23/10/2007
Communiqué de presse
Conférence de presse

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

CONFÉRENCE DE PRESSE SUR LE FINANCEMENT DU DÉVELOPPEMENT ET L’ÉGALITÉ ENTRE LES SEXES


Quand un pays se prive de l’apport des femmes, autrement dit de la moitié de sa population, il refuse en fait de se donner toutes les chances de réussir, a souligné ce matin June Zeitlin, de l’Organisation des femmes pour l’environnement et le développement, lors d’une conférence de presse qui coïncidait avec deux débats à l’ONU: un dialogue de haut niveau dans le cadre de l’Assemblée générale, consacré à l’application des textes issus de la Conférence internationale de Monterrey sur le financement du développement en 2002 et une réunion publique du Conseil de sécurité sur les femmes, la paix et la sécurité.


Pour sa part, Barbara Adams, du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM), qui animait ce point de presse, a déploré que la politique d’égalité des sexes soit en quelque sorte la dernière « roue du carrosse », cette question n’étant pas ou peu prise en compte dans les politiques de développement.  Or, selon elle, investir dans la promotion des femmes est rentable en matière de développement économique en raison du rôle fondamental que celles-ci jouent généralement dans l’intendance du foyer.  Barbara Adams a rappelé que « le développement exigeait plus d’argent », l’estimation retenue pour atteindre le troisième Objectif du Millénaire pour le développement « Promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes » étant de 25 à 28 milliards de dollars par an.


Pour Mme Zeitlin, « les progrès ne sont pas aussi importants qu’il le faudrait, l’une des raisons étant qu’il n’y a pas eu une attention sérieuse, en matière de priorité et de financement, portée sur l’objectif de l’égalité des sexes ».  Or, l’ancien Secrétaire général Kofi Annan, aussi bien que son successeur Ban Ki-moon, ont souligné que l’autonomisation des femmes avait un effet moteur sur le développement.  « Et cela figure dans un grand nombre de documents de l’ONU que les États ont ratifiés », a rappelé Mme Zeitlin.  Il est avéré que l’autonomisation des femmes, leur responsabilisation, a automatiquement un effet positif sur la mortalité en couches, sur la nutrition et sur la pauvreté même par l’amélioration de la productivité économique –comme on l’a vu dans les pays qui ont démocratisé le microcrédit-.  Les pays qui ne capitalisent pas sur le plein potentiel de la moitié de leur population gaspillent leurs ressources humaines et portent atteinte à leur compétitivité, a-t-elle souligné, en citant le Forum économique mondial, « qui n’est pas exactement une institution féministe », a-t-elle noté. 


          L’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes sont deux éléments fondamentaux du changement permettant d’atteindre les Objectifs du Millénaire ainsi qu’un développement durable: « Investir dans les femmes ne bénéficie pas seulement aux femmes mais aussi à leur famille, leur village et à la société en général ».  Elle a regretté que le Consensus de Monterrey, conclu en 2002, et qui prévoyait de mobiliser des ressources afin de parvenir à un développement durable tout en éliminant la pauvreté, ait négligé la question de l’égalité hommes-femmes.  « Cinq ans plus tard, nous continuons de militer pour établir un lien entre les deux », a-t-elle souligné.  « Cela doit être tellement évident pour tout le monde qu’on l’oublie », a-t-elle ironisé. 


La Conférence de Monterrey sur le financement du développement avait débouché sur la signature d’un catalogue de mesures à adopter aux plans national et international afin d'offrir des conditions de vie plus humaines aux populations des pays pauvres.


Mme Zeitlin a estimé que l’ONU elle-même connaissait un sous-financement en matière d’égalité des sexes, citant les 57 millions de dollars de budget du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) l’an dernier qu’elle a comparé à celui du Fonds des Nations Unies pour les activités en matière de population (565 millions de dollars) qui, selon elle,  est lui-même sous-financé, alors que celui du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) se compte en milliards.  En résumé, a-t-elle conclu, il y a beaucoup de paroles éloquentes sur la nécessité de l’égalité mais les moyens ne suivent pas en proportion de la rhétorique.


Et même quand il y a des moyens accordés aux politiques de développement, a souligné pour sa part Nerea Craviotto de l’organisation Women in Development Europe (WIDE), les retombées économiques positives sont très inégales.  La redistribution ne profiterait guère aux classes les plus pauvres où les femmes sont surreprésentées.  Selon elle, « des mesures préventives doivent être prises pour répondre aux impacts négatifs des stratégies économiques avant même que ces stratégies ne soient mises en œuvre ».


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