19/02/2008
Conseil de sécurité
CS/9256

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Conseil de sécurité

5840e séance – matin


LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE DOIT SE MOBILISER D’URGENCE POUR ACCÉLÉRER L’APPLICATION DE L’ACCORD GLOBAL DE PAIX AU SOUDAN, DÉCLARE ASHRAF QAZI DEVANT LE CONSEIL DE SÉCURITÉ


Le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, M. Ashraf Jehangir Qazi, a informé aujourd’hui les membres du Conseil de sécurité des derniers développements sur le terrain.  Il a ainsi indiqué que la situation générale dans la zone de cessez-le-feu restait relativement stable, en dépit de l’intensification de troubles entre l’Armée populaire de libération du Soudan et les Forces armées soudanaises le long des routes de migration et d’accès à l’eau.  Indiquant que le Gouvernement du Sud-Soudan a annoncé des plans de désarmement des tribus armées et la démobilisation d’anciennes milices, il a ajouté que la situation à Abyei avait peu évolué, dans la mesure où la région demeurait sensible à une éventuelle reprise du conflit. 


Tout au long de son intervention, M. Qazi a déploré à plusieurs reprises le manque de capacités techniques et matérielles nécessaires à l’application des principales dispositions de l’Accord de paix global, en particulier le redéploiement des Forces armées soudanaises et de la SLPA, la formation d’unités mixtes intégrées, la délimitation de la frontière, le recensement national et les élections ainsi que l’aide humanitaire.  C’est en ce sens qu’il a multiplié les appels à la communauté internationale des donateurs pour aider les autorités soudanaises à œuvrer à la réconciliation nationale et à l’instauration d’une paix durable.



RAPPORTS DU SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SUR LE SOUDAN


Exposé


M. ASHRAF JEHANGIR QAZI, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, a fait observer qu’en ce qui concerne le processus de paix, la persistance de sérieux obstacles empêchait toute accélération de celui-ci.  Les relations entre les deux parties sont relativement cordiales, a-t-il dit, tout en faisant remarquer qu’elles souffrent toutefois d’un manque significatif de confiance mutuelle.  D’un côté, le Parti du Congrès national estime que le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan s’en tient à la recherche de la sécession à l’occasion du référendum de 2011, sans tenir compte des éventuelles concessions proposées.  De l’autre, le Mouvement/Armée populaire de libération du Soudan juge que le Parti du Congrès n’est pas enclin à faire de compromis et, partant, de préserver l’unité du Soudan.  Pour M. Qazi, le principal défi de la MINUS sera de contribuer à modifier ces perceptions pour faciliter la relance du processus politique par le biais, notamment, de la mise en œuvre de l’Accord global de paix.  Il a estimé que l’Accord fournissait le cadre requis pour amener les deux parties à la réconciliation.  L’Accord garantit également le droit à l’autodétermination du peuple du Sud-Soudan à travers l’exercice libre et informé du choix qui lui sera offert en 2011, a-t-il dit. 


Le Représentant spécial a ensuite expliqué qu’il avait conseillé aux deux parties de considérer une approche à deux niveaux permettant, à l’échelle locale, de fournir une aide de base au peuple d’Abyei et encourager à la réconciliation sur le terrain, et, au niveau national, de donner les moyens aux partenaires de l’Accord de paix de régler leurs divergences de vues sur plusieurs questions, en particulier le partage des revenus tirés de l’exploitation du pétrole dans la zone.  


M. Qazi a fait savoir que les deux parties étaient prêtes à un accord sur l’établissement d’une administration intérimaire à l’intérieur des frontières temporaires et que, à cette aune, la MINUS les avait encouragées à rechercher un règlement final dans le même esprit de dialogue et de compromis.  Par ailleurs, il a encouragé les parties à commencer sans délai la délimitation de la frontière intérieure dans les zones où celle-ci n’est pas contestée, en assurant les communautés locales que la démarcation ne sera pas un entrave à leurs déplacements. 


Poursuivant son exposé, M. Qazi a indiqué que la situation en matière de sécurité rendait très difficile la réalisation du dénombrement de la population sur place.  Passant ensuite à la question des élections également prévues en 2009 dans le cadre de l’Accord global de paix, il a fait savoir qu’il avait demandé instamment aux autorités soudanaises de faire passer la loi électorale et d’établir une commission électorale indépendante, laquelle pourrait devenir le principal interlocuteur de l’ONU en vue du scrutin.


Le Représentant spécial a en outre appelé la communauté des donateurs à appuyer le Gouvernement du Sud-Soudan, qui manque d’infrastructures, à préparer ces élections.  Il a ajouté que le redéploiement des forces restait incomplet à ce stade, les deux parties ayant désormais dépassé la date limite du 9 janvier 2008.  En outre, M. Qazi a réaffirmé que la réforme du secteur de la sécurité était indispensable pour une paix durable, les Unités mixtes intégrées devant, en cas d’unité prononcée à l’issue du référendum de 2011, de jeter les bases d’une nouvelle armée nationale.  J’exhorte la communauté internationale à fournir l’assistance requise à la formation et au déploiement des Unités, a déclaré le Représentant spécial.  S’agissant des programmes de désarmement, démobilisation et réintégration (DDR), il a également regretté le manque de capacités nationales qui sont nécessaires à leur mise en œuvre.  M. Qazi a précisé que la MINUS et la commission de DDR du nord et du sud du pays avaient trouvé un accord avec le Gouvernement national en vue de la mise sur pied d’un mécanisme de coordination des ressources versées par les donateurs.  Il a néanmoins noté que la mise en place des programmes de DDR était toujours impossible pour ce qui est de l’essentiel des régions traditionnelles du Nord-Soudan.


Sur le plan humanitaire, le Représentant spécial a affirmé que dans la perspective du recensement de 2008 et des élections de 2009, la pression sur le Gouvernement du Sud-Soudan le contraignait désormais à donner des gages de paix aux populations locales.  Sa stratégie, a-t-il dit, est d’appuyer la mise en place d’un processus de décentralisation incluant les polices et les programmes destinés à consolider la paix au plan national.  De nouveau, M. Qazi a estimé qu’il faudrait que la communauté internationale mobilise davantage de ressources pour le relèvement et le développement du Soudan.  À cet égard, il a plaidé pour une opérationnalisation rapide du Fonds d’affectation spéciale multi-donateurs.  « Nous espérons que la communauté des donateurs répondra rapidement à l’urgence des besoins du Gouvernement du Soudan en matière de relèvement et de développement », qui a annoncé qu’un examen des moyens à débloquer pour renforcer le mandat de la MINUS était actuellement en cours.  Il a fait savoir que des recommandations dans ce domaine seraient transmises par le biais du rapport du Secrétaire général, en avril prochain. 


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