19/08/2008
Conseil de sécurité
CS/9427

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

Conseil de sécurité

5958e et 5959e séances

Matin et après-midi                                        


LE CONSEIL DE SÉCURITÉ FÉLICITE LES DIRIGEANTS DU TIMOR-LESTE D’AVOIR RÉAGI DE FAÇON RESPONSABLE AUX ÉVÉNEMENTS DU 11 FÉVRIER 2008


Le Ministre des affaires étrangères du Timor-Leste salue un « partenariat unique » avec les Nations Unies


Le Conseil de sécurité a, cet après-midi, par la voie d’une déclaration présidentielle, félicité les dirigeants et les institutions politiques du Timor-Leste « d’avoir réagi rapidement, fermement et de façon responsable aux déplorables événements du 11 février 2008 », et ce, « dans le respect des règles constitutionnelles du pays ».


Le Conseil de sécurité, qui avait au préalable entendu un exposé du Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste, M. Atul Khare, s’il « reconnaît que les conditions générales de sécurité se sont améliorées au Timor-Leste depuis les événements de mai-juin 2006 », constate néanmoins que « la situation politique, sociale et humanitaire et la situation en matière de sécurité y demeurent fragiles ».


Dans cette déclaration lue par son Président pour le mois d’août, M. Jan Grauls de la Belgique, le Conseil de sécurité « réaffirme qu’il importe d’examiner et de réformer le secteur de la sécurité au Timor-Leste » et souligne que l’établissement d’une « police nationale indépendante, professionnelle et impartiale » constitue « un processus de longue haleine », l’appropriation nationale étant un « élément central à cet égard ».  La Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT), indique le Conseil, « joue un rôle décisif en aidant à faire en sorte que la Police nationale du Timor-Leste soit disposée et apte à assumer à nouveau ses responsabilités ».


Le Conseil rappelle par ailleurs qu’il est « indispensable que la communauté internationale continue à aider le Timor-Leste à développer et à consolider ses institutions et à renforcer encore ses capacités dans le secteur de la justice ».


Le 11 février 2008, le groupe armé dirigé par Alfredo Reinado, l’ancien commandant de la police militaire des forces armées (F-FDTL), a mené des attaques armées distinctes contre le Président José Ramos-Horta et le Premier Ministre Kay Rala Xanana Gusmão, au cours desquelles le Président, blessé, a failli perdre la vie et Reinado est décédé.


Ces événements ont constitué, depuis ceux de 2006, « le premier véritable test de la solidité des institutions », écrit le Secrétaire général, dans son rapport sur la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT)*.  « Les dirigeants et le peuple du Timor-Leste n’ont pas permis que ces événements compromettent la stabilité du pays », ajoute-t-il.


Venu présenter ce rapport au Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste a souligné que le Gouvernement continuait de « réaliser d’importants efforts pour traiter les défis prioritaires qui ont découlé de la crise de 2006 ».


M. Khare a indiqué qu’en réponse aux événements du 11 février, le Gouvernement avait choisi un modèle sécuritaire policier et militaire dans le cadre d’un « commandement commun ».  Ce dispositif a eu des résultats positifs car il a conduit à la reddition d’éléments du groupe armé dirigé par Alfredo Reinado, a-t-il estimé, notant néanmoins qu’un certain nombre d’abus étaient à déplorer.


Le Représentant spécial a mis l’accent sur les progrès constatés dans l’examen approfondi du secteur de la sécurité.  Il a en particulier dit partager l’observation des autorités timoraises selon laquelle les parties prenantes nationales, y compris l’opposition, devraient participer à cet examen.


Le Ministre des affaires étrangères du Timor-Leste, M. Zacarias Albano Da Costa, a souligné pour sa part que la reconstitution de la Police nationale était une « condition préalable, et difficile à réaliser, de l’appropriation nationale » et qu’elle nécessitait « une assistance internationale à long terme ».  Le Ministre a salué les efforts de la Mission de l’ONU, en réaffirmant que la Police nationale devrait être à même de reprendre ses responsabilités d’ici à la première moitié de 2009.


« Nous voulons que la Police nationale soit conforme aux normes les plus élevées de professionnalisme et, en conséquence, nous considérons le processus de certification comme une mesure essentielle », a ajouté M. Da Costa.  Le Ministre a, enfin, salué le partenariat « unique » avec les Nations Unies, et souhaité que celles-ci maintiennent une « présence substantielle de maintien de la paix jusqu’aux élections de 2012 ».


« Les Nations Unies doivent rester aussi longtemps qu’il sera nécessaire », a de même estimé le représentant du Brésil, qui a prévenu qu’« un retrait précipité pourrait coûter à la communauté internationale tous les investissements auxquels elle a consenti jusqu’ici ».  De l’avis de son homologue portugais, « les efforts de la communauté internationale ne pourront porter de fruits que s’ils répondent aux vœux souverains du peuple timorais ». 


Au cours de ce débat, les représentants des Philippines, du Japon, de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie et de la Malaisie ont également pris la parole.


* Rapport publié sous la cote S/2008/501


LA SITUATION AU TIMOR-LESTE


Rapport du Secrétaire général sur la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (S/2008/501)


Le Secrétaire général, dans son rapport, traite des événements majeurs qui se sont produits au Timor-Leste et de l’exécution du mandat de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT) depuis son rapport du 17 janvier 2008 (S/2008/26). 


Bien que l’avenir du Timor-Leste soit avant tout entre les mains des dirigeants et du peuple timorais, l’engagement continu de la communauté internationale est nécessaire pour que le pays s’achemine vers l’autosuffisance, constate-t-il notamment.


Compte tenu de la fragilité de la situation en matière de sécurité, ainsi que des problèmes de capacités des entités chargées de la sécurité et des institutions gouvernementales et étatiques nouvellement créées, le Secrétaire général ne recommande aucun ajustement du mandat ou des effectifs de la MINUT.


Ce rapport, soumis en application de la résolution 1802 (2008) du Conseil de sécurité, dans laquelle celui-ci a prorogé le mandat de la Mission jusqu’au 26 février 2009, accorde une large place aux événements déplorables du 11 février qui, selon le Secrétaire général, ont été le premier véritable test de la solidité des institutions depuis les événements de 2006.


Le 11 février 2008, le groupe armé dirigé par Alfredo Reinado, l’ancien commandant de la police militaire des Falintil-Forças de Defesa de Timor-Leste (F-FDTL) en fuite, a mené des attaques armées distinctes contre le Président José Ramos-Horta et le Premier Ministre Kay Rala Xanana Gusmão au cours desquelles le Président, blessé, a failli perdre la vie et Reinado est décédé.


Les dirigeants et le peuple du Timor-Leste n’ont pas permis que ces événements compromettent la stabilité du pays, écrit le Secrétaire général.  La situation en matière de sécurité, a-t-il estimé, est demeurée calme.  Il y a eu de nouveaux efforts de dialogue et de réconciliation, comme en témoigne l’invitation que le Président Ramos-Horta a faite à tous les dirigeants de participer à une réunion élargie du Comité de coordination de haut niveau, le mécanisme destiné à favoriser le dialogue politique et la réconciliation nationale.


Le Secrétaire général souligne que son Représentant spécial, M. Atul Khare, qui a parallèlement continué à exercer ses bons offices, a incité les dirigeants politiques à se montrer plus conciliants et s’est employé à faire valoir, auprès des acteurs politiques, l’importance d’une opposition forte et d’un parlement efficace.  La question des pétitionnaires est en instance de règlement; les personnes déplacées rentrent lentement chez elles et les objectifs nationaux prioritaires pour 2008, qui sont ceux du Pacte international, sont en voie de concrétisation, explique-t-il.


Certaines conséquences des événements du 11 février ne laissent pas d’être préoccupantes, estime cependant le Secrétaire général dans son rapport.  Ainsi, si la création d’un commandement commun a été une mesure exceptionnelle, nécessitée par des circonstances exceptionnelles, celui-ci n’a pas été apte ou disposé à s’occuper convenablement des allégations de violation des droits de l’homme.  De même, il a poursuivi ses activités après l’expiration de l’état de siège, lorsqu’il n’avait plus d’existence légale.


Ces errements sont symptomatiques des problèmes de fond auxquels les institutions du secteur de la sécurité sont confrontées, affirme le Secrétaire général.  Le commandement commun a mis en péril le respect de l’état de droit que l’État avait pris soin de ne pas compromettre au début de l’état de siège; affaibli les tentatives de réforme du secteur de la sécurité en gommant la distinction entre les fonctions et la filière hiérarchique des F-FDTL et celles de la Police nationale; et entravé le développement d’une culture de gouvernance démocratique en court-circuitant les structures et processus d’élaboration des politiques établis.


De l’avis du Secrétaire général, des progrès ont été faits pour ce qui est de la reconstitution de la Police nationale et le moment est venu de fournir à cette dernière l’occasion de renforcer ses capacités en lui transférant progressivement la responsabilité du maintien de l’ordre jusqu’à la fin du mandat actuel de la MINUT.


Les efforts doivent en outre être poursuivis dans les quatre domaines prioritaires du mandat de la MINUT si l’on veut remédier aux causes sous-jacentes de la crise de 2006: examen et réforme du secteur de la sécurité; renforcement du régime de droit, y compris pleine application des recommandations de la Commission d’enquête; développement économique et social, y compris lutte contre la pauvreté et création de débouchés pour les jeunes; et promotion d’une culture de gouvernance démocratique, y compris efforts suivis permettant de faciliter le dialogue politique et la réconciliation nationale.


Au 8 juillet 2008, la MINUT comprenait une composante civile constituée de 319 fonctionnaires recrutés sur le plan international, 846 agents recrutés sur le plan national, 1 542 policiers et 33 officiers de liaison et officiers d’état-major.


Déclarations


M. ATUL KHARE, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste et Chef de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (MINUT), qui présentait le quatrième rapport du Secrétaire général relatif à la MINUT, portant sur la période du 8 janvier au 8 juillet 2008, a souligné que le Gouvernement continuait de réaliser d’importants efforts pour traiter les défis prioritaires qui ont découlé de la crise de 2006.  Le 14 juillet, a-t-il dit, les pétitionnaires ont commencé à recevoir les paiements promis et à regagner leurs foyers d’origine.  Aucun pétitionnaire n’a demandé à rejoindre les rangs des Falintil-Forças de Defesa de Timor-Leste (F-FDTL), a-t-il ajouté.  Le Représentant spécial a également fait état de progrès concernant les personnes déplacées.  À ce jour, a-t-il expliqué, 5 400 familles qui se trouvaient dans les camps ont bénéficié du programme de rapatriement proposé au titre de la stratégie nationale de relèvement et 20 camps ont été fermés.


M. Khare a, de même, mis l’accent sur les progrès constatés dans l’examen approfondi du secteur de la sécurité.  Il a en particulier dit partager l’observation des autorités timoraises selon laquelle les parties prenantes nationales, y compris l’opposition, devraient participer à cet examen.  Le Représentant spécial du Secrétaire général a rappelé qu’en réponse aux événements du 11 février, le Gouvernement avait choisi un modèle sécuritaire, policier et militaire dans le cadre d’un commandement commun.  Ce dispositif a eu des résultats positifs car il a conduit à la reddition d’éléments du groupe armé dirigé par Alfredo Reinado, a-t-il estimé, notant néanmoins qu’un certain nombre d’abus étaient à déplorer.  L’assistance bilatérale est essentielle si l’on veut parvenir à la professionnalisation des F-FDTL, a-t-il ajouté.  M. Khare a affirmé que le Gouvernement avait exprimé sa volonté de faire en sorte que la Police nationale puisse assumer dès le début de l’année prochaine des responsabilités.  Ce désir doit s’accompagner d’efforts concomitants afin de garantir la mise en place de la logistique nécessaire, et des efforts doivent être conduits pour faciliter le travail du Groupe d’évaluation, a-t-il déclaré.  Ainsi, après des consultations avec le Premier Ministre, il a décidé, a-t-il tenu à préciser, de retarder de plusieurs mois le commencement du processus de réappropriation des responsabilités afin de donner plus d’espace au Gouvernement.  M. Khare s’est déclaré convaincu qu’un calendrier souple en la matière auquel on ajouterait l’application stricte de critères mutuellement acceptés en garantirait le succès à long terme.  La confiance du public dans la Police nationale est essentielle pour le succès à long terme de celle-ci, a-t-il poursuivi. 


Par ailleurs, le Représentant spécial a affirmé que les stratégies à long terme visant à ancrer une culture de lutte contre l’impunité dépendaient d’un système judiciaire efficace, lequel s’appuie sur un système d’état de droit qui garantit la stabilité dans un pays démocratique.  Il a en particulier indiqué qu’un troisième cours de formation a commencé le 29 juillet et auquel participent 18 membres du système de justice.  L’équipe d’investigation de la MINUT s’est en outre attachée, dans le cadre de son mandat, à achever les enquêtes sur les crimes graves, a-t-il dit, précisant qu’à ce jour, 20 enquêtes avaient été menées à bien.


M. ZACARIAS ALBANO DA COSTA, Ministre des affaires étrangères du Timor-Leste, a indiqué qu’après les évènements d’avril dernier, le Gouvernement a pris deux mesures dont l’une concerne la création d’un Commandement commun de la Police nationale et des Forces de défense pour mener les opérations de sécurité pendant l’état de siège.  Le Gouvernement, a-t-il assuré, est conscient des 44 cas de violation des droits de l’homme dans les régions où a opéré le commandement conjoint.  Il est engagé à déterminer les responsabilités et à prendre les mesures disciplinaires qui s’imposeront. 


Sur le plan humanitaire, le Ministre a souligné que le processus de relance sera complexe et délicat.  À ce jour, 20 camps de personnes déplacées ont pu être fermés et plus de 3 650 familles ont reçu des aides financières.  Le Gouvernement du Timor-Leste est déterminé à travailler avec les institutions des Nations Unies, les organisations non gouvernementales (ONG) et la société civile pour s’assurer que le retour des personnes déplacées soit durable et que la reconstruction soit ressentie parmi tous les Timorais.  Le Gouvernement a aussi engagé le dialogue avec les pétitionnaires dont l’ensemble a accepté les compensations financières pour un retour à la vie civile. 


Notre gouvernement, a insisté le Ministre, sait que la reconstitution de la Police nationale est une condition préalable, et difficile à réaliser, de l’appropriation nationale et qu’elle nécessite une assistance internationale à long terme.  Il a salué les efforts de la Mission de l’ONU, en réaffirmant que la Police nationale devrait être à même de reprendre ses responsabilités d’ici à la première moitié de 2009.


Il a tout de même espéré que les discussions sur une réduction de la composante police de la Mission n’établiront pas de lien avec la reprise de ses responsabilités.  Il a donc souligné la nécessité de maintenir dans son pays une présence de police robuste au sein de l’ONU.  « Nous voulons que la Police nationale soit conforme aux normes les plus élevées de professionnalisme et, en conséquence, nous considérons le processus de certification comme une mesure essentielle », a ajouté le Ministre.


Il a aussi indiqué que son gouvernement a déclaré l’année 2008, Année de la réforme administrative, avant d’ajouter qu’il travaille aussi au renforcement d’un service civil indépendant et fort.  Il a attiré l’attention du Conseil sur un fait extrêmement positif, à savoir, le forum crédible et dynamique qu’est devenu le Parlement. 


Le Ministre a conclu en soulignant les défis émergents qui exigent une réponse du Gouvernement.  Il a cité la hausse des prix de produits de première nécessité comme le riz que son Premier Ministre a appelé « le tsunami silencieux ».  Tous les acquis des dernières années peuvent disparaître dans l’instabilité si le Gouvernement ne s’adapte pas à ces nouvelles circonstances. 


Le Ministre a rappelé l’existence d’un fonds de stabilisation économique alimenté à hauteur de 240 millions de dollars.  Le fonds, a-t-il promis, sera géré de manière ouverte et transparente.  Répondre aux besoins de la population en matière de nourriture et de logements est aussi important qu’honorer nos obligations en matière de sécurité, a souligné le Ministre.


Il a conclu en faisant part du resserrement des relations bilatérales entre son gouvernement et l’Indonésie qui mettent tous deux en œuvre les recommandations de la Commission vérité et amitié.  Il a aussi salué le partenariat « unique » avec les Nations Unies, en arguant que pour consolider son succès, les Nations Unies doivent maintenir une présence substantielle de maintien de la paix jusqu’aux élections de 2012. 


M. HILARIO G. DAVIDE (Philippines) a affirmé que son pays jouissait de très bonnes relations avec le Timor-Leste, malgré les difficultés passées.  Les Philippines, a-t-il dit, continueront de contribuer à l’édification de la nation timoraise.  Le représentant s’est dit heureux de la manière dont la situation évoluait au Timor-Leste.  Le pays s’est sorti jusqu’ici avec habileté et crédibilité des événements du 11 février, premier test véritable de la solidité des institutions depuis 2006, a-t-il ajouté, soulignant néanmoins que beaucoup restait à faire.  Il est essentiel, a estimé M. Davide, que les Nations Unies et la communauté internationale consacrent leurs efforts et leurs ressources en vue de remettre sur pied le pays.  Ces investissements doivent être entrepris dans trois domaines clefs, a-t-il expliqué.  Il a ainsi cité le secteur de la sécurité, plaçant l’appropriation nationale comme élément central du processus.  Sur le front social et économique, la création d’emplois, en particulier pour les jeunes, et la réduction de la pauvreté sont prioritaires, a-t-il ajouté.  Enfin, le représentant a plaidé en faveur d’une réforme du système judiciaire, qui garantisse à celui-ci indépendance, efficacité et efficience.  Il a en outre indiqué que le Président timorais José Ramos-Horta avait effectué une visite d’État dans son pays les 11 et 12 août, donnant lieu à la signature de trois accords bilatéraux dans les domaines universitaire, agricole et diplomatique.  Le représentant a conclu en estimant que la communauté internationale devrait continuer à prêter son attention au Timor-Leste afin de conduire ce pays sur les rails du développement, du progrès, de la prospérité et de la stabilité.


M. YUKIO TAKASU (Japon) a salué l’amélioration de la situation en matière de sécurité au Timor-Leste, à la suite, notamment, de la reddition du groupe rebelle des pétitionnaires.  Il s’est également félicité du processus de certification des officiers de police.  Ce processus, a-t-il estimé, doit se faire en tandem avec la réforme et le renforcement des capacités de la Police nationale.  Il a cependant fait part de ses préoccupations concernant les fautes professionnelles commises par certains militaires et officiers de police.  Les forces armées doivent être responsables devant le Gouvernement démocratique élu, a-t-il souligné.  De l’avis de sa délégation, et à l’instar de la recommandation du Secrétaire général, les effectifs actuels de la force de police de la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste doivent être maintenus.  M. Takasu a également estimé qu’afin de garantir la stabilité durable du pays, il importe de développer des infrastructures économiques et sociales, et de créer des opportunités pour tous, notamment pour les jeunes.  Il s’est également dit encouragé par le nombre important de personnes déplacées qui sont retournées chez elles au cours de ces derniers mois.  Le représentant du Japon a ensuite estimé que les revenus issus de l’exploitation pétrolière devraient contribuer au développement à long terme du Timor-Leste, notamment dans les domaines de l’éducation, de la formation et du renforcement des capacités du personnel timorais.  Les activités économiques du secteur privé doivent également être appuyées, a-t-il dit.  Pour M. Takasu, le défi principal pour le Timor-Leste consiste à aller au-delà du maintien de la sécurité et d’établir une paix et une sécurité durables.


M. PAULO ROBERTO CAMPOS TARRISSE DA FONTOURA (Brésil) a rappelé l’implication de son pays aux côtés du Timor-Leste depuis 1999, en rappelant que c’est un Brésilien, Sergio Vieira de Mello, qui a soutenu le pays dans la voie de l’indépendance et de la démocratie.  Aujourd’hui, a rappelé le représentant, nous commémorons le cinquième anniversaire du jour où Sergio Vieira de Mello et 21 autres collègues ont perdu la vie lors d’une attaque terroriste.  « Nous leurs rendons hommage », a poursuivi le représentant, avant d’indiquer que son pays et le Timor-Leste ont mis au point un Groupe exécutif de coopération avec le Timor-Leste chargé d’identifier les domaines prioritaires et d’élaborer des projets d’intérêt commun. 


Il s’est dit confiant que le Timor-Leste sera capable d’utiliser ses revenus pétroliers pour promouvoir le bien-être de la population et la prospérité du pays.  Il a salué le plan quinquennal signé par le Timor-Leste et les Nations Unies sur la réduction de la pauvreté, la consolidation de la démocratie et la fourniture des services sociaux de base.  Il s’est dit encouragé par le deuxième plan national de développement qui devrait être bientôt adopté.  À la lumière des actes de violence perpétrés contre le Président et le Premier Ministre, au début de l’année, le représentant a appuyé les recommandations visant à maintenir la composante police de la Mission de l’ONU.  Les Nations Unies, a-t-il insisté, doivent rester aussi longtemps qu’il sera nécessaire.  Un retrait précipité, a-t-il prévenu, pourrait coûter à la communauté internationale tous les investissements auxquels elle a consenti jusqu’ici.  


Mme KIRSTY GRAHAM (Nouvelle-Zélande) a déclaré que le rapport du Secrétaire général aborde des domaines qui préoccupent également son pays.  En matière de police civile par exemple, il est important de mener à bien le processus de transfert de responsabilités à la Police nationale.  Les critères d’évaluation des capacités nationales devraient également permettre d’identifier les domaines qui exigent davantage de progrès.  La formation des forces de police exige aussi une attention accrue afin de garantir la cohérence de l’aide des Nations Unies et de l’assistance bilatérale.  Un autre domaine de préoccupation porte sur le maintien de la sécurité publique par l’armée, ce qui, de l’avis de Mme Graham, est un facteur de risque, en particulier lors de la phase de développement des institutions sécuritaires.  La Nouvelle-Zélande, a-t-elle dit, est très préoccupée par le fait que le rapport du Secrétaire général fait référence au comportement menaçant des membres de l’armée timoraise à l’égard du personnel des Nations Unies et au recours excessif à la force et à l’intimidation.  Des indications selon lesquelles les soldats ne sont pas tenus responsables de leurs actes sont également très préoccupantes.  La représentante a rappelé aux dirigeants des forces de police et de l’armée et au Gouvernement du Timor-Leste l’importance qu’il y a à respecter et promouvoir les droits de l’homme et à déployer tous les efforts pour contrer l’impunité.  Elle a également souhaité que des progrès soient réalisés dans le cadre de l’évaluation du secteur de la sécurité.  Un tel exercice doit permettre au Timor-Leste de mieux définir ses besoins internes et externes ainsi que son cadre juridique.  La représentante a aussi dit soutenir la stratégie à moyen terme du Secrétaire général, qui permettra aux acteurs concernés au Timor-Leste de mieux évaluer les performances de la Mission des Nations Unies dans le pays.


M. ANDREW GOLEDZINOWSKI (Australie) a estimé que bien que le Timor-Leste ait fait d’importants progrès, le rapport du Secrétaire général dit clairement qu’il n’y a pas de place pour la complaisance.  C’est dans le secteur de la sécurité, a-t-il estimé, que les progrès sont les plus urgents.  Il s’est félicité des critères mis en place par la MINUT et le Gouvernement du Timor-Leste permettant d’évaluer le degré de préparation des forces de police et les a engagés tous deux fermement à garantir que le transfert de responsabilités soit fait sur la base de ces critères, plutôt que sur la base d’un échéancier fixe.  Tant que les forces de Police nationale ne seront pas renforcées, il sera essentiel de conserver une forte présence de Police des Nations Unies.  L’Australie, a assuré son représentant, continuera de jouer un rôle important au Timor-Leste.  En assumant la direction de la Force internationale de stabilisation, l’Australie a contribué, avec le soutien de la Nouvelle-Zélande, à stabiliser la situation en matière de sécurité.  L’Australie, en tant que partenaire important de développement, continuera à mettre en œuvre une approche à long terme pour relever les divers défis qui se posent en matière d’emploi des jeunes et la fourniture de services de base.  Au cours des prochaines années, l’Australie renforcera son engagement dans le secteur de la sécurité, a indiqué M. Goledzinowski.


M. HAMIDON ALI (Malaisie) a affirmé que les événements du 11 février ont non seulement secoué le peuple timorais, mais aussi la communauté internationale dans son ensemble.  La réaction rapide du Gouvernement, en étroite coopération avec la MINUT, est remarquable et prouve que la population du pays désire la paix et la stabilité.  La communauté internationale, a-t-il dit, doit respecter et appuyer ce vœu et continuer à œuvrer ensemble en vue de faire de la paix, de la stabilité et du développement des réalités permanentes au Timor-Leste.  Le représentant s’est en particulier dit encouragé par les mesures prises par la MINUT, le système des Nations Unies en général et les partenaires internationaux dans la mise en œuvre de solutions à long terme visant à surmonter les défis qu’affronte le Timor-Leste.  Il a estimé qu’une transition réussie du Timor-Leste vers la paix et la stabilité nécessitera un engagement et une assistance soutenus de la part de la communauté internationale. 


M. JORGE LOBO DE MESQUITA (Portugal) a réitéré l’importance « capitale » qu’il y a à ce que la communauté internationale, en particulier la Mission de l’ONU, reste aux côtés des Timorais pour contribuer à consolider la stabilité politique et à renforcer la réconciliation ainsi que le développement économique.  Les efforts de la communauté internationale ne pourront porter de fruits, a-t-il néanmoins prévenu, que s’ils répondent aux vœux souverains du peuple timorais. 


Se félicitant de ce que les institutions timoraises aient pu éviter que le pays ne replonge dans une crise après les évènements de février 2008, le représentant a salué les mesures fermes que le Gouvernement prend pour régler la question des pétitionnaires et des personnes déplacées.  Il l’a encouragé à inscrire des mesures telles que les compensations financières dans une stratégie économique à long terme pour réduire la pauvreté, créer des emplois et générer des revenus, en particulier pour les jeunes, et développer des mécanismes de protection sociale.  Ces mesures financières devraient être complétées par d’autres visant une réconciliation durable, a estimé le représentant. 


Qualifiant d’élément essentiel pour la paix et la stabilité, l’« articulation » entre les forces de défense et la Police nationale, le représentant a appuyé le transfert des responsabilités policières de la Mission de l’ONU à la Police timoraise qui doit se fonder, a-t-il insisté, sur les capacités opérationnelles plutôt que sur des délais artificiels.  Il est donc essentiel d’assurer les moyens et la formation de ladite Police, a-t-il insisté. 


Depuis 1999, a conclu le représentant, le Portugal a consacré une somme de 442 millions d’euros à l’aide publique en faveur du Timor-Leste.  En outre, le Portugal est déterminé à appuyer la mise en œuvre du mandat de la MINUT, comme en atteste le déploiement d’officiers de police à Dili et dans ses environs ainsi que celui des 200 membres du personnel local.  Le représentant a réservé son dernier mot à Sergio Vieira de Mello, « grand ami du Timor-Leste et symbole des valeurs et des principes les plus élevés des Nations Unies ». 


Déclaration présidentielle


Le Conseil de sécurité accueille avec satisfaction le rapport du Secrétaire général sur la Mission intégrée des Nations Unies au Timor-Leste (S/2008/501), ainsi que l’exposé que le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste, M. Atul Khare, a fait le 19 août 2008.


Le Conseil de sécurité félicite les dirigeants et les institutions politiques du Timor-Leste d’avoir réagi rapidement, fermement et de façon responsable aux déplorables événements du 11 février 2008, dans le respect des règles constitutionnelles du pays.  Le Conseil reconnaît que les conditions générales de sécurité se sont améliorées au Timor-Leste depuis les événements de mai-juin 2006, mais que la situation politique, sociale et humanitaire et la situation en matière de sécurité y demeurent fragiles.


Le Conseil de sécurité se félicite de la poursuite des efforts visant à faciliter le dialogue et la réconciliation nationale au Timor-Leste dans le cadre de divers mécanismes, en particulier les réunions élargies du Comité de coordination de haut niveau, le Forum de coordination trilatérale et les bons offices du Représentant spécial du Secrétaire général.  Il se félicite également des progrès qui ont été faits récemment pour ce qui est de remédier à la situation des personnes déplacées.


Le Conseil de sécurité réaffirme qu’il importe d’examiner et de réformer le secteur de la sécurité au Timor-Leste, en particulier qu’il est nécessaire d’établir une nette distinction entre le rôle et les responsabilités incombant à la Police nationale et ceux incombant aux forces armées (F-FDTL), en matière de sécurité intérieure et extérieure, de renforcer les cadres juridiques et de consolider les mécanismes civils de surveillance et d’obligation redditionnelle.  Il reconnaît les efforts qui ont été faits par les autorités nationales et la MINUT pour reconstituer la Police nationale du Timor-Leste et accueille avec satisfaction le rapport de la mission d’experts en date du 16 mai 2008 sur les activités de police au Timor-Leste (S/2008/329), ainsi que les mesures tendant à donner suite aux recommandations qui y sont formulées.  Le Conseil souligne que l’établissement d’une police nationale indépendante, professionnelle et impartiale au Timor-Leste est un processus de longue haleine, que l’appropriation nationale est un élément central à cet égard et que la MINUT joue un rôle décisif en aidant à faire en sorte que la Police nationale du Timor-Leste soit disposée et apte à assumer à nouveau ses responsabilités.


Le Conseil de sécurité rappelle qu’il est indispensable que la communauté internationale continue à aider le Timor-Leste à développer et à consolider ses institutions et à renforcer encore ses capacités dans le secteur de la justice.


Le Conseil de sécurité réaffirme à nouveau l’importance des efforts qui sont faits actuellement en matière d’obligation redditionnelle et de justice et souligne qu’il importe que le Gouvernement du Timor-Leste donne suite aux recommandations formulées dans le rapport de 2006 de la Commission spéciale d’enquête des Nations Unies.  Il se félicite que les dirigeants du Timor-Leste soient convaincus de la nécessité d’établir la justice et sont déterminés à lutter contre l’impunité.  Il souligne l’importance de la promotion et de la protection des droits de l’homme.


Le Conseil de sécurité convient qu’il est nécessaire de régler les problèmes socioéconomiques du Timor-Leste.  À cet égard, il se félicite du lancement, par le Gouvernement du Timor-Leste, des Priorités nationales pour 2008, notamment celles concernant la sûreté et la sécurité publiques; la protection sociale et la solidarité; la nécessité de répondre aux besoins des jeunes; l’emploi et la création de revenus; l’amélioration des services sociaux; et la nécessité d’une plus grande transparence et l’efficacité du Gouvernement.  Il se félicite également de la signature, entre le Timor-Leste et l’Organisation des Nations Unies, du Cadre d’aide au développement des Nations Unies 2009-2013, qui peut fournir au pays des instruments utiles à son développement.


Le Conseil de sécurité réaffirme son soutien sans réserve aux travaux de la MINUT et apprécie les efforts que le Secrétaire général et son Représentant spécial continuent de déployer pour que la Mission puisse s’acquitter pleinement de son mandat.  Il encourage la MINUT, conformément à son mandat, à continuer à s’employer, en coopération avec les institutions spécialisées, fonds et programmes des Nations Unies, ainsi qu’avec tous les partenaires concernés, à prêter assistance au Gouvernement du Timor-Leste.  Le Conseil rappelle qu’il a prié le Secrétaire général d’élaborer, en consultation avec le Gouvernement du Timor-Leste, une stratégie à moyen terme assortie de moyens d’évaluation qui permettent de mesurer et de suivre les progrès de son application et de lui soumettre de nouveaux rapports lorsqu’il le jugera utile.


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