17/07/2007
Conseil économique et social
ECOSOC/6296

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LE CONSEIL ÉCONOMIQUE ET SOCIAL DÉBAT DU FINANCEMENT HUMANITAIRE AXÉ SUR LES BESOINS


Le Conseil économique et social a tenu ce matin une réunion-débat sur le

« financement humanitaire axé sur les besoins, y compris le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires ».  Le débat était animé par

M. Sylvain Maliko, Ministre de l'économie, du plan et de la coopération internationale de la République centrafricaine et comptait avec la participation de plusieurs panélistes ayant des compétences dans le domaine du financement des urgences humanitaires.


M. John Holmes, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, a expliqué que l'on constate un accroissement important des fonds consacrés à l'aide humanitaire, le total ayant atteint en 2005 plus du double du montant enregistré en 2004.  M. Holmes a observé que les attentes sont plus importantes et qu'il est essentiel de s'assurer que les fonds sont attribués de la manière la plus impartiale possible.  La structure de la répartition du financement reste toutefois inégale, a-t-il souligné: si le tsunami de l'océan Indien et le tremblement de terre au Pakistan ont été sur-financés, d'autres crises, en Afrique par exemple, restent largement sous-financées.  Pour faire face à ces disparités, des efforts sont déployés pour que l'assistance soit davantage axée sur les besoins et qu'un système plus rationnel d'allocation des ressources soit mis en place.  D'une manière générale, il faut réduire les coûts de transaction et les coûts administratifs, et assurer que les fonds arrivent le plus rapidement possible. 


La Présidente du Groupe consultatif du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires a notamment expliqué le caractère complémentaire du Fonds par rapport aux autres mécanismes financiers des Nations Unies.  L'objectif budgétaire est de disposer de 500 millions de dollars par an d'ici à 2008.  Les membres du Groupe consultatif, qui sont chargés de réfléchir au fonctionnement du Fonds, ont déjà tenu trois réunions et se sont penchés en particulier sur son organisation, son champ d'action et ses relations avec les organisations non gouvernementales.  Leurs recommandations sont disponibles sur le site Internet du Fonds. 


Le Coordonnateur adjoint des opérations humanitaires des Nations Unies au Soudan a détaillé en particulier le mode de financement du cadre d'action pour le Soudan, expliquant notamment que le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires permet aux Nations Unies et aux partenaires de répondre à des situations d'urgence et à des besoins imprévus qui ne peuvent pas être couverts par le Fonds humanitaire commun pour le Soudan. 


Le Directeur des programmes d'urgence du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) a pour sa part souligné que toute action humanitaire doit reposer sur une analyse claire des besoins avec la participation des gouvernements et des partenaires concernés.  Des outils d'évaluation harmonisés doivent être mis au point à cet effet et utilisés par tous les intervenants.  Le Directeur humanitaire de l'organisation non gouvernementale Oxfam (Royaume-Uni) a pour sa part déploré le manque de données cohérentes et fiables sur la part de l’assistance qui parvient réellement aux bénéficiaires.


Des représentants des États suivants ont participé au débat avec les panélistes: Portugal au nom de l'Union européenne, États-Unis, Norvège, Allemagne, Bolivie, Somalie, Turquie, Fédération de Russie et Soudan.  Des représentants de la Fédération internationale des Sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge et de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) ont posé des questions.


Cet après-midi à 15 heures, le Conseil doit conclure le débat général consacré aux questions humanitaires et se prononcer dans ce cadre sur un projet de résolution portant sur le renforcement de la coordination de l'assistance humanitaire d'urgence des Nations Unies (E/2007/L.15).  Il doit aussi se prononcer sur un projet de résolution concernant le rôle du système des Nations Unies dans la promotion du plein-emploi productif et d'un travail décent pour tous (E/2007/L.14), dans le cadre du débat sur les questions de coordination.


Réunion-débat sur le thème «Financement humanitaire axé sur les besoins, y compris le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires»


Exposés des panélistes


M. JOHN HOLMES, Secrétaire général adjoint de l'Organisation des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence, a souligné que la réforme du financement est décisive pour tous, pays bénéficiaires, pays donateurs et organisations non gouvernementales.  Il a expliqué qu'il y a eu un accroissement important de fonds consacrés à l'assistance humanitaire.  Le total des fonds pour 2005 a atteint quelques 13 milliards de dollars des États-Unis, soit plus du double que le volume enregistré en 2004.  Le tsunami et le tremblement de terre au Pakistan ont contribué à augmenter ces niveaux, a-t-il précisé.  Ce type de crise très médiatisée, a-t-il poursuivi, a généré un élan de générosité sans précédent, de la part de sources très diverses.  Ainsi, 77 pays qui n'étaient pas des donateurs habituels et 13 nouveaux donateurs ont apporté leur contribution.  M. Holmes a souligné que si l'essentiel des activités humanitaires continue d'être financé par les cinq plus gros donateurs, l'éventail s'élargit.  Les secours humanitaires sont l'affaire de tous et pas uniquement de quelques pays, a-t-il insisté, espérant que la communauté internationale en prendra conscience.


Le Coordonnateur des secours d'urgence a ensuite fait observer que les attentes sont plus importantes et qu'il faut s'assurer que les fonds sont alloués de la manière la plus impartiale possible.  La structure de la répartition du financement reste toutefois inégale, a-t-il souligné.  Si le tsunami de l'océan indien et le tremblement de terre au Pakistan ont été surfinancés, d'autres crises, en Afrique par exemple, restent largement sous-financées.  Pour faire face à ces disparités de financement, des efforts sont déployés pour que l'assistance soit davantage axée sur les besoins et qu'un système plus rationnel d'allocation des ressources soit mis en place.  L'initiative des bonnes pratiques en matière de dons humanitaires est un bon exemple à cet égard, a-t-il souligné.  Il faut améliorer la gestion des fonds, favoriser une plus grande responsabilité et adopter des mesures incitatives.  M. Holmes a indiqué que les évaluations récentes réalisées soulignent le potentiel du renforcement du rôle du coordonnateur humanitaire et de la consolidation des partenariats.   S'agissant du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires, M. Holmes a souligné que d'importants progrès ont été réalisés dans sa mise en œuvre; 75 pays ont apporté des contributions, ainsi que quelques entreprises et particuliers.  À cet égard, il s'est dit confiant que le Fonds atteindra les 450 millions de dollars pour les activités de l'année prochaine.  L'ensemble du système a bénéficié du Fonds, a-t-il fait valoir.  Il a permis de mieux utiliser les fonds et de mieux mesurer l'impact des subventions accordées.  Il a été particulièrement efficace couplé à une volonté forte à l'échelle nationale et avec la collaboration des coordonnateurs humanitaires.  M. Holmes a ensuite souligné qu'il existe, outre le Fonds central, d'autres types de financement permettant de mieux cibler l'allocation de fonds, comme par exemple les fonds humanitaires communs ou d'autres fonds qui soutiennent l'action des organisations non gouvernementales locales et de la société civile. 


Pour conclure, M. Holmes a souligné que la question du financement humanitaire reste une question délicate.  Il importe d'avoir une idée très complète du financement et d'autres initiatives de financement humanitaire doivent être étudiées.  Il faut réduire les coûts de transaction et les coûts administratifs, et assurer que les fonds arrivent le plus vite possible.  Il faut veiller à une meilleure cohérence et une meilleure transparence.  Il faut en outre renforcer la responsabilité de la communauté internationale et créer des mécanismes de surveillance.  Ce plan de travail est extrêmement ambitieux, a souligné M. Holmes, mais il est indispensable pour galvaniser les efforts de réforme.


Mme MARIKA FAHLEN, Envoyée spéciale de la Suède, Présidente du Groupe consultatif du Fonds central autorenouvelable d'urgence, a notamment expliqué que le Fonds a un caractère complémentaire par rapport aux autres efforts au sein des Nations Unies, et qu'il n'assure que des financements partiels.  L'objectif budgétaire est de disposer de 500 millions de dollars par an d'ici à 2008.  Les membres du Groupe consultatif, qui est chargé de réfléchir au fonctionnement du Fonds, viennent d'une douzaine de pays.  Ils ont déjà tenu trois réunions et se sont penchés sur les exigences quant au fonctionnement du Fonds.  Lors des contacts du Groupe avec le secrétariat et la direction du Fonds, marqués par l'ouverture, ont été abordés les moyens de mieux utiliser le Fonds de même que la question de la réduction des frais de transaction.  Les résultats ont été étudiés aussi bien au niveau du siège que dans les pays.  Les évaluations des grandes organisations non gouvernementales quant à leurs relations avec le Fonds ont été étudiées et des idées innovantes ont été trouvées.  Le Groupe s'intéresse aussi à la manière d'affiner les critères d'efficacité du Fonds, afin que son domaine d'action ne soit ni trop large, ni trop étroit.  À cet égard, il faut continuer à travailler sur la définition des catégories de crises couvertes par le Fonds, qui doit pouvoir continuer d'intervenir dans des contextes critiques.


Les recommandations du Groupe consultatif sont disponibles sur le site Internet du Fonds, a poursuivi Mme Fahlen, qui a notamment précisé qu'un effort de décentralisation est recommandé, ce qui impliquera un rôle croissant pour les coordonnateurs résidents.  Des améliorations sont aussi souhaitables en matière de communication et de promotion, afin d'attirer davantage de pays donateurs.  Il faut imaginer des manières pour que les organisations non gouvernementales et d'autres intervenants extérieurs aux Nations Unies puissent avoir accès aux ressources du Fonds.  Il est à espérer que ces suggestions inspirent les décisions prises par les États membres concernant la portée et le mandat du Fonds.  Le Groupe consultatif met l'accent sur la nécessité de clarifier le rôle du Coordonnateur résident dans la gestion du Fonds, et de revoir son mandat.  Un processus de consultation avec les coordonnateurs humanitaires est actuellement en cours.  En conclusion, Mme Fahlen a souligné que le Groupe consultatif doit démontrer clairement qu'il peut faire la différence pour réduire les pertes en vies humaines.


M. OLUSEYI BAJULAYE, Coordonnateur adjoint des opérations humanitaires des Nations Unies et responsable par intérim, et Représentant spécial adjoint du Secrétaire général au Soudan, a rappelé que le Soudan se trouve à la fois dans une situation de conflit civil et en transition vers la paix.  Si l'accord de paix signé en 2006 n'a malheureusement pas permis de diminuer l'insécurité au Darfour, il a contribué à réduire la tension à l'Est et a mis fin aux combats du Nord et du Sud.  La situation est donc différente selon les régions du pays.  M. Bajulaye a expliqué que les institutions du système des Nations Unies et les organisations non gouvernementales partenaires y appliquent un plan de travail portant sur l'assistance, la transition, le rétablissement et le développement.  Il assure coordination, planification et recherche de fonds.  Le premier plan a été mis au point en 2005 et, depuis lors, plus d'un million de dollars a pu être levé par année.


Le financement du cadre d'action au Soudan est assuré par quatre mécanismes, a poursuivi M. Bajulaye: le financement bilatéral, qui assure 86% du financement, le Fonds humanitaire commun pour le Soudan, qui représente 12%, le Fonds d'intervention d'urgence et le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires.  L'objectif du Fonds humanitaire commun pour le Soudan est de fournir des fonds prévisibles pour les besoins les plus cruciaux.  Il soutient les activités de coordination des activités humanitaires, crée une réserve d'urgence pour les imprévus et renforce le plan de travail.  Le Fonds d'intervention d'urgence assure quant à lui le financement du système des Nations Unies et des organisations non gouvernementales pour pallier les manques dans les réponses d'urgence.  Il ne permet que des allocations plutôt réduites et est géré par le coordonnateur humanitaire.  S'agissant du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires, il permet aux Nations Unies et aux partenaires de répondre à des situations d'urgence et des besoins imprévus qui ne peuvent pas être couverts par le Fonds humanitaire commun pour le Soudan.  Ces différents mécanismes de financement se complètent, a souligné M. Bajulaye, et la coordination entre eux est assurée par le coordonnateur humanitaire.


Le Coordonnateur adjoint des opérations humanitaires a ensuite expliqué les différentes étapes qui mènent à l'allocation de budget du Fonds humanitaire commun pour le Soudan.  Pour commencer, le coordonnateur humanitaire détermine le montant qui doit être alloué et décide des priorités nationales et régionales.  Il en discute ensuite avec les coordonnateurs de secteurs, les dirigeants régionaux et les représentants d'organisations non gouvernementales.  Tous se mettent d'accord sur les priorités et proposent des allocations par secteur et par région.  Le plan d'allocation est enfin décidé et le Programme des Nations Unies pour le développement répartit les fonds.  Ce Fonds humanitaire commun permet notamment au coordonnateur humanitaire de faire face aux urgences et d'assurer les besoins de régions mal desservies.  Il renforce en outre la coordination au niveau régional et renforce la participation des organisations non gouvernementales, a fait valoir M. Bajulaye.  Toutefois, il a fait observer que les détracteurs de ce Fonds s'inquiètent du pouvoir octroyé au coordonnateur humanitaire et du manque de neutralité des dirigeants de secteurs dans l'allocation des ressources.


M. DANIEL TOOLE, Directeur général adjoint par intérim et Directeur des programmes d'urgence du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), a souligné que, lors d'une crise, il convient de déterminer le plus rapidement possible les besoins élémentaires des groupes les plus vulnérables, une démarche au centre de toute intervention en cas de crise.  L'effort doit être centré sur l'amélioration de la situation des bénéficiaires en fonction de leurs besoins.  À cet égard, il convient de renforcer la prévisibilité et l'obligation redditionnelle, de donner une définition plus claire des spécificités d'une situation donnée et de mettre en valeur le rôle spécifique des gouvernements dans l'évaluation des besoins.  D'une manière plus générale, il convient aussi de renforcer l'action humanitaire en œuvrant pour l'instauration d'un dialogue faisant intervenir davantage d'acteurs et pour des partenariats élargis; en améliorant la prévisibilité des financements pour optimiser l'allocation des ressources. 


Les situations d'urgence et de catastrophes naturelles vont augmenter et il faut donc comprendre de quelle manière et dans quelle mesure les populations sont affectées par les crises humanitaires, a déclaré M. Tool.  Toute action doit reposer sur une analyse claire des besoins, avec la participation des gouvernements et d'autres partenaires.  Il faut dans ce contexte renforcer la qualité des informations récoltées.  Des outils d'évaluation harmonisés doivent être mis au point à cet effet et utilisés par les intervenants concernés.  Le Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires a apporté une contribution déterminante à la résolution de certaines crises particulièrement urgentes.  Ses équipes œuvrent souvent dans le contexte des «crises oubliées».  Le Fonds est utilisé par le Programme alimentaire mondial (PAM) et le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF), notamment, comme réserve d'urgence pour compléter les fonds existants.  Des mécanismes de financement communs ont été mis sur pied pour des crises spécifiques, en collaboration avec les coordonnateurs humanitaires.  Mais la tendance doit maintenant passer de la gestion de projets à une conception axée sur des programmes.  Il importe en outre de diversifier les sources de financement.


M. NICK ROSEVEARE, Directeur humanitaire d'Oxfam, a indiqué qu'en 2005-2006, environ 46 millions de personnes ont été touchées par des catastrophes naturelles et des conflits et ont eu besoin d'assistance humanitaire.  Dans les mêmes années, l'assistance humanitaire a atteint le montant de 18 milliards de dollars, ce qui montre une augmentation notable des fonds dédiés aux activités humanitaires.  Toutefois, a-t-il regretté, on dispose de peu de données cohérentes et fiables sur la part de cette assistance qui est véritablement parvenue aux bénéficiaires.  Il faut pouvoir mesurer l'impact direct de ces activités, a-t-il insisté.  Oxfam s'est investi dans la réforme du système des Nations Unies en général et des activités humanitaires en particulier. 


M. Rosevaere a souligné qu'il fallait regarder la réalité en face et être autocritique.  Pour sa part, Oxfam dispose de son propre système qui permet une prise de décision et une action rapide.  Pour être le plus efficace possible, Oxfam a d'ailleurs modifié ses mécanismes et amélioré ses procédures l'année dernière.  La transparence est indispensable, par égard pour les donateurs.  Il faut également assurer la rapidité de l'action et la bonne gestion des fonds.  À cet égard, M. Roseveare a fait observer que les meilleures décisions sont celles prises au plus près de l'endroit où les secours humanitaires sont demandés.  Il a ainsi indiqué qu'Oxfam dispose de ses propres coordonnateurs par pays et que l'organisation a œuvré à renforcer ses capacités de direction pour améliorer l'efficacité de son travail.  Il y a parfois des freins dans les processus internes des organisations internationales qui font que les fonds arrivent avec retard, a-t-il fait observer, soulignant une fois encore l'importance de lever ces obstacles pour assurer une allocation rapide de ces fonds pourtant disponibles.  Les coûts doivent être également appropriés et il faut remédier au plus vite aux besoins et aux insuffisances dans le financement.  À cet égard, il a souligné que les sources de financement d'Oxfam sont multiples et qu'il est positif de pouvoir disposer de plusieurs outils différents.  L'environnement change et certains donateurs, autres que les pays, viennent compléter le système de financement.  Dans ce contexte, il a expliqué qu'Oxfam dispose de financements généreux, de dons particuliers, de la part du public ou de fondations.  Il y a une concurrence entre les sources de financement qui cherchent à toucher les bénéficiaires le plus vite possible, a-t-il fait observer.  Mais il ne faut pas le percevoir comme un phénomène négatif mais au contraire le considérer comme une impulsion pour améliorer l'efficacité.


Questions et observations


Une délégation a observé que la réforme de l'assistance humanitaire est une excellente occasion de centrer la réflexion sur une assistance axée sur les besoins et de favoriser sa mise en œuvre. 


Il faut assurer une évaluation plus efficace de l'impact réel de l'action humanitaire, a-t-il également été souligné.  Une intervenante a souhaité savoir si les Nations Unies effectuent un diagnostique des mécanismes prévus par les États plans en matière de secours humanitaires.  Un représentant a voulu savoir quels mécanismes des Nations Unies permettent d'assurer un contrôle sur l'attribution des fonds.


Une délégation a noté que la mise en place d'une équipe de pays permet certainement d'améliorer l'action au niveau national.  Mais la répartition des fonds n'est pas nécessairement impartiale compte tenu des pressions exercées au niveau des organes d'application dans les États. 


Comment le Bureau de la coordination des affaires humanitaires envisage-t-il d'aborder sa nouvelle mission sans sortir de son rôle? 


Le renforcement des compétences des coordonnateurs régionaux a été suggéré par certaines délégations.  D'autres ont demandé quel rôle les organisations régionales peuvent jouer pour améliorer l'efficacité des activités humanitaires au niveau régional.


Une délégation a salué les progrès accomplis dans le fonctionnement du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires et a espéré que les appels d'offre seront désormais mieux structurés.  Une délégation a demandé des informations sur le détail des frais généraux facturés par le Secrétariat des Nations Unies au Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires, ainsi que sur le projet de renforcement du personnel du Fonds.


La représentante de la Fédération internationale des sociétés de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge a expliqué que son organisation dispose d'un Fonds de secours pour les petites urgences.  Elle a fait valoir que les effets des catastrophes, qu'elles soient grandes ou petites, peuvent être très graves et regretté que de nombreuses petites crises restent en marge des mécanismes d'aide internationaux.  Les sociétés nationales ne pourraient agir dans ces cas, si la

Fédération ne disposait pas de ce fonds d'urgence, a-t-elle souligné.  Aussi a-t-elle demandé quel processus pourrait être envisagé pour assurer qu'il y ait un mécanisme au sein du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires qui finance ce type d'activités.


Un représentant a noté avec satisfaction que le programme de développement des Nations Unies a permis à son pays d'accéder à des ressources du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires débloquées par le Bureau de la coordination des affaires humanitaires.  Dans le contexte de phénomènes météorologiques tels qu'El Niño, il est souhaitable que de telles aides soient à la disposition des pays touchés.  On doit pourtant déplorer parfois des retards dans l'octroi des fonds, compte tenu des exigences trop complexes des donateurs.  Il a été suggéré que soit étudiée la question d'une normalisation des critères d'attribution et de définition des priorités dans les zones sinistrées.   Un représentant a déploré le fait que la réaction à certaines crises soit sous-financée et a demandé quels étaient les critères de classement des crises.


Plusieurs délégations ont fait observer que les efforts déployés pour améliorer le système d'assistance humanitaire doivent tenir compte de la participation des pays bénéficiaires et tendre vers le renforcement des capacités nationales.  Rappelant que les organisations non gouvernementales peuvent obtenir des ressources auprès du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires, une délégation a souligné que ce travail doit se faire en accord avec les gouvernements.  Les organisations non gouvernementales ne doivent pas être en mesure d'imposer leurs points de vue s'agissant des priorités et doivent œuvrer dans la transparence, a-t-il été souligné. 


Réponses des panélistes


M. HOLMES, Coordonnateur des secours d'urgence, a indiqué que les frais généraux et les coûts d'appui aux programmes représentent 3% des coûts du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires; ils seront couverts par le budget normal.  Le renforcement des interventions du Fonds en visage la réalisation d'environ 500 projets avec un budget de 500 millions de dollars.  L'augmentation de l'effectif portera à douze le nombre de collaborateurs du Fonds, ce qui ne semble pas excessif. 


Le renforcement des capacités nationales pour traiter les catastrophes doit aussi concerner les instances régionales, a ailleurs reconnu le Coordonnateur.  La valeur ajoutée du Fonds central tient à sa capacité d'action rapide dans les situations d'urgence.  L'inégalité du financement des crises d'urgence doit être traitée par une augmentation des fonds récoltés.  La responsabilité et la transparence des organisations non gouvernementales est certes importante.  Le Bureau de la coordination des affaires humanitaires s'efforce de s'approvisionner sur les marchés locaux et de réduire au maximum ses frais généraux, a assuré

M. Holmes.


Mme FAHLEN, du Groupe consultatif du Fonds central d'intervention pour les urgences humanitaires, a expliqué que le Groupe consultatif appuie la gestion du Fonds central et encourage les évaluations et examens internes au Bureau de la coordination des affaires humanitaires.  Le Fonds est une entité qui contribue activement au plan d'action de la réforme, a-t-elle poursuivi, soulignant à cet égard l'efficacité des actions humanitaires qu'il a financées.


M. BAJULAYE, Coordonnateur adjoint des opérations humanitaires au Soudan, a expliqué que ses services s'efforcent d'effectuer une évaluation et d'assurer le suivi du processus de planification et de la gestion du Fonds humanitaire commun au Soudan.  Il existe un groupe consultatif qui comprend les donateurs principaux mais aussi d'autres qui ne font pas partie du cercle des donateurs du Fonds humanitaire commun.  Ce groupe consultatif  tient compte des contributions de tous aux consultations pour améliorer le fonctionnement du Fonds.  Pour conclure, il a indiqué qu'il y a au Soudan beaucoup de ressources locales qui permettent de faciliter le travail et l'acheminement de l'aide humanitaire.


M. TOOLE, de l'UNICEF, a précisé que l'analyse de la vulnérabilité et des besoins doit se baser sur une démarche modulaire, élaborée sur la durée, dès avant l'apparition de situations d'urgence: dans ce contexte, plus nombreux seront les indicateurs, plus claire sera la formulation des objectifs.  De même, il convient de nouer des partenariats avant les crises, ce qui a pour effet d'améliorer la mise en œuvre de la réponse aux situations de crise.  En matière de prévention et d'atténuation des effets des catastrophes, il est tout à fait possible de prendre des mesures au niveau des communautés, une intervention peu connue mais très utile, a précisé M. Toole.


M. ROSEVEARE, d'Oxfam, a souligné l'importance de procéder à une analyse approfondie du financement pour permettre une bonne préparation aux situations d'urgence, compte tenu de catastrophes naturelles de plus en plus fréquentes.  S'agissant des frais généraux et des coûts incompressibles des opérations d'Oxfam, il a expliqué qu'ils sont prélevés sur le budget du département concerné et non à même le Fonds d'urgence de l'Oxfam.  Quant aux frais généraux prélevés sur les fonds octroyés par les Nations Unies, il a indiqué qu'ils se montent à 4 ou 5%, mais ne diffèrent pas des pratiques des autres organisations.


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