27/08/2008
Conseil de sécurité
CS/9436

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5968e séance – matin & après-midi


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ EXAMINE LES MOYENS D’AMÉLIORER LA TRANSPARENCE DE SES TRAVAUX ET SON DIALOGUE AVEC LES ÉTATS QUI N’EN SONT PAS MEMBRES


Le Conseil de sécurité a examiné aujourd’hui les progrès qu’il a réalisés depuis deux ans et les lacunes qu’il lui reste à combler dans l’amélioration de ses méthodes de travail, notamment sur le plan de la transparence, de l’efficacité et du dialogueavec les États Membres de l’ONU qui ne sont pas membres du Conseil.  De nombreuses délégations ont en particulier mis l’accent sur la nécessité pour le Conseil de sécurité de tenir davantage de réunions publiques.


Au total, 45 pays ont participé à ce débat public, dont l’initiative* revenait au Groupe des cinq petits États (S-5) que forment le Costa Rica, la Jordanie, le Liechtenstein, Singapour et la Suisse.  Le dernier débat en date sur ce sujet remontait à 1994.


Toutes les délégations se sont livrées à une évaluation approfondie de la mise en œuvre des mesures décidées par le Conseil de sécurité, dans unenote distribuée par son Président, en juillet 2006, pour améliorer l’efficacité et la transparence de ses travaux, ainsi que les échanges et le dialogue avec les autres États Membres de l’Organisation.


La présidence belge du Conseil de sécurité pour le mois d’août avait, dans un document de réflexion, centré les termes du débat, de manière à le rendre « constructif et d’une réelle utilité », sur les 63 mesures de la note « dont bénéficient le plus les États non membres du Conseil ».


« Le Conseil de sécurité doit travailler sur ses méthodes de travail, en mettant en œuvre les mesures essentielles prévues dans la note du Président du Conseil », a recommandé le Secrétaire général, en ouvrant ce matin le débat. 


« Assumer la pleine responsabilité de ses mandats est le moteur des travaux de cette Organisation », a ajouté M. Ban Ki-moon, en soulignant l’importance de travailler dans une « unité d’action ».  Le Secrétaire général s’est en particulier félicité du fait que les États membres du Conseil de sécurité se soient engagés à mener des interactions avec les autres membres de l’Organisation, et ce dans la transparence. 


« Alors que le concept de paix et de sécurité évolue et que les États deviennent de plus en plus économiquement et politiquement interdépendants, le Conseil de sécurité doit associer tous les États Membres des Nations Unies à ses travaux », a tenu à souligner le représentant du Japon. 


De très nombreux pays, membres et non membres du Conseil de sécurité, ont plaidé en faveur de la tenue de davantage de séances publiques, afin d’entendre les points de vue d’un cercle plus large d’interlocuteurs.


Les réunions publiques doivent être « la règle et non l’exception, en particulier en ce qui concerne les sujets dont l’examen ne justifie pas un traitement en privé », a estimé le représentant de la France, rappelant que le Conseil de sécurité agissait « pour le compte de l’ensemble des États Membres ».


Pour la Suisse, qui s’exprimait au nom du S-5, l’augmentation substantielle du nombre des séances publiques, qui est déjà effective, ne devrait « cependant pas servir de couverture à une réalité différente, alors que les informations essentielles continuent de se transmettre à huis clos ». 


Le Conseil devrait aussi, a poursuivi le représentant suisse, « chercher à renforcer ses consultations avec les États Membres fournissant du personnel civil et militaire; ainsi qu’avec les principaux contributeurs financiers, avant la création ou le renouvellement du mandat d’une mission ».


Quelques États, comme l’Afrique du Sud ou l’Iran, ont dénoncé de leur côté le fait que des pays membres permanents du Conseil s’attachent à utiliser le Conseil de sécurité à leur profit sur des questions qui les intéressent tout particulièrement.  Cuba, au nom du Mouvement des pays non alignés, a souligné l’importance de « veiller à ce que les résolutions adoptées par le Conseil soient conformes à l’esprit et à la lettre de la Charte des Nations Unies ».  La délégation a souligné qu’il fallait éviter d’avoir recours à l’Article VII de ladite Charte lors de l’examen de question qui ne le justifie pas.


Enfin, la Slovaquie, reprenant l’avis partagé par nombre d’États, a proposé que le rapport annuel du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale soit « plus substantiel et plus analytique », les deux organes devant en outre intensifier leurs discussions interactives sur ce rapport.


Les représentants des pays suivants ont pris la parole: Indonésie, Chine, Jamahiriya arabe libyenne, Croatie, France, États-Unis, Viet Nam, Panama, Costa Rica, Afrique du Sud, Fédération de Russie, Royaume-Uni, Burkina Faso, Italie, Belgique, Japon, Slovaquie, Suisse (au nom du groupe des cinq petits États (S-5), Mexique, Islande (au nom des États nordiques), Nouvelle-Zélande, Australie, Uruguay, Cuba (au nom du Mouvement des pays non alignés), Brésil, Jordanie, Égypte, Kazakhstan, Bélarus, Allemagne, Singapour, Philippines, Canada, Iran, Équateur, Liechtenstein, Argentine, Autriche, Inde, République de Corée, Pays-Bas, Tonga (au nom des petits États insulaires en développement), Pakistan, Guatemala et Pologne.


* Lettre publiée sous la cote S/2008/418



MISE EN ŒUVRE DE LA NOTE DU PRÉSIDENT DU CONSEIL DE SÉCURITÉ S/2006/507


Lettre datée du 4 août 2008, adressée au Secrétaire général par le Représentant permanent de la Belgique auprès de l’Organisation des Nations Unies (S/2008/528)


Déclarations


M. BAN KI-MOON, Secrétaire général des Nations Unies, a affirmé qu’au cours de ces dernières années, le Conseil de sécurité avait eu à faire face à des tâches croissantes dans le domaine du maintien de la paix et de la sécurité internationales.  Le Conseil de sécurité doit travailler sur ses méthodes de travail, en mettant en œuvre les mesures essentielles prévues dans la note du Président du Conseil adoptée en juillet 2006, a recommandé le Secrétaire général.  Des progrès considérables ont été réalisés par le Conseil de sécurité dans la mise en œuvre de ces mesures, a-t-il dit, ajoutant que le Secrétariat avait lui aussi effectué des progrès.  Assumer la pleine responsabilité de ses mandats est le moteur des travaux de cette Organisation, a souligné le Secrétaire général, en ajoutant qu’« il est important de travailler dans une unité d’action tout en étant responsable de nos attitudes et de nos actions ».  M. Ban s’est félicité que les membres du Conseil de sécurité se soient engagés à mener des interactions avec les autres membres de l’Organisation, et ce avec transparence.  Depuis 1994, année où le Conseil de sécurité s’est penché pour la première fois sur cette question, le chemin a été très long, a-t-il expliqué, en souhaitant qu’il y ait une consolidation des acquis et que de nouveaux progrès soient accomplis.  Il a affirmé qu’il apporterait tout son appui pour faire en sorte que les efforts menés à cet égard soient couronnés de succès. 


M. MARTY NATALEGAWA (Indonésie) a noté que « trop souvent » des réunions du Conseil de sécurité étaient convoquées à la dernière minute.  Il a ainsi souhaité que le Conseil améliore son système de diffusion de l’information en vue de répondre à l’intensification accrue des travaux de cet organe.  Il a poursuivi son intervention en estimant que les rapports du Secrétaire général soient, autant que possible, présentés et examinés dans le cadre de débats publics.  Le représentant indonésien a aussi plaidé pour que tous les membres du Conseil de sécurité puissent bénéficier du temps nécessaire à l’examen approfondi des questions traitées.  Il a également souhaité qu’en marge de la multiplication des débats publics, les processus de consultation informels soient renforcés, par le biais notamment de la valorisation de mécanismes similaires aux « Groupes des amis ».  Pour ce qui est des échanges avec des non-membres du Conseil, M. Natalegawa a estimé que les interactions de ce type doivent être inclusives et transparentes. 


M. LI KEXIN (Chine) a rappelé que le fonctionnement du Conseil de sécurité dépendait de la volonté politique de ses membres et, dans une certaine mesure, de l’efficacité de ses méthodes travail.  La charge de travail du Conseil de sécurité est allée croissante et est très lourde aujourd’hui, a-t-il dit.  Le Conseil doit disposer de méthodes de travail plus scientifiques pour assumer ses responsabilités et affronter les défis qui se posent à la paix et à la sécurité internationales, a-t-il affirmé.  Selon le représentant, le Conseil de sécurité a réussi à travailler avec davantage de transparence et à interagir avec les États qui n’en sont pas membres.  Améliorer les méthodes de travail est une entreprise de longue haleine, dans laquelle il convient de travailler par étapes, en ayant la volonté de persévérer et en gardant à l’esprit le besoin de parvenir à des résultats bien concrets, a dit le représentant.  La Chine, a-t-il poursuivi, est d’accord pour que le Conseil se réunisse davantage dans le cadre de réunions publiques en vue d’une meilleure transparence, tout en garantissant leur nature interactive et en veillant à que ces réunions ne soient pas trop longues.  Le Conseil de sécurité doit également s’efforcer d’entendre les avis de toutes les parties concernées, et les pays fournisseurs de contingents aux opérations de maintien de la paix doivent être également encouragés à participer à ces réunions, a préconisé le représentant. 


M. GIADALLA A. ETTALHI (Jamahiriya arabe libyenne) a déclaré que la réforme des méthodes de travail du Conseil de sécurité était cruciale pour renforcer la transparence des pratiques, dans leur ensemble, en vigueur au sein de l’ONU.  Il nous faut poursuivre les efforts en cours, a-t-il ajouté, en visant l’établissement d’un équilibre entre la tenue de réunions officielles et officieuses.  Le représentant a également estimé que les processus de consultation devaient être plus transparents et plus élargis, en évitant autant que possible de cantonner les discussions les plus urgentes à huis clos.  Nous sommes redevables à la totalité des États Membres, a-t-il dit, estimant qu’il était impératif que le Conseil de sécurité sorte de l’opacité dans laquelle nombre de ses résolutions importantes, qui relèvent du maintien de la paix et de la sécurité internationales, sont élaborées.  Le représentant a aussi souhaité que le Conseil de sécurité évite les annonces tardives de tenue de réunions, qui donnent lieu à l’arrivée à des échanges qu’il a qualifiés de « strictement rhétoriques ». 


M. NEVEN JURICA (Croatie) a estimé que le Conseil de sécurité était aujourd’hui un organe plus robuste qu’autrefois.  Comment faire en sorte que le Conseil puisse s’acquitter de son mandat, sachant notamment que son ordre du jour s’est accru? s’est-il interrogé.  Il s’est félicité du travail accompli par les États qui sont membres du Conseil et par ceux qui n’en font pas partie.  Le représentant a dit que sa délégation souscrivait aux recommandations figurant dans la note du Président du Conseil de sécurité de juillet 2006.  Le Conseil de sécurité peut envisager de consulter davantage, dans ses délibérations, les pays concernés, et en particulier les pays qui fournissent des contingents, ainsi que les pays d’accueil d’opérations de maintien de la paix ou ceux qui sont la cible de sanctions, a estimé M. Jurica.


M JEAN-PIERRE LACROIX (France) a déclaré que la réforme de ses méthodes de travail devait permettre au Conseil de sécurité d’agir efficacement et de manière transparente avec l’ensemble des États Membres de l’ONU.  Il a souhaité que soit accrue la part d’informations portant sur les activités du Conseil et circulant entre les membres de cet organe et les États qui n’en sont pas membres.  Il a ainsi plaidé pour que les réunions publiques soient la règle et non l’exception, en particulier sur les sujets dont l’examen ne justifie pas un traitement en privé.  L’ouverture du Conseil sur l’extérieur et l’intensification de sa transparence répondent bien à l’objectif d’efficacité que nous nous sommes fixés, a encore dit le représentant, tout en rappelant que le Conseil de sécurité agissait « pour le compte de l’ensemble des États Membres ».  Il a par ailleurs souhaité que les processus de consultations restent ce qu’ils sont, ceux-ci ne nécessitant pas de codifications supplémentaires.  Le représentant français a aussi déclaré que le mode d’inscription de questions à l’ordre du jour du Conseil devait refléter avec précision la substance des travaux du Conseil de sécurité. 


M. ALEJANDRO D. WOLFF (États-Unis) a souligné que depuis plus d’une décennie, beaucoup d’efforts avaient été réalisés pour que l’information concernant les activités du Conseil soit mise à la disposition des autres États Membres qui n’en font pas partie.  Le Conseil de sécurité a publié un certain nombre de notes du Président démystifiant les travaux du Conseil et concernant par exemple l’ordre du jour, les rapports annuels, les séances d’information, etc., a-t-il expliqué.  La réceptivité aux mesures prises par le Conseil n’est malheureusement toujours pas satisfaisante, a-t-il regretté.  Selon le représentant, bien que le Conseil de sécurité tienne souvent des séances publiques, la salle du Conseil, reste bien souvent à moitié vide.  Le fait que le Conseil ait mieux défini ses réunions n’a donc, semble-t-il, pas motivé davantage les États non membres à y participer, a-t-il ajouté. 


M. LE LUONG MINH (Viet Nam) a salué la tendance qui a abouti à ce qu’un nombre plus important de réunions publiques du Conseil de sécurité soient organisées, notamment afin de promouvoir plus de transparence et d’efficacité en ce qui concerne les travaux de cet organe.  Il s’est également félicité de la présence accrue, au cours de ces réunions des États non membres du Conseil et de l’intensification concomitante des processus de consultations privés qui président aux décisions concernant la tenue des réunions publiques.  Il a ensuite souhaité que les organisations régionales et internationales participent davantage aux consultations organisées par le Conseil de sécurité, en particulier celles portant sur l’élaboration du programme annuel du Conseil.  M. Minh a également souligné la nécessité que les travaux du Conseil demeurent cantonnés aux limites du mandat confié à cet organe par la Charte et les États Membres, à savoir le maintien de la paix et de la sécurité internationales.  La transparence ne doit pas aboutir à faire du Conseil une instance reprenant à son compte le traitement de questions relevant du mandat d’autres organes de l’ONU, notamment l’Assemblée générale, le Conseil économique et social (ECOSOC), ou encore les agences de l’ONU spécialisées dans le développement et les droits de l’homme, a encore dit le représentant. 


M. RICARDO ALBERTO ARIAS (Panama) a estimé que les méthodes de travail du Conseil de sécurité ne constituaient pas une fin en soi, mais une façon de s’acquitter au mieux du mandat et des responsabilités qui lui ont été confiés par la Charte des Nations Unies.  Le Conseil de sécurité aura toujours un problème de représentativité, a-t-il également affirmé.  Pour le Panama, en effet, la composition du Conseil ne tient pas compte de la réalité et du besoin de représentation du vrai monde actuel.  Tous les États Membres devraient être autorisés à assister aux séances du Conseil, et les rapports du Secrétariat devraient être portés à la connaissance des États Membres en temps opportun, a-t-il poursuivi. 


M. JORGE URBINA (Costa Rica) a noté d’emblée l’hésitation de certains membres du Conseil de sécurité à avoir un débat sur la réforme des méthodes de travail de cet organe.  Cette attitude doit évoluer, a-t-il estimé, ajoutant que les comportements cherchant à faire du Conseil un organe « exclusif » devaient cesser au nom du principe de responsabilité du Conseil à l’égard de l’ensemble des États Membres des Nations Unies.  M. Urbina a souhaité que les processus de consultation, indispensables à la recherche nécessaire des compromis, soient conduits de manière transparente, éloignée de la défense des intérêts particuliers et s’appuyant sur une communication qui soit la plus claire possible.  Le représentant a également souhaité que la tenue de réunions publiques devienne la règle.  Ces réunions nécessitent un degré de préparation plus important et requièrent une plus grande responsabilité de notre part, a-t-il dit.  Il a estimé que le Secrétariat avait le devoir de faciliter la mise en place des réunions publiques au titre du renforcement des normes de transparence et de responsabilité et, ainsi, de proposer, dès qu’il est possible, des formats publics pour toutes les réunions du Conseil de sécurité.  Il reviendrait alors aux membres du Conseil de convaincre le Secrétariat, dans les cas jugés nécessaires et indispensables, de suggérer un format privé pour telle réunion ou telle autre. 


M. DUMISANI S KUMALO (Afrique du Sud) s’est félicité des améliorations apportées aux méthodes de travail du Conseil de sécurité.  Il s’agit, a-t-il dit, de mesures importantes visant à améliorer l’efficacité et la transparence des travaux du Conseil.  Il faut s’assurer de leur pleine mise en œuvre, a-t-il ajouté.  Au cours des 60 dernières années, le Conseil de sécurité a constaté l’érosion progressive de sa crédibilité et de son autorité, a estimé M. Kumalo.  Le Conseil de sécurité doit être réformé de manière à traiter sur un pied d’égalité l’élargissement de ses deux catégories de membres et l’amélioration de ses méthodes de travail, a-t-il recommandé.  Il a également dénoncé le fait que les pays membres permanents du Conseil aient cherché à utiliser à leur profit cet organe sur des questions qui les intéressent tout particulièrement.  Le problème se trouve compliqué lorsque le Conseil traite de questions qui impliquent la participation de groupes d’amis ou de groupe de contact auxquels participent des pays non membres du Conseil, a-t-il poursuivi.  Ces petits groupes sont dominés, ou entièrement composés de pays développés, a fait remarquer M. Kumalo.  Le Conseil de sécurité pourra améliorer sa crédibilité en s’acquittant uniformément du mandat qui lui a été confié par la Charte des Nations Unies, a-t-il ajouté, en plaidant pour que le Conseil devienne un organe réellement représentatif qui fonctionne de manière efficace et prévisible.   


M. KONSTANTIN K. DOLGOV (Fédération de Russie) s’est dit favorable à l’accroissement du niveau d’efficacité des travaux du Conseil de sécurité.  L’impératif est de conserver le caractère opérationnel de cet organe, en lui donnant les moyens de veiller au maintien de la paix et de la sécurité internationales, a-t-il ajouté.  Le représentant a salué les progrès enregistrés au cours des dernières années, qui ont été marquées, a-t-il rappelé, par la tenue d’un nombre toujours plus important de réunions publiques et de processus de consultations incluant un large éventail d’acteurs internationaux d’horizons divers.  Il a ensuite suggéré de renforcer la participation aux travaux du Conseil des pays fournisseurs de contingents.  Celle-ci doit se faire dès les premières étapes du montage des opérations de maintien de la paix de l’ONU.  Le représentant a de plus appelé de ses vœux la revitalisation du Comité d’état-major des Nations Unies, ceci en vue de fournir une expertise militaire plus efficace au Conseil dans le cadre de l’élaboration des opérations de maintien de la paix. 


M. JOHN SAWERS (Royaume-Uni) a déclaré que le Conseil de sécurité devait travailler de manière beaucoup plus efficace et transparente.  Il a notamment ajouté que son pays avait joué un rôle très actif dans l’élaboration de la note 2006 du Président dont il est question aujourd’hui.  Le représentant s’est dit également favorable à l’organisation de réunions selon la formule « aria » qui permet d’entendre les points de vue d’un large cercle d’interlocuteurs, comme ce fut le cas pour la Somalie.  De même, il conviendrait de réfléchir aux moyens d’ouvrir les travaux du Conseil de sécurité aux États non membres, a recommandé M. Sawers.  Il a constaté, pour s’en féliciter, le fait que le Conseil avait de plus en plus d’interactions avec les organisations régionales.  Le représentant a en outre plaidé en faveur d’un ordre du jour du Conseil qui soit actualisé et beaucoup plus clair.  Il a exprimé enfin l’engagement de son pays à faire en sorte que le Conseil de sécurité soit aussi transparent et efficace que possible.


M. MICHEL KAFANDO (Burkina Faso) a déclaré que des efforts supplémentaires devaient être consentis pour une meilleure information et une prise en compte améliorée des vues exprimées par les États non membres du Conseil de sécurité.  Cela, a-t-il dit, implique notamment que le recours au format du débat public soit privilégié et que plus de séances publiques d’information soient animées par les présidents des organes subsidiaires, ainsi que les envoyés et représentants spéciaux du Secrétaire général et du Conseil.  Il a en outre estimé que le rapport du Conseil à l’Assemblée générale soit plus analytique et que l’élaboration des résolutions puisse bénéficier du temps nécessaire pour ce faire.  Pour ce qui est de l’efficacité des travaux du Conseil, M. Kafando a indiqué que la publication et la distribution des rapports dans toutes les langues officielles était une condition fondamentale pour permettre aux délégations de faire des contributions substantielles lors des débats.  Une meilleure présentation des points et une rationalisation de l’ordre du jour participent également de l’amélioration des travaux du Conseil de sécurité, a-t-il encore dit.  Le représentant burkinabè a ensuite jugé que le Conseil gagnerait à renforcer sa communication avec les pays fournisseurs de troupes en ce qui concerne les informations relatives aux opérations de terrain.  Il a par ailleurs estimé qu’un examen approfondi des procédures d’inscription et de radiation des listes des Comités des sanctions devait être mené, de manière à les rendre plus transparentes et conformes aux instruments de défense des droits de l’homme. 


M. GIULO TERZI DI SANT’AGATA (Italie) a mis l’accent sur l’importance de la réunion d’aujourd’hui, estimant que trop de temps s’était écoulé depuis le dernier débat consacré à la question à l’ordre du jour.  La réforme des méthodes de travail du Conseil représente pour l’Italie un objectif prioritaire dans le cadre du processus de réforme touchant l’ensemble de l’Organisation, a dit M. Sant’Agata.  Il a précisé que l’objectif fixé par son pays au Conseil était de répondre aux attentes des Membres de l’Organisation et d’éviter que l’inertie ne frappe le Conseil de sécurité.  L’Italie est attachée à une réforme globale du Conseil de sécurité, et ce sous tous ses aspects, a-t-il dit.  La transparence, l’ouverture, l’efficacité et l’interaction avec le reste des Membres de l’Organisation sont essentielles pour une amélioration des méthodes de travail du Conseil de sécurité, a-t-il affirmé.  Le « Mouvement uni pour un consensus », dont l’Italie fait partie, a toujours eu pour objectif un dialogue constructif avec le reste des Membres, notamment sur les méthodes de travail du Conseil, a-t-il souligné.  Le représentant a également plaidé en faveur d’une bonne coopération entre le Secrétariat et le Conseil de sécurité, qu’il a souhaitée plus efficace. 


M. JAN GRAULS (Belgique) a déclaré que la crédibilité du Conseil de sécurité reposait notamment sur sa capacité à agir de manière rapide et efficace.  Pour répondre au défi de la transparence et de l’interaction, le Conseil doit privilégier une approche pragmatique, a-t-il préconisé, les progrès réalisés ces dernières années montrant que le Conseil a adapté ses méthodes de travail à travers une approche graduelle.  M. Grauls a ajouté que c’était avant tout les membres mêmes du Conseil qui sont responsables de l’amélioration de leur manière de travailler, la présidence jouant un rôle important à cet égard.  C’est ainsi que M. Grauls a précisé que la présidence belge, en juin 2007 et en août 2008, avait invité des États ayant une contribution particulière à participer à des débats publics.  La Belgique a aussi fait en sorte que les États non membres directement intéressés par une question prennent la parole avant les membres du Conseil. 


Jan Grauls a ensuite estimé qu’il importait de réfléchir sur de nouvelles mesures à prendre, qui soient concrètes, constructives et réalisables à court terme.  À cet égard, il a proposé que les délibérations des membres du Conseil s’appuient sur d’avantage d’interactions avec les États Membres qui seraient liés à un conflit.  Il a recommandé que soient poursuivis les exposés du Président en exercice de la Commission de consolidation de la paix et, enfin, que soient renforcés les échanges entre le Conseil et les organisations régionales et sous-régionales, qui, a-t-il dit, jouent un rôle important dans les efforts de médiation et dans la conduite des opérations de maintien de la paix. 


M. TAKAHIRO SHINYO (Japon) a déclaré que l’amélioration des méthodes de travail du Conseil de sécurité profitait aussi bien à ses membres qu’à ses non-membres.  Alors que le concept de paix et de sécurité évolue et que les États deviennent de plus en plus économiquement et politiquement interdépendants, le Conseil de sécurité doit associer tous les États Membres des Nations Unies à ses travaux, a-t-il expliqué.  Le Conseil, a-t-il ajouté, doit lui-même jouer le rôle de chef de file dans la conduite de ces efforts.  Il est essentiel que les États qui ont des intérêts ou des responsabilités particuliers concernant certains points à l’ordre du jour soient associés aux travaux du Conseil, a estimé le représentant.  Le Conseil pourrait tirer un grand parti de relations plus interactives avec l’Assemblée générale ou d’autres organes, a-t-il également souligné.  Des questions transversales méritent d’être examinées par le Conseil de sécurité et par l’Assemblée générale en même temps, a-t-il ajouté.  Le nombre croissant de réunions ou de débats publics est satisfaisant, a en outre souligné M. Shinyo, estimant que les États devaient y faire néanmoins des interventions plus ciblées.  Le représentant a par ailleurs mis l’accent sur la nécessité de chercher à accroître le nombre de membres du Conseil de sécurité, ce qui, selon lui, aurait une incidence positive sur l’amélioration de ses méthodes de travail.


M. MICHAL MLYNÁR (Slovaquie) a déclaré que l’avis général était que l’augmentation de la tenue du nombre de séances publiques et d’information du Conseil de sécurité, ainsi que l’ouverture des débats à des représentants d’organisations régionales et sous-régionales, ont contribué au cours des dernières années à renforcer l’accès du public et des États Membres aux travaux du Conseil.  Rappelant qu’en 2007 son pays a présidé le Groupe de travail sur les méthodes de travail du Conseil de sécurité, le représentant a noté qu’en dépit des progrès accomplis dans la définition des mesures à mettre en œuvre pour améliorer la transparence et l’efficacité des travaux du Conseil, des efforts supplémentaires devaient encore y être consentis.  Il a notamment recommandé d’augmenter le nombre de réunions basées sur la formule « Aria » et celui des consultations régulières entre les États membres et non membres du Conseil.  Il a aussi plaidé pour une revitalisation des réunions privées du Conseil de sécurité avec les pays contributeurs de troupes, qui, selon lui, sont devenus trop formelles.  M. Mlynár a, enfin, suggéré que le rapport annuel du Conseil de sécurité à l’Assemblée générale soit plus substantiel et plus analytique, les deux organes devant en outre intensifier leurs discussions interactives sur ce rapport.


M. ANDREAS BAUM (Suisse), qui s’exprimait au nom du « Groupe S-5 », qui comprend également le Costa Rica, la Jordanie, le Liechtenstein et Singapour, a salué l’augmentation substantielle du nombre des séances publiques.  Ces dernières ne doivent cependant pas, selon lui, servir de couverture à une réalité différente, alors que les informations essentielles continuent de se transmettre à huis clos.  Il a également espéré que les briefings présentés aux non-membres sur le programme de travail mensuel continueront d’être organisés systématiquement par les prochaines présidences du Conseil.  Il a toutefois regretté qu’à l’issue d’importantes consultations, les briefings n’aient lieu qu’au cas par cas et continuent de dépendre du bon vouloir ou du temps que veulent leur consacrer des membres d’une délégation ou d’une autre mission.  Il a invité le Conseil à examiner la façon dont des tierces parties directement affectées pourraient entrer en rapport et dialoguer sur des points particuliers avec les organes concernés.  Le Conseil devrait aussi, selon lui, chercher à renforcer ses consultations avec les États Membres fournissant du personnel civil et militaire ainsi qu’avec les importants contributeurs financiers, avant la création ou le renouvellement du mandat d’une mission. 


M. CLAUDE HELLER (Mexique) a déclaré que malgré les efforts consentis pour améliorer les méthodes de travail du Conseil de sécurité, il subsistait toujours un grand nombre d’objectifs importants à atteindre.  Il a ajouté qu’il était opportun de tenir un maximum de réunions publiques et de séances d’information, en vue notamment de tenir au courant l’ensemble des États Membres de l’ONU sur les activités menées dans le domaine de la paix et de la sécurité.  M. Heller s’est toutefois interrogé sur l’utilité des débats publics et thématiques, à l’issue desquels peu d’initiatives sont prises ou sont suivies d’effet.  Il nous faut repenser les objectifs assignés à ces réunions, a-t-il dit, avant de souligner l’importance des exposés qui, selon lui, permettent aux États Membres de mieux garder le contact avec les situations sur le terrain et de pouvoir adapter à cette aune les actions à mener.  Le représentant mexicain a en outre insisté sur la nécessité de renforcer la coopération entre États membres et non-membres du Conseil de sécurité ainsi que celle entre le Conseil et les organisations régionales, les questions de fond devant selon lui être traitées de manière transparente et intégrée. 


M. HJÁLMAR W. HANNESSON (Islande), qui s’exprimait au nom des États nordiques, que sont également le Danemark, la Finlande, la Norvège et la Suède, a jugé de la plus haute importance que le Conseil de sécurité soit informé de manière continue des aspects politiques des questions inscrites à son ordre du jour.  La régularité et la qualité des exposés faits aux non-membres du Conseil ont augmenté, ce qui, s’est-il réjoui, a eu des conséquences positives en matière de transparence.  Il a souhaité également que le rapport annuel sur les activités du Conseil, transmis à l’Assemblée générale, soit rendu plus analytique.  Le représentant a également rendu hommage aux activités liées à confection de l’indépendant « Security Council Report » qui, selon lui, contribuent à rendre les travaux du Conseil de sécurité plus transparents et plus prévisibles.  Il a, de même, exhorté le Conseil de sécurité, lorsque cela est possible, à rendre les projets de résolution et de déclaration présidentielle disponibles auprès des États non membres dès que ces textes sont présentés dans des consultations officieuses.


Mme KIRSTY GRAHAM (Nouvelle-Zélande) a estimé que les informations essentielles devaient être partagées dans le cadre de réunions publiques, et non pas lors de consultations privées.  À cet égard, elle a recommandé que le choix du format des séances soit expliqué à l’occasion des remarques d’ouverture des présidents du Conseil de sécurité.  Mme Graham a également souhaité que les processus de consultations soient plus facilement ouverts aux échanges de vues recueillant les positions des pays les plus directement concernés par telle ou telle décision, y compris les non-membres du Conseil.  C’est encore en ce sens qu’elle a souhaité que les projets de textes et de documents, en particulier de résolutions, soient systématiquement partagés avec les États non-membres du Conseil, et ce le plus tôt possible.  La représentante de la Nouvelle-Zélande a de plus estimé nécessaire de développer les interactions entre le Conseil, la Commission de consolidation de la paix, les organisations régionales, l’ECOSOC et les pays contributeur de troupes.


M. ANDREW GOLEDZINOWSKI (Australie) a dit qu’il attendait des délibérations du Conseil de sécurité qu’elles soient transparentes et que celui-ci puisse rendre compte de son action.  Le Conseil de sécurité a un sérieux problème d’image à l’extérieur, a-t-il estimé, notant qu’on le considérait souvent comme un club fermé qui veillait jalousement sur ses privilèges et ses intérêts spécifiques.  La réforme des méthodes de travail du Conseil de sécurité peut contribuer à améliorer son image, a-t-il ajouté.  Il a souhaité que le Conseil de sécurité se fixe comme objectif, comme toute organisation moderne et efficace, d’être responsable et transparent.


M. CANCELA (Uruguay) a estimé que la participation des États non-membres du Conseil de sécurité aux travaux de cet organe était une question devant être traitée de manière prioritaire, notamment lorsque les intérêts de ces pays sont directement affectés par les décisions du Conseil.  Concernant les pays fournisseurs de troupes, il a indiqué qu’ils devaient être tenus informés de ce qui se passe dans les missions auxquelles ils participent et consultés directement en cas de projets de reconfiguration des opérations de terrain.  Pour ce qui est de la participation des organes subsidiaires, comme les comités de sanctions, le représentant a souhaité que les États qui connaissent des difficultés du fait de leur inscription sur les listes des comités puissent participer davantage aux réunions en vue de pouvoir accéder aux instances de recours auxquels ils ont droit.  Le représentant a en outre plaidé pour l’adoption d’un train de mesures d’amélioration des méthodes de travail du Conseil, cela avant même d’aller plus loin dans la réforme de la composition de cet organe, ces deux questions étant selon lui distinctes. 


Mme ILEANA NUNEZ MORDOCHE (Cuba), qui s’exprimait au nom du Mouvement des pays non alignés, qui comprend 1 118 membres, a affirmé que ce débat public constituait un pas dans la bonne direction.  Selon elle, la réforme du Conseil de sécurité ne doit pas se limiter qu’aux seules questions de représentation équitable ou d’élargissement du nombre de ses membres, mais aussi aux questions de fond, aux méthodes de travail, et à la façon dont le Conseil prend ses décisions.  Si certaines améliorations ont été apportées aux méthodes de travail, les progrès demeurent néanmoins insuffisants, a-t-elle estimé.  La transparence, l’ouverture et la cohésion sont des éléments fondamentaux que le Conseil de sécurité doit prendre en compte dans toutes ses activités, a-t-elle ajouté.  Elle a appelé le Conseil de sécurité à prendre des mesures immédiates, comme celles d’augmenter le nombre de séances publiques, en veillant à ce que celles-ci fournissent l’occasion de tenir compte de l’avis de tous les États Membres des Nations Unies.  Il convient en outre de continuer à renforcer les relations avec le Secrétariat et les pays fournisseurs de contingents, a préconisé Mme Nuñez Mordoche.  La représentante a aussi mis l’accent sur la nécessité de défendre la primauté de la Charte des Nations Unies en ce qui concerne les fonctions et les pouvoirs du Conseil de sécurité, et de veiller à ce que les résolutions adoptées par le Conseil soient conformes à l’esprit et à la lettre de la Charte.  De même, il faut éviter d’avoir recours à l’Article VII de la Charte lors de l’examen de question qui ne le justifient, le Chapitre VII devant constituer, a dit la représentante estimé, un dernier recours.   


Mme MARIA LUIZA RIBEIRO VIOTTI (Brésil) a recommandé que des exposés détaillés soient faits aux États non-membres du Conseil de sécurité, chaque fois que les membres du Conseil procèdent à la tenue de consultations privées.  Aux fins de l’amélioration des méthodes de travail du Conseil, elle a également jugé opportun de partager les projets de résolution et de déclarations présidentielles, dès que possible, avec l’ensemble des États Membres, notamment ceux les plus directement concernés par les décisions prises par le Conseil.  Mme Viotti a de plus plaidé en faveur de l’organisation soutenue de débats publics, en particulier en amont de l’examen de telle ou telle question de fond.  La représentante brésilienne a ensuite lié le thème des méthodes de travail avec celui de la composition du Conseil de sécurité, les deux aspects de la réforme devant selon elle être menés de front.  Modifier les méthodes de fonctionnement de cet organe sans élargir sa composition est une approche dénuée de réalisme politique, a-t-elle dit, avant d’estimer que les négociations intergouvernementales sur la réforme du Conseil devaient commencer sans délais ou conditions, sur une base inclusive et dans le respect de l’esprit et de la lettre de la Charte des Nations Unies. 


M. MOHAMMED F. AL-ALLAF (Jordanie) a estimé que, malgré les progrès réalisés, il restait beaucoup à faire dans l’amélioration des méthodes de travail du Conseil de sécurité.  Rappelant que la Jordanie était un des principaux pays fournisseurs de contingents aux opérations de maintien de la paix, il a plaidé en faveur d’une amélioration constante des relations entre le Conseil de sécurité et ces pays.  Il a par exemple souhaité la participation de pays fournisseurs de contingents à la planification lorsque le Conseil de sécurité déploie une opération de maintien de la paix.  Les pays fournisseurs de contingents doivent être impliqués dès le départ, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui, a-t-il ajouté.  Le représentant a également défendu le principe d’une plus grande adéquation entre le mandat d’une opération de maintien de la paix et les ressources des pays fournisseurs de contingents.  Il a espéré que l’amélioration des méthodes de travail du Conseil de sécurité contribuera à renforcer le dialogue avec les États Membres de l’Organisation.


M. MAGED ABDELAZIZ (Égypte) a estimé que le point de départ de la réforme des méthodes de travail du Conseil de sécurité était d’éviter que le Conseil outrepasse le mandat qui lui a été confié au nom de la Charte des Nations Unies.  Le Conseil devrait cesser d’empiéter sur des sujets qui relèvent de la compétence d’autres organes de l’ONU, en particulier l’Assemblée générale et le Conseil économique et social (ECOSOC), a ajouté le représentant égyptien.  Il a ainsi souhaité que soit repensée la relation entre le Conseil de sécurité et les autres organes afin de restaurer l’équilibre institutionnel prévu par la Charte.  Dans ce cadre, a-t-il dit, la Cour internationale de Justice (CIJ) a un rôle déterminant à jouer dans l’arbitrage des éventuels différends concernant les mandats respectifs des corps de l’Organisation.  


Poursuivant son intervention, M. Abdelaziz a estimé que les méthodes de travail du Conseil ne pourraient être vraiment réformées qu’après qu’aura été résolue la question du mauvais usage du droit de véto.  Il a par ailleurs souligné le rôle croissant joué au cours des dernières années par des organisations régionales, en particulier l’Union africaine (UA), la Ligue des États arabes et l’Organisation de la Conférence islamique, dans l’appui qu’elles apportent aux travaux du Conseil de sécurité.  Il a indiqué que c’était en ce sens que l’Égypte avait proposé d’établir un mécanisme de coordination et de consultation entre le Conseil et le Conseil de paix et de sécurité de l’UA.


Mme BYRGANYM AITIMOVA (Kazakhstan) a estimé que le renforcement de l’efficacité du Conseil de sécurité continuait d’être une priorité de la communauté internationale.  Aujourd’hui, nous assistons fréquemment aux échecs du Conseil face aux défis posés à la paix et à la sécurité internationales, a-t-elle ajouté.  Selon la représentante, ces échecs sont en grande partie dus aux problèmes qui existent au sein même du Conseil de sécurité et aux lacunes qui entravent la conduite de ses travaux.  En conséquence, la question de la réforme du Conseil devient plus urgente que jamais, a encore dit Mme Aitimova.  Elle a également plaidé en faveur d’un renforcement de la coopération entre l’Assemblée générale et le Conseil.  Par définition, l’Assemblée générale est un organe démocratique, représentant les intérêts de tous les États Membres de l’ONU, a-t-elle précisé.  Les différends les plus sensibles devraient donc être traités le cas échéant devant l’Assemblée, afin de clarifier les positions de la majorité de la communauté internationale en vue ensuite de l’adoption d’une résolution du Conseil de sécurité.  Enfin, la représentante kazakhe a estimé qu’il serait opportun de permettre aux États non-membres du Conseil de sécurité de connaître, avant les médias, les décisions qui seraient en cours de négociations ainsi que les positions de chaque membre.


M. ANDREI DAPKIUNAS (Bélarus) a plaidé en faveur de réunions du Conseil de sécurité qui seraient closes à la presse et aux organisations non gouvernementales, mais ouvertes à toutes les délégations des États Membres.  Il a notamment proposé de différencier l’ouverture de la séance et l’adoption de décisions qui en seraient la résultante.  Les États non-membres du Conseil de sécurité ont le droit de prendre la parole mais n’ont pas la possibilité d’influer sur les États qui en sont membres, a-t-il rappelé.  Le représentant a mis l’accent sur la nécessité de tenir compte des points de vue et des propositions de l’ensemble des États Membres de l’Organisation, notamment lorsqu’ils sont directement concernés. 


M. MARTIN NEY (Allemagne) a déclaré que, dans le contexte international actuel, la transparence des travaux du Conseil de sécurité était un impératif.  Il a salué les progrès réalisés dans ce sens au cours des dernières années, marquées notamment par la tenue régulière d’exposés présidentiels aux non-membres du Conseil.  S’agissant de l’interaction, M. Ney a plaidé en faveur d’une amélioration de l’accès des États Membres de l’ONU aux consultations sur des questions pouvant les concerner directement, comme l’envoi de troupes dans des opérations de maintien de la paix.  Selon lui, des processus de consultations de ce type, directs et inclusifs, permettraient de renforcer la légitimité des décisions prises par le Conseil de sécurité ainsi que l’efficacité de son action.  Il a conclu en signalant que, pour l’Allemagne, la tenue d’un débat sur les méthodes de travail du Conseil rappelait la nécessité d’avancer urgemment dans la réforme générale de cet organe. 


M. KEVIN CHEOK (Singapour) a noté que certains États Membres n’avaient pas toujours l’opportunité de faire entendre leur voix dans les réunions du Conseil de sécurité.  Même lorsque les séances sont ouvertes, des délégations peuvent avoir été prévenues si tard qu’elles n’auront pas eu le temps nécessaire de se préparer à apporter des contributions significatives au débat.  Le représentant a ajouté que la question de la participation élargie aux travaux du Conseil concernait également les consultations privées.  Est-ce que le Conseil ne gagnerait pas à recueillir les vues de tous ses principaux protagonistes? a-t-il demandé.  Des consultations informelles élargies n’interféreraient pas avec le processus de décision du Conseil de sécurité, les pays invités pouvant très bien être appelés à se retirer avant que ne débutent les délibérations des membres du Conseil, a estimé le représentant singapourien.  Enfin, M. Cheok a souhaité que le rapport annuel du Conseil de sécurité soit davantage analytique.  C’est en ce sens qu’il a suggéré la tenue d’un débat préalable à l’élaboration de ce rapport portant sur les réussites et les échecs du Conseil au cours de l’année considérée. 


M. HILARIO G. DAVIDE (Philippines) a estimé que la partie de la réforme du Conseil de sécurité dont il est débattu aujourd’hui est la moins controversée et aurait pu être menée plus rapidement.  Il a mis l’accent sur la nécessité pour le Conseil de sécurité de respecter strictement les procédures démocratiques, et d’assurer la justice et l’équité.  Il a recommandé que les parties de la note du Président du Conseil de sécurité concernant les principes directeurs et les éléments essentiels soient transformées en règles spécifiques faisant partie du règlement intérieur.  Le règlement intérieur ne doit plus être provisoire comme il l’est depuis 62 ans, mais être définitif, a-t-il également dit.  De même, le Conseil devrait accroître le nombre de ses réunions, y compris ses réunions officieuses, ouvertes à tous les États Membres de l’Organisation, lors des différentes étapes de l’examen d’une question particulière.


M. HENRI-PAUL NORMANDIN (Canada) a estimé que quel que soit le résultat de la discussions en cours sur l’élargissement du Conseil de sécurité, c’est la réforme des méthodes de travail qui aura la plus grande incidence sur la plupart des États ainsi que sur l’efficacité du Conseil et la légitimité de ses décisions.  Il a ajouté que si chaque membre du Conseil doit agir selon sa conscience nationale, les autres États ont un intérêt légitime à savoir comment ces décisions sont prises et à y prendre part si nécessaire.  C’est pourquoi, a-t-il dit, nous incitons le Conseil de sécurité à redoubler d’efforts pour accroître la transparence en recourant davantage à la tenue de réunions publiques.  Il a également recommandé au Conseil de consulter plus souvent l’ensemble des États Membres, en tenant des échanges informels et en augmentant le nombre de séances d’information de fond, notamment celles touchant aux travaux des organes subsidiaires.  Il faudrait notamment multiplier les consultations avec les pays contributeurs de troupes et prendre en compte leurs observations avant de décider d’envoyer ou de prolonger une mission, a encore déclaré M. Normandin. 


M. MEHDI DANESH-YAZDI (Iran) a estimé que la note du Président du Conseil de sécurité de juillet 2006 constituait un pas important, bien que modeste, dans la bonne direction.  Ce document est cependant peu appliqué, a-t-il dit.  La façon dont le Conseil de sécurité opère à l’heure actuelle, avec son inefficacité dans l’amélioration de ses méthodes de travail et de ses prises de décisions, a conduit à une baisse de crédibilité de cet organe et de la confiance placée en lui.  Le Conseil de sécurité reflète de moins en moins le point de vue et la volonté de l’immense majorité des Membres de l’Organisation, pas plus que l’opinion réelle des propres membres du Conseil, a-t-il dit.  Certains membres sont absolument opposés à appliquer les mesures prises pour améliorer les méthodes de travail du Conseil de sécurité alors qu’ils les ont acceptées, a-t-il ajouté.  Il a en outre estimé que certains membres cherchaient à exploiter cet organe pour leurs propres visées nationales.  De même, le Conseil de sécurité empiète sur les prérogatives d’autres organes des Nations Unies, comme l’Assemblée générale, le Conseil économique et social et leurs organes subsidiaires ou techniques, comme l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), une situation qui constitue un sujet de préoccupation pour les États Membres.  Le représentant a ainsi cité le cas du traitement de la question du programme nucléaire de l’Iran. 


Mme MARIA FERNANDA ESPINOSA (Équateur) a estimé qu’au cours des dernières années, le Conseil avait laissé de côté le principe fondamental selon lequel son action est réalisée au nom de tous les États Membres.  La multiplication des situations imprévisibles et l’enlisement des conflits poussent désormais le Conseil de sécurité, au-delà du débat politique et sécuritaire, à se prononcer aussi sur les conséquences juridiques de l’évolution du contexte international, a relevé Mme Espinosa.  Dans ce cadre, a poursuivi la représentante, il faut renforcer l’interactivité des débats publics en vue d’asseoir la légitimité des décisions du Conseil de sécurité.  Tous les États Membres doivent pouvoir faire entendre leurs voix sur la totalité des situations critiques qui secouent la planète, y compris celles les concernant directement, a également déclaré M. Espinosa.  Elle a ainsi souhaité que les pays contributeurs de troupes, qui détiennent l’information et l’expérience nécessaires à une évaluation approfondie de la situation sur le terrain et donc de la marche à suivre, puissent faire valoir leurs vues auprès des décideurs du Conseil de sécurité.  La représentante de l’Équateur a par ailleurs estimé que la recherche du renforcement de l’efficacité du Conseil ne devait pas faire passer au second plan la question de l’élargissement de sa composition. 


M. GUNTER FROMMELT (Liechtenstein) a encouragé le Conseil de sécurité à accroître le nombre d’exposés publics, pour que les États non membres du Conseil directement concernés par toute question soumise à l’examen de cet organe puissent être tenus informés et éventuellement consultés.  Concernant les débats publics, il a estimé que compte tenu du peu d’effet concret qu’ils ont sur les processus de décision du Conseil, il convenait de repenser leurs objectifs et format.  Il a ainsi proposé de rendre ces réunions plus interactives afin de recueillir plus largement les vues de l’ensemble des États Membres de l’ONU et de permettre, à cette aune, d’améliorer la mise en œuvre du mandat du Conseil en matière de paix et de sécurité.  La participation des non-membres aux Comités des sanctions demeurent une priorité, a poursuivi le représentant, pour qui davantage de transparence profiterait à une application plus juste et efficace des sanctions. 


M. MARTÍN GARCÍA MORITÁN (Argentine) a plaidé pour une plus grande démocratisation du fonctionnement du Conseil de sécurité.  Selon le représentant, il faut examiner les mandats et recommandations à un rythme annuel ou biannuel dans les cas où il est établi qu’un conflit risque de durer.  Les membres du Conseil devraient axer leurs débats sur la recherche de propositions guidée par le souci de parvenir à des résultats concrets et pouvant donc faire l’objet d’un suivi, a-t-il ajouté.  À cet effet, a-t-il dit, le Secrétariat et les Représentants spéciaux devraient rechercher plus activement l’assistance du Conseil.  Il a ensuite souligné la nécessité de multiplier les échanges entre le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale et le Conseil économique et social (ECOSOC) en vue de renforcer la coordination des actions menées.  Enfin, il a, à son tour, préconisé que le rapport annuel du Conseil de sécurité soit plus analytique et a exprimé la préoccupation de sa délégation devant le mauvais usage répété, en 2008, du droit de véto. 


M. CHRISTIAN EBNER (Autriche) a rappelé que son pays appuyait depuis le départ les efforts entrepris par le Conseil de sécurité pour améliorer ses méthodes de travail.  Le représentant a mis en particulier l’accent sur la nécessité de consolider la primauté du droit, sous tous ses aspects, qu’ils soient national, international et institutionnel.  Il est ainsi revenu sur les conclusions du rapport final sur le Conseil de sécurité et l’état de droit, présenté à New York en avril 2004, après que l’Autriche eut lancé une série de discussions en panels sur le rôle du Conseil dans le renforcement du système international fondé sur le droit.  Le représentant a espéré que les 17 recommandations du rapport seront utiles au débat pour améliorer les méthodes de travail du Conseil de sécurité. 


M. NIRUPAM SEN (Inde) a estimé que les pays contributeurs de troupes devaient désormais être impliqués dans le processus de décisions relatif aux opérations de maintien de la paix, au lieu d’être, au mieux, consultés de manière informelle.  Le représentant a également déploré l’absence d’accès à certaines informations et documents du Conseil de sécurité portant sur des questions susceptibles de concerner directement les non-membres du Conseil.  Selon M. Nirupam Sen, ces lacunes dans les méthodes de travail du Conseil reflètent en réalité un malaise plus profond renvoyant à la structure même et à la composition de cet organe.  Le problème fondamental du Conseil de sécurité est le manque de moyens logistiques et financiers qui sape sa capacité d’action et, ce faisant, sa légitimité, a ensuite déclaré le représentant indien.  C’est en ce sens qu’il a affirmé que les méthodes de travail du Conseil ne pouvaient être améliorées sans une réforme complète des modalités guidant sa composition, qu’il s’agisse de la catégorie des membres permanents ou celle des membres non permanents. 


M. PARK IN-KOOK (République de Corée) a encouragé le Conseil de sécurité à tenir davantage de réunions et de débats ouverts et à réduire ses activités à huis clos.  De même, le Conseil devrait tenir davantage de consultations entre ses Comités de sanctions et les pays visés par ces sanctions.  Le représentant a en outre souhaité que le rapport annuel sur les activités du Conseil de sécurité soit plus analytique.  L’amélioration des méthodes de travail du Conseil de sécurité fait partie intégrante de la réforme générale, a-t-il conclu.


M. FRANK MAJOOR (Pays-Bas) a estimé que l’accès aux travaux du Conseil de sécurité des non-membres de cet organe contribuerait fortement à en renforcer le processus de décision.  Il a salué à ce titre les propositions faites par le Groupe des 5 pays concernant notamment un éventuel droit universel d’interpellation permettant aux acteurs internationaux de faire entendre leur voix au sein du Conseil de sécurité.  Il a préconisé que les acteurs directement concernés par un conflit, qu’il s’agisse d’acteurs non gouvernementaux ou d’organisations régionales, puissent être entendus en amont des consultations.  Ces contributions pourraient être incluses aux documents officiels du Conseil, a-t-il dit.  Il a estimé que ce droit « basique » ne pourrait être refusé qu’aux parties considérées comme des organisations terroristes par le Conseil de sécurité.  M. Majoor a affirmé que de telles mesures permettraient de manière très concrète de démocratiser les méthodes de travail du Conseil et, partant, de faciliter l’atteinte de solutions politiques aux conflits.


Mme FEKITAMOELOA ‘UTOIKAMANU (Tonga), qui s’exprimait au nom des petits États insulaires en développement, a souligné que la charge de travail du Conseil de sécurité s’était accrue de façon exponentielle depuis le début des années 90.  La nécessité d’accomplir la réforme des méthodes de travail du Conseil de sécurité est donc claire et nette, a-t-il dit.  Selon la représentante, de nouveaux défis comme celui des changements climatiques menacent la paix et la sécurité internationales.  Les méthodes de travail du Conseil de sécurité doivent donc être souples pour traiter de ce genre de questions transversales, a-t-elle estimé.  Une réforme concrète des méthodes de travail du Conseil de sécurité doit être inscrite dans les négociations intergouvernementales qui doivent commencer lors de la prochaine Assemblée générale, a-t-elle affirmé. 


M. FARUKH AMIL (Pakistan) a signalé qu’au cours des dernières années, le Conseil de sécurité avait été efficace dans l’appréhension des crises internes, mais moins dans la résolution des conflits interétatiques.  Il a cité pour exemple le conflit israélo-arabe, à propos duquel le Conseil s’est montré, aux yeux du Pakistan, soit inefficace soit « partisan ».  L’orientation des travaux du Conseil de sécurité reste tributaire des priorités qu’accordent ses membres permanents et les autres grandes puissances à certaines questions, a ajouté M. Amil, qui a en outre pointé du doigt des cas d’ingérence dans des affaires intérieures où la menace à la paix et à la sécurité internationales n’avait pas été démontrée.  Le représentant pakistanais a ensuite regretté que le Conseil de sécurité soit toujours un « club fermé » à l’intérieur duquel les décisions sont prises en excluant même certains de ses membres.  Selon lui, pour sortir de cette impasse et permettre la réussite d’une approche en faveur de la paix et du développement, il est essentiel d’intensifier la coopération entre le Conseil de sécurité, l’Assemblée générale, l’ECOSOC et la Commission de consolidation de la paix. 


M. JOSÉ ALBERTO BRIZ GUTIÉRREZ (Guatemala) a affirmé que, depuis la publication il y a deux ans de la note du Président du Conseil de sécurité sur les méthodes de travail de cet organe, des progrès graduels ont été réalisés dans le sens de l’efficacité, de la transparence et de l’interaction.  Toutefois, ces progrès ont été ponctuels, a-t-il dit.  Chaque amélioration est due à l’habileté ou à la volonté d’un Président du Conseil qui veut garder le contact avec les délégations ou entendre leurs préoccupations, a-t-il ajouté, plaidant en faveur d’une régularisation des règles de procédures.  Le représentant a en outre souhaité un renforcement des relations du Conseil de sécurité avec les autres organes des Nations Unies, comme l’ECOSOC et la Commission de consolidation de la paix. 


M. PAVEL HERCZYNSKI (Pologne) a indiqué que la réforme du Conseil de sécurité devait impliquer une plus grande prise de responsabilité des membres de cet organe.  Nous croyons fermement que tous les membres du Conseil de sécurité, en particulier les membres permanents, protègent efficacement les valeurs fondamentales défendues dans la Charte des Nations Unies, a-t-il dit.  Il a cependant estimé que si ces derniers coopéraient plus activement avec les organisations régionales, les pays contributeurs de troupes et le Secrétariat de l’ONU, leurs actions y gagneraient en efficacité et en légitimité.  Il a ensuite souligné la nécessité de s’attaquer sans délai à la question de l’élargissement du Conseil de sécurité, afin de parvenir à une représentation équitable et équilibrée de tous les groupes régionaux.  Il a ajouté à ce propos que la Pologne réaffirmait sa conviction qu’un siège pour le Groupe des États d’Europe de l’Est devrait être envisagé. 


M. JAN GRAULS (Belgique), qui préside le Conseil de sécurité, a affirmé, dans ses remarques de clôture, que ce débat constituait à la fois une opportunité et un défi, 14 ans après l’organisation du premier débat public sur la question débattue ce jour. 


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