20/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6300

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL EST SAISI DE RAPPORTS SUR L'ASSISTANCE À HAÏTI ET À LA GUINÉE-BISSAU


(Publié tel que reçu)


Genève, 20 juillet (Service de l’information des Nations Unies) –- Le Conseil économique et social a tenu ce matin un débat sur les questions de coordination, relatives au programme et autres questions.  Il a notamment été saisi dans ce cadre de rapports d'organes de coordination, ainsi que des rapports des Groupes consultatifs spéciaux sur Haïti et sur la Guinée Bissau.


Le Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire du système des Nations Unies en Haïti, M. Joël Boutroue, a observé que beaucoup reste à faire pour qu'Haïti s'engage sur la voie de la stabilité et du développement durable.  Il a souligné que le consensus politique est au cœur des possibilités de stabilisation d'Haïti.  Des progrès importants ont été réalisés, notamment avec le processus électoral qui s'est terminé le 29 avril dernier.  À cet égard, M. Boutroue s'est félicité de la participation croissante des femmes en tant que candidates et électrices.  Le nouveau consensus est fragile, a-t-il poursuivi, et il faudra dépasser la polarisation, la division socioéconomique et les jeux de pouvoir qui minent la politique haïtienne.  Des progrès réels dans le renforcement de capacités de gouvernance dépendront du soutien des Nations Unies et de la communauté internationale.


Le rapport du Groupe consultatif spécial sur Haïti, présenté par un représentant du Canada,  recommande en particulier la préparation d'un Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté, qui doit comporter des priorités bien définies et doit être clair sur les activités qui doivent être organisées.  La coordination entre bailleurs de fonds et les agents de mise en œuvre, y compris les organisations non gouvernementales, sera en effet facilitée une fois que le Document sera finalisé, car les priorités du Gouvernement seront alors mieux connues. 


Les représentants du Chili, du Bénin, de la Barbade, de la Guinée Bissau, du Luxembourg, des États-Unis et d'Haïti ont participé au débat sur le programme d'assistance à long terme à Haïti.


Le rapport du Groupe consultatif spécial de l'ECOSOC sur la Guinée-Bissau, présenté par un représentant de l'Afrique du Sud, constate que la situation socio-économique et financière du pays continue de se détériorer.  Cependant, en dépit de l'atmosphère polarisée et des tensions caractéristiques de cette situation, les différends politiques sont en train d'être résolus et la tenue d'élections législatives offrira une nouvelle possibilité de renforcer la stabilité institutionnelle.  Le Groupe consultatif souligne que le Gouvernement de la Guinée-Bissau ne pourra relever les défis auxquels est confronté le pays sans l'aide de la communauté internationale.


Dans son intervention, le représentant de la Guinée-Bissau a notamment demandé l'aide de la communauté internationale dans le domaine de la lutte contre le trafic de drogues, qui constitue à l'heure actuelle une menace très grave pour le pays et ses institutions.  Les représentants d'Haïti, des États-Unis et du Cap-Vert ont aussi fait des déclarations.


En début de séance, M. Adnan Amin, Directeur du Conseil des chefs de secrétariat pour la coordination (CCS), a présenté le rapport du Conseil, expliquant que ses membres se sont accordés sur le fait que les points centraux au fonctionnement du système des Nations Unies sont l'harmonisation des pratiques et des procédures, l'identification de réponses efficaces aux questions de politiques globales, et les opérations au niveau des pays.  Il a en outre été convenu que les activités opérationnelles devraient faire partie intégrante des responsabilités majeures du CCS. 


Le Conseil était en outre saisi du rapport du Comité du programme et de la coordination, au sujet duquel le représentant du Venezuela est intervenu.


Le Conseil se réunit à nouveau à 15 heures cet après-midi pour un débat sur les organisations non gouvernementales.


Examen des questions de coordination, des questions relatives au programme et autres questions


Présentation et documentation


M. ADNAN AMIN, Directeur du Conseil des chefs de secrétariat pour la coordination (CCS), a présenté le rapport d'ensemble annuel du CCS pour 2006-2007.  Il a souligné que pendant cette période, le CCS a adopté une approche ambitieuse en matière de développement de politiques et de mise en œuvre, afin d'améliorer sa contribution face aux défis internationaux.  Il s'est intéressé à de nombreuses questions importantes, comme les nouveaux mandats de l'ECOSOC, l'évolution du concept «Une ONU», l'emploi et le travail décent, l'aide au commerce et le Programme d'action en faveur des pays les moins avancés.  S'agissant des nouvelles fonctions de l'ECOSOC, M. Amin s'est dit convaincu qu'elles fourniront de nouvelles possibilités d'améliorer la pertinence et l'impact des travaux du Conseil.  Elles offrent aussi l'occasion d'un dialogue fructueux entre le Conseil et le système des Nations Unies sur la cohérence et la coordination des politiques, a-t-il estimé.  Le CCS, a-t-il poursuivi, souligne la nécessité de mieux engager le système des Nations Unies dans un dialogue avec les membres du Conseil économique et social.  À cet égard, le débat sur la coordination semble le plus à même d'offrir cette possibilité.


En ce qui concerne le programme «Une ONU», le CCS a reconnu que le facteur essentiel de l'efficacité du système des Nations Unies, pour les pays donateurs comme les pays en développement, est l'efficacité de son travail au niveau des pays.  Aussi, dans la mise en œuvre des projets pilotes, le CCS a reconnu le rôle crucial du coordonnateur résident et décidé qu'un cadre approprié devrait être développé pour gérer son travail.  Les questions d'emploi et de travail décent fournissent un bon exemple de l'importance croissante de la définition de réponses à l'échelle des systèmes.  Le Directeur a à cet égard expliqué que le CCS a participé au développement de la panoplie d'outils destinée à accompagner les efforts des organisations du système des Nations Unies en matière d'emploi et de travail décent.  La discussion sur l'aide au commerce a quant à elle eu pour objectif de développer une compréhension commune entre les membres et d'assurer l'engagement du système des Nations Unies à soutenir cette initiative.  À cet égard, le CCS a soutenu les objectifs de l'initiative et mis en évidence la nécessité d'augmenter les ressources pour que les pays en développement puissent développer des capacités commerciales.  D'autre part, le CCS a identifié le changement climatique comme une question importante à traiter dans ses sessions futures.  Parmi les autres questions qui ont retenu l'intérêt du CCS figurent la nécessité d'accélérer le travail d'harmonisation des pratiques du système des Nations Unies, le développement d'une approche commune de partage d'informations, la question de la parité et le développement d'un mécanisme d'évaluation du système des Nations Unies.  En outre, le CCS s'est accordé sur le fait que les points centraux de son fonctionnement sont l'harmonisation des pratiques et des procédures du système, l'identification de réponses efficaces aux questions de politiques globales, et les opérations au niveau des pays.  Il a été convenu que les activités opérationnelles devraient faire partie intégrante des responsabilités majeures du CCS.


Le rapport d'ensemble annuel du Conseil des chefs de secrétariat des organismes des Nations Unies pour la coordination pour 2006/2007 (E/2007/69) donne un aperçu de l'évolution de la coopération interinstitutions dans le cadre des travaux du Conseil des chefs de secrétariat des organes des Nations Unies pour la coordination (CCS) de sa session d'automne 2006 à sa session de printemps 2007, période au cours de laquelle le CCS a amorcé un dialogue sur les grandes questions d'intérêt mondial qui occupent l'attention de la communauté internationale, entrepris d'harmoniser les pratiques de gestion de l'ONU et envisagé d'intégrer la politique, la gestion et les activités opérationnelles dans son cadre de fonctionnement.  Au cours de la période considérée, le CCS, aidé par le Comité de haut niveau sur les programmes, a examiné diverses questions relatives au programme et ayant des incidences à l'échelle du système.  On pouvait notamment citer l'emploi et le travail décent et l'examen à mi-parcours du Programme d'action de Bruxelles en faveur des pays les moins avancés, qui nécessitaient de la part du système des Nations Unies une action coordonnée.  Il y avait également d'autres thèmes d'actualité à l'échelle internationale allant de la cohérence de l'action du système des Nations Unies et «Une ONU» à l'aide au commerce au niveau national qui exigeaient l'adoption d'une position commune et la recherche de solutions cohérentes. 


Le Comité de haut niveau sur les programmes et le Comité de haut niveau sur la gestion ont poursuivi la nouvelle pratique entamée en 2006 et consistant à tenir des réunions conjointes consacrées à l'examen de questions intersectorielles sous l'angle des programmes et de la gestion.  Elles visaient à débattre d'importantes questions liées aux travaux des deux comités et aux activités de l'ensemble du système des Nations Unies.  On pouvait citer notamment l'égalité entre les sexes et la prise en compte de la problématique hommes-femmes, la gestion axée sur les résultats, l'École des cadres du système des Nations Unies et la mise en place d'un mécanisme d'évaluation à l'échelle du système.  Un regain d'attention a été accordé au renforcement de l'efficacité du CCS à proprement parler, en vue de résoudre les principaux problèmes stratégiques qui se posent au système des Nations Unies, pour qu'il puisse mieux réagir face aux grands défis mondiaux et s'assurer que tous les moyens analytiques et opérationnels dont il dispose sont mis en œuvre pour les relever et lui permettre de mieux répondre aux besoins des États Membres et de la communauté internationale. 


Le Conseil est également saisi, dans le cadre de l'examen des questions de coordination, questions relatives au programme et autres questions, du rapport du Comité du programme et de la coordination sur les travaux de sa quarante-septième session (A/62/16) qui s'est tenu du 11 juin au 3 juillet 2007 et qui porte notamment sur l'examen de l'efficacité du fonctionnement administratif et financier de l'Organisation.  Il présente notamment un bilan des mesures d'amélioration de la gestion et de la budgétisation, la décision prise d'un renforcement du suivi et de l'évaluation dans le cycle de planification des programmes, ainsi que d'autres mesures techniques visant la qualité des activités opérationnelles dans tous les domaines de la coopération technique et de leur évaluation.  Le rapport donne également des indications sur la rationalisation des méthodes de travail et des procédures du Comité du programme et de la coordination dans le cadre de son mandat, cet organe réaffirmant en particulier son rôle de principal organe subsidiaire du Conseil économique et social et de l'Assemblée générale pour les questions de planification, de programmation et de coordination.


Le Conseil est en outre saisi, des chapitres pertinents du projet de budget-programme pour l'exercice biennal 2008-2009 (A/62/6) et du projet de calendrier des conférences et des réunions dans les domaines économique et social et dans les domaines connexes pour 2008 et 2009 (E/2007/L.10).


Déclaration


M. RUBEN MOLINA (Venezuela) a jugé vital le travail du Comité du programme et de la coordination, qui a permis d'orienter les fonctions de coordination de l'ECOSOC, et utile l'orientation donnée par ce Comité aux questions de programmation des institutions intergouvernementales des Nations Unies.  Il s'est dit très satisfait de l'appui inconditionnel des membres du Comité en faveur de l'Afrique.  Le représentant vénézuélien a toutefois appelé l'attention sur l'initiative du Secrétaire général de fusionner les fonctions du Bureau du Conseiller spécial pour l'Afrique, le Bureau du Haut Représentant pour les pays les moins avancés, les pays en développement sans littoral et les petits États insulaires en développement, et le bureau de liaison de la CNUCED à New York, ainsi que l'élimination du poste de Conseiller spécial pour l'Afrique.  Le représentant a estimé que ces propositions portent atteinte aux pratiques établies et vont à l'encontre de la volonté de la grande majorité des États membres.  Il a exprimé sa préoccupation concernant ces projets de restructuration, après avoir appuyé la recommandation du Comité du programme et de la coordination de remplir d'urgence le poste vacant du Conseiller spécial pour l'Afrique.   En matière d'amélioration des méthodes de travail, le Venezuela partage l'avis des membres du Comité que cette question ne doit pas être analysée sans fin, au détriment de la mission fondamentale, et de laisser ce thème de côté, du moins pour un temps.


Programme d'assistance à long terme à Haïti


Présentation et documentation


M. HUGH ADSETT (Canada, au nom du Groupe consultatif spécial sur Haïti) a présenté le rapport du Groupe consultatif spécial sur Haïti, le premier à être préparé avec la collaboration du gouvernement nouvellement élu.  Le Groupe y examine les programmes à court, moyen et long termes, et émet plusieurs recommandations.  Il faut notamment que les Nations Unies maintiennent une présence forte sur place.  Le Groupe se félicite de l'évolution récente de la situation, notamment dans le domaine de la sécurité, et salue les efforts du Gouvernement pour la démocratisation, la stabilisation et le développement du pays.  Il reste cependant beaucoup de pain sur la planche et le rapport du Groupe contient une série de recommandations, soulignant notamment que le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté doit comporter des priorités bien définies et doit être clair sur les activités qui doivent être organisées.  La coordination entre bailleurs de fonds et les agents de mise en œuvre, y compris les organisations non gouvernementales, sera facilitée une fois que le Document sera finalisé, car les priorités du Gouvernement seront alors mieux connues.  Une autre recommandation importante tient à la nécessité de réformer la justice et d'autres institutions garantes de l'État de droit de manière à susciter un environnement propice à la normalisation des flux d'investissement privé.  Le Groupe recommande aussi aux autorités d'intégrer la dimension sexospécifique dans toutes les politiques de développement économique et social.  Enfin, le Groupe recommande l'élaboration de stratégies commerciales dans les domaines du tourisme, de l'agriculture et des industries d'assemblage, qui sont les moteurs essentiels de la croissance.  Le Groupe propose à cet égard de demander conseil à l'Organisation internationale du travail.


Le rapport du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti du Conseil économique et social (E/2007/78) contient des conclusions fondées sur les rencontres qu'il a eues avec ses homologues haïtiens et internationaux, et surtout sur la mission qu'il a effectuée en Haïti en avril 2007.  Il dépeint la situation économique et sociale du pays, marquée par certaines avancées positives et par plusieurs indicateurs chroniquement négatifs, et commente en détail la nécessité d'un renforcement des capacités pour remédier aux faiblesses des structures institutionnelles de la société haïtienne.  Il analyse aussi les questions essentielles touchant à la planification du développement et à la coordination de l'aide à Haïti, une problématique globale d'une importance primordiale pour un pays qui dépend fortement de l'assistance internationale. 


Sur ces différents thèmes, le rapport conclut par des recommandations adressées aux autorités haïtiennes et à la communauté internationale afin que les efforts de développement dans le pays aient plus d'impact, compte tenu de la nécessité de lui assurer un appui international cohérent et durable, dont le Conseil économique et social a présenté les grandes lignes dans ses résolutions sur Haïti.  En matière de planification du développement, le Groupe insiste sur la nécessité de rédiger un document haïtien de stratégie pour la réduction de la pauvreté, avec des priorités bien définies pour l'immédiat et pour les court, moyen et long termes.  Pour que le Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté puisse s'inscrire dans la durée, il doit refléter un consensus politique et populaire en Haïti afin de mobiliser tous les acteurs de la société et tous les acteurs internationaux participant à sa mise en œuvre, précise le rapport.  S'agissant du renforcement des capacités institutionnelles, le Groupe souligne que la réforme du secteur judiciaire et d'autres institutions garantes de l'État de droit est indispensable pour créer le climat de confiance nécessaire à la croissance économique, à l'intégration sociale et à l'équité.  Il préconise également de s'attaquer à la corruption.


M. JOËL BOUTROUE, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général, Coordonnateur résident et Coordonnateur humanitaire du système des Nations Unies en Haïti, a souligné que la visite du Groupe consultatif en avril 2007 a fait date dans l'histoire des relations entre Haïti et la communauté internationale en général.  Au cours de cette période, le processus électoral a abouti et laissé la place à un pouvoir démocratiquement élu.  Les progrès politiques et sécuritaires sont louables, a-t-il précisé.  Cependant, beaucoup reste à faire pour qu'Haïti s'engage sur la voie de la stabilité et du développement durable.  Le Coordonnateur a souligné que le consensus politique est au cœur des possibilités de stabilisation d'Haïti.  Des progrès importants ont été réalisés, avec le processus électoral qui s'est terminé le 29 avril dernier.  À cet égard, M. Boutroue s'est félicité de la participation croissante des femmes en tant que candidates et électrices.  Mais le nouveau consensus est fragile, et pour survivre il devra dépasser la polarisation, la division socioéconomique et les jeux de pouvoir qui minent la politique haïtienne.  Des progrès réels dans le renforcement des capacités en matière de gouvernance dépendront du soutien des Nations Unies et de la communauté internationale, notamment dans les domaines de la formation et des infrastructures. 


D'autre part, en dépit de progrès notables en matière de sécurité, la probabilité d'un retour de la violence reste élevée, a averti le Coordonnateur.  Les structures nationales de sécurité sont encore lacunaires et inefficaces.  Les zones côtières ne sont pas gardées et les risques d'entrée de trafiquants de drogue et d'armes sont élevés.  En matière de renforcement des institutions, le service public est en Haïti réduit au strict minimum.  Les institutions judiciaire, pénitentiaire et de police sont faibles et limitées.  Les taxes et les impôts sont presque inexistants.  M. Boutroue a toutefois relevé des progrès en matière de réforme de la police.  La police recrute et forme actuellement 1 300 nouveaux policiers tous les 14 mois.  La Mission des Nations Unies pour la stabilisation d'Haïti est en outre en train de coopérer avec la police nationale pour finaliser un projet de développement d'une police des frontières. 


M. Boutroue a également attiré l'attention sur les progrès réalisés en matière de développement économique et social et fait observer que le pays est parvenu à stabiliser son économie et que la croissance économique a repris.  Toutefois, il est peu probable qu'Haïti parvienne à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement pour 2015.  Haïti ne doit plus être le cimetière des projets bilatéraux et multilatéraux, a insisté le Coordonnateur résident.  La communauté internationale doit, avec l'aide du Gouvernement, assurer la mise en œuvre des projets qui sont bien conçus.  L'aide budgétaire demeurera cruciale pour conserver l'élan acquis et il faut accroître les recettes de l'État et promouvoir une bonne gestion publique.  Il est essentiel que la communauté internationale encourage et facilite l'engagement d'entreprises privées, particulièrement dans le tourisme et l'agriculture.  Pour réussir, nous devrons être créatifs, courageux et flexibles, a-t-il conclu.


Débat


M. EDUARDO CHIHUAILAF (Chili) a estimé que le rapport donne une bonne image du chemin qui reste à parcourir pour résoudre les problèmes qu'Haïti doit encore résoudre.  Des progrès certains ont été réalisés dans le domaine de la sécurité dans certaines zones clés, en collaboration avec la Mission des nations Unies pour la Stabilisation en Haïti (MINUSTAH).  Restent des problèmes structurels qui freinent le développement du pays, Haïti n'étant encore en mesure d'atteindre aucun des objectifs du Millénaire pour le développement d'ici à 2015.  L'aide internationale doit donc être mieux coordonnée, et surtout ne pas s'interrompre.  D'autres difficultés concernent la gouvernance et la stabilité.  Il faut donc saluer la préparation par l'équipe du président René Préval d'une stratégie à long terme pour la consolidation du pays, avec l'aide du Groupe consultatif spécial.  Pour sa part, le Chili entend maintenir la présence d'un bataillon d'infanterie au sein de la MINUSTAH.


M. JEAN-MARIE EHOUZOU (Bénin) a souligné qu'Haïti a besoin de l'appui de la communauté internationale pour sa stabilité, son renouvellement et son redressement économique.  Il faut également consolider l'administration.  Parmi les autres questions qui posent problème figurent l'eau potable, la réhabilitation des soins de santé ou la reconstruction des infrastructures hôtelières, qui permettrait de créer de l'emploi et de développer le secteur touristique.  Et pour faire face à tous ces défis, Haïti a besoin d'un ferme appui financier de la communauté internationale, a-t-il insisté.  Il a fait observer que le pays compte de nombreux jeunes, qui sont malheureusement laissés à eux-mêmes.  Il faut promouvoir l'emploi et donner confiance aux investisseurs.  En outre, la faiblesse institutionnelle ne doit pas être occultée.  Pour toutes ces raisons, le représentant du Bénin a appelé les dirigeants du pays à définir des mesures appropriés pour atteindre au plus vite les objectifs urgents de relèvement.


M. SELWIN HART (Barbade, au nom également du Guyana) a rappelé que son pays, qui assure la présidence tournante de la Communauté du bassin des Caraïbes (CARICOM), est à ce titre chargé de veiller à la réadmission d'Haïti aux conseils de la Conférence des chefs de Gouvernement de la CARICOM.  La CARICOM s'apprête à rouvrir une représentation à Port-au-Prince.  Le représentant a souligné que le sort commun des États de la région dépend de la capacité de État membre de réalisé tout son potentiel de développement et d'une coopération dans tous les domaines d'activité pour parvenir à la meilleure répartition possible des richesses au sein de la communauté.   Les progrès réalisés par Haïti ces dernières années sont modestes mais encourageants.  L'engagement de longue date de la Barbade envers Haïti reste inchangé, et elle appelle la communauté internationale à continuer d'aider ce pays à se réintégrer dans la communauté des nations.


M. ALFREDO LOPES CABRAL (Guinée-Bissau) s'est félicité que, depuis l'année dernière, Haïti ait fait des progrès remarquables.  Il est important de savoir d'où l'on part pour mesurer le chemin parcouru et voir l'ampleur des difficultés rencontrées et des progrès enregistrés, a-t-il souligné.  À cet égard, il a remercié le Groupe consultatif ad hoc pour les efforts qu'il déploie en Haïti.  Ce Groupe a servi de façon exemplaire la cause de ce peuple qui a besoin d'être soutenu, a-t-il affirmé.  On pense à tort que la situation en Haïti est une fatalité, a-t-il poursuivi.  Or, il y a certes des faiblesses institutionnelles; mais Haïti est aussi un pays en développement qui a besoin d'être aidé.  À cet égard, le représentant de la Guinée-Bissau a mis l'accent sur la nécessité d'apporter une aide substantielle à Haïti; c'est fondamental pour le développement économique et social du pays, a-t-il insisté.  Il a en outre attiré l'attention sur le fait qu'il n'y aura pas de stabilité politique en Haïti sans développement harmonieux.  Aussi, a-t-il exprimé l'espoir que les partenaires d'Haïti déploieront des efforts supplémentaires pour améliorer la situation du pays, qui exige une intervention urgente de la part de la communauté internationale.  Pour conclure, il a remercié tous ceux qui ont contribué à faire en sorte qu'Haïti reste au cœur des préoccupations et a plaidé pour une compréhension accrue de la situation qui prévaut dans ce pays.


M. JEAN FEYDER (Luxembourg) a salué les efforts déployés par la communauté internationale pour assurer la stabilité et promouvoir le développement en Haïti.  Cependant, a-t-il fait remarquer, les politiques d'ajustement structurel imposées par les institutions financières internationales ont fait de ce pays un État fortement libéralisé sur le plan économique.  Ces politiques ont contraint les producteurs de riz, notamment, à réorienter leur production, ce qui fait qu'Haïti doit maintenant importer des produits alimentaires - y compris du riz - alors que ce pays était autosuffisant par le passé.  De très nombreux emplois agricoles ont ainsi été perdus, a ajouté le représentant.  Il a donc attiré l'attention du Conseil sur cette situation préoccupante, demandant que l'on associe les organisations non gouvernementales concernées aux travaux et que l'on sensibilise les institutions de Bretton Woods s'agissant de ce problème concret. 


M. RICHARD T. MILLER (États-Unis) a demandé au représentant du Luxembourg si le point de vue antilibéralisation des marchés qu'il a exposé en reprenant une analyse d'une organisation non gouvernementale reflétait aussi la position de son gouvernement. 


M. JEAN FEYDER (Luxembourg) a répondu que son gouvernement a pris une position extrêmement claire sur ce sujet dans le cadre de réunions publiques, comme celle qui s'est tenue sur les migrations, ainsi qu'au sein du Parlement du Luxembourg.


M. JEAN-CLAUDE PIERRE (Haïti) a souligné l'importance des propositions de stratégie nationale de réduction de la pauvreté, qui faciliteront l'adhésion d'Haïti au cadre créé par les institutions internationales afin d'intégrer le pays dans le commerce international.  Haïti lance un appel à tous les bailleurs de fonds pour qu'ils continuent d'appuyer, financièrement et techniquement, son rétablissement social et économique.


M. LEO MÉRORÈS (Haïti), qui est également le Vice-Président du Conseil économique et social, a pour sa part souligné que beaucoup reste à faire pour que son pays se relève.  Il a tenu à remercier la communauté internationale qui agit tant au niveau de la Mission des Nations Unies pour la stabilisation en Haïti (MINUSTAH) qu'au niveau des partenaires du développement et qui ne ménage aucun effort pour accompagner le pays sur la voie du développement.  L'élection démocratique du nouveau gouvernement témoigne de la volonté du pays de se relever, a-t-il fait observer.  Je me refuse de penser que le sous-développement d'Haïti est une fatalité, a-t-il insisté.  Grâce aux efforts des Haïtiens et à la collaboration de la communauté internationale, le pays peut réussir à surmonter les difficultés.  Il reste beaucoup de chemin à parcourir, mais nous sommes convaincus d'être sur la bonne voie, a-t-il conclu.


Présentation d'une résolution sur le Groupe consultatif ad hoc sur Haïti


M. VICTOR CARVELL (Canada) a présenté un projet de résolution (qui paraîtra sous la cote E/2007/L.18) en indiquant que ce projet demande la prolongation du mandat du Groupe consultatif ad hoc sur Haïti jusqu'en juillet 2008, dans le but de permettre au Groupe de suivre de près la situation dans le pays et de conseiller Haïti sur sa stratégie de développement à long terme du point de vue, en particulier, de la promotion de la stabilité et de l'amélioration de l'économie.  Le Groupe remplira son mandat en tenant particulièrement compte des impératifs de cohérence et de durabilité de l'assistance internationale en faveur d'Haïti - assistance fondée sur les priorités nationales, en particulier sur la stratégie de réduction de la pauvreté. 


Le Conseil se prononcera sur ce texte dans le courant de la semaine prochaine.


Rapport du Groupe consultatif spécial pour la Guinée-Bissau


Présentation et documentation


M. SHELDON MOULTON (Afrique du Sud, au nom du Groupe consultatif spécial pour la Guinée-Bissau) a présenté le rapport du Groupe consultatif spécial pour la Guinée-Bissau en exprimant sa préoccupation face à la poursuite de la détérioration de la situation socioéconomique et financière de la Guinée-Bissau.  Le Gouvernement bissau-guinéen continue d'être confronté à des problèmes économiques et sociaux considérables, a-t-il souligné.  Aussi, la situation de la Guinée-Bissau devrait-elle continuer d'être source de grande préoccupation pour le Conseil, a-t-il estimé.  Le rapport du Groupe consultatif spécial souligne que l'une des manifestations les plus significatives du développement du pays a été la chute du Gouvernement; aujourd'hui, en dépit de l'atmosphère polarisée et des tensions caractéristiques de cette situation, les différends politiques sont en train d'être résolus, a fait observer M. XXXX.  La tenue d'élections législatives fournira une autre possibilité de renforcer la stabilité institutionnelle, a-t-il ajouté.  Il est fort peu probable que la Guinée-Bissau puisse assurer la croissance économique nécessaire à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il poursuivi.  En dépit de ces difficultés, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont récemment visité le pays, ce qui constitue un signal positif, a-t-il ajouté.  À cet égard, il convient de rappeler que le Gouvernement de Guinée-Bissau ne pourra relever les défis qui se posent à lui sans l'aide de la communauté internationale.


Depuis la parution du rapport du Groupe, a précisé M. Moulton, l'Union européenne et la Guinée-Bissau ont signé un accord sur les pêcheries; il s'agit là du dénouement heureux d'une situation qui préoccupait jusqu'ici le Groupe.  Le représentant du Groupe consultatif s'est également félicité de la signature entre la Commission européenne et le Gouvernement d'une convention garantissant au pays un soutien de 6,2 millions d'euros.  Il importe que les donateurs respectent les engagements qu'ils ont pris lors de la table ronde des donateurs, a-t-il souligné.  Il a en outre demandé au Gouvernement de la Guinée-Bissau de s'attaquer aux causes structurelles de la situation du pays, afin d'assurer la paix et la stabilité à long terme, et de renforcer son engagement en matière de réformes économiques.


Le rapport du Groupe consultatif spécial pour la Guinée-Bissau (E/2007/57) souligne que depuis la présentation du rapport précédent, l'instabilité politique continue d'entraver le relèvement économique et la reconstruction du pays.  La Guinée-Bissau continue de vivre une transition difficile depuis qu'elle est sortie du conflit et elle a besoin du ferme appui des communautés régionale et internationale.  L'évolution récente de la situation donne à penser que l'instabilité politique et la fragilité des institutions risquent à court terme de demeurer préoccupantes.  Toutefois, le Groupe est convaincu que les perspectives de stabilité nationale s'améliorent, à en juger d'après la volonté manifestée par toutes les parties de résoudre leurs problèmes par la voie légale et constitutionnelle, précise le rapport.  Et l'appui des donateurs internationaux reste indispensable si l'on veut que le Gouvernement puisse réaliser ses priorités de court terme, c'est-à-dire payer les traitements et les arriérés, et entreprendre, conformément à ses objectifs à plus long terme, le relèvement économique et la reconstruction en vue de consolider la paix.  Le Groupe consultatif souligne en outre que la mise en place d'une stratégie globale de diversification économique, appuyée par la communauté internationale, et notamment par le système des Nations Unies, est indispensable pour que la Guinée-Bissau soit mise sur la voie d'un développement durable et autonome.


Le rapport contient un certain nombre de conclusions et de recommandations générales, notamment une recommandation tendant à ce que la Guinée-Bissau continue de bénéficier d'une attention soutenue de la part de la communauté internationale.  Le Groupe encourage le Gouvernement bissau-guinéen à s'engager plus fermement sur la voie de la réforme économique.  Il invite les bailleurs de fonds et les autres partenaires à appuyer le relèvement économique et la reconstruction du pays.  Le Groupe consultatif estime qu'il faudrait continuer à surveiller la situation et suivre en particulier le lien étroit entre besoins économiques urgents et instabilité politique, et à poursuivre l'action menée avec d'autres partenaires pour appliquer une démarche globale susceptible d'intégrer la paix et le développement.  Pour conclure, le Groupe consultatif tient à souligner l'importance d'une action internationale cohérente en faveur des pays en crise.  À cet égard, le Conseil économique et social et le Conseil de sécurité pourraient trouver l'occasion de partager les fruits de leur expérience et de leur réflexion concernant la voie à suivre en Guinée-Bissau afin que le pays figure, s'il le souhaite, à l'ordre du jour de la Commission de consolidation de la paix.


Débat


M. ALFREDO LOPES CABRAL (Guinée-Bissau) a remercié le Groupe consultatif spécial pour son rapport et pour ses activités en faveur d'un pays qui souffre d'une grande précarité et qui est confronté à des difficultés persistantes qui devraient faire l'objet d'une attention soutenue de la part de la communauté internationale.  Certes les Bissau-Guinéens eux-mêmes doivent s'engager pour leur propre développement et la gestion des deniers publics doit s'opérer dans la transparence.  La gouvernance démocratique doit être favorable à la stabilité de la vie politique, dans le respect des droits de l'homme, a insisté le représentant.  Le rapport du Groupe consultatif spécial montre également que la Guinée-Bissau est confrontée à de nouveaux et nombreux défis, compte tenu en particulier de la faiblesse des moyens dont dispose l'État.  Le pays est ainsi devenu un point de transit pour le trafic de drogues; il s'agit là d'une situation dangereuse pour la Guinée-Bissau et pour ses voisins qui doit être combattue avec l'aide et la mobilisation de la communauté internationale, a demandé le représentant. 


M. WILLIAM EXANTUS (Haïti) a tenu à exprimer sa solidarité envers le peuple de la Guinée-Bissau.  Il s'agit d'un pays frère qui souffre des mêmes maux qu'Haïti, à savoir des problèmes de développement, des problèmes institutionnels et des problèmes de pauvreté, a-t-il souligné.  Aussi, a-t-il demandé à la communauté internationale de soutenir les efforts du pays.  Beaucoup reste à faire en matière de gouvernance et de mobilisation des ressources, a-t-il fait observer; mais avec l'aide de la communauté internationale, il est possible pour les deux pays de créer un État de droit.


M. RICHARD T. MILLER (États-Unis) a relevé que la Guinée-Bissau comme Haïti se trouvent dans des situations difficiles dont elles tentent de se sortir avec l'aide de la communauté internationale.  À cet égard, il a attiré l'attention sur certains risques de chevauchements dans les efforts déployés dans ce contexte, rappelant à cet égard qu'une Commission de consolidation de la paix a été créée il y a un peu plus d'un an.  Une notion importante est celle du leadership politique qui doit guider les efforts de reconstruction et de développement - un leadership dont le représentant des États-Unis s'est plu à reconnaître la haute qualité tant en Haïti qu'en Guinée Bissau.


MME ANA SAPINHO PIRES (Cap-Vert) a souligné la nécessité urgente d'aider la Guinée-Bissau à lutter contre le trafic de stupéfiants.  Il faut que la communauté internationale accompagne les efforts du pays, a-t-elle insisté.  Elle a tenu à exprimer sa solidarité envers ce pays frère qu'est la Guinée-Bissau.


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