17 janvier 2007
Secrétaire général
SG/SM/10843
ECOSOC/6247

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POUR BAN KI-MOON, L’ECOSOC DOIT DEVENIR L’ORGANE INTERGOUVERNEMENTAL PAR EXCELLENCE POUR RÉALISER LE PROGRAMME DE DÉVELOPPEMENT MONDIAL, Y COMPRIS LES OMD


On trouvera ci-après le texte intégral de l’allocution du Secrétaire général de l’ONU, M. Ban Ki-moon,à l’occasion de la cérémonie de transmission de la présidence du Conseil économique et social à New York, le 17 janvier:


Je suis très honoré d’être des vôtres pour cette cérémonie de transmission de la présidence du Conseil économique et social.  Permettez-moi de commencer en vous souhaitant à tous une année heureuse et productive.


Monsieur l’Ambassadeur de Tunisie, je vous remercie des efforts que vous avez consentis au cours de l’année écoulée pour faire du Conseil économique et social un organe plus robuste et plus efficace.  Je vous suis tout particulièrement reconnaissant du zèle que vous avez mis à l’exécution du mandat élargi confié au Conseil par le Sommet mondial.


Aujourd’hui, c’est à votre tour, Monsieur l’Ambassadeur de Lituanie, de piloter cette entreprise vitale.  Comme vous venez d’assurer la vice-présidence du Conseil, je sais que vous êtes prêt à relever ce défi.


Je vous souhaite, Monsieur l’Ambassadeur, une présidence fructueuse et productive.  Tout au long de votre mandat à la tête du Conseil économique et social, vous pourrez compter sur mon appui entier et indéfectible.


Le développement pour tous est au cœur de la mission de l’ONU.  Avec la sécurité et le respect des droits de l’homme, il forme le noyau central de nos aspirations à un monde pacifique et meilleur.


En convoquant une série historique de conférences et de sommets mondiaux, l’Organisation a contribué à faire adopter un programme de développement ambitieux, qui privilégie les objectifs concrets et les résultats tangibles.


C’est avant tout aux autorités nationales que revient la responsabilité d’atteindre ces résultats.  Mais notre Organisation et, en particulier, le Conseil économique et social, ont, eux aussi, un rôle crucial à jouer, tout particulièrement en aidant les États Membres à mener à bien les activités prévues.


L’année qui commence offre au Conseil une excellente occasion de promouvoir son nouveau rôle.  De mon point de vue, il devrait agir dans cinq directions essentielles.


En premier lieu, le Conseil économique et social devrait devenir l’enceinte par excellence où, au niveau intergouvernemental, on suit et évalue les progrès réalisés.


Pour que ces progrès soient durables, nous devons à chaque instant suivre la mise en œuvre, évaluer les obstacles et, si nécessaire, recentrer l’action, sans perdre de vue que l’échéance fixée pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement est 2015.


Dans ce domaine, le nouvel examen mené annuellement à l’échelon ministériel fournit un tremplin prometteur.  Placé sous le feu des projecteurs, il peut être l’occasion d’un engagement politique, d’une évaluation du rapport des engagements pris à l’échelon international en faveur des objectifs de développement convenus et d’un partage des connaissances.  En encourageant les synergies et l’établissement de liens, il peut en outre contribuer à unifier davantage l’action tout en remédiant aux lacunes.


En deuxième lieu, nous devons lancer un vaste dialogue sur les grandes orientations en ce qui concerne la coopération pour le développement, qu’il s’agisse de coopération multilatérale, de coopération Nord-Sud ou de coopération Sud-Sud.


Le paysage international de la coopération pour le développement s’est élargi de façon spectaculaire depuis quelques années.  Un grand nombre d’acteurs nouveaux sont apparus, dont beaucoup collaborent déjà avec l’ONU au niveau des pays.  Il s’agit maintenant de les associer tous aussi au choix des grandes orientations.


Le nouveau Forum pour la coopération en matière de développement offre à cet égard une plate-forme internationale unique en son genre.  Il peut en effet placer le débat sur l’aide et sur son efficacité dans une enceinte véritablement multilatérale, en faisant appel à des interlocuteurs très divers, depuis les institutions de Brettons Woods et autres institutions internationales jusqu’aux représentants de la société civile et du secteur privé.  Le Forum peut aussi renforcer les partenariats entre les pays donateurs et les pays en développement.


Aujourd’hui, aucune action de l’ONU en faveur du développement – qu’il s’agisse de sensibilisation à une grande cause ou d’appui à des objectifs précis – ne peut marquer de progrès réels sans le concours de la société civile.  Le Conseil économique et social demeure, au sein de notre Organisation, l’organe le mieux placé pour associer ces partenaires essentiels à notre entreprise.  Permettez-moi de saisir l’occasion qui m’est ici offerte d’exprimer ma profonde gratitude aux nombreuses organisations de la société civile et du secteur privé qui appuient le programme de l’ONU en faveur du développement et, en particulier, les Objectifs du Millénaire pour le développement.


En troisième lieu, j’espère que le Conseil jouera un rôle de chef de file pour ce qui est de promouvoir la cohérence et la coordination des initiatives engagées à l’échelon international en vue de mettre en œuvre le programme de développement.  Nous devons prêter un appui plus efficace aux États Membres, tout en réduisant les activités qui font double emploi.


À cet égard, je tiens à saluer les recommandations avisées du Groupe de haut niveau sur la cohérence de l’action du système des Nations Unies.  Pour procéder aux changements voulus, il faudra non seulement que les États Membres nous appuient de manière énergique et soutenue, mais également que le système des Nations Unies montre la voie à suivre et prenne les choses en main.


En quatrième lieu, le Conseil est désormais capable de répondre aux crises humanitaires en convoquant des sessions spéciales.  Fort de son expérience de la reconstruction et du développement, il peut donc pousser le système des Nations Unies à intervenir de façon plus soutenue, plus efficace et plus homogène lorsqu’une crise se produit.


En dernier lieu, la paix et la sécurité sont indissociables de l’Agenda pour le développement.  Le Conseil joue déjà un rôle fondamental en encourageant le développement durable à long terme dans les sociétés qui sortent d’un conflit.  Nous devons désormais veiller à ce que la toute nouvelle Commission de consolidation de la paix fasse fond sur son expérience et sa mémoire institutionnelle.  J’espère donc que ces deux organes engageront une collaboration continue et fructueuse.


Au tout début de mon intervention, j’ai dit que le développement était au cœur de la mission de l’ONU.  Permettez-moi de conclure en soulignant que l’Organisation tout entière a besoin que le Conseil montre le chemin.


Je suis en effet persuadé que le Conseil est sur le point de se réinventer et de retrouver le sens de sa mission initiale.  J’espère que les nouvelles équipes à la tête du Secrétariat et du Conseil s’attacheront ensemble à saisir cette occasion et à promouvoir les objectifs de développement que nous nous sommes fixés.


Ensemble, nous pouvons et devons restaurer la confiance dans l’Organisation des Nations Unies.  Ensemble, nous agirons pour que notre Organisation tienne ses promesses.


Je vous remercie et je me réjouis de travailler avec vous.


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