomplis dans le recul des violences à l’encontre des femmes dans les conflits armés, il n’en reste pas moins que l’accès de celles-ci aux négociations de paix et leur participation à la vie politique restent encore timides.  La délégation est d’avis que la participation égale des femmes et des hommes aux processus de paix est fondamentale pour réaliser une paix et une sécurité durables dans les pays sortant d’un conflit.  M. Hannesson a ensuite annoncé que le Ministère des affaires étrangères de son pays organisera en juin 2009 une conférence internationale à Reykjavik sur la mise en œuvre de la résolution 1325.  En outre, l’Islande a présenté en mars dernier un plan d’action national pour l’application de cette résolution et des actions ont été entreprises parallèlement pour renforcer les activités du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), pour soutenir des projets dans les Balkans, le financement de l’Afghanistan et une présence au Libéria.  « Nous sommes enfin convaincus de l’importance de sensibiliser les personnels de maintien de la paix aux questions relatives aux femmes », a ajouté le représentant.


M. ZAHIR TANIN (Afghanistan) a signalé que dans un pays postconflit comme le sien, l’insécurité était la plus grande menace à la mise en œuvre des trois piliers de la résolution 1325.  Il a déclaré que les « atrocités » perpétrées par les Taliban menaçaient les progrès réalisés par les femmes afghanes.  Où qu’ils aillent, les droits des femmes régressent, a-t-il constaté, évoquant notamment les restrictions imposées à la liberté de mouvement et les attaques qui prennent pour cible des écoles de filles.  M. Tanin a ensuite indiqué que le respect des droits de la femme figurait dans la Constitution afghane et que 26% des sièges de l’Assemblée nationale étaient occupés par des femmes.  Il a également expliqué que le Plan de justice nationale visait à améliorer la participation des femmes dans le secteur judiciaire, et que le Gouvernement afghan s’attachait à améliorer l’accès des femmes aux services de santé.  Il a précisé que 40 000 femmes survivaient désormais à leur accouchement tous les ans, tandis que 40% des écoliers du pays étaient des filles.


M. Tanin a ensuite signalé que le terrorisme entravait la mise en œuvre et le suivi des programmes destinés aux femmes, notamment dans les provinces.  Il a engagé la communauté internationale à appuyer les programmes destinés à sensibiliser l’armée et la police nationale à la question du genre.  Il a cependant estimé qu’une véritable réforme paritaire devait surgir du contexte national d’un pays, dénonçant l’imposition de normes externes.  De son avis, les troupes internationales doivent également participer aux efforts nationaux pour la protection des femmes.  Il a signalé que leur travail permettrait aux femmes afghanes de participer à la vie publique et politique du pays, en facilitant, par exemple, leur accès aux services de santé et aux marchés.  Relevant qu’il existe de nombreuses femmes réfugiées, le représentant afghan a également insisté sur l’importance de la collaboration régionale.  Il a insisté sur l’importance d’assurer la participation des femmes au processus de réconciliation et a estimé qu’il importe de se doter de suffisamment de volonté politique pour transformer les paroles en actes.


M. ZACHARY MUBURI-MUITA (Kenya) a affirmé que les femmes, qui sont toujours victimes des situations de conflit, sont en général exclues des processus de négociation de paix, de justice, de consolidation de la paix et de reconstruction, ou encore des efforts visant à instaurer la stabilité nationale ou à assurer l’assistance humanitaire.  Il est donc essentiel de remédier aux obstacles structurels et institutionnels à une participation égalitaire des femmes et leur pleine implication.  À cet égard, il est important que davantage de femmes soient nommées à des positions de direction tant au Siège que dans les missions, a déclaré le représentant.  Il n’y a actuellement aucun centre unique de coordination et de promotion cohérente des questions de genre au sein du système des Nations Unies, a regretté M. Muburi-Muita, notant qu’il n’existe qu’une structure fragmentée, faible et qui manque de ressources.  Il a souhaité que se concrétise les pas effectués par l’Assemblée générale lors de sa précédente session en faveur d’une véritable architecture de genre au sein des Nations Unies.


M. Muburi-Muita a affirmé que son pays reconnaît le rôle central de l’égalité entre les hommes et les femmes et le rôle essentiel des femmes dans le maintien et la promotion de la paix et de la sécurité.  Il a illustré son propos en rappelant qu’après avoir été particulièrement menacées lors des violences de janvier 2008 dans le pays, les femmes kényennes ont, lors du processus de médiation qui s’en est suivi, participé en tant que « négociatrices de principe » des deux côtés de la table de négociation, ajoutant que deux de ces femmes sont aujourd’hui membres du Gouvernement de la coalition.


M. JORGE ARGUELLO (Argentine) a déclaré que son pays accordait une grande importance à la situation des femmes et des enfants dans les conflits armés et à la participation de celles-ci aux processus de paix.  Actuellement, 26 Argentines participent à des opérations de maintien de la paix à Chypre et en Haïti, a indiqué le représentant, qui a précisé que son pays occupe la deuxième position après l’Uruguay dans la contribution de troupes à la MINUSTAH.  Le Gouvernement argentin soutient en outre la campagne multiannuelle lancée par le Secrétaire général contre les violences perpétrées à l’encontre des femmes, dans le cadre de laquelle l’Argentine a pris une initiative pour sensibiliser à la condition des femmes et des enfants.  La délégation a ensuite lancé un appel en faveur de l’intégration d’une perspective sexospécifique dans la réforme des secteurs de la sécurité, avec pour objectif de créer une atmosphère plus favorable à la participation des femmes.  À cette fin, le Gouvernement a créé le Centre argentin pour la formation conjointe aux opérations de maintien de la paix, a précisé le représentant.  Avant de conclure, il a rappelé la proportion importante de femmes dans les contingents de « Casques blancs », que l’Argentine a mis en place à partir de 1993 pour prêter une assistance humanitaire.


M. JOAO SALGUEIRO (Portugal) a salué l’adoption, en l’an 2000, de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, qui représentait une étape importante dans la promotion et la protection des droits de l’homme.  L’adoption de cette résolution a permis d’attirer l’attention du Conseil de sécurité sur la question de l’égalité des sexes, et sur l’autonomisation des femmes.  Les femmes ont un rôle à jouer dans les situations de conflit – bien au-delà de celui de victimes – en tant que forces de maintien et de consolidation de la paix, a poursuivi le représentant du Portugal.  Il a rappelé que la communauté internationale devrait s’assurer que la voix des femmes serait entendue à tous les niveaux de la prévention des conflits et pendant le processus après conflit. 


M. Salgueiro a indiqué que l’égale participation entre les hommes et les femmes dans les processus décisionnels avait une influence positive sur la sécurité internationale.  Il a rappelé que les conflits avaient un impact très souvent négatif sur les femmes.  Elles sont la plupart du temps les victimes de violences, et notamment des violences sexuelles, utilisées comme une arme de guerre dans les conflits.  Les femmes sont devenues les moteurs de la sécurité économique et contribuent à la survie de leur famille.  Il a conclu son propos en soulignant l’importance de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, et a souhaité qu’un accord sur la consolidation et le renforcement de la structure des Nations Unies pour les femmes soit conclu pendant la session de l’Assemblée générale. 


M. HAMID CHABAR (Maroc) a affirmé que le rôle de la Commission de consolidation de la paix était décisif dans la mise en œuvre de la résolution 1325.  L’intégration de l’approche égalité des sexes dans les stratégies intégrées de consolidation de la paix de la Commission aussi bien au Burundi, en Sierra Leone et en Guinée-Bissau est un exemple de succès devant être reproduit ailleurs, a-t-il dit.  Le représentant a notamment indiqué que son pays avait réalisé des efforts considérables en faveur de la promotion de l’égalité entre les sexes, une mesure clef, a-t-il estimé, pour la réalisation de la bonne gouvernance et des objectifs de développement fixés.  Il a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité d’une prise en compte par les programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR) du sort des femmes qui, dans des situations de conflit, sont recrutées contre leur gré, par des factions armées et forcées à porter des armes.  De même, il convient, a-t-il estimé, de renforcer le secteur de la justice dans sa dimension sexospécifique qui garantirait l’impunité aux coupables de ces violences, de réhabiliter le rôle des femmes aux niveaux politique, économique et social et d’intégrer l’égalité des sexes dans les différents secteurs de la vie publique. 


M. ANDERS LIDÉN (Suède) a affirmé que les femmes doivent être parties à la résolution des conflits armés qui les concernent, elles, leur famille, et leur communauté.  Elles devraient aussi pouvoir participer sur un pied d’égalité dans les négociations et la mise en œuvre des accords de paix.  Quand des femmes font partie de ces processus, que ce soit de manière formelle ou informelle, les chances de parvenir à des solutions durables respectant les droits de l’homme sont plus grandes, a-t-il affirmé.  M. Lidén s’est prononcé en faveur de l’inclusion systématique dans les contingents de Casques bleus et policiers onusiens de conseillers en genre.  Il a également appuyé une formation plus systématique des personnels de police et militaire à ces questions.  Il ne faut pas non plus oublier que les femmes prennent souvent une part active dans les groupes armés, a-t-il ajouté.  Cela signifie qu’il faut aussi tenir compte des questions du genre dans les programmes de DDR, a poursuivi le représentant.  Il faut également prendre en compte les besoins des femmes liées à de tels groupes armés, y compris les femmes et mères qui y ont été incorporées de force, a remarqué M. Lidén.


Le représentant a regretté qu’il existe toujours un déséquilibre entre hommes et femmes à tous les niveaux tant dans les missions qu’au sein du Secrétariat et a déclaré que davantage de femmes devraient être nommées représentantes spéciales du Secrétaire général et envoyées spéciales, ou encore nommées à des postes importants.  Les envoyés du Secrétaire général devraient avoir une vision plus claire des perspectives du genre.  Il n’est plus acceptable qu’on en ignore le contenu ou en néglige l’importance, a ajouté M. Lidén.  De ce fait, toute formation préalable au déploiement de personnel devrait inclure les aspects « genre », a-t-il insisté.  Notant que le manque de ressources constitue une entrave à la mise en œuvre de la résolution 1325, le représentant a suggéré que les propositions faites en faveur d’un mécanisme spécifique soient incorporées dans le prochain rapport du Secrétaire général.


M. Lidén a indiqué les mesures prises par son pays pour mettre en œuvre la résolution 1325, précisant que son pays avait adopté son plan national d’action en 2006, lequel précise que la proportion de personnel suédois féminin dans les opérations de maintien de la paix doit être la même qu’en Suède même.  Le plan encourage en outre les policières ayant plus de huit ans d’expérience à postuler pour des opérations de maintien de la paix.  Le représentant a par ailleurs fait remarquer que la Suède a actuellement un contingent de police exclusivement féminin au Timor-Leste et que la Suède est le premier pays à avoir nommé une femme comme conseillère adjointe de police au Département des opérations de maintien de la paix.  Enfin, il a mentionné que les femmes représenteront la moitié de l’équipe d’observateurs militaires des forces spéciales qui constituera la contribution de la Suède à la FIAS en Afghanistan.   


M. FRANCIS BUTAGIRA (Ouganda) a mis l’accent sur la situation qui prévaut dans son pays et la place des femmes dans la vie politique ougandaise.  Il a insisté sur leur participation aux efforts de réconciliation nationale et de maintien de la paix, comme le stipule la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Le Gouvernement ougandais, a-t-il dit, a pris des dispositions afin de faciliter la participation et l’intégration des femmes dans les accords de paix, comme celui de Juba au Soudan.  Le représentant a cité plusieurs dispositions prises par son pays pour faciliter l’accès et l’égalité des femmes dans la société.  Il a indiqué que plusieurs femmes étaient engagées dans des missions de maintien de la paix, notamment dans les forces de l’ONU au Timor oriental, au Libéria, au Soudan et en Somalie.  M. Butagira a estimé que les difficultés que rencontrent les Gouvernements dans la mise en œuvre de la résolution 1315 viennent, en partie, d’une mauvaise compréhension du texte.  Il a souhaité l’organisation de compagnes de sensibilisation et de séminaires.  


M. HERALDO MUÑOZ (Chili) a déclaré que le Chili avait mis en place en mars 2008 un groupe de travail composé de représentants du Ministère des affaires étrangères, du Ministère de la Défense, ainsi que du Conseil national des femmes et de la société civile, chargé de soumettre d’ici au 8 mars 2009, Journée internationale de la femme, un projet de Plan d’action national de mise en œuvre des objectifs de la résolution 1325 du Conseil de sécurité.  Il a indiqué qu’une première ébauche de Plan avait été présentée le 23 octobre au secteur public et à la société civile afin de permettre une discussion participative qui mènera à un projet final traduisant fidèlement les attentes de la société.  Comme recommandé dans le rapport du Secrétaire général, ce projet de plan veut impliquer, de la meilleure façon possible, tous les organes concernés par la prévention, la gestion et la résolution des conflits existants, en y incluant les perspectives liées à la sexospécificité.


Il a précisé qu’un des principaux objectifs du Plan d’action sera notamment d’adopter une approche soucieuse d’égalité entre les sexes dans le respect de la promotion des droits de l’homme, au Chili comme à l’extérieur de ses frontières; de promouvoir une participation équitable des femmes dans les opérations de maintien de la paix; et de promouvoir l’application de la résolution 1325 dans la région par l’échange d’informations, particulièrement dans le contexte de la MINUSTAH.  Avec l’adoption d’un tel plan dans le contexte de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, a-t-il encore dit, le Chili poursuivra un des principes fondamentaux de sa politique étrangère qui est la promotion des droits fondamentaux de l’homme, sous un angle sexospécifique.  


Mme MONA JUUL (Norvège) a reconnu que l’adoption de la résolution 1325 avait permis de créer au sein du Conseil de sécurité une plus grande conscience de la nécessité d’inclure les femmes dans les processus de paix.  Mais, a-t-elle ajouté, on est loin d’une pleine mise en œuvre du texte et le point de vue des femmes reste souvent ignoré ou négligé dans les négociations de paix.  En outre, femmes et fillettes sont toujours les victimes de l’injustice et des violences sexuelles dans les conflits et la question de l’impunité pour les crimes sexuels reste largement ouverte.  Malgré la politique de tolérance zéro pour les abus sexuels du personnel des opérations de maintien de la paix, des cas sont encore signalés.  Cette situation honteuse doit prendre fin, a déclaré la représentante, qui a insisté sur la nécessité d’établir de meilleurs contrôles internes, de prendre des mesures de prévention plus efficaces et d’assurer de meilleurs moyens pour mener les enquêtes et les poursuites.  La Norvège encourage une nouvelle fois le Conseil de sécurité à agir sur la base de la recommandation du Secrétaire général en faveur de l’établissement d’un mécanisme destiné à prévenir et corriger les violences contre les femmes dans les conflits armés, ajouté Mme Juul.  Elle a souhaité qu’un meilleur système d’audit interne soit mis en place et que des garanties soient fournies pour que les pays contributeurs de troupes poursuivent leurs militaires ayant commis des abus.  Elle a par ailleurs réclamé que les Casques bleus disposent de lignes d’action claires pour protéger les femmes et fillettes.  Il faut, a-t-elle ajouté, renforcer et clarifier les mandats de maintien de la paix au regard de la violence sexuelle et accorder à ces questions encore plus d’importance.


L’utilisation de la violence sexuelle comme tactique de guerre est particulièrement destructrice pour les victimes et les communautés, car elle rend la réconciliation et une paix durables plus difficiles, a rappelé Mme Juul.  C’est pourquoi, l’adoption de la résolution 1820 a représenté un pas très important, a-t-elle ajouté, déclarant attendre avec intérêt le rapport du Secrétaire général sur la mise en œuvre de celle-ci, en juin 2009.  Mme Juul a mis l’accent sur la sécurité des femmes dans les camps de réfugiés, où elles sont particulièrement vulnérables aux violences sexuelles, du fait des conditions de dépendance dont elles souffrent dans de tels camps.  C’est ainsi que, dans ses activités humanitaires, la Norvège veille à  ce que femmes et hommes participent à tous les niveaux de planification et de gestion des camps.  Les femmes doivent être systématiquement enregistrées séparément et traitées comme des individus et non comme éléments de la famille d’un homme, et les femmes seules doivent être séparées des hommes seuls.  Rappelant que la mise en œuvre de la résolution 1325 est d’abord du ressort des États, Mme Juul a déclaré que son pays avait adopté son propre plan national d’action en 2006 et que la mesure a inspiré certains des partenaires de la Norvège.  Elle s’est ainsi dite très encouragée par la place qu’occupent les femmes dans les processus de paix au Népal et au Soudan.


Mme CLAUDIA BLUM (Colombie) a affirmé que les mandats contenus dans la résolution 1325 avaient été incorporés dans différents plans, programmes et politiques mis en œuvre en faveur de la paix et de la sécurité et en vue de promouvoir l’égalité entre les sexes, en particulier grâce au Plan national de développement 2006-2010.  Elle a ainsi fait part de plusieurs initiatives lancées par la Colombie dans ce cadre.  Elle a notamment évoqué la mise en place d’instances dans lesquelles la contribution des femmes peut avoir un impact sur les prises de décisions gouvernementales.  Dans ce cadre, un Conseil communautaire des femmes a été créé qui a permis aux femmes de faire entendre leurs voix dans les départements et les municipalités.  La représentante a également mis l’accent sur l’initiative dite des « laboratoires de la paix », qui à encouragé les pratiques de réconciliation qui luttent contre les causes de la violence au  niveau régional.  Dans la mise en œuvre de cette initiative, qui trouve son origine dans le Programme d’appui au processus de paix en Colombie convenu avec l’Union européenne, le rôle et la participation des femmes sont devenus fondamentaux, a-t-elle expliqué.


Mme KIRSTI LINTONEN (Finlande) a déclaré qu’il était important de travailler à différents niveaux, d’impliquer plus de femmes sur cette question et d’examiner ce qui pouvait être fait en vue d’une approche intégrée du genre dans les domaines de la prévention de conflit, de la gestion de crise et du renforcement de la paix.  À cet égard, elle a estimé que l’adoption d’un plan d’action national sur la mise en place de la résolution 1325 peut être une mesure efficace.  La représentante a ajouté que son pays avait ainsi adopté son plan d’action en septembre qui a permis d’accorder une plus grande attention à la question de l’égalité entre les sexes dans le recrutement pour la gestion des crises civiles et militaires.  La Présidente de la Finlande, Mme Tarja Halonen, a été très active pour appuyer des actions concrètes comme le Colloque international sur l’autonomisation des femmes, le développement de leadership, la paix et la sécurité internationales qui se tiendra l’année prochaine au Libéria, et la Commission internationale des femmes pour une paix israélo-palestinienne juste et durable, a indiqué la représentante de la Finlande.  Elle a conclu en soulignant que les principes directeurs dans le plan d’action national étaient fondés sur le fait que les femmes ne devaient pas être vues seulement comme des victimes mais comme des ressources, souvent même comme une force motrice, afin de renforcer la sécurité mondiale.


M. SAN LWIN (Myanmar) a déclaré que, de tout temps, les femmes ont toujours bénéficié d’une place particulière dans la famille et la société de son pays, et la culture et la tradition sont favorables à la promotion de l’égalité entre femmes et hommes.  Il a estimé que le meilleur moyen de protéger les femmes et les enfants des violences des conflits armés est de prévenir de tels conflits.  Affirmant que le Myanmar a fait l’expérience directe des effets dévastateurs d’une insurrection, il s’est félicité de ce que, grâce aux efforts de son gouvernement, 17 des 18 principaux groupes insurgés du pays aient désormais rejoint un processus légal, le dernier n’étant plus qu’un groupe de hors-la-loi, tout comme les groupes liés au trafic de drogues.  La paix qui prévaut désormais au Myanmar s’est traduite par une amélioration importante de la vie quotidienne de la population civile, particulièrement des femmes et des enfants, a affirmé M. Lwin.


Le représentant a déclaré que sa délégation condamnait les violences commises contre les civils dans les conflits armés, y compris des violences sexuelles à l’encontre des femmes.  Il a toutefois ajouté qu’il faudrait éviter de politiser de telles questions.  La violence sexuelle en tant qu’arme de guerre doit certes être fortement condamnée mais la confection d’allégations et l’utilisation de la désinformation en tant qu’armes de pression politique doivent aussi être l’objet d’une vigoureuse condamnation, a-t-il affirmé.  


M. JOSEPH NSENGIMANA (Rwanda) a souligné que lors du génocide au Rwanda, en 1994, certains des actes violents les plus inhumains avaient été commis contre des femmes et des filles, telle l’utilisation de la violence sexuelle comme tactique génocidaire.  Les auteurs de ces crimes atroces, les ex-FAR/Interahamwe (FDLR), sont au cœur de l’insécurité dans la région des Grands Lacs depuis 1994 et continuent d’être un élément important du conflit actuel dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), a-t-il dit.  De nombreux arrangements et instruments régionaux et internationaux fournissent des mécanismes louables pour traiter de la menace posée par les FDLR, mais peu a été accompli pour les traduire en actes, a-t-il regretté.  Il a jugé impératif que ces arrangements soient mis en œuvre rapidement afin d’aboutir à une solution durable à ce problème qui menace les femmes dans la région des Grands Lacs.  Par ailleurs, le représentant a estimé que la participation des femmes dans le maintien et la promotion de la paix ne serait possible sans une véritable volonté politique.  La gouvernance sans la participation de plus de la moitié de la population n’est pas la gouvernance, a-t-il déclaré. 


Après s’être associé à la déclaration de la France faite au nom de l’Union européenne, M. CARSTEN STAUR (Danemark) a rappelé que le rapport du Secrétaire général, s’il fait état de nombreux points positifs, confirme aussi l’existence de déficits institutionnels et structurels et de défis à l’application de la résolution 1325.  Le rapport note notamment que les violences sexuelles contre les femmes persistent et qu’il faut d’urgence faire des efforts pour poursuivre leurs auteurs, a ajouté le représentant.  Rappelant que son pays a été un des coparrains de la résolution 1820 adoptée en juin, M. Staur a estimé qu’on n’avait jusqu’à présent observé qu’un intérêt limité de la communauté internationale sur la protection des femmes en tant que victimes, et encore moins d’intérêt pour leurs droits à participer sur la base de leurs ressources potentielles.  Il faut changer cet état de fait, a-t-il affirmé.


Le représentant a déclaré que le rôle des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, dans la consolidation de la paix et la reconstruction, peut difficilement être surestimé.  De ce fait, une application de la résolution 1325 est de la plus haute importance.  Depuis son adoption en 2000, le Conseil de sécurité a souvent réitéré la nécessité de promouvoir une participation égale des femmes par le système des Nations Unies, les États Membres et les autres acteurs concernés.  Mais, au bout du compte, c’est le résultat seul qui importe, a-t-il rappelé, avant de s’interroger: « Où sommes-nous, huit ans plus tard?  Avons-nous réellement accru la participation des femmes aux processus de règlement des conflits et de consolidation de la paix? »  « Nous ne le savons pas vraiment.  Les données valables nous manquent.  Ce que nous savons, c’est que nous sommes toujours confrontés à un défi essentiel », a-t-il répondu.  M. Staur a ensuite rappelé que le Danemark avait été un des tous premiers pays à adopter un plan d’action national pour mettre en œuvre la résolution 1325, désormais revu dans le cadre d’une coopération générale avec la société civile danoise.  Le principal objectif de ce plan, a-t-il déclaré, est de parvenir à une participation plus active des femmes dans la consolidation de la paix, aux plans national et international.


Mme LILA HANITRA RATSIFANDRIHAMANANA, Observatrice de l’Union africaine, a rappelé que les femmes, en Afrique, étaient les premières victimes des guerres, des conflits, des mariages forcés, de l’esclavage, du trafic des êtres humains.  L’Union africaine, a-t-elle dit, n’est pas restée insensible et a développé une somme importante d’instruments politiques et juridiques relatifs à la protection et à l’autonomisation des femmes.  Les efforts gagnent aujourd’hui à être mieux concertés pour leur mise en application effective, a-t-elle estimé.  L’observatrice a souligné que la tolérance zéro en matière de violence, de viol, de sexisme, d’abus sur les femmes constituait le « mot d’ordre lancé cette année par l’Union africaine dans le cadre de sa politique stratégique en matière de genre basée sur le respect de la dignité humaine ».  De même, l’Union africaine œuvre au renforcement des voix des femmes dans les processus de paix, surtout dans les pays en conflit et sortant d’un conflit.  Elle s’est ainsi dotée d’un Comité des femmes africaines pour la paix et le développement, une structure consultative très active en matière de plaidoyer pour les droits des femmes, a-t-elle précisé. 


Mme FEKITAMOELOA ÚTOIKAMNU (Tonga), au nom des petits États insulaires en développement du Pacifique, a rappelé que la distinction entre civils et combattants dans les conflits a perdu beaucoup de sa pertinence, ajoutant que l’engagement de civils dans les conflits présente d’énormes menaces pour la sécurité des femmes et des enfants, qui ne peuvent plus d’en remettre aux « filets de sécurité » traditionnels.  Beaucoup de civils combattants sont rejetés par leur communauté en raison des atrocités qu’on leur impute, qu’ils les aient commises volontairement ou sous la contrainte.  Les communautés s’en trouvent fragmentées, parfois d’une manière qui semble irréparable, a ajouté la représentante.  C’est pourquoi, les Nations Unies et les États Membres doivent traiter ensemble de la participation des femmes dans les négociations de paix, les processus de justice et les efforts de maintien de la paix.  Trop souvent négligés en période de conflit, femmes et enfants doivent pouvoir exercer leurs droits à participer pleinement à la reconstruction de leur communauté, a estimé Mme Útoikamnu.


Mme Útoikamnu a demandé qu’une perspective de genre soit intégrée dans tous les aspects de maintien de la paix.  Elle a soutenu l’idée de créer une unité « genre » eu sein du Département des affaires politiques, qui devrait travailler en étroite collaboration avec les points focaux « genre » des Nations Unies.  Elle a encouragé une participation égale et importante des femmes à tous les niveaux de la prise de décisions, notamment dans les négociations de paix en situation postconflit.  Elle a également souhaité qu’on tienne compte des préoccupations des femmes dans les questions de démobilisation et de réintégration, ainsi que de rapatriement et de réinstallation des communautés.    


M. PARK IN-KOOK (République de Corée) a estimé que des progrès certains ont été réalisés depuis l’adoption de la résolution 1325: la visibilité des questions directement liées aux femmes s’est considérablement accrue et on accorde nettement plus d’attention à l’intégration de considérations de genre dans l’adoption de politiques nationales, a-t-il estimé.  Toutefois, ces premiers pas encourageants ne sont pas suffisants.  Les États Membres et la communauté internationale doivent encore produire des résultats concrets.  Les femmes, a affirmé le représentant, continuent de souffrir d’inégalités résultant de procédures de consolidation de la paix qui n’ont pas encore intégré les questions de genre, alors même qu’aucune paix durable ne pourra être acquise si on ne donne pas aux femmes la maîtrise de leur propre sécurité.  On continue d’observer une participation insuffisante des femmes tout au long du processus de paix, a-t-il ajouté.  Le représentant a suggéré comme remède un cadre clair pour la nomination de femmes, afin de leur assurer une participation systématique au processus de paix, y compris dans des positions dirigeantes.  La présence de femmes dans l’ensemble du processus de paix garantira l’inclusion de questions de genre essentielles à différents stades de la sécurité et du maintien de la paix, a-t-il estimé.


M. Park a jugé nécessaire de renforcer la présence des femmes dans la haute direction du maintien de la paix aux Nations Unies.  Il s’est félicité de différentes nominations intervenues récemment en ce sens, tant au Secrétariat de l’ONU que dans diverses missions, et a souhaité que cette tendance se poursuive.  Le représentant a rappelé au Conseil de sécurité de ne pas oublier d’inclure les questions de genre au cœur des mesures qu’il prend en matière de maintien de la paix.  Il a également jugé urgent de fournir au Département des affaires politiques les ressources humaines adéquates en ce sens, étant donné son rôle éminent dans les négociations de paix.  Il a aussi souhaité l’établissement d’une entité consacrée aux questions de genre plus importante et dotée des moyens de veiller à la mise en œuvre effective des résolutions 1325 et 1820, affirmant que son pays envisage une mesure en ce sens lors de la présente session de l’Assemblée générale.  


Déclaration présidentielle


Le Conseil de sécurité réaffirme sa volonté de donner pleinement et effectivement effet à ses résolutions 1325 (2000) et 1820 (2008) concernant les femmes, la paix et la sécurité, et rappelle les déclarations de son président à ce sujet.


Le Conseil prend note du rapport du Secrétaire général sur «femmes, paix et  sécurité » (S/2008/622).


Le Conseil demeure préoccupé par la sous-représentation des femmes à toutes les étapes des processus de paix et de consolidation de la paix et reconnaît qu’il est nécessaire de faciliter la participation pleine et effective des femmes dans ces domaines, compte tenu du rôle primordial qu’elles jouent dans la prévention et le règlement des conflits, ainsi que dans la consolidation de la paix.


Le Conseil demande instamment aux États Membres et aux organisations internationales, régionales et sous-régionales de prendre des mesures pour élargir la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, ainsi qu’à la consolidation de la paix, et pour renforcer leur contribution à la prise de décisions dans ces domaines. Il invite le Secrétaire général à confier à un plus grand nombre de femmes des missions de bons offices menées en son nom, notamment en qualité de représentantes et d’envoyées spéciales.


Le Conseil condamne fermement toutes les violations du droit international commises à l’encontre des femmes et des filles dans les conflits armés, demande instamment que toutes les parties fassent cesser immédiatement et entièrement de tels actes, et demande instamment aux États Membres de poursuivre en justice les responsables d’actes de cette nature.


Le Conseil prie le Secrétaire général de lui présenter en octobre 2009 un rapport sur l’application au cours de l’année à venir de la résolution 1325 (2000), qui contienne des éléments d’information concernant l’impact des conflits armés sur les femmes et les filles dans les situations dont il est saisi, les problèmes et obstacles qui entravent l’élargissement de la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, ainsi qu’à la consolidation de la paix, et énonce des recommandations visant à résoudre ces problèmes.


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