07/05/2008
Conseil de sécurité
CS/9325

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Conseil de sécurité

5887e séance – matin


CONSEIL DE SÉCURITÉ: LA SIERRA LEONE A UNE RÉELLE CHANCE DE PRÉSERVER SES ACQUIS SI LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE MAINTIENT SON APPUI AU PROCESSUS DE CONSOLIDATION DE LA PAIX


Le Sous-Secrétaire général à l’état de droit et aux institutions chargées de la sécurité au Département des opérations de maintien de la paix a déclaré aujourd’hui au Conseil de sécurité que la Sierra Leone a une réelle chance de préserver ses acquis si la communauté internationale maintient son appui au processus de consolidation de la paix.


M. Dmitry Titov a rappelé les propositions du Secrétaire général concernant le mandat, la structure et la force d’une nouvelle présence de l’ONU après l’expiration en septembre du mandat du Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone (BINUSIL).  Le Secrétaire général a recommandé la création d’un bureau d’appui intégré des Nations Unies pour la consolidation de la paix (BANUSIL), pour une période initiale d’un an, qui serait chargé de s’occuper des problèmes du pays dans les domaines politique et économique*.


Dans son exposé, le Sous-Secrétaire général a en effet identifié les nombreux défis qui subsistent dans les préparatifs des élections locales, la réforme du secteur de la sécurité, la situation sociale et économique ainsi que le respect des droits de l’homme et de l’état de droit.  Le BANUSIL serait dirigé par un représentant exécutif qui rendrait compte directement au Département des affaires politiques et au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) en sa qualité de coordonnateur résident des Nations Unies et de coordonnateur résident du PNUD.


En envisageant une nouvelle présence de l’ONU en Sierra Leone, a commenté le Président des réunions spécifiques sur la Sierra Leone de la Commission de consolidation de la paix, le Conseil doit la doter d’un personnel capable d’appuyer activement le travail de la Commission et la mise en œuvre du Cadre de coopération pour la consolidation de la paix que la Commission a adopté le 12 décembre 2007.  La nomination d’un nouveau représentant exécutif, s’est réjoui M. Frank Majoor des Pays-Bas, assurera la continuité nécessaire au processus de transition d’une présence à l’autre et fournira un appui politique de haut niveau qui est essentiel avant les élections municipales et pendant toute la période de consolidation de la paix.


LA SITUATION EN SIERRA LEONE


* Sixième rapport du Secrétaire général sur le Bureau intégré des Nations Unies en Sierra Leone en date du 29 avril 2008 (S/2008/281)


Exposés


Dans sa longue présentation, le Sous-Secrétaire général à l’état de droit et aux institutions chargées de la sécurité au Département des opérations de maintien de la paix, M. DMITRY TITOV, a indiqué que depuis sa prise de fonctions en septembre 2007, le nouveau Gouvernement de la Sierra Leone a pris plusieurs mesures pour mettre en œuvre son agenda de la réforme ainsi que pour promouvoir la transparence et la reddition des comptes.  La situation politique et en matière de sécurité demeure globalement calme même si des incidents provoqués par un certain degré d’intolérance entre les partisans du principal parti de l’opposition, le SLLP, et le parti au pouvoir, l’APC, ont eu lieu dans certaines parties du pays.


Le Sous-Secrétaire général a poursuivi en soulignant que le 5 juillet 2008, la Sierra Leone s’est donnée un autre rendez-vous important avec la tenue des élections municipales.  Les donateurs, s’est-il félicité, ont promis de verser les 24,6 millions de dollars nécessaires au Fonds géré par le PNUD.  Une certaine préoccupation subsiste cependant face aux risques de tensions entre les partisans des deux principaux partis.  En conséquence, le BINUSIL travaille en étroite collaboration avec toutes les parties prenantes pour assurer des élections pacifiques et non violentes.


En outre, avec l’assistance du Bureau, un plan de sécurité financé par le Fonds du PNUD est en train d’être élaboré par la Police nationale.  Le Bureau contribue aussi au renforcement des Comités chargés de surveiller le respect du Code de conduite des partis politiques.  Des progrès remarquables, a indiqué le Sous-Secrétaire général, ont été faits dans l’amélioration du professionnalisme et de l’efficacité des Forces armées nationales (RSLAF) et de la Police (SLP).


En vue de rationaliser les Forces armées, le Gouvernement a approuvé une réduction de 10 500 à 8 500 hommes, dans les deux prochaines années.  Malgré ces progrès, l’Armée et la Police font toujours face à de graves faiblesses logistiques.  En outre, les agences nationales de sécurité ont toujours besoin d’une assistance pour renforcer leurs capacités dans la lutte contre le trafic de drogues et améliorer la sécurité aéroportuaire.


Malheureusement sur le plan social et économique, les progrès ont été faibles, s’est alarmé le Sous-Secrétaire général.  La flambée des prix des produits de première nécessité et du pétrole a exacerbé la situation.  Aujourd’hui, il y a un risque réel que le mécontentement lié à la hausse du prix du riz ne génère des troubles sociaux.  Le Gouvernement de la Sierra Leone a donc créé un groupe de travail pour traiter de la crise alimentaire et a promis de travailler à l’autosuffisance dans la production de riz, ce qui prendra du temps et des investissements considérables.  Actuellement, le pays ne produit que 30% de sa consommation totale.


Le processus de consolidation de la paix pourrait également être compromis par le chômage des jeunes, a souligné le Sous-Secrétaire général.  À court et à moyen termes, le pays continuera à avoir besoin d’un appui généreux et durable de la communauté internationale pour créer des emplois.  En revanche, une amélioration générale a été observée s’agissant de la situation des droits de l’homme.  Le rythme de la mise en œuvre des recommandations de la Commission vérité et réconciliation est toujours lent et le Gouvernement continuera à avoir besoin d’un appui externe pour établir des institutions d’état de droit crédibles et durables, a cependant fait remarquer M. Titov.


L’adoption du Cadre de coopération pour la consolidation de la paix a donné un nouvel élan au processus, a estimé le Sous-Secrétaire général.  Le Bureau conseille le Gouvernement dans la mise en œuvre des engagements du Cadre, tout comme il appuie les préparatifs des réunions avec la Commission de consolidation de la paix et réunit les parties prenantes pour appuyer les activités qui entrent dans ce processus.


Le Sous-Secrétaire général est ensuite passé aux propositions du Secrétaire général concernant la création du BANUSIL, en précisant que son mandat serait d’identifier et de résoudre les conflits politiques, d’achever les réformes liées à la bonne gouvernance, d’émanciper politiquement et économiquement les jeunes et les femmes, de mettre en œuvre le Cadre de coopération pour la consolidation de la paix, d’appuyer le travail de la Commission et du Fonds, de renforcer le secteur de la justice et de soutenir la réforme du secteur de la sécurité.


On peut raisonnablement espérer que la Sierra Leone ira de l’avant et améliorera sa situation sociale et économique, a conclu le Sous-Secrétaire général, en prévenant qu’il faudra pour cela que le Gouvernement prenne des décisions difficiles et mette en œuvre des politiques fondées sur la transparence et la reddition des comptes et que la communauté internationale maintienne son appui.


À son tour, le Président des réunions spécifiques de la Commission de consolidation de la paix sur la Sierra Leone, M. FRANK MAJOOR (Pays-Bas), a indiqué qu’avec l’adoption du Cadre de coopération, l’engagement de la Commission de consolidation de la paix en faveur de la Sierra Leone s’est focalisé sur trois principaux objectifs, à savoir la mobilisation d’un appui à la mise en œuvre du Cadre, l’élargissement de la base des donateurs et le lancement de nouvelles activités ou l’amélioration de celles qui existent déjà dans les domaines prioritaires de la consolidation de la paix.  Les efforts de plaidoyer et de mobilisation des ressources seront soulignés dans le cadre de la consultation de haut niveau prévue avec les parties prenantes, le 19 mai 2008, à New York.


Le Président a indiqué que la visite qu’il a effectuée en Sierra Leone, entre le 21 et le 25 avril dernier, a permis de renforcer l’engagement des parties prenantes nationales en faveur de la mise en œuvre du Cadre de coopération et d’identifier quelques défis concrets nécessitant une attention immédiate du Gouvernement sierra-léonais et de la communauté internationale.  Il s’est, à son tour, alarmé de la fragilité de la situation économique, en notant que la majeure partie de l’assistance internationale continue de passer par des projets établis en l’absence d’une stratégie globale, de programmes sectoriels et de mécanismes de financement.  La consultation du 19 mai devrait être l’occasion d’explorer les moyens de corriger cette situation.  Il a aussi souligné l’importance d’un appui budgétaire de la part des donateurs.


À l’instar du Sous-Secrétaire général, le Président a dénoncé les clivages ethniques et géographiques qui continuent de diviser le pays, à la veille des élections municipales.  Dans le domaine de l’emploi des jeunes, il a dénoncé l’absence d’un point focal au sein du Gouvernement national et les divergences d’approches parmi les acteurs internationaux.  Là encore, il a vu dans la consultation du 19 mai une occasion claire de parvenir à une approche commune.


Le Président a conclu en indiquant que l’absence d’un représentant exécutif depuis décembre 2007, a limité la capacité de l’ONU de jouer un rôle de chef de file et d’être le principal interlocuteur du Gouvernement national, surtout en cette période cruciale.  L’absence d’un représentant exécutif a aussi limité la capacité de l’ONU de réunir les partenaires internationaux en appui au Cadre de coopération et plus généralement, de coordonner les activités sur le terrain.


Un certain nombre de parties prenantes, a-t-il insisté, ont souligné la nécessité d’un forum de coordination informel sur les questions de consolidation de la paix.  Tant le Gouvernement que les donateurs internationaux, a-t-il indiqué, sont déterminés à améliorer et à renforcer, également dans des cadres informels, les mécanismes de coordination à Freetown, y compris la Commission et le Fonds de consolidation de la paix.


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