19/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6298

Département de l’information • Service des informations et des accréditations • New York

LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL SE PENCHE SUR LE SUIVI DES GRANDES CONFÉRENCES ET RÉUNIONS DES NATIONS UNIES


(Publié tel que reçu)


Le Conseil économique et social a consacré ce matin ses débats à l'application et au suivi intégrés des grandes conférences et réunions au sommet des Nations Unies.  Le débat a porté en particulier sur la suite donnée à la Conférence internationale sur le financement du développement, organisée en 2002 à Monterrey, au Mexique.


Des représentants des États suivants ont fait des déclarations: Fédération de Russie, El Salvador, Indonésie, Pakistan au nom du Groupe des 77 et de la Chine, Portugal au nom de l'Union européenne, Venezuela, Bélarus, Kenya, Chine et Bolivie.  Sont également intervenus des représentants de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) et de la Conférence des organisations non gouvernementales (CONGO).  


Il a notamment été rappelé que les pays en voie de développement sont confrontés à des défis importants, en particulier la diminution du montant de l'aide publique au développement et des investissements.  Certains intervenants se sont félicités à cet égard de l'organisation, en 2008 à Doha, d'une la Conférence de suivi et d'évaluation de la mise en œuvre du Consensus de Monterrey sur le financement du développement,  un rendez-vous important compte tenu de l'incapacité du Consensus de Monterrey à instaurer de mécanisme de financement du développement viable à l'intention des pays en voie de développement.  Une représentante des organisations non gouvernementales a pour sa part insisté sur le rôle actif que doit assumer la société civile dans l'application du Consensus de Monterrey.


Plusieurs délégations ont salué la réunion organisée en avril dernier entre le Conseil économique et social, les institutions de Bretton Woods, l'Organisation mondiale du commerce et la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement sur la cohérence, la coordination et la coopération en matière de suivi du Consensus de Monterrey et du Sommet mondial sur la société de l'information.   Ils ont estimé que cet exemple devrait être suivi dans le cadre d'autres sommets mondiaux.  Soulignant que tout semble indiquer que la planète s'achemine vers un échec en matière de lutte contre la pauvreté, une délégation a fait observer qu'il fallait repenser la stratégie mondiale pour réaliser le développement et regretté que le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ne se soient attachés qu'à la seule tâche de faire en sorte que les pays en développement remboursent leur dette. 


Cet après midi, à 15 heures, le Conseil tiendra un débat sur l'examen et la coordination de l'application du Programme d'action en faveur des pays les moins avancés pour la décennie 2001-2010.


Application et suivi des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet des Nations Unies


Documentation


Le Conseil économique et social est saisi du rapport du Secrétaire général sur le rôle du Conseil économique et social dans l'application et le suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies, compte tenu des résolutions 50/227, 52/12 B, 57/270 B et 60/265 de l'Assemblée générale (E/2007/76), rapport déjà présenté dans le cadre du débat sur les questions de coordination, et qui donne un aperçu des principaux progrès qui ont été accomplis et des difficultés restant à surmonter dans l'application et le suivi intégrés et coordonnés des textes issus des grandes conférences et réunions au sommet organisées sous l'égide de l'Organisation des Nations Unies à l'échelle mondiale, régionale et nationale et propose des solutions.  Il souligne en particulier les possibilités qu'ouvrent les nouveaux mécanismes du Conseil économique et social, notamment l'examen ministériel annuel, le Forum biennal pour la coopération en matière de développement et la réunion de l'Assemblée générale consacrée au développement, pour faire progresser le suivi intégré et coordonné des conférences.


Le Conseil était en outre saisi du rapport du Comité de la sécurité alimentaire mondiale de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) concernant l'application du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation (E/2007/74), lequel indique notamment que, comme prévu par le plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation (1996), un forum spécial a été organisé à l'occasion de la trente-deuxième session du Comité de la sécurité alimentaire mondiale, en 2006, pour évaluer la mise en œuvre du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation et procéder à l'examen à mi-parcours de la situation en ce qui concerne l'objectif de réduire de moitié le nombre de personnes sous-alimentées avant 2015.  Ce forum spécial devrait compter avec la participation active des gouvernements, des organisations internationales compétentes et des acteurs de la société civile.  Le Comité y a exprimé sa préoccupation devant les résultats inégaux obtenus par les pays dans la lutte contre la pauvreté et la faim et la réalisation d'objectifs convenus au niveau international.  Il a noté avec satisfaction que la plupart des pays ayant adopté des politiques rationnelles et mis en place des infrastructures institutionnelles et matérielles solides avaient réussi à assurer la croissance économique et à atténuer la pauvreté et l'insécurité alimentaire.  Le Comité a regretté que certains pays n'aient accompli aucun progrès et que, dans d'autres, la situation de la pauvreté et de la faim soit même en voie de détérioration. 


Le Comité a formulé plusieurs recommandations, portant en particulier sur le suivi de la part de la FAO, invitée à réaliser des études analytiques sur les pays qui réussissent à lutter contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire, de façon à tirer des enseignements utiles à d'autres pays.  Les pays devraient quant à eux inclure, dans les prochains rapports sur la mise en œuvre du Plan d'action du Sommet mondial de l'alimentation, des informations concernant les effets des politiques et de projets et programmes spécifiques sur la lutte contre la pauvreté et sur la sécurité alimentaire, et renforcer les politiques et les stratégies nationales concernant l'agriculture, le développement rural et la sécurité alimentaire et accorder une priorité élevée à l'allocation de crédits budgétaires en faveur du développement rural et agricole, afin d'accélérer la croissance économique et le développement et de lutter contre la pauvreté et l'insécurité alimentaire.  Les donateurs et les organisations internationales devraient privilégier, lorsque cela est possible, les achats locaux et régionaux pour la fourniture d'une aide alimentaire aux pays en développement, tant pour des secours d'urgence que pour des programmes de développement.


Dans le cadre de l'examen de la suite donnée à la Conférence internationale sur le financement du développement (Monterey 2002), le Conseil est saisi d'un résumé, établi par le Président du Conseil économique et social, des travaux de la réunion spéciale de haut niveau du Conseil avec les institutions de Bretton Woods, l'Organisation mondiale du commerce et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (New York, 16 avril 2007) (E/2007/55), et qui avait pour thème: «Cohérence, coordination et collaboration dans la mise en œuvre du Consensus de Monterrey», indique en particulier que la réunion a été précédée de consultations approfondies au Conseil économique et social et entre le Président et les membres du Bureau du Conseil et les dirigeants des institutions de Bretton Woods, de l'OMC et de la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), par des réunions avec des membres des Conseils d'administration du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale et des membres du Conseil du commerce et du développement de la CNUCED.  Les débats ont notamment porté sur l'efficacité de l'aide, de nombreux participants estimant que l'améliorer, il fallait dans de nombreux domaines consentir des efforts qui devaient être accompagnés par des efforts parallèles pour accroître le volume de l'aide.  Certains participants ont rappelé combien il importait de faire participer plus largement les pays en développement à l'amélioration de la structure de l'aide, en particulier en suivant de près le volume et la composition des apports d'aide et des politiques visant à améliorer l'efficacité de l'aide.  Des participants ont fait observer qu'une analyse méticuleuse des programmes d'ajustement structurel appliqués par les institutions de Bretton Woods était indispensable pour garantir que les politiques préconisées dans ces programmes n'avaient pas d'effet néfaste sur les populations qu'on essayait ainsi de sortir de la pauvreté.  Le lancement récent de nouveaux mécanismes de financement novateurs a été traité par un nombre important de participants.  On a souligné que diverses sources nouvelles de financement complétaient l'aide publique, mais qu'elles ne sauraient la remplacer.  Le but était de mobiliser des ressources supplémentaires et de les affecter de façon prévisible et stable.  De nombreux participants ont fait observer que, depuis l'adoption des objectifs du Millénaire pour le développement, qui devaient être atteints en 2015, on était déjà à mi-parcours, et qu'il ne restait que sept années et demie.  Il était donc important de faire avancer plus rapidement l'agenda pour le développement.  La formule unique et le caractère exhaustif du Consensus de Monterrey faisaient de cet instrument un mécanisme efficace aux yeux d'un grand nombre de parties prenantes pour aider à la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.


Le Conseil est d'autre part saisi d'un résumé des débats de la Conférence intergouvernementale sur les pays à revenu intermédiaire (E/2007/46) qui s'est tenue à Madrid les 1er et 2 mars 2007.  Le rapport, présenté par l'Espagne, note que les participants ont constaté que l'effort entrepris pour définir les grandes lignes de l'aide destinée aux pays les moins avancés ne s'était pas accompagné d'une action analogue visant à répondre aux besoins particuliers de pays à revenu intermédiaire.  Or, il existe des raisons justifiant que la communauté internationale prête une plus grande attention aux efforts de développement des pays à revenu intermédiaire, raisons qui reposent avant tout sur la présence dans ces pays d'un large secteur de la population vivant dans la pauvreté.  Ce n'est pas pour rien que ce groupe de pays se définisse par l'exclusion: ce ne sont ni les pays les plus pauvres ni les pays les plus riches de la planète.  Il faut s'efforcer de caractériser plus précisément ce groupe important et hétérogène afin que les donateurs puissent axer leur action de manière plus ciblée.  Pour ce faire, il convient de prendre en compte des facteurs allant au-delà du simple produit intérieur brut par habitant.  Certains facteurs de vulnérabilité touchent plus précisément les pays à revenu intermédiaire, notamment les difficultés rencontrées pour instaurer un processus de gouvernance démocratique et de renforcement des institutions.  Il importe d'établir un régime fiscal qui dote l'État de ressources suffisantes pour fournir des biens publics à la société et favorise en son sein un niveau d'égalité suffisant.  En outre, la présence dynamique des courants migratoires constitue en outre une des caractéristiques des pays à revenu intermédiaire, qui invite à rechercher des formules permettant de mieux tirer parti des envois de fonds aux fins du développement.  Enfin, il incombe à tous de faire en sorte que le programme de développement de la communauté internationale, en particulier les objectifs du Millénaire pour le développement deviennent une réalité.  Il se pourrait que, dans le cas des pays à revenu intermédiaire, il soit possible d'aller au-delà des objectifs du Millénaire pour le développement, notamment parce que leur niveau de progrès les oblige à poursuivre un programme de développement plus complexe et plus ambitieux, comme l'ont indiqué plusieurs délégations. 


Débat général


M. ALEXANDER ALIMOV (Fédération de Russie) a estimé que l'examen des questions sur le suivi des recommandations issues des grandes conférences et réunions au sommet devrait être amélioré.  Il a plaidé pour que le Conseil examine ces questions dans le cadre du débat sur les questions de coordination afin d'améliorer l'efficacité des travaux du Conseil dans ce domaine. 


Mme MARISOL ARGUETA DE BARILLAS (El Salvador) a déclaré qu'il fallait reconnaître que, si des engagements ont été pris en matière de financement du développement lors des différentes réunions internationales dans le domaine de la coopération, de nombreux pays enregistrent malgré tout une diminution des aides non remboursables, du fait de leur passage dans la catégorie des pays à revenu intermédiaire.  La coopération avec ces pays doit porter d'abord sur la lutte contre la pauvreté, qui entrave fortement leur développement.  Ces pays contribuent à la création de richesse au plan international et leur développement aurait des répercussions favorables pour la vie économique internationale.  La communauté internationale doit donc prendre en compte les besoins particuliers de ces pays.  Un système de coopération internationale fondée sur une démarche globale permettrait, avec l'adoption de mesures correspondantes par les États concernés eux-mêmes, de mieux lutter contre la pauvreté.  Il faudrait à cet égard prendre des mesures ciblées sur le plan notamment de l'intégration des pays à revenu intermédiaire au système économique mondial, de l'assistance technique aux petites et moyennes entreprises et de leur accès aux marchés, du développement de nouveaux services financiers, par exemple.  Enfin, il ne faut par négliger l'importance de la coopération Sud-Sud dans ce domaine, a conclu la représentante salvadorienne.


Mme ROSMALAWATI CHALID (Indonésie) a fait observer qu'en dépit des progrès accomplis dans les domaines social et économique, des millions de personnes continuent de lutter pour leur survie et que les conditions de vie des populations s'aggravent dans certains pays.  Elle a ainsi souligné l'importance vitale de la mise en œuvre des recommandations des Conférences et des sommets des Nations Unies.  À cet égard, elle a estimé que ces Conférences et les Sommets devraient être mieux organisés, de sorte d'assurer une meilleure coordination entre les parties prenantes et permettre d'aborder des questions transversales.  Elle s'est félicitée que le premier examen ministériel annuel ait permis d'évaluer la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement et que la Conférence de Monterrey ait permis la tenue d'un dialogue multilatéral constructif.  Le suivi de ces conférences devrait permettre d'établir un calendrier précis et être plus efficace, a-t-elle poursuivi.  Il faut rendre le Conseil économique et social plus efficace et saisir toute occasion pour assurer un environnement plus favorable à la réduction de la pauvreté.


Mme INGEBORG BREINES (Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) a indiqué que la stratégie d'éradication de la pauvreté de l'UNESCO est mise en œuvre dans un cadre intégré mettant l'accent sur les actions spécifiques de l'Organisation: contribution à l'élargissement de l'action des stratégies nationales et internationales de réduction de la pauvreté par l'introduction de l'éducation, des sciences et des communications; le soutien à la création de liens entre stratégies nationales et cadres de développement durable, dans le contexte des domaines de compétences de l'UNESCO.  Troisième stratégie, la contribution à un cadre politique national favorisant les approches participatives pour la création de postes de travail.  Par ailleurs, les nouvelles technologies de l'information et des télécommunications sont des vecteurs importants du développement.  C'est pourquoi l'UNESCO agit dans ce domaine selon quatre axes principaux: promotion de la liberté d'expression, accès universel au savoir et à l'information, respect des diversités culturelle et linguistique, qualité de l'éducation pour tous.  Pour ce faire, elle agit plus particulièrement dans le domaine de l'application des décisions du Sommet mondial de la société de l'information (SMSI) et du Plan d'action de Genève - adopté à l'issue de la première phase du Sommet -  dans le cadre de ses propres programmes.  L'UNESCO mène en particulier des consultations auprès des États pour la collaboration autour de l'application des objectifs des SMSI.


Mme RENATA BLOEM (Conférence des organisations non gouvernementales - CONGO) s'est félicitée de la reconnaissance par le Secrétaire général de la participation croissante de la société civile dans les travaux des Nations Unies.  Elle a fait valoir que le débat de haut niveau a montré la force des nouvelles fonctions de l'ECOSOC.  Toutefois, le Conseil économique et social pourrait bénéficier d'une plus grande participation des organisations non gouvernementales, a-t-elle estimé.  À cette fin, des consultations informelles devraient être organisées dans le cadre de l'élaboration de la déclaration ministérielle, a-t-elle suggéré.  Cela permettrait de renforcer la visibilité du Conseil et de ses activités et encouragerait les acteurs des organisations non gouvernementales à mettre en œuvre les recommandations de la Déclaration.  D'autre part, Mme Bloem a invité les pays qui font l'objet d'un examen volontaire à organiser un processus de consultations nationales avec les représentants de la société civile.  Cela permettrait en outre de créer un espace de dialogue constructif entre toutes les parties qui s'investissent dans la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-elle précisé.  Pour conclure, elle a estimé que l'Alliance mondiale pour les technologies de l'information et des communications au service du développement constitue un outil important pour la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement.  Cette Alliance devrait continuer à jouer un rôle dans la mise en œuvre et le suivi des recommandations du Sommet mondial sur la société de l'information.



Débat sur la suite donnée à la Conférence internationale sur le financement du développement


M. MUHAMMAD AYUB (Pakistan, au nom du Groupe des 77 et la Chine) a indiqué que le Groupe des 77 et la Chine accordent un rang de priorité élevée à l'application du processus de Monterey, car les pays en voie de développement sont confrontés à des défis importants, en particulier la diminution du montant de l'aide publique au développement et des investissements.  M. Ayub a rappelé qu'une conférence allait être organisée en 2008 à Doha concernant les suites données à la Conférence de Monterey, un rendez-vous important compte tenu de l'incapacité du processus à instaurer un mécanisme de financement du développement viable à l'intention des pays en voie de développement.  Il faut donc espérer que le dialogue international sur ce thème sera fructueux.  Le premier Forum pour la coopération au développement en 2008 sera lui aussi l'occasion d'apporter des réponses concrètes, a-t-il estimé. 


Mme VANESSA GOMES (Portugal, au nom de l'Union européenne) s'est félicitée de la réunion organisée en avril dernier entre le Conseil économique et social, les institutions de Bretton Woods, l'Organisation mondiale du commerce et la Conférence des Nations Unies pour le commerce et le développement sur la cohérence, la coordination et la coopération en matière de suivi du Consensus de Monterrey et du Sommet mondial sur la société de l'information.  L'Union européenne se réjouit de la tenue de la Conférence internationale de suivi sur le financement du développement qui se tiendra à Doha en 2008.  L'Union européenne continuera de s'impliquer dans la préparation de cette Conférence, a-t-elle précisé.  À cet égard, elle a estimé que le débat de haut niveau de l'Assemblée générale sur le financement du développement, qui devrait se tenir les 22 et 23 octobre prochains, constituera une première étape.  Le Conseil peut apporter une contribution aux préparatifs du débat de fond en s'inspirant de la réunion qu'il a tenue en avril dernier, a-t-elle souligné.  Le Consensus de Monterrey appelle à une interaction entre le Conseil économique et social et les chefs de la Banque mondiale et du Fonds monétaire international.  Mme Gomes s'est ainsi dite favorable à de telles interactions, notamment en vue de préparer le débat de haut niveau de l'Assemblée générale.  Elle a en outre souligné que d'autres réunions, comme le troisième Forum de Haut niveau sur l'efficacité de l'aide au développement qui se tiendra à Accra en septembre 2008, peuvent également contribuer au suivi efficace des conférences des Nations Unies.


M. ALEXANDER PANKIN (Fédération de Russie) a notamment estimé que les activités ECOSOC importantes pour la coordination entre les Nations Unies et les organismes financiers internationaux.  La Russie a augmenté le volume de sa coopération internationale, épongeant par exemple certaines créances, pour un montant de plus de 11 milliards de dollars en 2006.  La Russie a aussi contribué aux efforts de la BM en matière d'éducation.  Elle participe pleinement à la passation d'accords de financements entre donateurs et bénéficiaires, et est favorable à l'adoption de stratégies d'action à long terme pour la réduction des crises financières.


M. JORGE ARTURO REYES (Venezuela) a souligné qu'en dépit des efforts consentis pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement, tout semble indiquer que la planète s'achemine vers un échec en matière de lutte contre la pauvreté.  Il a ainsi attiré l'attention sur les disparités entre les pays et au sein des pays, soulignant que le fossé s'est creusé.  Les politiques macroéconomiques et budgétaires imposées par le néolibéralisme ont contribué à creuser le fossé entre pays développés et pays en développement, a-t-il poursuivi.  Il faut donc réfléchir à une stratégie mondiale qui permette de réaliser les objectifs du développement.  M. Reyes a également souligné que la dette extérieure continue d'avoir des effets pernicieux sur les pays en développement et renforce l'inégalité des richesses.  Toutes ces questions ont été reconnues par les acteurs de la communauté internationale, a-t-il rappelé.  Mais le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ne se sont attachés qu'à la seule tâche de faire en sorte que les pays en développement remboursent leur dette.  Le représentant du Venezuela a fait observer à cet égard que la question de la dette devrait être réglée en ayant à l'esprit le développement des pays.  Elle doit être compatible avec les objectifs du développement et prendre en compte les particularités et les ressources disponibles.  Le représentant vénézuélien a d'autre part estimé que l'aide publique au développement ne doit pas dépendre de conditions imposées par les pays développés ou les institutions financières internationales.  Nous devons nous interroger sur la volonté réelle de la communauté internationale de progresser vers la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement, a-t-il conclu.


M. DIMITRI FOMCHENKO (Bélarus) a déclaré que son pays est très favorable aux consultations entre institutions financières internationales et qu'il estime que ces mécanismes apportent une importante contribution à la mobilisation des ressources financières au bénéfice des pays en transition.  Dans ce contexte, ce n'est pas un hasard si certains pays s'efforcent de sortir de l'orbite du Fonds monétaire international, a ajouté le représentant bélarussien.  La situation économique dans le monde est actuellement favorable à la réalisation des objectifs de développement, même si l'on doit déplorer la possibilité de l'échec du cycle de négociations de Doha.  Pour les pays en développement, l'important est de trouver de nouveaux débouchés commerciaux.  Des engagements doivent être souscrits dans le domaine du commerce des services, la priorité devant être accordée aux besoins des pays en voie de développement et en transition.  Les pays développés doivent mettre à disposition des facilités commerciales sans discrimination ni préférence, a conclu M. Fomchenko.


M. PHILIP RICHARD OWADE (Kenya) a relevé que les tendances actuelles montrent que la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement est compromise.  Il a en effet mis l'accent sur l'insuffisance des progrès réalisés jusqu'ici dans ce domaine.  Pour sa part, a-t-il expliqué, le Gouvernement kenyan a œuvré pour améliorer son économie.  Les revenus tirés de la perception des impôts ont augmenté, grâce à l'expansion de l'assiette fiscale et à l'efficacité du système de prélèvement des impôts.  Ces efforts ont permis d'assurer au Gouvernement prévisibilité et stabilité des recettes.  Toutefois, le pays n'a pas pu obtenir toutes les ressources nécessaires pour financer les programmes du développement, a admis le représentant kényan.  Il a donc souligné que son pays avait besoin d'appui extérieur.  Il a déploré l'insuffisance de l'aide au développement au niveau mondial et a regretté que les engagements souscrits en la matière au niveau international ne soient pas tenus.  Nous avons besoin d'une démarche radicale, d'un travail de fond avec les donateurs, a-t-il poursuivi, insistant sur l'importance du soutien des partenaires au développement pour toute stratégie de développement dans son pays.  Il a notamment demandé à la communauté internationale de prendre des mesures urgentes s'agissant, entre autres, de la question des investissements étrangers.  Il faut faire en sorte que ces investissements parviennent effectivement aux pays en développement, a-t-il précisé.  La qualité de l'aide devrait en outre être examinée, a-t-il ajouté.  Il convient en outre d'accroître la participation des pays en développement dans les institutions de Bretton Woods, afin que leurs voix soient entendues.


M. QIAN JIAN (Chine) a fait observer que l'insuffisance du financement en faveur du développement reste un problème non résolu, en dépit des engagements pris à Monterrey.  À cet égard, la conférence de suivi de Doha, l'an prochain, devra permettre de mesurer le chemin parcouru et de trouver des manières de faire avancer le partenariat mondial pour le financement du développement.  Des mesures précises devraient être prises en matière d'ouverture des marchés, a poursuivi le représentant chinois.  En outre, a rappelé M. Qian, les pays riches devraient s'efforcer d'atteindre l'objectif d'aide publique au développement fixé à 0,7% de leur produit intérieur brut.  D'autres mesures pourraient concerner la fixation de domaines prioritaires en matière d'aide au développement et de contrôle des résultats, a ajouté le représentant.  La Chine, de son côté, est prête pour des échanges d'expérience au sujet des politiques d'aide au développement qu'elle applique avec succès.


M. HUGO FERNÁNDEZ (Bolivie) a indiqué que son pays a élaboré un plan national de développement qui tient compte de la participation de tous.  Le Gouvernement entend mettre en place un État démocratique souverain qui s'appuie sur un modèle communautaire et où entreprises nationales et étrangères peuvent interagir.  Il convient de tenir compte de la diversité des communautés et des langues, a ajouté le représentant bolivien.  Il a insisté sur la nécessité d'humaniser le développement et la mondialisation.  Il faut que la société devienne actrice et non pas simple sujet, a-t-il ajouté.  Ainsi, le Gouvernement bolivien espère-t-il que ces mesures permettront à la population de profiter des bienfaits de la mondialisation.  La croissance économique est certes essentielle; mais la Bolivie veut aller au-delà d'une simple amélioration quantitative de l'économie et dépasser les seules questions d'«emploi» ou de «PIB par habitant», car ces variables ne permettent pas d'évaluer la justice sociale ni la manière dont cœxistent les différentes composantes de la société.  Ces dernières données devraient également être prises en compte dans l'évaluation du développement, a affirmé le représentant.  Il a mis l'accent sur la nécessité d'assurer une répartition plus équitable des richesses et des revenus; d'augmenter les mécanismes de suivi du Consensus de Monterrey; d'améliorer les mécanismes de l'aide au développement afin qu'elle parvienne plus rapidement à ceux qui en ont besoin; de réformer l'ordre juridique international pour assurer la participation de tous; de mettre un terme aux obstacles au commerce et d'améliorer la coordination entre les organes donateurs et les bénéficiaires.


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